00:04Et on va revivre cette victoire historique. Bonjour James. Bonjour Sybille. C'est l'heure de votre
00:08culturoscope. Tout à fait et on va parler de la victoire des New York Knicks qui sont champions
00:13NBA donc le championnat de basketball américain. Pour les supporters new-yorkais cette victoire
00:18c'est presque un événement historique, ça faisait plus de 50 ans qu'ils n'avaient pas
00:21gagné ce titre et donc en finale les Knicks de Jalen Branson ont affronté les San Antonio Spurs
00:27de notre prodige Victor Wembenyama. Et depuis le début des finales les réseaux sociaux sont saturés
00:33d'images de célébrations, des rues remplies de supporters et une ville entière qui semble vibrer
00:38au même rythme. Et ce qui devient viral c'est pas forcément le match en lui-même mais du coup
00:42ce qu'il y a autour. Non effectivement c'est tout ce qu'il y a autour parce que la
00:45victoire des
00:45Knicks elle raconte autre chose. Elle raconte New York, la manière dont cette ville se pense
00:50et se met en scène. Les Knicks c'est pas seulement une équipe, c'est un symbole de la ville.
00:55Ils
00:56occupent une place très particulière dans la culture américaine. Ils jouent déjà au
01:00Madison Square Garden, la salle mythique au cœur de Manhattan. On les retrouve dans des films,
01:05dans des séries, dans des clips de rap aussi. On pense au réalisateur Spike Lee qui est presque
01:10aussi connu pour sa fidélité à la franchise de NBA que pour ses propres films. Et même lorsque
01:17l'équipe elle traversait des décennies de défaits, donc des périodes un peu plus compliquées,
01:21les New Yorkais continuaient de les encourager et de s'y reconnaître. Comme si les Knicks
01:26n'étaient pas seulement une franchise sportive mais une véritable institution culturelle.
01:30Et donc qu'est-ce qu'une équipe de basket peut raconter de la ville de New York ?
01:34Eh bien une ville elle tient pas seulement par ses infrastructures, son économie, elle se tient
01:40aussi par les histoires qu'elle raconte sur elle-même. Et les Knicks participent pleinement à cette
01:45histoire. Ils sont façonnés par New York autant qu'ils façonnent la ville. Ils héritent de son histoire,
01:50ses contrastes, ses communautés aussi, ses mythologies. Mais en retour, les Knicks lui offrent un récit
01:57commun. Et c'est peut-être une vidéo qui est devenue virale, qui résume le mieux ce qui est en
02:01train de se passer.
02:07Quand ce supporter explique que son mère est musulman, que son bagel est juif ou que son Dior est chrétien,
02:14il parle pas vraiment de religion évidemment, il parle de New York, d'une ville qui est construite par des
02:18vagues surcessives d'immigration, d'une ville où les identités se superposent plus qu'elles ne
02:23s'opposent. Et lorsqu'il conclut par « Knicks in four », il utilise une expression classique du basket
02:29américain. Cela signifie qu'il imaginait les Knicks remporter la finale en quatre matchs seulement,
02:34une finale qui se joue au premier, qui gagne les quatre matchs. Autrement dit, après avoir résumé toute la
02:40diversité de la ville, il termine par ce qui, à ses yeux, peut réunir tout le monde, à savoir les
02:45New York Knicks.
02:46Et pourquoi alors les Knicks réussissent-ils là où d'autres symboles, eux, peuvent échouer ?
02:51Ils réussissent parce qu'ils réunissent tous les New Yorkais. Et c'est peut-être pour cette raison que
02:56cette victoire, elle prend une telle ampleur. Les Knicks produisent quelque chose de rare,
03:00c'est pas une unité qui efface les différences, mais une unité qui les rassemble. Même les plus jeunes
03:05étaient impliqués, comme vous allez le constater sur ces images. On peut y voir le maire de New York,
03:10Zoran Mamdani, recevoir des enfants dans son bureau afin d'officiellement les autoriser à se coucher
03:16plus tard pour pouvoir encourager l'équipe de la ville. La scène est certes légère, mais elle prouve
03:22que la victoire des Knicks, elle cesse d'être un événement sportif et elle devient un événement
03:27« civique », comme si la ville tout entière participait à sa propre histoire.
03:32Et donc ce qui intéresse, c'est pas forcément autant l'équipe que ce qu'elle révèle de la ville
03:36?
03:36Tout à fait, et au fond, ce qui fascine dans ces célébrations, c'est pas le score, c'est la
03:40foule.
03:41On a des inconnus qui chantent ensemble, qui se prennent dans les bras et qui occupent les rues
03:46et donc se réapproprient petit à petit l'espace public. Dans nos vies qui sont de plus en plus
03:51fragmentées, on en a déjà parlé, chacun évolue dans ses propres flux, au rythme de ses propres
03:56algorithmes, et bien ces scènes, elles deviennent plutôt rares et on les apprécie particulièrement.
04:00Merci beaucoup, Jem, pour votre culturoscope. Et tout de suite, on passe à ces livres qui comptent.