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  • il y a 6 minutes
Dans son édito du 06/07/2026, Paul Sugy revient sur le lancement de la campagne d'Édouard Philippe.

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Transcription
00:00On accueille Paul Sugy, bonjour Paul, journaliste au Figaro.
00:04La politique avec vous tous les matins, ce week-end, Edouard Philippe a lancé sa campagne en grande pompe
00:08avec un meeting à l'Adidas Arena au nord de Paris.
00:11Qu'est-ce que vous retenez de ce premier grand meeting de campagne, Paul Sugy ?
00:15Peut-être d'abord qu'Edouard Philippe est un candidat sérieux sur la forme comme sur le fond.
00:18Certains, ces derniers mois, l'avaient reproché de trop attend, de ne pas jeter ses forces trop vite dans la
00:23bataille,
00:23de laisser le point à ses adversaires.
00:25On a même douté du fait qu'il en est en vie.
00:27Alors là, il n'y a aucun doute, Edouard Philippe en a envie, peut-être même s'y voit-il
00:31déjà un peu.
00:32Et surtout, il s'est préparé.
00:33Alors sur la forme, il désigne habilement son adversaire, non pas Gabriel Attal, ni même Bruno Retailleau,
00:38à qui il tendra la main en espérant plus tard leur ralliement,
00:40ni même vraiment le parti socialiste contre lequel il modère ses coups.
00:43Mais bien le Rassemblement National, Marine Le Pen avait dit que le principal ennemi, c'était Edouard Philippe.
00:47Il lui rend coup pour coup.
00:49Il les accuse même d'être adepte d'un en même temps qui ne dit pas son nom en prenant,
00:53pour le RN,
00:54le libéralisme au sud et le socialisme au nord.
00:57Alors du moins, c'est ce que dit Edouard Philippe.
00:58Sur le fond, des réformes, des réformes, des réformes en cascade, une avalanche de réformes.
01:03Au fond, il pourrait chanter avec Jean-Jalc Goldman,
01:05qui nous emmènera là-bas où tout est neuf et tout est sauvage, libre continent, sans grillage.
01:10Ainsi va la France d'Edouard Philippe, dans laquelle il promet une grande refonte du système scolaire,
01:15la plus grande, dit-il, depuis les lois de Luc Ferry, de Jules Ferry, pardon, je m'y perds,
01:20en prenant une totale autonomie des chefs d'établissement.
01:22Et puis un slogan aussi qui fait mouche, faire l'intérêt de nos enfants,
01:26ce qui suppose notamment de lâcher encore un peu du lait sur les retraites
01:29et de proposer de nouvelles réformes.
01:31J'ai l'impression que vous ne le croyez pas sincère, Paul.
01:34À la sincérité, tous les amants sont toujours fidèles au moment où ils parlent.
01:37Mais Edouard Philippe, lui, fait comme si le macronisme n'avait pas existé
01:41et qu'au fond, dix ans de quasi-immobilisme n'avait pas succédé
01:45à déjà ce qui était un vaste programme de réformes et de révolutions en 2017.
01:49Et il fait bien sûr comme s'il n'avait pas été la cheville ouvrière de ce macronisme,
01:53surtout dans ses premières années, à l'époque où Emmanuel Macron avait une majorité absolue
01:57à l'Assemblée nationale et pouvait tout faire, et pourtant à si peu fait.
02:00Edouard Philippe veut un redressement français, mais il ne nous donne pas d'indices
02:03sur la manière dont il va s'y prendre pour terrasser les forces du déclin,
02:06les frontes syndicales, les réflexes pavloviens de socialisme mental
02:09qui colonisent encore ce pays.
02:11Il ne tire aucun bilan sérieux, en fait, des raisons de l'échec du macronisme.
02:14Pourquoi ce programme de réformes n'a pas abouti ?
02:17Et pire même, il reproduit les pires ficelles de la raison macroniste,
02:22notamment parce qu'il évoque la maîtrise de l'immigration,
02:24tout en prenant, en même temps, une intégration,
02:27sans nous dire un mot sur les logiques identitaires, séparatistes,
02:31qui peuvent mettre en échec cette promesse d'intégration républicaine
02:34dans de nombreux quartiers où l'on vit, selon l'expression de Gérard Collomb, face à face.
02:38Donc au fond, il y a dans le philippiste une forme d'irénisme.
02:40On plane au-dessus des réalités et des crises sans toujours les nommer,
02:42sans toujours voir les blocages qui immobilisent le pays
02:44et sans nous dire comment on va les surmonter.
02:46Et ce faisant, le philippisme menace de reproduire les mêmes échecs que le macronisme.
02:51Alors comment se fait-il qu'Édouard Philippe ait réussi jusqu'ici
02:53à faire oublier qu'il a été un artisan du macronisme ?
02:56D'abord, il n'en parle jamais, en espérant que les électeurs aient la mémoire courte,
02:59ce en quoi il n'a pas forcément tort.
03:01Et puis, il est avec François Bérou, l'un des deux seuls premiers ministres d'Emmanuel Macron,
03:05qui existait avant le président de la République.
03:07Alors, François Bérou a coulé avec le président, même avant lui,
03:10car il l'a épaulé au pire moment.
03:11Édouard Philippe a su retirer ses billes du jeu au bon moment
03:14et surtout a fait reporter sur le président de la République
03:16le poids de ses propres échecs, ou en tout cas de ses propres erreurs.
03:20On se souvient, par exemple, des 80 km heure,
03:22chose que l'on a peu reproché à Édouard Philippe
03:24et beaucoup reproché à Emmanuel Macron,
03:26alors qu'il en était le principal artisan.
03:28Donc, il parie sur ça, sur le fait de pouvoir mystifier à nouveau l'opinion publique
03:32en évoquant le moins possible ses liens avec le président de la République
03:35dans ses meetings.
03:36Et pour l'instant, ça semble marcher.
03:37Paul Sugy avec nous, merci beaucoup.
03:41Sous-titrage Société Radio-Canada
03:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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