00:00Salut les gars, c'est Eric Blanc, vous êtes sur AfroStyle et je vous souhaite de passer d'agréables moments
00:06en notre compagnie.
00:08A tout de suite !
00:19Bonjour à tous, moi je m'appelle Eric Blanc, je suis né en 1965 à Cotonou au Bénin.
00:29Depuis que je suis gamin, j'ai toujours voulu jouer la comédie et j'étais déjà très picre à l
00:40'époque puisque j'imitais mon grand-père, mon grand-père César de Almeida
00:45puisque nous avons du sang portugais dans les veines, ça il faut le savoir également.
00:51Et donc mes caricatures à l'époque, paraît-il, faisaient rire la famille.
00:58Donc j'ai poursuivi et mon parcours a été assez rapide.
01:04Nous sommes arrivés en France en 1975 à la suite d'un coup d'état.
01:10Et donc mon père étant magistrat voulait que je fasse un peu comme lui, c'est-à-dire que je
01:17fasse une carrière de fonctionnaire.
01:22Et donc j'ai fait, après le bac, j'ai fait des études de droit mais je me suis très
01:27très vite ennuyé.
01:28Alors j'ai abandonné mes études au grand-dame de mon père et je me suis lancé dans le spectacle.
01:35Et notamment dans l'imitation parce que j'avais commencé en tant qu'imitateur.
01:38Et je me suis dit, tiens, puisque je suis noir, pourquoi je n'imiterais pas les blancs ?
01:42Ce serait drôle, le décalage, parce que j'adore les décalages.
01:45Et donc j'ai commencé à imiter Giscard, à l'époque Frédéric Mitterrand, tous ces gens-là.
01:53Et ça a bien marché.
01:55J'ai rencontré Martial Carré, directeur du Cap de la République,
01:58qui m'a auditionné la première fois, qui m'a fait faire une audition publique et qui m'a engagé.
02:03Et de là, c'est parti.
02:10Pour moi, tout ça, c'est superficiel.
02:13Pour moi, la télévision permet de faire connaître surtout quelque chose.
02:18C'est un véhicule essentiel de communication, surtout aujourd'hui,
02:22pour faire connaître des choses, pour faire savoir.
02:27Et puis mon regard par rapport à cela,
02:33c'est que je pense que j'ai été happé par le système.
02:40Et donc effectivement, au départ, ça marchait très très fort parce qu'il y avait évidemment, ce dont j'ai
02:46parlé tout à l'heure,
02:47un décalage entre ma couleur de peau et puis les personnalités que j'imitais.
02:55Et lorsque je suis arrivé, tout le monde s'est interpellé, enfin tout le monde, pas tout le monde,
02:59puisque je me suis arrêté à des refus parfois.
03:01Mais en tout cas, lorsque la machine a commencé, s'est enclenchée,
03:10tout le monde s'est précipité sur la nouveauté.
03:14Et je me suis rendu compte finalement que je n'étais qu'un jouet.
03:19Et j'étais à mon insu, j'étais manipulé quand même.
03:24Et donc aujourd'hui, je m'en rends compte.
03:26Et je sais qu'aujourd'hui, je ne ferai pas les mêmes erreurs.
03:36Le rôle, c'était un petit rôle, c'est marrant, parce que c'est un petit rôle que j'ai
03:39eu justement
03:39dans la gauche en sortant de l'ascenseur. J'ai beaucoup aimé ce rôle-là.
03:44C'était le rôle d'un policier frais et moulu, sorti de l'école nationale.
03:51Et j'étais face à Michel Creuton. On devait éliciter une affaire de coups de feu
03:57tirés par Pierre Richard avec un appareil, avec une arme, qui était en fait un briquet ou je ne sais
04:03pas quoi.
04:03Et donc, on avait été appelé et Michel Creuton ne comprenait strictement rien.
04:12Et moi, je sortais de l'école et je lui expliquais par A plus B le pourquoi du comment.
04:18Et donc, lui, ça l'énervait évidemment, puisque lui, c'était un vieux de la vieille et ça faisait chier.
04:22Donc, j'ai adoré jouer ce rôle-là.
04:24Je crois que j'ai compris.
04:28Bien. Ça, c'est votre pistolet.
04:31Oui.
04:32Si j'ai bien compris, vous vous amusez tous les deux à tirer sur des boîtes de conserve tous les
04:36week-ends.
04:36C'est vrai.
04:37OK. Et c'est vous, monsieur, qui avez ramené de New York cette allume-cigarette qui a la réplique exacte
04:42de vos deux pistolets.
04:44Oui, c'est moi qui fais ce cadeau vidéo.
04:45Ben voilà. C'est simple. Dimanche dernier en partant, monsieur s'est trompé. Il a emporté votre pistolet pour sans
04:51que c'était son briquet.
04:52Exactement. Comment surveillez tout ça, vous ?
04:54Simple déduction.
04:58Je ne veux pas savoir à quel point je suis heureux d'être ici. En France ?
05:02La France. Pays des lignères.
05:05La patrie de Rousseau. Montesquieu.
05:08Diderot.
05:10Benjamin Cassadine.
05:12Faquer.
05:14Fontenay.
05:15Moi qui adore les blancs.
05:16Depuis que je suis tout petit, quand j'étais petit, je me disais un jour quand je serais grand, je
05:19ferais blanchir la peau.
05:20J'aurais plus de cheveux crépus, j'aurais plus un gros nez, je me ferais couper le visite. Un bras
05:24blanc, quoi.
05:27Je m'en souviens encore. Sur un blanc, en 4 minutes de ma page, j'ai même affranché le concert
05:31blanc le plus célèbre du monde.
05:32Mickaël Gerson.
05:35Disons que déjà le titre, il va changer parce que je ne le trouve pas assez porteur ce titre, donc
05:42je vais le changer.
05:44Mais j'ai trouvé intéressante l'idée d'un noir qui veut sauver les blancs parce que c'est en
05:48général, c'est les blancs qui veulent sauver les noirs.
05:49Donc j'aime bien, comme je disais toujours, j'adore les décalages.
05:54Et donc j'ai trouvé l'idée de camper un personnage, de mettre en scène un personnage qui n'a
06:02jamais vu de blanc de sa vie, mais qui est passionné par la France et la culture, la littérature.
06:09Et notamment le signe des Lumières, je vais expliquer pourquoi tout à l'heure.
06:14Et donc qu'il n'a jamais vu de blanc de sa vie et qu'il les voit pour la
06:17première fois débarquer dans son village grâce à un rallye.
06:23Et donc il y a un accident, une collision se produit, les pilotes sortent de leur voiture et alors le
06:36personnage principal s'appelle Sauveur.
06:39Il assiste à cette empoignade.
06:42En fait, il est heureux enfin d'entendre les blancs parler cette merveilleuse langue de Voltaire, cette merveilleuse langue de
06:48Molière qu'il a vu dans les bouquins et qu'il a lu dans les bouquins.
06:52Et au lieu de ça, il entend connard, trop du cul, enculé. Et là, il se dit, c'est pas
07:00possible. J'ai jamais vu ça dans les bouquins de Montesquieu ni de Voltaire.
07:04Et en même temps, il se dit, mais comme en plus ils sont très, très énervés, il se dit, mais
07:10il se demande si tous les blancs sont ainsi, quoi.
07:14J'ai maniqué mon surpeau.
07:17Connard, jamais qu'on n'a pas écrané sur la bladette, je crois que c'est vrai que vous verchez
07:20!
07:20Et alors, qu'est-ce que c'est l'info de, trop du cul ?
07:22Tu n'as pas le squelette, ça sonne crâne dans cinq minutes, trop du cul.
07:26Ta gueule, connard !
07:28Je t'enlève maintenant, trop du cul.
07:31Connard !
07:34Connard !
07:35Salut les blancs, ça va ?
07:37Faut pas vous disputer, c'est pas grave, vous laissez un saut.
07:41Bonjour, c'est pas merveilleux, la vie est un bien sous-messieurs, hein ?
07:44Bonjour les blancs, bonjour les blancs !
07:46Laissez-la sur les gènes de mer pour avoir vos discutes.
07:49Ah bon ? Vous discutez ?
07:51Ah c'est comme ça que vous discutez sur les blancs, je réponds.
07:54Bonjour, bois c'est sauveur !
07:55Bonjour connard !
07:56Bonjour, trop du cul !
08:06On parlait de surprise tout à l'heure !
08:08D'une mauvaise surprise !
08:09D'une mauvaise surprise !
08:11Il y a eu trois chansons, après !
08:13Ouais, ouais !
08:14Oh je me souviens absolument pas de...
08:17La boîte de jazz, il tape des nuits...
08:19Nan nan nan nan nan nan nan nan...
08:21Oups ?
08:21Ouais c'est ça !
08:23Nan nan nan nan nan nan nan nan...
08:25C'est un truc comme ça, je crois !
08:27Putain, c'est vrai que t'es super canon sans déconner !
08:30T'as de super yeux, t'as des pieds, t'as des mains...
08:32Et ça c'est vachement important chez une française !
08:35Non mais tu rigoles mais c'est vrai !
08:37Je veux dire bon...
08:38Allez viens chez moi !
08:39J'ai pas l'habitude de tirer dans le filet !
08:41Et puis de toute façon, si t'aimes pas de tennis...
08:43J'ai joué au golf !
08:44Je veux dire bon, y a pas de problème !
08:46Puis j'en ai marre de camberger !
08:49J'ai mal...
08:50J'ai mal partout !
08:52Ouais parce que ma boîte de prod à l'époque avait choisi de sortir un disque à ce moment-là
09:01justement...
09:02Pour profiter de l'effet médiatique !
09:07Et je vois Daniel Baudon, Jean-Réco Bonneau qui sont des musiciens...
09:10Ouais je vois...
09:11De très très bons musiciens d'ailleurs !
09:13Un guitariste et puis un bassiste !
09:15Ouais !
09:16Nan nan ! Un batteur et un guitariste !
09:18Ouais absolument !
09:20Excellent !
09:26Cette question appelle deux réflexions...
09:29Donc par rapport au...
09:32A la nouvelle génération d'humoristes...
09:37Alors je ne suis pas certain...
09:41Que...
09:44Les thèmes qu'ils défendent et la manière dont ils défendent...
09:49Ils les défendent...
09:51Soit la bonne...
09:51Soit une bonne...
09:53Soit quelque chose de...
09:55Aussi positif qu'on veut bien le croire !
09:57Parce que finalement...
10:00Ça ne fait que ghettoiser entre guillemets...
10:04Encore plus !
10:05Les ghettoiser encore plus !
10:06Parce qu'ils ne s'adressent qu'à un public !
10:08Alors qu'au départ c'était...
10:10Nous on veut avoir le droit de parole !
10:11On veut pouvoir dire les choses !
10:13Et on veut pouvoir montrer aux autres ce qu'on sait faire !
10:15Et échanger !
10:17Mais en fait c'est...
10:18Finalement c'est...
10:19Ça ne fait que...
10:24Sectariser...
10:25Les choses !
10:25Parce qu'ils ne s'adressent...
10:26Ils ne s'adressent qu'à...
10:29Qu'à leur public...
10:31Qu'à leur communauté !
10:32Voilà !
10:33Mais oui justement !
10:34C'est ça !
10:35Et c'est pour ça que je dis que...
10:37Ils tombent dans le piège qu'ils dénonçaient eux-mêmes !
10:40Voilà !
10:41Et...
10:42Et...
10:43Et ça je le regrette vivement !
10:45Alors...
10:46Chacun a du talent !
10:47Chacun a son talent !
10:49Euh...
10:49Mais je...
10:51Et je regrette également...
10:52Qu'est-ce que je regrette aussi ?
10:53C'est dans la forme !
10:54C'est d'utiliser euh...
10:57Bon...
10:58On parle de stand-up !
10:59Par exemple !
10:59Voilà !
11:00Alors maintenant tous les jeunes...
11:01Voilà !
11:01Maintenant ils veulent faire du stand-up !
11:03Voilà !
11:03Et moi je crois que l'intérêt dans ce métier...
11:05C'est justement de faire des choses différentes !
11:07Et c'est de se...
11:08De se démarquer !
11:09Voilà !
11:10C'est tous la même chose finalement !
11:49Ouais !
11:50Moi je me suis cassé aux Etats-Unis...
11:51Parce qu'en France je ne peux pas démarquer...
11:53Tu ne peux pas prendre un risque...
11:55Tu ne peux pas faire ce que tu veux...
11:56Et puis j'ai dit de toute façon...
11:58Si Sarko passe...
11:59Je me casse !
12:01Donc euh...
12:02Là je suis hausse tête !
12:03Ça se passe bien !
12:05J'ai envie de revenir un petit peu...
12:07J'ai envie de revenir un petit peu à la compétition !
12:09Euh...
12:09Je me dis on ne sait jamais !
12:10Quand je vois tous ces jeunes !
12:11Son gars !
12:12Tout ça !
12:14Arrivés !
12:14Gaël mon fils !
12:15J'ai envie de revenir à la compétition !
12:17Donc j'ai commencé à faire des tournois à exhibition !
12:20Et euh...
12:21Bon ben il m'arrive un truc il n'y a pas longtemps !
12:23C'est incroyable !
12:24J'ai réussi à gagner un match !
12:25Et ça c'est fantastique !
12:27Bon d'accord le gars il avait 12 ans !
12:29Mais euh...
12:30Je m'en suis vachement bien sorti !
12:32Et voilà !
12:33Ça c'est des personnages que j'aimais bien faire à l'époque !
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