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  • 24 minutes ago
Éric Blanc, de son vrai nom Éric Degbegni, né en 1965, est un imitateur, humoriste et acteur français d'origine béninoise. Il fait ses premiers pas sur scène à l'âge de cinq ans, en imitant son grand père au cours d'une réunion familiale. Né le 13 octobre 1965 à Cotonou d'un père magistrat et d'une mère puéricultrice, il y vit jusqu'en 1975 où il s'exile avec sa famille pour Paris après le coup d'état du général Kérékou. Après un passage au séminaire où il cultive son goût pour les langues anciennes, Eric poursuit des études de droit qu'il abandonnera rapidement pour se consacrer à la scène. PLUS d'INFO sur afro-style.com
Transcript
00:00Salut les gars, c'est Eric Blanc, vous êtes sur AfroStyle et je vous souhaite de passer d'agréables moments
00:06en notre compagnie.
00:08A tout de suite !
00:19Bonjour à tous, moi je m'appelle Eric Blanc, je suis né en 1965 à Cotonou au Bénin.
00:29Depuis que je suis gamin, j'ai toujours voulu jouer la comédie et j'étais déjà très picre à l
00:40'époque puisque j'imitais mon grand-père, mon grand-père César de Almeida
00:45puisque nous avons du sang portugais dans les veines, ça il faut le savoir également.
00:51Et donc mes caricatures à l'époque, paraît-il, faisaient rire la famille.
00:58Donc j'ai poursuivi et mon parcours a été assez rapide.
01:04Nous sommes arrivés en France en 1975 à la suite d'un coup d'état.
01:10Et donc mon père étant magistrat voulait que je fasse un peu comme lui, c'est-à-dire que je
01:17fasse une carrière de fonctionnaire.
01:22Et donc j'ai fait, après le bac, j'ai fait des études de droit mais je me suis très
01:27très vite ennuyé.
01:28Alors j'ai abandonné mes études au grand-dame de mon père et je me suis lancé dans le spectacle.
01:35Et notamment dans l'imitation parce que j'avais commencé en tant qu'imitateur.
01:38Et je me suis dit, tiens, puisque je suis noir, pourquoi je n'imiterais pas les blancs ?
01:42Ce serait drôle, le décalage, parce que j'adore les décalages.
01:45Et donc j'ai commencé à imiter Giscard, à l'époque Frédéric Mitterrand, tous ces gens-là.
01:53Et ça a bien marché.
01:55J'ai rencontré Martial Carré, directeur du Cap de la République,
01:58qui m'a auditionné la première fois, qui m'a fait faire une audition publique et qui m'a engagé.
02:03Et de là, c'est parti.
02:10Pour moi, tout ça, c'est superficiel.
02:13Pour moi, la télévision permet de faire connaître surtout quelque chose.
02:18C'est un véhicule essentiel de communication, surtout aujourd'hui,
02:22pour faire connaître des choses, pour faire savoir.
02:27Et puis mon regard par rapport à cela,
02:33c'est que je pense que j'ai été happé par le système.
02:40Et donc effectivement, au départ, ça marchait très très fort parce qu'il y avait évidemment, ce dont j'ai
02:46parlé tout à l'heure,
02:47un décalage entre ma couleur de peau et puis les personnalités que j'imitais.
02:55Et lorsque je suis arrivé, tout le monde s'est interpellé, enfin tout le monde, pas tout le monde,
02:59puisque je me suis arrêté à des refus parfois.
03:01Mais en tout cas, lorsque la machine a commencé, s'est enclenchée,
03:10tout le monde s'est précipité sur la nouveauté.
03:14Et je me suis rendu compte finalement que je n'étais qu'un jouet.
03:19Et j'étais à mon insu, j'étais manipulé quand même.
03:24Et donc aujourd'hui, je m'en rends compte.
03:26Et je sais qu'aujourd'hui, je ne ferai pas les mêmes erreurs.
03:36Le rôle, c'était un petit rôle, c'est marrant, parce que c'est un petit rôle que j'ai
03:39eu justement
03:39dans la gauche en sortant de l'ascenseur. J'ai beaucoup aimé ce rôle-là.
03:44C'était le rôle d'un policier frais et moulu, sorti de l'école nationale.
03:51Et j'étais face à Michel Creuton. On devait éliciter une affaire de coups de feu
03:57tirés par Pierre Richard avec un appareil, avec une arme, qui était en fait un briquet ou je ne sais
04:03pas quoi.
04:03Et donc, on avait été appelé et Michel Creuton ne comprenait strictement rien.
04:12Et moi, je sortais de l'école et je lui expliquais par A plus B le pourquoi du comment.
04:18Et donc, lui, ça l'énervait évidemment, puisque lui, c'était un vieux de la vieille et ça faisait chier.
04:22Donc, j'ai adoré jouer ce rôle-là.
04:24Je crois que j'ai compris.
04:28Bien. Ça, c'est votre pistolet.
04:31Oui.
04:32Si j'ai bien compris, vous vous amusez tous les deux à tirer sur des boîtes de conserve tous les
04:36week-ends.
04:36C'est vrai.
04:37OK. Et c'est vous, monsieur, qui avez ramené de New York cette allume-cigarette qui a la réplique exacte
04:42de vos deux pistolets.
04:44Oui, c'est moi qui fais ce cadeau vidéo.
04:45Ben voilà. C'est simple. Dimanche dernier en partant, monsieur s'est trompé. Il a emporté votre pistolet pour sans
04:51que c'était son briquet.
04:52Exactement. Comment surveillez tout ça, vous ?
04:54Simple déduction.
04:58Je ne veux pas savoir à quel point je suis heureux d'être ici. En France ?
05:02La France. Pays des lignères.
05:05La patrie de Rousseau. Montesquieu.
05:08Diderot.
05:10Benjamin Cassadine.
05:12Faquer.
05:14Fontenay.
05:15Moi qui adore les blancs.
05:16Depuis que je suis tout petit, quand j'étais petit, je me disais un jour quand je serais grand, je
05:19ferais blanchir la peau.
05:20J'aurais plus de cheveux crépus, j'aurais plus un gros nez, je me ferais couper le visite. Un bras
05:24blanc, quoi.
05:27Je m'en souviens encore. Sur un blanc, en 4 minutes de ma page, j'ai même affranché le concert
05:31blanc le plus célèbre du monde.
05:32Mickaël Gerson.
05:35Disons que déjà le titre, il va changer parce que je ne le trouve pas assez porteur ce titre, donc
05:42je vais le changer.
05:44Mais j'ai trouvé intéressante l'idée d'un noir qui veut sauver les blancs parce que c'est en
05:48général, c'est les blancs qui veulent sauver les noirs.
05:49Donc j'aime bien, comme je disais toujours, j'adore les décalages.
05:54Et donc j'ai trouvé l'idée de camper un personnage, de mettre en scène un personnage qui n'a
06:02jamais vu de blanc de sa vie, mais qui est passionné par la France et la culture, la littérature.
06:09Et notamment le signe des Lumières, je vais expliquer pourquoi tout à l'heure.
06:14Et donc qu'il n'a jamais vu de blanc de sa vie et qu'il les voit pour la
06:17première fois débarquer dans son village grâce à un rallye.
06:23Et donc il y a un accident, une collision se produit, les pilotes sortent de leur voiture et alors le
06:36personnage principal s'appelle Sauveur.
06:39Il assiste à cette empoignade.
06:42En fait, il est heureux enfin d'entendre les blancs parler cette merveilleuse langue de Voltaire, cette merveilleuse langue de
06:48Molière qu'il a vu dans les bouquins et qu'il a lu dans les bouquins.
06:52Et au lieu de ça, il entend connard, trop du cul, enculé. Et là, il se dit, c'est pas
07:00possible. J'ai jamais vu ça dans les bouquins de Montesquieu ni de Voltaire.
07:04Et en même temps, il se dit, mais comme en plus ils sont très, très énervés, il se dit, mais
07:10il se demande si tous les blancs sont ainsi, quoi.
07:14J'ai maniqué mon surpeau.
07:17Connard, jamais qu'on n'a pas écrané sur la bladette, je crois que c'est vrai que vous verchez
07:20!
07:20Et alors, qu'est-ce que c'est l'info de, trop du cul ?
07:22Tu n'as pas le squelette, ça sonne crâne dans cinq minutes, trop du cul.
07:26Ta gueule, connard !
07:28Je t'enlève maintenant, trop du cul.
07:31Connard !
07:34Connard !
07:35Salut les blancs, ça va ?
07:37Faut pas vous disputer, c'est pas grave, vous laissez un saut.
07:41Bonjour, c'est pas merveilleux, la vie est un bien sous-messieurs, hein ?
07:44Bonjour les blancs, bonjour les blancs !
07:46Laissez-la sur les gènes de mer pour avoir vos discutes.
07:49Ah bon ? Vous discutez ?
07:51Ah c'est comme ça que vous discutez sur les blancs, je réponds.
07:54Bonjour, bois c'est sauveur !
07:55Bonjour connard !
07:56Bonjour, trop du cul !
08:06On parlait de surprise tout à l'heure !
08:08D'une mauvaise surprise !
08:09D'une mauvaise surprise !
08:11Il y a eu trois chansons, après !
08:13Ouais, ouais !
08:14Oh je me souviens absolument pas de...
08:17La boîte de jazz, il tape des nuits...
08:19Nan nan nan nan nan nan nan nan...
08:21Oups ?
08:21Ouais c'est ça !
08:23Nan nan nan nan nan nan nan nan...
08:25C'est un truc comme ça, je crois !
08:27Putain, c'est vrai que t'es super canon sans déconner !
08:30T'as de super yeux, t'as des pieds, t'as des mains...
08:32Et ça c'est vachement important chez une française !
08:35Non mais tu rigoles mais c'est vrai !
08:37Je veux dire bon...
08:38Allez viens chez moi !
08:39J'ai pas l'habitude de tirer dans le filet !
08:41Et puis de toute façon, si t'aimes pas de tennis...
08:43J'ai joué au golf !
08:44Je veux dire bon, y a pas de problème !
08:46Puis j'en ai marre de camberger !
08:49J'ai mal...
08:50J'ai mal partout !
08:52Ouais parce que ma boîte de prod à l'époque avait choisi de sortir un disque à ce moment-là
09:01justement...
09:02Pour profiter de l'effet médiatique !
09:07Et je vois Daniel Baudon, Jean-Réco Bonneau qui sont des musiciens...
09:10Ouais je vois...
09:11De très très bons musiciens d'ailleurs !
09:13Un guitariste et puis un bassiste !
09:15Ouais !
09:16Nan nan ! Un batteur et un guitariste !
09:18Ouais absolument !
09:20Excellent !
09:26Cette question appelle deux réflexions...
09:29Donc par rapport au...
09:32A la nouvelle génération d'humoristes...
09:37Alors je ne suis pas certain...
09:41Que...
09:44Les thèmes qu'ils défendent et la manière dont ils défendent...
09:49Ils les défendent...
09:51Soit la bonne...
09:51Soit une bonne...
09:53Soit quelque chose de...
09:55Aussi positif qu'on veut bien le croire !
09:57Parce que finalement...
10:00Ça ne fait que ghettoiser entre guillemets...
10:04Encore plus !
10:05Les ghettoiser encore plus !
10:06Parce qu'ils ne s'adressent qu'à un public !
10:08Alors qu'au départ c'était...
10:10Nous on veut avoir le droit de parole !
10:11On veut pouvoir dire les choses !
10:13Et on veut pouvoir montrer aux autres ce qu'on sait faire !
10:15Et échanger !
10:17Mais en fait c'est...
10:18Finalement c'est...
10:19Ça ne fait que...
10:24Sectariser...
10:25Les choses !
10:25Parce qu'ils ne s'adressent...
10:26Ils ne s'adressent qu'à...
10:29Qu'à leur public...
10:31Qu'à leur communauté !
10:32Voilà !
10:33Mais oui justement !
10:34C'est ça !
10:35Et c'est pour ça que je dis que...
10:37Ils tombent dans le piège qu'ils dénonçaient eux-mêmes !
10:40Voilà !
10:41Et...
10:42Et...
10:43Et ça je le regrette vivement !
10:45Alors...
10:46Chacun a du talent !
10:47Chacun a son talent !
10:49Euh...
10:49Mais je...
10:51Et je regrette également...
10:52Qu'est-ce que je regrette aussi ?
10:53C'est dans la forme !
10:54C'est d'utiliser euh...
10:57Bon...
10:58On parle de stand-up !
10:59Par exemple !
10:59Voilà !
11:00Alors maintenant tous les jeunes...
11:01Voilà !
11:01Maintenant ils veulent faire du stand-up !
11:03Voilà !
11:03Et moi je crois que l'intérêt dans ce métier...
11:05C'est justement de faire des choses différentes !
11:07Et c'est de se...
11:08De se démarquer !
11:09Voilà !
11:10C'est tous la même chose finalement !
11:49Ouais !
11:50Moi je me suis cassé aux Etats-Unis...
11:51Parce qu'en France je ne peux pas démarquer...
11:53Tu ne peux pas prendre un risque...
11:55Tu ne peux pas faire ce que tu veux...
11:56Et puis j'ai dit de toute façon...
11:58Si Sarko passe...
11:59Je me casse !
12:01Donc euh...
12:02Là je suis hausse tête !
12:03Ça se passe bien !
12:05J'ai envie de revenir un petit peu...
12:07J'ai envie de revenir un petit peu à la compétition !
12:09Euh...
12:09Je me dis on ne sait jamais !
12:10Quand je vois tous ces jeunes !
12:11Son gars !
12:12Tout ça !
12:14Arrivés !
12:14Gaël mon fils !
12:15J'ai envie de revenir à la compétition !
12:17Donc j'ai commencé à faire des tournois à exhibition !
12:20Et euh...
12:21Bon ben il m'arrive un truc il n'y a pas longtemps !
12:23C'est incroyable !
12:24J'ai réussi à gagner un match !
12:25Et ça c'est fantastique !
12:27Bon d'accord le gars il avait 12 ans !
12:29Mais euh...
12:30Je m'en suis vachement bien sorti !
12:32Et voilà !
12:33Ça c'est des personnages que j'aimais bien faire à l'époque !
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