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Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen, candidat à la présidentielle, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité dans la grande interview ce matin sur CNews et sur Europe 1, c'est Karim Bouhamran.
00:04Bonjour à vous.
00:04Bonjour madame Ferrer.
00:05Maire socialiste de Saint-Ouen et candidat à l'élection présidentielle.
00:08Merci d'être avec nous ce matin.
00:09Beaucoup de sujets dans l'actualité.
00:11J'aimerais commencer par la journée justice morte qui est organisée aujourd'hui.
00:14Les magistrats et les avocats se mobilisent contre la loi portée par Gérald Darmanin
00:17sur la justice criminelle, le respect des victimes.
00:20Au départ, ça n'avait aucun lien avec la mort de Liana.
00:23Et pourtant, les dysfonctionnements graves constatés lors de l'enquête qui a été menée par Gérald Darmanin.
00:29l'ont conduit à prendre des sanctions contre le substitut du parquet à Auché.
00:33Est-ce que vous comprenez que cette journée de mobilisation,
00:35qui au départ devait être corporatiste, se transforme ainsi ?
00:40Est-ce que vous soutenez cette mobilisation ?
00:41Est-ce que c'est la réponse qu'attendent les Français ?
00:43Deux tiers des Français ne font plus confiance à la justice, Karim Bouhamran.
00:46Donc effectivement, deux tiers des Françaises et des Français ne font plus confiance à la justice.
00:50Mais j'ai vraiment confiance dans la justice, j'ai confiance dans les magistrats.
00:54Les magistrats font un boulot exceptionnel.
00:56Et aujourd'hui, on manque cruellement de moyens.
00:58Lorsque vous voyez qu'on a un peu moins de 8000 magistrats,
01:01et qu'aujourd'hui, l'affaire Liana renvoie un dysfonctionnement en termes de moyens.
01:05On l'évoquait, notamment, les rôles, le manque de simplification,
01:10mais aussi le fait que nous avons une justice qui croule dans les demandes.
01:14Alors, il n'y a pas qu'un manque de moyens dans l'affaire qui a mené, malheureusement, à la
01:18mort de Liana.
01:18Il y a aussi des faillances, sans doute personnelles.
01:21Et c'est là-dessus qu'a insisté Gérald Darmanin.
01:22Il faut que les magistrats soient sanctionnés, comme toutes les autres professions ?
01:25Que ce soit les magistrats ou que ce soit n'importe quel fonctionnaire,
01:27à partir du moment où il y a un dysfonctionnement, il y a une enquête administrative,
01:30il faut que les responsables paient.
01:31Mais derrière, il ne faut pas que les magistrats soient le bouc émissaire de ce qui se passe.
01:35Aujourd'hui, on a deux fois moins de magistrats que dans un pays comme l'Allemagne.
01:39Un pays comme le nôtre, une république comme la nôtre,
01:42protéger les plus faibles, protéger nos enfants,
01:45protéger les personnes qui sont le plus victimes de violences,
01:47les femmes et les enfants doivent requièrent plus de moyens et une réforme structurelle.
01:52On poste notamment à l'IA, les moyens techniques, les simplifications.
01:57Et puis qu'on arrête avec le fait qu'on ait une tonne, une tonne, une tonne de process.
02:01Et on ne peut pas avoir une justice forte sans avoir une police forte.
02:05Gérard Larcher, le président du Sénat, se dit choqué, lui, par cette journée.
02:08Il estime que les réactions corporatistes ne sont plus luçantes,
02:12plus qu'indécentes vis-à-vis de la douleur des familles.
02:14Est-ce qu'on peut se servir comme ça de la mort d'une enfant pour faire avancer des propositions
02:18?
02:18Vous savez, les petites phrases, il faut...
02:21Moi, ça me gêne.
02:23Mais qu'est-ce que vous proposez-vous, alors ?
02:25Moi, ce que je propose, c'est vraiment un travail de fond avec la justice.
02:28Quand vous regardez, quand vous êtes dans le réel,
02:29Madame Ferrari, quand vous voyez les magistrats,
02:31aujourd'hui, la hantise d'un magistrat, c'est de se dire, avec la pile de dossiers,
02:37est-ce que je ne tombe pas sur une affaire Liana ?
02:39Aujourd'hui, on a un manque de greffier.
02:40Et aujourd'hui, entre le dossier qui tombe au niveau du parquet,
02:46la gestion des familles...
02:47Moi, je le vois tous les jours, lorsque j'ai des signalements dans ma ville,
02:50on voit le nombre d'affaires qui peuvent être classées sans suite,
02:53par manque de moyens, malgré tous les efforts du procureur,
02:56malgré tous les efforts des magistrats, malgré tous les efforts de la police.
02:59Donc, c'est vraiment un problème de moyens.
03:00Et l'autre versant, Madame Ferrari,
03:02sont tu réalisés la parole de l'enfant ?
03:04Parce qu'il y a un problème technique.
03:06On ne croit pas la parole de l'enfant ?
03:09On ne prend pas en compte la parole de l'enfant.
03:12Un, sanctuariser la parole de l'enfant.
03:14Apprendre aux parents à sanctuariser la parole de l'enfant.
03:18Toute la génération des boomers, vous en souvenez ce qu'on nous apprenait ?
03:20Oh, c'est normal, le gamin, la gamine divague,
03:24c'est l'âge des rêves avec des espèces d'interprétations freudiennes.
03:28Non, il faut sanctuariser la parole de l'enfant,
03:30il faut donner aux parents la possibilité de comprendre la parole de l'enfant
03:34et les employeurs, un principe que j'ai mis en place à Saint-Ouen,
03:37le principe de précaution.
03:39C'est-à-dire que dès qu'il y a un doute...
03:40Ça consiste en quoi, ça ?
03:41Le principe de précaution, Madame Ferrari,
03:42c'est dès qu'il y a un doute,
03:44un doute, pas la confirmation que la personne est bien un prédateur,
03:49un doute, on le suspend.
03:50On le met hors d'état de nuire, c'est ce que je dis tout le temps.
03:53Là, vous parlez du périscolaire, par exemple.
03:54Pas que le périscolaire, parce que, justement,
03:56les prédateurs ne se focalisent pas uniquement dans le périscolaire,
03:58ça serait facile.
03:59Les prédateurs oeuvrent là où il y a des enfants.
04:01Association sportive, culturelle...
04:02Exactement, absolument.
04:05Sportive, culturelle, périscolaire, l'éducation nationale.
04:09Il ne faut pas travailler de façon silotée,
04:11il faut remettre la sanctuarisation de la parole de l'enfant au centre
04:15et donner les moyens à la justice de pouvoir mettre en œuvre cette sanctuarisation.
04:19Il y a 8000 magistrats en France, vous en voulez combien ?
04:21On augmente de combien le nombre de magistrats ?
04:2250%.
04:23Il faut augmenter 50% de magistrats,
04:25il faut augmenter le nombre de policiers,
04:27augmenter le nombre de médecins,
04:28il faut donner la possibilité de financer cela.
04:31On y reviendra avec une discussion sur les questions budgétaires,
04:33parce qu'un des principes de notre République,
04:35c'est une démocratie sociale,
04:36et c'est l'économie qui doit financer cet État protecteur,
04:39cet État providence.
04:40Vous êtes très attaché, Karim Bamran,
04:41à la protection de l'enfant.
04:43Vous avez organisé des assises, je crois, à Saint-Ouen.
04:45Absolument, Madame, avec Arnaud-Galet,
04:46Mouve-Enfant, Mitoué-Cole.
04:48On a eu ce drame concernant le jeune Louis,
04:5017 ans, massacré par 5 autres enfants placés à l'ASE,
04:56Aide sociale à l'enfance.
04:57Là aussi, on a un problème structuré,
04:59systémique dans notre pays.
05:01Selon l'avocat Michel Hamas,
05:02qui était notre invité il y a quelques jours,
05:04on estime que 20 000 enfants de l'ASE seraient prostitués.
05:08Comment est-ce qu'on peut remettre, encore une fois,
05:10ce système en ordre,
05:12et qu'il protège les enfants,
05:14au lieu de les exposer aux pires violences,
05:15alors même qu'ils sont victimes des violences chez eux ?
05:17Mais vous avez complètement raison.
05:19Ils sont victimes de violences sexuelles,
05:22ils sont souvent victimes de violences physiques.
05:24C'est une bonne partie d'entre eux qu'on retrouve sans domicile fixe.
05:28On a cette espèce de machine endémique de reproduction de la violence.
05:32On a 400 000 personnes qui sont dans l'ASE,
05:36il manque à peu près 100 000 places, 150 000 places.
05:39Et paradoxalement, on est en train de couper les aides
05:41aux collectivités territoriales comme les départements.
05:44Et ensuite, les gamins, quand ils sortent de l'ASE,
05:46qu'est-ce qu'ils deviennent ?
05:47Donc, on ne naît pas violent.
05:49Il y a cette espèce de machine structurelle.
05:51Il y a une fabrique de la violence.
05:51Il y a une fabrique de la violence.
05:53Oui, il faut avoir une intransigeance totale
05:55lorsqu'on commet une violence.
05:57Je pense aux parents d'Elias, aux parents de Louis,
05:59aux parents de Théo.
06:01Oui, c'est très très dur.
06:03Il faut que la justice soit intransigeante
06:05et il faut qu'il y ait les moyens de cette ambition.
06:06Même si c'est des mineurs, il faut qu'elle soit dure, la sanction.
06:09Même s'il s'agit de mineurs, il faut revoir l'ordonnance des mineurs.
06:13Pas particulièrement revoir l'ordonnance des mineurs de 1945.
06:15En revanche, il faut, à partir du principe,
06:17qu'à partir du moment où il y a crime,
06:20il faut qu'il y ait sanctions.
06:21Tout de suite ?
06:22Et sanctions tout de suite.
06:23Alors donc, on revient sur la loi Beloubet
06:25qui est en train d'une césure entre l'acte commis et la punition.
06:28Absolument, absolument.
06:29Il faut la revoir.
06:29Il faut qu'il y ait une discussion là-dessus.
06:31Je n'ai pas de tabou.
06:31En revanche, c'est la question, c'est la génèse systémique de cette violence.
06:37Et souvent, souvent, il y a une violence physique,
06:40une violence sexuelle, une violence sociale.
06:42Et on est dans le déni qui fait qu'il y a une reproduction
06:44et malheureusement, à chaque fois, on a ce type de drame.
06:47Karim Bamran, on essaie de comprendre encore une fois
06:49ce qui vous motive, quelle est votre structure personnelle.
06:53Est-ce qu'il y a un problème endémique de structure familiale ?
06:56Est-ce que les enfants aujourd'hui sont laissés pour compte ?
06:59Est-ce que les parents ont démissionné ?
07:01Qu'est-ce que vous proposez pour responsabiliser les parents ?
07:03Est-ce qu'il faut taper le portefeuille des parents
07:06lorsque les enfants commettent des délits, des crimes ?
07:08Alors, c'est multifactoriel.
07:10Le premier principe qu'on devra avoir en ligne de compte
07:15dans le cas de la présidence de la République,
07:18protéger nos enfants.
07:19Les enfants, ce sont des futurs jeunes, des futurs mineurs.
07:23Donc, protéger nos enfants contre les violences,
07:25toutes formes de violences.
07:26Je prends les violences sexuelles, sexistes, incestueuses.
07:2880% à son issue de la cellule familiale.
07:31On l'a évoqué avec Liana, il y a cette espèce de déni,
07:33ce manque de sanctuarisation de la parole de l'enfant.
07:36Il faut une grande loi intégrale ?
07:37Une loi intégrale.
07:38Je soutiens cette loi intégrale, je la porte, je combats.
07:43Je salue le travail des parlementaires qui allaient dans ce sens.
07:48Ensuite, il y a un sujet qu'on évoque très peu,
07:52la question de la protection sociale,
07:54notamment la question du logement.
07:5680% de la source des inégalités, du type de violence,
07:59ce sont la question du logement.
08:01Moi, à présent de la République, pour paraphraser d'aucun,
08:04je mettrai en place une politique de logement ambitieuse.
08:08Il faut donner la possibilité à chacune et chacun de pouvoir se loger.
08:12Proposition très concrète.
08:13Par exemple, pour ceux qui ont des logements HLM,
08:16de pouvoir les acheter un jour ?
08:17Pas forcément sur le parcours résidentiel,
08:19c'est déjà en construire.
08:20Vous savez, Madame Ferrari, il manque 500 000 logements en France.
08:23Il y a 12 millions de mal logés.
08:26Baisser la TVA, baisser la TVA de 20% à 5%,
08:29faire en sorte que la question du logement
08:32soit un produit de première nécessité.
08:34C'est consubstantiel à l'idéal républicain.
08:36On ne peut pas s'émanciper,
08:38on ne peut pas vivre de façon sereine et apaisée
08:40si on n'a pas un parcours résidentiel.
08:43Ensuite, ça peut être les HLM,
08:46parcours d'acquisition.
08:47Ça se travaille.
08:48Je le vois, je le fais à Saint-Ouen en tant que maire.
08:50Mais la question, c'est comment donner cette sécurité sociale digne.
08:55Mais vous ne m'avez pas répondu sur la responsabilisation des parents.
08:57Est-ce qu'encore une fois, il faut suspendre les prestations sociales ?
08:59Il faut parfois sortir les familles des logements HLM ?
09:03S'il y a un défaut, encore une fois, sur un minor hyper violent ?
09:06Je vais vous répondre de façon très factuelle, très pragmatique.
09:09Sur les questions de narcotrafic, il y a la loi narcotrafic.
09:11Lorsqu'effectivement, on sait qu'il y a des familles
09:13qui sont impliquées directement ou indirectement
09:16sur les questions de narcotrafic, il faut les expulser.
09:18Ma réponse est claire.
09:19En revanche, lorsqu'il y a une question de violence,
09:21vous pensez vraiment que si jamais on expulse une famille
09:24qui sont 4, 5, parce qu'il y a un enfant
09:27qui a commis des actes graves,
09:29ça va résoudre la situation de fond ?
09:30Je ne pense pas.
09:31Donc, pas là-dessus, on enlève les prestations sociales
09:34uniquement en cas de narcotrafic, c'est ça ?
09:36Non, les prestations sociales, je parlais de l'expulsion
09:38dans le cadre du logement social,
09:40dans le cadre de la loi narcotrafic.
09:42En revanche, suspendre les prestations
09:44parce qu'on a un enfant qui a commis un crime,
09:46je ne pense pas que ça va donner la possibilité
09:49à ce que ce type de crime se reproduise.
09:51On est sur CNews et sur Europe 1.
09:52Vous êtes Karim Bouamran, le maire de Saint-Ouen,
09:54depuis 6 ans déjà.
09:56L'un de vos principaux combats, c'est justement
09:57cette lutte contre le narcotrafic.
09:59Il y a un an, une école maternelle a dû déménérer
10:01dans votre commune.
10:02Elle était à côté d'un centre de trafic de drogue.
10:04Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?
10:05Qu'est-ce qui a changé sur le terrain ?
10:07J'ai été le seul maire de France
10:09à démanteler 100% des trafics de drogue
10:11dans ma commune.
10:12Donc, souvenez-vous, il y a eu un grand débat.
10:14Le service public ne doit pas être fermé.
10:16On laisse la place au trafic.
10:17Le service public n'a jamais été fermé.
10:19On n'a pas cédé face au dealer ce jour-là ?
10:21On n'a rien cédé.
10:21On a déplacé et on a continué.
10:24Il y a eu un continuum du service public.
10:25Et justement, 4 mois après,
10:27le point de deal a été démantelé
10:28avec une méthode dite Saint-Ouen.
10:30Travailler avec la justice,
10:31travailler avec la police,
10:33travailler avec les parents.
10:33Justement, vous avez évoqué la question des parents.
10:35Travailler avec les parents d'élèves,
10:36travailler avec les associations,
10:38la prévention et puis les moyens techniques.
10:39Je n'ai pas de tabou, moi, avec les moyens techniques.
10:41Il y a 1000 caméras.
10:42500 dans les espaces publics,
10:43500 dans le privé.
10:45En France, nous pouvons...
10:45Police municipale armée.
10:47Police municipale armée.
10:48Pas de tabou là-dessus.
10:49Police municipale formée.
10:51Police municipale avec la question de proximité.
10:54Question du logement.
10:55Lorsqu'on parle de réhabilitation,
10:56rénovation,
10:57le logement, c'est la source de tout.
10:59Donc, voyez-vous,
10:59on peut lutter contre le narcotrafic,
11:01mais c'est une conception multifactorielle,
11:04holistique et bien sûr,
11:05donner de l'espoir aux enfants.
11:06Si on continue à avoir
11:07cette espèce de nostalgie du passé,
11:10d'aigreur du présent
11:11et de colère et de haine
11:13en direction de l'avenir,
11:15on n'arrivera pas à avoir
11:16des jeunes qui seront portés par l'espoir.
11:18Moi, je veux améliorer la vie des gens.
11:19Nostalgie du passé.
11:20Vous dites quoi, en réalité ?
11:22La nostalgie du passé,
11:23c'est tout ce qui est porté
11:24par le Rassemblement National
11:25où c'était mieux avant,
11:26c'était mieux avant
11:27qu'on n'était pas porté
11:28par le grand remplacement
11:29ou la nostalgie du passé
11:31en expliquant que
11:33une bonne partie de nos problèmes,
11:35l'insécurité,
11:36c'est parce qu'il y a des immigrés,
11:36c'est parce qu'il y a des musulmans
11:37et c'est parce que les musulmans
11:39sont tous des islamistes.
11:40Donc, il y a cette espèce
11:41de vision extrêmement réductrice.
11:42Moi, ce que je dis,
11:43c'est que oui,
11:44le pacte républicain...
11:45Sur lequel travaille aussi
11:46la France insoumise,
11:46on est d'accord ?
11:47La France insoumise
11:48ne travaille pas
11:48sur un pacte républicain.
11:49Non, non, pas sur un pacte républicain.
11:51Pardon, sur les sous-entendus
11:51que vous venez d'évoquer.
11:53Sauf que la France insoumise
11:54utilise la notion
11:55de communautarisation,
11:56de monter les communautés
11:57les unes contre les autres
11:58pour défaire l'idéal républicain.
12:00Ce n'est pas du tout
12:01la façon avec laquelle
12:02j'appréhende mon pays.
12:03Moi, ce que j'estime,
12:04c'est qu'aujourd'hui,
12:05il faut redonner de l'espoir aux gens.
12:07Il faut arrêter
12:07avec cette espèce
12:09de posture outrancière
12:11qui consiste à ethniciser
12:13les quartiers
12:14et en partant du principe
12:15que lorsqu'on est
12:15des compatriotes maghrébins,
12:17lorsqu'on est des compatriotes
12:18de couleur noire,
12:20Éric Coquerel appelait ça
12:21des hommes de couleur.
12:21Il nous a appelé
12:22un homme de couleur.
12:23Des hommes de couleur
12:23dignes, dignes,
12:24vraiment dignes
12:26du code noir,
12:29dignes des propos colonialistes.
12:31C'est typique
12:32de la lecture
12:33ethnicisée, hypocrite
12:35de la France insoumise,
12:36de Jean-Luc Mélenchon.
12:38Qui apparaît
12:38un parti raciste ?
12:39Je dirais que c'est
12:40un parti colonialiste,
12:41c'est un parti
12:41dont les responsables
12:43sont portés
12:44par une vision colonialiste
12:45et donc ethnicisées.
12:46Et parfois,
12:47chassé naturel
12:48et revient au galop.
12:48Donc, pour caricaturer,
12:49ce n'est pas une caricature,
12:50pour simplifier,
12:52on aime bien
12:52les maghrébins,
12:54on aime bien
12:54les noirs,
12:55les hommes de couleur
12:56selon Éric Coquerel,
12:57quand ils sont
12:58totalement au service
13:00de Jean-Luc Mélenchon.
13:01Moi, j'ai une autre lecture.
13:02Je pars du principe
13:03que quelle que soit
13:04votre origine sociale,
13:05quelle que soit
13:05votre orientation sexuelle,
13:07quelle que soit
13:07votre couleur de peau,
13:08que vous soyez
13:09de confession juive,
13:11musulmane,
13:11catholique,
13:12que vous ayez
13:13un phénotype asiatique,
13:14peu importe,
13:14on est républicain
13:15et on a le droit
13:16d'avoir de l'espoir
13:17et voir sa vie
13:18s'améliorer tous les jours.
13:19C'est ça une France humaine,
13:20c'est ça une France forte.
13:21Vous êtes candidat
13:21à l'élection présidentielle,
13:22vous dites que ça dérange.
13:23Il y a beaucoup de critiques
13:24qui concernent
13:24votre origine sociale
13:25parce que vous êtes
13:26fils d'ouvrier,
13:27or, vous avez travaillé
13:29comme chef d'entreprise,
13:30notamment dans la Silicon Valley.
13:31C'est ça, en fait,
13:32on essaie de vous invisibiliser,
13:34Karim Boamran.
13:35Mais, Madame Ferrari,
13:36vous avez complètement raison.
13:38Lorsque je viens,
13:42respecter,
13:43j'ai gagné,
13:44j'ai regagné.
13:45Les seuls,
13:45les seuls,
13:46les seuls qui m'invisibilisent
13:47et qui me méprisent,
13:48ce sont souvent
13:50les barons du Parti Socialiste
13:52et les barons de la gauche.
13:53Donc, votre parti ?
13:54Parce que mon parti,
13:55une frange de la gauche également,
13:56cette espèce de mépris social
13:57est mépris par rapport
13:58à ce que je représente.
14:00Alors, ensuite,
14:00à vous de voir
14:01ce que je représente.
14:02Et qu'est-ce que vous représentez ?
14:02Je représente un Français républicain
14:04de gauche
14:05qui se bat pour la démocratie sociale
14:06qui est musulman
14:08et ça peut poser problème.
14:09Et cette espèce de mépris,
14:10cette espèce de côté sournois.
14:12Les médias,
14:13il n'y a aucun problème.
14:13Les électeurs,
14:14mais les électeurs,
14:15Madame Ferrari,
14:16ils m'ont fait confiance.
14:18J'ai gagné
14:18et j'ai regagné.
14:20Souvenez-vous...
14:20Face à la France insoumise.
14:21Face à la France insoumise.
14:22En 2020,
14:23les mêmes barons
14:25de certaines gauches
14:27nostalgiques
14:28d'un passé colonialiste
14:29écrivaient noir sur blanc
14:31« Karim Boimran
14:31ne pourra jamais être maire
14:32pour deux raisons.
14:34La première,
14:35il est fils d'immigré,
14:36il est issu de l'immigration.
14:37Je suis issu,
14:38comme vous,
14:38je ne suis pas du tout
14:39issu de l'immigration.
14:41Nous, on est français,
14:42bien français
14:42et fiers d'être français.
14:44Et la deuxième,
14:44c'est qu'il est trop
14:45dans le bling-bling.
14:46Encore une espèce
14:46d'essentialisme,
14:48d'essentialisation.
14:48Ah bah oui.
14:49Pourquoi vous êtes...
14:51Parce que c'est facile
14:51de caricaturer
14:53les personnes d'origine italienne,
14:55les personnes d'origine maghrébine,
14:56les personnes de confession juive.
14:58On aime bien essentialiser.
14:59Voilà, c'est ce qui s'est passé.
15:00La France insoumise
15:01met en avant sa nouvelle France
15:04qu'elle souhaite,
15:05évidemment,
15:06voter,
15:07qui voterait pour elle.
15:08Vous,
15:08qu'est-ce que c'est pour vous,
15:09cette France
15:10que vous portez
15:11et que vous aimez ?
15:12Moi, la France que j'aime,
15:13c'est la France
15:14qui donne la possibilité
15:14à toutes les Françaises
15:15et les Français
15:16de pouvoir se soigner.
15:17Moi, c'est la France
15:18que j'aime,
15:19c'est la France
15:19qui donne la possibilité
15:20à pouvoir se loger,
15:21à pouvoir bénéficier
15:22de la démocratisation
15:23d'excellence,
15:24qu'on soit fils d'ouvrier,
15:25fille d'ouvrier
15:26ou issu des zones rurales.
15:28Moi, c'est ça,
15:28la France que j'aime.
15:29La France que j'aime,
15:30c'est la France
15:30qui donne la possibilité
15:31de se dire
15:32c'est consubstantiel
15:34à l'idéal républicain
15:34de pouvoir bénéficier
15:40la haine,
15:42le patriarcat,
15:43le libéralisme,
15:44le fait qu'on soit nostalgique
15:45d'une certaine France
15:46où on considère
15:47qu'il y a une stratification
15:50des communautés.
15:51Moi, la France que j'aime,
15:52c'est la France
15:52qui m'a donné la possibilité
15:53d'arriver là où j'en suis.
15:55La France que j'aime,
15:55c'est la France
15:56qui donne la possibilité
15:56à toutes celles et ceux
15:57qui ont dû bosser
15:58trois, quatre, cinq fois plus
15:59de pouvoir se dire
16:00tiens, je peux gagner
16:01plus d'argent
16:01parce qu'on peut être de gauche
16:03et pas avoir de tabou
16:03par rapport à l'argent.
16:04Donner la possibilité
16:05de valoriser aussi bien
16:06le travail que le capital.
16:07Voilà la France que j'aime.
16:09Voilà la France humaine.
16:10Voilà la France forte.
16:10Vous êtes candidat
16:11à l'élection présidentielle.
16:12D'aucuns ont dit
16:13c'est une candidature
16:14de témoignage.
16:15C'est vrai qu'il y a
16:15beaucoup de candidatures.
16:16Si on prend la liste
16:17des candidats à gauche,
16:19elle est longue comme le bras.
16:20Est-ce que vous irez
16:21jusqu'au bout ?
16:22Et est-ce qu'à la fin,
16:23encore une fois,
16:24vous voulez porter vos valeurs
16:25et s'il y a un second tour
16:27RN, LFI,
16:28est-ce que vous voterez
16:29Jean-Luc Mélenchon ?
16:30Je mets tout en œuvre
16:31pour qu'il n'y ait pas
16:32un second tour RN, LFI ?
16:33Est-ce que c'est tout
16:35ça que Mélenchon pour vous ?
16:36J'aimerais bien savoir
16:38si jamais il y avait
16:39un second tour
16:40Bardella-Le Pen,
16:41Boimran,
16:42que ferait Mélenchon ?
16:43Donc si vous l'invitez,
16:44posez-lui la question.
16:44Je suis impatient.
16:46Et en attendant,
16:47je vous le dis,
16:50RN, LFI,
16:51Mélenchon,
16:51Bardella,
16:51je les mets dos à dos
16:52pour moi.
16:53Les deux extrêmes,
16:53je les combats.
16:54Donc moi,
16:55je ferais tout en sorte
16:57pour être le prochain
16:58président de la République.
16:58Ce n'est pas du tout
16:59une candidature de témoignage.
17:00J'ai de plus en plus
17:01de soutien.
17:02Les signatures ?
17:03Les maires ?
17:03Les 500 signatures,
17:04vous les avez ?
17:05On avance,
17:05on avance bien,
17:06on avance bien,
17:07que ce soit du côté
17:07des Cévennes,
17:08que ce soit du côté
17:09de la Bretagne,
17:10que ce soit du côté
17:10de la Picardie,
17:11que ce soit du côté
17:11des ultramarins.
17:13Donc ça avance bien,
17:14on est confiant.
17:14Donc dos à dos,
17:15RN et LFI,
17:16mais il y aura un second tour
17:17et il faudra choisir.
17:18Et pour l'instant,
17:18vous ne choisissez pas.
17:19Je serai au second tour.
17:21Vous serez au second tour ?
17:22Je serai au second tour.
17:24Face à qui ?
17:25Ça,
17:26l'avenir nous le dira.
17:27Moi,
17:27je suis de ceux
17:28qui pensent
17:29que le fait
17:29que Bardella Le Pen
17:31soit automatiquement
17:32au second tour
17:32n'est pas quelque chose
17:33d'acté.
17:33Mais bon,
17:34ça c'est d'ordre
17:34des chroniqueurs
17:35et des experts
17:36en politique.
17:37Moi,
17:37mon boulot,
17:38c'est de faire en sorte
17:38que la vie des gens
17:39s'améliore très concrètement
17:40avec un projet
17:41qui est le nôtre,
17:42c'est-à-dire sécurité,
17:43protéger,
17:44souveraineté
17:45et contribuer
17:46à faire en sorte
17:46que les gens
17:47soient plus heureux.
17:48Si on peut renouer
17:48avec cette utopie réaliste...
17:50dans ce fameux bloc central.
17:52Lesquels ?
17:52Bernard Cazeneuve...
17:54Il n'est pas candidat.
17:54Raphaël Guzman.
17:55Il n'est pas candidat.
17:57Alors,
17:57donnez-moi des noms.
17:58Mais oui,
17:59mais c'est ça.
17:59Ils sont nombreux,
18:00effectivement.
18:01Vous êtes le seul
18:01candidat à gauche,
18:02c'est ça ?
18:03Jérôme Gage.
18:03Jérôme Gage.
18:04On est deux.
18:04Donc,
18:05il s'échauffe,
18:06il s'étire,
18:06ils sont éventuellement
18:08candidats
18:08à une éventuelle candidature.
18:09En attendant,
18:10moi,
18:10je suis candidat,
18:11je suis déterminé,
18:12on rassemble,
18:14on a démontré
18:15qu'on a gagné,
18:20en petit comité
18:21pour la primaire
18:21de la primaire
18:22de la primaire
18:22digne de calcul
18:23de petits boutiquiers.
18:25Ce que je demande
18:25aux responsables socialistes
18:27ou aux responsables de gauche,
18:28très bien,
18:29on a une bonne candidature,
18:30on se mobilise
18:31et on peut lui donner,
18:32on peut avoir les moyens
18:32de faire en sorte
18:33qu'une gauche républicaine.
18:33Et vous avez le sentiment
18:34qu'ils vous entendent
18:34ou pas du tout ?
18:35Il faudra leur demander
18:36mais a priori,
18:37ils passent leur vie
18:37à faire des conclaves
18:38ou des conférences téléphoniques
18:39et pas à soutenir
18:40ma candidature,
18:41contrairement aux Françaises
18:42et aux Français
18:43qui sont de plus en plus nombreux.
18:44Donc,
18:44j'ai totalement confiance.
18:45Un dernier mot
18:46concernant le budget,
18:47alors c'est une vaste question,
18:48il nous reste peu de temps
18:48mais nous sommes
18:49à la tête d'un pays
18:52en faillite,
18:543536 milliards de dettes.
18:55Qu'est-ce que vous proposez ?
18:57Il y a deux dénits,
18:57Madame Ferrari.
18:58Il y a le déni climatique,
18:59on l'a évoqué
19:00avec la sécheresse,
19:01c'est-à-dire qu'il y a
19:01un réchauffement climatique,
19:02il faut sortir des énergies fossiles
19:03et il y a un déni démographique.
19:05C'est simple,
19:05notre pays est de plus en plus vieux,
19:07il y a 3500 milliards de dettes
19:10dont 2000 milliards
19:13qui sont dédiés
19:14aux dépenses sociales.
19:15Aujourd'hui,
19:16il faut faire en sorte
19:16que toutes celles et ceux,
19:17nos jeunes,
19:19rentrent de plus en plus tardivement
19:20sur le marché du travail
19:20et nos travailleurs
19:23sortent de plus en plus tôt
19:24comparativement
19:24à ce qui se passe
19:25dans un pays comme l'Allemagne.
19:26Vous savez quoi ?
19:27Entre les 400 milliards de dettes
19:28et les 300 milliards de dépenses
19:30liées à la santé,
19:31il faut avoir un vrai débat de fond
19:32sur le thème
19:32« Voilà le débat,
19:35voilà la France que je veux,
19:36une France qui protège,
19:37une France sociale,
19:37mais voilà combien ça coûte.
19:38Je serai le président,
19:39le président courageux,
19:41sincère
19:41et qui redonne de l'espoir.
19:43Et pour cela,
19:43il faut regarder
19:43sur les dépenses
19:44de 400 milliards
19:45et 300 milliards
19:46sans tabou.
19:46D'accord,
19:47avec un regard
19:48sur l'assistanat
19:50asserré
19:51sur lequel,
19:51voilà,
19:52celui qui travaille
19:53ne peut pas gagner moins
19:54que celui qui ne travaille pas ?
19:55Oui, exactement,
19:55revaloriser le travail,
19:57solidarité,
19:57ça ne veut pas dire
19:58« Assistanat »,
19:59ça c'est un postulat
20:00et surtout,
20:01aujourd'hui,
20:02lorsque vous regardez
20:02les analyses,
20:03dans les années 70,
20:04des profils comme le vôtre,
20:05comme le mien,
20:06il nous fallait 15 ans
20:07pour doubler
20:08notre pouvoir d'achat.
20:09Aujourd'hui,
20:09il faut plus de 30 ans.
20:10Premier élément.
20:11Deuxième élément,
20:12on n'arrive plus
20:13à donner de l'espoir,
20:14à gagner plus d'argent
20:15pour les classes populaires
20:16et les classes moyennes.
20:16Il y a cette espèce
20:17de pudibonderie lexicale,
20:19le pouvoir d'achat.
20:20Les classes populaires,
20:20les classes moyennes
20:21veulent gagner plus d'argent
20:23et pour cela,
20:24une proposition très claire,
20:26faire en sorte
20:26que les entreprises
20:27puissent participer
20:28à plus de dividendes
20:30au regard de la productivité
20:32des salariés.
20:33Merci beaucoup.
20:34Karim Boimran,
20:35candidat à l'élection présidentielle
20:36qui était notre invité
20:37ce matin sur Facebook
20:37et sur Europe 1.
20:38Bonne journée à vous.
20:39Merci.
20:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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