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00:009h, Europe 1 matin. 7h, 19h sur Europe 1. Excellent début de journée avec Dimitri Pavlenko, c'est l'heure
00:06de l'édito éco.
00:07Bonjour Olivier Babaud.
00:08Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour.
00:10Bonjour Olivier.
00:10Alors l'idée de la taxe Zuckman revient en force à gauche à l'approche de 2027.
00:14Une étude récente en fait pourtant une critique radicale.
00:17Oui Dimitri, il est d'ores et déjà clair que la taxe Zuckman qui promet 25 milliards d'euros de
00:21recettes prélevées sur quelques centaines de contribuables
00:23sera l'un des totems des programmes de la gauche pour la présidentielle.
00:26Le collectif Trop c'est trop mené par le docteur Pierre Androuz et comprenant des économistes respectés comme Nathalie Jansson
00:32ou Antoine Lévy
00:33vient de sortir une note qui démonte cette taxe sur trois dimensions, son diagnostic initial, son rendement attendu et ses
00:38effets négatifs induits.
00:39Alors commençons par le diagnostic, la taxe Zuckman, on rappelle elle repose sur l'idée que les milliardaires paieraient moins
00:45d'impôts en proportion que le reste de la population.
00:48Oui et cette étude alors met à jour une contradiction logique dans la façon dont sont considérés les revenus des
00:52très riches et ceux des riches tout court.
00:54La note sur laquelle s'appuie Zuckman impute aux grandes fortunes les bénéfices non distribués de leurs entreprises
00:59mais elle oublie alors deux autres revenus latents chez les gens moins riches, le loyer implicite du propriétaire occupant
01:04et les plus-values de l'épargne défiscalisée des classes moyennes.
01:07Quand on les prend en compte, le taux d'imposition du top 10% retombe à 24,5% c
01:11'est-à-dire sous celui des milliardaires à 26,2%.
01:14Il y a donc bien progressivité, tout va bien.
01:16Et sur le rendement de la taxe, alors même problème ?
01:19Alors c'est le même problème, en pire, si on considère que les bénéfices conservés enrichissent l'actionnaire,
01:22il faut déduire l'impôt sur les sociétés déjà payées sur ces bénéfices, sinon le même euro est taxé deux
01:25fois.
01:26Une fois corrigé, le rendement qu'on peut atteindre tombe de 24 à 5,5 milliards,
01:31quatre fois moins que promis avant même toute réaction des contribuables concernés.
01:34Justement, est-ce qu'ils vont réagir ?
01:36Là l'histoire fiscale ne dit rien d'autre.
01:37Depuis 40 ans, l'ISF, Exit Taxe norvégienne au Danemark, a la richesse imposable,
01:41se contracte entre 14 à 34% en moyen terme, jusqu'à 30% sur une génération.
01:46En Norvège, la fuie des grandes fortunes a généré quatre fois plus de pertes que le gain espéré.
01:49Et on dit aussi que la taxe Zuckman est très fragile, très concentrée.
01:54Oui, concentrée et volatile, parce que 45% de l'assiette dépend de trois familles,
01:5780% de la variance des recettes suit le CAC 40,
02:00une ressource censée financer les retraites, mais qui pourrait s'effondrer de 40% l'année
02:05où l'État en aurait le plus besoin, comme en 2009.
02:07C'est plutôt un pari boursier déguisé en justice fiscale.
02:10Il y a le cas aussi Mistral et Aïe, dont on a beaucoup parlé, si vous pouvez nous rappeler.
02:14Ça, c'est presque comique.
02:15Valoriser 12 milliards sans bénéfice ni dividendes, l'entreprise verrait ses fondateurs
02:18devoir 47 millions par an, 101 centimes de liquidité.
02:22Le paiement en action à la BPI ouvre une alternative redoutable,
02:26nationalisation rampante ou dépôt fiduciaire sans substance économique.
02:29Le bilan de tout ça, une fois intégrée la perte de production liée à l'exil des capitaux,
02:33le bilan fiscal net devient négatif dans tous les scénarios honnêtes,
02:36jusqu'à moins 11 milliards et demi par an.
02:39La taxe du Kman promettait de faire payer les riches, elle ferait payer le pays.
02:42La voilà rhabillée pour l'hiver.
02:44Signature Europe 1, Olivier Babaud.
02:45Merci beaucoup, Olivier.
02:46Bonne journée.
02:487h, 9h.
02:49Europe 1 matin.
02:50Très bon lundi avec Europe 1.
02:527h22.
02:52Dimitri Pavlenko.
02:53L'heure de retrouver Laurent Tessier.
02:54Bonjour Laurent.
02:55Bonjour à tous.
02:56Louis, 17 ans, tué la semaine dernière à Narbonne.
02:59Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, dénonce une exploitation de l'extrême droite dans cette affaire.
03:03Circulé, il n'y a rien à voir.
03:04Il ne faudrait pas trop réagir à la mort d'un adolescent de 17 ans massacré par 5 jeunes dans
03:09un guet-apens.
03:09Cette phrase du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, hier, dans le journal Le Parisien,
03:13Aujourd'hui en France, est incroyable.
03:14L'exploitation du drame par l'extrême droite.
03:16Égard à celui qui parle d'ensauvagement.
03:18Le ministre a bien confirmé ses propos hier.
03:20On m'a interrogé pour me demander si je considérais qu'il y avait un ensauvagement.
03:24Donc j'ai redit que je trouvais que ce terme avait une connotation extrêmement violente.
03:30Et j'ai dit qu'il y avait une exploitation de cette affaire.
03:32Je rappelle que ce sont les parents de Louis qui ont décidé de prendre la parole pour que l'on
03:36parle de leur enfant.
03:37Et à chaque fois, c'est le même discours du gouvernement.
03:39On parle de récupération, instrumentalisation, exploitation pour tenter de masquer une faiblesse, une impuissance, un échec.
03:45Comme en octobre 2022, après la mort de Lola, 12 ans, tuée par une Algérienne sous le QTF,
03:50qu'avait déclaré Elisabeth Borne à leur première ministre.
03:53Un peu de décence et respecter, respecter la douleur de la famille, Madame la Présidente.
03:59Qu'avait déclaré aussi l'ancien ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, grand maître du sentiment d'insécurité.
04:04Se servir du cercueil d'une gamine de 12 ans, comme on se sert d'un marche-pied, c'est
04:11une honte, Monsieur le député.
04:13Il y a la peur de dire les choses, de parler d'ensauvagement, de la barbarie, de la réalité.
04:17On minimise, et toujours, les mêmes éléments de langage.
04:19En novembre 2023, après la mort de Thomas Acrépole, que disait encore Elisabeth Borne ?
04:23Utiliser ce drame pour jouer sur les peurs, c'est manquer de dignité et de respect pour les victimes.
04:29Il parle de récupération, instrumentalisation, mais le 28 juin 2023, Emmanuel Macron avait réagi très vite devant les caméras à
04:35la mort de Naël.
04:36L'émotion de la nation toute entière, nous avons un adolescent qui a été tué, c'est inexplicable, inexcusable.
04:43Et deux jours plus tard, quand certains dénonçaient les violences dans les rues, là cette fois, Emmanuel Macron criait à
04:48l'instrumentalisation.
04:49Il y a une instrumentalisation inacceptable de la mort d'un adolescent, alors que la période devrait être au recueillement
04:55et au respect.
04:55Alors il faut parler de Louis, relayer la parole de ses parents face au silence d'une grande partie de
04:59la classe politique.
05:00Aucun mot d'Emmanuel Macron qui reste sur sa ligne donnée après un conseil des ministres.
05:03On ne répond pas à un drame par des cris.
05:07A gauche, c'est aussi le silence, ce silence face à des parents qui ont perdu leur enfant, alors que
05:10la vidéo du lynchage était présente dès mercredi dernier sur les réseaux sociaux.
05:14La mère de Louis a eu des mots très forts dans le JDD, ce n'est pas le temps du
05:17deuil, c'est le temps de la guerre.
05:19Il est hors de question qu'un autre cœur de maman ou de papa soit brisé comme le nôtre, tout
05:23est dit.
05:23Merci à vous, Laurent Tessier, le rédocteur en chef de Pascal Proébou, tous les après-midi sur Europe 1 de
05:2816h à 18h.
05:30On reparlera de Laurent Nunez, évidemment, cet après-midi, mon cher Laurent.
05:34Le numéro du standard, si vous souhaitez participer à l'émission, Anissa Haddad.
05:37C'est le 0, 1, 80, 20, 39, 20.
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