00:00Est-ce qu'on assiste, Didier François, à un tournant dans ce conflit ukrainien ?
00:04Alors, il n'y a pas vraiment pour l'instant de tournant, mais on le sent bien.
00:08Ce que vient dire Volodymyr Zelensky sur le sentiment qui existe en Russie même,
00:13qu'ils sont quand même à l'heure des choix.
00:17Il y a quatre ans qu'ils essayent de passer.
00:19Ils progressent, la poussée russe continue, mais à un coût humain en termes de pertes
00:24qui est absolument monstrueux.
00:26L'ensemble des services de renseignement occidentaux estiment aujourd'hui qu'on est à peu près à...
00:31Je regardais encore les chiffres tout à l'heure.
00:33C'est 30 à 35 000 tués par mois, hors de combat par mois.
00:40Ce qui quand même fait qu'aujourd'hui, en 2026, l'année dernière,
00:45ils avaient réussi à recruter suffisamment pour remplacer leurs pertes.
00:49Cette année, le Kremlin a du mal à recruter pour remplacer les pertes.
00:54Le niveau de mobilisation, même si c'est un immense pays, même si...
00:57Ne suit plus le rythme.
00:59Ils n'arrivent plus à avoir assez d'hommes pour remplacer leurs pertes.
01:04Ce qui est quand même politiquement et humainement très lourd.
01:07C'est économiquement très lourd, puisque pour pouvoir recruter,
01:11parce que Vladimir Poutine évite une mobilisation générale,
01:14qui coûterait politiquement.
01:16Donc il a fait des incitations financières très fortes,
01:24mais qui pèsent énormément sur le budget et sur le coût du pays.
01:29C'est 40% aujourd'hui des dépenses de l'État,
01:3230% pour la guerre, 10% pour la sécurité intérieure,
01:35plus tous les problèmes qu'il y a derrière avec les vétérans, les retours.
01:39Et la deuxième chose, c'est que l'économie russe se porte très mal,
01:43parce que la guerre lui coûte cher.
01:46Il y a deux choses qui pèsent.
01:47Les frappes ukrainiennes, on va en parler tout à l'heure,
01:49et le manque d'investissement, particulièrement sur le secteur énergistique,
01:53qui s'use et qui ne peut plus se renouveler à cause des sanctions,
01:59enfin en raison des sanctions.
02:00Alors ça ne veut pas dire que ça va s'effondrer demain,
02:02mais en tout cas c'est le moment de pousser,
02:04et c'est ça qu'avait discuté Emmanuel Macron avec Donald Trump
02:08lors de son passage à Paris, et c'est ça qui a été finalement accepté,
02:12d'aider les Ukrainiens sur un mois, un mois et demi.
02:15Alors précisément, quelle est cette opération ?
02:1740 jours, c'est ce que se donne le président Zelensky,
02:20pour mener cette opération avec une intensification des frappes.
02:24On parle de quoi exactement, Thierry Arnaud ?
02:26De quel type d'opération et avec quelle cible ?
02:29Alors en fait il y a deux objectifs.
02:31Le premier objectif, c'est de perturber l'effort de guerre russe
02:34autant qu'on peut le faire.
02:35Donc on frappe des endroits qui sont particulièrement sensibles
02:40d'un point de vue logistique,
02:41et c'est la raison pour laquelle une grande partie de cette enfance-ci
02:44en particulier se concentre sur la Crimée.
02:46Mais pas seulement, puisque vous avez vu que dans les heures
02:50qui ont suivi l'annonce par Volodymyr Zelensky
02:51de cette opération de 40 jours,
02:53il y a à peu près 600 drones qui sont partis
02:55au-delà de la Crimée, vers une douzaine de cibles
02:57qui sont allées taper...
02:5912 régions russe, touchées par au moins 600 drones.
03:02Donc premier objectif, c'est essayer de perturber l'effort de guerre,
03:05toute la chaîne logistique russe,
03:09les chemins par lesquels passent les acheminements d'hommes
03:13et de matériel, le renouvellement, etc.
03:15On choisit ces cibles-là de manière très précise.
03:18Le deuxième objectif qui est très important,
03:20c'est amener la guerre dans le quotidien des Russes.
03:23Vous vous souvenez qu'en annonçant cette guerre,
03:26Vladimir Poutine la présente comme une opération militaire spéciale,
03:29et c'est une façon de dire à la population russe,
03:31on va faire la guerre aux Ukrainiens,
03:33mais vous n'encupez pas, pour vous ça ne change rien.
03:35Là l'idée c'est, en allant taper en particulier
03:37des raffineries, des installations de production d'électricité,
03:41c'est de perturber le ravitaillement en carburant,
03:45donc au quotidien de rendre le fait d'aller faire le plein de sa voiture
03:49de plus en plus difficile pour les Russes,
03:51de provoquer, c'est particulièrement le cas en Crimée ces derniers jours,
03:54mais pas seulement, des coupures d'électricité.
03:56Donc encore une fois, deuxième objectif,
03:59amener la guerre dans le quotidien des Russes.
04:01Voilà quels sont les deux objectifs de cette opération.
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