- il y a 22 heures
Chaque année, de nombreuses femmes traversent des séparations difficiles, souventmarquées par des obstacles juridiques, financiers et sociaux. Dans cet entretien, la juriste Zalissa Yaméogo/Belemou partage son expérience auprès des femmes en instance de divorce, les réalités qu’elles vivent et les solutions pour mieux les accompagner. Un témoignage sur l’accès à la justice, la protection des droits des femmes et les défis encore à relever. Découvrez son analyse et son message d’espoir
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00:00Il y a des femmes qui sont venues, qui sont arrivées à mon niveau avec un nœud qui est déjà
00:06parti à cause de la violence.
00:08Il y a des femmes qui sont arrivées à mon niveau avec toujours la balle qu'on lui a tirée
00:13sur les bras.
00:16Il y a des femmes qui m'ont dit beaucoup de choses et les images, je ne peux pas.
00:21Il y a des images horribles, je peux, c'est dans mon téléphone.
00:25Il y a d'autres, il y a une qui est toujours à Yalagdo parce que le mari l'a
00:29frappée à la suite d'un divorce.
00:31Elle a déposé le divorce tout en étant toujours dans le domicile conjugal.
00:35Quand le monsieur est parti pour répondre à la convocation, la nuit la même, il lui a dit que bon,
00:40tu te sens tellement, tu te suffis à toi-même jusqu'à me convoquer, moi, directrice, directeur d'une société
00:48de la place à la justice.
00:49Bon, donc il n'a pas supporté ça. Pour lui, c'est un, comment dire, un défi que la femme
00:55lui a lancé.
00:56Donc il a bastonné la femme jusqu'à mort, je peux dire.
01:06Le divorce est souvent perçu comme la fin d'une union légale.
01:12Cependant, pour de nombreuses femmes, il marque surtout le début d'un parcours semé de preuves juridiques, économiques et sociales.
01:21Entre difficultés financières et pressions familiales ou communautaires, certaines femmes se retrouvent confrontées à des difficultés dans les procédures à
01:37engager pour défendre leurs intérêts et ceux de leurs enfants.
01:45C'est justement dans ce contexte qu'intervient notre invitée du jour, Zalisa Yamiebo, est juriste de formation et accompagne
01:58depuis plusieurs années des femmes vivant des problèmes conjugaux ou en instance de divorce.
02:06Et surtout celles ne disposant pas de moyens nécessaires pour un accès serein à la justice.
02:17Elle nous édifiera à travers cet entretien sur les réalités souvent méconnues de ces femmes.
02:25Les difficultés qu'elles rencontrent, mais aussi les solutions envisageables pour faire valoir leurs droits.
02:38Mesdames et messieurs, c'est un réel plaisir pour moi de vous retrouver pour ce nouvel entretien, aussi important que
02:48crucial, sur le sujet qui est le divorce.
02:53Bonjour, Mme Yanébou.
02:55Bonjour, M. Nanéba.
02:57Comment allez-vous?
02:58Oui, je vais parfaitement bien chez vous.
03:00Bien également.
03:01Merci.
03:03Alors, merci de nous honorer par votre présence ce matin.
03:10Le plaisir est partagé.
03:11Pour échanger autour de ce sujet aussi crucial qu'est le divorce et tous les services que vous fournissez à
03:23ces femmes qui vous sollicitent.
03:25Alors, pour commencer, nous allons vous demander qu'est-ce qui vous a orienté vers le droit et particulièrement vers
03:36l'accompagnement des femmes.
03:39D'accord. Merci d'abord à vous pour cette invitation et c'est vraiment un grand plaisir pour moi d
03:50'être dans vos locales pour cet entretien qui me tient également à cœur parce que le divorce, c'est vraiment
04:00ce qui fait l'actualité dans ce que je fais.
04:02Voilà. Donc, par rapport à votre question, je peux dire que le droit, c'est un rêve qui s'est
04:12réalisé.
04:13Voilà. Ma profession de juriste, c'est un rêve qui s'est réalisé parce que c'est interminable avant les
04:22examens du bac que nous avons eu la visite des étudiants en droit qui sont venus faire la promotion de
04:31leurs différentes universités.
04:33Voilà. Et également les filières. Ils nous ont édifiés sur chaque filière et ce qui se fait là-bas.
04:43Bon. Donc, moi, j'ai eu déjà la passion pour le droit quand j'ai pensé que c'est par
04:50cette filière-là qu'on peut combattre l'injustice, on peut mettre fin à beaucoup de violences dans nos différentes
04:58sociétés.
04:58Voilà. Donc, quand j'ai eu le bac, je n'ai pas hésité à choisir le droit comme filière et
05:06je rends grâce à Dieu parce que vraiment, je l'ai bien incarné et je n'ai même pas repris
05:13la classe tout au long de mon cursus universitaire.
05:17Voilà. Et maintenant, par rapport à l'orientation pour la défense des droits des femmes, je peux dire que c
05:26'est à partir de la licence que j'ai compris que je devrais orienter ma passion plus pour défendre les
05:35femmes
05:35parce que j'ai intégré à partir de la licence à l'association des femmes juristes du Burkina Faso qui
05:44est une association vraiment qui fait d'énormes sacrifices pour défendre les droits des femmes au Burkina Faso.
05:52Donc, j'ai beaucoup appris là-bas que les femmes vraiment souffrent dans la société et il faut vraiment se
06:01donner à fond pour les accompagner,
06:03surtout, à avoir accès à la justice pour défendre et avoir leurs droits et réparation de toutes sortes de préjudices
06:15qu'elles ont subis.
06:17Voilà.
06:17Alors, depuis le début justement de votre engagement auprès des femmes, combien de dossiers avez-vous déjà pu accompagner?
06:29Je peux dire que c'est en août, vraiment, parce qu'avant ça, j'étais avec l'Association des femmes
06:36juristes du Burkina Faso.
06:37De quelle année?
06:40Avec l'Association des femmes juristes, c'était depuis 2020.
06:43Voilà, que j'étais avec elle pour des séances de sensibilisation dans les régions, dans les villes, dans les périphéries
06:53de Ouagadougou.
06:55Et c'est en août 2025 que l'idée m'est venue de créer une page en ligne où je
07:07dois partager des contenus sur les droits des femmes
07:11et également les différentes procédures pour accéder à la justice.
07:16Voilà, parce que je me suis dit qu'avec ce que l'Association fait, on n'arrive pas à toucher
07:23vraiment un grand public.
07:25Voilà, parce que c'est en présentiel, on cible les régions, mais je me suis dit que les réseaux sociaux,
07:31bon, ça va au-delà du Burkina Faso.
07:34Voilà, donc j'ai créé la page et effectivement, je suis sollicitée par plusieurs personnes.
07:39Mais par rapport au dossier de divorce, depuis août 2025 que j'ai créé la page, je peux dire que
07:47j'ai reçu 78 cas de dossiers de divorce à mon niveau.
07:54Voilà, aussi bien au Burkina Faso qu'en dehors du Burkina Faso, notamment le Bénin, le Togo, le Sénégal, la
08:02Côte d'Ivoire, le Mali.
08:04Mais au Burkina Faso, je peux dire que les cas là vont entre 62 à 65.
08:12Voilà.
08:13Dossier que vous avez accompagné.
08:14Voilà, par rapport...
08:15Depuis que vous avez commencé cet engagement à accompagner les femmes.
08:20Voilà, maintenant quand on dit dossier accompagné, il faut noter que les chiffres que j'ai donnés, c'est juste
08:28des gens qui sont venus pour l'idée de divorcer.
08:31Maintenant, suite aux échanges, suite aux conseils, j'ai orienté des gens, certaines vers l'intervention du juge, notamment pour
08:45essayer de résoudre le problème avant d'attamer la procédure de divorce.
08:50Voilà, mais heureusement, certains de ces cas, bon, certains de ces cas ont été résolus sans que ça n'atteigne
08:58au divorce.
09:00Mais les cas de divorce, réellement, qui ont été prononcés, c'est dans les trentaines, dans les cas de trentaine.
09:08Au Burkina Faso, ce que je peux dire.
09:11Voilà, parce que ça tous, au-delà de Ouagadougou, ça va Tengkodoro, Koutougou, Banfora, Orudara, Bogo Dulasos, surtout, et Ouagadougou.
09:22D'accord. Donc, à travers votre intervention en ligne, on comprend aisément et on peut le deviner que vous êtes
09:32beaucoup sollicités, non seulement à l'intérieur du pays, mais aussi hors du pays.
09:37C'est combien de femmes qui vous consultent en moyenne par jour, par semaine ou par mois?
09:45Là, je peux dire que je ne peux même pas compter le nombre, parce qu'il suffit que je me
09:51déconnecte la nuit.
09:52Le matin, quand je me réveille, d'ici la fin de la journée, je peux compter plus de 300 messages.
09:58Et tous ces messages sont des femmes uniques, parce que sur ma page, j'ai mis sur la question des
10:08femmes.
10:08Donc, c'est uniquement les femmes, je peux dire que c'est uniquement les femmes qui me contactent plus.
10:14Voilà, sur les réseaux sociaux, c'est vrai qu'il y a des hommes, mais vraiment très rares.
10:19Sur 200 messages, peut-être c'est un ou deux messages des hommes.
10:24Sinon, le reste, ce sont des femmes par jour.
10:28D'accord. Alors, quels sont les profils de ces femmes qui sollicitent vos services,
10:35et les motifs de séparation qui ressortent le plus souvent dans les dossiers que vous trittez?
10:40Je dis que la majorité des femmes qui viennent à mon niveau, c'est des femmes qui vivent déjà dans
10:48les foyers.
10:48La majorité, ce sont des femmes qui sont déjà dans les foyers, qui veulent quitter vraiment à la suite des
10:56mésententes, des difficultés.
10:58Vraiment, très souvent, c'est vraiment très, très, très grave, parce qu'il y a des violences.
11:06Souvent, la femme est laissée pour mort, voilà, à la suite de certaines violences.
11:13Donc, du coup, c'est uniquement vraiment des femmes qui sont dans les foyers.
11:19Voilà, rares sont les femmes qui ne sont pas dans les foyers.
11:23Voilà, sinon le reste, ce sont des femmes qui sont dans les foyers, qui veulent partir, mais qui ne savent
11:27pas comment partir.
11:28Voilà, surtout si elles sont liées au monsieur par le lien du mariage légal.
11:35Voilà, elles ont peur, s'ils quittent, est-ce que la loi ne va pas me poursuivre parce que mon
11:40mariage est légal?
11:41Mais les autres, c'est surtout pour la garde des enfants.
11:46Est-ce que, comme je ne suis pas mariée légalement avec le monsieur, est-ce que si je pars, je
11:51peux avoir la garde des enfants?
11:53Est-ce qu'il ne va pas me retirer les enfants?
11:55Est-ce que je peux aller vers la justice pour obtenir la garde de mon enfant, même sans être mariée
12:02légalement?
12:03Donc, les motifs de séparation que je reçois plus, c'est surtout les cas d'infidélité.
12:12Voilà, c'est ça, c'est surtout ça qui revient.
12:14À chaque cas que je reçois, on va commencer par l'infidélité avant de commencer parce que les violences, là,
12:22résultent d'une autre raison.
12:25Voilà, c'est surtout l'infidélité de l'autre et l'autre qui n'accepte pas, généralement, c'est l
12:31'infidélité de l'homme et la femme qui ne tolère pas ça.
12:34Et à la suite de ces reproches, l'homme se sent aussi, peut-être, restreint, voilà, dans sa propre maison,
12:45voilà, il s'est dit, il y a des hommes, la majorité des hommes ne veulent pas accepter qu'à
12:49cause de l'infidélité, la femme veuille lui faire des reproches, restreindre sa liberté.
12:55Donc, c'est à la suite de ces reproches-là que viennent souvent les violences.
13:00On va commencer par les violences verbales, notamment les insultes, les injures graves.
13:05D'accord, je vais vous interrompre parce que la prochaine question, justement, va aborder quelles sont les principales difficultés que
13:13vivent, justement, ces femmes qui vous approchent pour les accompagner.
13:19Les principales difficultés, c'est comme je l'ai dit, c'est toujours la question de leur rapport avec le
13:31mari, leur rapport quotidien, la mésentente.
13:37Et toujours, les mésententes tournent toujours autour de l'infidélité.
13:40Les cas qui arrivent, je l'ai surpris avec plusieurs filles, j'ai fouillé son téléphone, j'ai vu des
13:47messages, j'ai vu des images, je ne sais pas.
13:49Bon, souvent, il y a des hommes aussi qui sont tellement des récalcitrants qu'ils ne cachent pas leur infidélité.
13:56Et quand c'est comme ça, c'est révoltant, la femme devient vraiment très désagréable.
14:00Et quand l'autre commence à riposter, automatiquement, c'est la bagarre et chacun veut se défendre à sa façon.
14:08Et c'est ça qui amène les violences et les coups, comment dirais-je, les injures, les insultes.
14:15Voilà.
14:16Donc, je peux dire que les difficultés, c'est surtout l'infidélité.
14:20Tout tourne autour de l'infidélité, si vous, maintenant, les violences, les violences...
14:29Bon, la question d'infidélité, on va dire que c'est le motif de la séparation.
14:33Voilà, c'est le motif.
14:34Mais les difficultés que rencontrent ces femmes dans la procédure, dans la procédure de séparation, de divorce,
14:45elles sont souvent confrontées à des obstacles, à des obstacles comme la pression familiale,
14:58les présenteurs socioculturels.
15:00Oui, les difficultés, c'est surtout ça.
15:03Lorsque la femme a pris sa décision de partir parce qu'elle n'en pouvait plus,
15:09elle est confrontée forcément à des difficultés.
15:12Et sur la plus grande des difficultés que les femmes sont confrontées,
15:19c'est surtout la pression familiale.
15:22Les parents n'acceptent pas facilement d'accompagner les femmes, leurs enfants, dans les procédures de divorce.
15:33Voilà, les parents préfèrent plus se miser sur la conciliation par leur intervention ou bien, voilà.
15:42Donc, je peux dire que ce n'est pas même les difficultés financières.
15:50Parce qu'il y a des femmes même qui sont bien posées, voilà, financièrement.
15:56Mais c'est la pression familiale.
15:58C'est surtout les parents qui refusent catégoriquement qu'elles quittent le domicile conjugal
16:03en leur disant que ça a toujours été comme ça.
16:06Pour toi aussi, c'est comme ça.
16:07On ne peut pas se marier et puis baigner dans la joie éternellement.
16:11Il va falloir...
16:12Ce sont des difficultés auxquelles tu dois faire face, voilà, avec beaucoup de courage et avec leur accompagnement.
16:19Malheureusement, il y a des...
16:23Ça n'aboutit pas souvent comme les parents souhaitent parce que la femme peut repartir et revenir pour se cacher
16:32et entamer la procédure de divorce.
16:35Donc, c'est surtout la pression des parents.
16:37La deuxième aussi, c'est surtout la question des enfants.
16:41Souvent, les parents peuvent dire, de nos jours, la majorité aussi des parents ont l'esprit ouvert, voilà.
16:48Donc, quand la fille vient vraiment, elle raconte des difficultés et qu'eux-mêmes, ils ont essayé une ou deux
16:53fois de les aider, voilà, par la réconciliation et que ça ne va pas, voilà.
17:00Et même, ils disent à la fille, bon, il faut prendre ta décision.
17:02Mais c'est lorsque...
17:04La deuxième difficulté maintenant, c'est lorsque...
17:07Comment dirais-je ?
17:08Ils ont des enfants.
17:09La femme a des enfants dans le foyer.
17:12Elle se demande, est-ce que si je parle, le monsieur ne va pas me retirer, mon enfant ?
17:18Alors qu'on voit, voilà, les femmes sont plus attachées à leur enfant, donc personne ne s'imagine quitter le
17:25foyer et laisser son enfant pour qu'une autre femme vienne l'éduquer
17:29ou bien laisser la femme avec la mère ou bien les parents, voilà.
17:34Surtout si vous n'étiez pas dans le foyer, vous n'aviez pas de bon rapport avec la famille.
17:39Donc, c'est surtout ça aussi.
17:41Souvent, les parents peuvent accepter et la femme se retrouve encore confrontée à cette difficulté pour la garde de son
17:48enfant, voilà.
17:50Et après, les autres difficultés sont vraiment très rares.
17:55C'est peut-être la question financière, mais comme je suis à mon niveau...
18:01Justement, nous allons aborder ce sujet.
18:04Est-ce qu'il peut arriver que le manque de moyens financiers complique les procédures de séparation ?
18:16Juridiquement, je peux dire que oui, parce que si tu es une femme, tu n'as pas les moyens.
18:23Tu n'as pas forcément les moyens, mais aussi, tu ne connais pas comment les procédures se font en justice.
18:31Il faut voir un avocat alors que les frais d'un avocat ne sont pas permis à tout le monde.
18:36Et toi, tu te retrouves peut-être une femme qui n'a même pas d'emploi.
18:40Comment tu vas faire ?
18:41Donc, c'est ça aussi qui limite les actions des femmes en justice.
18:46Mais avec mon intervention, ça facilite parce que quand elles arrivent, elles sont écoutées gratuitement.
18:56Leurs dossiers sont montés, voilà.
18:59Et elles accèdent facilement à la justice, voilà.
19:03Et tout au long de la procédure, je les accompagne avec les conseils, les préparations pour rencontrer les juges.
19:10Et voilà, donc, je me dis que ça allège, sinon, c'est l'une des difficultés également pour les femmes
19:18qui font que les femmes ont peur d'engager les procédures.
19:25Je n'ai pas de moyens.
19:26Quand elles m'appellent, ah, madame, je ne sais pas si à votre niveau, on doit payer, je n'ai
19:30rien.
19:30Je n'ai jamais eu de boulot.
19:32Le monsieur m'a empêchée de travailler.
19:36Bon, ah, vraiment, je n'en ai pas.
19:38Voilà, donc, je me dis que si tu n'as pas vraiment les moyens, à part les associations qui aident
19:45les femmes,
19:45si tu n'as pas vraiment les moyens, tu ne peux pas facilement accéder à la justice.
19:50Parce qu'il faut quand même avoir des conseils.
19:52Tu te lèves, comme ça, tu ne sais pas comment commencer, par où commencer.
19:57Voilà, alors que pour avoir les conseils, bon, ça aussi, c'est le conseil d'un avocat pour qu'on
20:03te prépare.
20:04Quand même, tu dois payer le minimum.
20:06Voilà.
20:07Et si tu n'as pas ça, ça va te limiter forcément.
20:10Après avoir reçu tant de dossiers à traiter depuis que vous vous êtes engagée à accompagner les femmes,
20:18quelle conclusion tirez-vous ?
20:20Les femmes connaissent-elles aujourd'hui leurs droits en matière de mariage, de divorce et de garde de leurs enfants
20:30?
20:30Je peux dire que, souvent, c'est désolant pour moi, parce que je me dis qu'avec le nombre des
20:41associations qui promeuvent les droits des femmes,
20:46ça me fait quand même mal au cœur, voilà, je peux dire mal au cœur que tous les cas que
20:55j'ai reçus, ce sont des femmes qui ignorent complètement leurs droits.
20:59Même des femmes intellectuelles.
21:00Des femmes intellectuelles.
21:29Ce sont des femmes qui ignorent complètement leurs droits en matière du mariage et surtout de la séparation par les
21:36divorces.
21:37Elles comprennent absolument rien, comment elles doivent, par où commencer même.
21:43Elles ne savent même pas comment faire.
21:44Voilà, donc, c'est surtout ça.
21:47Donc, beaucoup de femmes sont surtout des intellectuelles qui sont toujours dans le foyer parce qu'elles ne se connaissent
21:54pas.
21:56Est-ce que je peux partir malgré les violences que je subis ?
21:59Est-ce que le droit me permet de quitter mon foyer ?
22:02Voilà.
22:02Est-ce que si je quitte, qu'est-ce que je dois faire pour ne pas être poursuivie alors que
22:07j'ai raison ?
22:08Il y a tout ça.
22:08Alors que le minimum, je me dis qu'avec toutes les sensibilisations qu'on fait, ça me fait quand même
22:14mal de voir que ça ne va pas.
22:17Les femmes, vraiment, ne connaissent pas leurs droits.
22:19Si je lui ai dit ça, les femmes ne connaissent pas leurs droits en matière du mariage.
22:22Et c'est surtout les procédures judiciaires.
22:25Elles ignorent complètement.
22:26D'accord.
22:27Alors, parlons de violence.
22:28Quels sont, selon tous les cas que vous avez eu à traiter, les formes de violence ou de pression qui
22:38vous reviennent ?
22:39Les cas de violence, c'est surtout les violences physiques.
22:45Tous les cas où les femmes sont victimes de violences dans le domicile congénal, c'est les violences physiques.
22:54Il y a des femmes, quand elles arrivent, pour même prouver à quel point les violences sont vraiment graves,
23:01elles se déshabillent avec des grosses plaies, des cicatrices.
23:06Il y a des femmes qui sont venues, qui sont arrivées à mon niveau avec un nœud qui est déjà
23:13parti à cause de la violence.
23:15Il y a des femmes qui sont arrivées à mon niveau avec toujours la balle qu'on lui a tirée
23:20sur les bras.
23:23Et des femmes qui m'ont dit beaucoup de choses.
23:27Et les images, je ne peux pas.
23:28Il y a des images horribles.
23:29Je peux laisser dans mon téléphone.
23:32Voilà.
23:32Il y a d'autres.
23:33Il y a une qui est toujours à Yalagdo parce que le mari l'a frappée à la suite d
23:37'un divorce.
23:38Elle a déposé le divorce tout en étant toujours dans le domicile conjugal.
23:42Quand le monsieur est parti pour répondre à la convocation, la nuit là-même, il lui a dit que, bon,
23:47tu te sens tellement,
23:48tu te suffis à toi-même jusqu'à me convoquer, moi, directrice, directeur d'une société de la place à
23:56la justice.
23:57Bon, donc, il n'a pas supporté ça.
23:58Pour lui, c'est un défi que la femme lui a lancé.
24:03Donc, il a bastonné la femme jusqu'à mort, je peux dire.
24:07Voilà, donc, ce sont les enfants qui se sont réveillés avec les pleurs.
24:12Les voisins sont venus trouver la femme tellement inconsciente.
24:15La tête est vraiment, la tête est vraiment touchée.
24:18Si vous voyez les images, c'est vraiment horribles.
24:20Jusqu'à l'ère, la dame était toujours en coma à Yalagdo.
24:25D'accord.
24:25Alors, parmi, justement, toutes ces situations qui vous reviennent, quelle est celle qui vous a le plus marquée?
24:37Vraiment, c'est une question un peu compliquée à répondre parce que tous les cas que je reçois me marquent
24:44d'une manière ou d'une autre.
24:45Mais je peux dire que les cas qui m'ont plus marquée négativement, c'est le cas des décès à
24:52la suite des violences.
24:54Ça veut dire que j'ai enregistré, depuis août 2025 à aujourd'hui, j'ai enregistré au moins quatre femmes
25:00décédées à la suite des violences.
25:02Alors que ces femmes étaient justement venues à mon niveau pour la séparation, voilà, par le divorce ou, bon, voilà,
25:10quelle que soit la procédure de séparation prévue par la loi.
25:12Voilà, voilà, mais il y avait la pression de la famille, il y avait, c'est surtout la pression de
25:19la famille, voilà, les parents qui menacent de ne pas quitter le foyer sous prétexte que ça serait une honte
25:26pour eux.
25:28Donc, la femme était obligée de rester dans le foyer.
25:30Et le premier cas, la femme est partie à la suite des violences.
25:36En pleine nuit, arrivé, son papa même l'a pastonné et l'a apprenné, réemmené par lui-même, voilà, sur
25:45le mari.
25:46Elle lui a dit que si elle ose encore tenter de quitter, il faut bien la frapper jusqu'à la
25:50tuer.
25:51C'est ce que la femme m'a dit et le lendemain, c'est une amie qui l'a prise
25:55pour venir me rencontrer.
25:58Elle m'a montré vraiment les images et d'ailleurs même, je voyais ça, les traces de la violence sur
26:03elle-même.
26:05Et je lui ai donné rendez-vous justement.
26:07Je lui ai dit, tu n'es pas obligée, voilà, même si les parents, voilà, c'est parce que tu
26:10les as informées qu'elles sont au courant, qu'ils sont au courant.
26:13Donc, tu peux passer par autre chose.
26:16En tout cas, je ne suis pas pro-divorce.
26:18Quand les femmes viennent, je ne les conseille pas automatiquement les divorces.
26:23Mais il y a des cas vraiment, c'est mieux vraiment de les accompagner avec le divorce.
26:28Voilà, donc du coup, je leur donne des conseils comment contourner les parents pour avoir, pour sauver au moins sa
26:36vie.
26:36Voilà, donc je donnais les conseils et je devrais repasser pour prendre le dossier pour le début de la procédure.
26:45Malheureusement, le jour du rendez-vous, elle n'est pas venue.
26:48Deux jours, trois jours, elle n'a pas fait signe.
26:51J'ai écrit, ça ne passe pas.
26:52J'ai écrit à sa copine qui l'avait conduite à moi.
26:56Donc, sa copine m'a dit que, madame, je suis désolée, je suis tellement triste que je n'ai pas
27:01pu vous dire.
27:01Alors, la dame-là est décédée à la suite encore d'une violence qu'elle a eue avec le monsieur.
27:07C'est le monsieur qui l'a poignardée à mort.
27:10Voilà, et puis il s'est échappé.
27:13Ça, c'est le premier des cas.
27:15Bon, puisque c'est quatre cas.
27:17Donc, l'autre-là, c'est elle-même qui s'est suicidée en buvant de produits toxiques.
27:23Voilà, donc elle a laissé une lettre à sa fille.
27:26C'est sa fille même qui a pris la lettre et envoyé à sa maman.
27:31Et c'est sa maman qui a pu me dire.
27:34Parce que quand elles viennent, je prends leur numéro.
27:36La fille a pris la lettre pour envoyer à sa grand-mère.
27:39Voilà, à sa grand-mère.
27:41À la maman de sa maman.
27:41Voilà, c'est ce que j'ai trouvé auprès de maman, dans son sac.
27:47En tout cas, il y a eu jusqu'à quatre cas de femmes qui sont venues et qui, après, malheureusement,
27:53sont décédées à la suite de leurs problèmes.
27:57C'est toujours dans le cadre de leurs problèmes.
27:59D'accord.
28:00Alors, madame Yamigo, comment se passe, justement, votre accompagnement lorsque une femme vient vous voir?
28:09Comment est-ce que ça se passe, concrètement?
28:14Concrètement, au départ, puisque c'était quelque chose que j'avais initié juste pour donner des conseils en ligne.
28:20Voilà, donc maintenant, j'étais obligée, parce que les femmes souhaitaient me rencontrer en présentiel pour pouvoir échanger directement avec
28:32moi.
28:32Donc, j'ai eu un local où je les reçois.
28:36Voilà, donc, quand elles reviennent, je les écoute.
28:40Voilà, je les écoute sans jugement.
28:42Quand elles viennent, d'abord, même souvent, elles arrivent en larmes.
28:46Je vais devoir trouver, peut-être, des moyens ou bien des motifs pour leur donner le sourire.
28:54Il y a des femmes, quand elles arrivent, je commence à dire, bon, tu vas laisser d'abord, on va
28:59coger entre femmes.
29:00On va bien critiquer les hommes avant de commencer.
29:03Voilà, l'histoire de lui donner le moral.
29:06Et après, voilà, je l'écoute sans jugement.
29:09Je l'écoute sans jugement.
29:10Et je peux dire que l'expérience m'a montré que quand la femme commence, je sais que je connais
29:16la suite.
29:17Il y a une dame qui m'a dit au téléphone hier que, madame, on dirait que vous êtes une
29:22magicienne.
29:23J'ai dit, bien, bon, c'est mon domaine, c'est ce que je fais tous les jours.
29:27Pendant, au moins, je suis dans le 9e ou la 10e année que je suis en train de faire ça.
29:33Donc, je connais la suite, en fait.
29:35Voilà, donc, elle m'a dit, bon, quand elles viennent, donc, je les écoute sans jugement.
29:44Je vois même, j'essaie de dire qu'elles ont raison déjà, voilà, pour les motiver à continuer.
29:50Voilà, et après, maintenant, je donne les conseils en lien avec leur situation.
29:57Et voilà, selon ce qu'elles veulent, parce que je ne peux pas les forcer.
30:01Il y a des femmes qui sont venues avec l'idée juste d'avoir des conseils.
30:06Et moi, je te donne les conseils.
30:09Mais s'il faut engager les procédures, il y a des cas aussi, il faut forcément commencer par la procédure,
30:14notamment la question des enfants.
30:16Si tu tiens vraiment à quitter le foyer et que ce sont les enfants qui te bloquent, voilà, je te
30:22donne les conseils.
30:24Comment avoir, comment faire la procédure pour la garde de tes enfants.
30:28Et si c'est pour le divorce aussi, je te montre les deux types de divorces, notamment le divorce contentieux,
30:34le divorce à l'amiable, qu'on appelle le divorce par consentement mutuel.
30:39Bon, en tout cas, je te montre toutes les initiatives prévues par la loi, voilà, par rapport à ta situation.
30:47Et c'est à elles de prendre.
30:49Il y a des femmes sur place, elles ne vont pas prendre des décisions.
30:52D'ailleurs, souvent, c'est moi, je les dis, bon, après avoir écouté tout ce que je t'ai dit,
30:56je t'invite à aller tourner,
30:58essayer de, voilà, de réfléchir à t'être reposée et me dire ce que tu as choisi finalement.
31:05Et là, je vais commencer, donc, l'accompagnement judiciaire, notamment la rédaction des requêtes.
31:13Et je t'accompagne, je te montre, voilà, les rouages, voilà, voilà, qu'on peut dire en grec griff, voilà,
31:20ou par où déposer la requête, comment ça va se passer la suite, voilà, tout ce qui est nécessaire pour
31:27la procédure.
31:28D'accord. Alors, justement, dans ce cadre-là, des services que vous offrez à ces femmes qui viennent vous consulter,
31:40qui sont les acteurs avec qui vous collaborez?
31:43Je peux dire qu'actuellement, je n'ai pas d'acteurs avec qui je collabore.
31:50Travaillez-vous avec des avocats, des associations ou des services sociaux?
31:56Non, malheureusement, je ne collabore pas avec, je n'ai pas de numéro, des coordonnées.
32:07En fait, je suis d'abord toute seule parce que vraiment, je me dis que je n'avais pas l
32:13'idée de rester là-bas dans cette initiative.
32:17C'est parce que ça prend de l'ampleur et voilà, il y a eu une fois même quelqu'un
32:22qui m'a dit qu'il va falloir collaborer avec des avocats,
32:26des huissiers de justice et c'est dans ce cadre-là que j'ai commencé à avoir des huissiers de
32:32justice, des coordonnées, des huissiers de justice, des notaires
32:35et même des juges maintenant pour, voilà.
32:40Parce qu'en justice aussi, il ne faut pas que la victime soit au courant que moi qui l'accompagne,
32:47je connais le juge qui va traiter son dossier
32:50ou bien, voilà, il faut l'indépendance du juge, l'impartialité.
32:55Donc, ce qui fait que je me retiens vraiment de leur dire que, voilà, je connais tel juge qui va
33:01apprêter son...
33:02Donc, quand elles partent même et qu'on leur donne le juge qui va traiter, même si je connais le
33:07juge, je ne dis rien.
33:09J'ai dit, bon, il faut faire seulement, suis ce que le juge va te dire, voilà les comportements à
33:13éviter devant lui quand tu pars pour les entretiens, voilà.
33:17Les huissiers de justice aussi, j'ai leur numéro, voilà, je les appelle, mais toujours est-il qu'on ne
33:24s'est jamais rencontrés présentiellement, voilà.
33:27Beaucoup, je peux dire qu'actuellement, il y a un huissier de justice qui va forcément dire que le nombre
33:34de ses clients augmente,
33:35mais elle-même, elle ne sait pas que c'est moi, j'ai son numéro, voilà, c'est une amie
33:40qui m'a donné son numéro,
33:41qu'elle, elle est secrétaire là-bas, donc à tout moment, si on a besoin d'un huissier de justice,
33:46je peux les appeler.
33:47Sinon, vraiment, je n'ai pas de collaboration avec aucune, bon, une structure ou une autorité en tant que telle.
33:58D'accord, ok. Alors, donc, selon vous, selon vous, selon vous, au regard de toutes ces femmes que vous avez
34:13accompagnées,
34:15quels sont les besoins les plus urgents qu'elles manifestent?
34:22Les besoins les plus urgents?
34:24Est-ce que c'est un besoin de protection ou...
34:31Moi, je dirais qu'elles ont plus le besoin de soutien de leurs proches.
34:37C'est surtout le besoin de leurs proches.
34:40Et ensuite vient le soutien des acteurs judiciaires.
34:45Il y a des femmes qui m'ont rencontrée et de la manière dont je me suis comportée avec elles,
34:50quand elles se retrouvent en justice et le juge a fait un petit faux pas,
34:55automatiquement, elles a paniqué.
34:56Il y a des femmes qui sont arrivées en justice même, qui ont déjà abandonné la procédure.
35:00Elles ont mis fin à la procédure, sans même au préalable.
35:04Après, puisque normalement, quand tu pars, tu dois rester en contact avec moi.
35:08Donc, tous les rendez-vous, je dois te suivre.
35:10Donc, souvent, elles partent, elles ne me reviennent pas.
35:13Après, je me dis, bon, madame, j'attends toujours ton retour.
35:17Elle me dit que non, non, non, le juge, là, ce n'est pas la peine.
35:20Voilà, il était un peu agressif.
35:22Quand on nous a reçu, là, on dirait qu'il a déjà pris partie.
35:25Je dis, non, souvent, je fais la bagarre avec elle.
35:27Je dis, le juge te connaît où?
35:29Pourquoi il va te faire?
35:30Il va être bon, voilà.
35:31Ce n'est pas parce que, bon, moi, je me suis mise à la peau d'une femme, voilà.
35:35J'ai essayé de te comprendre.
35:37J'ai essayé d'être trop au truc.
35:39Mais le juge, forcément, il ne peut pas être là, en train de rire au hasard avec toi.
35:45Sinon, tu vas croire qu'il manque de sérieux, voilà.
35:48L'être humain aussi comme ça, voilà.
35:50Quand tu es plus, tu fais plus d'amitié, voilà, automatiquement, on ne va plus voir ton travail.
35:58On va dire qu'elle, là, ce n'est pas la peine, voilà.
36:01Donc, souvent, quand elles arrivent en justice et puis les acteurs, les juges qui les ont reçus
36:06sont un peu, un peu dures, bon, je peux dire, entre griffes, ça devient, elle-même, elle
36:13panique, elle l'abandonne.
36:14Alors que je sais que, par fin, il y a des femmes qui ont dit que, non, madame, est-ce
36:18que ça va aller?
36:19Parce que le juge qui m'a reçu, là, voyez, son visage, là, il était comme ça.
36:23Déjà, même au greffier, là, le greffier qui m'a reçu pour enregistrer mon document,
36:28là, tu voyais comment il insultait les gens, là-bas, les coordonnaient, là-bas.
36:32Donc, je, est-ce que c'est la peine?
36:35Mais je vais les forger, j'ai dit, c'est moi, je t'ai dit qu'après t'avoir écouté,
36:39je sais que tu vas avoir ce que tu veux.
36:42Il faut oublier les humeurs de ceux qui t'ont reçu en justice.
36:46Dis ce que tu veux et tu dis la vérité par rapport à la situation.
36:51Donc, finalement, il y a des gens qui ont voulu désister, mais à la fin, ils ont eu la garde
36:56de leur enfant, c'est surtout la garde des enfants.
36:58Et après, il y a eu des gens qui ont eu leur divorce.
37:01Il y a une, depuis Orodara, on ne s'est jamais vue, qui a eu le divorce, voilà, avec mon
37:06assistante.
37:07À un moment donné, elle m'a dit que, ah, bon, que le juge a dit que, madame, les gens
37:11cherchent
37:12le foyer, toi, tu veux quitter, que pour que le juge va lui dire ça, où est son problème?
37:16Bon, j'ai dit, il ne faut pas te fâcher.
37:17Est-ce que c'est la peine?
37:18Si déjà le juge commence à lui dire ça, est-ce qu'ils vont accepter de prononcer le divorce?
37:23Je dis, hey, le juge ne peut que, c'est son opinion personnelle, mais à la fin, il va
37:30dire ce que le droit dit, voilà, donc continuez la procédure.
37:33Tu es déjà presque à la fin et effectivement, c'est en début mai qu'elle a eu son divorce.
37:38Je dis, tu as vu, non.
37:39Donc, ce n'est pas parce qu'il s'est amusé avec toi que forcément, c'est ça qui va
37:44compter,
37:46voilà, parce que nous aussi, on a un devoir de rédivabilité, voilà.
37:50La justice, c'est, voilà, toute décision rendue est suivie, voilà.
37:54On sait quel juge a rendu cette décision, est-ce que tu as suivi le droit?
37:59Et c'est, d'ailleurs, ce qui fait que la justice a double degré, voilà, notamment
38:05si le juge qui t'a reçu a rendu une décision et que toi, tu juges que le juge n
38:10'a pas dit
38:12ou bien n'a pas été, comment dirais-je, impartial ou bien n'a pas été, ou bien a pris
38:18parti, bon, je ne sais pas, forcément, tu peux aller en appel et d'autres juges vont
38:24encore, vont juger ton cas encore une deuxième fois.
38:30Et si tu n'es même pas satisfait, tu peux même encore aller au niveau supérieur qui
38:34est la cassation, voilà.
38:36Donc, ce n'est pas, je leur dis souvent, ce qui est sûr, reste dans ta procédure.
38:42Si le juge a rendu la décision qui ne te plaît pas et que tu juges qu'il n'a
38:47pas dit
38:48le droit, il n'a pas rendu justice vraiment, tu peux continuer, il y a l'autre procédure,
38:54un autre juge sera saisi pour ton cas, voilà.
38:57Mais je rends grâce à Dieu que parce que depuis août que j'ai commencé jusqu'à
39:01aujourd'hui, tous les cas que j'ai déjà eu à envoyer en justice, notamment la garde
39:06des enfants, l'intervention des juges et la séparation des résidences et le divorce,
39:13tout a toujours été bien résolu, sans aller en appel.
39:17Au regard de tout ce que vous apportez comme soutien et appui à ces femmes, est-ce qu'il
39:23vous arrive de manquer de ressources ou de soutien vous-même pour accompagner ces
39:29femmes-là ?
39:29Ah, vraiment, souvent, en tout cas, je me disais qu'avec le temps, il faut que peut-être
39:37des partenaires, notamment les associations, les ONG humanitaires, essaient de m'accompagner.
39:45Notamment, je vais aller vers elles pour chercher du soutien parce que, c'est comme je le dis,
39:51c'est des mégas que j'utilise.
39:54Au départ, c'était un truc purement en ligne où j'utilise ma propre connexion alors
40:01que je donne les conseils gratuitement en ligne, je ne prends rien.
40:04Mais c'est avec le temps que j'ai commencé parce que quand les femmes ont commencé à
40:10vouloir me rencontrer en présentiel, il fallait un local.
40:13Je ne peux pas les recevoir sur moi dans mon domicile.
40:16Donc, il fallait que je loue un local.
40:18Donc, j'ai loué le local et chaque fin du mois, je devrais payer le local.
40:25Voilà.
40:25Donc, c'est à ce moment-là que j'ai jugé nécessaire de fixer un petit tarif forfaitaire
40:30de 15 000.
40:31Quand la femme vient, c'est à ce moment-là que je donne, j'ai dit que c'est 15
40:36000.
40:36Mais malgré tout, il y a des femmes qui arrivent qui n'ont rien.
40:39La majorité des femmes, comme elles voient qu'elles sont en ligne, je soutiens les femmes
40:44où normalement elles disent que je l'exerce.
40:47Donc, du coup, quand elles arrivent, elles n'ont rien.
40:50Même les 15 000, elles n'en ont pas.
40:52Souvent, même je descends carrément, je dis bon, même si c'est 5 000 parce que dans
40:56le mois-ci, je vais vraiment recevoir tout le monde sans rien prendre et je me retrouve
41:00avec un local de 75 000.
41:02Je vais faire comment?
41:04Voilà, donc, au moins, même si elles disent qu'elles n'en ont pas les 15 000, au moins
41:10si elles arrivent à avoir peut-être 5 000.
41:12Et il y a d'autres aussi qui n'ont vraiment rien.
41:15Voilà, mais comme leur dossier, moi, je sais comment constituer.
41:18Bon, je n'ai pas besoin, je fais parce que la base était l'humanitaire.
41:22Donc, je vous montre les dossiers, je ne les parle.
41:25Donc, vraiment, les obstacles financiers, financiers plutôt, ça ne manque pas.
41:33Parce que, aussi, c'est mon véhicule, je vais l'utiliser à chaque fois pour aller
41:38au cabinet, pour les rencontrer.
41:40C'est avec mes autres activités que je fais.
41:43Et je prends cet argent pour tout le temps mettre le véhicule, l'essence d'un véhicule
41:47tout le temps pour me déplacer, aller les rencontrer.
41:50Voilà.
41:51Et il y a la connexion qui est là, il y a le local qui est là.
41:54Ah bon, voilà.
41:56Alors, aujourd'hui, quel conseil pouvez-vous donner à des femmes confrontées à une séparation difficile?
42:06Les femmes, oui, ce que je peux donner comme conseil, lorsque vous êtes en face d'une séparation difficile,
42:18difficile, difficile, c'est dans le sens où les parents ne veulent pas que vous divorcez,
42:24alors que, dans le foyer, votre vie est en danger.
42:28Voilà.
42:29Donc, les conseils, vraiment, c'est essayer au maximum de préférer, de vous préférer d'abord.
42:36Voilà.
42:36Préférez votre vie pour protéger également la vie des enfants.
42:42Voilà.
42:43Donc, la majorité des cas, je leur dis, comme les parents, oui, je juge, voilà.
42:50Donc, comme les parents ne sont pas réceptifs, voilà, c'est mieux de les contourner.
42:57Vous quittez comme vous avez, si vous avez les moyens ou bien vous avez d'autres proches
43:01qui peuvent vous recueillir, c'est mieux de partir là-bas, commencer les procédures.
43:07Donc, une fois le dossier est déjà introduit en justice, même si les parents sont informés,
43:12tu leur dis que, bon, le dossier est déjà arrivé en justice, tu ne peux plus faire marche arrière.
43:17Vraiment, lorsque vous êtes vraiment dans les difficultés qui mettent votre vie en danger là,
43:26c'est mieux vraiment d'essayer de vous préférer.
43:29Voilà.
43:29Parce que c'est si vous êtes vivant que vous pouvez également veiller sur vos enfants.
43:34Voilà.
43:35Si vous faites des orphelins, bon, même les parents, moi, j'ai toujours dit aux femmes,
43:40si vous écoutez les parents, vous restez dans le foyer alors que vous savez que le coup fatal peut venir
43:47à tout moment.
43:48À ce moment-là, si vous mourrez, ce n'est pas sûr que vos propres parents même pourront s'occuper
43:54de vos enfants
43:55comme vraiment si vous étiez en vivant.
43:57Donc, toujours est-il que préférez votre vie et pensez à la vie des enfants que vous allez sûrement laisser
44:05si toutefois le pire arrivait.
44:08Voilà.
44:08Donc, c'est le conseil que je peux leur donner.
44:11D'accord.
44:12Alors, selon vous, que faut-il améliorer pour protéger justement ces femmes en situation de vulnérabilité?
44:20Ce qu'il faut améliorer, je peux dire, c'est surtout multiplier les sensibilisations.
44:27Il faut beaucoup les sensibiliser parce que beaucoup aujourd'hui, beaucoup de femmes ne cessent de me dire vraiment merci,
44:36madame.
44:36Ce que vous faites sur les réseaux sociaux, ça nous ouvre, ça nous édifie, voilà, ça montre et ça nous
44:44encourage à vraiment comprendre nos droits
44:48et surtout ne pas se laisser faire en cas de difficulté.
44:53Donc, vraiment, l'amélioration, c'est continuer à les sensibiliser.
44:57Pour pouvoir toucher vraiment un grand nombre de femmes, il faut passer par le numérique, c'est-à-dire les
45:02réseaux sociaux.
45:03Voilà, vraiment, les réseaux sociaux.
45:05Quand moi, j'ai voulu mettre en place cette initiative, c'est cibler les réseaux sociaux où les femmes sont
45:11plus présentes.
45:14Voilà.
45:15Donc, la page, la première page a été créée par TikTok, au niveau de TikTok.
45:22Voilà.
45:24Donc, c'est la page TikTok.
45:26Depuis août à aujourd'hui, je suis à 13 000 abonnés.
45:30Voilà.
45:30Donc, août 2025 à aujourd'hui, et je suis déjà à 13 000.
45:34Il y a des jours où, par jour, je peux avoir 100 abonnés.
45:38Voilà.
45:38Donc, les femmes sont vraiment très présentes là-bas.
45:41Et comme je voulais toucher les femmes, donc j'ai commencé par là-bas.
45:46Et après, j'ai commencé à mettre en place la page du Facebook.
45:52Voilà.
45:54D'accord.
45:55Alors, quel rôle les autorités ou l'organisation de la société civile, ou encore les familles, devraient-elles jouer?
46:07Jouer.
46:07Oui.
46:08Devaient-elles jouer pour vraiment accompagner ces femmes qui sont en situation de vulnérabilité?
46:16Je dis que, si c'est peut-être les autorités, je me dis que les autorités font toujours de leur
46:24mieux.
46:25Surtout quand on parle des autorités administratives, notamment celles qui sont chargées de la rédaction des textes.
46:37Voilà.
46:38Notamment l'Assemblée nationale.
46:40Voilà.
46:40Donc, je me dis qu'il y a toujours des projets, des initiatives, des textes réglementaires qui sont prises vraiment
46:48pour les droits, pour la défense des droits des femmes.
46:54Également, d'ailleurs, même mon mémoire de master a porté sur la protection des droits des femmes, un milieu carcéral,
47:02où j'ai vraiment regardé l'arsenal juridique du Burkina, en matière humanitaire, y compris les droits des femmes.
47:09Le Burkina est parti presque à la totalité de toutes les conventions qui protègent les droits des femmes.
47:16Donc, et aussi au niveau interne, les efforts sont faits.
47:19Voilà.
47:19Donc, je dis que les efforts sont là, les lois sont là.
47:22Mais, c'est l'ignorance.
47:25Je me dis que c'est...
47:28Je ne sais pas comment expliquer ce côté-là.
47:31Sinon, les textes sont là.
47:33Seulement, la société, bon, les justiciables, ont peur vraiment de s'engager vraiment à comprendre leurs droits.
47:43Ils se disent que peut-être à faire des droits là, à faire des lois là, c'est pour ceux
47:47qui sont allés à l'école.
47:48Alors que, bon, on n'a qu'à se dire la vérité.
47:51La majorité de la population est à un niveau de scolarité, bon, un niveau d'études très bas.
47:57Voilà.
47:57Donc, du coup, c'est un peu compliqué.
48:00C'est un peu compliqué.
48:01Donc, les autorités, en tout cas, font de leur mieux.
48:04Maintenant, au niveau des autorités coutumières, c'est également de comprendre les textes.
48:11Essayer de voir.
48:12C'est vrai qu'il y a la tradition qui est là.
48:14Mais, j'ai toujours dit que quand il y a une vie qui est en danger, il faut essayer souvent
48:20d'oublier certaines règles traditionnelles.
48:24Elles qui vont parce que je me dis qu'elles, quand même...
48:27Et religieuses aussi.
48:27Voilà, religieuses.
48:28Parce qu'il y a des religions qui ne conçoivent pas le divorce.
48:32Effectivement.
48:32Surtout la religion protestante et la religion catholique.
48:36Voilà.
48:36On ne se marie qu'une seule fois.
48:38Donc, du coup, il y a ça aussi.
48:41Voilà.
48:41Il y a des hommes même...
48:42D'ailleurs, même merci de l'évoquer.
48:45Il y a des hommes même qui ont accepté le divorce à Lamia, mais qui ont dit à la femme,
48:49tu retournes dire à mon pasteur ou à mon prêtre là que notre mariage est fini.
48:56Parce que moi, je ne vais pas aller le faire.
48:58Moi, je suis prête à t'accorder le divorce, mais il faut gruer, aller leur dire.
49:02Alors que souvent, c'est un peu compliqué.
49:05Voilà.
49:06Donc, il y a tout ça.
49:07Donc, ce que je peux dire vraiment, c'est que ces autorités, ces leaders religieux et coutumiers essaient encore d
49:15'essayer de prioriser la vie humaine.
49:18Parce que, comme on le dit, je ne vois pas un motif ou une raison qui est plus supérieur ou
49:26suprême à la vie humaine.
49:27Voilà. Donc, quand la vie humaine est en danger, c'est toujours mieux de faire fi à ces règles religieuses
49:33et traditionnelles et préserver cette vie humaine qui est très, très, très cruciale.
49:39Nous tirons vers la fin de cet entretien.
49:42D'accord.
49:42Et avant de mettre un terme à cette discussion, nous allons vous demander quelles sont vos ambitions pour la suite
49:50de votre engagement.
49:54Vraiment, merci beaucoup. Je me disais que, puisque mes femmes m'appellent maître, désormais, tous les jours, quand elles m
50:05'écrivent, elles me disent maître, jusqu'à ce que moi-même, je leur réponde, je ne suis pas avocate.
50:10Je ne suis pas avocate. Je suis juste une dame qui défend vos droits. Voilà. Je connais seulement les procédures
50:19judiciaires. Je connais la loi et je ne vous apprends pas.
50:21Sinon, je ne suis pas avocate. Voilà. Donc, moi, mon ambition, c'est vraiment de devenir avocate. Voilà.
50:28Là, je me dis que, au lieu que je sois derrière pour les accompagner, je pourrais, en cas de cas,
50:35me présenter devant les juges, moi-même, pour les accompagner jusqu'à la fin de la procédure.
50:43Sinon, souvent, je me sens un peu, un peu, un peu mal parce que je ne peux pas m'afficher,
50:51je ne peux pas accompagner une dame jusqu'à la fin, jusqu'à la fin de la procédure.
50:57Je ne peux qu'être derrière. Je suis invisible. C'est elle seule qui sait qu'il y a une
51:02qui est derrière, qui me donne la directive, qui me donne les conseils.
51:05Sinon, je ne peux pas prendre le dossier jusqu'à me présenter avec la femme pour dire que, voilà, je
51:12suis son conseil en justice. Voilà.
51:14Parce que vous n'en avez pas encore la casquette.
51:16Voilà. Je n'ai pas cette casquette-là. Voilà. Donc, mon ambition est vraiment de porter cette casquette.
51:22Et pour mieux, je me dis que si je me porte ça, je vais pouvoir mieux encore vous exprimer, surtout
51:30les accompagner vraiment efficacement pour mettre fin à tous ces problèmes-là. Voilà.
51:39D'accord. Pour mettre fin à tous ces problèmes et aussi pour mettre fin à notre entretien,
51:44nous allons vous demander quel est le message que vous souhaitez adresser aux femmes qui vivent actuellement une situation de
51:54détresse dans leur foyer.
51:56Regarde, j'ai huit la frissante parce que j'ai imaginé toutes ces femmes qui sont venues chez moi, qui
52:05ont continué à pleurer, qui ont un désespoir total.
52:09Parce qu'effectivement, on n'a qu'à se dire la vérité. Il y a des cas vraiment où, juridiquement,
52:15il n'y a pas de solution. Voilà.
52:17Donc, souvent, quand tu te retrouves face à ces cas-là, c'est souvent un peu compliqué. Voilà.
52:23Donc, je ne peux que leur dire d'être forte. Voilà. Je ne peux que leur dire d'être forte.
52:30Surtout, pensez plus à leur vie. Moi, je vais toujours miser sur leur vie. Je dis que la famille, même,
52:41la famille, c'est vrai que la famille est là,
52:43mais quand même, quand ta vie est en danger, il faut oublier tout et grouiller, préserver cette vie-là.
52:51Voilà. Moi, j'ai toujours dit, il y aura tout forcément la solution.
52:54Si tu vas écouter tout le temps parce que l'autre ne va pas accepter, l'autre ne va pas
52:58m'accompagner,
53:00bon, c'est que tu acceptes à vouloir mettre ta vie en danger par rapport à ce que tu vis.
53:05Voilà.
53:06Donc, vraiment, être forte et toujours se préférer en cas vraiment de manque de soutien de la famille, de la
53:14société,
53:15mais toujours grouiller. Là où tu vas avoir la solution que tu vas prendre,
53:19peut-être que tu vas envisager pour préserver ta vie là. N'hésite pas à l'apprendre.
53:28Au thème de cet entretien, nous retenons que derrière chaque procédure,
53:34le divorce se cache des réalités humaines très complexes,
53:40nécessitant écoute, accompagnement et accès à la justice.
53:47Grâce à son accompagnement auprès des femmes les plus vulnérables,
53:54Zalisa Yamigo contribue à faire reculer les inégalités
54:00et à redonner espoir à celles qui cherchent à reconstruire leur vie dans la dignité.
54:11Nous vous remercions pour votre passage sur notre plateau.
54:15Merci.
54:16Que Dieu vous bénisse pour ce que vous faites.
54:18Merci.
54:19Qui continue de vous assister, de vous accompagner.
54:22Merci grandement également pour vos efforts,
54:25pour vulgariser ce que nous faisons,
54:28parce que c'est grâce à vous également que les gens vont forcément nous connaître.
54:33Et vous allez donc contribuer à mettre fin à ces problèmes-là,
54:39parce que j'imagine le nombre de femmes qui vont me contacter
54:44ou bien qui vont vous contacter,
54:45parce que sans mentir, les femmes ont des problèmes.
54:49Les femmes ont vraiment des problèmes.
54:51Justement, est-ce que vous pouvez communiquer votre contact
54:55en cas de besoin pour celles qui voudraient bien solliciter
54:59et bénéficier de vos services?
55:01D'accord.
55:02Bon, j'ai deux numéros qui sont sur mes pages.
55:07Il y a le numéro 70, 11, 19, 12,
55:11qui est le numéro WhatsApp pour celles qui ne sont pas à Ouaga
55:16et qui ne peuvent pas me rencontrer en présentiel.
55:20Voilà, donc elles laissent leurs messages par rapport à leur situation.
55:25Même si je prends du temps souvent,
55:27je finis par répondre à tous mes messages reçus.
55:31et il y a le numéro 75, 74, 75, 45,
55:38qui est le numéro où on appelle.
55:41Voilà, par ce numéro, vous m'appelez directement,
55:44je vais vous répondre et planifier un rendez-vous.
55:48Voilà, parce que c'est toujours...
55:50Je ne suis pas tout le temps au niveau du local pour attendre les femmes.
55:55Moi, je suis plus sur moi.
55:57Les femmes m'écrivent.
55:59C'est lorsqu'elles veulent maintenant me rencontrer que je me lève
56:02et puis je me déplace pour aller les écouter au niveau du local.
56:07Merci encore d'être passés.
56:09Merci bien.
56:10À vous, chers internautes, merci de nous avoir suivis.
56:13Merci de nous rester fidèles.
56:15Et n'oubliez pas surtout de vous abonner à nos différentes plateformes numériques,
56:21Facebook, Twitter, WhatsApp.
56:25Likez nos contenus pour ne pas rater justement des contenus aussi intéressants
56:30que cette thématique que nous venons d'aborder avec Zalisa Yangyogo,
56:35juriste de formation qui accompagne les femmes vulnérables,
56:40les femmes en instance de divorce,
56:42les femmes qui ont des difficultés conjugales.
56:46Allez, à très bientôt.
56:47Sous-titrage Société Radio-Canada