00:00Le préfet de police de Paris est en train de s'exprimer en ce moment même.
00:03Un épisode caniculaire sévit sur Paris et une bonne partie de la France depuis dimanche.
00:09C'est un épisode extrêmement important avec des températures extrêmement importantes, voire jamais vues,
00:16et qui surtout s'est installé dans la durée.
00:19La preuve et les conséquences sont que le Premier ministre a choisi de déclencher le plan Orsan 3 ce midi.
00:27S'agissant de la situation parisienne et de petites couronnes, voire grandes couronnes également,
00:32la situation évidemment est inquiétante parce que ces températures extrêmement importantes
00:39qui sont accentuées par la révélation évidemment d'une situation totalement minérale
00:46conduisent à ce que le nombre d'interventions, notamment de la BSPP, ait été multiplié par deux.
00:53Une journée normale c'est environ 1250 interventions et aujourd'hui on dépasse les 2500.
01:00Et je veux rendre hommage à l'ensemble des sapeurs, l'ensemble de celles et ceux qui interviennent au quotidien
01:05parce que si la population a chaud, les pompiers évidemment avec leur équipement,
01:11avec évidemment les malades, en tout cas toutes celles et ceux qui le viennent secourir,
01:15et bien c'est une charge supplémentaire et dans des conditions extrêmement difficiles.
01:19Donc je voulais vraiment leur rendre hommage. Donc multiplication par deux du nombre d'interventions,
01:24c'est aussi la moitié, l'augmentation de moins 50% du nombre d'appels aux 18 et donc vous
01:31voyez que la pression monte.
01:32Si la pression monte, si le nombre d'interventions augmente, cela veut dire aussi que le nombre d'hospitalisations ne
01:39cesse d'augmenter.
01:41Et aujourd'hui nous arrivons à une situation de saturation de la capacité d'absorption par le dispositif hospitalier.
01:51Il n'est pas dépassé, il est simplement saturé.
01:54Il n'est pas dépassé pourquoi ? Parce que l'ensemble évidemment des ministères,
01:58le ministère de l'Intérieur, le ministre de l'Intérieur qui d'ailleurs était en CIC il y a peu,
02:02le ministère de la Santé, l'ARS, l'Ile-de-France, que je salue pour son travail exemplaire et main
02:08dans la main
02:09avec l'ensemble des autres services de la préfecture de police, de la BSPP notamment,
02:13ont anticipé, ont travaillé et ont permis que l'ensemble des moyens, des volumes de moyens soient adaptés à la
02:21crise.
02:21Donc il y a eu une montée en puissance progressive de l'ensemble des moyens dédiés à la gestion de
02:27la crise ou au secours à personne.
02:29Donc vous voyez que la crise a été anticipée, nous l'avons accompagnée, mais aujourd'hui,
02:33aujourd'hui nous avons un système qui arrive en saturation.
02:38Et en fait mon travail, mon devoir, c'est de faire en sorte que le dispositif à la fois de
02:43secours et de prise en charge hospitalière
02:45ne soit pas embolisé, ce qui sera dramatique puisqu'il conduirait à ce qu'il y ait des sur-accidents,
02:49voire des morts par incapacité de prendre en charge, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
02:54Mon devoir, c'est de faire en sorte, par différents dispositifs, par une prévention, par un accompagnement de certaines populations,
03:01de faire en sorte que la pression baisse et en tout cas que nous n'allons pas vers des sur
03:05-accidents.
03:06Alors c'est quoi ?
03:07C'est par exemple un arrêté préfectoral que je publierai ce soir,
03:10qui interdit la prise d'alcool sur la voie publique à compter de demain midi.
03:15Parce que vous savez que l'alcool en plein soleil, évidemment, ça a des effets dévastateurs,
03:19qui conduisent à ce que nos pompiers et le SAMU soient embarqués, soient sollicités,
03:26alors que même que d'autres populations pourraient en avoir besoin.
03:28Ce sera aussi un arrêté préfectoral qui interdira la vente d'alcool à compter de 18 heures,
03:33là aussi pour éviter que certaines personnes, voulant étancher leur soif du fait des grandes chaleurs,
03:40étanches avec des produits alcoolisés qui conduiraient aux mêmes effets.
03:42Mais c'est aussi par un dialogue permanent avec à la fois les associations
03:48qui veulent organiser des manifestations sportives, festives, mais aussi les élus,
03:53qui ont d'ailleurs ultra-majoritairement annulé d'eux-mêmes nombre de prestations,
03:58qui, évidemment, s'elles avaient été organisées, conduiraient également à accroître la charge de travail
04:03et participer à l'embolisation que nous voulons éviter.
04:07Évidemment, vous allez probablement poser la question de savoir si la marche des libertés,
04:12si Solidez sera maintenue ou pas.
04:15Une CIC est en cours, je ferai un point à l'issue de cette interview
04:19pour voir quelles sont les meilleures solutions pour apporter une réponse,
04:24une réponse qui permette au collectif de surmonter cette vague de chaleur qui s'est installée.
04:30Évidemment, des solutions peuvent être regrettables,
04:34mais il ne faut pas surtout devoir les regretter.
04:37Et donc, ma main ne tremblera pas lorsqu'il faudra choisir et décider.
04:42Voilà ce que je voulais vous dire.
04:45Question, vous parlez de ces événements-là.
04:47Est-ce qu'une annulation de la marche des fiertés est aussi possiblement envisagée ?
04:52Elle est envisageable, elle est envisagée, elle est possible, elle n'est pas encore décidée.
04:57De ce qu'on sait des derniers chiffres, c'était 25 arrêts cardiaques.
05:01Est-ce qu'il y a eu une évolution depuis le début d'après-midi ?
05:05Alors, écoutez, les pathologies sont nombreuses.
05:08Elles sont plus nombreuses que d'habitude, dans des proportions assez importantes.
05:11Pour autant, je ne suis pas médecin.
05:13Et en fait, c'est au réseau sanitaire de vous dire quels sont à la fois les chiffres et les
05:16raisons.
05:17Mais aujourd'hui, nous, l'ABSPP, l'ensemble des personnes de l'ABSPP relèvent des blessés,
05:22relèvent des personnes qui ont besoin de secours,
05:24les rafraîchissent dans des baignoires qui nécessitent de la glace pendant un temps certain.
05:28Et donc, leur travail, il est là.
05:29Les conduire ensuite à l'hôpital.
05:30Mais moi, vous dire, exactement comme il y en a, ce n'est pas de ma compétence.
05:34Et je pense que ça n'a pas grande importance aujourd'hui,
05:37si ce n'est que le volume ne cesse d'augmenter.
05:40Est-ce qu'il y a à Paris des secteurs peut-être un peu plus critiques que d'autres,
05:43notamment en termes de volume d'intervention, où c'est réparti, on va dire...
05:47C'est l'agilité de la préfecture de police et de la BSPP
05:50qui fait qu'en fait, il n'y a pas de secteur plus embolisé que les autres.
05:54Non, en fait, les moyens sont prépositionnés.
05:56Les moyens sont là.
05:57La cartographie des casernes de pompiers est parfaitement établie et depuis des années.
06:01Et quand il faut corriger, il faut corriger.
06:02Je veux rendre hommage et remercier également l'ensemble des associations de sécurité civile agréée
06:07qui viennent compléter le dispositif de la BSPP
06:10et qui participent avec le SAMU à apporter une réponse globale
06:13sur l'ensemble du territoire parisien, de la Petite Couronne et comme de Paris-Centre.
06:17Quel message vous souhaiteriez adresser aux Parisiens au vu des conditions qu'il y a actuellement ?
06:22Un message de responsabilité individuelle et collective.
06:25Tout ce qui peut être évité doit être évité.
06:28Parce que chaque fois que vous prenez un risque, chaque fois que vous tentez quelque chose qui pourrait être évité,
06:34eh bien en fait, c'est un risque que vous faites courir à quelqu'un d'autre.
06:36Alors quelqu'un que vous connaissez peut-être pas, mais peut-être à vos parents,
06:39peut-être à votre frère, à votre soeur ou à vos enfants.
06:42Parce que si vous embolisez un système, si vous participez à cette embolisation,
06:46alors même qu'un enfant pourrait avoir un accident qui n'est pas lié à la chaleur,
06:49eh bien peut-être que si le système est embolisé, nous ne pourrions pas évidemment lui porter secours.
06:55Et ça, nous souhaitons l'éviter.
06:56Et c'est pour ça que nous anticipons.
06:58Et c'est pour ça que le dispositif est en place.
06:59Il est solide, il est robuste.
07:01Mais ce message vise à sensibiliser et responsabiliser l'ensemble de celles et ceux qui sont sur la Petite Parisienne.