00:00L'actualité internationale, évidemment, on va écouter Marco Rubio, le secrétaire d'Etat américain,
00:05qui a averti ce matin que la mise en place des péages à Hormuz pourrait se propager à d'autres
00:10passages maritimes.
00:13Si l'on accepte qu'un État puisse faire payer le passage dans une voie maritime internationale
00:18simplement parce qu'elle se trouve à proximité de son territoire,
00:21alors cette pratique se répandra partout dans le monde comme une contagion.
00:25Si un pays peut décider de faire payer l'utilisation d'un détroit, qu'est-ce qui empêchera tous les
00:29autres États,
00:30situés le long d'une voie navigable, d'imposer les mêmes frais ?
00:33Nous nous retrouverions alors dans une situation de chaos.
00:35C'est pourquoi une telle chose est totalement inacceptable.
00:39Alors on parle bien sûr de ces négociations entre l'Iran et les États-Unis.
00:44A votre avis, Xenia Federova, est-ce que vous pensez que la situation dans le détroit d'Hormuz,
00:49en tout cas, reviendra à celle d'avant cette guerre lancée le 28 février ?
00:53Je pense que la situation ne sera jamais la même.
00:56Aujourd'hui, toute l'architecture des sécurités est changée.
01:00Je pense que le premier poids, on voit très bien qu'Iran possède les moyens de bloquer le détroit d
01:07'Hormuz
01:07dans les situations où ils se sont menacés.
01:10Donc je ne pense pas que ce sera la même chose.
01:12Après, je ne suis pas sûre non plus convaincue qu'Iran peut vraiment négocier cette nouvelle idée
01:21d'être payée par les passages des bateaux par le détroit d'Hormuz.
01:25C'est exactement pour ce que dit Marco Rubio,
01:29ce que dans ces cas, c'est un précédent majeur
01:31et les autres peuvent être ici à utiliser la même chose.
01:35Donc je ne pense pas.
01:36Mais en même temps, les négociations seront dures
01:39parce qu'aujourd'hui, l'Iran a besoin d'argent pour reconstruire les pays.
01:45Les ouars qui, normalement, seraient dégelés
01:47s'ils arrivent à avoir un bon accord,
01:51ce ne sera probablement pas suffisant.
01:53Et en plus, ils vont chercher d'argent à reconstruire.
01:58C'est pour ça qu'ils veulent s'imposer cette tôle de douane.
02:02Je ne sais pas comment on peut s'appeler en français.
02:05Oui, c'est le droit de douane.
02:06Les droits de douane, oui.
02:07Une sorte de péage.
02:09Exactement.
02:09Donc moi, je mal crois que ça peut marcher,
02:12mais je pense qu'ils utilisent ça pour mettre la pression aussi,
02:15pendant les négociations sur les Américains,
02:17sur les points différents.
02:19Donc ça, c'est une façon pour retirer cette demande.
02:22Après, s'ils peuvent avoir quelque chose, c'est un levier en fait.
02:26Il y a beaucoup de critiques aux Etats-Unis.
02:27Et c'est justement sur les négociations et les négociateurs américains.
02:31Marco Rubio, qui s'est défendu,
02:32qui a dit que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix,
02:34mais pas à n'importe quel prix.
02:36Parce que c'était ça, les critiques.
02:37En disant, mais vous êtes en train de tout lâcher finalement,
02:39juste pour obtenir la paix,
02:41il lui dit, non, pas du tout, on reste vigilants.
02:43Mais c'est vrai qu'il y a un paradoxe quand même.
02:45Oui, je pense qu'ils sont un peu obligés de dire ça,
02:48mais la réalité est claire en fait.
02:51Aujourd'hui, Donald Trump a besoin de sortir de ces conflits.
02:53Et il est prêt de donner au Iran ce qu'Iran veut,
02:57pour qu'il puisse sortir avant les mid-terms,
02:59avant que la situation globale économique devienne catastrophique.
03:03Parce qu'aujourd'hui, on n'est pas là encore.
03:06Il y a encore les réserves de pétrole et de gaz.
03:08Mais si ça continue comme ça, dans quelques mois,
03:10on va sentir cette pénurie.
03:13On va vider nos réserves en Europe, par exemple.
03:16Et qu'est-ce qu'il reste ?
03:18Bon, il y a des pays qui peuvent acheter du pétrole et de gaz d'ailleurs.
03:22Par exemple, la Chine qui consomme beaucoup des ressources énergétiques russes.
03:26Mais l'Europe, il reste quoi ?
03:28Aujourd'hui, l'Europe s'est privée des ressources énergétiques russes.
03:32Donc, elles sont vraiment dans des situations très compliquées.
03:35Je pense que c'est pour ça aussi que l'Europe peut jouer un rôle
03:37et faciliter les sorties de ces conflits pour Donald Trump.
03:40L'Europe, on en reparlera, on reste sur les Etats-Unis.
03:43Jules Torres.
03:43Non, mais c'est vrai, imaginez donc,
03:44et je pense que c'est pour ça que Marco Rubio essaye de se sortir de cette situation,
03:48imaginez donc qu'on soit dans une sorte de retour du racket géopolitique
03:52avec un détroit d'Hormuz qui soit utilisé par l'Iran,
03:55en effet, comme droit de douane, comme péage,
03:58par une guerre qui a été déclenchée quand même, il faut le dire,
04:00par les Américains.
04:01Ce serait terrible parce que ça n'a pas que des conséquences
04:03sur le pouvoir d'achat des Américains,
04:04mais sur le pouvoir d'achat de tous les Européens.
04:07Et puis, si c'est aujourd'hui le détroit d'Hormuz,
04:10pourquoi pas demain, par exemple, bloquer,
04:13par exemple, pourquoi pas le Yémen,
04:14bloquer le détroit de Balai-land-Mandeb
04:16ou le détroit de Malacca en Indonésie.
04:19Le détroit de Malacca, c'est extrêmement intéressant,
04:20c'est 22% du commerce mondial,
04:2229% du pétrole maritime.
04:26Ça pourrait créer, en tout cas donner des idées,
04:27on pourrait être sur une situation de chaos total.
04:29Quand on voit à quel point les économies européennes
04:32et l'économie américaine ont été impactées,
04:36si je puis dire, par le blocage temporaire du détroit d'Hormuz,
04:40on pourrait se dire que si l'Iran obtient un droit de péage,
04:45en plus c'était avec des sommes astronomiques,
04:47ça pourrait avoir des conséquences ensuite sur l'ordre mondial
04:50qui pourraient tout à fait changer.
04:52Donc c'est pour ça que je pense qu'il joue extrêmement gros là-dessus,
04:55même au-delà même des mids-terms,
04:57parce que ça, à la limite, c'est électoral,
04:59on n'est pas sûr de toute manière,
05:00je crois qu'il n'y a qu'un président qui a remporté
05:03depuis 100 ans les limites-terms.
05:05Bon, mais en revanche, ça pourrait avoir des conséquences économiques,
05:09des conséquences stratégiques et sur l'ensemble du monde absolument.
05:12Et j'en profite, puisqu'on parle de l'Iran,
05:14je ne sais pas si vous avez lu ces articles d'ailleurs,
05:18ça fait la une du Figaro ce matin sur les Iraniens
05:21qui eux sont totalement perdants dans ce conflit, Jules Torres.
05:24Oui, moi je ne pense pas que les Iraniens soient si perdants que ça.
05:29On les a un petit peu enterrés en disant en effet
05:31que les 20, les 25 premières têtes, les grands leaders
05:34ont été éliminés, ont été tués.
05:36Ça, c'est évidemment vrai, mais quand on voit l'accord,
05:39on a plutôt l'impression que ce sont les Américains qui sont perdants.
05:42Ah, moi je parlais de la population iranienne.
05:44Oui, la population iranienne, ça c'est sûr qu'elle est perdante,
05:46mais j'ai envie de vous dire, elle est perdante depuis 1979.
05:49C'est pour ça que j'étais étonnée de votre réponse.
05:51Non, non, je parlais de la population iranienne.
05:52On dit aussi souvent l'Iran du peuple iranien,
05:55vous avez raison, pardon, j'avais mal compris.
05:57Mais c'est-à-dire que oui, le peuple iranien
05:59a déjà subi dans sa chair une répression extrêmement féroce
06:03en janvier dernier, avec plus de 30 000 exécutions en moins de 48 heures.
06:07Donald Trump les avait enjoints à sortir dans la rue
06:09en disant qu'il les soutenait.
06:11Bon, on a bien vu qu'ils sont sortis dans la rue,
06:13qu'il y a eu une répression et qu'ils n'ont ensuite pas été soutenus.
06:16Après, encore une fois, je doute que le peuple iranien
06:20avec une telle répression puisse s'en sortir.
06:22sans une aide extérieure.
06:24Mais toute la question, c'est de savoir si le peuple iranien
06:25veut une aide extérieure.
06:27Et puis d'autant plus que si, vous le disiez là,
06:29et on reboucle avec ce que je disais,
06:31c'est si les Iraniens sont plutôt sortis gagnants de ces négociations.
06:35Xavier Fédon va.
06:37Oui, mais je pense que c'est une question vraiment difficile
06:41parce qu'il y a un moment,
06:43on parle tous de la libération des peuples iraniens de ces régimes,
06:46on a les diasporas qui le souhaitent,
06:49on a les gens, beaucoup d'Iraniens qui le souhaitent,
06:51mais après, se trouver sur le bombardement des Américains
06:55et le bombardement d'Israël,
06:56ce n'est pas exactement ce que le peuple iranien souhaite non plus.
06:59Donc je pense que là, aujourd'hui,
07:01tout le monde est d'accord qu'il faut trouver un accord de paix
07:04et que la situation se stabilise.
07:06Après, c'est vrai que c'est un peuple iranien
07:08de regarder comment ça va continuer avec leur gouvernement.
07:12mais chaque fois, les États-Unis s'imposent un peu comme le sauveur de la démocratie.
07:20On a vu à quel prix, qu'est-ce qui s'est coûté à certains pays,
07:25si on parle d'Afghanistan, l'Irak, si on parle de Libye.
07:29Et je pense qu'aujourd'hui,
07:33les États-Unis jouent un rôle qui n'est pas si évident.
07:36Et ils sortent des conflits,
07:38souvent avec un profit pour les complexes militaires industriels,
07:42mais souvent aussi avec la perte d'images,
07:44en fait, ce qui est le cas aujourd'hui pour l'Iran.
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