00:01Vous parliez de corporatisme, je serai plus prudent. On parle d'une centaine de magistrats face à 9000.
00:07Ces 100 magistrats ont un comportement qui m'échappe totalement, je reste...
00:11Ce sont des centaines de magistrats.
00:14Quelques centaines, oui. Je ne crois pas qu'ils soient... Ils sont une grande minorité, on va le dire comme
00:18ça.
00:18Donc j'avoue que je ne comprends pas leur positionnement.
00:21Mais effectivement, ils sont 9000 en taux, vous avez raison.
00:22Je le dis très clairement, je ne comprends pas leur positionnement.
00:25Nous sommes face à l'indicible, je l'ai dit.
00:28Il y a eu, vous avez employé le mot défaillance, c'est le minimum qu'on puisse dire.
00:33Vous disiez que c'était un euphémisme.
00:34Sur ce sujet-là, exclusivement celui-là, ce n'est pas une question de budget, c'est une question de
00:39défaillance.
00:40Ne pas le dire est un mensonge et ne pas le dire, c'est refuser de se protéger.
00:44Le manque de budget qu'on...
00:46J'y viendrai après.
00:48Contribue aux défaillances, monsieur Olivier.
00:49Pas sur ce sujet-là, je ne pense vraiment pas.
00:51Sur ce sujet-là, où le début de la procédure a été profondément respecté,
00:54et même parfaitement bien respecté par les premiers gendarmes et par les premiers magistrats,
00:59c'est la suite qui a été défaillante.
01:01Donc au niveau du substitut du procureur qui est sanctionné.
01:04Je ne suis pas juste.
01:05Je ne sais pas.
01:06Donc je suis prudent.
01:07Vous en dites trop ou pas assez, monsieur Olivier.
01:08Non, je dis ce que nous savons tous.
01:10Ce que nous savons tous aujourd'hui en attente du résultat final.
01:14A l'heure qu'il est, il y a visiblement des défaillances humaines qui sont pour moi inadmissibles.
01:22Bien.
01:23Et qui méritent de sanction ?
01:24Pour...
01:25Évidemment.
01:25Excusez-moi.
01:26Évidemment, ça va mieux en disant.
01:28Moi, je viens du privé.
01:29Je n'ai pas d'état d'âme là-dessus.
01:29J'ai toujours été étonné que quand quelqu'un faisait une faute, faisait une erreur.
01:33C'est normal qu'on lui dise.
01:34Mais quand il fait une faute, il est normal qu'il soit sanctionné.
01:36C'est normal, mais quand on regarde les sanctions des magistrats ces dernières années,
01:41c'est peut-être un sujet sur lequel il faut travailler.
01:44Ce sont quelques sanctions et qui sont la plupart du temps un blâme.
01:47Donc un blâme, c'est très très mal ce que tu as fait.
01:50Oui, et puis il faut y aller.
01:51Pour révoquer un magistrat, c'est le Conseil supérieur de l'administrature, il faut y aller.
01:55C'est un vrai sujet et je pense qu'il faut l'aborder, si je peux me permettre de le
01:59dire aux magistrats,
02:00que la confiance n'exclue pas le contrôle et qu'un vrai contrôle les protège plutôt que le contraire.
02:05Il faut sortir de ce mécanisme de l'indépendance absolue, c'est la preuve que nous sommes parfaits.
02:10Je crois que ça n'existe pas, la perfection.
02:13Ça se saurait.
02:13En tout cas, pas de ce monde.
02:15Et donc, si les magistrats d'eux-mêmes disaient, oui, il n'y a pas assez de contrôle, reprenons-nous.
02:20Et d'ailleurs, ce que disent Rémi Hertz et M. Soulard va un petit peu dans ce sens.
02:26Ils disent bien qu'il y a faute.
02:27Alors, ils disent après, ne jetez pas le bébé avec l'eau du bain, parce qu'il ne faut pas
02:33accuser la justice dans son ensemble.
02:35La justice, globalement, en France, fonctionne.
02:38Il faut le dire et le redire, parce que je trouve que depuis très longtemps maintenant,
02:42il y a une espèce de bashing au fur et à mesure sur tous les pays de la République.
02:45Ça a commencé par les politiques, ce n'est pas nouveau, on ne travaille pas, etc.
02:50Donc, on abîme la politique.
02:53Ce sont les mêmes magistrats qui disent que des affaires lianas pourraient se reproduire.
02:58Et en l'état, au-delà des dysfonctionnements, le stock d'affaires et l'absence de moyens,
03:08ou en tout cas, malgré l'augmentation qui a été consentie.
03:12Oui, mais il faut aussi le dire.
03:13Je le dis, il y a des manques de moyens.
03:16Je rappelle que le ministre précédent, qui lui aussi a été décrié par les magistrats au début,
03:21souvenez-vous, Dupond-Moretti, qui a eu quand même quelques soucis avec les magistrats.
03:25Ah, ce n'est pas le précédent, c'est encore avant.
03:26Oui, je fais de la raison, j'en dirais pas.
03:29On a augmenté le budget de la justice de 45%.
03:32C'est du jamais vu.
03:33Alors, ce n'est pas suffisant, on est d'accord.
03:35Mais comment dire ?
03:36Non, mais vous répondez.
03:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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