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Avec Arnaud Benedetti, politologue, rédacteur en chef de la Nouvelle revue politique

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-06-25##

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News
Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:06Emmanuel Macron prépare l'après-lui et ne veut rien laisser au hasard.
00:10La République des Copains se porte bien jusqu'à la ligne de départ de la présidentielle.
00:14Le président veut imposer son candidat.
00:16On en parle avec Arnaud Benedetti, rédacteur en chef de la nouvelle revue politique.
00:20Bonjour Arnaud Benedetti.
00:22Bonjour à vous.
00:23Bonjour Arnaud Benedetti, merci d'être en direct avec nous sur Sud Radio.
00:26On a l'impression, et le phénomène n'est pas nouveau, il circule dans les milieux autorisés,
00:31qu'Emmanuel Macron a du mal à devoir lâcher prise.
00:36On sait que son mandat s'arrête au mois de mai prochain 2027, qu'il va donc devoir quitter l
00:40'Elysée.
00:41Certains milieux autorisés disent qu'il cherchera tout pour ne pas partir,
00:44mais bon, ni la loi ni la Constitution ne lui permettent.
00:47Pour autant, on voit bien qu'il veut continuer à peser sur la vie politique française,
00:51en particulier sur son camp, La République en marche, Renaissance,
00:54avec deux candidats déclarés potentiels,
00:59ses deux anciens premiers ministres, Édouard Philippe et Gabriel Attal.
01:02Les deux ont dit l'an dernier, ils ont suggéré que le président de la République devait démissionner
01:08par rapport, j'allais dire, aux petites défaillances qui sont survenues.
01:12Et du coup, on apprend qu'Emmanuel Macron, voulant jouer l'arbitre et réconcilier sa famille politique,
01:18dirait, écoutez, au lieu de départager les deux candidats potentiels
01:22avec le risque de créer des clivages et des tensions, si on trouvait un troisième homme.
01:27Arnaud Benedetti, c'est un stratagème pour compliquer la donne,
01:30ou est-ce que vraiment Emmanuel Macron se dit, nous risquons de ne pas être au deuxième tour
01:35de la présidentielle de 2027 et nous devons nous mettre d'accord sur un candidat
01:39qui rassemble tout le monde ? Comment comprendre cette initiative ?
01:44Vraisemblablement les deux, c'est-à-dire qu'il doit considérer en effet que les deux candidats
01:50aujourd'hui du bloc central, que sont d'un côté M. Philippe et de l'autre M. Attal,
01:57ne disposent pas d'une dynamique à ses yeux suffisante pour pouvoir éventuellement l'emporter
02:04et surtout se qualifier au second tour de l'élection présidentielle.
02:08Et puis l'autre aspect, c'est qu'en effet, la nature profonde d'Emmanuel Macron parlerait
02:16d'une certaine manière. C'est quelqu'un qui veut être toujours une sorte de deus ex machina,
02:24c'est-à-dire être au centre de la scène, même s'il est derrière le rideau, pour actionner
02:30d'une certaine façon la scénographie politique. Mais la réalité, c'est qu'il devrait plutôt,
02:36me semble-t-il, en effet, conserver la position d'arbitre que doit avoir un président de la
02:41République sortant qui ne peut pas se représenter ou qui ne veut pas se représenter, c'est-à-dire
02:46se mêler le moins possible du jeu électoral, d'abord y compris pour son camp, parce que
02:51je ne suis pas sûr que son intervention soit véritablement une ressource très positive
02:56pour son camp. Et puis parce que c'est surtout son rôle, on a eu quand même par le passé,
03:01il fait son souvenir des présidents qui ne se sont pas représentés et qui se sont tenus
03:07à distance, d'une certaine façon, en tout cas ne l'ont pas montré, de la campagne politique.
03:13Je pense évidemment à François Mitterrand en 1995, je pense également à Jacques Chirac
03:21en 2007. Alors c'est un peu différent avec François Hollande, même s'il avait été relativement
03:26discret durant la campagne présidentielle de 2017. Mais je crois que le rôle du président
03:33de la République, en l'occurrence, c'est de garantir le bon fonctionnement de la compétition
03:36électorale, mais surtout ne pas s'en mêler.
03:39Arnaud Benedetti, vous évoquez trois épisodes de l'histoire électorale française. Souvenez-vous
03:44qu'en 1995, François Mitterrand ne cachait pas, qu'est-ce qu'on peut dire, sa sympathie
03:50ou son affection pour Jacques Chirac, alors que le challenger était Lionel Jospin, ancien
03:55Premier secrétaire du Parti Socialiste. N'oublions pas cette phrase de Jacques Chirac, peut-être
04:01un petit peu, un peu diminuée en 2011, en disant « mais moi je vais voter François
04:05Hollande », à tel point qu'on essaie d'effacer la phrase et il la maintient. Quant à François
04:11Hollande, ben lui carrément il ne s'est pas présenté. Mais François Hollande, autre
04:14épisode, il n'a pas été vraiment un soutien à sa compagne, candidate désignée par
04:19le Parti Socialiste après la primaire. Là, les déclarations récentes de Ségolène
04:24Royale dit « non seulement il ne m'a pas aidé, mais il m'a savonné la planche
04:27autant qu'il a pu ».
04:29Oui, mais alors attention, parce que là, les deux épisodes, au moins deux sur trois
04:33de ces épisodes, je laisse de côté celui de François Mitterrand qui n'était quand même
04:36pas intervenu du tout dans la campagne, même s'il pouvait avoir parfois des expressions
04:41de sympathie ou d'antipathie pour tel ou tel candidat. Mais en ce qui concerne Jacques
04:47Chirac, la référence que vous faites, c'est une référence qui est après son départ
04:53de l'Elysée, c'est entre 2007 et 2012. Et concernant François Hollande, je rappelle
05:01qu'il n'était que premier secrétaire du Parti Socialiste lorsque Ségolène Royale
05:06était candidat. Donc ce n'était pas en tant que, si vous voulez, président de la République
05:09qu'ils intervenaient l'un et l'autre. Mais moi je pense en effet que la difficulté
05:14aujourd'hui pour Emmanuel Macron, elle est liée à sa propre trajectoire. Parce que
05:19finalement, il ne faut jamais l'oublier, Emmanuel Macron a été le plus jeune président
05:23de la République, toute République confondue. Le plus jeune avant lui étant Louis-Napoléon
05:31Bonaparte. Et Casimir Ferry, je crois, il se partage la jeunesse.
05:35Et puis Valéry Nucard d'Esta. Donc c'est un président très jeune qui considère, c'est
05:39un président sortant très jeune, qui n'aura même pas 50 ans, qui considère
05:43qu'il a encore un avenir politique devant lui. Et qu'il veut encore peser sur cette
05:52élection de 2027. On a-t-il la capacité ? C'est la seule question qui se pose.
06:01Fondamentalement, vous avez eu raison de le rappeler, Edouard Philippe a pris ses distances
06:06il y a maintenant presque deux ans, c'est-à-dire après la dissolution de 2024. Gabriel Attal
06:14également. La difficulté pour eux aujourd'hui, en effet, c'est d'échapper à l'ombre tutélaire
06:19d'Emmanuel Macron, d'effacer presque leur passé macroniste pour incarner une rupture.
06:26Donc tout candidat qui aujourd'hui apparaîtrait d'une certaine manière comme ayant reçu l'onction
06:33d'Emmanuel Macron, compte tenu quand même de la popularité très relative d'Emmanuel
06:37Macron dans les sondages, et le rejet quand même d'une grande partie par l'opinion publique
06:44de son passage à l'Élysée, en tout cas aujourd'hui, fait que ce n'est pas certainement
06:51un service qu'il rendrait un candidat qu'il souhaiterait parler.
06:56Est-ce que pour autant, vous avez vu, du fait de la situation internationale et des
07:00prises de position notoires d'Emmanuel Macron, il y a un petit fléchissement de ces sondages
07:05avec une petite amélioration, on parle de remontée, alors les purs macronistes, le dernier
07:10cercle dit ça y est, c'est la remontada, est-ce que ça pourrait l'autoriser à se dire
07:14je commence à peser, et surtout ma question Arnaud Benedetti, reste-t-il un camp proprement
07:20dit macro-macronien, qu'il y a un camp de cette mouvance de l'ancienne renaissance
07:25république en marche, autour d'Atal-Edouard Philippe, on va dire le centre un peu flasque
07:30avec des résidus de la gauche et de la droite libérale, admettons, est-ce qu'il y a pour
07:34autant un camp macronien, et vous le dites, est-ce que la voix d'Emmanuel Macron peut peser
07:39sur cette partie de l'électorat ?
07:41Alors pour répondre à votre première question, Emmanuel Macron pourra sortir correctement
07:48de l'Elysée et peut-être gagner quelques points de confiance dans les côtes de popularité
07:56si vraisemblablement il n'indexe pas cette sortie de l'Elysée sur la volonté de peser
08:03sur la scène politique interne.
08:05Plus il montrera sa volonté d'être impliqué et d'être un faiseur d'une certaine manière
08:12de roi, plus le risque est grand pour lui que le souffle fort de l'impopularité s'abatte
08:19à nouveau sur ses épaules, quoique le souffle de la popularité n'a pas encore porté Emmanuel
08:24Macron au sommet des courbes de sondage.
08:25Il faut quand même relativiser ce qu'il est en train de se passer aujourd'hui.
08:28Ça c'est le premier point.
08:32Quant au second sujet, moi j'ai toujours pensé que de toute façon le camp macroniste
08:39n'était que l'expression politique d'une sensibilité politique française qui existe
08:44depuis finalement presque la révolution française.
08:49C'est une sorte de marée qui est très centrale ou très centriste, dirons-nous aujourd'hui,
08:57qui a existé sous la Troisième République.
08:59C'est un peu les Ratssocs, les Ratssocs de droite, le MRP en 1945, voilà, on voit bien.
09:07Voilà, et qui a existé sous la Quatrième République et qui a évidemment connu une période d'assèchement
09:12sous la Cinquième République du fait du mode de scrutin, du fait de la bipolarisation politique
09:22qu'impliquait le mode de scrutin et qu'à la faveur de la crise des formations de gouvernement
09:26de droite et de gauche, Emmanuel Macron a pu reconstituer une sorte de bloc central.
09:31Est-ce que ce bloc central survivra en effet dans la force qui est la sienne aujourd'hui
09:36politiquement au départ d'Emmanuel Macron ?
09:39C'est ce qu'espèrent vraisemblablement d'un côté, plus d'un côté que de l'autre,
09:45c'est-à-dire plus vraisemblablement Gabriel Attal que Edouard Philippe.
09:49Parce qu'on voit que la stratégie des deux hommes n'est pas la même.
09:51Gabriel Attal, il essaye un peu de réactiver le logiciel initial du macronisme à ses débuts,
09:58libéral, économiquement, en ayant une préoccupation régalienne plus affichée quand même
10:02que ne l'avait Emmanuel Macron, et assez progressif sur le plan sociétal,
10:07notamment avec sa proposition d'une GPA éthique, entre autres.
10:11Du côté d'Edouard Philippe, c'est un peu différent.
10:13Edouard Philippe vient de la droite, il est passé par le macronisme,
10:16et il semble aujourd'hui vouloir revenir, malgré tout, à un positionnement plus à droite
10:21que ne l'était Emmanuel Macron.
10:24Ça sera difficile de faire revivre le macronisme tel qu'il est né en 2017,
10:30pour deux raisons. D'abord, ça reposait quand même beaucoup sur la personnalité
10:35de son initiateur, Emmanuel Macron, il faut le reconnaître.
10:39Et deuxièmement, parce qu'après dix ans de pouvoir, le bloc, aujourd'hui tel qu'il est,
10:45apparaît quand même passablement essoufflé.
10:48Et c'est toute la difficulté d'ailleurs de ces candidats de pouvoir faire du neuf
10:53en ayant été quelque part aussi, ce qu'appelait le général de Gaulle,
10:57les hommes d'autrefois, d'une certaine manière.
10:59Dernière question à nos Bénédetti.
11:02Quelques conversations que j'ai eues récemment avec, comme on dit, les milieux autorisés,
11:06me laissent croire que la nomination de Richard Ferrand
11:09à la présidence du Conseil constitutionnel serait là pour prévenir
11:13une tentative hypothétique du successeur d'Emmanuel Macron,
11:16de la future majorité de 2027, d'instaurer une interdiction
11:20d'une troisième candidature.
11:21On dirait, voilà, le président de la République peut se présenter deux fois dans sa vie,
11:25un peu comme aux États-Unis, pas de possibilité d'une troisième candidature.
11:28Des opposants à Macron pourraient essayer d'obtenir cette modification constitutionnelle.
11:32Et Richard Ferrand serait là pour empêcher ce stratège.
11:36Vous y croyez ? Ça peut être plausible ou non ?
11:39De toute façon, vous savez, ce que fait le législateur
11:45dans un lit qui est le souverain, comme le disait le doyen Vedel,
11:49dans un lit de justice, il peut le défaire, d'une certaine manière.
11:54C'est-à-dire que je ne vois pas en quoi, aujourd'hui,
11:59M. Ferrand, en tant que président du Conseil constitutionnel,
12:01peut empêcher, si jamais cette initiative...
12:04Pour réfréner ou contourner.
12:06Pour conduite, il peut la freiner, mais il ne peut pas l'empêcher.
12:09Enfin, il ne peut pas l'empêcher.
12:10Si, voilà, 6 sur 9, il y en a 3 nommés par le président.
12:13Il y a une révision constitutionnelle qui n'aboutirait pas.
12:16Mais s'il y a la volonté d'opérer cette révision constitutionnelle,
12:20peut-être, dans l'esprit de certains,
12:23ça sera le législateur qui en dissédera,
12:25et in fine, peut-être, en dernière instance,
12:27ça peut être aussi le peuple,
12:28on peut y aller, puisqu'il s'agit d'une réforme
12:33touchant l'organisation des pouvoirs publics,
12:35on peut y aller directement par la voie référendaire,
12:39également l'article 11 le permettant.
12:41Ce qui empêcherait Emmanuel Macron de se présenter en 2032,
12:43mais là, on est pour l'instant dans la politique fiction.
12:47Merci, merci Arnaud Benedetti de votre témoignage,
12:50et je vous dis à très bientôt sur Sud Radio.
12:53Il y a cinq ans, les hôpitaux affrontaient l'épidémie du Covid-19,
12:57ils n'étaient pas prêts.
12:58Cette année, les hôpitaux affrontent la canicule.
13:01Ils ne sont pas prêts non plus, visiblement,
13:02en tout cas, c'est le cas dans un hôpital de Tours,
13:05où les chambres atteignent le climat,
13:07la température dans certaines chambres atteigne des niveaux records.
13:12On en parle dans un petit instant parmi les perles,
13:13n'hésitez pas à réagir au 0826 300 300.
13:16A tout de suite sur Sud Radio.
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