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  • il y a 11 minutes
Thierry Cotillard, président du groupement Les Mousquetaires (Intermarché), était l'invité du Face à Face de ce jeudi 25 juin, sur RMC et BFMTV. 

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Transcription
00:01Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Thierry Cotillard.
00:05Bonjour.
00:06Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le patron des magasins,
00:08Intermarché, Bricomarché, Netto, le président du groupement, Les Mousquetaires.
00:12Très nombreuses questions à vous poser, évidemment sur la canicule,
00:15la façon dont les Français s'adaptent, dont vos employés aussi s'adaptent partout sur le territoire.
00:21La question des prix, la question des carburants.
00:24Et puis aussi plus globalement, votre regard sur ces politiques qui, d'après vous, sont de plus en plus déconnectées.
00:31Vous nous direz pourquoi.
00:32Mais d'abord, ce que vous voyez, vous, dans les magasins, du côté à la fois des salariés et du
00:37côté des consommateurs,
00:39cette canicule qui s'est abattue et qui dure sur la France, elle a quoi comme conséquence ?
00:43Déjà, je voudrais avoir une pensée pour tous nos salariés, toutes ces femmes et hommes
00:47qui travaillent dans des conditions, il faut reconnaître, difficiles,
00:50dans nos entrepôts, dans nos outils de production, dans nos points de vente,
00:53même s'il y a la climatisation, mais les nuits ne sont pas plus fraîches
00:57et ils sont là tous les matins pour tenir la chaîne alimentaire.
00:59Donc, je voudrais vraiment avoir une pensée pour eux et les remercier.
01:02On a évidemment une conséquence de ça dans nos magasins.
01:05Déjà, il faut le dire, on a un trafic qui est plus important, tout simplement, parce que c'est frais.
01:09Les gens viennent plus ?
01:10Exactement.
01:10Ils vont venir chercher la fraîcheur.
01:12Ils viennent chercher la fraîcheur.
01:14Et puis, lorsqu'ils sont dans nos supermarchés, la consommation, elle est totalement différente
01:18des semaines passées où il n'y avait pas cette température.
01:20Donc, on assiste à l'explosion de vente, évidemment, des glaces, de l'eau.
01:25La proportion, c'est qu'on double les volumes.
01:27On double les volumes.
01:28On double les volumes, puisque sur les eaux, on est à 80% de progression.
01:32Les glaces, on est à 50%.
01:34Et après, vous avez les familles de produits qui, évidemment, répondent à leurs besoins.
01:38C'est la fraîcheur des produits frais, notamment des fruits et légumes,
01:41où sur le melon, on fait plus de 50%.
01:44Et les gens restent davantage ?
01:45C'est-à-dire qu'une fois qu'ils sont là, dans vos magasins, ils n'en ressortent pas si
01:49vite ?
01:49Oui, j'allais dire, ça traîne en magasin.
01:51Et il n'y a pas de sujet de sécurité.
01:54Il n'y a pas de sujet...
01:55En tout cas, il y a un vrai confort.
01:56Je pense que c'est la même chose dans les grands centres commerciaux.
01:58C'est la même chose dans les cinémas.
01:59Et donc, effectivement, c'est un lieu paisible où il faut être bon vivre en ce moment.
02:04Donc, l'alimentation, on imagine, évidemment, et là, c'est peut-être plus chez Bricomarché,
02:09qu'il y a les clims, les ventilateurs, tous les produits qui rafraîchissent.
02:13Vous en êtes où ? Et est-ce que vous arrivez à répondre à la demande ?
02:16Alors, on a des records de vente.
02:18Vous avez cité Bricorama, Bricomarché, on a aussi Bricocash.
02:21C'est 100 000 ventes sur la seule semaine dernière.
02:24C'est énorme, c'est x5 par rapport aux habitudes.
02:27De quoi ? De ventilateurs, de clim ?
02:28Ventilateurs et clims avec une première position pour les climatisations.
02:32Elles sont plus vendues que les ventilateurs.
02:35Et la réalité, je ne vais pas vous mentir, c'est qu'on est en rupture.
02:38C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a des magasins qui sont en attente d'approvisionnement
02:42pour pouvoir répondre aux attentes des consommateurs.
02:44Donc, on a été surpris parce que c'est venu violemment.
02:47Et puis, vous savez bien que c'est des produits qu'on ne fabrique pas en 15 jours.
02:50Il y a un délai de production.
02:52Et donc, on est en train de trouver des nouveaux fournisseurs pour nos approvisionnements.
02:54Des nouveaux fournisseurs ? Vous allez pouvoir répondre à la demande dans les jours qui viennent ?
02:57Oui, c'est en fin d'arrivée.
02:58Les ruptures, ça dure 24-48 heures.
03:00Et puis, vous savez, on est aussi un réseau qui est bien implanté.
03:03Donc, on se passe de la marchandise d'un magasin à l'autre pour pouvoir répondre aux attentes.
03:06Mais ça veut dire aussi, quand je vous écoute, vous.
03:08Et hier, à ce même micro, j'avais la patronne d'Europe Écologie-Les Verts,
03:11des écologistes comme ça s'appelle désormais, Marine Tondelier.
03:15C'est un débat qui est devenu politique.
03:16On a l'impression que la clim serait de droite, que les anticlim seraient de gauche,
03:20que ça devient un clivage.
03:22Alors, même si, petit à petit, il y a une forme de consensus.
03:24Vous, vous dites que les Français, c'est ni de droite ni de gauche, ils veulent la clim.
03:27Mais non, mais c'est très factuel.
03:30C'est du bon sens.
03:30C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le sujet de fond, c'est la rénovation probablement de l'habitat
03:34et les passoires thermiques qu'on a en France,
03:38où ça fait très froid à l'hiver et ça fait très chaud l'été.
03:40Et donc, il faut qu'on soit de droite ou de gauche,
03:43un plan de rénovation de l'habitat,
03:44comme il faut un plan de relance de la construction,
03:47parce qu'on n'en a pas beaucoup parlé.
03:48Mais en fait, les bricomarchés font du chiffre cette semaine,
03:52le font depuis 15 jours.
03:53Mais c'est un marché qui recule depuis 3 ans.
03:55Et on recule parce que la France n'a pas un programme
03:59pour permettre aux Français d'avoir une première propriété,
04:02une première maison, une première habitation.
04:04Donc, l'arrêt de la construction fait qu'évidemment,
04:07les gens qui nous achètent les parpas,
04:10les gens qui nous achètent du gros matériel, ne le font plus.
04:12Tous les artisans sont à l'arrêt.
04:13Et c'est ça qu'il faut relancer.
04:15Et ils se retrouvent du coup à devoir gérer l'urgence.
04:16Et l'urgence, c'est la clé.
04:17Exactement.
04:19Ayons une vision.
04:20C'est le moment de l'exprimer,
04:21puisqu'on est à l'approche des présidentielles.
04:23Qu'on soit de droite, de gauche,
04:24il faut absolument qu'il y ait un plan de relance
04:26de la construction, de l'habitat et la rénovation
04:28pour éviter les passoires.
04:29Une question sur le travail, Thierry Cotillard.
04:31Est-ce que vous avez adapté les horaires ?
04:34Vous le disiez, dans les magasins, certes, il y a la clim,
04:36mais il y a tous ceux qui travaillent dans la manutention derrière,
04:39dans les livraisons, dans le transport.
04:41Est-ce que les horaires ont été adaptés ?
04:44Alors, il y a eu un débat.
04:45Est-ce qu'il faut un congé climatique ?
04:46Moi, je ne suis pas favorable à ça.
04:48J'ai envie de vous dire, on met du bon sens.
04:50Alors, pour une grande partie de nos équipes,
04:53on bénéficie de la clim dans les magasins.
04:55C'est un confort et pour eux, ça va bien.
04:57Après, la réalité, c'est que dans le magasin,
04:59vous avez la partie arrière du magasin,
05:01qui est en fait la réserve du magasin,
05:03où là, on va frôler les 40-45 degrés.
05:05Donc, on y met du bon sens.
05:07Vous voyez, pendant le match de foot,
05:09on fait une pause et on va faire une pause d'hydratation.
05:12La pause fraîcheur, vous avez mis en place la pause fraîcheur aussi ?
05:15On l'a mis en place et puis sur certains entrepôts,
05:18on attaque un peu plus tôt.
05:19On a modifié les horaires pour justement permettre aux salariés
05:22de vivre dans des conditions de travail qui soient acceptable.
05:24Vous estimez que vous n'avez pas besoin d'un congé climatique à proprement en parler ?
05:27Voire même, le congé climatique, ça c'est les écologistes qui le portent.
05:31La CGT, je recevais Sophie Binet ce matin,
05:34qui demande, elle, un droit de retrait.
05:36C'est-à-dire qu'à partir d'une certaine température,
05:38on puisse faire valoir son droit de retrait.
05:40Oui, alors, vous avez compris l'objet de ma première intervention,
05:44qui était de remercier nos salariés.
05:45C'est que si on se met tous en retrait,
05:47comment on fait pour nourrir la France ?
05:48Donc, il faut remettre du bon sens.
05:50Et je crois que la proximité managériale et le dialogue social qu'on a
05:53doivent permettre de trouver les solutions.
05:55Il faut qu'on arrête en France, à chaque fois qu'il y a un problème,
05:58de vouloir trouver la solution par une loi, un décret.
06:00Heureusement, les Français ont du bon sens et savent réagir.
06:03Donc, pas question ni d'un droit de retrait, ni d'un congé climatique.
06:09Il y a aussi la question des prix, et des prix à la pompe d'abord.
06:13Ça baisse, le prix du baril baisse beaucoup,
06:17le prix à la pompe baisse un peu,
06:18mais il est encore assez nettement au-dessus du prix d'avant-guerre.
06:22Quand est-ce que, à ceux qui nous écoutent là ce matin,
06:25vous qui faites partie de ces distributeurs,
06:27quand est-ce que ça va revenir à avant ?
06:29Et est-ce que ça va revenir à avant ?
06:30On a connu le pire de la crise, c'était 2,40.
06:33On est à 1,90, ça fait 50 centimes de moins.
06:35On est toujours 20 centimes au-dessus de, j'allais dire, la normale.
06:39Il y a une stabilité, en fait.
06:41Je ne vais pas m'aventurer à faire un pronostic,
06:43parce que vous voyez bien qu'en fonction des déclarations de Trump
06:46et l'évolution du contact géopolitique, ça va varier.
06:48Et ce qui est sûr, c'est que plus on ira vers la stabilité
06:50et l'arrêt d'un conflit,
06:52plus on a de chances de retrouver le prix d'avant.
06:55Et le prix d'avant, il y a encore 20, 30 centimes
06:57qui manquent aujourd'hui pour retrouver...
06:59On peut le retrouver.
07:00On peut le retrouver.
07:01On peut ou on va ?
07:02Si la situation géopolitique est sous contrôle,
07:06on va le retrouver,
07:07puisqu'en fait, c'est les tensions géopolitiques
07:09qui créent effectivement cette tension sur la matière première
07:11et le prix à la licence qui varie.
07:13Mais ce qu'il faut retenir, c'est qu'on l'a expliqué,
07:16on est venu vous le dire, et mes confrères aussi,
07:18c'est un produit d'appel.
07:19Donc, dès que ça baisse, on baissera.
07:21Vous ne ferez pas de la rétention de prix, quoi ?
07:22Non, non, non, non, non.
07:23Vous avez vous-même intérêt à ce que ce prix soit bas ?
07:25Il y a une vraie compétition commerciale.
07:26Vous savez, les Français, ils passent d'un parking à l'autre,
07:29ils voient les prix.
07:30Ils voient sur le totem.
07:30Évidemment, donc on n'a aucun intérêt à le faire.
07:32Et ce qu'on va faire là pour le départ en vacances,
07:34qui arrive là, c'est dans 15 jours,
07:36le 4-5 juillet, on fera une opération prix-coûtant.
07:38C'est-à-dire qu'on vendra vraiment...
07:39Le 4-5 juillet, opération prix-coûtant ?
07:41Dans tous les intermarchés.
07:42Ça veut dire que ça sera à combien à peu près ?
07:44Enfin, je veux dire, ça peut encore baisser d'ici là, mais...
07:46On ne va pas baisser à 1,50, puisqu'on vous l'a expliqué,
07:48c'est 2,3, 1 centime de marge.
07:49Donc, au lieu de 1,88, ce sera peut-être 1,86.
07:52Mais au moins, le consommateur saura que chez nous,
07:55ce sera le prix le plus bas du marché.
07:56Prix-coûtant le week-end du 4-5 juillet.
07:59Emmanuel Lechypre disait qu'il estimait autour du 14 juillet
08:03le fait de pouvoir encore baisser assez.
08:05Est-ce qu'il y aura un autre palier en août ?
08:07On espère qu'en gros, à la rentrée, ce soit terminé.
08:09Ce serait la meilleure des nouvelles pour les Français.
08:13Mais pas pendant l'été.
08:14Ça paraît difficile.
08:15Il va falloir cet été se résoudre à une essence encore...
08:18Il va falloir cet été se résoudre à encore quelque chose
08:20entre 1,61 et 1,90, certainement.
08:21La question des prix, c'est aussi les prix dans les rayons.
08:24Vous avez été accusé, et notamment par cette commission,
08:27mais aussi par les industriels, au fond, de faire du gras
08:32et de pousser les prix.
08:34Que les prix, ce ne seraient pas les industriels, eux,
08:36qui les feraient monter, mais vous, la grande distribution.
08:39Et vous avez décidé de lancer votre propre pub,
08:42en quelque sorte, comme si on avait besoin d'entendre
08:45que c'était vous qui étiez du côté du pouvoir d'achat des Français.
08:50C'est quoi ? C'est du marketing ?
08:52Non, on a très mal vécu ce rapport
08:55qui était très à charge contre la distribution,
08:57qui d'ailleurs annonçait un chiffre faux en disant
09:01sur 100 euros, 40% va à la grande distribution.
09:05Et en fait, ils ont connu que c'est totalement faux.
09:06C'est 40%, 40 euros vont dans tous les secteurs de distribution,
09:10que ce soit les cantines, les restaurants et la grande distribution,
09:13qui lui prend 9 euros.
09:14Et quand on prend 9 euros, à la fin, vous le savez,
09:16il reste moins d'un euro ou un euro.
09:17Donc ce qu'on a voulu depuis lundi,
09:19d'ailleurs mon confrère, le patron de Carrefour,
09:21est venu vous l'expliquer,
09:22et je suis là pour en remettre une couche,
09:24c'est qu'on a voulu apporter de la pédagogie.
09:26C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
09:28et on ne s'adresse pas forcément aux multinationales,
09:29parce que j'ai envie de vous dire,
09:30elles sont dans leur rôle,
09:31elles sont dans leur jeu de vouloir.
09:33On parle de Coca, on parle de Danone,
09:35mais on parle aussi des PME.
09:38Oui, mais notre cible,
09:39elle est sur les grosses multinationales.
09:40Parce que quand on attaque les négociations,
09:42pour vous donner un ordre d'idée,
09:44les petits témoignages d'entreprise,
09:45depuis 2-3 ans,
09:46arrivent avec des hausses de tarifs de 4%.
09:48Toutes les grandes marques arrivent avec des hausses de 8 à 10%.
09:51Donc qu'est-ce qu'on a voulu démontrer depuis lundi ?
09:53On a pris 12 produits.
09:54Les plus connus, vous venez de les citer,
09:56Coca-Cola, Nutella, le Granola.
09:58On a pris le prix qu'on avait acheté en 2021,
10:01et on l'a comparé au prix actuel.
10:03Donc un panier qui coûtait 37 euros,
10:05aujourd'hui, le même consommateur français le paye 51.
10:08Mais on a été plus loin,
10:09on a dit, si on n'avait pas fait la négociation,
10:11combien il aurait payé ?
10:12Et il aurait payé 72 euros.
10:14C'est ce que vous dites,
10:15c'est-à-dire que vous allez désormais
10:17vraiment le dire haut et fort,
10:19vous faites une pub,
10:20vous montrez ce panier
10:21avec les 12 produits de grande consommation
10:23dont vous parliez à l'instant.
10:24Vous dites, avant négociation,
10:26c'était 71,49 euros.
10:28Après vos négociations,
10:29c'est 52,12 euros.
10:31Oui, c'est exactement ça.
10:33Et on part d'un prix qui était à 37.
10:35Parfois, c'est vous qui avez choisi les produits en même temps.
10:37On les a choisis.
10:37J'imagine que c'est ceux qui...
10:39C'est ceux que vous avez réussi à négocier le plus ?
10:41Non, pas forcément,
10:42parce qu'en fait, la moyenne de la négociation,
10:45c'est qu'en général,
10:46on arrive à enlever la moitié du tarif.
10:48Quand on nous propose 5,
10:49on arrive à 2 ou 2,5.
10:50Pourquoi vous faites ça ?
10:51Qu'est-ce que vous redoutez ?
10:52On fait ça parce qu'en fait,
10:53on pense que le politique
10:54a une totale négation de notre métier de négociateur.
10:57Et on trouve ça extrêmement dangereux,
10:59surtout à quelques mois de la présidentielle,
11:01où on se dit, en fait,
11:02si on nous interdit de pouvoir négocier,
11:05ne pas négocier,
11:06c'est avoir des tarifs qui vont être en augmentation
11:09et donc un pouvoir d'achat
11:10qui va être attaqué en France.
11:11C'est-à-dire que le même pot de Nutella aujourd'hui,
11:14au lieu d'être à 6,80 euros,
11:16on va dire en moyenne sur le marché français,
11:18il va passer à 10 euros.
11:19Le Coca-Cola passera à 3 euros au lieu de 2,40.
11:21Donc on veut bien tout,
11:22mais on veut surtout prévenir
11:23que s'ils prennent la mauvaise loi,
11:25on ne veut pas être les responsables de cette inflation,
11:28mais ce seront les politiques...
11:29Là, vous nous parlez de Coca,
11:30vous nous parlez de Nutella,
11:31mais qu'en est-il de la viande française ?
11:33Qu'en est-il des produits français,
11:35des produits frais ?
11:36Alors, on a une autre...
11:37Parce que j'imagine que le Nutella,
11:39il n'y a pas beaucoup qui viennent aux agriculteurs.
11:41et si vous voulez,
11:41c'est là où il y a un sujet,
11:42c'est que cette loi,
11:43elle est là pour répondre à l'urgence agricole.
11:46Donc il faudrait une loi
11:47où on nous impose, par exemple,
11:49la transparence sur le prix payé,
11:51puisque nous, on n'a pas l'achat direct
11:53de toutes les matières premières agricoles,
11:54vous comprenez ?
11:55C'est entre nous et l'agriculteur...
11:56On rappelle comment ça marche.
11:58En gros, il y a trois acteurs.
11:59Il y a la matière première,
12:00c'est-à-dire l'agriculteur,
12:02pour faire vite.
12:02Il y a l'industriel,
12:04c'est-à-dire celui qui transforme
12:05ce produit brut
12:08en produit qu'on achète.
12:10Et ensuite, il y a vous
12:11qui achetez les boîtes de biscuits
12:13ou le pot de Nutella.
12:14OK.
12:16L'industriel,
12:17c'est lui qui négocie avec l'agriculteur.
12:18Vous, vous ne savez pas au départ...
12:21À 80%.
12:21Sauf pour vos propres marques,
12:23des distributeurs,
12:24mais vous ne savez pas, vous,
12:26quelle pression il a mis
12:28sur l'agriculteur au départ.
12:29C'est ça ?
12:29C'est ça.
12:30Et vous demandez à ce que,
12:31quand il vous vend, je ne sais pas moi,
12:32son jambon Erta,
12:33ils vous disent
12:34quelle est la part
12:35qui revient à l'agriculteur.
12:36On demande deux choses.
12:37On demande déjà l'origine.
12:39Le port est-il français
12:40lorsqu'on achète le jambon Erta ?
12:42Ce qui n'est pas le cas,
12:44dans la moitié des cas.
12:45Il est espagnol ou allemand.
12:47Même s'il a marqué le port français ?
12:49Il ne doit pas le mettre
12:50puisqu'il est fabriqué en France.
12:52C'est pour ça qu'il a bleu-blanc-rouge.
12:53C'est que l'abattoir est en France
12:55et l'outil de production est en France.
12:57Mais le port, il peut avoir grandi.
12:58Le port vient d'avant.
13:00Donc c'est pour ça qu'on pousse deux choses.
13:01On dit, il faut être très clair,
13:02il faut une obligation de transparence
13:04vis-à-vis de nos consommateurs.
13:05Donc on veut savoir,
13:06non pas où est fabriqué le produit,
13:08mais d'où vient la matière première.
13:09Donc l'origine info,
13:11ça devrait être quelque chose
13:12qui devrait être obligatoire aujourd'hui.
13:13C'est facultatif.
13:14Et la deuxième chose,
13:15c'est évidemment cette transparence.
13:17Quel est le prix
13:18que Erta paye
13:19auprès de ses producteurs de port ?
13:21On n'a pas cette réalité-là.
13:22Nous, je peux vous en parler,
13:23on a des abattoirs chez Intermarché
13:25et donc on a des contrats
13:26avec des éleveurs bretons ou de France.
13:29Donc vous pouvez faire la comparaison.
13:29On fait la comparaison
13:30et nous, on a des contrats
13:32qui définissent des prix
13:33où justement pour les protéger,
13:34on a calculé le coût de revient
13:37de ce qu'a besoin l'agriculteur pour vivre
13:39et on va le rémunérer au-dessus.
13:40On a parlé d'Erta,
13:41mais ça pourrait être Fleury Michon ou le Gaulois.
13:43Thierry Cotillard,
13:45votre compère,
13:46Alexandre Bompard,
13:48lui, il dit,
13:49donc Carrefour,
13:50il dit que l'inflation
13:50n'augmentera que très peu cette année.
13:52Mais Michel-Edouard Leclerc,
13:53à l'inverse,
13:54dit qu'il va y avoir
13:55une très forte prise de l'inflation.
13:57Vous, vous dites quoi ?
13:58Je ne vais pas me mettre entre les deux.
13:59Je vais vous raconter, nous,
14:00la lecture qu'on a.
14:02Il n'y aura pas d'inflation.
14:03Elle sera maîtrisée.
14:04Elle est en gros autour de 1%
14:06cette année en 2026.
14:07Et en fait,
14:08malgré effectivement
14:09les conflits géopolitiques
14:10et l'inflation qu'on peut avoir
14:11de certains produits,
14:13l'essence, certes,
14:14on ne vit pas le choc
14:15de matières premières
14:17qu'on a connues
14:17pendant la guerre en Ukraine
14:18puisque les matières premières,
14:19notamment agricoles,
14:20n'ont pas explosé.
14:21On n'est pas en pénurie.
14:23Ça veut donc dire
14:23qu'il y a des clauses
14:25dans les contrats
14:25qui prévoient,
14:28avant tout choc,
14:29de revoir le prix
14:30s'il y avait des événements
14:32comme ceux-là.
14:32Et quand on regarde
14:33les clauses,
14:33ce qu'on appelle
14:34des clauses de revoyure,
14:35rien ne s'activera cette année.
14:37Rien ne justifie
14:38qu'elles s'activent ?
14:39Très rare exception.
14:40Certains vous les ont demandé ?
14:41Certains, très rares.
14:42Très rares.
14:43Ceux qui ont un impact fort
14:44comme les minéraliers,
14:45ceux qui vendent de l'eau
14:46puisque le plastique a explosé.
14:48Mais c'est vraiment l'exception.
14:49La généralité aujourd'hui
14:50ne justifie pas une inflation.
14:52Le sujet va venir par contre
14:53en mars 2027
14:55pour les prochaines négociations.
14:56On va y venir
14:57parce que vous voulez rencontrer
14:58les différents candidats
14:59à la présidentielle.
15:00Mais Thierry Cotillard,
15:01sur la question
15:01de la hausse des prix,
15:02la canicule actuelle
15:04va-t-elle avoir
15:04une conséquence aussi
15:05sur le prix
15:06des produits agricoles,
15:08justement,
15:08sur les fruits,
15:09les légumes,
15:09sur la viande ?
15:10Oui, malheureusement.
15:11Parce qu'en fait,
15:12ce qui est en train
15:12de se passer,
15:13c'est qu'on a
15:14des productions
15:15qui sont en train
15:16de baisser.
15:17Hier, j'étais avec
15:18des producteurs de lait
15:19de notre laitrice impaire.
15:22Émilie, Elodie
15:22nous expliquaient
15:23qu'évidemment,
15:24la vache,
15:25elle produit 20%
15:25de lait en moins.
15:26Les conditions d'élevage
15:27sont très difficiles.
15:28Il y aura de la mortalité aussi.
15:30Mais surtout,
15:31pour la production maraîchère,
15:32il y aura des productions
15:33qui ne vont pas sortir de champ
15:34parce qu'on va manquer d'eau.
15:35Donc, le melon
15:36qui aujourd'hui
15:36n'est pas en pénurie,
15:38je vous le dis,
15:38il y a des vrais risques
15:39de pénurie
15:40dans 3-4 semaines
15:41parce qu'on n'en aura plus.
15:43Et à ce moment-là,
15:43les prix vont flamber
15:44puisque l'attente
15:45des Français sera toujours là
15:46pour avoir du melon.
15:47Mais l'offre sera moins.
15:48Donc, on ne va pas être
15:49à 2,60 ou 2,80 le melon.
15:50Mais on risque
15:51d'être beaucoup plus cher.
15:52Vous anticipez donc
15:53à la fois pénurie
15:53et donc,
15:54puisque tension
15:56hausse des prix.
15:56Je le disais,
15:57vous rencontrez
15:57les différents candidats
15:59présidentiels.
16:00Je crois que vous avez
16:00déjà rendez-vous
16:01avec Gabriel Attal.
16:02Vous aurez rendez-vous
16:03avec tous ?
16:03On va tous les voir.
16:06On ne les voit pas
16:07à titre individuel.
16:08Ce n'est pas le patron
16:08de Carrefour
16:09ou d'Intermarché
16:09qui les voit.
16:10C'est le patron...
16:11C'est le patron...
16:13C'est le secteur,
16:14c'est-à-dire la fédération
16:15du commerce
16:16qui les reçoit.
16:17Donc, l'ensemble
16:17des patrons de la distribution
16:18vont recevoir
16:19l'ensemble des partis
16:20de gauche, de droite
16:22et tous les partis
16:23représentés à l'Assemblée nationale.
16:24Y compris LFI, RN.
16:27Y compris RN.
16:28Et on va leur donner
16:28le même temps de parole.
16:29Ça ne vous pose aucun problème ?
16:30C'est-à-dire que vous considérez
16:31désormais qu'il faut traiter
16:32tout le monde pareil ?
16:33On considère que ce sont
16:34des représentants
16:35des Français
16:36et qu'on doit justement
16:38s'adresser à eux
16:39pour leur donner
16:40notre lecture économique
16:41des sujets,
16:42des problèmes,
16:42en espérant qu'ils puissent
16:43apporter une solution.
16:44C'est quoi votre lecture
16:44économique aujourd'hui ?
16:45Vous avez exprimé
16:47que pour vous,
16:48les politiques étaient,
16:48je cite,
16:50déconnectées
16:50de la réalité politique.
16:51Je recevais Patrick Martin,
16:52le patron du MEDEF
16:53il y a deux jours,
16:54qui lui considérait même
16:55que la France décroche,
16:56qu'ils n'ont pas pris
16:57la mesure d'un certain nombre
16:58d'évolutions partout autour,
17:00sauf chez nous.
17:01Quelle est votre lecture à vous ?
17:02Moi, j'ai cette lecture-là.
17:03Je pense qu'il y a
17:03une déconnexion,
17:04il y a une méconnaissance
17:05du monde économique.
17:06C'est souvent des gens
17:07qui n'ont fait carrière
17:08que dans la politique
17:09et jamais dans l'entreprise.
17:10Donc, ces échanges-là,
17:12j'espère leur permettre
17:13de se mettre à niveau.
17:14Donc, on attend plusieurs choses.
17:15La simplification,
17:16on est dans un pays de normes.
17:17On s'attend surtout,
17:19comme un chef d'entreprise,
17:20à s'attaquer à la dette publique
17:21pour qu'on arrête
17:22à chaque fois de demander
17:23un nouvel impôt,
17:24une nouvelle taxe
17:25pour solutionner
17:26le déficit budgétaire.
17:27Et puis, j'aimerais bien
17:28que ces politiques
17:28aient la vision qu'on a, nous,
17:29de chef d'entreprise,
17:30c'est-à-dire des plans de croissance.
17:32J'ai commencé l'intervention
17:33en disant qu'il faut un plan
17:34de relance de la construction.
17:35Il faut aussi faire
17:36de l'alimentation
17:37une cause nationale
17:38pour être sûr
17:39que nos agriculteurs en vivent.
17:40Mais ça veut dire quoi,
17:40faire de l'alimentation
17:41une cause nationale ?
17:42Je veux dire,
17:42au-delà du slogan ?
17:43Eh bien, que le ministre
17:44de l'Éducation travaille
17:47avec le ministère de l'Agriculture
17:48pour qu'on ait des cours
17:49dans les écoles
17:50pour enseigner les fruits de saison,
17:52pour réexpliquer
17:53que le produit ultra transformé
17:54peut être dangereux
17:55pour sa santé.
17:56Mais est-ce que tout ça
17:56n'a pas été déjà un peu fait ?
17:58Les cinq fruits et légumes par jour ?
18:00Non, on ne l'a pas assez fait
18:00puisqu'on a passé aussi
18:01notre temps
18:02avec les derniers gouvernements
18:03à voir les ministères.
18:04C'est des projets
18:04qui sont à l'étude
18:05et il faut absolument
18:06que ce soit mis en haut
18:06de la pile
18:07pour le programme présidentiel
18:08de 2027.
18:09Comment va le loup ?
18:10Le loup va bien.
18:11Il a rendu visite
18:12à certains enfants malades
18:14dans les hôpitaux.
18:15On est très contents
18:15de cette sortie.
18:16Ça leur a fait du bien.
18:17Merci beaucoup Thierry Cotillard
18:18d'avoir répondu
18:19à mes questions ce matin.
18:20Président du groupement
18:21Les Mousquetaires,
18:22Intermarché,
18:23Bricomarché, Neto et autres.
18:24Vous êtes bien sur RMC,
18:25BFM TV.
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