00:01RTL, le monde en marche.
00:03Avec William Gallibert, bonjour William.
00:04Bonjour.
00:05Énorme scandale de corruption en Espagne au sein même du gouvernement
00:08et c'est l'ancien bras droit du Premier ministre Pedro Sanchez
00:11qui vient tout juste d'être condamné.
00:13Oui, et promis, je ne vais pas vous perdre dans les méandres de la vie politique espagnole
00:16mais je vais vous raconter l'essentiel des contrats véreux,
00:20un ministre qui touche des pots de vin
00:21et qui distribue des appartements et des emplois fictifs à sa maîtresse,
00:25entre autres Joyeuseté.
00:26Mais surtout, je voulais vous raconter ce matin la sanction exemplaire.
00:29Pas la petite tape sur les doigts, la peine avec sursis
00:32et le politique qui revient avec un air grave, un bouquin à vendre
00:36et qui vient dire un matin à la radio
00:38« Vous savez, j'ai eu le temps de réfléchir. »
00:42Le temps de l'introspection.
00:43Et je peux vous le dire, M. Soto, j'ai changé.
00:48José Luis Sabalos, ancien ministre des Transports,
00:51ancien poids lourd du Parti Socialiste Espagnol,
00:53vient d'être condamné à 24 ans de prison.
00:5624 ans.
00:57Son ancien conseiller, Koldo Garcia, a 19 ans de prison
01:01et l'un des intermédiaires qui a tout balancé,
01:04lui a négocié avec la justice pour éviter l'incarcération.
01:06Mais si les peines sont aussi lourdes,
01:08ce n'est pas seulement parce qu'il y a beaucoup d'argent en jeu,
01:10c'est parce que pour la Cour suprême espagnole,
01:12cette affaire touche à quelque chose de profond.
01:14Un ministre, c'est l'État.
01:16Un conseiller ministériel, c'est encore l'État.
01:18Dans sa décision, qu'on lit ce matin dans la presse espagnole,
01:21la Cour parle d'une organisation criminelle au sein du gouvernement,
01:25d'une corruption qui provoque, je cite,
01:27une grave détérioration de la confiance citoyenne dans le système politique
01:32et qui sape la démocratie.
01:34Bon, si on regarde d'un peu plus près,
01:36ce sont donc des contrats publics qui étaient truqués.
01:39En plein Covid, quand tout le monde cherchait des masques,
01:41parfois jusque sur le tarmac des aéroports
01:44ou sur le parking des usines chinoises, vous vous rappelez,
01:46le ministre s'est servi au passage
01:48et il a négocié un salaire de corruption,
01:5110 000 euros par mois pour ses frais.
01:53Il a aussi négocié un appartement pour sa maîtresse, Jessica,
01:57en plein cœur de Madrid, loyer 2700 euros.
01:59Il lui a également trouvé un emploi dans des entreprises publiques.
02:03Elle y est allée deux fois,
02:04une fois pour l'entretien,
02:06une autre fois pour récupérer un ordinateur.
02:08Ensuite, elle attendait simplement que le salaire tombe.
02:11Et puis, il y a les vacances, à Marbella,
02:13pas avec sa maîtresse là, mais avec sa femme et ses enfants,
02:178 000 euros en liquide donnés par une compagnie aérienne
02:20que son ministère venait d'aider à renflouer.
02:22Tout cela, bien sûr, avec la bouse Pedro Sanchez,
02:24le Premier ministre, qui se présentait,
02:26quand il est arrivé, comme le chantre de la lutte anticorruption
02:29et qui se retrouve avec des amis anciens ministres en prison,
02:32mais aussi avec sa femme, Bégonia, bientôt jugée pour corruption,
02:35et son frère, David, qui attend son jugement
02:37dans une affaire de trafic d'influence.
02:39Et vous l'avez compris, l'Espagne
02:41a décidé de ne plus rien laisser passer.
02:43Le Monde en Marche, signé William Galibert.
02:45Merci beaucoup, William.
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