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  • il y a 4 mois
Chaque matin dans son édito, Alexis Brezet revient sur l'actualité politique du jour. Ce matin, le pré-rapport des inspections générales de la gendarmerie et de la justice sur les circonstances qui ont conduit à la mort de Lyhanna.

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Transcription
00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Alexis Brasel.
00:03Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:04Alexis, le pré-rapport des inspections générales de la gendarmerie et de la justice sur les circonstances
00:09ayant conduit à la mort de Liana a donc été publié hier. Qu'est-ce qu'il nous apprend ?
00:13Rien Dimitri, rien que nous ne sachions déjà, rien que nous n'ayons dit sur cette antenne.
00:19Oui, la justice manque de moyens, oui, ses méthodes sont totalement archaïques,
00:23mais en l'espèce ce n'est pas le sujet.
00:25La mort de Liana est le produit d'une défaillance humaine, ou plutôt d'une série de défaillances humaines.
00:32Si un certain nombre de gendarmes et de juges bien identifiés avaient fait correctement leur métier,
00:38s'ils n'avaient pas placé le dossier sous la pile, s'ils n'avaient pas reporté au lendemain le
00:42moment de s'en occuper,
00:43eh bien la tragédie aurait pu être évitée.
00:46Alors ce qui est nouveau, c'est que maintenant c'est le Premier ministre qui le dit, et sans mâcher
00:50ses mots.
00:51Une succession d'erreurs, de négligences, d'inactions et de mauvaises décisions.
00:56On croirait lire du Marc Bloch, analysant les causes de notre étrange défaite,
01:00et pourtant séduit le corps nu.
01:02C'est fort, c'est net, c'est clair, mais gare.
01:05Jamais aucun rapport n'abolira la colère des Français.
01:09Elle sera au contraire décuplée, s'il n'est pas traité au fond la question des responsabilités.
01:15Et vous en doutez, Alexine ?
01:17S'agissant des gendarmes, deux mutations d'office ont été prononcées hier par Laurent Nunez.
01:22C'est un modeste début.
01:24Pour ce qui est des magistrats, Gérald Darmanin, parce qu'il ne peut pas faire plus,
01:28annonce une simple enquête administrative contre une substitue.
01:32Bon, c'est pas la foudre non plus.
01:34On nous dit que les vraies sanctions individuelles tomberont dans trois mois.
01:38Peut-être, peut-être, nous verrons bien.
01:39Mais pour l'instant, on a surtout le sentiment d'assister à un film qu'on nous a joué cent
01:45fois.
01:45D'abord, la séquence émotion.
01:47Un drame horrible s'est produit, la France entière est sous le choc.
01:50Puis, la séquence indignation.
01:52Mais comment a-t-on pu laisser faire cela ?
01:55Puis, la séquence investigation.
01:57Nous allons faire toute la lumière, afin que jamais de tels faits ne se reproduisent.
02:01Vient le moment de la publication du rapport.
02:04Toutes les conséquences collectives et individuelles seront tirées.
02:07Il y aura un avant et un après.
02:09Et puis, et puis, et puis plus rien.
02:12Il manque toujours le dernier épisode qui, logiquement, devrait clore ce mauvais feuilleton, celui des sanctions.
02:21Car après de tels désastres, il ne se passe jamais rien.
02:25Personne n'est sanctionné.
02:26En 15 ans, et Bruno Retailleau a eu parfaitement de le dire, puisque c'est vrai,
02:30le Conseil supérieur de la magistrature n'a condamné qu'un seul magistrat sur saisine d'un citoyen.
02:37Les autres, 5 ou 6 parents, l'ont été, formulement, sur saisine du ministre,
02:42le plus souvent pour des délices ordinaires de droit commun, pas pour des fautes professionnelles.
02:46C'est ce que dénonçait hier matin, à ce micro, face à Laurence Ferrari, la mère du jeune Elias, admirable
02:53de dignité.
02:54Et bien cela, ça ne peut plus durer.
02:56Et ce n'est pas, selon vous, céder à la tentation du bouc émissaire.
03:00Mais les mots ont un sens, Dimitri.
03:01Un bouc émissaire, c'est quoi ?
03:02C'est un innocent à qui l'on fait porter le poids d'une faute collective.
03:07Là, c'est tout le contraire.
03:08Les magistrats, les gendarmes dont nous parlons, sont présumés coupables de fautes bien réelles,
03:12dont l'enquête nous explique qu'elles sont individuelles.
03:15Tout le monde est responsable de ces actes dans ce pays.
03:17Les simples citoyens, les chefs d'entreprise, les hommes politiques.
03:20Et Dieu sait que la justice s'intéresse à certains d'entre eux.
03:23Mais pourquoi les magistrats seraient-ils les seuls à ne pas l'être ?
03:27On parle beaucoup d'État de droit ces temps-ci.
03:30Généralement, pour interdire à Jordan Bardella, Éric Zemmour ou Bruno Retailleau
03:34de recourir à des solutions réputées populistes,
03:37parce qu'elles correspondent un peu trop aux souhaits des électeurs.
03:41Bizarrement, il y a une disposition qu'on n'évoque jamais.
03:44C'est l'article 15 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
03:51La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration,
03:58à tout agent public de son administration.
04:02Quand il s'agit des victimes, peut-être serait-il temps pour la justice
04:06de songer à respecter l'État de droit.
04:08L'édito politique sur Europe 1.
04:10Merci Alexis Brézé.
04:11La Une du Figaro, ce matin, justement consacrée à Liana,
04:14après le rapport accablant.
04:15Quelles sanctions ? Point d'interrogation.
04:17Merci beaucoup Alexis, bonne journée à vous.

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