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  • il y a 2 mois
Réélu président de l'Association des maires et présidents d'intercommunalité de la Loire, Yves Nicolin représente aujourd'hui près de 320 communes ligériennes. Simplification administrative, accompagnement des élus et place des maires dans les décisions publiques : il évoque les grands défis auxquels sont confrontées les collectivités locales.

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Transcription
00:08Générique
00:14Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue, 7 minutes chrono, toujours à la rencontre des élus ligériens,
00:19après avoir parlé de Rouen et de Rouen et Agglomération hier avec le maire-président Yves Nicolin.
00:24Nous parlons aujourd'hui de l'association des maires et présidents d'intercommunalité de la Loire,
00:28présidée par Yves Nicolin qui nous retrouve aujourd'hui pour un deuxième 7 minutes chrono.
00:32Yves Nicolin, bonjour.
00:33Dans quelques jours, le 25 juin, aura lieu au Parc-Expo de Saint-Etienne le congrès des maires de la
00:37Loire,
00:37premier congrès depuis l'élection municipale de mars dernier.
00:42On peut rappeler à nos téléspectateurs ce qu'est cette association des maires et présidents d'intercommunalité,
00:48quel est le but, quel est l'objectif de cette association ?
00:51Alors d'abord, il y a une association nationale qui s'appelle l'AMF,
00:53qui est présidée par David Glissnard, qui est le maire de Cannes,
00:55et qui est là pour défendre effectivement les maires, les communes et les intercommunalités.
01:00Et c'est l'interlocuteur, un des interlocuteurs privilégiés des gouvernements,
01:03du Parlement également, à chaque fois qu'il y a à légiférer sur le domaine des collectivités,
01:08chaque fois qu'on parle de finances pour les collectivités, c'est l'AMF.
01:11Et dans chaque département, il y a une association des élus,
01:14donc l'AMF 42 en l'occurrence, qui rassemble 320 communes, 319 sont adhérentes,
01:20qui n'est qu'une seule commune qui n'est pas encore adhérente aujourd'hui.
01:24Et notre objectif, c'est de faire remonter aux services préfectoraux ou au ministère,
01:28donc des problématiques que nous rencontrons en tant qu'élus,
01:31quelle que soit la taille des communes, quelle que soit la philosophie politique,
01:34on est là pour travailler ensemble.
01:36Et cette association que je préside,
01:38elle regroupe une quarantaine d'élus qui sont issus des différents arrondissements
01:43pour défendre nos intérêts.
01:44– Vous aviez pris la présidence après Hervé Reynaud,
01:48contraint de la céder après les élections sénatoriales.
01:51Le fait de représenter comme ça les élus locaux,
01:54on parlera des combats parce qu'il y en a beaucoup,
01:57c'est aussi dire, on est là, comptez sur nous,
02:00on existe en tant que commune,
02:02on sait qu'il y a une défiance entre les maires
02:04et en général la présidence de la République.
02:06L'objectif, c'est de faire entendre la voix et de dire, on est là.
02:09– Oui, parce que si vous voulez,
02:10c'est nous qui sommes le premier échelon démocratique en France,
02:14c'est sur nous que reposent beaucoup de choses.
02:16Quand il y a eu le Covid, qu'est-ce qui a organisé ?
02:18Les centres de dépistage, les centres de vaccination,
02:20ce sont les maires qui ont été là
02:21parce que l'État était incapable de le faire tout seul.
02:24Mais comme aujourd'hui on parle par exemple de canicule,
02:26c'est nous qui organisons tout cela sur nos territoires,
02:30bien sûr avec des instructions préfectorales,
02:32avec des cellules de crise à l'Élysée,
02:35mais dans le quotidien, sur le terrain, ce sont les maires
02:39et ce sont les maires aussi de chaque commune
02:41qui organise le quotidien des habitants.
02:43Moi j'ai toujours tendance à dire que le maire, la mairie,
02:48on s'intéresse aux gens de la naissance au décès,
02:51c'est-à-dire que vous ayez la naissance, la déclaration…
02:53– Et c'est ce que dit Jean-Gibbert au département aussi.
02:54– Oui, mais sauf que lui, ce n'est pas lui qui tient l'État civil,
02:57ce n'est pas lui qui tient les cimetières,
02:58ce n'est pas lui qui s'occupe des écoles,
02:59certes il s'occupe des collèges,
03:01mais tout ce qui est culturel, tout ce qui est sportif,
03:04tout ce qui est ville,
03:05aujourd'hui vous êtes ici, on est dans un bâtiment,
03:08c'est le maire qui a décidé de la constructibilité de ce bâtiment au départ,
03:12lorsque vous avez l'eau, l'électricité, le ramassage des ordures,
03:15ce sont les maires qui décident de tout cela.
03:17Donc c'est vraiment la vie du quotidien des Français
03:19qui est organisée par les maires.
03:20– Pour les élections municipales de mars dernier,
03:22on a beaucoup parlé de désamour pour la fonction de maire,
03:25alors quatre communes dans la Loire par exemple n'avaient pas de candidats,
03:27et pourtant dans d'autres communes,
03:28on a vu qu'il y avait pléthore de candidats,
03:30que les combats étaient acharnés pour les élections municipales,
03:32est-ce qu'on peut dire aujourd'hui que la fonction intéresse encore ou peu ?
03:36Moi j'ai l'impression qu'on a encore beaucoup de monde
03:38qui s'intéresse à la chose publique en niveau local.
03:40– Alors je pense que, d'abord il faut distinguer les toutes petites communes
03:43pour lesquelles effectivement il y a eu quand même
03:45une immense majorité de listes uniques.
03:48Alors c'était dû aussi au fait qu'il y avait pour la première fois
03:51donc des listes paritaires,
03:53donc un homme, une femme, un homme, une femme,
03:55et que ce n'a pas été facile dans toutes les communes de pouvoir monter cela.
03:58Et puis donc les grandes communes où là il y a des vrais combats politiques,
04:02généralement, alors après il y a aussi quelques exceptions,
04:05il y a des grandes villes où il n'y avait pas eu de concurrence,
04:08mais ça ce n'était pas dans la Loire,
04:10et puis au contraire des petits villages,
04:12je pense à Saint-Germain-les-Pinaces,
04:13où là il y a eu plusieurs listes qui se sont présentées.
04:17Mais grosso modo, 50% des maires sortants se sont représentées,
04:21ce qui était à peu près équivalent aux autres fournées.
04:23– Il n'y a pas eu de phénomène particulier.
04:24– Non, il n'y a pas eu de phénomène.
04:26Par contre c'est vrai que c'est un mandat qui est très prenant,
04:29qui est très fatigant,
04:30il y a des maires qui sont sous pression,
04:31il y a des maires qui sont agressés, qui sont insultés,
04:34donc ça il faut lutter contre cela bien évidemment,
04:36et il faut rappeler que l'élu n'est pas,
04:39je dirais un peu de jingball,
04:40c'est vrai qu'on dit souvent que le maire c'est l'élu qui est à portée de baffe,
04:43mais il ne faudrait peut-être pas que ça rentre dans la réalité,
04:45parce qu'au contraire c'est celui qui résout les problèmes des gens.
04:48– On dit beaucoup que les maires servent souvent de laboratoire des bonnes idées,
04:51c'est-à-dire qu'à l'échelle locale,
04:53on arrive à développer des systèmes qui peuvent s'aimer,
04:55ou en tout cas inspirer d'autres collectivités,
04:57voire même l'État, est-ce que l'État doit mieux prendre en compte
05:01ce qui se passe localement et s'en inspirer ?
05:03– Évidemment, alors d'abord on a une particularité,
05:05c'est que la Constitution nous donne ce qu'on appelle la libre administration,
05:08c'est-à-dire qu'on a une compétence générale,
05:10cette compétence générale c'est qu'une commune peut s'occuper de tout,
05:13alors elle n'est pas obligée,
05:14mais elle doit d'abord le faire pour certaines choses
05:16qui sont obligées par la loi,
05:18mais si on veut s'occuper de culture,
05:20si on veut s'occuper de sport,
05:21si on veut s'occuper d'environnement,
05:23on peut le faire.
05:24Par contre vous avez raison de souligner que l'État,
05:26et je ne parle pas de nos préfets locaux,
05:29mais l'État en général et notamment au sommet de l'État,
05:31on néglige trop souvent les communes alors qu'on en a besoin.
05:35Et à un moment donné, le président de la République
05:36avait voulu mettre en place ce qu'on appelle le couple maire-préfet.
05:39Alors ça a été mis en place au moment où l'État en avait besoin.
05:41On aimerait que ce soit plus le cas en permanence,
05:44parce qu'on peut être très utile effectivement au service de l'État.
05:47– On parle finance, on en a parlé hier,
05:50on sait qu'aujourd'hui tous les maires,
05:52quels qu'ils soient, sont confrontés aux problématiques de financement.
05:54C'est une réelle inquiétude, que faut-il faire d'après vous
05:57pour que les communes puissent respirer ?
05:59Alors on sait que l'État est à la gorge en termes de budget.
06:03Est-ce qu'aujourd'hui on peut alléger un petit peu
06:06la pression des communes en termes de finances ?
06:09– Alors je dirais que les finances,
06:10à la limite on a pris l'habitude, on fait avec.
06:13– Oui mais à force.
06:14– Par contre nous ce qui nous gêne beaucoup plus,
06:16c'est la prolifération des normes, des circulaires.
06:19Le maire d'une commune de 100 habitants,
06:21il reçoit le même nombre de circulaires que le maire de Saint-Étienne
06:23et il n'a pas les outils, les personnels pour pouvoir digérer tout cela.
06:27Donc nous par exemple, l'association, on est là aussi pour accompagner les maires
06:30quand ils ont des questions juridiques,
06:32quand ils ont des interrogations administratives.
06:35Nous avons aussi par exemple, dans n'importe quelle entreprise,
06:37vous avez un service RH, dans les toutes petites communes ça n'existe pas.
06:40– Vous servez de back office ?
06:42– Alors pas l'association, mais là c'est le centre départemental de gestion
06:44qui est le service RH des communes pour justement les accompagner.
06:48Nous ce qu'on aimerait, c'est juste que l'État arrête son délire normatif
06:53et nous laisse un peu plus tranquille.
06:55– Simplifiez-nous la vie, c'est ce que vous avez dit au progrès il y a quelques jours maintenant.
06:59– Merci beaucoup Yves-Nicolas, je rappelle donc que le congrès de l'AMF 42
07:01aura lieu dans quelques jours à Saint-Étienne
07:04et puis que Rouen accueillera par ailleurs le congrès des villes de France
07:06les 2 et 3 juillet prochains.
07:08– Tout à fait, 1er et 2 juillet.
07:09– 1er et 2 juillet, pardonnez-moi.
07:10Merci d'être venu passer ces deux émissions en notre compagnie,
07:13merci à vous de nous avoir suivis, on se retrouve demain, même heure, sur TL7, à demain.
07:18– Sous-titrage ST' 501

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