00:00– Sous-titrage ST' 501
00:15– Bonjour à tous, bienvenue, 7 minutes chrono tous les jours sur TL7,
00:18la parole aux personnalités du département de la Loire.
00:20Nous parlons aujourd'hui des maires à nouveau sollicités
00:23pour organiser à la dernière minute un nouveau scrutin
00:26depuis la décision d'Emmanuel Macron de dissoudre l'Assemblée Nationale
00:29et de procéder à de nouvelles élections législatives.
00:32Comment s'organise-t-on dans les mairies du département ?
00:35C'est ce que nous allons voir avec Denis Bariol qui est maire de Genilac
00:39et secrétaire général de l'AMF, l'association des maires
00:42et des présidents d'intercommunalité de la Loire.
00:45Denis Bariol, bonjour. – Bonjour.
00:47– Merci d'être venu nous voir aujourd'hui,
00:48on a beaucoup parlé dans les médias de cette organisation,
00:51de cette agilité nécessaire des maires pour rouvrir des bureaux de vote
00:55les 30 juin et 7 juillet prochains,
00:58est-ce que c'est véritablement une difficulté que rencontrent les élus aujourd'hui
01:01d'organiser ces élections anticipées ?
01:04– Je ne dirais pas que c'est une difficulté,
01:05d'abord c'est un devoir républicain, on a l'habitude de le faire,
01:09la difficulté c'est peut-être effectivement la course contre la montre
01:12qu'on doit mener, mais j'ai envie de dire,
01:14à chaque fois qu'on met les pieds dans notre mairie, c'est ce qu'on fait.
01:16Alors bien sûr pas sur le sujet des élections,
01:18mais au quotidien on ne fait que ça, s'adapter aux situations particulières,
01:21donc voilà, un peu plus, un peu moins, on y est.
01:23– Des situations cocasses que ça a pu engendrer évidemment d'organiser des scrutins
01:26alors qu'évidemment les salles en général, les salles communales
01:29sont plutôt réquisitionnées pour des kermesses, des fêtes de famille, etc.
01:32à cette époque-là ?
01:33– En fait on a autant de situations qu'on a de communes en fait,
01:36donc effectivement, je discutais récemment avec le maire de Saint-Cyprien
01:39qui a eu une difficulté, il a dû effectivement demander
01:42de faire un déport sur un de ses bureaux de vote,
01:44j'ai le maire de Saloire par exemple aussi qui m'a expliqué
01:47qu'il avait un événement de commémoration de libération de son territoire
01:51qui doit être déporté d'une année, voilà on a des situations particulières,
01:54des surcoûts aussi dans certaines communes,
01:56mais en réalité on n'a pas de grosses problématiques,
01:59j'ai envie de dire qu'à l'AMF Loire on appuie sur tous ces sujets,
02:03l'AMF Nationale d'ailleurs l'a bien précisé dans un communiqué de presse
02:05qu'elle avait fait juste après l'annonce,
02:08et jusqu'à ce jour on n'a pas d'annonce de demande catastrophique
02:12qui vienne paniquer.
02:13– Oui, on ne vous appelle pas, on ne tire pas la sonnette d'alarme
02:15parce que ces élections sont impossibles à organiser sur certains territoires.
02:18– Non.
02:19– Comment ont réagi les élus que vous êtes,
02:22vous vous êtes rencontrés il n'y a pas très longtemps d'ailleurs au sein de l'AMF,
02:24comment ont réagi les élus au moment de l'annonce de la dissolution ?
02:27Sans parler politique évidemment, parce qu'on est soumis au temps de parole etc.
02:31Mais comment ont réagi les élus, les maires à cette dissolution spontanée ?
02:35– Je dirais, on va gérer comme d'habitude.
02:38– Oui.
02:39– Parce que finalement c'est ce qu'on fait au quotidien,
02:41à la fois, je le disais tout à l'heure, s'adapter,
02:43mais c'est encore la réalité qui est la nôtre aujourd'hui, s'adapter.
02:48Donc les élections on doit les organiser, vous savez j'ai envie de dire,
02:52on a beaucoup d'incertitudes dans ces élections,
02:53et je n'irai pas sur les sujets politiques évidemment.
02:56Mais il y a une chose dont je suis certain, c'est que le 30 juin et le 7 juillet,
03:00les élections vont être organisées, et elles vont être organisées par qui ?
03:03Comme d'habitude, c'est les fantassins de la République,
03:05c'est-à-dire ce que j'appelle l'armée de l'ombre de la République,
03:08c'est-à-dire les maires, leurs équipes et puis des citoyens,
03:11parce qu'il reste quand même quelques citoyens impliqués, heureusement.
03:13– Oui, et qu'est-ce qu'il faudrait faire pour qu'on s'implique peut-être davantage
03:16sur l'organisation et sur la manière dont le processus électoral fonctionne dans notre pays ?
03:22– J'ai coutume de dire qu'aujourd'hui, c'est sociétal en fait,
03:24ce n'est pas lié à la rapidité du scrutin, alors ce n'est pas tout à fait vrai,
03:27parce que la rapidité du scrutin, vous aviez, au-delà des salles parfois occupées,
03:30des gens qui avaient des vacances, des anniversaires,
03:32et qui ont des contraintes qui ne peuvent pas décaler.
03:36Mais de façon plus sociétale, j'ai envie de dire plus profonde,
03:38je dis souvent que l'insulte a remplacé l'argument dans notre société,
03:41la caricature souvent remplace le raisonnement en fait,
03:43et puis vous avez un autre sujet, moi qui m'amuse beaucoup en fait,
03:45c'est que vous avez le donneur de leçons, celui que j'appelle l'expert Google en fait,
03:48celui qui a un maire qui travaille sur son dossier depuis des années,
03:52va travailler 10 minutes sur Google,
03:54retrouver trois éléments de texte réglementaires
03:56et lui expliquer comment il faut faire,
03:57démocratiquement ça ne me pose aucune difficulté,
03:58mais ça c'est aujourd'hui extrêmement commun, tous les collègues le connaissent,
04:02ce donneur de leçons-là aujourd'hui, ce n'est pas forcément un citoyen impliqué,
04:05on l'attend, on a besoin de lui, j'aimerais bien le voir.
04:07– Vous qui êtes un amoureux des institutions,
04:09et de l'histoire aussi des institutions,
04:11vous constatez un délitement de plus en plus fort
04:14du rapport, de l'engagement, des rapports aux institutions ?
04:18– Je dirais que l'organisation des élections ou l'implication,
04:22la vérité c'est qu'elle se repose quand même toujours
04:24sur une petite minorité qui s'implique, mais ça c'est valable partout,
04:27aujourd'hui j'ai encore des citoyens très impliqués,
04:29mais je trouve quand même que les gens se reposent toujours sur les mêmes,
04:33c'est ça qui est quand même difficile,
04:35et ce vilier peut-être quand même moins important,
04:37mais ceci dit, venez à un conseil municipal,
04:40il est public, il est ouvert, il n'y a jamais personne en conseil municipal,
04:42très peu de publics, c'est regrettable, c'est vraiment dommage,
04:45c'est la même chose.
04:46– Quelle est le moral des troupes chez les maires aujourd'hui,
04:50à des rangs de l'AMF 42, on a un peu plus de mi-mandat aujourd'hui ?
04:54– Je pense qu'il y a une forme de fatigue quand même,
04:58l'implication reste la même, la passion reste la même,
05:00ce qui me remonte souvent du terrain,
05:02et j'ai testé plusieurs fois l'argument, ça m'est beaucoup remonté,
05:04y compris d'ailleurs à l'Assemblée Générale qu'on a eue récemment,
05:08vous le disiez tout à l'heure,
05:10c'est le sentiment maintenant d'être vraiment beaucoup plus,
05:12je ne dirais pas agressé, en tout cas les gens sont plus tendus qu'auparavant,
05:15ça c'est indubitable, ça me remonte de partout,
05:17les gens sont plus exaspérés, il y a une tension dans la société,
05:19c'est clair, et nous on est en première ligne.
05:21– Et vous constatez que ça reste un mandat si particulier,
05:24au vu de ce qui se passe encore aujourd'hui,
05:26j'ai l'impression qu'on n'est pas au bout de ce climat agité,
05:30c'est véritablement un mandat qui restera unique,
05:32vous êtes très spécial.
05:33– Oui, je souris parce que j'ai souvent mon équipe,
05:35ça s'appelle Jeunilac, à qui j'avais dit quand on est reparti en 2020,
05:38vous verrez ce mandat va être beaucoup plus calme que le précédent,
05:40on avait fait plein de choses,
05:42et souvent ils le redisent avec beaucoup d'humour,
05:43on en sourit beaucoup ensemble, c'est pour ça que j'ai souri également,
05:46parce qu'effectivement on a commencé par la crise Covid,
05:48quand on voit le nombre de crises qu'on a subies depuis,
05:50y compris celle-là,
05:51je pense qu'il y a quand même une inquiétude aussi des élus républicains,
05:54on a quand même une inquiétude sur la situation de notre pays,
05:56encore une fois je ne rentre pas dans le sujet politique,
05:58surtout pas au niveau de l'AMF où on écoute absolument toutes les sensibilités,
06:02donc ce n'est pas mon rôle,
06:03mais il y a une vraie inquiétude, j'ai envie de dire,
06:05véritablement pour le fonctionnement démocratique de notre pays,
06:08bon on est là, on tient bon,
06:09mais je ne peux pas dire que les gens soient complètement sereins,
06:12y compris les élus.
06:12– Ça pourrait poser des problèmes pour les prochaines élections municipales ?
06:16– Je ne sais pas, là vraiment c'est très difficile à dire,
06:18moi j'ai toujours un grand espoir dans les citoyens et l'homme en particulier,
06:21c'est quelque chose auquel je suis très attaché,
06:23je me dis qu'il peut toujours y avoir un sursaut,
06:24vous savez parfois il faut des crises,
06:26pour qu'il en sorte quelque chose de bon.
06:27– Parfait, merci beaucoup Denis Bariol d'être venu nous voir aujourd'hui,
06:30vous reviendrez nous parler de Jeunilac et on fera le bilan de votre action.
06:34– Avec grand plaisir.
06:34– A Jeunilac il y a des choses à dire, merci de nous avoir suivis,
06:37je rappelle également que vous êtes secrétaire départementale de l'AMF 42,
06:41l'association des maires et présidents d'intercommunalité,
06:43et que les élections législatives auront lieu les 30 juin et 7 juillet prochains
06:47dans toutes les communes de la Loire qui se mobilisent pour ouvrir les bureaux de vote.
06:51Voilà, merci de nous avoir suivis, on se retrouve demain sur TLC, à demain.
06:55– Sous-titrage ST' 501
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