00:00Pour moi, aujourd'hui, au point où nous en sommes arrivés, dans un modèle qui est à bout de souffle,
00:05il y a trois priorités absolues.
00:07Et je ne parle pas en secteur en vous disant qu'il y a la médecine, la santé.
00:10Non, il y a trois priorités absolues pour la nation française.
00:14La première, c'est l'appauvrissement de la nation française.
00:17On le voit en tout.
00:18On le voit dans les services publics, on le voit dans les salaires,
00:21on le voit dans la difficulté des gens à boucler les fins de mois.
00:23La réponse, c'est quoi ?
00:24C'est plus de travail, c'est de la liberté pour les entreprises
00:28et c'est le retrait de l'État d'un certain nombre d'activités économiques.
00:32La deuxième priorité, c'est l'autorité de l'État.
00:35Et l'autorité de l'État ne pourra pas être rétablie
00:37si vous ne rétablissez pas des chaînes de commandement claires,
00:40si vous ne clarifiez pas l'organisation politique du pays.
00:43Aujourd'hui, vous avez cinq, six échelons différents.
00:45Moi, j'en propose trois.
00:46L'État, la région, la commune, rien d'autre.
00:50Si vous ne mettez pas fin au fonctionnement de la haute fonction publique
00:54telle qu'elle existe aujourd'hui, où personne n'est jamais responsable de rien,
00:56c'est des gens, ils sont recasés.
00:57Moi, j'ai démissionné de la haute fonction publique.
00:59Mais tout le monde devrait faire la même chose quand il fait de la politique.
01:02Et cette manière que l'on a de replacer les uns et les autres
01:05dans des différents postes sans que jamais personne ne rende de compte
01:08sur ce qu'il a fait, est insupportable pour les Français.
01:12Je termine juste sur la troisième priorité, c'est l'Allemagne.
01:15Parce que nous voyons bien aujourd'hui que nous sommes en train
01:18de nous éloigner des Allemands, donc nous éloigner d'une construction européenne
01:22qui est pourtant la seule protection possible face à la Chine et face aux États-Unis.
01:25– Non, non, mais ce que vient de dire Bruno Le Maire, ça nous rattache justement,
01:29vous avez défini trois priorités, à l'actualité du jour.
01:32Et dans un domaine que vous connaissez bien, qui est celui de la justice, le Conseil.
01:35Le rapport qui a été rendu sur, malheureusement, le drame de Liana.
01:40Que dit Sébastien Lecornu ?
01:41La chaîne de protection a failli.
01:44Succession d'erreurs, de négligence, d'inaction et de mauvaise décision.
01:48Et on regarde, notamment du côté de Hauche, que ce n'est pas une question de moyens.
01:53Mais donc on se dit, mais là, puisqu'on est dans le service public,
01:56chaîne de protection, succession d'erreurs, est-ce qu'il y aura des sanctions ?
01:59Est-ce que quelqu'un sera responsable ?
02:01Il n'est pas question de trouver un bouc émissaire, de dire ensuite,
02:04et de dire, vous voyez, on a sanctionné.
02:05Mais simplement de dire, malheureusement, ça a conduit à la mort d'une petite fille,
02:12et c'est la machine de l'État qui s'est ratée.
02:15Bien sûr.
02:15Parce que là, ensuite, on nous dit, là, c'est le pré-rapport,
02:17il y aura des enquêtes administratives pour manquement professionnel.
02:20La logique du bouc émissaire, je l'ai bien connue, c'était rappelé par Charles Consigny.
02:24On a dit, voilà, les 1 000 milliards d'euros de dettes, c'est Bono Le Maire, donc on dégage.
02:28D'accord, Bono Le Maire est parti, et au bout du compte,
02:31on a 1 250 milliards d'euros de dettes aujourd'hui.
02:33Le problème n'est toujours pas réglé, parce qu'on n'a pas voulu voir.
02:35Les responsabilités d'un modèle social qui est trop coûteux,
02:39et les responsabilités d'un fonctionnement technique qui ne marche pas,
02:41où on peut se planter sur 40 milliards d'euros d'évaluation des recettes,
02:45et malgré tout, il n'y a jamais de responsable.
02:46Dans une affaire autrement plus dramatique,
02:49qui touche le cœur du cœur des Français,
02:52et qui révolte au plus profond d'entre eux, nos compatriotes.
02:56Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a eu des mots justes.
03:00Une fois qu'on a prononcé ces mots, on est obligé de remonter dans la chaîne de responsabilité,
03:04de définir qui a fait quoi.
03:05que ces responsables soient poursuivis et soient sanctionnés.
03:09Je reviens encore à Marc Bloch, je reviens encore à l'étrange défaite,
03:12parce que c'est cruellement contemporain.
03:15Quand il dit, dans le fond, l'échec de la guerre de 40, c'est quoi ?
03:18Ce n'est pas uniquement le général, c'est dans toute la chaîne de commandement,
03:22dans tous ceux qui avaient une part de responsabilité,
03:25que certains n'ont pas exercé cette responsabilité.
03:28que c'est l'éfet de 14 heures.
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