- il y a 9 heures
Bruno Le Maire, ancien ministre de l'Économie, était l'invité de BFM Politique ce dimanche 3 mai, sur BFMTV.
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00:00Un invité exceptionnel, Bruno Le Maire, l'ancien ministre de l'économie.
00:03Merci d'être à nos côtés.
00:05Cette bascule du monde qui est en train de se produire sous nos yeux,
00:08vous allez nous aider à la décrypter, à l'analyser.
00:10C'est justement ce qui est très présent dans votre dernier ouvrage que vous venez de publier,
00:15le temps d'une décision aux éditions Gallimard.
00:18On va bien sûr voir aussi l'impact économique majeur de cette guerre,
00:22la plus grave crise énergétique de l'histoire, selon un responsable de l'agence internationale.
00:26On l'a entendu à l'instant, Téhéran et Washington qui continuent de se jauger.
00:32Donald Trump qui doute que le plan iranien soit acceptable.
00:36Comment vous décryptez ce moment de tension extrême que nous vivons
00:40et cette escalade qui semble encore s'accentuer ?
00:43Ce plan d'abord n'est pas un plan, c'est une provocation,
00:47puisqu'il ne traite pas la seule question essentielle qui est la question du nucléaire militaire
00:52et de l'accès de l'Iran au nucléaire militaire,
00:54qui serait une menace pour la région tout entière
00:57et qu'il maintient la perspective d'avoir un péage dans le détroit d'Hormuz,
01:02ce qui est évidemment inacceptable du point de vue du droit
01:04et qu'il ne ferait que renforcer les gardiens de la révolution
01:08et le régime en place à Téhéran.
01:10Donc c'est une impasse totale dans laquelle nous sommes aujourd'hui.
01:14C'est la preuve supplémentaire, ça en était besoin,
01:16parce qu'on va avoir un plan toutes les semaines qui va se succéder à un autre,
01:19que la force sans le droit, ça ne mène nulle part.
01:24Et c'est ce que je raconte dans le livre.
01:26À l'origine de la crise iranienne, ne l'oublions pas,
01:28il y avait cette initiative européenne en 2003,
01:31que nous avions lancée avec Jacques Chirac et Dominique de Villepin,
01:34de traiter la question majeure du nucléaire iranien,
01:37comment empêcher les Mollahs d'avoir accès à la bombe,
01:40par le droit et par la diplomatie.
01:43Si ça avait conduit à un accord, le fameux accord de 2015,
01:46je pense que l'erreur que nous avons commise, nous, Européens,
01:49c'est de ne pas comprendre que le droit, désormais,
01:51doit être appuyé sur la force.
01:54Donald Trump qui dit qu'il est prêt à nouveau à frapper,
01:56comment vous décryptez cela ?
01:58C'est une menace qu'il fait depuis très longtemps.
02:00Lui ne croit qu'à la force.
02:01Moi, je ne crois qu'au droit appuyé sur la force.
02:05Et si les Européens ont aujourd'hui un rôle à jouer,
02:08c'est justement dans les mois qui viennent et dans les années qui viennent,
02:11car cela prendra du temps, de comprendre que désormais,
02:14ils sont seuls, ils ne peuvent plus compter ni sur le soutien des États-Unis,
02:19ni sur le soutien d'autres alliés,
02:21et qu'ils doivent de toute urgence constituer des forces militaires,
02:25des forces énergétiques, des forces financières,
02:28des forces technologiques, pour faire face au monde qui vient,
02:31que je décris dans le livre, c'est-à-dire un monde de forces brutes.
02:35Dans les médias, vous dites que nous sommes dans une impasse.
02:37Est-ce que pour vous, cette guerre s'annonce longue ?
02:40On semble être en fait dans une sorte de guerre des nerfs,
02:43par ailleurs, entre les États-Unis et l'Iran.
02:46Guerre longue, et qui a la main aujourd'hui ?
02:48Je ne lis pas dans le mar de café,
02:50donc je vais me garder de prévisions qui seraient hâties,
02:53mais je ne vois pas de porte de sortie aujourd'hui,
02:56sauf à ce que le président américain accepte de renier
02:59tout ce pourquoi il s'est engagé en Iran.
03:01Je ne vois pas de porte de sortie,
03:03parce que les Iraniens résistent,
03:05et parce que, nous ne l'oublions pas,
03:07derrière l'Iran, il y a le soutien de la Russie,
03:09qui s'est manifestée de manière de plus en plus claire,
03:12et il y a le soutien de la Chine.
03:13Et que tout cet ensemble,
03:15qui est radicalement hostile au monde occidental,
03:18n'a aucun intérêt à donner la victoire à Donald Trump.
03:23Donc nous, Européens, nous devons, dans tous les cas de figure,
03:27nous préparer à un conflit qui peut être long,
03:29avec des conséquences sur la vie quotidienne de nos compatriotes,
03:32le prix de l'essence, le prix du diesel,
03:35des conséquences immédiates sur la sécurité de nos troupes,
03:39et des conséquences de plus long terme sur la croissance économique.
03:42– Mais vous comprenez quelle est la stratégie de Donald Trump ?
03:45Dans votre livre, Le temps de décision,
03:46vous écrivez que pour conquérir sa base,
03:48il a toujours besoin de résultats rapides et spectaculaires.
03:51On en est loin.
03:52– Je pense que c'est une stratégie de fuite en avant.
03:55Si la stratégie, c'était éliminer l'arme nucléaire,
03:58alors là, je ne comprends pas très bien.
03:59Il joue sur la mémoire de poissons rouges que nous avons tous.
04:01Mais il me semble qu'il y a quelques mois,
04:03il avait lourdement bombardé, avec des bombes très spéciales,
04:06les installations iraniennes,
04:08et que la conclusion était qu'il n'y avait plus de menaces nucléaires iraniennes.
04:13Donc pourquoi cette opération,
04:14s'il n'y avait plus de menaces nucléaires iraniennes ?
04:17C'était le temps du droit de la diplomatie,
04:19et plus le temps de la force.
04:20Est-ce que c'est renverser le régime des Mola ?
04:22Visiblement, hélas, malheureusement,
04:24car ce régime est détestable pour la population iranienne,
04:28le régime est toujours en place.
04:29Est-ce que c'était une opération sur le pétrole ?
04:32L'opération est visiblement manquée,
04:34puisque le prix du baril était autour de 60 dollars au début de l'année,
04:38et qu'il dépasse les 100 dollars aujourd'hui.
04:40Donc pour moi, c'est une stratégie de fuite en avant,
04:43où la démonstration de force succède à la démonstration de force,
04:46mais où la capacité à rétablir une paix globale n'existe pas.
04:50– Ça veut dire que vous doutez, vous l'avez dit,
04:53qu'il y a une porte de sortie,
04:54et donc vous craignez une nouvelle escalade, finalement.
04:57– Je crains une nouvelle escalade,
04:58je ne vois pas aujourd'hui de porte de sortie,
05:00mais j'espère que les événements me démentiront.
05:02Et je pense que la leçon que doivent en tirer les Européens,
05:05je la tire dans ce livre,
05:07je l'ai dit et écrit dans plusieurs interventions depuis un an,
05:11c'est que les Européens comprennent que désormais ils sont seuls,
05:14et qu'ils doivent se séparer des États-Unis d'Amérique de Donald Trump.
05:18– Ça veut dire quoi ça, concrètement ?
05:19– Concrètement, se séparer des États-Unis ?
05:21– Se séparer des États-Unis, ça veut dire sur tous les volets
05:24sur lesquels nous avons accepté depuis 50 ans,
05:27une dépendance totale vis-à-vis des États-Unis d'Amérique,
05:31rattraper de toute urgence le retard pour être indépendant sur les armées.
05:35Mais regardez ce que vient d'annoncer Donald Trump,
05:37le retrait de 5 000 hommes d'Allemagne,
05:40mais attendez-vous à ce que demain il retire toutes les troupes américaines d'Europe.
05:45Si demain la Russie devait attaquer l'Europe,
05:47et le nord de l'Europe, ce qui est une option haute et probable,
05:50croyez-vous vraiment que les Américains viendront à notre rescousse
05:54et utiliseront l'article 5 de l'OTAN ?
05:56Probablement pas.
05:57Donc quand je dis qu'il faut nous séparer des États-Unis et être indépendant,
06:01ça veut dire être indépendant militairement,
06:03ça veut dire, j'en parle beaucoup dans mon livre,
06:04être indépendant technologiquement,
06:06parce qu'on ne va pas continuer à dépendre à 100% de Microsoft,
06:09de Google,
06:10ou des satellites en orbite basse de M. Musk et de Starlink,
06:15être indépendant sur les semi-conducteurs,
06:18qu'il faut fonctionner tout ce qu'il y a sur ce plateau
06:20et tout ce qui organise notre vie quotidienne,
06:23et plus important que tout peut-être,
06:25être indépendant mentalement.
06:28Se dire qu'il y a les États-Unis d'un côté,
06:30il y a l'Europe de l'autre,
06:31et que malheureusement,
06:33ce ne sont plus les mêmes valeurs,
06:34et ce ne sont plus les mêmes intérêts.
06:35– C'est encore un allié ou ça ne l'est plus ?
06:38– Mais un allié n'aurait pas déclenché
06:41une opération militaire en Iran
06:43sans nous avertir.
06:46Un allié n'aurait pas accueilli Vladimir Poutine
06:50qui a agressé l'Ukraine
06:52en grande pompe sur le territoire américain.
06:56Un allié ne frapperait pas au moment
06:58où la croissance européenne est si faible
06:59et où toute notre industrie automobile
07:01est en si grande difficulté
07:02à cause des surcapacités chinoises
07:05qu'il n'aurait pas imposé des tarifs
07:07de 25% sur l'automobile européenne
07:09comme il s'apprête à le faire.
07:10Non, le comportement de Donald Trump
07:12n'est pas celui d'un allié,
07:14il est le comportement d'un adversaire
07:15qui ne respecte rien sinon la force
07:18et qui a décidé, chacun doit le comprendre,
07:21d'affaiblir le continent européen.
07:23– Alors justement, on le voit évidemment,
07:24cette crise militaire, cet affrontement, cette guerre
07:27entraîne une crise diplomatique,
07:29une crise économique.
07:30Au cœur de cela, et bien sûr, ça fait partie
07:32du plan iranien, il y a le blocage
07:35du détroit d'Ormouz.
07:36Un super tanker iranien serait passé,
07:38on est en train de vérifier effectivement
07:39ces informations, on voit que ça bloque
07:41économiquement le monde entier.
07:43Est-ce que vous jugez qu'aujourd'hui,
07:45nous vivons un choc pétrolier ?
07:47– Oui, ne tournons pas autour du pot,
07:50un choc pétrolier, c'est quand le prix du pétrole flambe.
07:53Je regarde très basiquement les faits,
07:55c'est toujours mieux de regarder les faits et les chiffres,
07:5760 dollars, 110 ou 105 dollars,
08:01ça varie d'une journée à l'autre.
08:03C'est forcément un choc.
08:04Quand j'entends en revanche le patron
08:06de l'Agence internationale de l'énergie dire que c'est le choc…
08:11– Oui, ça je pense que c'est totalement faux.
08:13– Pourquoi ?
08:13– Et je le dis parce que j'ai vécu
08:15une des crises énergétiques les plus graves
08:17quand j'étais ministre des Finances,
08:18celle provoquée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
08:23Et là, vous aviez non seulement les prix du pétrole
08:25qui augmentaient fortement,
08:26mais les prix du gaz qui ont été multipliés
08:28par 3, 4, 5, 6, jusqu'à 10,
08:31causant une inflation à deux chiffres
08:33dans tous les pays européens.
08:35On n'en est pas là.
08:36On n'en est pas là.
08:37Donc, gardons la mesure de ce qui se passe.
08:40C'est un choc pétrolier.
08:41Il a un impact sur la vie de tous nos compatriotes
08:43qui nous regardent aujourd'hui
08:44et qui voient à la pompe
08:45que le prix du diesel peut être à 2,22, 2,23, 2,24
08:49et qui n'arrivent même plus à se payer un plein
08:51pour aller travailler,
08:53pour circuler dans de bonnes conditions.
08:54Donc, dans la vie quotidienne de nos compatriotes,
08:56c'est un choc.
08:57Et de ce point de vue,
08:59la seule stratégie bonne,
09:01c'est d'accélérer la décarbonation
09:03de l'économie française
09:04et réduire notre dépendance aux énergies fossiles.
09:0760 milliards d'euros.
09:08Qu'est-ce qu'il faut faire pour rouvrir ?
09:09Qu'est-ce que nous continuons à dépenser chaque année
09:11pour les énergies fossiles ?
09:12Qu'est-ce qu'il faut faire pour rouvrir,
09:13comme le dit le président Macron,
09:14ce fichu détroit ?
09:15Il faut envoyer la marine française ?
09:16Qu'est-ce qu'il faut faire pour nous rouvrir ce détroit ?
09:18Mais certainement pas.
09:20On ne va pas les menacer,
09:22mettre sous un risque maximal,
09:25dans une nasse,
09:27nos marins et nos soldats,
09:28alors que nous ne sommes pas partis à ce conflit
09:31et qu'il n'y a pas aujourd'hui
09:33de perspective de diplomatie,
09:35de droit et d'accord de paix plus global.
09:38Je pense que ce serait une véritable erreur.
09:41Dans cette crise sur le pétrole,
09:44une entreprise française,
09:45au moins,
09:46fait des bénéfices majeurs,
09:47c'est Total,
09:48puisqu'elle a vu ses bénéfices bondir
09:50de plus de 50% au premier trimestre.
09:53Est-ce que,
09:54comme le Premier ministre français,
09:55vous appelez Total,
09:56à participer,
09:58à continuer d'aider les Français
09:59avec ce plafonnement et même plus ?
10:02Est-ce qu'il faut,
10:03à l'inverse,
10:03taxer les super profits de Total ?
10:06Assez avec les taxes.
10:08Pendant 7 ans,
10:09j'ai garanti la stabilité fiscale
10:11de notre pays.
10:127 ans.
10:13Nous avons baissé l'impôt sur les sociétés,
10:15baissé le prélèvement forfaitaire unique
10:17et nous nous sommes assurés
10:19que les Français
10:20aient une visibilité fiscale.
10:22Cette instabilité fiscale,
10:24elle tue la nation française.
10:26Et elle va tuer nos grandes entreprises.
10:28Exceptionnel.
10:28Oui, mais tout est à titre exceptionnel.
10:30Mais le problème,
10:31c'est que le provisoire en France,
10:32surtout en matière fiscale,
10:34ça a tendance à durer.
10:35Je rappelle qu'il y a déjà
10:35une surtaxe à l'impôt sur les sociétés,
10:38qu'il y a déjà une surtaxe
10:39à l'impôt sur le revenu,
10:40que c'était censé durer
10:41pour la surtaxe à l'impôt sur le revenu
10:43à peine un an
10:45et qu'elle est en place
10:46depuis plus de 10 ans.
10:47Et croyez-moi,
10:48je suis prêt à parier
10:49beaucoup de bouteilles de champagne
10:50avec les journalistes
10:52qui sont autour de ce plateau.
10:53La surtaxe à l'impôt sur les sociétés,
10:55je pense qu'on n'est pas prêts
10:56de la voir disparaître.
10:57Donc, oublions les taxes.
10:59Soyons fiers de nos entreprises
11:00qui réussissent
11:01et qui font la force
11:02de la nation française.
11:03En revanche,
11:04je partage ce qu'a dit
11:05le Premier ministre.
11:06Total fait déjà un effort
11:07en plafonnant à 1,99€
11:10le prix de l'essence.
11:11s'ils pouvaient avoir
11:12la même politique
11:13pour le diesel
11:14et pour tous ceux
11:15qui aujourd'hui
11:15roulent au diesel,
11:17je pense que ce serait juste
11:18et je pense que ce serait
11:19un geste apprécié
11:20de tous les Français.
11:21Ludovic.
11:22Face à la hausse des carburants,
11:23le gouvernement de Sébastien Lecornu
11:24a pour l'instant choisi
11:25de décider uniquement
11:27des aides ciblées,
11:29compensées par des coupes
11:30budgétaires égales.
11:32Est-ce qu'il en fait assez ?
11:32Est-ce qu'il faut faire autre chose ?
11:34Non, je pense qu'il a raison.
11:36On a été payé pour voir
11:37que la fuite en avant
11:39pour dépenser toujours plus
11:40d'argent sur les carburants,
11:42c'est tout simplement
11:42de l'argent jeté par les fenêtres.
11:44Qu'on aide ceux
11:45qui en ont le plus besoin,
11:46c'est ce que fait le gouvernement.
11:48Les gros rouleurs,
11:48ceux qui ne peuvent pas
11:49se passer de leur voiture
11:51pour aller travailler.
11:52J'ai été élu 15 ans
11:53d'une circonscription rurale.
11:55Donc les ouvriers,
11:56les salariés
11:56qui ne peuvent pas faire autrement
11:58que prendre leur voiture,
11:59qu'on les aide,
12:00c'est une question de justice.
12:02La justice,
12:03c'est ce qu'il y a
12:03de plus important en politique.
12:05En revanche,
12:05il y a de l'argent
12:06à mettre quelque part,
12:07mais accéderont
12:08la décarbonation,
12:10augmentons le leasing social
12:11pour permettre à tous ceux
12:12qui veulent un véhicule électrique
12:14de s'en procurer un
12:15parce que ça reste trop cher,
12:16le véhicule électrique
12:17pour la majorité
12:18de nos compatriotes.
12:19Accélérons la décarbonation
12:20de l'économie,
12:21c'est là qu'il faut mettre l'argent.
12:23Mais mettre plus d'argent
12:24pour financer du pétrole
12:26ou du gaz
12:26que nous ne produisons pas
12:28et qui ira uniquement
12:29dans la main
12:29des producteurs de pétrole
12:30du Golfe, franchement...
12:31C'est pourtant ce qu'on a fait
12:32il y a quelques années.
12:32La piste tourne à la pompe,
12:33c'était une erreur pour vous ?
12:34Je pense que je me suis beaucoup battu
12:35pour qu'elle soit limitée.
12:37À chaque fois,
12:37c'était de la surenchère,
12:38on ne sait pas assez,
12:39il faut faire plus.
12:40Mais à quoi est-ce que ça a servi ?
12:42Très franchement.
12:43Donc sachons tirer
12:44les leçons de l'expérience
12:45pour nous dire
12:46qu'on ne va pas refaire
12:47la même chose.
12:48Nous n'en avons ni les capacités
12:50ni l'intérêt
12:51puisque nous ne produisons
12:52pas de pétrole.
12:53S'il y a de l'argent à mettre,
12:54c'est pour aider
12:55ceux qui sont plus en difficulté.
12:57C'est fait.
12:57Et le gouvernement
12:58a raison de s'en tenir à cela.
13:00Pour le reste,
13:02investissons dans les énergies
13:04décarbonées
13:04et dans l'électrification du pays.
13:06Mais les Français
13:08voient ce qui se passe
13:09au-delà des frontières.
13:10Par exemple,
13:10l'Allemagne va baisser provisoirement
13:11la taxe sur l'énergie
13:12qui est appliquée au carburant
13:13et ce n'est pas rien,
13:14ça ferait 17 centimes
13:15par litre de moins
13:16au moins jusqu'à la fin
13:17du mois de juin.
13:17Les Français se disent
13:18mais pourquoi on ne fait pas pareil ?
13:20Mais l'Allemagne,
13:20il y a une marge budgétaire
13:21que la France n'a plus.
13:23La faute à qui ?
13:24Si nous ne l'avons plus ?
13:26La faute à un modèle social
13:27qui aujourd'hui
13:28est totalement déséquilibré.
13:30La vraie raison
13:31pour laquelle aujourd'hui
13:32vous avez un niveau de dette
13:33qui est aussi élevé
13:34et un niveau de difficile
13:35qui est si dur à réduire,
13:36c'est que nous avons
13:37un modèle social
13:39qui a été créé
13:39dans les années 40,
13:411946 pour être tout à fait précis
13:42où il y avait
13:44beaucoup d'enfants
13:45et peu de prestations.
13:47Depuis 80 ans,
13:48on a multiplié des prestations
13:50et on a toujours moins d'enfants.
13:52Moyennant quoi,
13:53depuis 40 ans,
13:54nos comptes publics dérivent
13:56et depuis 2007
13:57pour être tout à fait précis,
13:59la part de la dette
14:00dans notre richesse nationale
14:01est passée de 60%
14:02à plus de 110%.
14:04Donc si vous voulez
14:05vraiment résoudre ce problème,
14:07il faut aller à la racine
14:08du problème,
14:09avoir un modèle social
14:10qui soit financé.
14:11Mais vous qui avez été
14:12cette année à Bercy,
14:13vous plaidez pas un peu coupable ?
14:16J'ai évidemment
14:17ma part de responsabilité.
14:19Mais je pense que si on s'amuse,
14:21comme on le fait trop souvent
14:22sur tous les sujets,
14:24à faire des chasses à l'homme
14:26plutôt que de définir
14:28les problèmes fondamentaux
14:30d'un modèle,
14:31vous allez faire partir les gens
14:32et puis le problème
14:32ne sera pas réglé.
14:33La preuve,
14:34Ludovic Vigogne,
14:35je suis parti il y a deux ans.
14:37La dette a augmenté
14:38de 250 milliards
14:39depuis deux ans.
14:40Donc vous pouvez liquider
14:41les ministres des Finances
14:42les uns après les autres
14:43en disant
14:44c'est lui le responsable.
14:45Si vous n'allez pas
14:46à la racine des problèmes,
14:47c'est-à-dire un modèle
14:48qui dépense trop
14:49par rapport aux richesses
14:51qu'il produit,
14:52vous continuerez à avoir
14:53une dette qui continue
14:55de progresser.
14:56Or, moi, ce que je souhaite,
14:57c'est que nous traitions
14:58le problème à la racine
14:59et que nous apportions
15:00des réponses
15:01que les Français
15:01sont en droit d'attendre.
15:03Réduire la place
15:05de l'État-providence
15:06pour choisir vraiment
15:07ce qui est indispensable
15:08pour ceux qui en ont
15:09réellement besoin.
15:11Produire plus,
15:12avec plus de croissance
15:13et plus d'emplois
15:14en utilisant notamment
15:15la chance exceptionnelle
15:16que sera l'IA
15:17pour améliorer
15:18la productivité
15:19d'un autre pays.
15:20Et enfin,
15:21dernier volet
15:21de la réponse du futur,
15:24avoir une organisation
15:25politique
15:25où on sait
15:26qui fait quoi,
15:28qui est responsable
15:29de quoi.
15:30Cette espèce
15:30de gigantesque
15:31désorganisation politique
15:32française
15:33fait qu'on ne sait jamais
15:34qui est responsable
15:35de quoi.
15:36Là aussi,
15:36ça participe
15:37de l'augmentation
15:37de la dette
15:38et de la dépense publique.
15:39Bruno Le Maire,
15:39ce qui est passionnant
15:40dans votre ouvrage,
15:41c'est que vous décrivez
15:42ce qui est en train
15:42de se passer finalement
15:43sous nos yeux
15:44au niveau mondial.
15:45Dans cet affrontement
15:46et cette guerre
15:46au Moyen-Orient,
15:48on le dit,
15:49une bascule
15:50qui est en train
15:50de se faire.
15:51Certains considèrent
15:52que cette guerre
15:52au Moyen-Orient,
15:53c'est une bascule
15:54géopolitique
15:54telle qu'on l'a vécue
15:55au moment de la chute
15:56du mur.
15:57Est-ce que vous partagez
15:57cette opinion ?
15:59Oui, sauf que
16:00la chute du mur,
16:01c'était une bascule
16:02positive
16:04qui a fini
16:04très mal.
16:06Peut-être que
16:07cette bascule
16:07qui est la bascule
16:08vers des régimes
16:09autoritaires
16:09pourra finir bien.
16:11C'est ce que je raconte
16:12dans le livre
16:13avec les souvenirs
16:14de 1989.
16:15En 1989,
16:16on pensait tous
16:16le mur de Berlin
16:17est tombé,
16:18le communisme est vaincu,
16:19c'est l'ère
16:20de la démocratie,
16:21de la paix perpétuelle.
16:22On a été payé
16:22pour voir ce qui s'est passé,
16:24ça a été l'heure
16:24des régimes autoritaires,
16:25des prédateurs
16:26que je décris,
16:27les Xi Jinping,
16:28les Poutines,
16:29les Donald Trump,
16:30et nous avons vu
16:31le retour de la guerre
16:32sur le sol européen.
16:34L'épisode que nous vivons
16:35aujourd'hui,
16:36qui est celui de l'Iran,
16:37qui est celui de l'Ukraine,
16:39c'est le retour
16:40de la force brute,
16:41la force pour la force
16:43comme seul règlement
16:43des conflits.
16:44C'est une opportunité
16:46historique pour l'Europe
16:47d'affirmer enfin
16:49ce qu'elle est
16:50comme continent
16:51de droit,
16:52de paix,
16:53de liberté,
16:53pour montrer
16:54à tous ces régimes
16:55autoritaires
16:56que la force pour la force
16:57ne fait que conduire
16:57le monde
16:58au bord du chaos
16:59et au bord du désastre.
17:01C'est un moment
17:02d'affirmation européenne
17:04qui doit être
17:05massif et immédiat.
17:06Ludovic ?
17:07Mais vous avez le sentiment
17:07que la prise de conscience
17:08européenne est là ?
17:09On n'en a pas encore
17:10vraiment le sentiment.
17:11Je pense qu'il y a
17:12une prise de conscience
17:13des peuples.
17:16Et malheureusement
17:17pas des dirigeants.
17:18Je vais vous donner
17:18un exemple très concret.
17:19Quand Donald Trump
17:20nous frappe
17:21avec des tarifs
17:22à 15%
17:23et que nous
17:24au lieu de dire
17:24c'est inacceptable
17:26on va dans un golf
17:28de M. Trump
17:28pour dire
17:29c'est formidable
17:2915% c'est quand même
17:30pas trop,
17:31c'est bien la preuve
17:32que les peuples
17:32ont compris
17:33qu'il fallait se protéger,
17:35résister,
17:36défendre nos intérêts
17:37là où les dirigeants
17:39en l'occurrence
17:39la présidente
17:40de la commission européenne
17:40n'a pas utilisé
17:41l'instrument
17:42qui était à cette disposition
17:43l'instrument
17:44anti-coercition
17:46mis en place
17:47il y a deux ans
17:47qui dote
17:48la commission européenne
17:49de tous les pouvoirs
17:51pour riposter
17:52quand les Etats-Unis
17:53ou n'importe quel
17:54autre pays du monde
17:55vous attaquent
17:56commercialement.
17:57Il y a juste
17:58pour les Européens
17:59et quand je dis
18:00les Européens
18:00ce sont les dirigeants
18:01européens
18:01la nécessité
18:03de prendre conscience
18:03de notre propre puissance.
18:05Nous sommes
18:06un des premiers marchés
18:07de la planète.
18:07Nous avons 450 millions
18:08de consommateurs.
18:09Nous sommes riches
18:10mais nous pesons
18:11déjà économiquement
18:12et quand vous pesez
18:13économiquement
18:14vous pouvez peser
18:15militairement.
18:16Mais si vous ne faites
18:17pas usage
18:18de votre arme économique
18:19en ripostant
18:20à Trump
18:20en faisant
18:22des mesures
18:23protectionnistes
18:24contre les surcapacités
18:26industrielles chinoises
18:27largement subventionnées
18:29par l'Etat chinois
18:29qui demain
18:30vont submerger
18:32l'économie européenne
18:34et éliminer
18:35des pans entiers
18:36de notre industrie
18:37à commencer
18:37par l'industrie automobile
18:38si vous n'êtes pas capable
18:40de faire une preuve
18:41d'une démonstration
18:41de force
18:42nous serons broyés
18:44entre la Chine
18:45et les Etats-Unis.
18:46Vous dites
18:47chacun dévore l'autre
18:48dans ce nouveau monde
18:49je cite
18:50le monde est suspendu
18:51aux décisions
18:51de trois hommes
18:52qui a Washington
18:52Pékin et Moscou
18:54ont la paix
18:55et la guerre
18:56entre leurs mains.
18:57Ce monde
18:57qu'on voit se dessiner
18:58sous nos yeux
18:59qu'on voit avec cette guerre
19:00au Moyen-Orient
19:00c'est un monde sans règles
19:02à vos yeux
19:02ou c'est le règne de la force ?
19:04C'est les deux.
19:05C'est la force brute
19:06et la force n'a pas de règles.
19:08Or dans un monde
19:09amoral
19:11le rôle de l'Europe
19:12c'est de remettre
19:13des principes
19:14et de la morale.
19:15C'est ça
19:15notre destinée historique
19:17aujourd'hui
19:17dans les décennies
19:18qui viennent
19:18de montrer
19:19que la force brute
19:20ne règle absolument rien
19:21et que nous avons besoin
19:23sur le commerce
19:24sur la définition
19:25des frontières
19:26sur les intérêts économiques
19:27de règles
19:28de principes
19:29de lois
19:30et de droits.
19:31mais nous y arriverons
19:32je le redis
19:33que si l'Europe
19:34prend conscience
19:35de sa force
19:35et est capable
19:36d'imposer
19:37à la Chine
19:38et aux Etats-Unis
19:38les coûts
19:39qu'ils nous imposent.
19:40Dans l'immédiat
19:41vous avez dit tout à l'heure
19:42que Donald Trump
19:43était un adversaire
19:44vous dites aussi
19:45dans votre livre
19:46qu'il n'est plus
19:46très loin
19:47de franchir le pas
19:48d'un pays
19:49qui ne sera bientôt
19:49plus une démocratie.
19:51Est-ce que vous considérez
19:52que Donald Trump
19:53je ne sais pas comment le dire
19:54mais est un danger
19:55aujourd'hui
19:55pour son pays
19:56et pour le monde ?
19:57J'ai toujours eu confiance
19:58dans les Etats-Unis d'Amérique
20:00et dans leur capacité
20:01à défendre
20:03l'état de droit
20:03mais ce que je constate
20:05c'est que
20:05la dérive de Donald Trump
20:07c'est la dérive
20:08d'un régime
20:10kleptocratique
20:10où la mélange
20:11des intérêts financiers
20:12privés
20:13et des intérêts politiques
20:14est totale
20:16et constante.
20:17Je constate
20:18que des éléments clés
20:19d'un état de droit
20:20par exemple
20:21l'indépendance
20:22de la Banque Centrale
20:23sont en train
20:24d'être remises en cause
20:25par le président Trump
20:26et que la dérive
20:28vers un régime autoritaire
20:29se fait jour
20:30après jour.
20:31Donc ce n'est
20:32ni ma conception
20:33ni la conception
20:34qui devrait être celle
20:35des Européens
20:37et des dirigeants européens.
20:38C'est pour cela
20:38que j'appelle
20:39à dire très clairement
20:40très sereinement
20:41sans pertes et fracas
20:43nous devons désormais
20:44nous séparer
20:45des Etats-Unis d'Amérique
20:46que chacun
20:46vive sa vie
20:48tranquillement.
20:48Mais dans l'immédiat
20:49est-ce que pour vous
20:50on est à la veille
20:51d'une crise
20:52beaucoup plus majeure
20:53déjà économique
20:54à cause de tout
20:54ce qui est en train
20:55de se passer
20:56inflation,
20:57taux d'intérêt,
20:57prix,
20:58énergie
20:59et est-ce qu'on est même
21:00au-delà de la crise économique
21:02à la veille d'une guerre
21:03sur le continent européen
21:05jusqu'où peuvent aller
21:06les dérapages ?
21:07D'abord la guerre
21:08elle est déjà
21:08sur le sol européen.
21:09Oui, en Ukraine.
21:11la menace que Vladimir Poutine
21:14puisse intervenir
21:16soit par une cyberattaque
21:17soit par une attaque militaire
21:18sur un autre pays européen
21:20elle est permanente.
21:22Je pense que tous nos concitoyens
21:24en ont conscience.
21:25Mais à court terme du coup ?
21:26Oui, à court terme.
21:27Quand je dis à court terme
21:28c'est dans les mois qui viennent.
21:30Si dans les mois qui viennent
21:31vous avez une cyberattaque massive
21:32sur les États baltes
21:34ou un missile russe
21:35qui par provocation
21:37atterrit à Varsovie
21:40ou en Pologne
21:40je pense que personne
21:42ne serait véritablement surpris.
21:43c'est une option
21:44que chacun a en tête
21:45sur la situation économique.
21:47Mais nos compatriotes
21:48la vivent déjà.
21:49Ils voient déjà
21:50que les prix flambent à la pompe
21:51que les prix alimentaires
21:52peuvent augmenter
21:53et que nous courons
21:54le risque en Europe
21:55d'avoir en 2026
21:56une croissance faible
21:58et une inflation forte.
22:00Donc c'est là
22:01que j'appelle
22:01les pays européens
22:02à prendre toute la mesure
22:04de la situation
22:04où nous sommes
22:05de mobiliser les forces
22:07qui sont à notre disposition
22:09résister aux surcapacités
22:10industrielles chinoises
22:13riposter aux menaces
22:14de Donald Trump
22:15sur les tarifs
22:16et accélérer
22:17l'intégration européenne
22:18pour avoir des capacités
22:19d'investissement
22:20dans l'innovation
22:20dans la tech
22:21dans l'intelligence artificielle
22:22et dans l'industrie verte
22:23le plus rapidement possible.
22:25On a été capable
22:26je l'ai fait
22:28avec le président de la République
22:29Mme Merkel
22:29et M. Scholz
22:30qui étaient ministres
22:31des Finances à l'époque
22:31face au Covid
22:32de lever 750 milliards d'euros
22:35pour nous protéger.
22:36Pourquoi ne serait-on pas capable
22:37de lever la même somme
22:39pour investir
22:40innover
22:41développer l'IA
22:42partout en Europe
22:43et retrouver
22:44de la croissance
22:45et de la production ?
22:46Bruno Le Maire
22:46vous disiez que sur cet affrontement
22:48au Moyen-Orient
22:49vous ne semblez pas
22:49en voir l'issue
22:50on le disait
22:51les Iraniens
22:51disent il y a quelques instants
22:52c'est soit une opération impossible
22:54pour les Américains
22:55ou un mauvais accord
22:56le président Trump
22:57dans son côté
23:00difficilement possible
23:01et doute
23:01que le plan iranien
23:02soit acceptable
23:03ça veut dire quoi ?
23:04On se prépare
23:05à des mois
23:05de blocus à Hormuz
23:07qu'est-ce qu'il faut faire ?
23:08Est-ce que les Américains
23:09néanmoins doivent faire
23:10ce qu'on appelle une frappe décisive ?
23:13Concrètement
23:13qu'est-ce qu'on fait militairement ?
23:14C'est à eux de le décider
23:16je n'aurais pas la prétention
23:17de me définir
23:20comme le stratège
23:21de ce conflit
23:22simplement
23:23je veux faire part
23:24de l'expérience
23:24qui est la mienne
23:25et des convictions fortes
23:27qui m'animent
23:28sur ce sujet
23:29première chose à faire
23:30c'est de dézoomer
23:31c'est pas les Etats-Unis
23:32face à l'Iran
23:34c'est l'ensemble
23:35de la région du Golfe
23:36qui est impliqué
23:36c'est tous les Etats du Golfe
23:37Arabi Saoudite
23:38Émirats Arabes Uniques
23:39Qatar
23:39Koweït
23:40qui sont menacés
23:41c'est Israël qui continue
23:43à mener ses opérations
23:44au sud Liban
23:45si on dézoome encore
23:47un peu plus
23:48derrière l'Iran
23:49je le disais tout à l'heure
23:50vous avez la Russie
23:51vous avez la Chine
23:53vous avez tout un bloc de pays
23:54qui se dit
23:55c'est le moment clé
23:56où nous pouvons montrer
23:58la faiblesse de l'Occident
24:00la faiblesse de ses valeurs
24:01puisqu'ils interviennent
24:02sans le droit
24:03et ça fait baisse tout court
24:04puisqu'ils ne sont pas capables
24:05de ramener l'Iran
24:07à une meilleure politique
24:08et de les faire céder
24:10quel peut être le rôle
24:12de l'Europe là-dedans ?
24:13certainement pas
24:14de s'allier
24:15aux côtés des Etats-Unis
24:16dans une opération militaire
24:17dont on ne connaît pas
24:18les buts
24:19et qui n'obéit pas
24:20à des règles de droit
24:21mais en revanche
24:22être capable
24:23de ramener tout le monde
24:23autour de la table
24:24de négociations
24:25en montrant
24:26que c'est l'intérêt
24:26de personnes
24:27y compris de la Chine
24:28d'avoir un conflit militaire
24:30mais personne ne nous écoute
24:31en fait
24:32mais personne ne nous écoute
24:33parce que nous ne parlons
24:33pas d'une seule voix
24:34le jour où nous serons capables
24:37et les choses peuvent progresser
24:39tout travail qui a été fait
24:40en Ukraine
24:41sur la coalition des volontaires
24:42montre que l'Europe
24:43quand elle parle
24:43d'une seule voix
24:44ça progresse
24:44alors ça met trop de temps
24:45je suis d'accord
24:46c'est pas encore assez puissant
24:48mais la capacité
24:49elle existe
24:50donc si l'Europe
24:51sur l'Iran
24:52parle d'une seule voix
24:54pour réclamer
24:55d'urgence
24:56des négociations
24:57qui ne se limiteraient pas
24:58à l'Iran
24:59et aux Etats-Unis
25:00mais qui seraient plus globales
25:01il y a une possibilité
25:03d'arriver
25:03à un accord de paix
25:04Est-ce que vous diriez
25:05comme certains même responsables
25:06européens le disent
25:07que les Etats-Unis
25:08dans cette guerre
25:09ont été humiliés
25:10par l'Iran ?
25:12C'est ce qu'a dit Mertz
25:14le chancelier
25:14Moi j'en pleurerai pas ces mots
25:16je veux dire pour une raison
25:16qui est très simple
25:17c'est que l'Iran
25:18est un des régimes
25:18les plus détestables
25:19de la planète
25:20Vous souhaitez sa chute ?
25:22Évidemment que je souhaite sa chute
25:23je souhaite la disparition
25:24du régime des Mollah
25:25je dis simplement
25:26que la meilleure manière
25:28de voir disparaître
25:28le régime des Mollah
25:29n'est malheureusement pas
25:30de l'attaquer de l'extérieur
25:32car j'ai bien peur
25:32que ça le renforce
25:33c'est l'illustration
25:35une nouvelle fois
25:36de ce que j'ai connu
25:37en 2003
25:37en Irak
25:38quand nous nous sommes opposés
25:39à la guerre en Irak
25:41parce qu'elle n'avait pas
25:42de légitimité
25:43contre le président Bush
25:44l'usage seul de la force
25:46ne sème que le chaos
25:48ou le renforcement
25:49de nos adversaires
25:50Mais nous sommes dans le chaos là ?
25:51Nous sommes aujourd'hui
25:52dans le chaos
25:53et dans une impasse totale
25:54la carte que peut jouer l'Europe
25:56la carte que doit jouer l'Europe
25:57avec toute sa puissance
25:59du premier marché
26:00de consommateurs
26:01de la planète
26:02de ses capacités financières
26:04de ses capacités technologiques
26:05c'est de dire
26:06d'une seule voix
26:07retour à la table
26:09de négociations
26:10dans des négociations
26:11qui ne seront pas simplement
26:12Iran-Etats-Unis
26:13mais des négociations
26:15beaucoup plus globales
26:16Merci beaucoup Bruno Le Maire
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