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Bally Bagayoko, Donald Trump, détroit d'Ormuz ... La semaine d'Arnaud Montebourg, ancien ministre de l'Économie

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00:00Et il me rejoint sur ce plateau. Merci beaucoup d'être là. Bonsoir Arnaud Montebourg.
00:04Bonsoir Marie, vous allez bien ?
00:05Il est 19h, je le disais. Je vais très bien. Et vous-même ? Un peu mieux que la France
00:08ou pas ?
00:09Mieux que M. Trump.
00:10Mieux que M. Trump.
00:11Qui vient de se faire désosser par les Iraniens.
00:12Et on va en parler en longueur. Ancien ministre de l'économie, retiré de la vie politique, entrepreneur.
00:18C'est votre émission. Ce soir, vous débattrez d'ailleurs avec un candidat à la présidentielle.
00:22Encore un, François Ruffin et votre plaidoyer sur l'intelligence artificielle
00:26alors que le gouvernement veut avancer. Une heure d'intelligence artificielle pour chaque collier.
00:30C'est une annonce de la soirée. Vous nous en direz des nouvelles.
00:34Mais en effet, la semaine d'Arnaud Montebourg. Voilà comment on démarre traditionnellement l'émission.
00:40Et en effet, ces images qui ont fait l'actualité, voire l'histoire.
00:43Regardez, Donald Trump qui arrive donc au château de Versailles.
00:47Et dans ce dîner, vers 23h30, une signature inattendue.
00:54Regardez.
00:57Cela n'a pas été facile, je peux vous le dire.
01:06Bon travail. Très bon travail.
01:16Voilà une opération rondement menée. Arnaud Montebourg, que pensez-vous de cette séquence ?
01:21De ce qui s'est joué cette semaine après un G7 et donc un passage à Versailles, cette signature ?
01:27D'abord, regardons le contenu de l'accord. C'est un accord qui, quand même, consacre l'échec de l
01:35'Amérique et la réussite de l'Iran.
01:38L'Iran dont le régime devait être renversé, dont les armes devaient être neutralisées et dont l'uranium devait disparaître
01:46et être capturé.
01:47Rien de tout cela ne s'est produit. On a échangé la levée du blocus naval sur le détroit d
01:52'Hormuz contre la dilution de l'uranium enrichi.
01:56Une nuance très importante. Qu'est-ce que la dilution de l'uranium enrichi ?
01:59Vous allez avoir l'autorité internationale de l'énergie atomique qui est chargée par cet accord de superviser le fait
02:07que les Iraniens vont prendre leur uranium
02:09prêt à fabriquer la bombe, pas très loin du seuil militaire, et ils vont remettre de la matière appauvrie, pour
02:16l'appauvrir.
02:16Ils ne vont donc pas le neutraliser, ils vont le diluer. Qui va contrôler ça, effectivement ?
02:22Est-ce que vous ne croyez pas que c'est un marché de dupe et qu'en vérité les Iraniens
02:25ont gagné ?
02:26Deuxièmement, qu'est-ce qu'ont gagné les Iraniens dans la levée du blocus du détroit d'Hormuz ?
02:32Ce qu'ils appellent des services maritimes. Ça s'appelle un péage.
02:35Donc en fait, ils vont se rembourser le coût de la guerre sur le dos du commerce mondial.
02:40D'ailleurs, c'est tout à fait contraire au droit international.
02:43Ça, c'est la suite de l'histoire, selon vous.
02:44La suite de l'histoire, c'est qu'on croyait que finalement, les États-Unis n'avaient rien gagné et
02:49l'Iran n'avait pas perdu.
02:51Mais en fait, on voit que c'est l'Iran qui a gagné.
02:53Et dans cette affaire, ça montre que Donald Trump, qui croyait pouvoir jouer aux échecs, vient d'être échec et
03:00mat.
03:00Pourquoi ? Parce que les élections arrivent, il a cassé l'économie internationale,
03:04mis l'inflation, y compris aux États-Unis, partout,
03:07et se retrouve en grave difficulté politique au sein de sa propre coalition qui était majoritaire.
03:12Je crains qu'elle soit devenue minoritaire.
03:14Mais Arnaud Montebourg, ce type d'analyse et ses propos que vous tenez ce soir sont partagés par beaucoup.
03:18Mais néanmoins, ça semble passer chez beaucoup d'autres.
03:24– Écoutez, le résultat, il est là. Il est tout à fait clair.
03:28On peut toujours jouer des apparences.
03:29Le château de Versailles y a joué beaucoup.
03:32Le château de Versailles est un outil de rehaussement de la réputation française.
03:38– Ils sont peu à avoir été reçus là-bas.
03:39– Écoutez, Poutine y est venu en 17, l'empereur du Japon en 18, Charles, roi d'Angleterre en 23,
03:45Trump en 26.
03:47Il n'y a pas de dérogation pour le président des États-Unis.
03:50Mais en vérité, c'est un outil d'influence de la France qui montre qu'elle a un niveau de
03:54grandeur
03:55qui est peut-être au-dessus de ce qu'elle peut réellement prétendre.
04:00– Il a eu raison, Emmanuel Macron, d'assumer, parce que ce qui est né aussi dans l'opinion publique,
04:04dans le débat politique, c'est de dire, on se fait quand même houspiller par le président américain régulièrement,
04:10le président lui-même, dans les mots, franchement, on a connu paroles parfois plus aimables,
04:15et de lui réserver finalement tous les honneurs.
04:17Il a eu raison d'aller au bout ?
04:19– Moi, je crois que le rapport de force n'a pas été exercé sur le plan européen,
04:23pas particulièrement par la France, ni d'ailleurs par les autres pays européens.
04:27C'est ce que j'appelle, c'est ce que monsieur, d'ailleurs, Routa, le secrétaire général de l'OTAN,
04:33qui n'était que le premier ministre de la Hollande, il a appelé ça, il a appelé ça,
04:38on a appelé ça, reprenant son expression, la diplomatie de « Daddy Trump ».
04:42Non, ce n'est pas notre « Daddy », les attaques contre notre économie,
04:46notre souveraineté technologique, notre souveraineté numérique, nos intérêts financiers,
04:51nos intérêts dans le commerce international, ont été directement attaqués par les États-Unis,
04:57qui nous menacent tous les jours de supprimer l'OTAN,
05:00donc de supprimer, finalement, 60 ans d'histoire.
05:03Donc, en vérité, nous n'avons pas exercé le rapport de force, nous le payons très cher.
05:07Nous le payons très cher parce que les Chinois, pendant ce temps-là, nous observent.
05:10Et ils ont vu qu'on était capable de s'agenouiller devant Trump.
05:13Donc, qu'est-ce que font les Chinois ?
05:14La même chose, en douceur, avec le sourire.
05:17Et en vérité, là où Trump humilie, les Chinois respectent, par la courtoisie de leurs pratiques,
05:23mais en vérité, ils sont en train de laminer notre industrie,
05:26et il n'y a aucune réponse de l'Union européenne.
05:29Donc, nous sommes dans la tenaille entre, d'un côté, Trump, devant lequel on s'humilie à s'agenouiller,
05:34c'est ce qui s'est passé.
05:36– On s'humilie.
05:37– On s'humilie, c'est une humiliation mondiale pour l'Europe.
05:39Quand on a signé l'accord du Turnberry Deal,
05:42où Trump nous inflige 15% de droits de douane,
05:45plus 15% de baisse du dollar, ça fait 30,
05:47plus l'obligation de leur acheter du gaz à prix d'or,
05:50plus l'obligation de transférer 600 milliards d'épargne,
05:54alors qu'on finance déjà la big tech américaine
05:56qui, elle-même, fait son shopping dans nos entreprises,
05:59je crois que là, l'humiliation est totale.
06:01Et tout le monde l'a vu.
06:02Les Chinois l'ont absolument observé.
06:04Et ils nous regardent avec un sourire en disant
06:07« Ces Européens sont qu'un troupeau de moineaux.
06:11Il n'y a qu'à lancer une miette et ils s'envoleront la chercher. »
06:14Et c'est exactement ce qui se passe.
06:16Et si je vous dis à Arnaud Montebourg qu'on apparaît ou on peut apparaître
06:19comme une puissance facilitatrice ?
06:21Ça, non, vous ne l'entendez pas.
06:22Ben, facilitatrice des intérêts des États-Unis,
06:25je n'en sais rien, mais ça y ressemble.
06:28En tout cas, ça n'est pas faciliteur de nos propres intérêts.
06:31Nous sommes dans un monde qui s'est durci,
06:33qui est extrêmement conflictuel.
06:35Où là, nous avons la force pure qui s'exerce.
06:37Et nous, nous faisons des facilités.
06:40Non, nous avons besoin d'exercer, nous aussi, notre force,
06:43réunis avec les Européens, bien sûr,
06:44mais aussi la France a quelque chose à dire
06:46par elle-même et pour elle-même.
06:48Elle a des intérêts à défendre, ils ne sont pas défendus.
06:49Dans la semaine d'Arnaud Montebourg également
06:51et qui vous a interpellé, tout comme moi-même d'ailleurs,
06:53les propos d'un maire, d'un nouveau maire,
06:56devenu une figure de la France insoumise,
06:58je pense évidemment à Bali Bagayoko, le maire de Saint-Denis,
07:01qui affirme dans le journal L'Opinion
07:04que sifflait la Marseillaise quand la France se déshonore
07:07par des axes à l'international.
07:08Lesquels ?
07:09C'est un droit à la réplique populaire.
07:11Il poursuit et il publie un communiqué dans la foulée
07:15suite aux réactions nombreuses dans cette interview donnée au quotidien L'Opinion
07:20en disant qu'il n'a jamais encouragé à siffler la Marseillaise.
07:24Mais quand même, drôle de stratégie, non ?
07:27Il encourage à...
07:29puisqu'il explique qu'il s'agit d'un droit à la réplique populaire.
07:31Je me demande d'ailleurs quelle réplique,
07:33car la France appartient à tout le monde,
07:35y compris à tous ceux qui ne sont pas d'accord
07:36avec les orientations qu'elle choisit.
07:39Il faut s'intégrer dans la société,
07:41comme nous tous, comme citoyens,
07:43quelles que soient nos origines,
07:45notre histoire, notre géographie,
07:47pour prendre une décision collective ensemble.
07:50Donc la France, c'est la seule chose qui nous reste
07:52pour nous défendre face au reste du monde.
07:55Donc taper sur la France,
07:56c'est détruire un bien commun.
07:58Donc ce maire ne mérite que notre mépris, premièrement.
08:01D'ailleurs, quelle inculture !
08:03Car il s'agit d'un champ révolutionnaire
08:05qui a fondé la République des droits de l'homme.
08:06Donc je suppose que M. le maire de Saint-Denis se prévaut.
08:10Donc quelle inculture !
08:11Et surtout, pour moi, il mérite un carton rouge.
08:14S'il portait le maillot de France,
08:16il serait expulsé du terrain.
08:17D'ailleurs, c'est une infraction pénale avec les encourages.
08:19Absolument, oui, oui, c'est sanctionné.
08:21Alors d'ailleurs, pour moi, c'est un agent.
08:23Il se comporte en agent de désintégration du pays.
08:26C'est finalement une manière,
08:28j'allais dire douce et presque hypocrite,
08:32d'encourager à l'affrontement.
08:34C'est scandaleux.
08:35Et moi, je pense, je considère que c'est scandaleux
08:38et je repense à Jacques Chirac,
08:40auquel nous pouvons rendre hommage.
08:42C'est le président de tous les Français.
08:44On n'était pas obligés d'avoir voté pour lui,
08:45mais peu importe.
08:46Quand il y a eu les sifflets d'un Marseilleux au Stade de France,
08:48il a quitté le stade.
08:51Donc, si vous voulez, on a juste un problème,
08:54c'est que cet hymne est unificateur
08:56et il est l'outil de notre unité, de notre force.
08:58Et vous avez des maires qui sont des agents de l'État aussi,
09:02ils ne sont pas que des élus,
09:03ils sont aussi des agents de l'État qui l'attaquent
09:06ou encouragent à l'attaquer.
09:08Alors, il a fait un communiqué de repli,
09:10mais le mal était fait.
09:13Donc, franchement, je pense qu'il mériterait
09:15un rappel à l'ordre de la part du préfet
09:16et peut-être d'aller un tout petit peu plus loin.
09:19Les maires ne peuvent pas faire n'importe quoi.
09:21Ce sont des agents de l'État.
09:22Maire insoumis, Arnaud Montebourg, juste rapidement,
09:24il y a une stratégie électorale derrière tout ça ?
09:26Bien sûr, leur stratégie, c'est de faire gagner l'extrême droite.
09:29Donc, voter Mélenchon, c'est encourager l'extrême droite
09:32parce qu'au deuxième tour, qu'est-ce que les Français vont faire ?
09:35Ils vont voter pour l'extrême droite.
09:37Donc, en conséquence, faire gagner l'extrême droite,
09:39c'est la stratégie de Mélenchon
09:39pour pouvoir se déguiser en chef de l'insurrection à venir.
09:43Et d'ailleurs, ce n'est pas pour rien
09:44que le même maire, elle est fille de Saint-Denis,
09:48a expliqué qu'il était naturel qu'il y ait une insurrection populaire.
09:54Donc, ce sont des gens qui se situent dans l'affrontement
09:57et qui veulent l'affrontement.
09:58Donc, il faut, je crois, les sanctionner électoralement.
10:02Nous avons besoin, en ce moment, de nous rassembler,
10:04de compromis, de discussions
10:07et de trouver des solutions communes.
10:09C'est le sens de cette émission, Meli-Mondebourg.
10:12On cherche des solutions.
10:13Ici, on ne s'engueule pas.
10:14Et tout le monde a le droit de venir.
10:16Voilà.
10:16Y compris des adhérents des Léphi.
10:18Nous allons recevoir un tout à l'heure, M. François Ruffin.
10:21Ancien adhérent.
10:22En tout cas, c'est sans doute ce qu'il vous répondrait.
10:24Votre semaine aussi, marquée par des chiffres.
10:27Des chiffres de la croissance pas très bons.
10:29Et il ne cesse de se succéder
10:31avec un moteur, celui de la consommation à l'arrêt.
10:34L'économie française devrait traverser l'année à petite vitesse.
10:37Très, très petite vitesse.
10:38C'est inquiétant.
10:40La conséquence, c'est que l'équation budgétaire
10:43qui a été faite, vous savez qu'il y a eu des difficultés
10:45pour voter le budget.
10:46On a déplacé 16 milliards.
10:49Ça ne dira rien à ceux qui nous écoutent, peut-être.
10:51Mais 16 milliards, ce n'est pas beaucoup
10:53sur le vote qui a été acquis.
10:56Déjà, tout est par terre à cause de la guerre Iran-États-Unis.
11:00Pourquoi ?
11:01Parce que les taux d'intérêt ont flambé, sont montés.
11:03Donc, on a déjà perdu 4 milliards.
11:05Comme ça ?
11:06En 100 jours.
11:07Rien que par le taux d'intérêt.
11:08Oui, c'est ça.
11:08On a perdu un autre milliard à cause des frais de la guerre
11:11parce qu'il a fallu porter secours à nos assidants.
11:13Il y a un milliard qui a été dépensé.
11:145 milliards.
11:15Donc déjà, l'équation budgétaire, elle est tombée.
11:19Mais là, c'est encore pire parce qu'il va falloir,
11:22avec cette chute des recettes,
11:24c'est quand vous avez l'activité qui baisse
11:25et les recettes qui descendent.
11:27Donc, on ne pourra pas respecter l'équation budgétaire.
11:29Donc, il va falloir soit qu'on diminue les dépenses,
11:33on augmente les impôts.
11:33Donc, en fait, c'est une rigueur supplémentaire
11:35qu'il va falloir décider.
11:36Mais là, ça risque d'être récessif.
11:38Et si on ne fait rien, là aussi, ce sera récessif.
11:41Je voudrais donner quand même quelques informations
11:43à ceux qui nous écoutent.
11:44Nous avons, par l'effet simplement du renouvellement de la dette,
11:48cette année, l'État va reprendre, réemprunter sur le marché,
11:52174 milliards, 174 milliards.
11:55Il refinance un emprunt à 1%, il va passer à 4.
12:00Rien que le passage de 1 à 4, on perd 10 milliards.
12:04Donc, la charge d'intérêt de la dette dans le budget de l'État
12:06était de 65 milliards en 25.
12:08Elle va passer à 74 milliards en 26.
12:12Donc, c'est 10 milliards dans la vue,
12:14rien que par l'effet des taux d'intérêt,
12:15le refinancement de notre propre dette.
12:17Donc, nous sommes dans une solution de boule de neige.
12:19C'est pour ça qu'à chaque fois que j'ai un candidat à la présidentielle,
12:22je lui dis, quelle est votre stratégie des finances publiques
12:24pour assainir le pays ?
12:26Parce qu'on ne peut pas rester enchaîné au marché financier.
12:30C'est ça, la perte de souveraineté.
12:31Et vous pensez qu'aujourd'hui, notre opinion,
12:33les Français, plus généralement,
12:36ont acquis ça, ou en tout cas ont conscience de cela ?
12:39Je crois que la conscience commence à être partagée
12:43que nous allons devoir faire
12:45quelques réaménagements de décisions prises antérieurement.
12:50L'heure de votre plétoyer dans votre semaine, Arnaud Montebourg,
12:53c'est une première et elle inquiète.
12:54Le gouvernement, encore lui, de Donald Trump,
12:57a imposé à la start-up Anthropik,
13:00l'une des entreprises de pointe en la matière d'intelligence artificielle,
13:04de bloquer totalement l'accès à certains de ses programmes
13:06pour les utilisateurs qui ne sont pas citoyens des États-Unis.
13:10Alors, Anthropik n'est plus une start-up,
13:12c'est une très grande boîte d'intelligence artificielle.
13:14Et qui concurrence OpenAI, sur le plan américain, et Google.
13:19Donc, ils sont trois.
13:20Il y a Google, OpenAI et Anthropik.
13:22Anthropik, c'est Claude.
13:24Ils ont inventé un modèle d'intelligence artificielle surpuissant
13:27qui s'appelle Fable 5.
13:29Et il est si intelligent que le gouvernement des États-Unis
13:32a décidé de le réserver aux entreprises, aux citoyens américains
13:35qui ont le passeport US.
13:37Pourquoi ?
13:38Ils ont prétexté qu'il y avait des failles
13:40qui permettaient de porter atteinte à la sécurité nationale.
13:43Ce qui a été contesté par la société Anthropik.
13:47Mais ce qui est intéressant, c'est que c'est une décision de souveraineté
13:49qui réserve le monopole de l'intelligence et de la super-intelligence
13:53aux entreprises américaines.
13:55Alors, on s'est aperçu en quelques minutes à Bruxelles
13:58et dans les capitales européennes
13:59que l'intelligence artificielle, c'était aussi un bien stratégique
14:04aussi important que l'énergie nucléaire
14:07ou que le détroit d'Ormus.
14:09Peut-être avec un peu de retard, non ?
14:10Alors, évidemment, ils sont tombés de l'armoire.
14:13Mais, comme d'habitude, ils ont compris que les Américains
14:16se réservaient ce monopole, donc cette avance.
14:19Donc, il s'agit de conserver de l'avance pour affaiblir les autres.
14:23Donc, nous ne sommes plus les alliés,
14:24mais nous sommes des alliés, si nous le sommes encore,
14:27à vassaliser et à soumettre.
14:29Alors, panique à Bruxelles devant l'écran noir.
14:32Pourtant, le rapport Draghi, je le rappelle,
14:34M. Draghi a été Premier ministre de l'Italie,
14:37il a été le Président de la Banque Centrale Européenne
14:39et M. Draghi a rendu un rapport à Mme van der Leyen.
14:43Il y a deux ans, il disait, voilà,
14:44en matière d'intelligence artificielle,
14:46il faut qu'on remonte la pente et qu'on rattrape le retard.
14:50Et il chiffrait nos investissements en la matière à 800 milliards,
14:53c'est-à-dire deux fois le plan Marshall en 1945.
14:56Vous voyez un peu l'ambiance.
14:58– Et ça a un peu effrayé tout le monde à l'époque.
14:59– Ça a peut-être effrayé tout le monde,
15:01mais aujourd'hui, on s'aperçoit que les Américains ont investi
15:0413 fois plus dans l'intelligence artificielle que les Européens.
15:08– Et les avertissements se sont multipliés,
15:10et continuent de se multiplier.
15:11– Exactement.
15:12Alors, nous avons le patron de Mistral AI,
15:14qui est l'un des leaders européens à travers cette entreprise,
15:17qui n'est pas que française, mais elle est à direction française,
15:21M. Arthur Mensch, qui s'est rendu à l'Assemblée Nationale il y a quelques jours.
15:25Et il a dit, voilà, il nous reste à peu près deux ans
15:27pour construire un géant du cloud et de l'intelligence artificielle
15:29qui est capable de rivaliser avec les Américains.
15:31Ce n'est pas impossible, on peut le faire.
15:33Et d'ailleurs, son modèle, qui n'est pas européen,
15:35puisqu'il est en France, en Suèche, en Allemagne, etc.,
15:37dans de nombreux pays, consiste à aller voir ses clients,
15:41disant, vous utilisez l'intelligence artificielle,
15:42investissez chez moi, mettez quelques milliards.
15:45Et il vient de le faire avec Airbus.
15:46Il a passé un accord avec Airbus,
15:48qui a besoin d'intelligence artificielle
15:49pour se défaire de la puissance monopolistique
15:53en intelligence artificielle, en puissance de calcul des États-Unis.
15:56Donc, Amazon, Microsoft, Google,
15:59de plus en plus, il va falloir les sortir.
16:01Pour les remplacer par des instruments technologiques
16:06d'intelligence artificielle souverains européens.
16:09Donc, moi, je lance ici un appel aux plus grandes entreprises.
16:12Ce qu'ils veulent faire pour les cinq meilleures entreprises
16:15de 28 pays de l'Union européenne.
16:18Avec ça, tous les clients qui ont besoin d'intelligence artificielle
16:21seront fédérés d'une sorte de coopérative,
16:24un immense syndicat économique de l'ensemble des intérêts européens
16:28capables de rivaliser avec les géants américains.
16:34Alors, donc, je lance un appel à LVMH,
16:35Total, L'Oréal, Sanofi, Air Liquide,
16:37les cinq premiers Français du CAC 40.
16:40Mettez quelques milliards dans Mistral AI.
16:44Travaillez avec eux et vous allez pouvoir défendre notre liberté.
16:49Nous, on veut bien vous défendre, mais vous, vous allez nous défendre maintenant.
16:53C'est ça l'appel que je lance aux dirigeants de ces cinq entreprises.
16:57Merci de le noter.
16:57L'appel du 19 juin.
16:59Du 19 juin, je suis un peu en retard.
17:01Du 19 juin.
17:02Du 19 juin, merci beaucoup.
17:03Darnant Montebourg, appel, on verra s'il est entendu par ces très grandes entreprises.
17:08Mais c'est vrai que ça pourrait être un formidable coup d'accélérateur
17:10parce qu'on a pris du retard.
17:11C'est le moment de le faire, on peut le faire et rattraper notre retard comme ça.
17:14Et à présent, c'est l'heure dans Made in Montebourg du duel.
17:17Et on est ravis d'accueillir ce soir François Ruffin.
17:21Bonsoir à vous.
17:22Débuté de, effectivement, Picarty debout.
17:25Vous n'êtes plus à la France Insoumise.
17:27J'ai corrigé.
17:28Je ne sais pas si je venais rencontrer un membre du Parti Socialiste.
17:31Je ne le crois pas.
17:32J'ai corrigé, Arnaud Montebourg.
17:34Tout ça est bien loin derrière moi.
17:36Merci d'être venu, cher François Ruffin.
17:38Nous sommes intéressés, bien sûr, par toutes les questions d'actualité.
17:43Mais moi, je voudrais savoir ce que vous voulez faire avec les dégâts que nous avons autour de nous.
17:49Et les dégâts, ils sont d'abord industriels.
17:52Vous êtes le porte-parole d'une région qui a été blessée, martyrisée pendant toutes les années de mondialisation.
17:59Les dégâts sont considérables.
18:01Je les ai moi-même constatés.
18:02Vous aussi.
18:03Qu'est-ce que vous voudriez faire ?
18:06Pour moi, on a trois défis à relever dans notre pays.
18:09On a un défi qui est le défi climatique, et on le voit aujourd'hui, qui réclame d'à peu
18:13près tout transformer.
18:13On a un défi démographique, s'occuper des personnes âgées qui sont de plus nombreuses, et on a un défi
18:19majeur qui est le défi productif, parce qu'on ne peut pas avoir un grand pays sans une grande industrie.
18:23Je peux vous arrêter sur le défi climatique ? Pardonnez-moi, parce que depuis toute la journée, et parce que
18:29tout le monde ne parle que de ça, parce que vous sortez de chez vous,
18:33et vous êtes confronté au sèche-cheveux ou au four allumé depuis dix heures, le défi climatique, est-ce que,
18:39encore une fois, on a pêché par manque d'anticipation ?
18:42Est-ce que nos gouvernements n'ont rien fait pour, finalement, avec des signaux qui étaient peut-être sous notre
18:48nez, n'ont rien anticipé ?
18:50Qui aurait pu prédire ? Qui aurait pu prédire ? C'est la phrase d'Emmanuel Macron, mais évidemment, sur
18:56ça comme sur d'autres choses, on pouvait prédire,
18:59des scientifiques ont prédit depuis un demi-siècle, et il n'y a, en vérité, là, aucune surprise, et donc,
19:05du coup, on a des gouvernements qui improvisent
19:07et qui fabriquent des amendements ou des plans d'endurance de manière complètement improvisée. Ce n'est pas ça qu
19:15'il faut.
19:16Là, le symbole de la journée, pour moi, c'est les couvertures qui sont mises devant les fenêtres des hôpitaux
19:22pour essayer d'avoir un peu nombre,
19:24quand bien même il fait 30-35 degrés à l'intérieur, à la fois pour les patients et pour les
19:28soignants.
19:29Et c'est comme un écho de la crise Covid, pendant laquelle on avait des soignants qui se revêtaient de
19:37sacs plastiques
19:37ou de blouses fabriquées avec de la toile de jardin achetée chez Truffaut.
19:42Et donc, là, il y a un choix qu'il y a à faire, c'est de l'investissement dans
19:46la durée.
19:46Je dis que même un économiste macroniste comme Jean Pisani-Ferry avait posé le fait qu'il fallait 34 milliards
19:54d'euros d'investissement par an
19:56pour faire face aux défis climatiques.
19:57Moi, depuis près de 10 ans, en commission des affaires économiques, je me bagarre tous les ans en disant
20:02sur les logements, il faut 20 milliards d'euros pour sortir des 5 millions de passoires thermiques du pays.
20:09Je viens le répéter année après année, et donc ça a été chiffré, Pisani-Ferry, il faut 21 milliards d
20:16'euros par an sur le privé
20:17et il faut 10 milliards d'euros sur les bâtiments publics, les hôpitaux, les écoles, et ainsi de suite.
20:22Donc, je dis qu'aujourd'hui, on a des intérêts qui sont alignés.
20:26On a un intérêt qui est évident, c'est le réchauffement climatique, les gaz à effet de serre.
20:30On a un deuxième intérêt qui est la facture des Français, parce que si on passe à la clim, ça
20:35va être quand même de la facture,
20:36et surtout quand on se chauffe l'hiver, parce que la passoire thermique, ça vaut aussi l'hiver, c'est
20:41du gaz et du pétrole.
20:43On aimerait entendre Arnaud Bonnebourg, c'est un débat entre vous.
20:45Non, mais moi, j'écoute avec intérêt François Ruffin.
20:49Il y a effectivement 163 services d'urgence sur 389 qui ont fermé pendant la canicule 23.
20:56Donc, on est avertis depuis 2023 sur le sujet.
21:00Bon, maintenant, comme on finance tout ça, c'est quoi la stratégie financière pour faire ça ?
21:06D'abord, il faut se dire, est-ce qu'on en fait un objectif ou pas ?
21:08Moi, je dis, je suis partisan du travaillisme climatique, c'est-à-dire, c'est par le travail qu'on
21:13s'en sortira.
21:14Changer nos logements, c'est du travail, on s'en sortira par le travail.
21:17Et je pense que là-dessus, il peut y avoir un grand consensus des Français pour dire que, sur le
21:21logement,
21:22on met fin aux 5 millions de passoires thermiques.
21:25Comment on finance ça ?
21:27Ça va trouver un écho aussi avec ce que je vais raconter ensuite, je l'espère, sur l'industrie.
21:31C'est que ce n'est pas comme si, dans notre pays, il n'y avait pas d'épargne.
21:34On a une épargne nationale qui est gigantesque, qui est à hauteur de 19%, ça n'a jamais été aussi
21:40haut.
21:40On a 2 000 milliards d'assurance-vie dans notre pays.
21:43Il n'y en a que, par exemple, 3-4% qui vont vers les PME.
21:47On en met 3-4 fois plus vers le Dow Jones ou vers le Nasdaq américain.
21:51Donc, on doit avoir comme objectif, non pas de faire Tchou de France avec la danse du ventre à Versailles
21:57pour aller séduire les fonds d'investissement anglo-saxons.
22:00Ça ne peut pas en faire partie ? Ça ne peut pas être complémentaire ?
22:01La priorité, et même je suis hostile à ce qu'un certain nombre d'entreprises soient rachetées par des capitaux
22:08américains,
22:08la priorité, ça doit être de mobiliser le capital national pour des investissements nationaux.
22:14Et ce n'est pas comme si là, on n'avait pas de ressources.
22:15On a de la ressource.
22:17En plus, l'assurance-vie dont je parle, vous le savez, elle est en partie défiscalisée sur les transmissions.
22:22Ça veut dire que, du coup, c'est quand même...
22:24On peut le flécher.
22:25Et là, on ne le fait pas à part vers les obligations...
22:29Alors, j'ai fait 7 commissions d'enquête parlementaires, parce que moi, on me convoque.
22:33Donc, je viens, j'ai apprêté serment dans les députés.
22:35Vous y allez à chaque fois.
22:36J'y vais, c'est normal.
22:37Je respecte les institutions de mon pays.
22:39Et j'aurais dit ça.
22:41J'aurais dit, il y a de l'Espagne.
22:42Il faut maintenant un fonds souverain pour financer les PME non cotées.
22:48On n'a jamais réussi à le faire.
22:49À votre avis, c'est quoi la résistance ? Elle est où ?
22:52Vous savez, M. Montebourg, qu'il y a une grande résistance intellectuelle, idéologique,
22:58de paresse, d'inertie dans notre pays,
23:00qui fait que les dirigeants, à la fois politiques et économiques,
23:04ils fonctionnent comme un paquebot qui suit le même sillon
23:08et qui continuent à répéter mondialisation, qui continuent à répéter concurrence, compétitivité,
23:14quand, à un moment, il faut flécher, il faut intervenir,
23:17et que, pour l'instant, ils ne le veulent pas.
23:20Et c'est une grande résistance que vous avez eu à affronter,
23:23mais qui continue à être à l'ordre du jour aujourd'hui.
23:27– Alors, qu'est-ce qu'on fait sur l'industrie ?
23:30On finance, d'accord, mais les chefs d'entreprise,
23:33s'ils se font massacrer de 80 milliards d'impôts nouveaux,
23:36est-ce que vous croyez qu'ils vont se lancer dans la bagarre ?
23:39C'est un projet national, on a besoin d'un compromis social
23:42entre les forces du travail et du capital.
23:45C'est une espèce d'alliance des forces productives.
23:47Quand je dis le programme de Jean-Luc Mélenchon,
23:49je ne sais si vous le soutenez, je vois 200 milliards d'impôts.
23:53– C'est vraiment que vous ne regardez pas trop la radio ou la télé
23:55pour ne pas savoir que je ne le soutiens pas.
23:57– Vous ne le soutenez pas, vous ne le soutiendrez plus jamais, c'est ça ?
24:00– Parlons de l'industrie dans les pays.
24:03D'abord dire que, j'entends ce mot « souveraineté » partout maintenant.
24:08Quand on le portait hier, on était des souverainistes,
24:12on était rouge-brun et ce n'était pas bien.
24:14– Des fascistes.
24:15– Et voilà, je crains moi presque l'inverse d'aujourd'hui,
24:19c'est qu'importe de le répéter à tout craint, ce mot « souveraineté »,
24:23que ce soit pour mieux le noyer, pour mieux l'asphyxier.
24:26Donc il faut lui en faire une réalité.
24:28– Mais ce que soulève Arnaud Montebourg, pardonnez-moi François Ruffin,
24:30sur la taxation des grandes entreprises ?
24:32– Ce n'est pas la priorité. La priorité c'est quoi ? Et vous le savez.
24:34– Ce que vous réclamez régulièrement.
24:35– On ne peut pas avoir de la souveraineté en même temps qu'on a l'Union européenne
24:39qui s'y a traité avec l'Inde, 1,5 milliard d'habitants,
24:42en disant qu'il y aura une taxation à 0% sur les produits chimiques
24:46et 0% sur les médicaments.
24:47Et que la priorité demandée par les industries de notre pays,
24:51c'est d'avoir des protections.
24:52Il nous faut des taxes aux frontières, il nous faut des barrières douanières,
24:55il nous faut des quotas d'importation.
24:57– Alors ça c'est votre position européenne ?
24:58– Si jamais on n'a pas ça, les subventions,
25:01parce qu'il y a des subventions pour l'industrie dans notre pays,
25:04c'est comme un espèce de tonneau des Danaïdes.
25:06Ce qui fait qu'on se retrouve avec Emmanuel Macron
25:08qui nous crée une dette de 1 000 milliards d'euros,
25:11enfin imaginons que ce soit la gauche qui ait fait ça,
25:14tous les jours ça serait des cris d'orfraie,
25:16tous les jours il y aurait des éditoriaux.
25:18– Ce sont tous les jours des cris d'orfraie.
25:19– Pas pour dire qu'il nous a mis sur un Titanic,
25:22c'est un Titanic de déficit public.
25:24– En tout cas ici on le dit.
25:25– Mais en plus, ça n'est même pas pour de l'investissement,
25:28on n'a même pas eu d'investissement sur le défi climatique,
25:32on n'a pas d'investissement sur les EHPAD
25:34ou sur le traitement des personnes âgées
25:37et on n'a pas d'investissement industriel réel.
25:40Pourquoi ? Parce que là en l'occurrence,
25:41si vous mettez de l'argent pour créer des usines de masques
25:43et j'en ai visité derrière,
25:45les machines ne tournent pas parce que le dirigeant vous dit quoi ?
25:49Il vous dit que 99,9% des masques achetés dans notre pays
25:52sont d'origine chinoise.
25:53Et sur la commande publique, sur les pompiers,
25:56sur les hôpitaux, sur les lycées, 99,3%.
26:01– Alors justement, j'ai compris votre position.
26:03– On a compris votre position.
26:04– Donc il y a une chose, il y a une chose M. Montebourg,
26:06c'est le Buy French Act.
26:07C'est la commande publique nationale tout de suite.
26:10– Et ça on ne peut pas le dire en français, pardonnez-moi.
26:12– Je le dis au français.
26:13– Non, Buy French Act, ce n'est pas très français.
26:15– Non mais je le dis, j'ai de l'achat français.
26:17– On a compris votre position.
26:18– Je le dis parce qu'aux États-Unis, ils n'hésitent pas là-dessus.
26:21Ils l'ont le Buy American Act, d'accord ?
26:23Ils ont le Buy Small Act, c'est-à-dire l'achat réservé
26:26aux petites et aux moyennes entreprises.
26:27Ils ont, depuis des décennies, ils ne se sont pas leurrés,
26:30ils ont des outils de protection de leur industrie,
26:34comme l'ont fait les Chinois.
26:35Et nous, on regarde passer les trains et on le laisse faire.
26:38Aussi parce qu'il y a des intérêts européens
26:41qui se disent, on va aller prolonger en Inde,
26:44dans l'interlande indien, ce qu'on a fait en Chine.
26:47Le capital européen, il veut ça.
26:49– Quelquefois une convergence avec vous, Arnaud.
26:51– Bien sûr, on est d'accord sur cette position,
26:55mais moi j'ai une question à vous poser.
26:56Le commissaire européen, M. Séjourné, macroniste,
27:00a déclaré dernièrement, s'il n'y a pas des mesures de protection
27:03contre la vague chinoise qui est en train de laminer
27:08l'industrie automobile, chimique, machine, outil que vous connaissez,
27:12que vous dénoncez à juste titre,
27:14eh bien ce sont les États membres qui,
27:16dans deux, trois ans, a-t-il dit,
27:18je le cite de mémoire,
27:19mais je crois que je suis tout à fait fidèle à ces propos,
27:22qui prendront ces décisions de façon unilatérale, individuelle,
27:26indépendamment du mandat commercial
27:27qui a été donné dans les traités européens.
27:29Quelle est votre position par rapport à cette prophétie,
27:32cette menace, je ne sais,
27:33qui a été exprimée par le commissaire européen ces journées ?
27:36– Dire d'abord que l'Europe doit être un combat.
27:39Moi je ne vois pas une France qui combat aujourd'hui en Europe européen.
27:41Sur le Mercosur, on a fait semblant avec un Emmanuel Macron
27:45qui dit au Salon de l'agriculture
27:47qu'on vient se traiter horribles
27:48et qui ensuite va faire des embrassades à Lula.
27:51Donc ça n'a pas de cohérence pour aller chercher des alliances.
27:53– Pour ensuite dire que le compte n'y était pas quand même non plus.
27:56– Oui, mais d'accord,
27:56mais quand vous avez mené une politique en zigzag comme ça,
27:58comment vous avez une majorité au Conseil européen ?
28:01Vous ne l'avez pas.
28:01Et sur l'Inde, on n'a pas levé le petit doigt.
28:04Et je le dis, cet accord est nettement plus dangereux encore,
28:08là, pas pour l'agriculture, mais pour l'industrie,
28:10que ne l'est l'accord avec le Mercosur.
28:13Nous n'avons pas bougé.
28:14Donc d'abord, je veux voir ce que donne une France qui combat.
28:17Une France qui va à Bruxelles et qui sait où elle veut aller.
28:21Et où elle veut aller, c'est des taxations aux frontières,
28:23c'est des protections douanières.
28:25– Enfin, elle ne les décidera pas seule.
28:27Il faudra mettre un peu d'eau dans le vin.
28:29– Oui, oui, mais…
28:30– Alors, comment vous allez faire ?
28:32– Mon principal regret quand…
28:33– Mais répondez à la question ces journées.
28:35– Un, on se bagarre à l'intérieur.
28:37Et deux, on pose un cas d'école.
28:39Je ne sais pas si le cas d'école, c'est sur le masque.
28:42Je ne sais pas si c'est sur la voiture électrique.
28:43– Écoutez, sur les véhicules électriques.
28:45Trump est à 100% de taxe sur les véhicules chinois.
28:48L'Europe est à 25%.
28:50Sur l'acier, on est passé au-dessus de 30%.
28:53Expliquez-moi…
28:54Alors, évidemment, les ministres français disent
28:56« Regardez, on a quand même obtenu ça ».
28:58Donc, eux, ils disent « Nous, on se bat,
28:59mais il y a un moment, on se prend des portes ».
29:01Donc, le commissaire européen, ces journées, dit,
29:04il menace les autres États membres en disant
29:06« Si nous ne le faisons pas collectivement,
29:09on le fera individuellement. »
29:10Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
29:11– C'est le sens de l'histoire.
29:12C'est le sens de l'histoire.
29:14– Ah, c'est le sens de l'histoire.
29:15– Donc, la France prendra des mesures de sécurité économique.
29:19Individuelle.
29:20– C'est une nécessité depuis des années.
29:21C'est une nécessité démocratique,
29:23parce que les Français ont voté, le 29 mai 2005,
29:26à 55% et à 80% chez les ouvriers.
29:29Ils ont dit « Non, nous ne voulons pas la concurrence libre et non faussée.
29:32Non, nous ne voulons pas la libre circulation
29:34des capitaux et des marchandises.
29:35Nous voulons de la régulation.
29:37On ne veut pas de l'autarcie.
29:38On ne veut pas se fermer, mais on veut de la régulation.
29:41Voilà la demande profonde du peuple français.
29:43Et notre démocratie…
29:44– Et donc, vous pourriez reprendre à votre compte « France first »
29:47en mauvais français, du coup.
29:48C'est ça, si je suis votre nom…
29:50– Je ne ferai pas…
29:51– La France d'abord.
29:52– Je ne ferai pas ce qu'a fait Trump aux États-Unis.
29:55C'est-à-dire que je considère que relever les barrières douanières
29:57de manière uniforme sur tous les produits n'a pas de sens.
30:00Il nous faut identifier les 100 produits
30:02qui nous paraissent les 100 produits stratégiques
30:04sur lesquels, là, on vient muscler notre jeu,
30:07on vient produire des taxes frontières et des barrières douanières.
30:10– Une objection, François Ruffin.
30:12– Rapide.
30:13– Trump a mis des taxes très élevées sur les produits chinois.
30:17Les importations chinoises aux États-Unis
30:20en 4 mois de l'année 2026 ont chuté de 20%.
30:24Donc, Trump, pardonnez-moi, il y a de l'effet, ça marche ?
30:27– Mais je dis…
30:28– C'est ce qu'il faudrait que l'Union européenne fasse ?
30:29– Ce que je dis, M. Montebourg,
30:31c'est qu'il faut le faire de manière ciblée.
30:33Est-ce qu'il est aussi prioritaire de retrouver, je vois, des éoliennes,
30:39donc de la technologie sur toute l'énergie,
30:42qu'il l'est de retrouver de la souveraineté sur votre cravate ?
30:46Je crois qu'il y a des priorités à faire
30:49dans ce qu'on veut rapatrier dans notre pays,
30:51ce sur quoi on veut retrouver notre souveraineté.
30:53– Alors, vous n'avez pas répondu à la question fiscale,
30:56parce que si vous voulez qu'il y ait des chefs d'entreprise
30:58qui montent des boîtes, qui les fassent prospérer,
31:00qui créent des emplois, qui remplacent les friches industrielles
31:04par des entreprises et des usines,
31:05il y a un moment, il va falloir écouter ce qu'il raconte.
31:08– Mais il faudra faire donc…
31:09– J'en suis un, cher ami, j'en suis un devenu !
31:12– D'abord, j'ai mon parcours de petit entrepreneur, moi aussi,
31:15et par ailleurs, je ne fais que discuter avec des patrons,
31:19notamment de PME.
31:20Je le dis pourquoi.
31:21Le rapport d'Olivier Luanzi,
31:23qui devait être remis au chef de l'État,
31:25finalement, il y a renoncé,
31:26parce que ce qu'il y avait à l'intérieur ne lui convenait pas.
31:28Qu'est-ce qu'il venait dire ?
31:29Il venait dire deux tiers du potentiel de réindustrialisation,
31:32ce sont les PME.
31:33Or, on a un État qui pense par les gros et par le haut,
31:38et qui donne du coup des aides publiques
31:40aux plus grosses entreprises qui les taxent moins,
31:42tandis qu'on a des PME qui aujourd'hui payent davantage d'impôts,
31:46et en revanche, reçoivent moins d'aides publiques.
31:49– Mais il faut faire la saison 2 de ce débat entre vous,
31:51vous êtes inarrêtable.
31:52Mais c'est vrai que c'est un sujet…
31:54– Il faut qu'on s'arrête.
31:54– Il faut qu'on s'arrête, évidemment, parce que ça va trop vite.
31:57– C'est une question de passer d'une mondialisation malheureuse
31:59à une démondialisation heureuse.
32:00– Juste un dernier mot, parce que j'ai envie de vous entendre,
32:03Arnaud Montebourg aussi, on en parlait dans la semaine d'Arnaud Montebourg tout à l'heure,
32:07les propos de Bali Bagayoko sur la Marseillaise,
32:11j'aimerais vous entendre.
32:12– Mais c'est une faute, c'est une faute évidente,
32:14et moi dans mon histoire, au contraire,
32:17je me suis toujours bagarré pour que nos symboles républicains,
32:20nos symboles nationaux, la Marseillaise,
32:22le drapeau tricolore, la devise liberté, égalité, fraternité,
32:26qui sont issues de la Révolution,
32:27ne se mettent pas à appartenir au Rassemblement National.
32:31C'est une faute, et je rappelle…
32:32– Mais ça appartient à tous les Français ?
32:33– Mais bien sûr.
32:37Donc ça n'appartient pas à un camp,
32:39ça n'appartient pas à un parti,
32:40ça n'appartient pas à une coterie,
32:41ça appartient à tout le pays.
32:42Mais c'est quand même issu du mouvement révolutionnaire,
32:45d'une tradition de gauche.
32:46Et souvenez-vous de ce qu'avait dit Lignan Thuram en 2001,
32:52lorsque l'hymne national avait été sifflé par l'Algérie,
32:55que le match avait été arrêté…
32:56– En 2001, effectivement.
32:57– Parce que le terrain avait été envahi par des supporters.
32:59Il avait pris l'un des jeunes gars qui étaient là,
33:01en lui disant « Mais tu te rends compte la bêtise que vous faites ?
33:03Tu te rends compte le cadeau que vous faites aux racistes du pays ?
33:06C'est pas ça du tout qu'il faut faire, c'est l'inverse. »
33:09Et il y avait, chez Lignan Thuram,
33:11la grande conscience d'une faute politique ce soir-là,
33:13et un an plus tard, on avait Jean-Marie Le Pen
33:16qui a accédé au deuxième tour de l'élection présidentielle.
33:18– Je vous entends très attentif.
33:19– Écoutez, franchement, ce maire ne devrait pas être maire.
33:24Excusez-moi, il ne devrait plus l'être.
33:26– Ce sera le mot de la fin.
33:26– C'est inadmissible ce qu'il a fait.
33:28– Ce sera le mot de la fin.
33:29– Vraiment, c'est très grave ce qu'il a fait.
33:31Écoutez-moi bien.
33:32– Et on vous a bien entendu.
33:33Merci beaucoup François Ruffin pour ce duel passionnant.
33:36Il faudra faire la saison 2, franchement,
33:37parce que la conversation n'est pas terminée entre vous.
33:39Merci beaucoup.
33:41– Merci Monsieur Ruffin.
33:41– Bon retour dans la Somme, en Picardie.
33:44– Vive la Picardie, en effet.
33:46À très bientôt, à 7h de l'émission.
33:48– C'est l'endroit où il y a le plus éoliennes dans le pays.
33:51– Ils sont inarrêtables et très dissipés.
33:53Mais à 7h de l'émission, c'est à présent la séquence
33:56« On marche sur la tête ».
33:57Et je suis ravie d'accueillir Élise Macarato,
34:02responsable de campagne et plaidoyer climat et inégalité
34:05chez Oxfam France.
34:06Vous restez avec nous François Ruffin ?
34:08– Je vais essayer de prendre mon train le plus vite possible.
34:10– Mais vous pouvez quitter le plateau.
34:11– J'ai lu le compte-rendu d'Oxfam sur le plan climat canicule.
34:15– Effectivement, un rapport très à charge.
34:18En effet, l'État qui faillit à protéger les populations
34:21face à la chaleur, face au climat qui se dérègle.
34:26Ça, c'est une réalité.
34:27La France suffoque.
34:29Vigilance rouge sans doute déclenchée
34:31dans plusieurs départements dimanche prochain.
34:33Ça aussi, c'est la réalité.
34:34Arnaud Montebourg, l'État faillit à protéger nos populations
34:38avec des chiffres clés.
34:39La chaleur a provoqué, selon votre rapport,
34:445 398 décès chaque année en France.
34:46L'été 2025, la mortalité liée à la chaleur
34:49a été de 31% plus élevée dans les 10 départements
34:53les plus pauvres que dans les 10 départements
34:55les plus riches.
34:57Parce que la chaleur aussi touche les plus vulnérables
35:00et finalement les pénalise beaucoup plus que les plus riches.
35:03Complètement.
35:04C'est notre travail en fait chez Oxfam,
35:06puisqu'on est une ONG de solidarité
35:08qui lutte contre les inégalités,
35:10de documenter cette réalité et de proposer des solutions.
35:13Et de savoir dans quel monde on vit aujourd'hui.
35:16Alors apparemment, on n'est pas tous dans la même réalité
35:19puisqu'on a la ministre de la Transition écologique,
35:21Monique Barbu, qui il y a deux jours se gargarisait
35:24en disant que la France était pionnière
35:27dans l'adaptation au changement climatique
35:29et qu'on avait atteint 85% de nos objectifs
35:32du plan d'adaptation au changement climatique.
35:34Ça c'est inentendable de votre point de vue.
35:35Ça ce n'est pas la réalité que nous on a documentée.
35:39La réalité que nous voyons déjà tous les jours,
35:41c'est qu'on suffoque autour de nous,
35:42moi, vous, tout le monde suffoque.
35:44Et surtout, ce qu'on documente dans ce rapport,
35:46c'est que le changement climatique
35:48et notamment les vagues de chaleur, etc.
35:51ils viennent aggraver la santé des Français.
35:54Vous l'avez dit, 5 398 morts par an
35:58à cause des vagues de chaleur.
35:59Mais ce qu'on voit aussi, c'est que ça augmente les maladies.
36:02Ça augmente, par exemple, les accidents vasculaires cérébrales,
36:06plus 7%, ou les infarctus, plus 3,8%.
36:10Et ça augmente aussi, par exemple, les maladies rénales,
36:12plus 70% de maladies rénales pendant des vagues de chaleur.
36:16Ça, ce sont des chiffres très intéressants.
36:18Mais Arnaud Montebourg, ce que montre et démontre aussi ce rapport,
36:21et j'y reviens, c'est cette inégalité sociale.
36:24Cette inégalité quand vous avez un logement mal isolé,
36:27quand vous avez une bouilloire technique.
36:30C'est bien beau de dire, allez acheter une clim,
36:32mais aujourd'hui, vous avez des millions de Français
36:35qui sont dans l'incapacité de dépenser 4 ou 500 euros là-dedans.
36:38Quand vous avez des services publics qui sont défaillants,
36:41là, c'est encore plus grave.
36:42Il y a 200 000 personnes supplémentaires aux urgences
36:45en période caniculaire ces derniers jours.
36:48Comme chaque année, on est habitués.
36:51Et vous avez eu 163 services d'urgence sur 389
36:54qui ont fermé pendant l'été, l'épisode caniculaire de l'été 23.
36:57Donc, vous avez quand même, là, quand le service public ne marche pas,
37:01vous avez des gens qui se retrouvent en grave difficulté.
37:04Donc, vous avez raison de signaler qu'il va falloir se remettre à investir.
37:09Complètement.
37:10Quelle est votre position là-dessus ?
37:12Ce qu'on montre dans le rapport, c'est effectivement que,
37:16déjà, les impacts du changement climatique sur la santé,
37:18comme vous l'avez dit, sont très inégalitaires.
37:22Les femmes, par exemple, sont plus touchées.
37:24Les quartiers populaires, vous l'avez dit.
37:26Mais ce qu'on voit, c'est une augmentation des maladies
37:29et, en parallèle, une baisse des capacités de l'hôpital public.
37:32Donc, on voit bien que les courbes se croisent et ce n'est pas tenable.
37:36Vous avez tout à fait raison, il faut investir.
37:38Il faut investir, alors, selon les chiffrages,
37:40il faut investir plusieurs millions, en tout cas, dans l'hôpital public.
37:44Ce qu'on a trouvé, également, en faisant ces recherches,
37:46c'est qu'aujourd'hui, on a 60% du bâti hospitalier qui est vétuste.
37:51Donc, moi, quand je vois des images de chambres d'hôpital
37:54avec des couvertures de survie sur les fenêtres,
37:57ça, ce n'est pas de l'adaptation.
37:58C'est de l'inadaptation.
38:00Quand vous entendez, notamment, le Rassemblement national
38:03vanter un grand plan clim,
38:05ça va dans le bon sens, selon vous, ou c'est complètement irréaliste ?
38:08L'inadaptation, c'est un besoin
38:10pour des populations très vulnérables.
38:12À l'hôpital, par exemple.
38:13Mais, en fait, là, on est devant un choix.
38:15Les EHPAD, pour les personnes pas âgées.
38:15Voilà, on est devant un choix de société.
38:18Où est-ce qu'on met les investissements ?
38:20Qu'est-ce qu'on priorise ?
38:21Par exemple, moi, quand je vois les cinémas
38:22qui sont climatisés et pas les lits d'hôpitaux,
38:24ça, ce n'est pas normal.
38:25Ce qu'il faut, c'est avoir un grand plan
38:27de rénovation des bâtiments, des hôpitaux,
38:30des écoles, des logements,
38:31qui va nous permettre d'économiser aussi.
38:33C'est ce qu'on montre dans le rapport.
38:38Notre bénéfice, bien sûr, il faut investir,
38:40mais en parallèle, vous avez déjà le confort de vie.
38:43En fait, on vit quand même mieux
38:44quand on a ni trop chaud ni trop froid.
38:45Ça, c'est certain.
38:46Vous avez la facture d'électricité
38:47qui baisse entre 15 et 25 %
38:51selon les populations.
38:52Donc, ça, c'est intéressant
38:53pour le portefeuille des Français.
38:56Mais vous avez aussi les émissions
38:57de gaz à effet de serre qui baissent aussi.
38:59Donc là, on évite de contribuer
39:01au changement climatique.
39:02Donc, c'est aussi un objectif.
39:05Et enfin, ce qu'on calcule, par exemple,
39:06dans le rapport, c'est que chaque logement
39:08rénové, c'est 400 euros par an
39:10de frais de santé économisés.
39:12Pourquoi ?
39:12Tout simplement parce que les gens
39:13sont moins malades.
39:14Il y a moins de maladies respiratoires.
39:16Et donc, on économise, en fait,
39:181 euro investi dans la rénovation thermique.
39:20Alors, ça coûte combien, tout ça ?
39:22Le rattrapage, là, madame ?
39:23Le rattrapage ?
39:24La question et l'addition, en effet.
39:26Oui, moi, ça m'intéresse.
39:27Excusez-moi.
39:29On ne rase pas gratis sur ce plateau.
39:31Tout à fait.
39:31Alors, moi, je vais vous dire
39:32combien ça coûte et surtout...
39:33Et rapidement.
39:34Et très rapidement, s'il vous plaît.
39:35On a besoin de 6,5 milliards par an
39:38pour rénover les hôpitaux
39:40et faire en sorte
39:41qu'ils soient adaptés
39:43aux changements climatiques.
39:44Nous, chez Oxfam,
39:45on pense qu'il faut appliquer
39:46le principe pollueur-payeur.
39:48C'est très simple.
39:49Comme le disait Gabriel Attal,
39:50tu casses, tu répares,
39:52tu salis, tu nettoies.
39:54Et bien, là, c'est pareil.
39:55On peut tout à fait, par exemple,
39:56taxer Total Energy,
39:57qui est un des principaux responsables
40:00de la crise climatique,
40:01qui est responsable, en fait,
40:04des conséquences qu'on a aujourd'hui.
40:06Là, vous reprenez le chemin
40:07de l'Assemblée nationale,
40:08mais vous n'êtes pas député.
40:09On a...
40:09Si vous taxez Total Energy,
40:11ça peut venir, si c'est.
40:1217 mois de bénéfice
40:14de Total Energy
40:15permet de financer
40:17les investissements
40:18dans l'hôpital
40:18dont on a besoin
40:20jusqu'en 2050.
40:21Et ça va sans doute...
40:22C'est possible.
40:22Et ça sera sans doute,
40:23Arnaud, on n'en doute pas,
40:24un enjeu aussi
40:25de cette élection présidentielle.
40:26C'est qu'il va falloir
40:27que ça parle.
40:28Si vous voulez,
40:29tous les sujets
40:30convergent vers Total Energy.
40:32Il y a un moment...
40:33Peut-être un peu facile.
40:35Pour l'instant, il n'y en a aucun.
40:36Pour l'instant, il n'y en a aucun.
40:37Mais tous les sujets
40:38finissent par converger.
40:394 milliards de bénéfices
40:40comme si c'était
40:40la vache à lait nationale.
40:42Je suis obligée de vous dire.
40:43La vache à lait
40:43va prendre ses sabots
40:46à son cou
40:46et va courir
40:48outre-Atlantique.
40:48Et il a déjà commencé
40:49et est allé à la Bourse de New York.
40:50Je voulais juste vous dire,
40:52pardonnez-moi,
40:52je voulais juste vous dire
40:54que l'effort d'un pays,
40:57c'est un exercice de cohérence.
40:59Donc il y a des choses
41:00qu'on va faire,
41:00des choses qu'on ne va pas faire.
41:01Donc c'est pour ça,
41:02chacun vient avec son petit morceau
41:03pour dire je veux ci,
41:04je veux ça,
41:05il nous faut ci,
41:05il nous faut ça.
41:06Puis quand on fait l'addition,
41:07on voit que les dredons
41:09ne rentrent pas dans la valise.
41:10C'est pour ça qu'il faut faire
41:11des choix politiques.
41:12Des choix politiques.
41:14Et à ce moment de l'émission,
41:16on ne peut pas se quitter sans
41:18les génies du Made in France.
41:19Merci beaucoup à vous
41:20et nous rejoins.
41:21Parce qu'il y a des génies
41:21qui inventent la suite.
41:23Et qui inventent la suite.
41:24En l'incurrence,
41:25Jean Crozetti,
41:26merci beaucoup d'être là.
41:27Vous êtes le PDG,
41:29le fondateur de Bubble Robotics.
41:31Alors,
41:32je vais être honnête avec vous,
41:33quand on m'a dit
41:33qu'on vous recevait,
41:35je ne savais pas du tout
41:36de quoi il était question
41:37et peut-être l'été spectateur
41:38qui nous regarde non plus.
41:40Mais on a des images
41:41parce qu'aujourd'hui,
41:42les océans sont au cœur
41:43des enjeux stratégiques.
41:44Ça, c'est une réalité.
41:45en témoigne l'importance
41:46du Détroit d'Hormuz.
41:47Voilà vos petits objets
41:48que vous fabriquez.
41:50La start-up,
41:50votre start-up,
41:51développe donc des repos maritimes
41:53afin de répondre
41:53au manque de main-d'œuvre
41:55sur des cas d'usage critique.
41:57Mais pas que.
41:58Et ça,
41:59c'est 100%
42:00Made in France.
42:01Pas Made in Montebourg,
42:02mais Made in France.
42:03Alors,
42:04c'est fabri...
42:04Bonjour, monsieur.
42:05Félicitations.
42:06C'est travailler où ?
42:06C'est fait où ?
42:07C'est fabriqué où ?
42:08Qu'est-ce que vous êtes
42:09en train de faire ?
42:09Expliquez-nous.
42:10Alors,
42:11merci beaucoup de me recevoir déjà.
42:12Avec plaisir.
42:13Le robotique,
42:14si on déploie
42:14des systèmes robotiques sous-marins
42:16qui peuvent persister en mer
42:17plus de six mois
42:18pour, par exemple,
42:18travailler sur des parcs éoliens en mer.
42:20Parce que...
42:21Pour quelle raison ?
42:22On pense qu'il y a
42:23une révolution industrielle
42:24qui se prépare aujourd'hui
42:25dans l'océan.
42:25L'éolien en short
42:26va être multiplié par six
42:27dans les cinq ans qui viennent.
42:28Aujourd'hui,
42:28on se rend compte
42:29que les actifs critiques
42:29au fond des océans
42:30sont menacés.
42:32Et pourtant,
42:32c'est eux qui,
42:33on va dire,
42:33maintiennent notre qualité de vie.
42:35Si demain,
42:35on coupe un câble Internet,
42:36on a des vrais sujets.
42:38Et puis,
42:38c'est aussi le plus grand
42:39puits de carbone du monde,
42:40l'océan.
42:41Un hectare d'algues,
42:42ça stocke 30 fois plus de CO2
42:43qu'un hectare d'arbres.
42:45Et donc,
42:45il y a un potentiel à exploiter.
42:47Aujourd'hui,
42:47on n'a pas les moyens
42:48d'exploiter fondamentalement
42:49si on n'a pas des systèmes robotiques
42:50qui puissent faire le travail
42:51à l'échelle.
42:52Et ça se fabrique où, alors ?
42:53Alors,
42:53ça se fabrique en France.
42:54On est en partant
42:54avec l'IFROMER,
42:55par exemple,
42:55que vous connaissez peut-être.
42:56Bien sûr.
42:57Le centre de recherche
42:57sur les océans
42:58avec qui on fait
42:59toutes nos phases de déploiement
43:00entre Brest et Toulon.
43:03Et vos machines,
43:04elles savent faire quoi,
43:05par exemple ?
43:05Alors,
43:06un des quatre usages principaux
43:07sur lesquels on travaille
43:08et on commence,
43:08c'est l'inspection.
43:09Il faut savoir que
43:10si vous êtes un parc éolien
43:10aujourd'hui,
43:11vous devez inspecter,
43:12sinon vous n'êtes pas assuré,
43:12par exemple.
43:13Mais ces inspections
43:14coûtent très cher.
43:15On parle de 20,
43:1630 000 euros par jour
43:17et 90 % de cette somme,
43:18en fait,
43:19ce n'est pas tellement
43:20ce que vous faites sous l'eau,
43:20c'est comment est-ce que
43:21vous allez en mer.
43:22Mais aujourd'hui,
43:22c'est quoi ?
43:22C'est des hommes,
43:23c'est des humains qui le font.
43:24C'est des bateaux,
43:25c'est des plongeurs,
43:25c'est des systèmes extrêmement chers
43:26et au-delà du prix même,
43:28c'est des systèmes
43:29qu'on n'a pas vraiment
43:29à disposition tant que ça.
43:30Il en manque énormément.
43:31Il va manquer plus de 600 000
43:34travailleurs formés
43:34d'ici 2030
43:35dans l'éolien seulement.
43:36Donc,
43:37il y a un énorme sujet
43:38et c'est un sujet de souveraineté aussi.
43:39Bien sûr.
43:40Parce que l'éolien,
43:40c'est une manière
43:41de produire l'énergie chez nous
43:42sans dépendre de...
43:43Vos machines vont avoir
43:45combien d'autonomie ?
43:45Vous avez dit six mois,
43:46mais en distance
43:52parce qu'ils peuvent
43:53se régénérer en mer,
43:54ils peuvent reproduire
43:54leur énergie.
43:55Et donc,
43:56en fait,
43:56c'est des journées,
43:57c'est des charges.
43:58Ils peuvent faire 80,
43:5890 km sur une charge.
44:01Et comment ils se renouvellent
44:02en mer alors ?
44:03Alors,
44:03ça fait partie
44:03de notre propriété intellectuelle
44:05et des éléments cœur
44:06qu'on a pu développer.
44:07Vos secrets aussi, finalement.
44:08Un peu nos secrets industriels,
44:09en effet,
44:09le fait de pouvoir combiner
44:11les énergies qu'on trouve
44:11déjà au large.
44:12L'océan est un environnement
44:13extrêmement énergétique.
44:14Il y a des vagues,
44:15il y a du vent,
44:15il y a des courants.
44:16On peut taper là-dedans
44:17pour pouvoir alimenter
44:18nos systèmes.
44:19Moi, j'ai une question.
44:20Vous parlez des parcocheurs.
44:22On parlait aussi
44:23du détroit d'Hormuz.
44:24On a parlé d'un détroit
44:25peut-être miné.
44:27Vrai, faux.
44:28Est-ce que vos petits robots
44:30pourraient aller sécuriser
44:31le détroit d'Hormuz
44:32et s'assurer qu'il n'y ait...
44:33En clair, avez-vous
44:33des usages militaires ?
44:35On peut avoir des usages
44:36de défense, en effet.
44:38Le détroit d'Hormuz
44:38est un cas d'usage
44:39vraiment intéressant.
44:40Et c'est là où on se rend compte
44:41qu'aujourd'hui,
44:41le secteur maritime
44:42est à l'ère du drone Reaper.
44:44Si vous connaissez,
44:44ces gros drones américains
44:45ne sont pas encore passés
44:46au Shahed,
44:46qui coûtent très peu cher.
44:48Donc, le moindre système
44:48que vous envoyez
44:49pour les déminer
44:50coûte des millions d'euros pièces.
44:51Nous, on crée des systèmes
44:52dix fois moins chers
44:53qui peuvent faire
44:53une grande partie du spectre.
44:55Et donc, évidemment,
44:56quand il s'agit d'avoir
44:57de l'échelle
44:57dans des terrains stratégiques
44:58qui ne sont pas accessibles,
45:00nos technologies vont avoir
45:01un avantage naturel.
45:02Et c'est Made in France
45:03et une fierté française
45:04d'une entreprise
45:05qui, on espère, pour vous,
45:07va grandir encore et encore.
45:08Vous êtes où ?
45:09Dites-nous, le lieu, c'est où ?
45:10On est basé entre Brest,
45:12Toulon
45:12et une partie de CELR&D
45:13faite à Zurich.
45:14Merci beaucoup
45:15d'avoir été avec nous
45:16ce soir.
45:16Merci et longue vie
45:17à vos petites machines
45:19de six mois sous l'eau
45:20Made in France.
45:22Made in France, évidemment.
45:23Merci Arnaud Montebourg.
45:25Merci.
45:25Merci beaucoup
45:26pour ce Made in Montebourg.
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