00:00La Fédération Française du Bâtiment tient son congrès annuel à Biarritz, aujourd'hui et demain.
00:04Le bâtiment est plus largement d'ailleurs le BTP, un bâtiment à travaux publics, un rouage important de l'économie.
00:09On fait un état des lieux chez nous dans le 64 avec Sébastien Labourdette,
00:13le président de la Fédération du BTP dans les Pyrénées-Atlantiques, qui est votre invité Yves Tussaud.
00:17Sébastien Labourdette, bonjour.
00:19Bonjour.
00:19Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:21Un peu plus de 7000 entreprises, 16000 salariés, le BTP acteur majeur de l'économie dans ce département, dans les
00:27Pyrénées-Atlantiques.
00:28Et on a tendance à dire, quand le bâtiment va, tout va. Est-ce que tout va bien ?
00:33Bien écoutez, tout va bien, je dirais un peu comme la météo, c'est un petit peu chaud.
00:38On a aujourd'hui une activité qui est très très au ralenti.
00:41On vient de sortir d'un cycle électoral, notamment sur la partie municipale et EPCI,
00:46qui a fait que certains exécutifs sont en train de se remettre en place.
00:50Donc ça a limité les marchés publics ?
00:52Effectivement, marché public et plus largement la politique d'aménagement d'un territoire.
00:56Donc dans nos métiers, on parle quand même beaucoup de logements qui sont souvent à la main des exécutifs locaux.
01:01La partie logements dans ce département, particulièrement sur le Pays-Basque,
01:05est quand même toujours dans un seuil très très bas de construction.
01:08On est autour de 2500 logements cette année contre 6000 annuels sur les dix dernières années.
01:13Donc on reste quand même dans un seuil bas.
01:15Frémissement est là, on a quelques reprises d'activité sur ces dossiers de logement.
01:19On reste quand même très préoccupés par cette situation.
01:23Calendrier électoral, mais pas que. On a eu de l'instabilité mondiale, entre guillemets.
01:29La hausse des prix des carburants, hausse des prix des matières premières,
01:32ça remet en cause certains contrats qui ont pu être passés,
01:35certains chantiers qui ont été commencés ?
01:37Oui, la géopolitique dans son ensemble,
01:40tous les aléas qui viennent percuter les métiers du bâtiment et des travaux publics,
01:44viennent parfois un petit peu modifier les calendriers d'exécution de certains projets.
01:48La hausse des prix, je vous dirais, qui charge à nous de pouvoir construire et continuer de construire dans ce
01:54pays,
01:55en étant de moins en moins lié à tous ces éléments de géopolitique qu'on ne maîtrise pas.
02:00Parlons de l'énergie.
02:01Aujourd'hui, on a des solutions d'énergie propre, locale,
02:04comme la géothermie, qui viendraient largement impacter les factures énergétiques
02:08de nos collectivités ou de nos citoyens.
02:10On doit aller vers des schémas d'autonomie,
02:13en tout cas de pouvoir moins être dépendant des aléas extérieurs.
02:18Ce sont aux entreprises de s'adapter ?
02:20Les entreprises s'adaptent, elles le démontrent.
02:23Je suis dans ma sixième année de mandat dans ce département.
02:26J'ai eu du Covid, j'ai eu de l'Ukraine, j'ai eu de l'Iran.
02:29Je pense qu'on est dans un cycle qui continuera,
02:31quels que soient les aléas, et aux entreprises de s'adapter,
02:34mais surtout au milieu économique et, je dirais, politique,
02:37d'avoir le courage de pouvoir accompagner les entreprises dans cette transition.
02:40Est-ce que ces douze derniers mois, des entreprises ont dû fermer,
02:43se sont retrouvées en redressement, liquidation, judiciaire,
02:46vu le contexte général dans le département ?
02:48C'est le cas.
02:49J'ai malheureusement environ 130 entreprises de notre profession
02:53qui ont passé les portes du tribunal de commerce de Pau et de Bayonne.
02:58C'est environ 800 emplois, c'est déplorable,
03:01mais les différents changements liés notamment à la politique
03:04d'accompagnement du logement dans ce pays
03:06ont fait que les possibilités d'évolution de ces constructions
03:11n'ont pas permis la réalisation de certains projets
03:14et ont freiné certains projets de logements,
03:16notamment, et donc n'ont pas permis à certaines entreprises de passer l'année.
03:19Il est 8h moins 10 sur ICI Pays Basque,
03:21notre invité Sébastien Labourdette,
03:22le président de la fédération du BTP dans le 64.
03:25Quand je vous ai demandé en début d'entretien
03:27comment allait le bâtiment,
03:28vous m'avez dit chaud,
03:29mais la météo corrobore vos propos,
03:32nouvelle vague de chaleur.
03:33On a déjà connu une vague de chaleur
03:35qui était très très tôt dans la saison,
03:37c'était fin mai.
03:38Là, il y a un réel besoin d'adaptation pour les entreprises
03:41et avec un phénomène qui va se répéter.
03:44Donc, est-ce qu'il va falloir changer
03:46le modèle d'organisation et de travail
03:49des entreprises du BTP ?
03:50Oui, je pense que profondément,
03:52ce pays est maintenant percuté
03:54par des phénomènes climatiques de plus en plus importants.
03:57Vous avez raison de le dire.
03:58Aujourd'hui, on a une vague de chaleur
03:59qui fait qu'on nous annonce 42 degrés dimanche au Pays Basque.
04:04Les chefs d'entreprise du BTP
04:05sont très préoccupés par la santé de leurs collaborateurs.
04:08On adapte les horaires de chantier,
04:10on amène de l'eau sur les chantiers
04:12pour pouvoir permettre à nos salariés de s'hydrater.
04:16On aménage aussi les chantiers.
04:17Par contre, il faut que les pouvoirs publics,
04:20là aussi, nous accompagnent
04:21puisque des fois, certaines mairies
04:22ou certains riverains n'acceptent pas des horaires aménagés
04:25en raison du bruit,
04:26en raison des nuisances que cela peut générer.
04:28Il est nécessaire que nos salariés soient protégés.
04:30Les horaires aménagés, ça veut dire quoi ?
04:31Commencer les chantiers à 6h, 7h le matin ?
04:34Ça nécessite de démarrer à 6h lorsqu'on le peut
04:36et vous comprendrez que les contraintes familiales
04:38parfois ne sont pas si simples que ça
04:39parce qu'il faut que les salariés puissent arriver au travail à 6h.
04:42Mais il y a surtout tout ce qui est périphérique au chantier
04:44où parfois on a des surprises
04:46que certains préfèrent dormir
04:47plutôt que de laisser nos salariés
04:49travailler à la fraîche, comme on dit,
04:52plutôt qu'au soleil.
04:53Si je comprends bien, ça veut dire
04:54que des collectivités, des municipalités
04:57demandent aux entreprises
04:59de ne pas travailler dès 6h du matin
05:01même s'il fait 40 degrés.
05:03Tout cela parce que des riverains se plaignent
05:05des nuisances, entre autres, sonores des chantiers.
05:07C'est ça.
05:08Donc le préfet Durain a pris un arrêté
05:10obligeant les entreprises à travailler à 6h.
05:12Vous voyez, c'est l'inverse.
05:12Moi, je demande à toutes les municipalités
05:14d'accepter des arrêtés
05:16et des permis de travail
05:17à partir de 6h du matin dans ce département
05:19pour protéger nos salariés.
05:20Il existe la caisse intempérie
05:22dans le monde du bâtiment.
05:24Elle existe depuis de très nombreuses années.
05:27Très souvent, pour le froid, la pluie.
05:32Canicule peut faire partie
05:33d'une caisse chômage intempérie dans le BTP ?
05:37Tout à fait.
05:37La canicule rentre désormais depuis 2 ans
05:39dans le champ d'application
05:40de la caisse intempérie.
05:42Canicule, comme vous le dites,
05:43c'est lié au plan de Météo France
05:46avec des alertes canicule orange et rouge,
05:48notamment sur le rouge,
05:49où on a la possibilité d'appliquer
05:51la caisse intempérie canicule
05:52dans ce domaine d'application.
05:54Ça reste néanmoins un dispositif d'accompagnement.
05:57Ce n'est pas la solution
05:57puisque quand on est dans l'intempérie,
05:59ni le chantier avance,
06:00ni le salarié perçoit les revenus
06:03qu'il peut percevoir en travaillant.
06:04Donc, ça reste une solution alternative.
06:06Merci Sébastien Labourdette
06:07d'avoir accepté notre invitation.
06:09Bonne journée à vous.
06:10Merci à vous.
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