Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 23 heures
36 heures après l'éboulement dramatique d'un pan de 2 000 mètres cubes de roche au pied du phare de Biarritz, ayant causé la mort d'une femme de 36 ans et la disparition de son compagnon de 34 ans, l'heure est au bilan et à la compréhension. Bernard Dulau, vice-président de l'association d'environnement Anglet Vert Océan, rappelle l'urgence d'une prise de conscience collective face au recul inexorable de notre littoral.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:0036 heures après l'effondrement d'une partie de la falaise à Biarritz, faisant au moins un mort et un
00:04disparu.
00:04Nous recevons ce matin Bernard Dulot, vice-président de l'association Anglais de Vert Océan.
00:09Il est votre invité, Yann Alarsabal.
00:10Et Gounon, Bernard Dulot, bonjour.
00:12Bonjour Yann Alarsabal, bonjour à tous.
00:13Votre association a pour but de protéger l'espace littoral.
00:16Vous avez pris la suite des Amis du Littoral et qui observent le recul du trait de côte depuis 1956.
00:22Alors, vous n'êtes pas un scientifique, vous n'êtes pas ingénieur,
00:26mais ça, ça vous donne quand même une certaine expertise sur cette question.
00:31L'effondrement d'un pan entier de la falaise comme ça au pied du phare, avant-hier, c'était inévitable
00:36?
00:37La première pensée qu'on doit avoir, c'est d'abord pour les plongeurs qui ont disparu et puis leur
00:43famille.
00:43C'est quand même un drame parce qu'il y a mort d'homme.
00:46Est-ce que c'est inévitable ?
00:47Oui, de toute façon, la nature gagne toujours.
00:49Je ne sais plus qui a dit récemment, si toi tu gagnes la nature, en fait c'est la nature
00:53qui gagne.
00:54Donc, un jour ou l'autre, c'est inévitable, c'est certain.
00:57Cette falaise en particulier est connue, elle est suivie régulièrement,
01:01mais sa conformation morphologique avec des strates de marne et de calcaire la rend fragile.
01:09Donc, on sait que des pans vont tomber.
01:11Le seul truc, c'est que malgré la surveillance et les capteurs,
01:14ce qu'on ne sait pas, c'est quand ça va tomber.
01:16Là, on parle quand même d'un gros morceau de 2000 mètres cubains ?
01:20Oui, c'est possible. Regardez à Bidar aussi ce qui tombe sur la corniche,
01:24même si la morphologie géologique est différente,
01:28mais c'est quand même, à chaque fois, c'est des morceaux importants.
01:31Mais est-ce que là, ça peut être considéré comme une conséquence de la canicule,
01:37des températures extrêmes qu'on a depuis une semaine là ?
01:40C'est difficile à dire. Ce qui est sûr, c'est que, bien comme vous l'avez dit,
01:43je ne suis pas, enfin je suis ingénieur, mais je ne suis pas expert en géologie.
01:47C'est difficile à dire, et comme toujours dans ces événements, il y a des causes multiples.
01:50Je pense que les fortes pluies qu'on a eues cet hiver ont fragilisé toutes les falaises.
01:56La formation particulière de marne et de calcaire de cette falaise en particulier,
02:01l'eau qui vient sur le calcaire, contribue aussi à la dissolution du substrat.
02:05Et la canicule, il est certain aussi, on le voit nous dans une maison, par exemple,
02:09lorsqu'un mur de pierre est collé à un mur de briques,
02:12au moment des fortes chaleurs, les deux ne réagissent pas de la même manière,
02:17il y a des écarts qui se font, et là c'est exactement pareil.
02:19La canicule intervient différemment sur les différentes couches de la falaise,
02:23et forcément il y a aussi des écarts qui se forment et qui fragilisent la falaise,
02:28et qui à terme, avec l'addition de plusieurs facteurs,
02:31peut contribuer à la chute d'une partie de la falaise.
02:35Ça veut dire qu'il faut s'attendre à d'autres éboulements, là, dans les prochains jours ?
02:39Alors, dans les prochains jours, je n'en sais rien du tout.
02:41Comme je vous disais, la falaise, elle est suivie.
02:44Le secteur, il est identifié déjà au travers de la stratégie locale de gestion des risques littoraux
02:50qui est piloté par la communauté d'Aglo et les communes littorales.
02:54Donc tout ça, c'est suivi, c'est identifié.
02:55Il y a des actions qui sont menées.
02:58Bien entendu, il y aura probablement de nouveau de l'érosion,
03:01à la fois due au changement climatique avec les chaleurs extrêmes,
03:05également la montée de l'eau, la violence des tempêtes qu'on a eues,
03:09parce que ce Cap-Saint-Martin, il est aussi connu pour avoir des cavités en pied de falaise.
03:15Donc la houle qui frappe là-dedans fragilise également.
03:17Donc très probablement, il y aura de nouveau des pans de falaises qui vont tomber.
03:227h49 sur ICI Pays Basque ce matin.
03:24Nous parlons érosion avec notre invité Bernard Dulot,
03:26vice-président de l'association Anglette Vert Océan.
03:29On sait que la route de la corniche est menacée par l'érosion.
03:32On sait que des habitations sont menacées.
03:34Quelles solutions ?
03:36Les solutions, dont les pouvoirs publics qui travaillent dessus,
03:39pour notre part, en tant qu'association,
03:42on a conscience que les pouvoirs publics ne peuvent pas tout
03:44et qu'il faut aussi faire appel à la responsabilité individuelle,
03:47à la conscience de chacun.
03:49Une fois de plus, être humble devant la nature.
03:52Savoir que les évolutions climatiques sont pour une très grande partie dues à l'action humaine.
03:57Donc il faut l'assumer, c'est nous qui en sommes la cause.
04:00Il faut l'assumer et assumer les dangers qui vont avec.
04:02Donc il faut être prudent.
04:04Il faut que chacun prenne sa part de responsabilité, mesurer les dangers.
04:09Pour notre part, notre association, on organise tous les ans
04:11ce qu'on appelle les rencontres littorales d'Anglette
04:13sur un thème qui est en rapport avec l'océan.
04:16Et ça contribue à la sensibilisation aussi des gens,
04:19puisque c'est ouvert au public, assez gratuit.
04:21C'est ouvert à tout le monde.
04:23On contribue à la sensibilisation des gens qui résident ou qui pratiquent le littoral.
04:27Quand vous dites qu'il faut rester humble, ça veut dire quoi exactement ?
04:30On ne fait rien ?
04:31Non, non, ce n'est pas on ne fait rien.
04:33Il y a des actions qui sont menées.
04:34Quand je parlais de la stratégie locale de gestion des risques littoraux
04:37qui est pilotée par la communauté d'Anglo,
04:39il y a tout un tas d'actions qui en découlent.
04:44Donc on continue à mettre du béton, par exemple, dans les falaises ?
04:46Alors ça dépend, il y a plusieurs niveaux de protection.
04:49Dans le cas du Cap Saint-Martin, c'est la protection dure qui a été choisie
04:54parce que c'est le risque qui pilote les décisions publiques.
04:58Et le risque c'est quoi ?
04:59C'est lorsqu'on croise l'aléa, donc là c'est l'érosion en l'occurrence, et les enjeux.
05:03Et quand vous dites protection dure, c'est le béton, c'est ça ?
05:06Dans ce cas-là, oui, aujourd'hui c'est le béton en pied de falaise.
05:09C'est aussi la surveillance très pointue des évolutions de la falaise.
05:14Si on se projette sur les plages hollandaises où il n'y a pas grand-chose,
05:19l'érosion, elle grignote de la plage, mais elle grignote de la plage,
05:23et puis ça s'arrête là. L'enjeu, il est faible.
05:25Sur le Cap Saint-Martin, il y a des maisons privées pour, je crois de mémoire,
05:30ça doit être les 60 millions d'euros qui ont été évaluées,
05:32et puis il y a un phare qui est signature de Biarritz,
05:36et qui est inimaginable de délocaliser.
05:38Donc forcément, là, c'est la protection dure qui a été choisie comme stratégie.
05:42Dans d'autres cas, sur les plages sableuses d'Anglette,
05:45c'est des protections plus douces, avec des ganivelles,
05:47avec le dragage et le clapage du sable qui contribuent à maintenir les plages.
05:54Il y a des stratégies différentes en fonction de chaque contexte,
05:57et surtout des risques de chaque secteur.
05:59Et ça coûte des millions.
06:00Et ça coûte très cher.
06:01Mais délocaliser aussi, ça coûte très très cher.
06:04Millechker, merci Bernard Dulot d'avoir été en direct avec nous ce matin.
06:08Avec plaisir.
06:08On vous retrouve et toutes les explications que vous nous avez données sont sur ici.fr d'ores et déjà
06:12en podcast.
Commentaires

Recommandations