00:0036 heures après l'effondrement d'une partie de la falaise à Biarritz, faisant au moins un mort et un
00:04disparu.
00:04Nous recevons ce matin Bernard Dulot, vice-président de l'association Anglais de Vert Océan.
00:09Il est votre invité, Yann Alarsabal.
00:10Et Gounon, Bernard Dulot, bonjour.
00:12Bonjour Yann Alarsabal, bonjour à tous.
00:13Votre association a pour but de protéger l'espace littoral.
00:16Vous avez pris la suite des Amis du Littoral et qui observent le recul du trait de côte depuis 1956.
00:22Alors, vous n'êtes pas un scientifique, vous n'êtes pas ingénieur,
00:26mais ça, ça vous donne quand même une certaine expertise sur cette question.
00:31L'effondrement d'un pan entier de la falaise comme ça au pied du phare, avant-hier, c'était inévitable
00:36?
00:37La première pensée qu'on doit avoir, c'est d'abord pour les plongeurs qui ont disparu et puis leur
00:43famille.
00:43C'est quand même un drame parce qu'il y a mort d'homme.
00:46Est-ce que c'est inévitable ?
00:47Oui, de toute façon, la nature gagne toujours.
00:49Je ne sais plus qui a dit récemment, si toi tu gagnes la nature, en fait c'est la nature
00:53qui gagne.
00:54Donc, un jour ou l'autre, c'est inévitable, c'est certain.
00:57Cette falaise en particulier est connue, elle est suivie régulièrement,
01:01mais sa conformation morphologique avec des strates de marne et de calcaire la rend fragile.
01:09Donc, on sait que des pans vont tomber.
01:11Le seul truc, c'est que malgré la surveillance et les capteurs,
01:14ce qu'on ne sait pas, c'est quand ça va tomber.
01:16Là, on parle quand même d'un gros morceau de 2000 mètres cubains ?
01:20Oui, c'est possible. Regardez à Bidar aussi ce qui tombe sur la corniche,
01:24même si la morphologie géologique est différente,
01:28mais c'est quand même, à chaque fois, c'est des morceaux importants.
01:31Mais est-ce que là, ça peut être considéré comme une conséquence de la canicule,
01:37des températures extrêmes qu'on a depuis une semaine là ?
01:40C'est difficile à dire. Ce qui est sûr, c'est que, bien comme vous l'avez dit,
01:43je ne suis pas, enfin je suis ingénieur, mais je ne suis pas expert en géologie.
01:47C'est difficile à dire, et comme toujours dans ces événements, il y a des causes multiples.
01:50Je pense que les fortes pluies qu'on a eues cet hiver ont fragilisé toutes les falaises.
01:56La formation particulière de marne et de calcaire de cette falaise en particulier,
02:01l'eau qui vient sur le calcaire, contribue aussi à la dissolution du substrat.
02:05Et la canicule, il est certain aussi, on le voit nous dans une maison, par exemple,
02:09lorsqu'un mur de pierre est collé à un mur de briques,
02:12au moment des fortes chaleurs, les deux ne réagissent pas de la même manière,
02:17il y a des écarts qui se font, et là c'est exactement pareil.
02:19La canicule intervient différemment sur les différentes couches de la falaise,
02:23et forcément il y a aussi des écarts qui se forment et qui fragilisent la falaise,
02:28et qui à terme, avec l'addition de plusieurs facteurs,
02:31peut contribuer à la chute d'une partie de la falaise.
02:35Ça veut dire qu'il faut s'attendre à d'autres éboulements, là, dans les prochains jours ?
02:39Alors, dans les prochains jours, je n'en sais rien du tout.
02:41Comme je vous disais, la falaise, elle est suivie.
02:44Le secteur, il est identifié déjà au travers de la stratégie locale de gestion des risques littoraux
02:50qui est piloté par la communauté d'Aglo et les communes littorales.
02:54Donc tout ça, c'est suivi, c'est identifié.
02:55Il y a des actions qui sont menées.
02:58Bien entendu, il y aura probablement de nouveau de l'érosion,
03:01à la fois due au changement climatique avec les chaleurs extrêmes,
03:05également la montée de l'eau, la violence des tempêtes qu'on a eues,
03:09parce que ce Cap-Saint-Martin, il est aussi connu pour avoir des cavités en pied de falaise.
03:15Donc la houle qui frappe là-dedans fragilise également.
03:17Donc très probablement, il y aura de nouveau des pans de falaises qui vont tomber.
03:227h49 sur ICI Pays Basque ce matin.
03:24Nous parlons érosion avec notre invité Bernard Dulot,
03:26vice-président de l'association Anglette Vert Océan.
03:29On sait que la route de la corniche est menacée par l'érosion.
03:32On sait que des habitations sont menacées.
03:34Quelles solutions ?
03:36Les solutions, dont les pouvoirs publics qui travaillent dessus,
03:39pour notre part, en tant qu'association,
03:42on a conscience que les pouvoirs publics ne peuvent pas tout
03:44et qu'il faut aussi faire appel à la responsabilité individuelle,
03:47à la conscience de chacun.
03:49Une fois de plus, être humble devant la nature.
03:52Savoir que les évolutions climatiques sont pour une très grande partie dues à l'action humaine.
03:57Donc il faut l'assumer, c'est nous qui en sommes la cause.
04:00Il faut l'assumer et assumer les dangers qui vont avec.
04:02Donc il faut être prudent.
04:04Il faut que chacun prenne sa part de responsabilité, mesurer les dangers.
04:09Pour notre part, notre association, on organise tous les ans
04:11ce qu'on appelle les rencontres littorales d'Anglette
04:13sur un thème qui est en rapport avec l'océan.
04:16Et ça contribue à la sensibilisation aussi des gens,
04:19puisque c'est ouvert au public, assez gratuit.
04:21C'est ouvert à tout le monde.
04:23On contribue à la sensibilisation des gens qui résident ou qui pratiquent le littoral.
04:27Quand vous dites qu'il faut rester humble, ça veut dire quoi exactement ?
04:30On ne fait rien ?
04:31Non, non, ce n'est pas on ne fait rien.
04:33Il y a des actions qui sont menées.
04:34Quand je parlais de la stratégie locale de gestion des risques littoraux
04:37qui est pilotée par la communauté d'Anglo,
04:39il y a tout un tas d'actions qui en découlent.
04:44Donc on continue à mettre du béton, par exemple, dans les falaises ?
04:46Alors ça dépend, il y a plusieurs niveaux de protection.
04:49Dans le cas du Cap Saint-Martin, c'est la protection dure qui a été choisie
04:54parce que c'est le risque qui pilote les décisions publiques.
04:58Et le risque c'est quoi ?
04:59C'est lorsqu'on croise l'aléa, donc là c'est l'érosion en l'occurrence, et les enjeux.
05:03Et quand vous dites protection dure, c'est le béton, c'est ça ?
05:06Dans ce cas-là, oui, aujourd'hui c'est le béton en pied de falaise.
05:09C'est aussi la surveillance très pointue des évolutions de la falaise.
05:14Si on se projette sur les plages hollandaises où il n'y a pas grand-chose,
05:19l'érosion, elle grignote de la plage, mais elle grignote de la plage,
05:23et puis ça s'arrête là. L'enjeu, il est faible.
05:25Sur le Cap Saint-Martin, il y a des maisons privées pour, je crois de mémoire,
05:30ça doit être les 60 millions d'euros qui ont été évaluées,
05:32et puis il y a un phare qui est signature de Biarritz,
05:36et qui est inimaginable de délocaliser.
05:38Donc forcément, là, c'est la protection dure qui a été choisie comme stratégie.
05:42Dans d'autres cas, sur les plages sableuses d'Anglette,
05:45c'est des protections plus douces, avec des ganivelles,
05:47avec le dragage et le clapage du sable qui contribuent à maintenir les plages.
05:54Il y a des stratégies différentes en fonction de chaque contexte,
05:57et surtout des risques de chaque secteur.
05:59Et ça coûte des millions.
06:00Et ça coûte très cher.
06:01Mais délocaliser aussi, ça coûte très très cher.
06:04Millechker, merci Bernard Dulot d'avoir été en direct avec nous ce matin.
06:08Avec plaisir.
06:08On vous retrouve et toutes les explications que vous nous avez données sont sur ici.fr d'ores et déjà
06:12en podcast.
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