00:03Marie d'Orsay, alors que les carnets de commande des entreprises de la défense se remplissent de plus en plus,
00:09le secteur est réuni toute la semaine à Paris.
00:12Et parmi les milliers d'exposants Thalès ou encore MBDA, des entreprises de l'armement implantées en centre Val-de
00:18-Loire,
00:18la région, elle aussi représentée sur ce mondial de la défense et de la sécurité.
00:23Bonjour Jean-Bernard Chevalier.
00:24Bonjour.
00:25Vous êtes directeur de MPO 45, une PME du secteur de la défense dans le Loiré.
00:30Vous êtes aussi vice-président d'Aérocentre, le pôle aéronautique de la région.
00:34Vous étiez hier à Eurosatoris, ce salon. A quoi il sert exactement ? Expliquez-nous.
00:39Alors tout d'abord, bonjour à tous les éditeurs, bonjour à l'équipe.
00:42Donc pour répondre clairement à la question, le salon est un salon professionnel,
00:46à l'image de ce que l'on a pu connaître ou ce que l'on connaît avec le salon
00:50aéronautique et autres.
00:51C'est le rassemblement de tous les professionnels du monde de la défense.
00:54Et une filière qui est en pleine expansion, il faut le dire.
00:57J'ai noté quelques chiffres, 2639 exposants, 70 pays représentés.
01:02Rien que ces chiffres-là montrent que c'est une filière qui fonctionne très bien en ce moment.
01:06Et oui, on le voit au travers du salon quand on parcourt les allées.
01:10Beaucoup de stands étrangers, bien entendu des stands français,
01:13et un engouement de la part des professionnels pour retrouver des partenaires,
01:18pour retrouver des clients.
01:21L'idée et l'intérêt étant de pouvoir établir des relations d'affaires avec tous ses partenaires.
01:27Et c'est forcément un secteur, on imagine, qui marche très bien en ce moment,
01:31du fait du contexte international.
01:33Ça, évidemment, on ne peut pas l'éviter.
01:35Évidemment, exact. L'actualité géopolitique est présente.
01:41On retrouve tout ça au travers de ce salon, avec, comme vous l'avez dit,
01:45des carnets de commandes qui se remplissent.
01:47Alors, elles se remplissent à différentes vitesses, selon la supply chain.
01:53C'est-à-dire ?
01:54Eh bien, en fait, on constate aujourd'hui un paradoxe,
01:57c'est que les commandes sont annoncées,
01:59mais la supply chain, c'est-à-dire les fournisseurs qui dépendent de la filière,
02:04ne sont pas tous ou ne sont pas encore alimentés par ces commandes.
02:08Donc, il y a un décalage entre le discours politique,
02:11les annonces diverses et variées,
02:12et la passation des commandes.
02:14Mais alors, pourquoi ? Parce qu'il y a un manque de matière première ?
02:17Parce qu'il y a un manque d'argent ?
02:18Alors, je n'irai pas jusque-là.
02:21Je pense qu'il y a une inertie liée aux prises de décisions
02:25et aux passages de commandes.
02:27Les passages de commandes commencent par l'État.
02:30Vous savez que la loi de programmation militaire
02:32est en cours de validation en ce moment.
02:36Viendra ensuite le moment où elle sera opérationnelle.
02:39Et seulement à ce moment-là, les commandes seront passées
02:40et pourront commencer à atteindre la supply chain,
02:43c'est-à-dire toute la chaîne des fournisseurs concernés.
02:46Oui, la loi de programmation militaire qui a été discutée au Sénat,
02:49le Sénat qui l'a adoptée il y a dix jours,
02:51pour augmenter donc le budget de la défense d'ici 2030, en gros.
02:54Mais pour l'instant, pas de montant à annoncer,
02:57ce n'est pas encore fixé.
02:58C'est ça ce décalage dont vous parliez
03:00entre la réalité du terrain et les entreprises et les politiques ?
03:03Oui, il y a évidemment le montant qui est important
03:05parce que ça va conditionner le volume des commandes.
03:08Mais au-delà du montant lui-même,
03:10la vraie difficulté, comme je l'expliquais,
03:12c'est simplement le décalage politique
03:15entre ce qui est dit et ce qui se passe sur le terrain.
03:19Il y a une inertie qui va prendre un peu de temps.
03:21En plus, on est confronté,
03:23ou on va être confronté l'année prochaine
03:25à la situation des élections présidentielles,
03:29avec peut-être, on ne l'espère pas en tout cas,
03:33un ralentissement des prises de décision
03:35qui pourrait impacter un petit peu plus
03:37les entreprises qui sont en attente de commandes.
03:39Quand vous dites impacter un petit peu plus,
03:40ça veut dire que les entreprises,
03:42on ne parle évidemment pas des très grosses entreprises,
03:44mais les PME comme la vôtre, par exemple,
03:46sont un peu, justement, dans cette inertie-là,
03:49coincés entre la demande et la réalité.
03:52Exactement, c'est bien le mot,
03:53on est un petit peu coincés.
03:54On a des messages très positifs
03:56de la part de nos clients,
03:57de la part de l'État,
03:58qui annoncent la couleur en termes de volume.
04:01Quoi qu'il en soit, on se prépare,
04:04mais on ne sait pas quand les commandes arriveront.
04:07Donc c'est un petit peu la frustration
04:08de certains des industriels.
04:10Alors, ce n'est pas une situation générale.
04:13Certains secteurs d'activité sont très bien alimentés
04:15et d'autres, un petit peu moins.
04:17Voilà, il faut être patient.
04:18Les volumes arriveront.
04:20Maintenant, la difficulté est de savoir quand.
04:22Le secteur de la défense représente
04:25323 établissements industriels,
04:26près de 21 500 emplois
04:28dans le centre-val de Loire.
04:30On imagine que ça va encore se développer,
04:32surtout avec une annonce
04:33qui a fait pas mal de bruit ces derniers temps.
04:35C'est l'annonce de l'installation de MBDA,
04:37c'est l'un des plus gros acteurs français de l'armement,
04:39dans le Loiret.
04:39Ça, c'est quelque chose que vous accueillez
04:42avec...
04:43C'est une bonne nouvelle pour le secteur.
04:44Alors, il faut voir ça comme étant une bonne nouvelle
04:46parce que c'est une façon de développer
04:47l'activité dans le territoire.
04:51Ça va amener de l'emploi,
04:52ça va amener du dynamisme, bien entendu.
04:54Une synergie entre les entreprises aussi.
04:55Également, ça sera l'occasion
04:57pour les industriels locaux
04:58de pouvoir tisser des relations d'affaires
05:00avec MBDA,
05:00si ce n'est pas déjà le cas.
05:03Donc oui, il faut voir ça
05:04comme étant quelque chose de positif.
05:05Bref, à contrario,
05:07quand l'annonce a été faite,
05:08les industriels locaux
05:09se sont tous posés la même question,
05:11ou en tout cas un certain nombre d'entre eux.
05:14Une question très simple
05:15concernant l'emploi.
05:17Vous savez,
05:17parce qu'il y a eu beaucoup de reportages
05:19sur le sujet
05:20pendant lesquels
05:22les industriels
05:22faisaient part
05:23de leurs difficultés à recruter.
05:24C'est toujours le cas ?
05:26C'est toujours le cas.
05:27Avec l'arrivée d'un BDA,
05:28la question qu'on se pose,
05:30c'est
05:30y aura-t-il
05:31un impact supplémentaire ?
05:33Vont-ils absorber
05:34toutes les compétences locales
05:36issues du milieu de la mécanique,
05:38issues du milieu
05:39de l'industrie,
05:40de la défense ?
05:41Et on imagine
05:42que ce sera le travail aussi
05:43d'Aérocentre
05:43d'essayer de gérer ce flux-là
05:45et cette installation-là.
05:46Bien sûr.
05:47ce n'est pas une inquiétude.
05:49Aujourd'hui,
05:49c'est un questionnement.
05:50On se demande
05:50comment les choses vont se passer.
05:52On espère qu'il n'y aura
05:53pas d'inquiétude derrière tout ça.
05:54Merci beaucoup
05:55Jean-Bernard Chevalier
05:55d'avoir été notre invité ce matin
05:57pour parler de tout ça.
05:58Bonne journée à vous.
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