Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
Clara De Bort, directrice de l'ARS, l'Agence régionale de santé

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00C'est un épisode de canicule particulièrement long et intense.
00:03Le Loiret est en alerte rouge depuis dimanche dernier, vous le savez,
00:08et ça a des conséquences sur la santé et le système de santé Marie-Dorsée.
00:12Et pour en parler ce matin, notre invitée est la directrice de l'ARS Centre-Val-de-Loire,
00:16l'agence régionale de santé. Bonjour Clara Debord.
00:18Bonjour, bonjour à tous.
00:20Le Premier ministre a activé hier le plan Orsan, niveau 2 sur 4.
00:24Expliquez-nous ce qu'il permet, ce plan, pour les hôpitaux, notamment dans la région.
00:28Le plan Orsan 2, c'est un appel à la mobilisation générale, on pourrait dire,
00:32à la fois du système de santé, mais aussi de la population dans son ensemble.
00:36Parce que dans les périodes de canicule, quand elles ne sont pas trop longues,
00:40elles sont très très difficiles, vous le savez, pour les personnes âgées,
00:42les personnes qui ont des maladies chroniques.
00:44Mais là, on est dans une situation qui rend la canicule dangereuse,
00:49pourrions-nous dire, pour l'ensemble de la population.
00:51Et donc, y compris les personnes qui ont l'habitude de faire le footing le matin,
00:55y compris des personnes qui sont plus jeunes.
00:59On sait que la canicule, c'est une épreuve qui est physique,
01:02mais c'est aussi une épreuve sociale,
01:03puisque les personnes qui soufflent le plus sont celles qui sont seules,
01:06qui sont mal logées.
01:08On peut penser aussi aux étudiants qui peuvent être dans des appartements tout petits,
01:12ou les mamans solos,
01:13ou qui ont des bébés qui ne dorment pas la nuit.
01:16Enfin, on peut avoir tout un tas d'effets
01:19quand la canicule dure, qu'on est plus fatigué,
01:22on dort moins, on est aussi plus irritable,
01:24on peut être plus anxieux.
01:26Donc, c'est très important, ce que vous avez dit tout à l'heure,
01:28il ne faut pas rester chez soi.
01:30On peut aller au parc floral,
01:31on peut aller là où il y a des espaces de verdure,
01:33surtout rencontrer du monde,
01:35prendre soin de soi et prendre soin des autres,
01:38prendre des nouvelles.
01:39On est beaucoup mieux adapté, armé,
01:41aurais-je dit, par rapport à 2003, vous savez,
01:45où là, on n'avait vraiment pas réussi,
01:47pas du tout anticipé le pic d'arrivée aux urgences.
01:51Là, grâce aux différents plans,
01:54et notamment à l'activation de ce plan Orsan 2,
01:56on a vraiment tous nos établissements de santé,
01:59tous nos EHPAD qui se préparent
02:01parce qu'ils savent comment ça marche.
02:03Et justement, comment ça marche ?
02:05Ça veut dire que les arrivées vont se faire aussi
02:08de façon un petit peu décalée par rapport à la canicule.
02:11On le sait, il peut y avoir des conséquences
02:13quelques jours après, c'est ça ?
02:14C'est ça, c'est-à-dire que là, déjà d'une,
02:16on ne sait pas exactement combien de temps
02:18la canicule va encore durer.
02:20On ne peut pas dire demain, c'est fini.
02:21Donc, c'est un marathon, là,
02:23ce qu'on est en train de vivre.
02:25Et il va falloir être très prudent
02:27pendant ces jours-là,
02:28mais aussi tous les jours qui vont suivre.
02:30Et il faut bien se dire que concernant
02:32le système de santé,
02:33on a commencé à avoir plus d'appels
02:37et une augmentation des arrivées aux urgences.
02:40Alors, heureusement, tout le monde n'est pas hospitalisé.
02:42Mais pour autant,
02:43on a une augmentation du nombre des entrées
02:45et on n'a pas une augmentation
02:46des nombres de sorties dans ces périodes-là.
02:48Donc, plus les jours avancent,
02:50plus le système, naturellement,
02:52pourrait-je dire, se sature.
02:53Il va ensuite se rétablir,
02:56mais mettre plusieurs jours à se rétablir,
02:59une bonne semaine à se rétablir
03:01après un épisode caniculaire.
03:02Donc, ça veut dire que c'est vraiment
03:03une situation de tension
03:05que l'on va connaître
03:06pendant encore une, deux semaines.
03:08C'est pour ça que le plan Orsen
03:11permet aussi de reporter des opérations.
03:13Est-ce que, pour l'instant,
03:14c'est le cas dans certains établissements ?
03:15Ça n'est pas encore le cas,
03:17mais chaque établissement doit pouvoir le décider
03:19avec sa communauté médicale.
03:21Il faut bien savoir que les opérations
03:23qui sont programmées,
03:24elles sont nécessaires.
03:25Ce ne sont pas des opérations de confort.
03:28Donc, il est très délicat
03:30d'arrêter des interventions chirurgicales
03:32qui sont nécessaires.
03:33Et puis, on peut aussi avoir des bâtiments.
03:37Ça peut être ça aussi, notre problème,
03:39qu'ils ne sont pas tous adaptés
03:41à ces caniculas.
03:42Des bâtiments hospitaliers,
03:43certains bâtiments plus neufs,
03:45plus récents, ont été mieux adaptés.
03:47Mais on sait que dans la région,
03:49on a des bâtiments hospitaliers
03:51qui souffrent énormément.
03:53Et puis, les personnels
03:53et les patients, surtout, dedans.
03:55Et puis, des équipements aussi
03:56qui peuvent subir,
03:58ne pas très bien supporter
04:01les gros changements de température.
04:03Vous savez, on a des équipements
04:04de pointe dans les hôpitaux,
04:06des équipements, des scanners,
04:08des IRM, même des blocs opératoires
04:10qu'il faut maintenir
04:11à une température stable.
04:14Et là aussi, la canicule,
04:16elle peut mettre en tension
04:19les équipements du système de santé
04:21comme nos bâtiments,
04:22nos maisons,
04:23nos appartements souffrent.
04:25Donc, en fait,
04:25c'est l'ensemble de ces événements
04:28que chaque hôpital,
04:30chaque service même,
04:32dans son fonctionnement,
04:33comment il est organisé,
04:35qui il reçoit,
04:36est-ce qu'il y a des volets aux fenêtres,
04:38ce genre de détails,
04:39ne peuvent pas être traités
04:41à un niveau central.
04:42C'est vraiment chaque établissement
04:44qui se prépare
04:45et qui nous tient, bien sûr,
04:47au courant.
04:47Et nous les aidons,
04:49nous les soutenons
04:51et nous les aidons à se préparer
04:52pour que notre système puisse s'adapter.
04:54Il y a certains établissements
04:55qui ne sont pas équipés.
04:57On a entendu ce matin
04:58la CGT de l'hôpital psychiatrique
04:59d'Omaison à Fleury-les-Aubrées,
05:01par exemple,
05:01qui disait que dans la moitié des unités,
05:03il n'y a pas de clim.
05:03Est-ce qu'il y a eu un manque d'anticipation
05:05malgré la canicule de 2003 ?
05:08On s'en souvient.
05:10Les bâtiments de notre pays
05:12et même peut-être de l'Europe
05:13ne sont pas adaptés
05:15à ces épisodes caniculaires
05:16et c'est évident
05:17que l'adaptation de notre bâti
05:20et notamment de notre système de santé
05:22au changement climatique
05:23est absolument urgent.
05:25C'est d'accord pour laquelle
05:26nous nous lançons
05:27dans des grands investissements
05:28pour lesquels
05:29l'adaptation au changement climatique
05:32est beaucoup mieux pensée.
05:33Mais ce qui est important aussi,
05:35c'est de se dire
05:35que le but,
05:36c'est d'essayer d'éviter
05:38d'avoir besoin d'aller à l'hôpital
05:40et on peut quand même se réjouir
05:41dans cette période difficile
05:43et il faut quand même pouvoir se réjouir
05:44du fait que maintenant,
05:45dans les épisodes caniculaires,
05:47en général,
05:48on compte heureusement
05:49moins de décès qu'avant
05:50parce qu'en 2003,
05:52vous savez,
05:53c'était 15 000 morts en 2003,
05:55parce que les mesures de prévention,
05:56elles marchent.
05:57Parce qu'il y a eu effectivement
05:58de la prévention
05:59et beaucoup de communication aussi
06:01pour rappeler les gestes de prudence.
06:03Merci beaucoup,
06:04Clara Debord,
06:05directrice de l'ARS
06:06Centre-Val-de-Loire,
06:07d'avoir été notre invitée
06:08pour faire le point ce matin.
06:09Bonne journée à vous.
06:10Merci.
Commentaires

Recommandations