00:00Bonjour Paul, à l'Assemblée Nationale, l'installation d'une œuvre gigantesque sur la célèbre façade du Palais Bourbon, côté
00:07Seine, n'est pas du goût de tout le monde, ça devient une affaire politique.
00:10Oui, c'est souvent politique l'art et la culture en France.
00:13Alors ça a été inauguré ce mardi 16 juin, ça s'appelle Marianne rêve, c'est une œuvre qui sera
00:17visible tout l'été jusqu'en septembre,
00:19et dans laquelle il y a Elbron Pivet d'Ivoire, Marianne sous les traits d'une enfant, les couleurs de
00:24notre République et le talent d'un artiste français, Cocorico 7.
00:28Mais le député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, lui, est monté au créneau en disant qu'il y
00:32voyait de son côté une énième croûte et autre mocheté imposée par la présidente de l'Assemblée Nationale.
00:37Bon, les goûts et les couleurs, vous savez, il est recommandé de ne pas en discuter.
00:40Moi, je ne prends surtout pas ce risque-là, surtout que j'ai vu que Télérama, Libération ou encore France
00:45Culture adorent l'artiste 7,
00:47et je ne veux surtout pas prendre le risque d'aller contre l'avis de Télérama, il faut laisser ça
00:50à des spécialistes.
00:51– Alors, Paul, Gaëlle Bron Pivet a répondu à Jean-Philippe Tanguy en défendant cette œuvre monumentale.
00:58– Oui, elle l'a défendue comme si c'était elle qui l'avait peinte ou presque.
01:00Elle répond en disant que chaque fois que des artistes et des œuvres sont exposées, la réponse du RN, c
01:08'est le mépris.
01:08Et elle dit « curieuse manière de défendre la France ».
01:10On pourrait observer que c'est aussi une curieuse manière de défendre l'art
01:13que d'estimer que celui-ci devrait être au-dessus de toute critique et que personne ne devrait avoir son
01:17avis dessus.
01:18En fait, autour de cette polémique, et on peut rejoindre aussi celle de la pièce Passport de Michali
01:23qui devait être jouée à Castres et qui a été déprogrammée par le maire RN,
01:26il y a aussi un conflit de vision sur l'art et la culture.
01:29Le RN et ses électeurs estiment que l'art, la culture, n'ont pas à mériter par principe une forme
01:34d'autonomie sacrée
01:35qui justifierait qu'on les subventionne ou qu'on leur prête des monuments nationaux
01:39sans jamais avoir son mot à dire, au seul motif que c'est de l'art et que le tout
01:42venant n'y comprend rien.
01:43Pour eux, le souverain-juge, c'est le peuple.
01:45Et si le peuple n'y bite pas un mot ou s'ils se sont insultés,
01:49eh bien il n'a pas nécessairement à subventionner par des deniers publics cette forme-là de culture.
01:54Et ce, en revanche, au bloc central ou à gauche, de manière assez indistincte,
01:58il faut bien le reconnaître, qui défendent l'idée inverse,
02:01ils font mine de croire religieusement à la toute-puissance de la culture sur la politique,
02:04mais en réalité, ce qu'ils aiment dans la culture, c'est que la plupart du temps,
02:07elle défend leur position politique, c'est une portion tronquée de la culture,
02:11certes élitiste et souvent assez snob,
02:12mais viscéralement progressiste et donc ancrée dans leurs principes politiques.
02:16C'est aussi du soft power, la culture.
02:18Dans l'espèce, l'article 7 qui expose à l'Assemblée nationale
02:20dit de sa propre œuvre qu'elle est incertaine, fragmentaire, indéfinie en somme,
02:25et qu'elle laisse aux spectateurs la liberté de remplir les vides.
02:28En clair, un hymne au néant qui fait l'éloge du bouchage de trous.
02:31Pas étonnant qu'Yael Brunfes s'y reconnaisse un peu.
02:33Alors, on les reproche beaucoup, Vlan,
02:37son hypercommunication sur les réseaux, les réseaux sociaux.
02:40Oui, c'est aussi ça l'un des casus bellis,
02:42c'est que Yael Brunfes se filme beaucoup pour TikTok, pour Instagram,
02:45dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
02:47La dernière vidéo, c'était pour le lancement du Mondial.
02:49On voyait les pieds d'un certain nombre de députés,
02:51enfin on suppose que ce sont des députés,
02:52et on ne voyait ensuite la caméra remonter sur le buste et le visage
02:55que d'Yael Brunfes, comme si elle était seule dans le Palais Bourbon,
02:58qui était le décor permanent d'une sorte de tiktokisation de la vie politique,
03:02érigée à sa propre glorielle.
03:03On comprend que ça puisse agacer un peu ses collègues.
03:05Merci beaucoup, Paul Sugit.
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