Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Impression 3D, IA, organoïdes : dans le cadre des 150 ans de la faculté de médecine et de pharmacie, une conférence est organisée ce jeudi à Lille sur les "nouvelles technologies de la recherche". Explications avec le professeur Vincent Sobanski, invité d'ICI Nord ce mercredi 17 juin 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour Vincent Soubranski.
00:01Bonjour.
00:021875, c'est l'année où a été fondée à Lille la faculté de médecine et de pharmacie
00:06qui est devenue aujourd'hui un UFR de l'université de Lille, l'UFR 3S en l'occurrence,
00:10qui organise ces jours-ci sa semaine de la recherche.
00:13Cela permet de montrer que l'on continue d'innover, qu'on n'est pas resté bloqué 150 ans en
00:17arrière ?
00:18Oui, tout à fait. Pour nous, c'était un moment important de faire un peu le point sur notre histoire
00:22puisque c'est dans cette histoire que s'encre évidemment notre présent et puis notre futur
00:27avec des révolutions importantes, notamment sur le plan technologique.
00:30Et donc, on souhaitait présenter à notre communauté et au grand public notre bilan.
00:36Puisque demain, une conférence ouverte au public d'ailleurs sera organisée sur les avancées technologiques
00:41dont on se sert déjà aujourd'hui en médecine ou dans la recherche.
00:44Il y a des choses dernièrement qui vous ont particulièrement bluffé, des techniques.
00:48Si vous en avez parlé il y a 10 ans, vous ne l'auriez pas cru ?
00:53Alors oui, il y a évidemment de grandes révolutions, en particulier celles autour des données de santé
00:58et de l'intelligence artificielle. C'est d'ailleurs la semaine de l'intelligence artificielle
01:01au niveau de la région Hauts-de-France. Donc, on a une double raison de réaliser ces événements.
01:06Et puis évidemment, en termes de technologie autour de l'impression 3D dont on parlera jeudi
01:12avec également les organoïdes qui permettent de remplacer finalement des organes pour la recherche
01:20qui sont des nouvelles plateformes utilisées quotidiennement dans nos laboratoires.
01:24Effectivement, il sera question lors de cette conférence d'impression 3D.
01:27Comment se sert-on des imprimantes 3D aujourd'hui, que ce soit en chirurgie ou en médecine ?
01:30A quoi ça sert ?
01:31Alors aujourd'hui, la plateforme d'impression 3D est surtout utile pour l'enseignement,
01:37la recherche et la pré-clinique.
01:40Il s'agit en fait de créer des pièces uniques qui correspondent aux besoins immédiats du chercheur
01:46et qui sont sur place. Donc, on peut par exemple fabriquer une pièce qui sera utile à telle expérimentation.
01:53On peut également, pour un besoin d'enseignement, reproduire par exemple une partie d'un site anatomique
02:00et puis d'étudier la configuration de cette pièce avec le site,
02:03notamment pour préparer par exemple une opération complexe
02:06ou pour expliquer à nos étudiants les rapports anatomiques.
02:08Ça, c'est dans le cadre de l'enseignement. Est-ce que l'on s'en sert aussi en chirurgie
02:12aujourd'hui ?
02:12Créer une prothèse par exemple par impression 3D, c'est possible ?
02:15Alors, c'est théoriquement possible. Néanmoins, il y a une réglementation européenne depuis 2021
02:21qui impose un certain nombre de certifications très strictes.
02:24Et donc, il y a tout un circuit qui est mis en place à l'Université de Lille en partenariat
02:28avec le CHU
02:31pour accréditer finalement le développement, en particulier en lien avec les pharmaciens.
02:35Autre sujet que vous allez aborder lors de cette conférence,
02:38je ne sais pas s'il y a une traduction française, ce sont les organes on-chip,
02:41c'est-à-dire ce sont des circuits, modèles réduits qui reproduisent le fonctionnement d'un organe.
02:46À quoi est-ce que cela sert exactement ?
02:49Oui, alors ça fait le lien d'ailleurs avec ce qu'on disait sur l'impression 3D.
02:53L'idée vraiment, au niveau de la faculté, c'est jamais la première fois sur un patient,
02:57et aussi d'essayer de limiter au maximum l'utilisation des modèles animaux.
03:01Donc les organoïdes, c'est reproduire à partir de cellules, une petite partie d'un organe,
03:09ou en tout cas son fonctionnement.
03:10Donc c'est un modèle réduit, où on peut associer plusieurs types cellulaires.
03:15Il peut y avoir des modèles relativement simples, où on va mettre plusieurs couches cellulaires ensemble,
03:19et des modèles plus complexes, où on va pouvoir faire circuler des microfluides,
03:23pour par exemple reproduire la circulation sanguine, ou étudier les contraintes mécaniques.
03:287h46, nous sommes en direct avec Vincent Sobranski, médecin et responsable des 150 ans
03:33de la faculté de médecine et de pharmacie de Lille.
03:35Vincent Sobranski, nous avons parlé avec vous des impressions 3D, de ces organoïdes.
03:39Vous travaillez aussi, vous, beaucoup personnellement sur l'intelligence artificielle.
03:43Qu'est-ce que cela vous permet de faire aujourd'hui ? Pour aboutir à quoi ?
03:46Alors aujourd'hui, l'intelligence artificielle, elle est utilisée à la fois dans le cadre du soin
03:50et dans le cadre de la recherche.
03:52Dans le cadre de la recherche, on peut faire des analyses supervisées,
03:55c'est-à-dire qu'on va chercher à prédire quelque chose,
03:57par exemple prédire un diagnostic, prédire une complication à partir de données
04:01sur lesquelles l'algorithme a appris, où on peut faire de la recherche non supervisée,
04:06où là, on va essayer de trouver des groupes homogènes de patients au sein d'une population.
04:11C'est-à-dire que vous utilisez les données de santé des patients,
04:14pour pouvoir ensuite les analyser, les faire mouliner par l'intelligence artificielle,
04:17qui les compare avec quoi ? Comment est-ce que vous arrivez à prévoir ?
04:20Alors les données de santé proviennent de multiples sources.
04:23Les principales sources sont les cohortes, qui sont des cohortes prospectives.
04:26Donc on décide de recueillir les variables des malades quand ils sont suivis dans nos centres.
04:32Et on a également un entrepôt de données de santé,
04:34qui a été un des premiers entrepôts labellisé post-RGPD par la CNIL en France,
04:39qui contient aujourd'hui 2,5 millions de patients qui ont été admis depuis 2008 au CHU.
04:45Et donc à l'intérieur, on va retrouver l'ensemble des courriers médicaux,
04:49donc les lettres de consultation, les courriers d'hospitalisation,
04:51qui sont des données non structurées.
04:54On peut également retrouver des données structurées,
04:56comme les résultats des tests biologiques, les prescriptions médicamenteuses.
05:00On a aussi la tarification, puisque ça donne des éléments intéressants de suivi aussi du parcours patient.
05:05Et tout cela sert à la fois à la recherche et ensuite à la médecine opérationnelle.
05:08Vous en servez dans votre quotidien au CHU ?
05:10Oui, alors l'utilisation principale est en recherche,
05:13mais effectivement l'idée c'est de faire une transition ensuite vers la clinique.
05:17Alors cette transition, elle est complexe,
05:19puisqu'elle nécessite aussi des mécanismes d'accréditation, de financement.
05:23Néanmoins, en imagerie, aujourd'hui, l'intelligence artificielle est utilisée au quotidien
05:27pour repérer des régions d'intérêt et accompagner le radiologue dans la détection des lésions.
05:31Est-ce que vous imaginez à l'avenir des diagnostics ou des opérations
05:34qui seraient pilotées par l'intelligence artificielle sans intervention humaine ?
05:38Est-ce que ce serait possible un jour ?
05:39Alors c'est peut-être possible théoriquement, mais ce n'est pas souhaitable.
05:43En tout cas, ça ne correspond pas aux valeurs de l'université et du CHU de Lille,
05:47où vraiment la place de l'humain est extrêmement importante.
05:50Et on préfère parler aujourd'hui d'intelligence augmentée que d'intelligence artificielle,
05:54puisque de toute manière, aujourd'hui, la responsabilité est portée par le professionnel de santé
05:59et pas par l'algorithme.
06:01La robotique, on n'en a pas parlé.
06:03Les étudiants ont accès aujourd'hui à ces nouvelles technologies,
06:05à la faculté de médecine et de pharmacie,
06:08justement pour suivre les avancées technologiques.
06:11Oui, tout à fait.
06:12Les étudiants ont accès au sein de nos centres de simulation à des robots.
06:15Alors ce sont des robots simplifiés,
06:17mais qui sont parfois tout à fait comparables à ce qui peut être utilisé en chirurgie.
06:21En particulier, par exemple, pour la cellioscopie,
06:24on a des plateformes pour ça.
06:25Et on a, par exemple, les étudiants en pharmacie,
06:28la reproduction aussi des circuits de production pharmaceutique hospitalière,
06:31qui sont de plus en plus robotisés.
06:33Qui vont retrouver ensuite dans l'application de leur métier,
06:37de leurs spécialités respectives.
06:39Exactement.
06:39Merci beaucoup, Vincent Somenski,
06:41d'avoir accepté notre invitation ce matin.
06:44Pour ceux que ça intéresse,
06:45cette conférence sur les nouvelles technologies,
06:46c'est demain à 16h, c'est ouvert au public.
06:49Il y a un site dédié sur Internet,
06:51sur les festivités autour de ces 150 ans,
06:53qui durent jusqu'à 7 automne.
06:55Merci encore, professeur, et bonne journée.
06:56Très bonne journée, merci.
Commentaires

Recommandations