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  • il y a 1 jour
Invitée d'ICI Gironde ce mercredi matin, la porte-parole de l'association girondine Alerte Pesticides a plaidé pour "aider les viticulteurs à se convertir au bio". Sylvie Nony assure que "la seule façon pour qu'il n'y ait pas de pesticides de synthèse répandus dans les narines des enfants, c'est bien que les parcelles qui sont autour des écoles, et c'est notre revendication, soient aidées à se convertir au bio".

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Transcription
00:00Protégeons nos enfants des pesticides, c'était un peu le mot d'ordre d'une réunion publique hier soir à
00:04Bègle pour alerter sur le sujet,
00:06évoquée notamment une récente étude publiée dans Le Monde qui alarme sur l'exposition de nos petits aux produits en
00:12tout genre.
00:13Chez nous, en Gironde, ça concerne notamment la vigne.
00:15Avec nous pour en parler la porte-parole de l'association Alerte Pesticides.
00:19Bonjour Sylvie Nolli.
00:20Bonjour.
00:20Quand on parle de pesticides en Gironde, quels coins sont en rouge vif ?
00:25Quels coins sont les plus exposés selon vous ?
00:27Il y en a beaucoup, énormément, puisqu'il y a un émiettement du parcellaire agricole et un émiettement de l
00:33'habitat dans les zones rurales qui est énorme.
00:36Mais nous, quand on a construit notre association, on est parti de Haut-de-Gironde, où il y a eu
00:42des études assez récemment,
00:44qui ont montré des études menées par un diagnostic local de santé,
00:50qui a montré qu'il y avait des communes où plus de 75% des habitants habitent à moins de
00:5750 mètres des vignes.
00:58Par exemple, en Haut-de-Gironde, il y a 12 communes.
01:00Voilà, en commune rurale.
01:02Et le tiers des habitants, des 90 000 habitants de Haut-de-Gironde, ce tiers est à moins de 50
01:09mètres des vignes.
01:10Et sans surprise, quand on regarde la carte où il y a le plus de vignes en Gironde,
01:13et la carte où il y a le plus d'enfants exposés, c'est souvent la même.
01:15C'est le problème aujourd'hui, on est un département très viticole.
01:19On a un passif en Gironde, ville neuve notamment en 2014, dans le Blayé,
01:23il y a une vingtaine d'enfants dans l'école qui font un malaise.
01:26On venait de dépendre des pesticides à côté, ça a été un électrochoc national à l'époque.
01:31Oui, et avec une mobilisation de vos confrères, de la presse nationale et internationale,
01:37qui nous a aidés sur place à essayer de trouver des solutions.
01:40Il y avait un préfet à l'époque qui s'appelait le préfet Dartou,
01:43qui avait lancé une étude de la DRAF pour justement mesurer
01:47combien d'établissements sensibles, c'est-à-dire des écoles, des crèches,
01:51étaient comme ça, très très près, à moins de 50 mètres des vignes en Gironde,
01:55et il y en avait plus de 130.
01:58130 lieux accueillant des enfants à moins de 50 mètres des vignes.
02:03Et donc il avait pris un arrêté réglementant, qui est toujours en vigueur,
02:07les épandages de pesticides, qui ne doivent pas se faire 20 minutes avant, 20 minutes après,
02:11pendant les cours de récréation, pendant les activités sportives.
02:15Donc bon, c'est un peu minimal.
02:18Le problème, c'est qu'il y a les épandages qui ne doivent pas être faits pendant le temps d
02:22'école,
02:23mais quand les produits sont déposés sur les feuilles, sur les végétaux,
02:27eh bien ils se réenvolent.
02:29C'est dans l'air.
02:29C'est dans l'air.
02:30L'air du vent, de l'apparition.
02:32L'agence Atmo mesure, y compris tout près d'ici, au jardin botanique,
02:36et à 10 kilomètres de toute parcelle viticole,
02:40elle mesure des pics de pollution aux fongicides,
02:43notamment au folpel qui est utilisé partout dans la région.
02:46Ici à Bordeaux, vous voulez dire ?
02:46Alors même qu'on n'a pas de vigne, en tout cas dans le cœur de Bordeaux ?
02:49Au jardin botanique, voilà.
02:50Et donc ce folpel est un fongicide perturbateur endocrinien,
02:53cancérigène, mutagène, reprotoxique.
02:55Ce n'est pas quelque chose d'anodin,
02:57et on en respire 6 mois par an.
02:59Autre exemple, à Prégnac, dans le sud de Gironde,
03:02village viticole également,
03:03il y a 10 ans, l'Institut National de Veille Sanitaire,
03:04il dénombrait 6 fois plus de cancers pédiatriques
03:08que la moyenne en France.
03:10Ça c'est édifiant.
03:10Oui, alors ce chiffre, 6 fois plus, a été contesté, il faut le dire,
03:15parce que quand il y a un faible nombre de cas,
03:18on ne peut pas faire de statistiques.
03:20Oui, c'est une toute petite commune.
03:20Donc 3 cas, ça fait exploser la moyenne, évidemment.
03:22Exactement.
03:23En revanche, cette situation a déclenché une étude nationale
03:27menée par l'Inserm,
03:28qui depuis a été publiée, s'appelle Géo Capagri,
03:31qui a montré que le risque de leucémie
03:33pour les enfants qui habitent à proximité des vignes
03:36est augmenté de façon significative,
03:39alors je vais vous donner les chiffres,
03:40mais je ne vais pas vous assommer les chiffres,
03:41est augmenté de façon significative,
03:43le risque de leucémie aiguë.
03:45Ici Géronde, à 7h51 ce matin,
03:48Sylvie Noni, porte-parole de l'association Alerte Pesticides,
03:51est notre invitée.
03:52Elle répond à vos questions, Kévin Blondel.
03:53Oui, vous parlez des réactions,
03:54suite à cette étude à Prégnac.
03:57Il y a eu aussi un électrochoc chez les viticulteurs de la commune,
04:01d'ailleurs ici Géronde était passé voir sur place,
04:02encore faire un point il y a un peu plus d'un an,
04:04beaucoup sont passés au bio dans la foulée.
04:06Il y a eu un traumatisme y compris chez eux.
04:08Oui, et c'est effectivement une grande donnée du problème,
04:12une avancée que nous on constate sur le terrain.
04:15Hier en débatté, il y avait des viticulteurs présents
04:17qui affirmaient que non, le bio ce n'était pas si bien que ça,
04:20mais en fait si, quand même,
04:22la seule façon qu'il n'y ait pas de pesticides de synthèse
04:25répandus dans les narines des enfants,
04:26c'est bien que les parcelles qui sont autour des écoles,
04:29et c'est notre revendication,
04:31soient aidées à se convertir au bio.
04:33Et partout en Gironde, effectivement,
04:36ça a été une augmentation,
04:38et on est au-dessus de la moyenne nationale
04:40pour ce qui est du parcellaire en bio.
04:42Mais il faut que ça dure,
04:43c'est-à-dire que la crise viticole passant là-dessus,
04:46le bio c'est quand même beaucoup plus difficile,
04:48on est plus à la merci des intempéries,
04:52et voilà, donc il faut qu'on aide les agriculteurs,
04:56les viticulteurs à se convertir au bio.
04:58La France est le pays, le seul pays de l'UE
05:02qui aide moins l'agriculture biologique
05:04que l'agriculture conventionnelle.
05:06C'est quand même effarant.
05:07Qu'est-ce qu'on doit faire aujourd'hui ?
05:08Qu'est-ce que doit faire l'État
05:10pour mieux protéger nos enfants ?
05:11Déjà, réorienter la PAC,
05:13parce qu'il a la politique agricole.
05:15Il a la politique agricole commune,
05:17il a la manœuvre sur notre stratégie nationale
05:20pour davantage, bien davantage,
05:22soutenir cette agriculture-là.
05:24Et après, en termes de restrictions,
05:25peut-être écarter un peu plus les vignes,
05:28les temps d'épandage,
05:29qu'est-ce qu'on peut faire de mieux aujourd'hui ?
05:30Oui, alors ce que disent à juste titre les agriculteurs,
05:32c'est qu'on veut continuer à vivre,
05:34bien sûr,
05:35mais on a les moyens de se côtoyer,
05:39à condition effectivement de ne pas utiliser ces produits,
05:41dont nous savons par ailleurs
05:43qu'ils sont très mal évalués
05:46avant d'être mis sur le marché.
05:47Souvent, les agriculteurs nous disent
05:49« mais ils sont autorisés ».
05:51Je ne fais qu'effectivement,
05:52ils sont dans leur bon droit.
05:53On ne conteste pas ça.
05:55Ça s'y dit,
05:56l'évaluation de ces pesticides,
05:57nous savons avec la coalition Secrets Toxiques,
06:00que cette évaluation n'est pas faite
06:02comme elle devrait l'être.
06:03En un mot,
06:04il nous reste un petit instant.
06:06Qu'est-ce qu'on peut faire
06:06pour protéger nos enfants
06:07quand ils sont exposés ?
06:08Parce qu'on ne peut pas déménager, forcément.
06:09On ne peut pas déménager,
06:11mais il faut se parler.
06:12Il faut aller rencontrer
06:13les viticulteurs qui sont autour,
06:15se parler.
06:16Il faut aussi être vigilant,
06:18que les règles en vigueur soient bien appliquées,
06:21qu'on ne pulvérise pas
06:22quand il y a trop de vent,
06:25qu'on pulvérise dans les horaires,
06:27et qu'il y ait effectivement
06:29une attention spécifique aux écoles.
06:32Voilà, c'est très important.
06:34Parce que les enfants
06:35sont victimes des pesticides,
06:36mais leur développement
06:38qui est en cours
06:39est bien plus malléable
06:40et bien plus vulnérable
06:41par ces produits.
06:42Et vous savez de quoi vous parlez,
06:43puisque vous êtes enseignante à la retraite
06:44et en plus agrégée de physique-chimie.
06:46Vous connaissez un petit peu
06:47tous ces sujets.
06:47Merci beaucoup Sylvie Noni,
06:48par parole de l'association
06:50Alerte Pesticides.
06:50Bonne journée à vous.
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