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Sara Forestier, actrice et réalisatrice, était l'invitée de BFMTV ce lundi 15 juin

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00:00On en parle ce soir notamment avec vous Sarah Forestier. Bonsoir, merci d'être là, actrice, réalisatrice.
00:04Vous étiez place Vendôme tout à l'heure, on va en parler dans un instant, et vous vous mobilisez notamment
00:09pour ce qu'on appelle la loi intégrale.
00:10Vous allez nous expliquer pourquoi on est avec le général Fonbonne. Bonsoir mon général.
00:14Avec Maître Darmon, bonsoir Mathias Darmon, merci d'être là, également avocat de l'association Innocence en danger, avec Laurent
00:19Valdiguier.
00:20Bonsoir Laurent, Yves Tréhard et Lisa Adef.
00:23Sarah Forestier, je le disais, vous étiez à cette manifestation place Vendôme.
00:26Deuxième lundi de suite, où il y avait, je ne sais pas combien de personnes, il pouvait y avoir plusieurs
00:30centaines de personnes qui sont venues ce soir manifester sous les fenêtres du ministre.
00:36Pourquoi est-ce que vous revenez tous les lundis soir manifester sous les fenêtres du ministre ?
00:40Parce que le pays a été secoué, parce que les gens ont vu en réalité qu'il y avait tellement
00:47de dysfonctionnements que c'était absolument majeur,
00:49et qu'on n'a pas besoin de rafistolage d'énièmes propositions de loi du gouvernement qui vont en fait
00:55régler qu'une petite partie du problème.
00:58On pousse pour cette loi intégrale et donc c'est vraiment un rapport de force qui s'engage et on
01:02va essayer de faire en sorte de maintenir la pression pour que la loi intégrale soit passée.
01:06On a besoin que M. Lecornu se positionne réellement pour la mettre à l'ordre du jour, puisque c'est
01:12vraiment le gouvernement qui peut décider.
01:13On aimerait aussi beaucoup que M. Macron prenne la parole, une parole à la hauteur de ce scandale d'État
01:23qui est en train de secouer le pays
01:24et qui se positionne également sur la loi intégrale. C'est ça dont on a besoin aujourd'hui.
01:28Il a changé de discours le président de la République ?
01:30Oui, mais il est temps et il est temps surtout de parler des moyens, parce que quand il balaye d
01:36'un revers de main les questions des moyens...
01:38C'est ce qu'il a dit sur l'affaire Liane, en disant que ce n'est pas du tout
01:40une question de moyens.
01:41Non, mais il a changé depuis, il a évolué.
01:42Oui, mais quand on pense que dans ce pays, on est capable de mettre 6 milliards d'euros pour faire
01:46les Jeux olympiques
01:47et qu'on ne peut pas mettre la moitié pour protéger nos enfants,
01:51je veux dire, à un moment donné, là, c'est extrêmement choquant. On peut faire énormément de comparatifs.
01:54La moitié, c'est ce que vous dites, les 3 milliards, c'est ce que coûterait effectivement cette loi intégrale.
01:57La loi intégrale, pour résumer aux téléspectateurs, c'est un peu moins de 80 mesures qui sont réclamées,
02:03comme le fait d'avoir un minimum d'actes d'enquête à faire tout de suite
02:07quand il y a une dénonciation de violence contre les femmes, contre les enfants
02:11et d'avoir un socle d'enquête et de mesures à prendre immédiatement
02:18pour éviter que les choses se perdent, etc.
02:20Comme on a pu le voir, on le verra dans un instant dans l'affaire Barrella.
02:22C'est-à-dire, on le voit en fait, et la civise qui avait donc été une commission
02:27qui a été menée pour comprendre réellement tous les mécanismes de ces pédocriminels,
02:33comment ils fonctionnent, qu'est-ce qui permet l'impunité.
02:36Il y a, à l'intérieur, il y a eu des chiffres qui ont été donnés.
02:39Les pédocriminels font en moyenne plusieurs centaines de viols, c'est-à-dire qui récidivent.
02:45Quand vous me dites qu'il y a encore un nouveau témoignage qui concerne M. Barrella
02:49qui a été ignoré, on n'est pas étonnés, en fait, nous.
02:51Parce qu'on sait que ces hommes, tant qu'on ne les arrête pas, ils continuent.
02:55Et ce qui compte maintenant, c'est de se dire qu'est-ce qu'on peut faire concrètement
03:00et qui est contenu dans cette loi intégrale pour arrêter ces individus
03:03avant qu'ils ne fassent autant de victimes.
03:07Effectivement, vous l'avez très bien rappelé,
03:08et ce qui a très bien marché dans l'affaire Pellicot,
03:10parce que c'est important qu'on explique aux gens qui nous regardent,
03:12c'est que l'affaire de Gisèle Pellicot,
03:15on a M. Pellicot qui est pris en train de filmer sous la jupe des femmes
03:19dans un supermarché, on a un vigile qui dit
03:21« Non, non, ça ne va pas se passer comme ça,
03:23on va faire en sorte que la femme porte plainte. »
03:26On a un policier qui dit « Écoutez, on va faire tout de suite une perquisition
03:29et on va tout de suite investiguer le téléphone. »
03:31Qu'est-ce qui se passe ?
03:32On a trouvé dans le téléphone des images de viol.
03:34Ça fait des preuves.
03:35Parce que les classements sans suite dont on parle souvent,
03:37c'est parce qu'il n'y a pas de preuves.
03:39Mais il faut aller les chercher, ces preuves.
03:40Et dans la loi intégrale, il y a des actes minimums d'enquête
03:43qui sont diligentés systématiquement,
03:45et c'est ce qui ne s'est pas passé avec Jérôme Barrella.
03:49Sur une enfant de 17 ans, il n'y a pas eu, visiblement,
03:53est-ce qu'on a regardé ce qu'il y avait dans le téléphone de ce monsieur ?
03:55Est-ce qu'on a fait une perquisition ?
03:57On aurait très bien pu trouver des images pédopornographiques,
04:00parce qu'on sait que ces hommes consomment des images pédopornographiques.
04:03Ça aurait fait tout de suite une condamnation.
04:06Et on peut réfléchir aussi à se dire
04:08est-ce que ces hommes ne prennent que du sursis
04:10ou est-ce qu'on les laisse dans la nature comme ça ?
04:12Ou est-ce qu'après on les surveille ?
04:14Est-ce qu'on les met sous bracelet électronique ?
04:16Est-ce qu'ensuite on fait des enquêtes de voisinage ?
04:18Est-ce qu'on va chercher tout ?
04:20Est-ce qu'il a travaillé avec des enfants ?
04:21Est-ce qu'il y a eu des signalements ?
04:23Si vous voulez, il faut investiguer, il faut réfléchir,
04:26parce que, je vais vous dire, dans l'inconscient collectif,
04:29les viols, les gens se disent
04:31« Ah, c'est du parole contre parole. »
04:33Ça va être très difficile d'avoir des preuves.
04:35Ça n'est pas vrai.
04:35On le voit, ils consomment des vidéos, etc.
04:38Mais ça veut dire qu'il faut que les parquets,
04:41il faut que la justice donne un socle d'actes d'enquête minimum à faire
04:46et qu'on fasse comme avec le RAID,
04:48qu'on soit dans un espèce de truc
04:49où on cherche des éléments matériels concrètement contre ces hommes.
04:53En général, ça changerait la manière dont travaillent,
04:57par exemple, les gendarmes,
04:58et on le sait qu'ils ont aussi été mis en cause dans l'affaire Liana,
05:02de les, comment dire,
05:03d'obliger à ce qu'il y ait un minimum d'actes d'enquête
05:06faits très vite dans ce genre de dénonciation ?
05:08Alors, d'abord une observation sur la réitération avec Barrella.
05:13Si vous vous en souvenez, Maxime, on avait évoqué le fait
05:15que l'enlèvement et les actes de viol précédents,
05:19même s'ils n'avaient pas été poursuivis,
05:23ressortissaient d'une façon d'opérer
05:25qui n'était absolument pas prudente.
05:27Ce qui m'amène à penser que, vous savez,
05:29le violeur prend de moins en moins de précautions
05:32au fur et à mesure qu'ils commettent ces crimes
05:35sans être poursuivis.
05:37Donc, il ne serait pas étonnant
05:38qu'on ait de très très mauvaises surprises avec Barrella
05:42parce que petit à petit,
05:43un, les langues vont se délier
05:44et puis il y a des affaires qui étaient assez peu consistantes
05:47et qui d'un coup vont devenir effectivement,
05:49vont passer dans le radar.
05:51Ensuite, moi je ne suis pas meilleur qu'un autre,
05:54et loin de là,
05:55pour avoir fait beaucoup d'affaires de pédophilie
05:59et notamment sur les réseaux.
06:01Pédocriminalité.
06:01Oui, pédocriminalité.
06:03Je dirais qu'on attaquait le truc par l'autre bout,
06:05c'est-à-dire que c'est à partir des échanges sur les réseaux,
06:08c'est à partir des adresses IP,
06:11c'est à partir des connexions
06:12qu'on établissait la preuve
06:14et à ce moment-là, on perquisitionnait,
06:16à ce moment-là, on interpellait.
06:18Après, oui, je dirais que c'est une bonne démarche d'enquête,
06:21mais j'allais dire, c'est le minimum,
06:25c'est-à-dire qu'à partir du moment
06:26où on a quelqu'un dans le collimateur,
06:28on va très vite, un environnement,
06:30TAJ, quasi-judiciaire éventuellement,
06:32et puis, c'est la perquisition.
06:34C'est-à-dire que, comme vous le disiez,
06:36on saisit l'ordinateur, on saisit le téléphone,
06:38on saisit éventuellement des disques durs.
06:40Moi, j'ai vu des affaires avec plusieurs centaines de milliers
06:42de photos.
06:43S'ils sont vraiment très malins,
06:44ils vont les mettre dans un endroit inconnu,
06:46on ne pourra pas perquisitionner.
06:47mais ça marche effectivement très bien
06:50par les moyens de télécommunication
06:51parce que c'est là où la preuve se trouve
06:53et on oublie toujours d'aller les faire.
06:54– On verra dans une seconde nos révélations,
06:56encore une fois, sur cette autre dénonciation de côté.
06:58Mais encore une question, Maître Darmon,
07:00est-ce que là, ces manifestations,
07:03et on voit encore ces images sur place Vendôme,
07:05pour réclamer une loi intégrale,
07:06est-ce que vous avez le sentiment
07:07que ça changerait, je ne vais pas dire
07:09que ça changerait tout,
07:10c'est un bien grand mot,
07:11mais que ce serait un bouleversement
07:13dans la manière dont la France
07:14prend en compte justement
07:15les violences faites aux femmes et aux enfants.
07:17– Oui, c'est un début déjà.
07:19– Vous dites un début.
07:20– Mais je pense qu'il faut,
07:22là on parle d'informatique,
07:23de disque dur et tout,
07:24en fait il faut tout formater.
07:25Il faut formater complètement
07:26la façon dont la justice fonctionne
07:28aujourd'hui en France.
07:29C'est complètement impensable
07:31de se dire que quand on dépose plainte,
07:32on n'a pas de juge d'instruction,
07:34de saisie après 4-5 ans,
07:36on n'a pas d'enquête
07:37qui soit fortement diligentée.
07:38Et donc évidemment en fait
07:40que la célérité,
07:41c'est la base même
07:43de la confiance qu'on peut avoir
07:44envers la justice.
07:45C'est-à-dire que
07:46quand une petite de 5 ans, 6 ans
07:48vient dire
07:49j'ai un homme qui m'a violé,
07:51mais en fait le gendarme
07:52ou le policier,
07:52le premier réflexe
07:53c'est d'appeler le parquet
07:54et dire écoutez,
07:55je viens d'entendre
07:56un récit absolument abominable,
07:58qu'est-ce que je fais ?
07:59Et c'est le parquet qui dit les gens,
08:00c'est lui qui chapeaute toute l'enquête.
08:02Et donc le parquet,
08:03première chose qu'il dit,
08:03écoutez, on y va,
08:05perquisition,
08:05placement en garde à vue,
08:07on entend le monsieur,
08:08confrontation,
08:08si la plaignante
08:09ou le plaignant
08:09est d'accord pour une confrontation
08:10et on va vite,
08:12on va vite en fait.
08:13Et évidemment que plus l'enquête
08:14prend du temps
08:15et moins on aura de preuves
08:16parce qu'il va savoir
08:18au bout d'un moment
08:18qu'une plainte a été déposée
08:19contre lui,
08:20il va effacer ses disques durs,
08:22il va jeter son téléphone,
08:23il va cacher son ordinateur portable
08:25et on n'aura plus rien.
08:26Et comme vous le disiez
08:26tout à l'heure,
08:27effectivement,
08:28on a besoin de preuves aussi.
08:30Et la justice fonctionne
08:31selon ce qu'on appelle
08:32un faisceau d'indices.
08:33Donc plus on a d'indices,
08:35plus on ira
08:36vers ce qui se caractérise
08:37comme étant une preuve.
08:38On a besoin de moyens aussi.
08:40Je voudrais aussi peut-être,
08:41c'est hyper important
08:42d'être pédagogique aussi
08:43par rapport aux gens
08:43qui nous écoutent.
08:44Il faut savoir qu'en France,
08:46l'off mine,
08:46donc les gens qui sont là
08:48pour traquer
08:49les pédocriminales en ligne,
08:50ils sont aujourd'hui
08:51moins de 100.
08:51Ils sont à peine 80.
08:53Il faut savoir qu'en Espagne,
08:54ils sont, je crois,
08:55500,
08:56quelque chose comme ça.
08:57Donc en France,
08:58s'il y a énormément
08:59de dossiers,
09:01ils vous le disent,
09:02on ne peut traiter
09:03que 1%.
09:04C'est eux-mêmes
09:07disent qu'ils ont besoin
09:08de moyens.
09:08Donc la question des moyens,
09:09on ne pourra pas l'éviter.
09:10Laurent ?
09:11Oui.
09:13Au commissariat de Carpentras,
09:14vous parliez de l'affaire Pédicot
09:15tout à l'heure,
09:16il n'y a pas d'Internet.
09:18Pour ça, il n'y a pas d'Internet ?
09:19Il n'y avait pas d'Internet.
09:21Il n'y avait pas de réseau.
09:22Donc c'est tombé
09:23sur un policier,
09:25Laurent Perret,
09:25moi je dis toujours son nom
09:26parce que sans lui,
09:27il n'y aurait pas eu
09:27d'affaire Pédicot.
09:29Personne ne lui demandait rien.
09:30En réalité,
09:30il aurait pu prendre une plainte
09:31de dire à ce vieux monsieur
09:34de rentrer chez lui
09:35et de ne plus recommencer.
09:36C'est ce qui s'était déjà passé
09:38en 2010,
09:3810 ans avant.
09:39Il avait fait la même chose,
09:40Pédicot,
09:41ça s'était soldé
09:42par une amende de 100 euros.
09:43Là, il tombe sur un policier
09:45qui fait plus que son boulot,
09:46qui le fait bien
09:47et qui va chercher
09:49le réseau Internet
09:50de la mairie
09:51ou du centre commercial
09:52de l'à côté.
09:53Donc vous voyez,
09:53dans un océan
09:55qui dysfonctionne
09:56et puis on voit bien
09:56depuis 10 jours
09:57ce grand déballage
09:58de dysfonctionnement
09:59d'informatique défaillante
10:02au ministère de l'Intérieur,
10:03à la gendarmerie,
10:04en général.
10:04Vous avez des réseaux
10:05qui ne connectent pas entre eux,
10:07de doublons administratifs.
10:10Il y a 900 policiers,
10:12vous avez le chiffre de 80,
10:14je crois qu'ils sont 40 en réalité.
10:16Ça a été augmenté, mais oui.
10:18Vous savez combien il y a
10:19de policiers affectés
10:20au service de renseignement
10:21de la préfecture de police de Paris ?
10:22Alors qu'il y en a 4000
10:23à la DCRI,
10:24il y a 900 policiers
10:26au service de renseignement
10:27de la préfecture de police de Paris.
10:29Et de l'avis général,
10:32il passe certain
10:33beaucoup de temps
10:33à la salle de sport.
10:34Il n'y a pas de DRH au sens,
10:39il n'y a pas de...
10:39Il faut refaire la police
10:42et la gendarmerie.
10:43Alors, deux semaines et demie
10:44depuis l'enlèvement
10:45de la petite Liana,
10:46nouvelle révélation
10:47de BFM TV ce soir.
10:48On vous a beaucoup parlé
10:49de la petite Rosa
10:50dont le témoignage
10:51contre Jérôme Barrella
10:51était visiblement ignoré
10:52par la justice.
10:54Eh bien, ce soir,
10:54nous vous révélons
10:55un autre témoignage
10:56d'enfant, Lisa Hadef.
10:57Celui de Léa,
10:59toujours contre Jérôme Barrella
11:00et qui est entre les mains
11:02de la justice,
11:02ce témoignage,
11:03depuis mars,
11:04tout simplement
11:05parce que c'est
11:05l'aide sociale à l'enfance.
11:07Elle est confiée
11:07à l'aide sociale à l'enfance.
11:08La petite Léa,
11:09l'aide sociale à l'enfance,
11:10en mars,
11:11lance une alerte
11:12sur Barrella.
11:13Oui, parce que Léa,
11:14effectivement,
11:15à l'époque,
11:15à 11 ans,
11:16c'est une amie
11:16de la fille
11:17de Jérôme Barrella.
11:18Elle est pensionnaire
11:19d'un foyer
11:19de l'aide sociale à l'enfance.
11:21Pendant six mois,
11:21elle n'a pas du tout
11:22osé prendre la parole.
11:24Elle n'a rien dit
11:24ni aux adultes
11:25de son entourage
11:26parce qu'elle avait peur
11:26de se faire sermonner,
11:28dit-elle,
11:28et pas même à sa mère
11:29parce qu'elle avait peur
11:29d'être jugée.
11:30Et c'est en février dernier
11:31que Léa se confie finalement
11:33à l'un de ses éducateurs,
11:34ce qui fera,
11:35effectivement,
11:35Maxime,
11:36vous l'avez dit,
11:36l'objet d'un rapport
11:37de l'ASE
11:38daté du 12 mars dernier.
11:39Et voici ce qu'on peut lire
11:40dans ce rapport.
11:41Alors que Léa dormait
11:42chez son amie,
11:43elle aurait constaté
11:44la présence de M. Barrella
11:45derrière elle
11:46à hauteur de ses fesses.
11:47Selon ces déclarations,
11:48M. Barrella aurait effectué
11:50des gestes
11:50qu'elle qualifie de déplacés
11:51sans qu'un contact physique
11:53ne soit mentionné.
11:54Et il y a eu
11:55un deuxième épisode
11:56raconté par Léa
11:57à son éducateur.
11:58Lors d'une bataille d'eau,
12:00M. Barrella
12:00se serait collé à elle
12:01de façon très inappropriée
12:02au bord d'une fenêtre.
12:03Cela l'a mise mal à l'aise.
12:05Ce signalement
12:06a été transmis à la justice,
12:07au parquet d'Auches
12:08et à la cellule
12:09de recueil des informations
12:10préoccupantes du Gers,
12:11le CRIP.
12:12Et en plus,
12:12le département du Tarn-et-Garonne
12:14a informé les deux parents
12:15de Léa
12:16de leur possibilité
12:16de porter plainte.
12:17Mais derrière rien,
12:18il ne s'est rien passé.
12:19Léa n'a pas été entendue
12:21par qui que ce soit,
12:21ni par la justice,
12:22ni par le fameux CRIP.
12:23Jusqu'à aujourd'hui,
12:24Léa devait être entendue
12:25tout à l'heure
12:25par les enquêteurs
12:26de la gendarmerie
12:27en présence de son éducateur
12:29et de son avocate.
12:29Et ce qui est aussi surprenant,
12:30c'est que la procureure d'Auches
12:32nous faisait l'inventaire,
12:39zéro vérification.
12:41C'est toujours pareil.
12:42Il y a toujours un bout
12:43qui fonctionne.
12:44Là, il y a quand même
12:45un bout qui fonctionne,
12:46c'est que cette petite fille,
12:47au mois d'août,
12:49elle est quand même
12:49dans une soirée pyjama.
12:52Lisa a détaillé
12:53ce que c'était.
12:54Barrella se colle à elle.
12:57Elle ne trouve pas ça normal.
12:59Elle n'est pas violée.
13:01Elle ne trouve pas ça normal.
13:02Et on voit bien
13:04que ça la perturbe.
13:05Elle dit que c'est la même maladie.
13:06Et qu'elle n'a personne
13:07à qui en parler.
13:08Et puis alors là,
13:09c'est ça qui fonctionne.
13:10Au collège,
13:11elle a une session harcèlement.
13:13Vous savez,
13:14des fois,
13:14ça fonctionne tout ça.
13:16Et à la session harcèlement,
13:17tout d'un coup,
13:18elle a une fenêtre
13:19pour en parler à quelqu'un
13:20parce qu'elle ne voulait pas
13:21en parler de ça.
13:21Elle avait peur
13:22que sa maman la gronde.
13:23Elle avait peur
13:24de son éducateur.
13:25En plus,
13:25c'est une petite fille
13:25qui vient au foyer.
13:27Ses parents non plus
13:28sa garde.
13:29Et là,
13:29elle en parle.
13:30Et alors là,
13:31miracle !
13:32Parce que là,
13:32ça a fonctionné.
13:33La parole a été recueillie.
13:35Elle a trouvé
13:35un endroit où parler.
13:36Mais ça,
13:36c'est super ça.
13:37Et là,
13:38ils font leur boulot.
13:39Mais alors,
13:40on est encore une fois
13:41dans le Tarn-et-Garonne.
13:42On est dans un département
13:43voisin,
13:44encore une fois.
13:44Il y a une nouvelle
13:45frontière administrative.
13:47C'est comme s'il y avait
13:47des rideaux de fer
13:48à chaque fois.
13:49Et alors du coup,
13:50le Tarn-et-Garonne
13:51fait son boulot.
13:52Ils saisissent
13:52le département voisin
13:55le 12 mars,
13:56le Parquet d'Oche.
13:57Et puis là,
13:57plus rien.
13:57On voit bien encore une fois
13:59que ce témoignage,
14:00après les deux plaintes,
14:01après Rosa,
14:03Rosa,
14:03ça a bien fonctionné au début
14:04parce que la gendarmerie
14:05de présence du tout,
14:05s'ils prennent bien une plainte.
14:06Après le lycée
14:08qui vire Barrella
14:09sans faire l'article 40.
14:11Après la dénonciation
14:12des États-Unis
14:13au service
14:14du ministère de l'Intérieur
14:15pour dire attention
14:16ce monsieur,
14:16il consule de site.
14:18Tout ça,
14:19toutes ces infos,
14:19elles tombent dans un puits,
14:21dans un trou noir
14:22et il n'y a personne
14:23pour les collecter
14:24et dire
14:24il y a une lumière rouge
14:25qui s'allume
14:26au trou de ce monsieur,
14:27il faut faire quelque chose.
14:27C'est très intéressant
14:28ce que vous dites
14:28parce qu'en fait,
14:30c'est là où on voit
14:30qu'on a besoin
14:31d'une loi intégrale.
14:31C'est-à-dire que
14:32vous prenez même
14:33les petites filles
14:34qui ont été violées
14:36par le père
14:37de Jérôme Barrella.
14:38En tout cas,
14:38elles accusent ?
14:39Oui, elles l'accusent.
14:40Et en fait,
14:41il y en a une
14:42qui a parlé
14:43lors des cours Evars.
14:45Donc on voit
14:46que la détection
14:47qui est recommandée
14:48et qui est aussi
14:49préconisée
14:50dans cette loi intégrale
14:51fonctionne.
14:52Mais on voit
14:53que si derrière
14:53il n'y a pas
14:54les actes d'enquête
14:54et qu'il n'y a pas
14:55tout de suite
14:56de chercher
14:58et d'aller récupérer
14:59des preuves matérielles
15:00pour pouvoir ensuite
15:01faire ce qu'il faut,
15:02mais j'irai même
15:03encore plus loin.
15:04C'est-à-dire que
15:04si vous avez une justice
15:06qui,
15:07quand des hommes
15:08regardent des images
15:09pédopornographiques,
15:10ne leur donne que du sursis,
15:11on a un vrai souci aussi.
15:13On ne peut pas laisser
15:14ces hommes dans la nature.
15:15Il faudrait réfléchir
15:16réellement
15:16aux bracelets électroniques,
15:18comment on se peut
15:18les mettre sous surveillance,
15:19etc.
15:20Parce qu'on voit très bien
15:21qu'après on tire un fil
15:23et qu'on voit
15:24qu'il y a énormément
15:25de victimes.
15:26Et je vais vous donner
15:27un exemple
15:27parce que vous parliez
15:28de Patrick Bruel aussi.
15:30On en parlera tout à l'heure.
15:31Oui, mais dans la loi intégrale,
15:33il y a,
15:34ça concerne les violences
15:35qui sont faites
15:36sur les enfants,
15:37sur les femmes,
15:37que ça soit
15:38dans les domiciles,
15:40que ça soit
15:40dans le cadre d'incestes,
15:42comme avec le père
15:43de Jérôme Barrella.
15:44Et ça concerne aussi
15:44les violences au travail.
15:46Moi, demain,
15:46j'ai rendez-vous
15:47avec trois ministres,
15:48un ministre,
15:49n'importe quoi,
15:50trois députés
15:50qui s'occupent précisément
15:52de la partie
15:53des violences sexistes
15:54et sexuelles
15:55qui sont faites au travail.
15:56Donc, par exemple,
15:57quand vous parlez
15:58de MeToo Musique
15:58de Patrick Bruel,
16:00ça se passe
16:00dans les cadres
16:00des festivals.
16:01Il y a aussi des choses
16:03qui sont à faire
16:04immédiatement
16:04de la part des employeurs
16:06et Patrick Bruel
16:07aurait pu être arrêté
16:08plus tôt aussi.
16:09Si les employeurs
16:10avaient fait des enquêtes
16:11internes,
16:12comme c'est préconisé
16:12dans le Code du Travail,
16:14s'ils avaient pris
16:14les mesures disciplinaires
16:15qui peuvent aller
16:16jusqu'à la mise à pied,
16:17il aurait également
16:18pu être arrêté
16:19dans son parcours
16:20de récidive.
16:21Et je finis juste
16:22par mon exemple personnel.
16:24C'est plus difficile
16:25parce que,
16:26excusez-moi de vous couper,
16:27vous êtes très brillante,
16:29Patrick Bruel,
16:30il n'a pas d'employeur.
16:31Il est son propre producteur.
16:33Non.
16:34Les festivals,
16:35dans le cadre des festivals,
16:37quand vous avez
16:37une collaboration comme ça,
16:39en fait,
16:39je vous dis par exemple...
16:40Le problème,
16:40c'est que vous ne pouvez pas
16:41considérer qu'un artiste,
16:42vous ayez un employeur.
16:43Ah, tout à fait.
16:44Ah non, justement,
16:45c'est un mythe.
16:45Je vous le dis,
16:46on se bat vraiment
16:46contre ça.
16:47Je vous explique dans le cinéma.
16:48Le cinéma,
16:49les plateaux de travail,
16:50c'est un lieu de travail.
16:52Et justement,
16:52cette espèce de mythe
16:54de se dire la culture,
16:55ce n'est pas vraiment
16:55le lieu de travail,
16:56ça a profité aux agresseurs.
16:57Vous prenez Gérard Depardieu.
16:59Quand on voit
16:59qu'il y avait
17:02une technicienne
17:03qui l'a accusée,
17:04qui a porté plainte
17:05contre lui
17:05pour agression sexuelle,
17:06il y avait des témoins sur place.
17:08Ce n'est pas des paroles
17:09contre paroles.
17:09Finalement,
17:10il a été condamné.
17:11C'est sur un lieu de travail.
17:12Il faut savoir
17:13que les producteurs de films
17:14sont des employeurs.
17:15Ils auraient dû
17:16diligenter immédiatement
17:17une enquête interne.
17:18Il y a des procédures
17:19qui ont été mises en place.
17:20Et ensuite,
17:22pourquoi est-ce qu'on ne le faisait pas
17:23parce que ça coûtait trop d'argent ?
17:25Et je terminerai juste
17:25par mon exemple personnel,
17:26si vous voulez,
17:27parce que ça me touche beaucoup.
17:28Moi, j'ai porté plainte
17:29contre un acteur
17:29qui m'a frappée
17:30sur un lieu de tournage,
17:32dans les loges
17:33après le tournage.
17:34Il faut savoir
17:35que cet homme a trois plaintes
17:36pour violences conjugales.
17:38Et quand vous tirez le fil,
17:39vous vous rendez compte
17:40qu'il a perdu la garde
17:41de sa fille
17:42pendant un moment également aussi.
17:43Et donc,
17:44les agresseurs,
17:46vous croyez quoi ?
17:46Qu'ils agressent
17:47que dans leur milieu familial ?
17:49Mais non,
17:50ils vont le faire
17:50sur leur lieu de travail.
17:52C'est quelque chose
17:53de beaucoup plus global
17:54à envisager.
17:55Et cette loi intégrale,
17:56elle, vraiment,
17:57elle recouvre tout.
17:58C'est pour ça,
17:58moi, je ne m'amuse pas
17:59à aller en manif
18:00gueuler pour rien.
18:01Mais est-ce que le gouvernement
18:02la reprend à son compte,
18:03cette loi intégrale ?
18:04C'est-à-dire qu'on attend
18:05que M. Lecornu
18:07réellement prenne vraiment
18:08ses responsabilités
18:08et la mette à l'ordre du jour.
18:10Et nous, on travaille,
18:11sachez que nous toutes,
18:12on travaille comme des petites fourmis.
18:14Moi, je suis actrice.
18:15Je ne suis pas là,
18:16normalement,
18:16pour faire ce travail-là.
18:17Mais on voit bien
18:18qu'on a besoin
18:19de pousser
18:20avec les associations féministes
18:21pour qu'ils comprennent
18:22toutes ces mécaniques
18:23et, encore une fois,
18:24faire tomber le mythe
18:25que ce sont des violences
18:27où il n'y a pas de preuves.
18:28On peut avoir des preuves
18:30et il faut qu'elles soient
18:31prises au sérieux
18:31et qu'elles soient
18:32tout de suite intégrées
18:33et recherchées
18:34par les enquêteurs
18:35ou les employeurs
18:36quand ils font
18:37des enquêtes internes.
18:38Et à partir de ce moment-là,
18:40stopper les agresseurs
18:41avant qu'ils récidivent.
18:42C'est très important.
18:42Je reviens au témoignage
18:43de la petite Léa,
18:45Mathias Darmon.
18:45Comment est-ce que
18:46vous expliquez
18:47qu'à partir d'un témoignage
18:49comme celui-là,
18:50encore une fois,
18:50contre Jérôme Barrella,
18:52où une petite explique
18:54un scénario
18:55qu'on a bien en tête
18:56depuis maintenant
18:57plus de deux semaines,
18:57une soirée pyjama,
18:58lui qui se rapproche
19:00et quelque chose
19:01qui pourrait s'apparenter
19:04à une agression sexuelle.
19:05Comment vous expliquez
19:06que c'est mis de côté ?
19:07C'est même pas pris en compte
19:10en réalité par la justice.
19:11Là, déjà,
19:13la ZE a visiblement
19:14fait son travail.
19:15C'est quand même
19:16une bonne chose.
19:17qu'il faut souligner.
19:18La plupart du temps,
19:19on a beaucoup de difficultés
19:20avec la ZE,
19:20là, ça fonctionne bien.
19:22Quand une information
19:23préoccupante est transmise,
19:24elle est transmise au parquet.
19:27Alors,
19:27qu'a fait le parquet
19:27quand ils ont reçu,
19:29encore une fois,
19:30cette information préoccupante ?
19:31On a posé la question,
19:32on n'a pas eu de réponse
19:32au parquet.
19:33Voilà,
19:34et c'est peut-être
19:34qu'une enquête
19:35pourra diligenter,
19:37éventuellement,
19:37pourra nous éclairer sur ça.
19:39Mais,
19:40quid du parquet
19:41quand il reçoit
19:42un signalement,
19:43une plainte
19:44pour des faits
19:44d'agressions sexuelles
19:45sur mineurs ?
19:46Est-ce qu'ils le mettent
19:48sous les 150 dossiers
19:49qu'ils ont sur le bureau ?
19:50Ou est-ce qu'ils en font
19:51une priorité ?
19:52Et je pense qu'avec
19:52la loi intégrale,
19:54justement,
19:54on va remettre ces dossiers
19:55en haut de la pile
19:56et on va les traiter
19:57avec sérieux.
19:58Là,
19:58ils n'ont pas dû l'enregistrer
19:59parce que comme le disait Lisa,
20:00c'est du 12 mars
20:01et quand la procureure
20:02a fait la liste
20:03des affaires précédentes,
20:04il n'y avait pas
20:05cette affaire-là.
20:06C'est trop grave.
20:08C'est trop dans la requête,
20:09c'est-à-dire qu'à partir
20:10du moment où quelqu'un
20:11dans la chaîne pénale
20:12laisse le dossier
20:13sous le coude,
20:14c'est un truisme,
20:15mais forcément,
20:16ça n'avance pas.
20:17Donc,
20:18pour que cette loi
20:19dont tout le monde
20:20comprend bien
20:20qu'elle est nécessaire
20:22ne soit pas
20:23qu'une posture,
20:23il faut donner au parquet,
20:25il faut donner aux enquêteurs,
20:26je dirais,
20:27non seulement les moyens,
20:28mais en plus,
20:29la culture de l'enquête,
20:30c'est-à-dire que
20:31je reçois quelque chose.
20:33Oui,
20:33ça pourrait être
20:34un classement 21,
20:35c'est-à-dire...
20:36Un classement 21,
20:36ça veut dire ?
20:36Ça veut dire que
20:37les parquets classent
20:38parce que l'infraction
20:38n'est pas suffisamment
20:40caractérisée.
20:40Ce que vous disiez tout à l'heure,
20:42c'est peut-être vrai,
20:42mais on n'a pas de preuves,
20:43clairement,
20:44on ne va pas perdre notre temps
20:44parce qu'on a un tas comme ça.
20:46Il y a certainement
20:48une question de culture.
20:50Il y a quelques années,
20:51quand un mari venait
20:52déposer plainte
20:52parce que sa femme était partie
20:53et qu'il n'avait pas de nouvelles,
20:55ça commençait toujours
20:55par une grosse rigolade.
20:56Elle va revenir.
20:58Elle est jolie,
20:58votre femme ?
20:59Oui,
20:59elle va revenir.
21:00Alors que,
21:01maintenant,
21:02normalement,
21:03ça ne se fait plus.
21:04Normalement,
21:04une disparition de mineurs,
21:05par exemple,
21:05doit toujours être considérée
21:07comme inquiétante.
21:08Il y a des moyens
21:08parce que sinon,
21:09ça ne marche pas,
21:10mais aussi,
21:11c'est-à-dire que ça doit faire tilt.
21:12Il y a à un moment donné
21:13quelque chose qui doit dire
21:14« Ok,
21:15je suis le procureur de la République,
21:16je suis une substitut de permanence,
21:18je saisis un service de police,
21:19je saisis une unité
21:21de gendarmerie »
21:21et on voit.
21:22Peut-être qu'il n'y a rien au bout,
21:23mais au moins,
21:24il y a deux analyses.
21:26Une première analyse par le parquet
21:27et puis ensuite,
21:29si c'est bien fait dans un monde idéal,
21:30des conclusions qui sont faites
21:31par les enquêtes.
21:32Dans cette affaire,
21:33on a aussi découvert
21:33les soupçons qui pèsent
21:34contre le père de Jérôme Barrella,
21:36accusé notamment par deux
21:37de ses petites filles,
21:37Maéva et Précilia,
21:389 et 10 ans,
21:39au moment des faits.
21:40Deux plaintes,
21:41suivies justement d'en parler
21:42pour l'une d'un classement sans suite
21:44et pour l'autre d'un non-lieu.
21:45Bonsoir,
21:46Maître Mourad Batik
21:46et merci d'être en direct
21:48avec nous ce soir.
21:49Vous êtes justement
21:50l'avocat de Maéva et Précilia.
21:52Que réclamez-vous ce soir ?
21:54Je réclame la réouverture
21:56des deux dossiers.
21:58Pour Maéva,
21:58c'est désormais acquis.
22:00Le procureur s'est prononcé dessus.
22:02Il y avait un classement sans suite.
22:05Donc,
22:05ça n'est pas le plus difficile
22:07et le plus compliqué.
22:08Il y avait une enquête
22:09qui a été bâclée.
22:11On demande sa réouverture.
22:12Et pour Précilia,
22:13qui, elle,
22:14a subi un non-lieu,
22:16on demande la réouverture
22:18de l'enquête
22:18tout bonnement
22:19et faire en sorte
22:20que M. Barrella,
22:23qui aurait commis
22:24des faits graves,
22:25des faits de viol
22:26pendant trois ans,
22:27puisse être l'objet
22:29d'une enquête approfondie
22:31et in fine,
22:32si l'enquête le détermine,
22:35traduit devant
22:36une juridiction de jugement.
22:37Mais Maître,
22:38pour parler clairement,
22:39pour vous,
22:39les enquêteurs,
22:40la justice,
22:41sont passés à côté
22:42d'une affaire grave ?
22:43Écoutez,
22:44j'étais connecté
22:45quelques minutes
22:46avant de prendre la parole.
22:47C'est malheureusement
22:48le lot de notre quotidien.
22:50Je le dis,
22:50je le crie,
22:51je le hurle
22:51sur vos plateaux
22:52depuis maintenant
22:53près de deux semaines.
22:54Je dis aussi,
22:55je fais une incise
22:55sur le fait
22:57que les enfants
22:57de l'aide sociale
22:58à l'enfance
22:58sont défavorisés
23:00et sont la dernière
23:01roue du carrosse
23:02parce qu'il y a
23:03le commun des mortels
23:04qui subit une justice
23:07qui dysfonctionne complètement.
23:08Et puis,
23:08il y a vraiment
23:09les derniers de cordée,
23:10les enfants de l'aide sociale
23:12à l'enfance,
23:12alors qu'ils,
23:13pour le coup,
23:13sont vraiment mis au banc
23:15de la société.
23:16Je reviens
23:16à mes clientes,
23:18à Maëva
23:18et à Priscillia.
23:20Effectivement,
23:21la justice s'est trompée,
23:23les enquêteurs
23:24se sont trompés,
23:25un magistrat instructeur
23:26s'est trompé.
23:27Nous leur devons
23:28aujourd'hui,
23:29individuellement
23:29et collectivement,
23:30des excuses
23:30à Maëva
23:31et à Priscillia
23:32qui ont traversé
23:33l'enfer
23:34et qui,
23:34en plus d'avoir
23:35traversé l'enfer,
23:36ont été mécrues,
23:37n'ont pas été crues.
23:38Et donc,
23:38aujourd'hui,
23:39il est temps
23:39que l'enquête
23:39se réouvre
23:40et que la vérité judiciaire
23:42soit la bonne.
23:43On va l'écouter,
23:44Maëva,
23:45justement,
23:46elle était l'invité
23:46de BFMTV
23:47il y a quelques jours
23:48et voici ce qu'elle disait.
23:50Vous m'aurez posé
23:51cette question
23:52il y a trois ans en arrière,
23:53je vous aurais dit non.
23:54Maintenant,
23:55je pense différemment,
23:56je pense que,
23:57oui,
23:57j'en serais capable
23:58parce que j'ai besoin
23:59de le voir en face de moi,
24:02j'ai besoin qu'il me voie
24:03surtout,
24:03qu'il voie la personne
24:04que je suis devenue
24:05et j'ai besoin
24:06c'est peut-être méchant
24:08ce que je vais dire
24:08mais j'ai besoin
24:08qu'il culpabilise
24:09des actes qu'il a eus
24:10parce qu'il y a Précilia,
24:12il y a moi
24:12mais je ne sais pas
24:13s'il n'y a pas d'autres filles
24:14en fait.
24:15Voilà,
24:16Maëva prête
24:16à la confrontation.
24:18Maëva et Précilia
24:20sont prêtes
24:20à être confrontées
24:22à Joël Barrella ?
24:24Elles sont prêtes,
24:25elles sont prêtes
24:25autant que
24:26des jeunes femmes
24:27qui ont eu
24:28une enfance volée,
24:31dérobées le son.
24:32Elles se donnent
24:32beaucoup de courage,
24:33elles sont courageuses
24:34et je suis très fier
24:35d'être leur avocat,
24:37d'être leur conseil
24:38mais c'est vrai
24:39que ce sont des filles
24:40qui ont vécu
24:42dans leur chair
24:43et qui sont encore
24:43très touchées
24:44aujourd'hui
24:45par ce qu'il s'est passé.
24:48Général Fourbonne ?
24:49Rappelez-vous
24:50d'Émile Louis,
24:51c'est la même logique,
24:52c'est-à-dire que
24:54pour accéder
24:55à la parole
24:55et pour accéder
24:56à la vérité,
24:57il faut être
24:58dans une situation
24:58de confiance.
24:59Les proies
25:00de ces prédateurs
25:02sont toujours
25:03des êtres faibles
25:04et effectivement
25:06comme ça vient
25:06d'être dit,
25:07ils sont faibles
25:08parce que ce sont
25:08des enfants,
25:09parce que la parole
25:09est très difficile
25:10mais en plus,
25:11lorsque l'on s'attaque
25:12à des enfants
25:13qui n'ont plus
25:14de parents
25:15ou qui ont été
25:15placés par la ZEU,
25:16qui n'ont plus
25:17personne pour les aider,
25:19eh bien ce sont
25:19des proies
25:20qui deviennent
25:20d'autant plus faciles
25:21que la dénonciation,
25:23que le retour des faits
25:24sera encore plus difficile
25:25pour eux
25:25parce qu'ils ont l'habitude
25:26de ne jamais être crus
25:27et puis effectivement
25:29pas pris en compte
25:30parce que pas de moyens,
25:31pas forcément d'avocats
25:32et personne pour les conseillers.
25:33Maître Darmand ?
25:34Oui,
25:35en général,
25:35tout à l'heure,
25:35vous parliez de trous
25:36dans la raquette
25:36mais on a surtout
25:38l'impression
25:38qu'il n'y a pas
25:38de cordage
25:39à cette raquette.
25:40Il y a tout qui passe.
25:42Là,
25:42c'est quand même délirant
25:43de se dire que
25:43depuis cette affaire
25:45Liana,
25:46on a donc une plainte
25:47qui avait été déposée
25:47en 2022,
25:48classée sans suite
25:49en 2024.
25:49La procureure a dit
25:50qu'elle allait rouvrir
25:51l'enquête.
25:52Miraculeusement.
25:53Donc,
25:53ça veut dire que forcément
25:54c'est un aveu d'échec
25:55et là,
25:56pareil,
26:04on est sur échec,
26:06sur échec,
26:07sur échec
26:08et tout ça,
26:09ça démontre
26:09à quel point
26:10c'est symptomatique
26:11dans notre système
26:12judiciaire français
26:13et à quel point
26:14la parole des enfants
26:15est maltraitée
26:16et n'est pas prise
26:17en considération
26:18et c'est aberrant
26:19de se dire
26:19là,
26:20les clientes
26:21de mon confrère,
26:22je crois que c'est des plaintes
26:23qui datent de 2013,
26:25on est 13 ans après,
26:2613 ans après,
26:28on va décider
26:29de rouvrir
26:29une information judiciaire
26:30et de rouvrir
26:31un classement 21,
26:32c'est délirant.
26:33– Maitre Batik,
26:34pour aller,
26:34je vais parler schématiquement,
26:36casser un non-lieu,
26:37Précilia,
26:38vous le disiez tout à l'heure,
26:38a subi un non-lieu
26:39dans cette affaire,
26:41il faut que vous apportiez
26:41de nouveaux éléments,
26:43de nouveaux éléments,
26:45est-ce que vous avez
26:46de nouveaux éléments
26:46à apporter à la justice ?
26:47– Le non-lieu,
26:49effectivement,
26:50vous faites bien
26:50de le rappeler,
26:50Maxime Suitec,
26:51ça n'est pas l'autorité
26:52de la chose jugée,
26:53on peut réouvrir,
26:54il faut un élément nouveau,
26:56il y a très peu
26:56de jurisprudence
26:57en la matière
26:58puisque évidemment
26:59ça n'arrive pas tous les jours
27:00que l'on rouvre
27:01une information judiciaire
27:02qui a été classée
27:02et qui puissait
27:03depuis plus de 10 ans maintenant,
27:05les nouveaux éléments
27:06ce sont à mon sens
27:07les versions concordantes
27:11de Maéva
27:12et de Précilia,
27:13c'est un nouvel élément,
27:14toute la séquence
27:15autour de l'IANA
27:16et de la famille Barrella,
27:18c'est un nouvel élément,
27:19les dysfonctionnements
27:20de la justice
27:21qui ont été mis en exergue,
27:22c'est un nouvel élément,
27:23autant de nouveaux éléments
27:24qui vont permettre,
27:25je le crois,
27:26avec un ministère public,
27:27un procureur de bonne foi
27:28et je ne doute pas
27:29un quart de seconde
27:30que le procureur
27:31et que le ministère public
27:32aient envie de corriger
27:34cette bévue conséquente
27:36pourra permettre
27:37la réouverture
27:37de cette information judiciaire.
27:39Sarah Forestier.
27:40Je pense à ces petites filles
27:42et évidemment,
27:43il y a une importance absolue
27:44des personnes
27:46qui ont déjà été victimes
27:47de rouvrir
27:48et puis surtout de traiter,
27:49on parle des 70 000 plaintes
27:51qui attendent,
27:52c'est très important.
27:54Mais à côté de ça,
27:55qu'est-ce qu'on va faire
27:56dans ce pays ?
27:58Est-ce qu'on va décider
27:59d'arrêter les pédocriminels
28:01avant qu'ils passent à l'acte
28:02ou est-ce qu'on va accumuler
28:03des plaintes
28:04et se poser la question ensuite
28:05de se dire
28:06est-ce qu'on a les moyens
28:07et le temps de les traiter ?
28:09Il y a aussi quelque chose
28:10que je reviens encore à ça
28:11parce que c'est très important.
28:12Il faut arrêter
28:13les pédocriminels plus tôt.
28:15Mais ça,
28:16ça suppose,
28:17alors c'est pas uniquement
28:18une révolution de moyens
28:19d'ailleurs, contrairement...
28:20Non mais l'off mine,
28:21on a besoin
28:21qu'ils soient plus nombreux.
28:22Il y a une révolution,
28:23à mon avis,
28:23il y a une révolution
28:24des mentalités
28:25pour qu'il y ait
28:26une prise de conscience
28:28qui soit effectuée
28:30de la part du personnel,
28:32de tous ceux
28:33qui sont en contact
28:34avec les enfants
28:37et probablement
28:38les femmes également.
28:39C'est les coups, les varses.
28:40Pas uniquement d'ailleurs,
28:41c'est pas uniquement
28:41la justice,
28:43c'est aussi l'éducation,
28:44c'est aussi tous ceux
28:45qui travaillent
28:46dans les services éducatifs,
28:49mais c'est une révolution
28:50des mentalités
28:51parce qu'aujourd'hui,
28:52il n'y a pas cette alerte
28:54qui...
28:55Oui, mais il faut une impulsion,
28:58si vous voulez,
28:58les mentalités,
28:59on ne peut pas tout remettre
29:00sur la responsabilité personnelle.
29:02Il faut une impulsion politique.
29:05C'est-à-dire que
29:05dans cette loi intégrale,
29:06par exemple,
29:06il y a une détection
29:08systématique tous les ans,
29:10soit par le personnel de santé,
29:12soit par le personnel éducatif.
29:14C'est-à-dire que tous les ans,
29:15on irait interroger
29:16tous les enfants
29:16pour leur demander
29:17s'ils ont été victimes
29:18de violences.
29:20Et donc,
29:21ça veut dire
29:22qu'il peut y avoir
29:23des pédocriminels
29:24qui soient signalés
29:25plus tôt,
29:25plutôt qu'ils soient
29:26dans la nature passée,
29:28undercover,
29:29et continuer à violer
29:30des enfants,
29:30des enfants,
29:31des enfants.
29:31Mais je reviens encore
29:32aux questions de moyens,
29:33c'est-à-dire que l'off mine,
29:35si on traque
29:36des pédocriminels en ligne,
29:37mais qu'il n'y a pas
29:37assez de personnes
29:38pour le faire,
29:39et qu'il y a des dossiers
29:40qui dorment,
29:41c'est que c'est des personnes,
29:41c'est des dangers ambulants.
29:43C'est des gens
29:43qui vont refaire
29:44des victimes,
29:45donc encore des plaintes
29:46qui vont s'accumuler
29:47encore dans les bureaux,
29:48donc on a absolument
29:49besoin de ça,
29:49et vraiment,
29:50pardonnez-moi,
29:51mais là,
29:52on est tous en responsabilité
29:53sur ce plateau.
29:54Où est M. Lecornu
29:55sur cette parole ?
29:56Où est M. Macron ?
29:58Où est M. Macron
29:59sur l'argent
30:00dont on a besoin
30:01pour faire exactement
30:02tout ce dont on parle ?
30:03On a besoin
30:04de plus d'effectifs,
30:05on a besoin
30:06de vraiment mener
30:08une guerre
30:08contre la pédocriminalité,
30:09mais ça,
30:10c'est une parole présidentielle.
30:12Mais moi,
30:12je suis très frappé
30:13de l'évolution
30:14de la parole présidentielle,
30:15parce que c'était
30:16une porte fermée
30:17la semaine dernière
30:18et aujourd'hui,
30:19il a quand même
30:20considérablement évolué.
30:21C'est-à-dire que politiquement,
30:22il sent qu'il y a
30:23une pression populaire
30:25qui est très très forte.
30:26On attend les actes.
30:27On ne l'a pas tellement
30:27entendu le président.
30:29Si, si, aujourd'hui,
30:30vous l'avez entendu,
30:30d'accord.
30:32On est dans un bateau
30:33qui fonce sur un iceberg.
30:35Et l'iceberg,
30:36alors c'est vrai
30:37que c'est Gérald Darmanin
30:38dont on voit les fenêtres
30:39derrière le général,
30:40qui s'est pris d'abord
30:42à dire
30:42il y a des fautes individuelles,
30:44je reconnais des fautes individuelles,
30:46qui s'accusent,
30:47comme dit Stendhal.
30:48Donc, il s'est excusé
30:50et il s'est accusé.
30:51Et puis ensuite,
30:52il a dit
30:52non mais attendez,
30:52il n'y a pas que
30:53des fautes individuelles.
30:54Je vais vous révéler le chiffre.
30:56C'est une énorme révélation
30:57le chiffre des 70 000.
30:58D'ailleurs,
30:59tout le monde dit
30:59mais comment il se...
31:0070 000,
31:00ce sont les 70 000 plaintes
31:01qui vont être...
31:02Non, pas plaintes, Maxime.
31:04Ce sont les 70 000
31:06affaires judiciaires.
31:07C'est vrai,
31:07qu'il y a déjà judiciaires.
31:08Les plaintes,
31:08on ne sait pas encore.
31:09Oui, vous avez raison.
31:10Mais il y en a encore
31:10peut-être un autre stock.
31:11Mais 70 000 affaires,
31:12en tout cas,
31:12à réétudier
31:13ou réévaluer
31:14d'ici la mi-juillet.
31:15Un stock.
31:15Maxime,
31:16ça correspond à 70 affaires
31:18par tribunal judiciaire.
31:19Mais c'est énorme.
31:19700 affaires.
31:20C'est énorme.
31:21Donc ça,
31:21ce stock,
31:22c'est l'iceberg.
31:23Et alors maintenant,
31:23on sait que
31:24dans un océan
31:27mal foutu
31:27parce qu'il n'y a pas
31:28l'informatique qu'il faut,
31:30il n'y a pas
31:30la coordination qu'il faut,
31:32il y a des énergies individuelles
31:34qui dépensent
31:35une énergie folle
31:36dans leur coin
31:37parce qu'il y a des gens
31:38qui font un travail admirable
31:39dans leur coin
31:39mais ce n'est pas coordonné.
31:40On sait que ça,
31:41on ne sait pas le prendre en compte.
31:43Et ça,
31:43ça nécessiterait
31:44un big bang
31:45au sommet de l'État
31:46et une prise en compte
31:47qui n'est pas encore
31:48celle d'aujourd'hui.
31:49Lisa,
31:50la phrase d'Emmanuel Macron
31:51aujourd'hui ?
31:51Oui,
31:52Emmanuel Macron parlait
31:53des rapports
31:54des inspections générales
31:54de la gendarmerie
31:55et de la justice
31:55qui vont être remis
31:56le 22 juin prochain.
31:57Il dit sur cette base-là,
31:58on peut se poser plusieurs questions,
31:59notamment celle-ci.
32:00Qu'est-ce qui n'est pas encore
32:00assez radical ?
32:01Ou est-ce qu'on doit développer
32:02des unités d'écoute
32:03dans nos hôpitaux
32:04pour que ça marche encore mieux ?
32:05Des salles Mélanie
32:06dans nos commissariats,
32:07nos gendarmeries ?
32:07Ou est-ce qu'il manque
32:08peut-être des moyens
32:09là ou là ?
32:10Ce n'est pas possible.
32:11Non mais c'est risible,
32:12excusez-moi.
32:13Ce n'est pas une parole
32:14présidentielle à la hauteur.
32:15Est-ce qu'il manque des moyens ?
32:17Même les personnes
32:18qui travaillent à l'offmin
32:20qui traquent les pédophimiales
32:21disent qu'ils ne sont pas assez.
32:22Eux-mêmes disent
32:23qu'il y a des dossiers
32:24qui dorment en fait.
32:25Mais qu'est-ce qui se passe
32:27avec M. Macron
32:28et M. Lecornu ?
32:29Qu'est-ce qui se passe ?
32:30Ils ne veulent pas.
32:32Qu'est-ce qui se passe
32:32en réalité ?
32:35Ce qui est assez remarquable,
32:37c'est qu'il y a quand même
32:38un consensus,
32:39pour une fois,
32:39entre les procureurs,
32:40entre les gendarmes,
32:41les policiers,
32:42les avocats.
32:43On dit tous la même chose.
32:45C'est très simple.
32:46On dit tous
32:47qu'il y a un manque
32:48de budget très clair,
32:50qu'il y a un manque
32:51de formation évident
32:52et on est tous
32:54sur la même longueur d'onde.
32:55Donc c'est plutôt simple.
32:56à entendre.
32:57Et il n'y a plus qu'à maintenant
32:58passer aux actions.
32:59C'est parce que je crois
33:01qu'il a du mal
33:02à accepter
33:03le président de la République
33:05qu'on lui fasse porter
33:06ce chapeau des moyens.
33:08Pourquoi ?
33:09Parce que sincèrement,
33:11moi ça fait longtemps
33:12que je fais ce métier,
33:13la justice,
33:14c'est le parent pauvre
33:16des services publics
33:17en France,
33:17c'était honteux.
33:19Honteux.
33:19La justice,
33:20pendant des années,
33:21a fonctionné
33:21avec un budget
33:22de 5 milliards par an.
33:23C'est quand on sait
33:24que la plupart de l'argent
33:25va à la pénitenture.
33:29avec Emmanuel Macron,
33:31il a presque doublé
33:33le budget.
33:34Il a presque doublé.
33:35Et donc c'est quand même
33:36un effort important
33:37qui va toujours
33:38à la pénitentiaire
33:38en majorité d'ailleurs.
33:40Mais alors effectivement,
33:41il a du mal
33:42à comprendre
33:42qu'on s'en prenne à lui.
33:45On est passé
33:45de 6,7 milliards
33:46à 10 milliards
33:47et en fait,
33:48on part de tellement loin,
33:49de tellement bas,
33:51qu'il faudrait
33:51trois fois plus
33:52pour que ça fonctionne bien.
33:53Vous demandez,
33:53Sarah Forestier,
33:55vous disiez tout à l'heure
33:56que vous allez être reçue
33:57demain par des députés,
33:58vous demandez être reçue
33:59par Sébastien Lecornu,
34:00par Emmanuel Macron,
34:00en disant,
34:00bah oui,
34:01je m'engage,
34:01j'y vais jusqu'au bout
34:02et je viens vous voir,
34:03vous Premier ministre,
34:04vous Président de la République.
34:04Ça serait vraiment
34:06à la hauteur
34:06que le Premier ministre,
34:08M. Lecornu,
34:10reçoive toute la coalition,
34:11les représentants
34:12de la coalition
34:13des associations féministes,
34:15pas moi,
34:15on s'en fout des actrices,
34:16des acteurs,
34:17c'est pas le sujet en fait.
34:18C'est des gens
34:18qui travaillent sur le terrain
34:19depuis tellement d'années,
34:21recevez-les,
34:21parce que même
34:23les personnes
34:23qui ont travaillé
34:24dans la civise,
34:25ils savent exactement
34:26comment les pédocriminels
34:27fonctionnent,
34:28ils savent exactement
34:28tous ces trucs de trous
34:30dans la raquette
34:30dont vous parlez
34:31et en fait,
34:32les mécanismes globaux
34:33qu'il faut mettre en place
34:34tout ce dont on parle
34:35sur ce plateau
34:36depuis tout à l'heure
34:37et ça serait tout à fait normal
34:39et minimum
34:39que M. Lecornu
34:40les reçoive
34:41mais surtout,
34:42on attend qu'il mette
34:43cette proposition de loi
34:45à l'ordre du jour.
34:46Parce que pour l'instant,
34:46on a l'impression
34:47qu'il attend.
34:47– Je crois qu'il attend
34:47les rapports
34:49de l'inspection générale
34:50dont ça devrait se produire.
34:52– De ceux qui l'ont vu
34:53aujourd'hui,
34:54visiblement,
34:54je crois que c'est en cours.
34:55– Il a reçu des parlementaires.
34:56– Il a reçu des parlementaires
34:57et évidemment,
34:57les choses avancent.
34:58– Ça va avancer.
34:59– Pas suffisamment vite,
35:00vous le dites,
35:04et une parole
35:05qui soit vraiment
35:06encore plus à la hauteur
35:08parce que vous parliez
35:09de phrases.
35:10Je suis désolée,
35:10un président,
35:11il n'est pas là
35:11pour dire des phrases.
35:12Un président,
35:13il est là pour avoir
35:14une logique.
35:15Vous voyez comme il avait
35:16cette impulsion
35:17pour les Jeux Olympiques ?
35:18Comme il était investi,
35:19M. Macron ?
35:20Mais on aimerait
35:20qu'il ait la même chose
35:21et qu'il se dise
35:22on va protéger les enfants
35:23et les femmes de ce pays.
35:25Il y a un scandale.
35:28Vous voyez bien
35:28que c'est national.
35:29Vous voyez bien
35:30que les gens,
35:30ils sont outrés
35:31et qu'ils sont choqués.
35:32Et quand on parle
35:33et qu'on dit
35:33que la peur
35:34doit changer de camp,
35:35je vais vous dire,
35:36vraiment,
35:37il y a beaucoup de parents
35:38qui ont peur
35:38dans ce pays aujourd'hui.
35:39Il y a beaucoup d'enfants
35:40aussi qui ont peur
35:41dans ce pays aujourd'hui.
35:43Il y a énormément de gens
35:44qui ont peur.
35:44Donc si M. Macron
35:46veut vraiment faire
35:47que la peur change de camp,
35:48c'est-à-dire que les pédocriminels,
35:50que ce soit eux
35:51qui aient peur en fait,
35:52il faudrait qu'ils aient peur
35:53de quoi ?
35:53De se faire choper.
35:54Mais pas que de se faire choper.
35:56Qu'on fouille dans leur téléphone,
35:57qu'ils se fassent perquisitionner,
35:58qu'ils aient peur en fait.
36:00Qu'ils ne se disent pas
36:00que je vais me faire choper
36:01et puis après,
36:03il y aura une plainte
36:03classée sans suite.
36:04Mais ça,
36:05ça veut vraiment dire
36:05que la peur change de camp.
36:07Mais cette impulsion,
36:08on a besoin qu'elle vienne aussi
36:09du président de la République.
36:10Qu'il soit investi
36:11autant que pour les Jeux Olympiques
36:13et qu'il dise
36:14maintenant,
36:14on va faire la guerre
36:15à la pédocriminalité.
36:17Parce qu'il aime ce mot.
36:18Qu'il le fasse.
36:19Là, on a un président
36:21qui dit qu'il a mal aux oreilles
36:23et qu'il parle de cris.
36:24En plus,
36:24je ne sais même pas
36:25de quel cri il parle.
36:26On lui parle
36:27avec une logique implacable.
36:28Entendez simplement les choses
36:30et allez-y, quoi.
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