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MEDI1TV Afrique : L'art comme seuil : Plongée dans l'univers d'Emo Medeiros - 14/06/2026
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00:09It's with a great pleasure to meet you on Median TV for our escale culture of the day.
00:15Today we will take a full tour of the cultural and cultural activity on our continent.
00:20In an instant we will talk about contemporary art with Emo de Medeiros and his artistic universe called Afro Futurist.
00:28We will talk about cinema with Epouse Soufflant, the source Ma'El Ain de Meryem Jobour.
00:33But before all, let's go to our guest of the day.
00:41Today we will receive a great dame.
00:43Our guest is a major figure of the memory, of the resistance and of the engagement of the Maroc.
00:48A woman who has traveled through the most sensitive period of the contemporary history of the Maroc.
00:53An ancient prisonnière politique, écrivaine et militant des droits humains.
00:58Fatna El Boué a transformé une expérience douloureuse, une tragédie, en un combat pour la justice, la dignité et la
01:04transmission de la mémoire.
01:05Le film documentaire Fatna, une femme nommée Rashid, revient sur son histoire singulière.
01:10A travers son témoignage, il interroge bien sûr la violence, de l'effacement identitaire, la condition des femmes militantes, mais
01:16aussi la capacité de l'être humain à résister, à se reconstruire et à reconstruire sa vie et à faire
01:22de la mémoire un outil de réflexion pour les générations futures.
01:26D'ailleurs, le titre du film Fatna, une femme nommée Rashid, est particulièrement fort.
01:30Merci d'être avec nous Fatna.
01:33Bonjour, merci à vous.
01:35Merci, c'est un plaisir que de vous recevoir aujourd'hui vraiment.
01:40Et notre première question, on parlait justement du titre qui n'est pas du tout anodin et qui est même
01:45peut-être le pilier même du documentaire.
01:47Que représente aujourd'hui pour vous ce prénom qui vous a été imposé par vos géolais en prison avec le
01:55recul ?
01:58Je crois que ce titre est très révélateur du fait que la femme n'avait pas de place dans la
02:08lutte et surtout dans l'espace politique.
02:13Donc, le fait de revenir sur ce titre et le fait d'attribuer des noms d'hommes à des femmes
02:25militantes est très révélateur dans le sens où c'était pour l'invisibilité de ces femmes.
02:32Et moi, je considère que le géolier n'acceptait pas de voir les hommes, encore plus de voir des femmes
02:41s'impliquer dans la question politique ou dans la question du changement.
02:45Et je pense qu'aujourd'hui, il y a eu beaucoup de chemin qui a été fait dans la lutte
02:49contre cette invisibilité.
02:51Moi, je me rappelle que le commissaire, lors de la première rencontre dans le processus de disparition, dans l'accueil,
03:06le commissaire me disait « je vais t'effacer ».
03:09Et donc, tout ce processus, tout ce travail aussi, c'est contre l'effacement des femmes, contre l'invisibilité de
03:16ces femmes dans ce processus. Voilà.
03:19– Et je voudrais savoir également, maintenant, on parle de disparition, d'effacement, de déshumanisation la plus totale, la plus
03:26abjecte.
03:27Et lorsque vous avez découvert ce très beau documentaire réalisé par Hélène Ardeur, le documentaire Terminé,
03:33quelle a été votre première réaction en voyant votre histoire racontée à l'écran ?
03:39Je pense que ça a été quelque chose de bouleversant de voir le cinéma s'en mêler.
03:43– L'écriture était aussi la première arme contre l'effacement.
03:50Je crois que l'image donne encore plus de forme, plus de force contre cet effacement.
03:57Et aujourd'hui, la question de l'image prend place chez les jeunes et donc c'est un outil de
04:02transmission.
04:02Je trouve que le film, avec une délicatesse et un designer très, très fin, a pu transmettre, a pu raconter
04:17cette histoire.
04:18– Vous avez parlé tout à l'heure de douleur, de violence, et les raconter surtout dans la reconstruction.
04:26Surtout dans comment les femmes se reconstruisent, comment aujourd'hui on peut se reconstruire en mettant en avant le positif,
04:37en mettant en avant l'espoir et en mettant en avant la possibilité de travailler autrement et de réaliser une
04:48avancée dans le rêve de l'État de droit.
04:52C'est un processus qui est toujours à l'ordre du jour et il est fait aujourd'hui.
04:59Et d'ailleurs, c'est ça l'idée du va-et-vient entre le passé et le présent.
05:04Le passé a aujourd'hui aussi son poids lourd et je pense que l'UER a fait un chemin là
05:14-dessus.
05:16Aujourd'hui, il y a beaucoup à faire, il y a beaucoup.
05:19La construction est encore à l'ordre du jour.
05:21Et le film, il raconte surtout cette reconstruction, ce travail,
05:26aujourd'hui dans un espace d'enfermement qui était rejeté.
05:34Quand on parle de prison, on dit, oh là là, c'est-à-dire que c'est une page ouverte
05:41sur les lieux qui étaient aussi fermés.
05:44Il y a encore du chemin à faire sur la question de la mémoire,
05:47sur la question de la participation des femmes à la construction de cette société,
05:52alors part dans la construction de l'état de droit, il y a beaucoup de chemin à faire.
05:58Et ça, c'est une fenêtre pour la transmission d'un petit pas de travail dans ce sens.
06:05Justement, une fenêtre que vous avez...
06:06Et je suis contente de ce travail.
06:09Vous avez ouvert une fenêtre et c'est tout à votre honneur.
06:12Il fallait, je pense, beaucoup de courage entre vous et vous-même pour porter votre voix haut et fort.
06:16Et ce film est à la fois un témoignage personnel et une œuvre de mémoire collective,
06:21qu'on le veuille ou pas, c'est un témoignage vivant.
06:23Et quelle était, selon vous, la nécessité de raconter cette histoire aujourd'hui, puisqu'on en parlait justement ?
06:30Vous l'avez dit vous-même, c'est collectif.
06:33C'est un appel, c'est une image collective de ce qui se fait aujourd'hui,
06:41ou de ce qui peut se faire par les femmes, parce qu'on a occulté ce pouvoir chez les femmes.
06:47Il est invisible, il est invisibilisé, il est des fois même, il y a une réponse de violence que les
06:55femmes ont subie,
06:56que l'histoire a pu raconter à travers l'UR, que l'histoire a pu raconter à travers ce qui
07:02a été écrit.
07:03Et l'écrit des femmes elles-mêmes, maintenant, qui commencent à se multiplier,
07:08les témoignages sont à l'ordre du jour.
07:11Et aujourd'hui aussi, il y a des femmes qui continuent ce mouvement
07:16et qui continuent cette participation active à la construction de l'État de droit
07:23dont nous rêvons, dont notre génération a rêvé et dont nous rêvons toujours.
07:28En tout cas, merci beaucoup, Fatna El Bouyeh, d'avoir été avec nous
07:31pour nous parler de ce superbe documentaire réalisé par Hélène Ardeur,
07:35donc Fatma, une femme nommée Rachid.
07:39Merci infiniment.
07:41Merci à vous.
07:42Bonne journée, bon courage.
07:44Bonne journée à vous aussi.
07:45Merci beaucoup.
07:46Merci.
07:54Et place tout de suite à Emodé Mederios, un artiste franco-béninois
07:58dont le travail s'inscrit pleinement dans l'art contemporain international.
08:02Il faut avouer que son univers artistique né du dialogue entre l'Afrique et l'Occident,
08:07entre tradition et modernité, entre héritage spirituel et technologie numérique,
08:12installé en Europe et l'Afrique.
08:14Il développe une réflexion sur l'identité plurielle.
08:17Son œuvre questionne ce que signifie finalement être africain dans un monde globalisé,
08:22marqué par les échanges culturels permanents.
08:24Il refuse une vision figée de l'Afrique et propose au contraire une vision dynamique,
08:30hybride et évolutive.
08:31Chez lui, l'identité n'est pas une racine unique,
08:34mais un réseau en constante transformation dans les coteaux de Svita.
08:38Pour faire une offrande à un électrofétiche,
08:41il suffit de prendre son téléphone,
08:44de le poser sur le pod,
08:48et là, on reçoit un message.
08:50Vous avez reçu 5000 points de chance et un vœu de niveau 3.
08:55Avec l'installation électrofétiche,
08:59je propose au public de faire une expérience à la fois esthétique et spirituelle,
09:04et en particulier d'acquérir de la chance,
09:06en faisant des offrandes électriques aux électrofétiches.
09:09L'installation est constituée de 12 électrofétiches.
09:12La statuette, plus un certain nombre de boîtes qui se trouvent en dessous,
09:15et un écran qui permet d'afficher l'un des symboles des électrofétiches.
09:22Ces symboles sont tirés d'un système de divination,
09:27d'un système philosophique aussi,
09:29qui a été inscrit au patrimoine immatériel de l'humanité,
09:32ce système s'appelant l'IFA au Nigeria, ou le FA au Bénin.
09:37Les statuettes sont fabriquées selon mes spécifications au Bénin,
09:40et ensuite j'interviens dessus, je les charge dans mon atelier.
09:44Une fois qu'elles sont chargées, elles peuvent être montrées au public.
09:47Donc elles ont ces effets qui sont à la fois esthétiques,
09:50mais simultanément spirituels et énergétiques.
09:54Ex-Africa, je pense que c'est la reconnaissance et la démonstration
09:58que l'art ancien africain a inspiré des générations d'artistes.
10:04A partir de 1980, l'art ancien africain n'a jamais cessé d'innerver,
10:09en quelque sorte, l'univers esthétique des artistes,
10:12que ces artistes soient africains ou européens.
10:14Je pense que c'est une forme de restitution intellectuelle, artistique et esthétique,
10:20et une reconnaissance de ce qui est véritablement la place de l'art ancien africain
10:25dans l'art contemporain aujourd'hui.
10:28Et le fait que ce ne soit pas simplement un effet de citation,
10:31ou un effet de référence, mais que les artistes, dont moi,
10:34peuvent s'en saisir comme forme d'inspiration et comme flux
10:39pour réaliser des œuvres qui sont entièrement contemporaines.
10:45Il faut savoir que l'univers artistique des mots de Médéros
10:48est reconnaissable par son mélange audacieux de matériaux et de médiums.
10:52Peinture, sculpture, photographie, vidéo, installation, interactive et art numérique.
10:57Il intègre souvent des motifs inspirés des cultures africaines,
11:01symboles, textiles, références spirituelles,
11:02qu'il combine avec des circuits électroniques, des écrans LED
11:06ou des dispositifs technologiques.
11:08Il faut bien avouer que cette fusion donne naissance à ce qu'il appelle parfois
11:11des formes afro-futuristes ou électro-fétiches,
11:14des œuvres qui ressemblent à des objets rituels, traditionnels,
11:17mais qui intègrent des éléments contemporains.
11:20Il faut dire que ce contraste crée justement une tension visuelle forte
11:23et pousse le spectateur à réfléchir au rapport entre passé et futur.
11:27Et son univers est donc à la fois spirituel et technologique,
11:30enraciné et tourné vers l'innovation.
11:33Il ne s'agit pas d'opposer tradition et modernité,
11:35mais de montrer qu'elles peuvent justement coexister et se nourrir mutuellement.
11:41Dans cette exposition, je montre des œuvres qui s'appellent des Vodonauts,
11:45qui sont des sculptures vidéo faites de casques en matériaux synthétiques,
11:49de coris, qui sont des coquillages qu'on trouve en Asie du Sud-Est,
11:53de smartphones et de vidéos à l'intérieur de ces smartphones,
11:57réalisées en partie par un logiciel de réalité virtuelle.
12:00Pour moi, l'idée, c'était de présenter quelque chose
12:04qui, formellement, soit différent des autres choses qui étaient montrées,
12:08qui serait le miroir de ce qu'on voit dans un univers de réalité virtuelle.
12:15Mon dernier voyage était au Bénin, où se trouve mon atelier,
12:19et j'y suis allé pour travailler et pour voir ma famille.
12:27Créer des œuvres d'art.
12:30Il faut bien avouer que l'essence de l'art des mots de Médéros
12:33repose sur l'idée de transformation, transformer des symboles culturels,
12:38les objets, les récits et même les identités.
12:40Son travail invite à repenser l'histoire coloniale,
12:43la mondialisation et la circulation des cultures
12:45sans tomber dans une vision nostalgique, conflictuelle.
12:49Au cœur de sa démarche, il y a aussi le dialogue,
12:51le dialogue entre continents, entre époques, entre spiritualité et innovation.
12:55Et ses œuvres ne donnent pas de réponse définitive,
12:57mais ouvrent des espaces de réflexion.
12:59Elles interrogent la manière dont les sociétés africaines
13:02s'approprient les technologies modernes,
13:04tout en conservant leur héritage culturel.
13:07L'univers artistique des mots de Médéros se définit par l'hybridation
13:10et l'essence de son art par une volonté de créer des ponts.
13:14Son travail incarne une Afrique contemporaine créative,
13:17connectée et en constante réinvention.
13:20Il y a quelque chose aussi qui est assez amusant,
13:22qui est une mise en abîme,
13:23parce que les deux personnages qui se trouvent au bas de l'image
13:26sont en fait des personnages,
13:29l'un d'entre eux est coincé d'un casque
13:31qui vise un autre personnage,
13:34par-dessus la tête d'un troisième personnage,
13:36qui est donc en génuflexion derrière le premier.
13:39Et le message de ce triptyque,
13:45enfin en tout cas de ce trio en tout cas,
13:49c'est de finalement proposer une sorte de philosophie de la libération
13:56qui soit fondée non pas sur une annihilation de l'adversaire,
14:02mais une forme de transformation,
14:03puisque derrière cet adversaire,
14:06on voit donc ce motif des machettes qui est très prédent
14:08et qui est une allusion à une tragédie majeure du XXe siècle.
14:13Il y a trois génocides majeurs au XXe siècle,
14:16le génocide arménien, le génocide juif et le génocide tutsi.
14:25Et place tout de suite à notre sortie cinéma,
14:29ça se passe en Tunisie, dans une région rurale,
14:31Aïcha vient avec son mari et ses jeunes fils
14:34dans l'attente du retour de Mehdi.
14:36Leur fils aîné qui a disparu après avoir rejoint un groupe armé
14:39et lorsqu'il réapparaît après une longue absence,
14:42accompagné d'une mystérieuse jeune femme enceinte,
14:45son retour bouleverse l'équilibre familial
14:47et fait ressurgir des blessures enfouies
14:49entre tensions silencieuses, secrets de famille
14:52et phénomènes troublants.
14:53La frontière entre réalité et imaginaire
14:55devient de plus en plus heureuse.
14:58On regarde tout de suite Maïlaïn de Meryem Jabor.
15:00Un extrait en revient juste après.
15:11Mon entretien en Kimchi.
15:15Un petit petit peu.
15:18Un 후e...
15:20Oui...
15:21Bien.
15:23What's your name?
15:24My mother.
15:28What do you say?
15:29My name is Rene.
15:32They were waiting for everyone to come to the bus.
15:38What do you say to me?
15:39What do you say to me?
15:41Oh, God.
15:42Oh, God.
15:43Do you know what you say to me?
15:45Have you seen anything in the morning or have you seen anything?
15:48My brother.
15:50What do you say?
15:55What are you saying to me?
16:00I'm not going to be here.
16:01Come here!
16:05I'm going to tell you, God.
16:06I'm going to tell you, God.
16:07I'm going to tell you.
16:08Do you think I'm going to be here?
16:10You're going to tell me.
16:11You're going to tell me.
16:12We have another one.
16:16I'm going to kill you.
16:19You're going to kill me.
16:19We are, we are today.
16:21We are, we are, we are, we are.
16:24be
16:38the source melaine de maryam jabour qui sign une oeuvre profondément sensible qui
16:45dépasse largement le cadre du réussi sur la radicalisation pour s'intéresser plutôt
16:51to its own and emotional repercussions.
16:53The film adopte, before all, the point of view of Aisha,
16:56a mother who tries desperately to find the child that she has lost,
16:59while refusing to see the man who is becoming.
17:01And these tensions between love maternel,
17:04and acceptance,
17:05constitute the heart even emotional of the story.
17:08Through her, the realist,
17:09interrogate also the capacity of a mother to continue to aim,
17:13even though the irreparable,
17:14and the difficulty to make the death of an être
17:17who is still alive, but profoundly transformed.
17:19And one of the great forces of the film
17:21is precisely in his recourse to the fantastical events.
17:25The strange events,
17:25which jalonnent the story,
17:26never seeks to create a simple effect of suspense.
17:29They incarnate the traumatismes,
17:31the fears and non-dits
17:32who hate the characters.
17:34The surnatured becomes the language
17:36of the invisible blesses,
17:37giving an almost mythological dimension
17:40to this familial story.
17:41And this approach allows Amrim Jbur
17:44to avoid any explicit discourse
17:46or demonstrative
17:47on the digitalization
17:48to privilege an experience
17:50cinematographic,
17:51sensory,
17:51where the emotions and sensations
17:53take the path
17:53on the certitudes
17:55and the words.
17:56In this case,
17:56the film explore also
17:57the way in which the violence
17:58is transmitted in families
18:00and generations.
18:01Even when it seems lointain,
18:03the war ends up
18:04in the domestic space,
18:06modifying the relations,
18:07fragilizing the liens
18:08and leaving traces durables.
18:09In this case, Amrim Jbur transform
18:11un sujet politique
18:13en une tragédie intime
18:14d'une grande force poétique
18:15où chaque personnage
18:16semble chercher sa place
18:18entre le poids du passé
18:19et la possibilité
18:20d'un avenir encore à reconstruire.
18:28Et place à ce très beau livre
18:30publié fin 2025, Rahma au cœur du jardin sans fleurs
18:35de Sakna Fatou qui raconte l'histoire
18:38donc de Rahma Ndiaye, une sage-femme
18:40sénégalaise qui consacre sa vie
18:41à aider les autres femmes
18:43à donner la vie
18:44tout en souffrant elle-même
18:45de ne pas avoir d'enfants.
18:47Et lorsque son mari
18:48prend une seconde épouse
18:49qui lui donne un héritier,
18:50Rahma est confrontée
18:51au poids du regard social
18:52et à une profonde remise en question.
18:54À travers son parcours,
18:56le roman explore avec sensibilité
18:57la pression exercée
18:59autour de la maternité
19:00faisant du jardin sans fleurs
19:02une métaphore poignante
19:03du manque et de la solitude
19:05d'une œuvre profondément humaine
19:07qui interroge avant tout
19:08la condition féminine
19:09et appelle à davantage d'empathie
19:11et de compréhension.
19:13On écoute tout de suite l'autrice.
19:16Après la naissance de mon deuxième enfant,
19:19j'ai posé une question à ma sage-femme.
19:21Je lui ai demandé
19:22est-ce qu'il existe des sages-femmes stériles
19:26qui ne peuvent pas donner des enfants.
19:28Donc elle m'a dit oui
19:29et elle m'a même donné un exemple
19:31d'une sage-femme,
19:32une maîtresse sage-femme
19:33qui ne pouvait pas avoir d'enfants.
19:35Donc je me suis inspirée
19:36de l'histoire de cette sage-femme.
19:39Que je ne connaissais pas,
19:41mais je me suis inspirée de cette histoire.
19:43Et à partir de là,
19:44j'ai créé mon personnage, Rahma Ndiaye,
19:46dans le livre
19:47qui est une sage-femme sans enfants.
19:50Dans ce roman-là,
19:52Rahma au cœur du jardin sans fleurs,
19:55Rahma est une sage-femme.
19:57Elle est jeune, belle, ambitieuse.
20:00Donc elle croquait la vie à grandes dents.
20:04Mais malheureusement,
20:05après son mariage,
20:07elle a découvert son infécondité.
20:09Parce qu'après cinq ans d'attente,
20:11elle n'a pas pu donner d'enfants à son mari.
20:14Et nous sommes en Afrique
20:15et nous connaissons que ici,
20:17les femmes qui ne peuvent pas donner d'enfants,
20:20c'est-à-dire celles qu'on appelle les femmes stériles,
20:22la société ne les pardonne pas du tout.
20:24Donc elles sont toujours stigmatisées
20:26et pointées du doigt.
20:28Donc c'est pourquoi dans mon roman,
20:29j'ai essayé de traiter surtout cette thématique
20:32de la stigmatisation,
20:35mais aussi comment ces femmes
20:37sont généralement aussi exclues
20:38par la famille, par la société aussi.
20:43Voilà.
20:43Donc la principale thématique ici,
20:44c'est ça, c'est la stérilité.
20:46Il y a d'autres thématiques,
20:48parce que j'ai évoqué la thématique de l'infanticide,
20:51parce que j'ai voulu comparer deux femmes,
20:53c'est-à-dire la femme qui veut
20:55et qui cherche à enfanter,
20:57à avoir un enfant comme Rahma Ndiaye,
21:00et l'autre femme, Aminata,
21:01qui elle a eu la chance d'avoir un enfant,
21:04mais elle a préféré s'en débarrasser.
21:06Pas en le tuant,
21:07mais plutôt en le donnant,
21:09donc dans une soi-disant pouponnière
21:11qui était tout simplement
21:13une pouponnière où on faisait
21:14un trafic d'enfants,
21:16c'est-à-dire où on vendait les enfants
21:19aux étrangers.
21:20J'ai aussi traité un peu la thématique du viol.
21:23Il y a eu le viol,
21:24parce que le personnage de Kunyusani,
21:26donc elle a été violée,
21:29et de ce viol aussi va naître un enfant,
21:32et elle aussi,
21:33elle n'a pas voulu de cet enfant.
21:34C'est peut-être même ce qui a fait ajouter un peu la sage-femme,
21:37qui a donné une gifle à Kunyusani,
21:39quand elle lui a dit qu'elle ne voulait pas de son enfant.
21:43Il y a aussi la thématique un peu de la pauvreté,
21:46parce que généralement,
21:47ces personnes pauvres qui sont laissées à elles-mêmes,
21:50surtout les femmes qui vivent d'or,
21:53souvent elles sont exposées,
21:54comme le cas aussi de Kunyusani,
21:56qui a été violée par un malfrat.
22:01Et c'est ainsi que se clôture l'Afrique en culture.
22:04Merci d'avoir été avec nous.
22:06On se donne rendez-vous dès la semaine prochaine.
22:08D'ici là, portez-vous bien.
22:18Sous-titrage ST' 501
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