- il y a 2 jours
La présidente de l'Assemblée nationale était l'invitée de Questions politiques ce dimanche. Yaël Braun-Pivet détaille les textes législatifs attendus dans les prochains mois et s'exprime sur les défis de la fin du quinquennat ainsi que sur les enjeux de la future campagne présidentielle. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques/questions-politiques-du-dimanche-14-juin-2026-3687304
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00:20Bonjour à tous et bienvenue dans Question Politique.
00:23Elle est décriée, caricaturée, parfois désertée jusqu'à être dissoute, ça peut arriver.
00:28Mais quand l'actualité se fait grave, elle finit toujours par redevenir incontournable.
00:32Elle, c'est l'Assemblée nationale.
00:34Faute de majorité dans l'hémicycle, rien de décisif, rien d'essentiel ne pourrait être accompli dans les deux ans
00:39qui viennent.
00:40Cinglait par exemple Edouard Philippe après la dissolution.
00:42Rien que les prochaines semaines pourraient le faire mentir.
00:44A l'Assemblée arrive une loi sur la fin de vie et peut-être deux textes majeurs pour protéger les
00:49enfants et les femmes des violences sexuelles.
00:50Dans le sillage de l'effroyable et désormais emblématique affaire Liana, on va y revenir.
00:55De quoi redorer le blason des députés ?
00:57Ça serait trop simple.
00:58Le dernier baromètre sévipof de la confiance politique est limpide.
01:01L'Assemblée nationale n'inspire confiance qu'à un Français sur cinq.
01:05Parmi nos institutions, seul le gouvernement fait pire.
01:07Ça tombe bien notre invité du jour à tester les deux.
01:09Brièvement ministre, mais surtout présidente de l'Assemblée nationale depuis 2022.
01:13Et en 2027, me direz-vous, je n'exclus rien, répète-t-elle.
01:18France Inter, question politique, Julien Nenni.
01:24Bonjour Yael Broun-Pivet.
01:25Bonjour.
01:26Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:28A mes côtés pour vous interroger aujourd'hui, Alix Bouillaguet de France Télévisions.
01:31Bonjour Alix.
01:31Bonjour Julien.
01:32Bonjour à tous.
01:33Avec vous, tout à l'heure, on dressera le portrait de Yael Broun-Pivet.
01:35Oui, vous êtes forgée au fil du temps une image de combattante qui gagne ses combats, mais toujours à l
01:40'arraché.
01:40Vous êtes aussi devenue au fil du quinquennat, des quinquennats d'Emmanuel Macron, le petit caillou dans la chaussure du
01:45président.
01:46Et à vos côtés, Françoise du journal, Françoise Fressos, pardon, du journal Le Monde.
01:50Bonjour Françoise.
01:51Bonjour à toutes et tous.
01:52Et avec vous, on creusera une question qui animera la campagne de l'an prochain.
01:56La crise démocratique, cette défiance des citoyens à l'égard de leurs représentants, une crise profonde qui pèse sur la
02:01campagne présidentielle, qui apparaît sans règles établies.
02:04Peut-on y remédier ? Et si oui, comment ?
02:06Merci à toutes les deux et à tout de suite.
02:09Mais d'abord, Yael Brunpivet, il y a bien sûr l'onde de choc de cette affaire Liana qui continue
02:13de se faire ressentir.
02:14Les obsèques de la collégienne de 11 ans se sont tenus vendredi dans sa commune de Florence, dans le Gers.
02:19Et dans cinq jours, tout juste, on connaîtra les conclusions du rapport commandé par le gouvernement pour mesurer l'ampleur
02:24des dysfonctionnements dans cette affaire.
02:25Est-ce que, comme d'autres, vous appelez désormais à une sorte de MeToo des enfants ?
02:30Alors, cette affaire, elle a saisi d'effroi la nation.
02:34Et ce drame, il faut qu'il puisse être utile, mais nous être utile collectivement.
02:40C'est un électrochoc.
02:42Et ces électrochocs, justement, il faut les transformer.
02:46Vous savez, moi, quand j'ai pris la présidence de l'Assemblée nationale en juin 2022,
02:51très rapidement, j'ai créé ce qu'on appelle une délégation aux droits des enfants
02:54pour que la parole des enfants soit prise en compte à l'Assemblée nationale.
02:57Et elle l'a été ?
02:58Elle l'a été, mais pas suffisamment.
03:01Et j'ai appelé, dans un journal, à ce qu'il y ait un MeToo des enfants
03:05et à ce qu'il y ait une prise de conscience collective.
03:08Vous utilisiez déjà cette expression il y a quatre ans ?
03:09J'utilisais cette expression il y a quatre ans.
03:13Et c'est peut-être ça qui me rend le plus triste aujourd'hui.
03:16C'est que cet appel, et je n'étais pas la seule,
03:19il y a beaucoup de parlementaires, beaucoup d'hommes et de femmes politiques,
03:23d'associations qui, déjà, alertaient,
03:25parce que le problème, il ne date pas d'hier.
03:28Et malheureusement, nous avons été trop lents.
03:31Nous n'avons pas été assez forts, assez vides.
03:33Vous avez prêché dans le désert, c'est ça ?
03:35Et peut-être un peu, oui, mais je prends ma part aussi,
03:38parce que peut-être que j'aurais dû parler plus fort,
03:40peut-être que j'aurais dû... je ne sais pas quoi,
03:43parce que c'est triste, on se dit toujours
03:46comment on aurait pu empêcher ce drame absolu.
03:49Chacun à nos places, on se pose cette question.
03:51On va y venir sur les solutions, évidemment.
03:53Et donc, si aujourd'hui, il y a une vraie prise de conscience,
03:57eh bien, saisissons cette chance et agissons.
04:00Parce que cette prise de conscience, elle est indispensable
04:02pour agir de façon globale.
04:05Ce que nous avons fait depuis des années, avant nous,
04:09c'est agir par petits bouts, en silos,
04:12essayer de résoudre telle ou telle difficulté.
04:15Et c'est ce que j'entends encore aujourd'hui,
04:17lorsque j'entends certains hommes politiques
04:19qui sont lancés dans la campagne présidentielle.
04:21On va y venir sur les propositions.
04:22Voilà, j'ai des propositions parcellaires,
04:24de politique pénale, etc.
04:25Ça peut être intéressant, pourquoi pas ?
04:27Mais la solution, elle est globale.
04:30Le problème est global.
04:31D'où cette loi intégrale, comme on l'appelle.
04:33On va y venir en détail aussi.
04:34Tout à fait.
04:34Mais avant ça, en plus des différents textes législatifs
04:37qui pourraient arriver à l'Assemblée,
04:38vous avez aussi plaidé cette semaine
04:40pour la création d'une nouvelle commission d'enquête.
04:42suite à cette affaire, Liana,
04:43commission d'enquête à l'Assemblée,
04:44sachant qu'il en existe déjà une au Sénat qui arrive.
04:47Pourquoi faire cette commission d'enquête ?
04:49Alors, on m'a posé la question.
04:50Est-ce que vous y êtes opposée ou favorable ?
04:52Évidemment, je suis favorable si elle devait être créée.
04:55Je n'ai pas de pouvoir de créer des commissions d'enquête
04:57à moi toute seule.
04:58Mais certains députés sont prêts à s'en saisir ?
05:01Certains, oui.
05:01D'autres, non.
05:02Qui ?
05:02La question, c'est, est-ce qu'une commission d'enquête
05:05pourrait permettre de révéler
05:07s'il y a eu des dysfonctionnements ?
05:09Évidemment, oui.
05:10Mais il y a un rapport d'inspection qui arrive dans 5 jours pour ça.
05:12Ce n'est pas un peu redondant ?
05:13Alors, oui, mais le rapport d'inspection,
05:15ce n'est pas le même travail.
05:16Nous, nous sommes parlement,
05:17nous sommes les représentants du peuple
05:18et nous devons contrôler l'action des pouvoirs publics
05:21et évaluer les politiques publiques.
05:23Donc, on est pleinement dans notre rôle.
05:25Maintenant, il faut savoir que sur ces sujets-là,
05:27nous avons eu d'ores et déjà plusieurs commissions d'enquête
05:30à l'Assemblée nationale sur les violences sexuelles et sexistes
05:32dans le cinéma, sur le sport.
05:35Nous en avons eu une sur l'aide sociale à l'enfance
05:39qui dysfonctionne et on pourra en parler.
05:40Nous en avons une actuellement sur l'inceste
05:43qui rendra ses conclusions le 7 juillet prochain.
05:46Donc, l'Assemblée nationale fait son travail de contrôle.
05:50S'il devait y avoir une nouvelle commission d'enquête
05:51sur les dysfonctionnements, je m'en réjouirais
05:54parce que nous ne devons rien laisser de côté
05:56et rien mettre sous le tapis.
05:57En revanche, il ne faut pas que ça nous empêche d'agir
06:01et nous devons continuer à agir.
06:03Nous avons déjà fait, mais nous devons continuer.
06:05Et nous avons des fenêtres de tir qui viennent
06:07dans les semaines ou les mois qui viennent.
06:09On va y venir en détail sur la loi intégrale.
06:11Loi sur l'aide sociale à l'enfance, loi intégrale
06:13et puis le budget parce que moi, j'entends dire
06:15que ça n'est pas une question de moyens.
06:17C'est évidemment aussi une question de moyens.
06:19Ça, c'est pour le président de la République
06:20qu'il y a une semaine.
06:20Mais ça n'est pas qu'une question de moyens.
06:22C'est évident que ça n'est pas qu'une question de moyens.
06:24Donc, il a eu tort de dire ça, Emmanuel Macron,
06:25en tout cas, moi, je pense qu'il faut regarder
06:28les choses lucidement et se dire qu'on a mis...
06:31Parce que je comprends la logique du président de la République
06:34qui est de dire, nous avons mis des moyens supplémentaires.
06:37Et c'est vrai.
06:38Nous avons augmenté le budget de la justice de 50%.
06:42Nous avons prévu l'embauche de 1 500 magistrats.
06:46Nous avons créé des assistants de justice.
06:47Nous avons 1 800 greffiers qui y vont arriver.
06:50Il y a aussi 400 millions d'euros gelés
06:51dans le ministère au budget de la justice
06:53pour le budget de cette année.
06:54Mais nous voyons que ça ne suffit pas.
06:56Que tout ce que nous avons fait budgétairement
06:58et qui a été inédit, ne suffit pas.
07:01Et justement, à l'instant, Manuel Bompard,
07:03l'un des cadres de la France insoumise,
07:04appelle à un budget rectificatif,
07:06justement pour intégrer ces dépenses-là dans le budget.
07:08Là, maintenant, pas attendre le budget de l'an prochain.
07:10Vous êtes favorable ?
07:10Moi, je suis, en tout cas, favorable
07:12à ce qu'on arrête de lésiner sur les moyens
07:14pour protéger les enfants de notre pays.
07:16D'accord.
07:17Est-ce que Gérald Darmanin tient le garde des Sceaux,
07:19ministre de la Justice, est la bonne personne à ce poste ?
07:21Je vous pose cette question.
07:22On va entendre les oppositions dans un instant
07:24parce que la pression se fait de plus en plus forte sur lui.
07:26Ça ne vous a pas échappé.
07:27Notamment, tiens, écoutez, Mathilde Panot pour LFI
07:29et Jordan Bardella pour le Rassemblement national.
07:32Mais je suis aussi révoltée de la manière
07:34dont nous avons un ministre, un garde des Sceaux,
07:37qui est en train de se défausser de toute responsabilité politique
07:41et qui cherche un bouc émissaire à travers les juges.
07:44Pour vous, il doit toujours démissionner, Gérald Darmanin ?
07:46Bien sûr.
07:46Maintenant, l'affaire est d'une particulière gravité.
07:49Et au regard de ce contexte, le chef de l'administration,
07:54c'est-à-dire le ministre de la Justice,
07:56aurait, à mon sens, dû par honneur présenter
08:03sa démission au président de la République.
08:05Ils ont raison, Jordan Bardella et Mathilde Panot.
08:07Ils doivent démissionner, Gérald Darmanin ?
08:08Vous savez, moi, je ne veux pas qu'on se trompe de diagnostic
08:13parce que si on se trompe de diagnostic,
08:14on se trompe de solution.
08:15Alors, allez chercher la responsabilité, j'entends,
08:19du ministre, du procureur, de tels gendarmes.
08:22Il n'est pas responsable, Gérald Darmanin ?
08:23Mais en fait, on se trompe de cible.
08:25Le problème, il est systémique.
08:27Le problème, il est global.
08:29On a probablement, je ne sais pas...
08:31Non, mais l'un n'empêche pas l'autre.
08:32Mais le sujet, ce n'est pas juste la justice de notre pays.
08:37On a des magistrats, des fonctionnaires de ce ministère
08:41qui font et qui donnent le meilleur d'eux-mêmes.
08:44Peut-être qu'il y a eu des dysfonctionnements.
08:45Peut-être qu'il y a des dysfonctionnements de ci, de là.
08:47Et il faut les chercher par cette enquête administrative
08:50et peut-être un jour par une commission d'enquête
08:52à l'Assemblée nationale.
08:53Mais le sujet, il est bien plus vaste que ça.
08:55On a des problématiques d'éducation nationale.
08:59On a des problématiques dans notre santé.
09:03Insuffisamment de psychologues dans nos écoles.
09:06Donc, il n'y a pas de sujet d'armament dans cette affaire, Diana ?
09:08Mais en fait, je crois qu'on se trompe.
09:10Soyons clairs.
09:10Si on pense qu'en changeant de ministre de la Justice,
09:13on aura réglé le problème, on se fout le doigt dans l'œil.
09:16Je pense que le sujet, il est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus large que cela.
09:21Il est...
09:22Et c'est pour ça que moi, je plaide pour une vision globale depuis plus de 4 ans.
09:26Parce que, ne retombons pas dans les travers qui ont été les nôtres dans les années précédentes.
09:32À chaque fois qu'il y a une affaire, on se dit, il y a eu un dysfonctionnement là.
09:36Donc, on va régler ce dysfonctionnement et tout ira bien.
09:39Ça n'est pas comme ça qu'il faut agir.
09:41Vous plaidez pour cette loi intégrale et on en vient dans un instant.
09:43Je voudrais juste revenir un instant sur ce qui s'est passé en début de semaine.
09:47Lundi, des dizaines de milliers de Français ont manifesté devant les tribunaux dans tout le pays
09:50pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice.
09:52Et deux jours plus tard, dans le secret du Conseil des ministres, Emmanuel Macron a eu ces mots, je cite,
09:56« On ne répond pas à un drame par des cris ».
09:58Ça vous a choqué, cette phrase ?
10:01J'aime pas cette formulation, évidemment.
10:02J'aime pas cette formulation.
10:03Pourquoi ?
10:05Parce que, déjà, on a le droit d'être en colère.
10:11Et vous savez, lorsqu'on fait de la politique, il faut être à l'écoute de la société.
10:15C'est important.
10:16C'est important d'écouter.
10:17C'est important d'écouter les citoyens.
10:20Et malheureusement, dans notre pays, parfois, les citoyens, pour se faire entendre, doivent élever la voix.
10:25Donc, c'est une faute du président d'avoir dit ça ?
10:26Je ne suis pas là pour dire qui c'est quoi.
10:29Non, mais ce n'est pas mon job.
10:30Moi, mon job, c'est d'essayer de trouver des solutions.
10:31Pour trouver des solutions, il faut écouter les citoyens.
10:34Il faut s'appuyer sur les collectifs de citoyens.
10:37Moi, ça fait des mois que je suis en lien avec eux, que je les reçois régulièrement, etc.
10:40C'est important de s'appuyer sur les associations, la fondation des femmes, etc.
10:45D'aller sur le terrain, rencontrer des maisons des femmes.
10:47La semaine prochaine, je vais encore en inaugurer une à Thionville.
10:50C'est important.
10:51Il faut qu'on avance tous ensemble.
10:53Et si, effectivement, des citoyens, des hommes et des femmes politiques doivent crier pour se faire entendre,
10:59eh bien, nous crierons.
11:00Et moi, je crierai peut-être plus fort que les autres.
11:02Peut-être que vous voyez ma déception quand je vous dis, il y a quatre ans, j'appelle à un
11:06MeToo pour des enfants.
11:08Il y a quatre ans, je dis, il faut qu'on ait une appréhension globale.
11:11On ne le fait pas.
11:12Peut-être que je n'ai pas crié assez fort.
11:14Peut-être que je n'ai pas crié assez fort.
11:17Peut-être qu'aujourd'hui, il faut que je continue à élever la voix, parce qu'il s'agit de
11:23nos enfants.
11:24Vous savez, moi, je suis avocate.
11:25On dit souvent que les avocats sont ceux qui sont la voix des sans-voix.
11:31C'est une expression qu'on utilise beaucoup dans notre métier.
11:34Aujourd'hui, en tant que femme politique, en tant que maman aussi, je peux être la voix de ces milliers
11:40de sans-voix que sont les enfants de notre pays.
11:42On n'est pas loin d'une déclaration de candidature.
11:43Pas du tout.
11:45Vous dites entendre les citoyens crier, mais quand vous entendez certains disent « retour de la peine de mort »,
11:52est-ce que vous êtes choqués ?
11:54Est-ce que vous dites « attention, il y a quand même des limites ».
11:56Bien sûr, non mais il y a quand même des limites.
11:58Évidemment qu'il y a des limites.
12:00Les limites, c'est évidemment l'état de droit, parce qu'il ne faudrait à nouveau pas se tromper de
12:05combat.
12:05Moi, j'entends des castrations chimiques, perpétuites réelles, retour de la peine de mort et tout ça.
12:10Je pense que quand on veut comme ça durcir, durcir, durcir la politique pénale, à nouveau, on n'a pas
12:16compris quelle était la situation.
12:19Lorsque l'on parle d'approche globale, on parle du côté sanitaire, on parle de l'éducation de nos enfants,
12:25on parle de la culture du viol dans notre pays,
12:27on parle d'enfants que l'on n'écoute pas, on parle d'éducation sexuelle.
12:31On a des cours EVARS qui existent avec un programme très détaillé mis en place par l'éducation nationale.
12:37Il n'est malheureusement pas appliqué pleinement dans notre pays.
12:41Vous voyez bien que la perpétuité réelle, l'imprescriptibilité ou le retour de la peine de mort, ce n'est
12:46pas ça qui va protéger nos enfants aujourd'hui.
12:49Sur la loi intégrale, comme on l'appelle, cette loi transpartisane, cette proposition de loi dont on parle beaucoup,
12:54Sébastien Lecornu recevra les signataires demain à Matignon.
12:56Est-ce que vous avez la garantie que ce texte sera bien inscrit à l'agenda parlementaire à la rentrée
13:01de septembre, comme vous l'appelez de vos voeux ?
13:02Je n'ai aucune garantie de qui que ce soit sur l'inscription de ce texte.
13:07Alors moi j'espère, il n'est pas trop tard pour l'inscrire.
13:11Moi je me réjouis, j'étais en lien évidemment avec Matignon et avec les députés, que ce rendez-vous ait
13:18lieu demain.
13:19Il faut maintenant qu'on avance tous ensemble.
13:21Il ne s'agit pas à nouveau de forcer la main du gouvernement, de se dresser les uns contre les
13:26autres.
13:26Ça serait pire que tout et ça serait très contre-productif.
13:29Donc demain, à l'issue de cette réunion, moi j'attends qu'on aligne les planètes sur les prochaines étapes.
13:36Prochaine étape, c'est cette loi aide sociale à l'enfance qui arrive le 15 juillet à l'Assemblée nationale.
13:41Et l'examen d'un texte de loi que moi j'appelle de mes vieux, veut cette proposition de loi
13:47intégrale qui doit intervenir le plus rapidement possible.
13:49Alors concrètement...
13:50Alignons les planètes et puis après mettons-nous rapidement en mouvement.
13:53Très concrètement, il changerait quoi ce texte ? Avec ce texte, est-ce qu'il n'y aurait vraiment pas
13:57eu d'affaires Liana ?
14:00Gérald Darmanin, tout comme le Premier ministre, ont assuré mardi à l'Assemblée nationale qu'aucune de ces dispositions,
14:07des dispositions de la loi intégrale, n'aurait répondu au drame de la petite Liana.
14:10Mais parce qu'on n'arrête pas de le dire depuis que cette émission a commencé, c'est un problème
14:15global et systémique.
14:17Et donc vous ne pouvez pas attendre que ce problème global et systémique soit réglé par l'effet d'une
14:22loi.
14:23Ça ne marche pas.
14:24Mais de même que la peine de mort n'a jamais empêché personne de commettre un crime.
14:29Donc la loi ne peut pas tout, mais la loi peut organiser mieux les pouvoirs publics, organiser mieux la prise
14:38en charge de ces situations en amont et en aval.
14:42Et la loi intégrale est porteuse de cette fameuse vision globale que nous défendons tous en disant arrêtons de saucissonner
14:50les choses.
14:51Vous savez, depuis quelques années que je suis à l'Assemblée nationale, on a adopté près de dix textes sur
14:57les violences sexuelles et sexistes.
14:58On vient d'inscrire avec une loi transpartisane la notion de consentement dans la définition du viol, justement après l
15:06'affaire Pellicot.
15:08Donc ils ont tort de dire ça quand même, le Premier ministre Sébastien Lecornu et Gérald Danoalin, de dire que
15:12ça ne saurait pas éviter un drame ?
15:14Moi ce qui m'inquiète, c'est justement cette idée de se dire en fait, ce drame aurait peut-être
15:19pu être évité par telle ou telle mesure.
15:21Donc prenons ces mesures comme s'il n'y avait pas d'autres drames à côté qui se déroulent.
15:27Et c'est pour ça qu'il faut avoir cette vision globale.
15:30Donc peut-être qu'effectivement la loi intégrale n'aurait pas empêché ce terrible drame.
15:35Mais pour autant, la loi intégrale permet une appréhension globale de ces situations.
15:41On a, c'est les chiffres de la civisme, ce ne sont pas les miens, on aurait 160 000 enfants
15:46victimes tous les ans.
15:49On va rentrer dans le détail.
15:50C'est effrayant, il doit tous nous glacer le centre et nous inviter à agir.
15:54Françoise, rentrons dans cette loi, alors allons-y.
15:56Juste avant de rentrer dans le détail, une des critiques faites par Matignon, c'est de dire qu'au fond,
16:01quand il y a le travail des parlementaires,
16:03souvent ce n'est pas suffisamment bordé juridiquement.
16:06Et souvent, le Conseil constitutionnel retoque et qu'il vaut mieux laisser au fond l'initiative au gouvernement.
16:11Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
16:13C'est une vaste blague, excusez-moi.
16:16Depuis 2008, nous avons un ordre du jour partagé entre le gouvernement et le Parlement.
16:21C'est la réforme voulue par Nicolas Sarkozy.
16:24Et donc depuis, le Parlement peut être à l'initiative des lois et c'est heureux.
16:28Il y a beaucoup d'avancées parlementaires.
16:30Vous voyez, je viens de vous parler de l'introduction de la notion de consentement dans la définition pénale du
16:34viol.
16:35C'est une proposition de loi qui émane du Parlement.
16:37Après, effectivement, nous n'avons pas suffisamment de moyens.
16:40Mes prédécesseurs et moi-même, nous battons depuis des années pour avoir davantage de moyens d'évaluation,
16:46pour avoir le rattachement dû au commissariat, au plan et France Stratégie au Parlement
16:52pour nous permettre de mieux travailler, d'avoir davantage de moyens, comme tous les parlements étrangers.
16:56Quand je parle de renforcer le pouvoir du Parlement, c'est aussi ça, lui donner les moyens d'exercer.
17:01Il y a une bonne privée.
17:03On arrive toujours à l'addition.
17:05C'est-à-dire que cette loi, elle coûte cher, 2,7 milliards.
17:08Vous savez que les caisses sont vides, ça veut dire qu'on prend l'argent où, on fait quoi ?
17:12Mais vous savez, l'addition, on dit ça, moi j'entends ce chiffre.
17:16Mais vous savez, le coût pour une société toute entière de ces vies fracassées,
17:24il est de combien, madame ?
17:26Pour les parents, pour ces 160 000 enfants qui sont battus tous les ans,
17:33dont l'intimité dans la vie sexuelle est ravagée à jamais, il est de combien le coût ?
17:39Ces enfants à l'aide sociale à l'enfance qu'on a laissé tomber et dont un tiers se retrouvent
17:44mineurs délinquants,
17:46dont 15 000 se retrouvent prostituées tous les ans.
17:49Donc vous dites que Sébastien Lecornu, il serait prêt à faire ce chèque-là ?
17:52Mais ce n'est pas un chèque, c'est le devoir de la République, c'est un devoir moral, c
17:57'est une obligation,
17:59ça n'est pas une question d'argent.
18:01Sauf qu'il faut quand même compenser les crédits ailleurs.
18:06Vous êtes d'accord quand même, non ?
18:07Mais vous savez que des enfants dont les vies sont fracassées,
18:10c'est des dizaines de milliards d'euros de coûts à la société,
18:14c'est tragique de devoir parler comme ça.
18:15Mais des enfants qui vont ne pas pouvoir faire d'études parce qu'ils n'ont pas grandi sereinement.
18:23La reproduction de ces faits, lorsqu'on sait tous que lorsque des faits sont commis dans des familles,
18:29on a des familles qui dysfonctionnent, et c'est le cas ici, de génération en génération,
18:34quel est le coût pour la société ?
18:37C'est un coût moral, mais c'est un coût financier aussi.
18:38Mais est-ce que vous reconnaissez quand même qu'il faut compenser les 2 milliards éventuels par des économies ailleurs
18:44?
18:45Bien sûr, il faut tenir le budget.
18:48Mais, vous savez, la politique, c'est une affaire de priorité.
18:53Moi, je suis maman, mes enfants sont ma priorité.
18:57Eh bien, ça devrait être la priorité d'une nation, nos enfants.
19:01Et donc, il ne faut ni lésiner, ni tarder.
19:05Nous n'avons que trop tarder.
19:07Yael Brunpivet, les propositions se multiplient non seulement de la part des candidats à la présidentielle,
19:11mais aussi de la part du Premier ministre lui-même.
19:13Par exemple, pour muscler ce projet de loi sur la protection de l'enfance,
19:16qui, vous l'avez dit, arrive à l'Assemblée le 15 juillet.
19:17Sébastien Lecornu propose la perpétuité pour les violeurs d'enfants en série.
19:22C'est 20 ans maximum aujourd'hui.
19:23Bonne ou mauvaise idée ?
19:25Il nous faudrait déjà, d'une part, ne pas dénaturer le texte sur l'aide sociale à l'enfance.
19:30Et donc là, on voit bien qu'il y a la tentation d'utiliser ce véhicule législatif pour pouvoir mettre
19:36des dispositifs.
19:37Moi, je suis très prudente là-dessus.
19:40Je ne voudrais pas que ce texte, l'aide sociale à l'enfance, loupe sa cible.
19:45Parce que c'est plus de 400 000 de nos enfants.
19:48Donc c'est non pour cette première proposition.
19:49Ce n'est pas non.
19:50Mais je dis, prenons garde à ne pas finalement sacrifier une fois de plus les enfants qui sont confiés à
19:57l'aide sociale à l'enfance
19:58et qui ont tant besoin qu'on s'occupe d'eux au profit de dispositifs de politique pénale qui n
20:04'ont rien à faire dans ce texte-là.
20:06Maintenant, sur la perpétuité réelle, on voit bien que l'exécution des peines pose problème dans notre pays.
20:14Allonger les peines, pourquoi pas ?
20:16Maintenant, faisons-le sérieusement.
20:18On parle de politique pénale.
20:20Et donc il faut toujours...
20:21Et vous êtes avocate pénale de formation.
20:22Et je suis avocate pénale.
20:23Oui, c'est mon métier, c'est ma profession, c'est ma formation.
20:26Mais j'ai exercé, j'ai plaidé dans des cours d'assises, etc.
20:30Donc a priori, je sais à peu près de quoi je parle.
20:34Et c'est pour ça que moi je suis très réservée, voire opposée sur la question de l'imprescriptibilité.
20:40Mais pourquoi pas ?
20:41Rentrons juste dans le détail.
20:42Parce qu'effectivement, dans ce projet de loi, il y a donc cette fameuse durée des prescriptions des faits pour
20:48viol sur mineurs.
20:50Aurore Berger, qui est la ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes,
20:53a dit qu'elle espérait que l'imprescriptibilité des violences sur mineurs soit intégrée justement à ce projet de loi.
21:01Cette prescription est de 30 ans après la majorité, c'est ce qui se passe aujourd'hui.
21:05Est-ce qu'il faut une imprescriptibilité au nom de la levée de ce qu'on appelle l'amnésie traumatique,
21:11qui effectivement, on le voit régulièrement dans beaucoup d'affaires, arrive parfois beaucoup plus tard ?
21:16Alors vous l'avez dit déjà, aujourd'hui, pour les mineurs, la prescription est de 30 ans, avec un démarrage
21:21à la majorité.
21:22Donc la personne victime peut porter plainte jusqu'à ses 48 ans.
21:27Ça, c'est une loi que nous avons votée et que nous avons faite sous cette mandature.
21:31Donc vous voyez que nous n'avons pas rien fait.
21:33Nous avons fait aussi autre chose qui était très intéressant, c'est ce qu'on appelle la prescription glissante.
21:38C'est-à-dire que s'il y a des faits de même nature commis par le même auteur, ça
21:43reporte la prescription pour d'autres victimes pour lesquelles la prescription aurait pu être acquise.
21:49Et vous dites que ça suffit ce dispositif-là ?
21:51Moi, je pense que c'est suffisant.
21:52L'imprescriptibilité, elle n'existe que pour un seul crime.
21:56Un seul.
21:56Les crimes contre l'humanité.
21:58Ça n'est pas pour rien que l'on a fait ça.
22:00Et ça doit rester comme ça.
22:01Pour moi, ça doit rester comme ça.
22:02Et il ne faut pas non plus faire croire aux victimes qu'elles pourraient bénéficier d'un procès dit équitable
22:0940 ans, 50 ans après les faits.
22:12Les preuves ont disparu.
22:13Mais ce n'est pas important pour une victime d'être reconnue victime et de désigner un coupable, même longtemps,
22:18longtemps après les faits ?
22:19Mais justement, pour être reconnue victime et désignée un coupable, il faut que le procès puisse avoir lieu.
22:24Donc que le coupable soit l'auteur présumé des faits, soit vivant.
22:28Qu'il y ait des preuves.
22:30Ce n'est pas qu'un témoignage.
22:32Le procès doit pouvoir se fonder sur d'autres éléments.
22:35Et vous comprenez bien aisément qu'au bout de 40 ans, 50 ans, les témoignages d'autrui peuvent avoir disparu.
22:42Les preuves matérielles peuvent avoir disparu s'il n'y a pas eu d'enquête menée.
22:46Et donc ça peut être très déceptif pour la victime qui pourrait porter plainte.
22:52Et on n'aurait pas les moyens, la justice n'aurait pas les moyens de lui assurer justement la juste
22:58réparation et un procès équitable.
23:00Donc il faut faire attention et c'est la raison pour laquelle moi je suis opposée à l'imprescriptibilité.
23:05Et puis après, vous faites quoi ? Vous hiérarchisez les crimes ?
23:08Alors aujourd'hui, c'est, et je le comprends, ça me révulse, les crimes commis à l'encontre des mineurs.
23:15Mais demain, on va venir dire, on va avoir une concurrence victimaire.
23:19Vous ouvrez la boîte de Pandore en faisant ça.
23:20Et je pense qu'il faut justement dans ces moments garder nos principes.
23:25On parlait tout à l'heure, Françoise Fressos disait le retour de la peine de mort.
23:29Moi, je crois vraiment que l'État de droit, il est protecteur de tout le monde.
23:32Et pensons bien rester dans notre cadre, qui est un cadre que nous avons construit année après année, siècle après
23:39siècle,
23:39et qui protège l'ensemble.
23:41Mais à l'intérieur de ce cadre, agissons résolument davantage.
23:45Yael Broun-Pivet, d'autres propositions sur la table dans le contexte de l'affaire Lyanna.
23:49Édouard Philippe, dans les colonnes du Parisien ce matin, par exemple,
23:51propose de s'inspirer d'une loi britannique de l'an 2000
23:53qui permet à chaque parent de saisir la police
23:56pour vérifier si un adulte qui entre en contact avec des enfants a des antécédents judiciaires ou non.
24:00C'est une bonne idée ?
24:01C'est une bonne idée, pourquoi pas ?
24:03Maintenant, rappelons-nous aussi que près de 70% des infractions sexuelles commises à l'endroit d'un mineur
24:11le sont dans le cadre familial.
24:14Souvent un parent, un père, un oncle, un grand-père.
24:18D'où la commission d'enquête sur l'inceste.
24:20D'où la commission sur l'inceste qui rendra ses conclusions le 7 juillet.
24:23Et donc, pourquoi pas ?
24:25Je pense que les bonnes idées, elles sont sur la table.
24:28Et il faut les regarder tous ensemble et regarder lesquelles sont bonnes, lesquelles ne sont pas bonnes.
24:33Mais lesquelles règlent les situations aujourd'hui ?
24:35Si on pousse le dispositif un peu plus loin,
24:37est-ce que vous pensez qu'il faut que ce fichier soit consultable par les citoyens eux-mêmes ?
24:42Non, non.
24:43Les fichiers ne sont pas consultables aujourd'hui.
24:46On ne peut pas consulter les fichiers.
24:47Savoir si on a un pédophile dans notre quartier, autour d'une école.
24:50Mais vous ne savez pas non plus, si vous avez une personne radicalisée dans votre quartier,
24:54il y a un fichier spécial qui s'appelle le FSPRT
24:57et qui n'est pas consultable par les citoyens.
25:00En revanche, que ces fichiers puissent être davantage consultables par les forces de l'ordre.
25:06Et c'est notamment ce qu'on pourrait faire dans un projet de loi
25:09qui va venir sur les polices municipales,
25:11que les polices municipales puissent justement consulter davantage de fichiers.
25:15Là, on a un vrai sujet de circulation de l'information.
25:18Oui, donc travaillons sur cette circulation de l'information,
25:21mais n'allons pas jusqu'à la faire circuler vers les citoyens.
25:26Je pense que là aussi, c'est dangereux pour notre État de droit
25:30et ça ne serait pas protecteur des citoyens.
25:33Mais en revanche, élargissons.
25:34On voit bien, regardez tout le scandale du périscolaire.
25:37Nous venons de voter une loi autour des attestations d'honorabilité.
25:41Elle n'est pas encore, elle n'a pas fait son chemin législatif,
25:44donc elle n'est pas d'application immédiate.
25:46C'est aussi quelque chose qui est compris dans la loi intégrale.
25:48Vous voyez bien qu'en fait, c'est tous les sujets qu'il faut prendre en compte
25:51et que c'est très complexe.
25:52Donc, mettons-nous vite au travail.
25:54Supprimer le juge d'application des peines, comme le propose Gabriel Attal, oui ou non ?
25:57Non, je suis très opposée là aussi.
26:00J'ai vu le travail des juges d'application des peines.
26:04Il n'y a pas que Gabriel Attal qui propose sa suppression.
26:06Édouard Philippe à un moment aussi.
26:08Édouard Philippe également.
26:09J'y suis opposée.
26:10Le juge d'application des peines est là pour intervenir justement.
26:13Une fois que l'individu a été condamné et qu'il purge sa peine,
26:17et on regarde comment on va faire le cheminement de l'exécution de cette peine.
26:21Et nous avons besoin d'un juge spécialisé pour faire le cheminement dans l'exécution de la peine.
26:25Et donc, je pense que le juge d'application des peines est très utile.
26:29Bruno Retailleau propose aussi une castration chimique pour les délinquants sexuels.
26:37Mais là aussi, pour moi, c'est une mauvaise réponse.
26:43Et il y a en revanche quelque chose que nous faisons mal, et on le sait tous,
26:48c'est le travail une fois que la personne est incarcérée.
26:51Le travail sur le détenu.
26:53Nos conditions de détention aujourd'hui ne le permettent pas,
26:56malgré l'engagement extraordinaire de nos surveillants pénitentiaires,
27:00des conseillers de probation et d'insertion.
27:02Et donc, il faut leur donner les moyens de travailler correctement.
27:06Il nous faut beaucoup plus de psychiatres dans nos centres de détention,
27:09davantage de psychologues, une meilleure prise en charge.
27:12Là aussi, nous avons travaillé, nous avons construit,
27:15mais vous savez, largement, de façon largement insuffisante.
27:19Et il nous faut avancer aussi, parce qu'il faut une meilleure prise en charge.
27:24Et ça n'est que le jour où nous prendrons correctement en charge nos détenus
27:27que nous pourrons éventuellement aborder ce type de réponse.
27:31Une dernière question, Françoise.
27:32Excusez-moi, je suis trop longue.
27:33C'est des sujets essentiels.
27:35Dans l'affaire Diana, il y a aussi le problème de la responsabilité des juges
27:39et le problème aussi de la relation entre le garde des Sceaux et les procureurs.
27:44Et Gérald Darmanin, au fond, a constaté une forme d'impuissance en disant
27:48« je peux faire des instructions générales, mais je ne peux pas faire des instructions individuelles,
27:52c'est-à-dire je ne peux pas intervenir sur des affaires personnelles ».
27:56Est-ce que vous, vous êtes pour un changement de cette réglementation ou de la loi
28:00qui avait été voulu par les socialistes à un moment ?
28:03Heureusement qu'un garde des Sceaux ne peut pas donner des instructions individuelles dans un dossier.
28:07Mais vous vous rendez compte de ce que ça représente ?
28:10Donner des instructions individuelles, c'est dire, en fait,
28:12dans l'affaire Bidule, vous classez sans suite, dans l'affaire Machin, vous poursuivez.
28:17Et on demanderait ça à un politique, vous imaginez un peu ?
28:22Est-ce qu'il faut du coup, en contrepartie de cette indépendance, plus de responsabilité des magistrats ?
28:29Les magistrats doivent être indépendants.
28:32C'est une garantie de l'état de droit, c'est le fondement de l'état de droit,
28:35la séparation des pouvoirs entre le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et l'autorité judiciaire.
28:42Donc ne revenons pas, gardons-nous de revenir, là vraiment, on met l'état de droit par terre.
28:47Donc moi, je suis pour l'indépendance du parquet, je continue et j'appelle toujours de mes voeux
28:52à ce que l'on fasse la réforme constitutionnelle de cette indépendance du parquet
28:56qui, accessoirement, est demandée par le Conseil de l'Europe et la Cour européenne des droits de l'homme.
29:02Deuxièmement, je suis absolument, mais farouchement opposée au retour des instructions individuelles
29:07qui voudraient que le pouvoir politique reprenne et la mainmise sur l'autorité judiciaire.
29:14Parce que là, on parle d'affaires qui nous révulsent tous,
29:16mais demain, on parlerait d'affaires politiques et on dirait,
29:19le ministre, dans telle affaire, contre son opposant, a donné des instructions individuelles
29:24pour que l'on aille très très vite.
29:27Et puis, dans cet avers, il a protégé son ami parce qu'il a voulu qu'on aille très très
29:31lentement
29:32ou qu'on classe, vous vous rendez compte, mais on marche sur la tête.
29:35Excusez-moi, mais on marche sur la tête.
29:37Mais du coup, le volant responsabilité...
29:39Je ne suis pas garde des Sceaux, mais je ne voudrais pas être en charge
29:42des 70 000 dossiers dont il a demandé la revue pour dire,
29:46dans ce dossier, vous poursuivez, dans ce dossier, vous ne poursuivez pas.
29:49Je pense qu'il faut laisser ça à ceux qui savent, à ceux qui sont formés pour,
29:53à ceux qui sont indépendants des pressions judiciaires.
29:56Et vous avez raison, ils doivent être responsables.
29:59Là aussi, on a réformé la procédure disciplinaire.
30:03Regardons, moi j'ai écouté attentivement le procureur général auprès de la Cour de cassation.
30:07Il dit quand même, à l'inverse de ce que disent certains politiques,
30:10qu'il y a des poursuites nombreuses et qu'il y a un certain nombre de magistrats
30:14qui ont été déclarés inaptes à exercer cette profession.
30:18Donc, il faut avancer sur ces sujets-là.
30:21Il faut que les magistrats soient responsables, bien sûr.
30:23Mais, à nouveau, n'allons pas trop vite et ne faisons pas n'importe quoi.
30:27Madame la Présidente de l'Assemblée, au cœur de votre fonction,
30:30il y a la gestion du calendrier parlementaire.
30:32Il vous reste, en gros, 4 à 5 mois de travail législatif
30:34avant l'examen du budget en fin d'année,
30:36puis la trêve pendant la campagne présidentielle.
30:39S'il y avait une priorité parmi les priorités,
30:41ce serait laquelle pour être utile là, dans le temps qui vous reste ?
30:44À nouveau, nos enfants.
30:46Avant la fin de vie, avant...
30:48Nos enfants, on a 15 juillet l'aide sociale à l'enfance
30:52et j'espère, vers le mi-septembre,
30:54un texte, la proposition de loi intégrale.
30:57Ça, c'est deux sujets.
30:58Après, j'ai un autre sujet qui concerne nos plus grands enfants.
31:01C'est un texte qui est porté par Philippe Baptiste
31:04sur l'enseignement supérieur.
31:06Nos enfants sont beaucoup d'entre eux sur Parcoursup en ce moment.
31:09Il y a un texte qui vient faire le ménage sur Parcoursup.
31:11C'est un texte qui est prêt, examinons-le.
31:14Et puis après, nous avons des textes qui terminent leur course
31:16avant le 15 juillet et qui sont très importants.
31:19La loi de programmation militaire pour pouvoir protéger notre nation...
31:23Ça fait beaucoup de priorités.
31:24Oui, mais elle est inscrite.
31:25Celle-là, on peut le faire.
31:26Il faut une session extraordinaire.
31:28Alors, en septembre, nous en avons une qui est prévue jusqu'au 20, 21, 22 juillet.
31:33Et en septembre aussi ?
31:34Et donc, elle nous permet de passer loi de programmation militaire,
31:36l'aide sociale à l'enfance, le dossier sur la fin de vie,
31:39le dossier sur l'autonomie de la Corse, qui est très important.
31:41On n'en a pas parlé.
31:42Vous avez dit jusqu'au 20, jusqu'à quelle date précisément ?
31:45Sur les infractions du quotidien, rêve-partie, protoxyde d'azote, etc.
31:49Ça, c'est avant juillet.
31:51Ça se termine vers le 21, 22, 23 juillet.
31:52Et une autre session extraordinaire en septembre ?
31:54Et moi, j'appelle de mes voeux une session extraordinaire en septembre.
31:57Emmanuel Macron, qui en a la prérogative, en pense quoi ?
32:00Pour le moment, on a déjà imaginé qu'on pourrait prendre un texte important
32:04sur les polices municipales à la fin du mois de septembre.
32:06Moi, j'appelle effectivement.
32:07Donc, on avance le début de la session pour pouvoir examiner
32:10cette loi intégrale.
32:13Et puis après, nous avons ces textes.
32:14Il y a un texte sur les transports qui est intéressant
32:17et qui est porté par M. Cabarro.
32:17On dit qu'Emmanuel Macron est très réservé sur septembre.
32:20Écoutez, c'est sa prérogative constitutionnelle.
32:23Je suis très attachée à l'État de droit.
32:24Moi, je suis dans ma mission.
32:25Je demande à travailler à l'Assemblée.
32:28Et je dis qu'on a des textes prêts et qui sont importants.
32:29Et les parlementaires, qu'est-ce qu'ils en disent ?
32:30Ils sont demandeurs aussi ?
32:31Les parlementaires sont toujours demandeurs pour travailler
32:34dans l'intérêt des Français.
32:35C'est l'essence de notre mandat.
32:37Parlons du budget, Yael Brunpivet.
32:38Comme l'an passé, faute de majorité, il s'annonce quasi impossible,
32:41soyons honnêtes, à faire voter par les voix normales à l'Assemblée.
32:44Hier, dans une interview à la Provence,
32:45vous appelez Sébastien Lecornu à dégainer à nouveau
32:48et rapidement le 49-3. Pourquoi ?
32:50Parce que, vous l'avez dit,
32:52c'est dans une année pré-présidentielle.
32:54Il est peu probable, comme nous n'avons pas de majorité,
32:57que nous trouvions une majorité.
32:59Vous avez déjà fait une croix sur un pacte de non-censure éventuel
33:02avec les socials et vous dites que ça ne sera pas possible
33:04à quelques mois de la présidentielle.
33:05C'est un pacte de non-censure.
33:06Si vous faites un 49-3, le budget n'est adopté que s'il n'y a pas de censure.
33:11Donc, de toute façon, ça passe par un pacte de non-censure
33:13avec les différentes oppositions.
33:15C'est quoi le sens de ce 49-3 ?
33:16L'idée, c'est de dire, en fait,
33:17il nous faut un budget responsable, raisonnable, rapidement,
33:22parce que moi, j'ai sur le terrain, encore avant-hier,
33:25justement, à côté de Montpellier,
33:28j'ai discuté avec des chefs d'entreprise qui nous disent
33:30« Mais en fait, le pire pour nous, quand on veut investir,
33:32c'est de ne pas savoir où l'on va budgétairement, fiscalement, etc. »
33:37Je pense d'avoir un budget rapide.
33:40Et donc, si tout le monde est d'accord pour le voter,
33:42votons-le.
33:42Mais quel intérêt pour le Rassemblement national ?
33:44Quel intérêt pour le Rassemblement national ?
33:46Quel intérêt pour les socialistes,
33:47à quelques mois d'une présidentielle,
33:49de jouer le jeu du gouvernement pour la faire courte ?
33:51Eh bien, en fait, l'intérêt, c'est l'intérêt du pays.
33:54Et je crois que lorsqu'on s'engage en politique,
33:57lorsqu'on aspire aux plus hautes responsabilités,
34:00à gouverner la France,
34:01eh bien, on pense et on met l'intérêt du pays en premier.
34:04Eh bien, l'intérêt du pays, dans une année comme la nôtre,
34:07pré-présidentielle, c'est d'avoir un budget.
34:09C'est cela, l'intérêt du pays.
34:10Parce que les socialistes, eux, disent...
34:11Il ne faut pas avoir des choses crispantes dans ce budget,
34:15des épouvantails, ça, ça serait pire que tout.
34:17Mais c'est pour ça qu'un budget raisonnable et responsable,
34:20dans l'intérêt de la nation,
34:22tout le monde peut comprendre que nous avancerions
34:24avec, pour le président élu,
34:27eh bien, la possibilité, avec son gouvernement,
34:30de présenter un budget rectificatif dès qu'il sera élu.
34:32Vous en avez parlé, Emmanuel Macron,
34:33et surtout Sébastien Lecornu, dont c'est la prérogative ?
34:35Oui, oui, j'en ai parlé avec le président de la République,
34:38notamment, récemment.
34:39Il en pense quoi ?
34:39Donc, nous cherchons, en tout cas, la bonne façon de faire
34:42pour que l'actualité...
34:43Parce que les socialistes disent...
34:45La bonne façon de faire, ça ne pourrait pas être les ordonnances
34:48pour Emmanuel Macron, est-ce que vous le redoutez ?
34:49Les ordonnances, ça veut dire que l'on passe plus de trois mois
34:53dans l'hémicycle à débattre d'un budget dont on sait
34:55qu'il ne sera pas voté.
34:56Donc, on travaillera pour rien dans l'hémicycle
34:59de neuf heures à minuit, tous les jours.
35:02Eh bien, moi, je trouve que ce temps-là,
35:04lorsqu'on voit les priorités législatives que nous pourrions avoir,
35:07lorsque l'on voit qu'on a tous ces textes qui sont prêts,
35:10eh bien, au lieu de passer du temps pour parler d'un budget
35:13qu'on ne votera pas et qui terminera en ordonnance,
35:16vous savez que quand on passe par ordonnance,
35:19c'est le budget initial.
35:21Ça n'est pas le budget tel qu'il est issu des débats.
35:23Donc, ça veut dire que nos débats, pendant trois mois,
35:25ne serviraient strictement à rien
35:27et que nous ne prendrions pas le temps
35:29d'examiner ces textes qui pourraient changer
35:31la vie de nos compatriotes,
35:32les transports, l'aide sociale, la loi intégrale, etc.
35:36Donc, en fait, moi, je suis assez rationnelle et pragmatique.
35:40Donc, le 49-3, c'est aussi une façon de trouver du temps,
35:42de dégager du temps pour les autres priorités.
35:43On a bien compris.
35:45On est aussi à moins d'un an,
35:46ça ne vous aura pas échappé, de l'élection présidentielle.
35:48Il y a Elbrun Pivet, le journal Le Monde,
35:50tiens, Françoise, a compté
35:51pas moins d'une trentaine de candidats déclarés
35:53ou qui se préparent à l'être.
35:54Ce qui a inspiré, écoutez, tiens, à Sébastien Lecornu,
35:57ce commentaire tout en ironie,
35:58c'était jeudi en conférence de presse.
36:00Il y a beaucoup de candidats à la présidentielle,
36:02j'ai l'impression.
36:04Alors qu'on fasse attention à ce qu'il n'y ait pas plus
36:05de candidats que d'électeurs
36:06parce que ça marquerait une démocratie vivante
36:07mais qui pourrait quand même nous poser d'autres difficultés.
36:10Vous pourriez être, allez, la 31e ?
36:12Non, mais il a raison.
36:15En fait, il y a beaucoup trop de candidats.
36:19Ce qui est étonnant quand même,
36:20c'est qu'on parle de l'élection présidentielle.
36:23Et donc, il faut pouvoir...
36:26On aspire à diriger une nation
36:29à force de 68 millions d'armes.
36:31Mais comment vous l'analysez ?
36:32Il y a quand même des raisons.
36:34Donc, on voit un éclatement considérable
36:37de notre vie politique,
36:39quel que soit le bord politique,
36:41une société française très fracturée.
36:44Et puis, beaucoup de personnes
36:47qui se disent, en fait, justement,
36:49dans ce paysage politique très fracturé
36:50qui manque de leaders,
36:53eh bien, pourquoi pas moi ?
36:54Mais je pense qu'on ne peut pas imaginer
36:56l'élection présidentielle
36:58en se disant, pourquoi pas moi ?
36:59Et pourquoi pas vous ?
37:00Donc, vous, vous vous excluez.
37:02Vous avez dit non fermement.
37:03Est-ce que vous vous excluez complètement
37:05de vous présenter à la présidentielle ?
37:07Mais moi, je l'ai dit mille fois,
37:09j'exclus rien, jamais.
37:12Parce que, figurez-vous...
37:12Donc, la porte est ouverte.
37:13Non, mais figurez-vous
37:14qu'une semaine avant de me présenter
37:16à la présidence de l'Assemblée nationale,
37:18vous l'avez rappelé, j'étais ministre,
37:20et je ne savais même...
37:21Je n'imaginais pas
37:22que je me présenterais
37:23à la présidence de l'Assemblée nationale.
37:25Et donc, en fait, moi, je suis...
37:27Tout est possible, c'est ça que vous dites.
37:28Tout est possible, mais en revanche,
37:30ce que je souhaite,
37:31et c'est ça mon action, moi,
37:32et c'est pour ça qu'aujourd'hui,
37:34je ne suis pas candidate.
37:34Un, j'ai une assemblée à faire tourner
37:36avec beaucoup de priorités,
37:38et c'est ça mon job,
37:39que je fais à 100%.
37:40Et deux, vu l'éclatement
37:43de cette vie politique
37:44et vu l'éclatement de mon camp,
37:45moi, j'essaye d'utiliser
37:46toutes mes forces
37:47à ne pas l'éclater davantage,
37:48mais à essayer de rassembler,
37:50de parler à tout le monde,
37:51essayer de trouver
37:52des points de convergence
37:53pour faire en sorte
37:55qu'on puisse aller ensemble.
37:56Il y a des offres.
37:56Édouard Philippe,
37:57Gabriel Attal,
37:58ces deux offres
37:59qui sont tout à fait convenables
38:01et qui représentent
38:01les idées de votre camp.
38:03Et pourquoi vous n'êtes pas allé
38:04au meeting de Gabriel Attal,
38:06qui est quand même
38:06le patron de votre parti ?
38:07Mais parce que je pense
38:08que l'heure des meetings
38:09n'est pas venue.
38:10Donc vous ne serez pas
38:11à celui d'Edouard Philippe
38:12le 5 juillet ?
38:12Et je n'irai pas à celui
38:12d'Edouard Philippe
38:13et je n'irai à aucun meeting
38:15en ce moment.
38:15Mais il faut bien
38:16que la campagne commence quand même.
38:17Oui, mais là,
38:18elle commence trop tôt.
38:18Moi, je pense que le français,
38:20ils attendent en tout cas
38:21de moi,
38:22président de l'Assemblée nationale,
38:23que je fasse ce que j'ai dit
38:24que je ferai.
38:25Et donc,
38:26évidemment que moi,
38:27j'oeuvre à l'émergence
38:29d'une candidature commune
38:30de ma famille politique.
38:31Via une primaire,
38:32c'est possible ?
38:33Je vois Gabriel Attal,
38:34je vois Edouard Philippe,
38:35mais j'ai vu récemment
38:36François Bayrou,
38:37j'ai vu récemment
38:38Xavier Bertrand
38:39parce que notre base politique
38:41comprend aussi
38:42les Républicains.
38:44J'ai vu Jean-Louis Borloo,
38:45etc.
38:45Il faut qu'on arrive à converger,
38:47mais qu'on arrive d'abord
38:48à converger sur du fond,
38:49sur des idées,
38:50sur qu'est-ce qu'on va faire
38:51pour notre pays,
38:53où est-ce qu'on veut
38:53emmener notre pays,
38:55quelle est la vision commune
38:56que nous partageons
38:57et que nous proposons aux Français.
38:58Il y a une primaire
38:59ou il y a les sondages ?
39:00Comment on les départage ?
39:01Aujourd'hui,
39:01il y a des visions partagées.
39:02Eh bien,
39:03entre les primaires et les sondages,
39:04moi,
39:04je préfère la primaire,
39:05mais j'espère qu'avant cela,
39:07nous réussirons à converger
39:08par l'intelligence collective.
39:10En tout cas,
39:10moi,
39:10c'est ça que j'essaye
39:12de construire aujourd'hui.
39:13Ça veut dire que vous ne croyez pas
39:14aux candidats actuels,
39:15ce que vous dites quand même ?
39:16Pardon ?
39:17Ce que vous dites,
39:18c'est que vous ne croyez pas
39:19tellement aux chances
39:20des candidats actuels.
39:21Au fond,
39:21aucun ne va vraiment
39:22se distinguer de l'autre.
39:24Eh bien,
39:24en fait,
39:24moi,
39:24ce que j'espère,
39:26on sait tous,
39:27on va se parler franchement,
39:29on sait tous que deux candidats,
39:30ça ne marche pas.
39:31Donc,
39:31il ne faut qu'il n'y en ait qu'un.
39:32Donc,
39:32moi,
39:32ce que j'espère,
39:33je suis,
39:34c'est,
39:34est-ce qu'on arrive
39:35à travailler
39:35à ce rassemblement
39:36autour d'une vision partagée ?
39:38Et moi,
39:38je crois que le rassemblement
39:39est d'expérience.
39:41C'est ce que je vois
39:41à l'Assemblée nationale.
39:42Moi,
39:43je travaille avec des groupes politiques
39:44très variés.
39:45Eh bien,
39:45pour construire un rassemblement,
39:47il ne faut pas parler des personnes,
39:49il ne faut pas parler des étiquettes,
39:50il faut parler du projet,
39:52du fond.
39:53Qu'est-ce qu'on veut
39:54pour notre pays ?
39:55Yael Brunpivet,
39:55vous êtes l'invité
39:56de Questions politiques
39:57et on va tenter
39:58de mieux vous connaître aujourd'hui.
39:59France Inter.
40:02Questions politiques.
40:04Julien Nenni.
40:06Et c'est avec vous,
40:07Alix Bouillaguet.
40:10Madame Rousseau,
40:11est-ce que vous pourriez éviter
40:12d'hurler quand vous prenez la parole ?
40:13Vous nous cassez les oreilles
40:15ou à défaut,
40:16est-ce que vous pourriez baisser le micro ?
40:18Ça n'est pas acceptable.
40:19Je vous rappelle à l'ordre immédiatement.
40:20Et votre appel au règlement
40:22est terminé.
40:24Vous avez un rappel à l'ordre.
40:27C'est insupportable.
40:28C'est honteux.
40:30Je ne tolérerai
40:31aucune attaque sexiste
40:32dans cet hémicycle.
40:33C'est fini.
40:34C'est fini.
40:37Ça vous fait rire.
40:38On vous entend.
40:39On vous entend.
40:40Effectivement,
40:40vous souriez.
40:41Vraiment,
40:42recadrez extrêmement vivement
40:45ce député.
40:46C'était en novembre 2025.
40:47Il s'agit de Géraud Verny,
40:50qui était un député
40:51siotiste du groupe UDR.
40:53après ses propos contre Sandrine Rousseau.
40:56Comment vous expliquez
40:57qu'en 2026,
40:59les femmes peinent encore
41:01à se faire entendre,
41:02peinent à occuper
41:03des places de premier plan ?
41:04Est-ce que la misogynie
41:05plane toujours encore
41:07dans le milieu politique ?
41:08Est-ce qu'il y a finalement
41:09toujours un plafond de verre
41:11pour les femmes ?
41:12Oui.
41:13Oui, assurément.
41:14Moi, je rigolais
41:15parce que mes enfants me disent
41:16« Maman,
41:17c'est comme tu dis à la maison
41:18quand on fait des bêtises
41:20ou quand on déconne.
41:21C'est fini,
41:21ça suffit, etc. »
41:23Donc,
41:23ils m'ont retrouvée
41:24telle que je suis.
41:25Et oui,
41:26c'est insupportable.
41:27C'est insupportable,
41:28ça suffit,
41:29c'est fini.
41:29Et on voit bien
41:30qu'on a un plafond de verre
41:31terrible dans notre société,
41:33tout le monde le dit.
41:34Et vous voyez,
41:34quand on parle d'approche globale,
41:36c'est aussi ça l'approche globale
41:38qu'il faut avoir.
41:39C'est-à-dire qu'il faut
41:40qu'à la table des décisions,
41:42toujours, partout,
41:43tous les niveaux,
41:44il y ait des hommes et des femmes.
41:45Ça n'est pas le cas aujourd'hui.
41:47Dans certaines entreprises,
41:48dans certains cercles
41:49de pouvoir politique,
41:50dans certains cercles associatifs,
41:52etc.
41:52Et ça aussi,
41:53ça suffit,
41:54c'est fini.
41:55Lorsque vous êtes élu député
41:56en 2017,
41:57vous souhaitez présider
41:58la prestigieuse commission des lois.
42:00Vous racontez,
42:01dans votre livre,
42:02à ma place,
42:03ce coup de téléphone
42:04de Stéphane Séjourné.
42:07Alors à l'époque,
42:07l'actuel commissaire européen
42:08est conseiller à l'Elysée.
42:10Il fait vraiment partie
42:11du premier cercle
42:12d'Emmanuel Macron.
42:13Et que vous dit-il au téléphone ?
42:14Eh bien,
42:15en substance,
42:16es-tu vraiment certaine
42:17de vouloir briguer
42:18cette fonction très prenante
42:19alors que tu as 5 enfants ?
42:21Clairement,
42:22bon,
42:22ça semble être une manière
42:23de vous décourager.
42:24En gros,
42:25n'y va pas.
42:25C'est vrai qu'on a du mal
42:26à le croire.
42:28Oui,
42:28moi aussi,
42:29j'ai eu du mal à le croire
42:30parce qu'en fait,
42:30mais non,
42:31parce que c'était très paradoxal
42:32parce que notre majorité,
42:34le président de la République,
42:35Emmanuel Macron,
42:36avait voulu qu'il y ait
42:37autant de candidats
42:38que de candidats teux
42:40dans des circonscriptions
42:41éligibles.
42:42C'était le premier
42:43à faire ça.
42:43Il a ouvert comme jamais
42:45la porte aux femmes politiques
42:46dans notre pays.
42:48Moi,
42:48je lui dois mon élection
42:49en tant que députée.
42:49Elisabeth Borne a été aussi
42:51deuxième,
42:52première ministre.
42:53Il y a eu Aurore Berger,
42:54présidente de groupe
42:55à l'Assemblée nationale.
42:56Quand on arrive
42:57à l'Assemblée nationale,
42:58on a quatre présidentes
42:59de commission permanente
43:00sur les huit.
43:01Donc,
43:01en fait,
43:02la volonté,
43:02elle était là.
43:03Et puis,
43:04en fait,
43:04tout de suite,
43:05c'est un peu la douche froide
43:06de dire,
43:06en fait,
43:06vous êtes là,
43:07mais ne prenez pas trop
43:08de place,
43:09justement.
43:10Alors,
43:10prenez pas trop de place
43:11non plus,
43:11toujours vos galons
43:12à l'arraché.
43:13On l'a dit,
43:14vous êtes une ex-avocate
43:15pénaliste.
43:16Vous êtes aussi imposée
43:17en 2022 pour obtenir
43:18la présidence
43:19de l'Assemblée nationale.
43:20Là encore,
43:21vous n'êtes pas
43:21la candidate
43:22d'Emmanuel Macron.
43:23Il soutient Richard Ferrand.
43:24Finalement,
43:25vous remportez...
43:25Il soutient Roland-les-Cueur.
43:26Richard Ferrand,
43:27en 2022,
43:28avait été battu.
43:29Effectivement.
43:29Donc,
43:29deux hommes à nouveau.
43:31Donc,
43:31vous remportez
43:31la primaire interne
43:33et vous êtes élue
43:34première femme
43:34présente de l'Assemblée nationale
43:35le 28 juin 2022.
43:37Est-ce que,
43:37depuis cette date,
43:38vous n'êtes pas un petit peu
43:40le petit caillou
43:40dans la chaussure du président ?
43:42Je ne crois pas.
43:43Franchement,
43:43moi,
43:43j'ai une très bonne relation
43:44avec le président de la République,
43:46en tout cas,
43:46très franche
43:47et très directe.
43:48Après,
43:49je suis effectivement
43:51très indépendante,
43:52mais parce que la fonction,
43:54le veut aussi.
43:55Je préside l'Assemblée nationale.
43:56On parlait de séparation
43:57des pouvoirs.
43:58Eh bien,
43:59dans un état de droit,
44:00l'Assemblée nationale
44:01et l'exécutif,
44:02donc le gouvernement
44:03et le président,
44:03ce n'est pas la même chose.
44:04Et donc,
44:05c'est vrai que j'ai
44:05une liberté de parole.
44:07Je fais respecter
44:08l'institution.
44:09Je la fais fonctionner
44:10en écoutant beaucoup
44:11les oppositions.
44:12Parfois,
44:12on me le reproche.
44:13Moi,
44:13c'est ma vision
44:14de la démocratie
44:15et du débat public
44:16et j'essaye
44:17de la porter.
44:19Donc oui,
44:19j'ai des désaccords
44:20parfois,
44:21mais je suis toujours,
44:22toujours loyale,
44:24hyper loyale.
44:24Emmanuel Macron,
44:24il est quand même
44:25beaucoup entouré d'hommes
44:26à l'Élysée.
44:26Il n'y a pas vraiment
44:27de contrepoids féminin
44:28autour de lui.
44:29Pas vraiment, non.
44:32Une dernière question
44:33qui est assez sensible,
44:35me semble-t-il,
44:36le 10 janvier 2025,
44:37vous révélez avoir eu
44:38un cancer du sein
44:39en 2022.
44:41Vous évoquez
44:41un coup de tonnerre
44:42dans votre vie.
44:43Pendant trois ans,
44:44vous avez pourtant choisi
44:45de ne pas rendre public
44:47ce combat que vous meniez
44:48tout en président
44:48de l'Assemblée nationale
44:49dans une période
44:50de crise politique inédite.
44:52Est-ce qu'en politique,
44:54on se sent obligé
44:55de taire sa fragilité
44:56pour préserver son autorité ?
44:59Je l'ai cru.
45:00Je l'ai cru
45:00et je l'ai effectivement
45:03tu.
45:04Et je sais qu'il y a
45:05d'autres femmes politiques
45:05qui le taisent encore aujourd'hui.
45:08Vous le regrettez, ça ?
45:09Et je le regrette.
45:10Mais vous savez,
45:11c'est le lot de beaucoup
45:12de femmes aussi
45:12dans le monde professionnel
45:14qui, de peur
45:15de louper une promotion
45:16ou de peur
45:17de ne pas être jugées
45:19suffisamment à la hauteur,
45:20cachent leur maladie.
45:21Et c'est pour ça
45:22que aussi, je l'ai dit,
45:23pour appeler à la prévention,
45:24évidemment au dépistage,
45:25mais pas seulement.
45:27Il faut que nous,
45:28toutes les familles de France
45:29soient touchées aujourd'hui
45:30de près ou de loin
45:31par le cancer
45:32ou par des maladies graves.
45:33Et donc, nous devons ensemble
45:35construire une société
45:36plus inclusive,
45:37plus tolérante.
45:38Parce que,
45:39quand vous êtes malade,
45:40quelle que soit la maladie,
45:41c'est un peu une double peine
45:43de devoir mener le combat
45:44de la maladie
45:45et de devoir le taire.
45:46Et donc,
45:47j'appelle à la libération
45:48de la parole là aussi
45:49et à une société
45:50qui prend mieux en compte
45:52les individus,
45:53quel que soit leur parcours,
45:54quelle que soit leur situation.
45:56Et vous voyez,
45:57ce qui me comble finalement
45:58en tant que femme politique,
46:00c'est que j'ai pu faire
46:01de cette maladie,
46:02de ce cancer,
46:03j'en ai fait une force personnelle
46:05parce qu'on n'en ressort pas indemne,
46:07mais j'en ai fait aussi
46:08un combat politique.
46:09Et ça,
46:10c'est très gratifiant
46:11parce que je me dis
46:12tous les jours,
46:13mon cancer,
46:14il a servi à ça,
46:15à ce que je porte
46:15cette parole là.
46:16Et je vois,
46:17quand je me déplace
46:18partout en France,
46:18à quel point cette parole,
46:19elle est nécessaire.
46:21Yael Brunpivet,
46:22c'est l'heure
46:22de votre carte blanche.
46:23Vous êtes venue
46:24avec un sujet de votre choix
46:25sur lequel vous souhaitez
46:26braquer les projecteurs.
46:27On a, allez,
46:28une minute,
46:28une minute trente,
46:29si ça ne vous ennuie pas,
46:29on est un peu en retard.
46:31Vous avez choisi quoi aujourd'hui ?
46:32J'ai choisi la société
46:33de l'engagement.
46:34Moi, avant de faire de la politique,
46:35j'étais engagée
46:36au Resto du Coeur,
46:37dans l'associatif.
46:38Et en fait,
46:39je rêve d'une société,
46:40vous savez,
46:40un peu à la Kennedy
46:42où on ne se demande pas
46:44ce que le pays va faire pour soi,
46:45mais ce qu'on peut faire
46:46pour son pays.
46:47Et donc aujourd'hui,
46:48dans une société qui doute,
46:50eh bien,
46:50j'appelle chacun d'entre nous,
46:52j'appelle chaque citoyen
46:53à se dire
46:54qu'est-ce qu'il peut faire
46:55pour la France ?
46:56Comment il peut s'engager
46:58auprès de sa ville,
47:00auprès d'une association,
47:01d'une personne âgée,
47:02de son voisin,
47:03faire du soutien scolaire
47:04pour des enfants
47:05qui ont du mal ?
47:06Bref,
47:07se dire que chacun
47:08doit prendre sa part.
47:09Et aussi,
47:09les entreprises.
47:11On parle de l'égalité
47:12entre les hommes
47:12et les femmes.
47:13Bon sang de bonsoir,
47:14on est dans un pays
47:15où on n'a pas encore
47:16une égalité salariale
47:17parfaite.
47:18Que font les chefs
47:19d'entreprise ?
47:20Il faut que chacun
47:21se dise
47:21je peux jouer
47:23un rôle,
47:24je ne suis pas
47:24un consommateur
47:26d'une société
47:27ni un râleur,
47:29je peux agir
47:30à mon niveau
47:31et si tout le monde
47:32se disait ça,
47:33je peux vous dire
47:33que la France
47:34aurait un autre visage.
47:35En une seconde,
47:36vous parliez des associations,
47:37les subventions
47:38allouées par le gouvernement
47:39aux associations
47:39ont baissé de près
47:40de 40% en trois ans,
47:42vous le déplorez ?
47:43Évidemment,
47:44on a dans notre pays
47:46près de 20 millions
47:47de bénévoles,
47:48nos associations,
47:49c'est ce qu'ils font
47:50que notre pays tient
47:51et avec la société
47:53de l'engagement
47:54dont je rêve,
47:55évidemment,
47:56il faut les soutenir.
47:56Ça pourrait être
47:57un slogan présidentiel,
47:58ça,
47:58la société de l'engagement,
47:59non ?
48:03Vraiment,
48:05vous êtes incorrigible.
48:06J'essaye.
48:07En parlant de 2027,
48:08Françoise,
48:09c'est à vous,
48:09comme chaque semaine,
48:10vous vous penchez
48:11sur une question
48:11qui sera au cœur
48:12du débat présidentiel
48:13de l'an prochain.
48:13La crise démocratique,
48:15bien sûr,
48:15on a vu tous les aspects
48:17lors de cette émission
48:18et qui, évidemment,
48:19influe sur la préparation
48:20de la prochaine élection
48:21présidentielle.
48:22Alors,
48:22Yael Bonne-Privé,
48:23vous écrivez dans votre livre
48:25« À ma place »,
48:26paru en avril 2025,
48:28« Notre démocratie brûle
48:29et nous regardons ailleurs ».
48:31Qu'est-ce qui brûle
48:32aujourd'hui ?
48:33On voit bien,
48:34on a une crise de confiance
48:35dans notre pays total.
48:37Les Français,
48:37vous l'avez évoqué tout à l'heure,
48:39n'ont pas confiance
48:40dans leur politique
48:41d'une façon générale
48:42ni dans leurs institutions.
48:44Et donc,
48:45il est urgent
48:46de réagir,
48:47de leur donner
48:48davantage confiance.
48:49Alors,
48:49il n'y a pas de solution miracle.
48:51Il ne suffirait pas
48:52de faire une loi.
48:54Mais il y a
48:54des changements
48:56que je pense
48:57que nous pourrons initier.
48:58Alors,
48:58parmi les changements,
48:59c'était le scrutin proportionnel.
49:00Vous êtes l'une
49:01des défenseurs,
49:03je ne sais pas
49:04comment on dit,
49:05de cette mesure
49:06qui oblige,
49:08au fond,
49:09au compromis
49:09parce que
49:10les forces politiques
49:11s'affirment au premier tour
49:12et puis au deuxième tour
49:13sont obligées de composer.
49:15François Bayrouet
49:16essaye d'avancer.
49:17Il a échoué.
49:18Vous regrettez ?
49:19Vous pensez
49:20que c'est une occasion perdue ?
49:21En tout cas,
49:21il faut continuer
49:22à avancer.
49:24Vous savez,
49:24parfois,
49:24il y a des réformes
49:26qui prennent très longtemps
49:26à se réaliser.
49:27Mais je pense que
49:28non seulement
49:29la proportionnelle invite
49:30au compromis
49:30et force au compromis,
49:31mais aussi,
49:32elle permet aux citoyens
49:33de voter pour
49:34leur couleur politique
49:35puisque quand il y a
49:37des scrutins proportionnels,
49:38chacun peut partir
49:39sous ses couleurs.
49:40On l'a vu
49:40aux élections européennes,
49:41on le voit
49:42aux élections régionales
49:44où il y a
49:44des scrutins proportionnels.
49:46C'est-à-dire
49:46qu'il n'y a pas
49:47de NUPES
49:48ou de NFP,
49:49par exemple,
49:49parce que chacun
49:50peut voter
49:51écolo,
49:52à gauche,
49:52communiste,
49:53etc.
49:53Pareil,
49:54de l'autre côté,
49:55du côté du bloc central
49:56ou de la droite.
49:57Ça permet
49:57à chaque formation politique
49:59vraiment de présenter
50:00son programme,
50:01sa vision.
50:02Et après,
50:02une fois que les électeurs
50:04ont choisi,
50:05les formations politiques
50:06travaillent ensemble
50:07à porter un projet commun.
50:09La Ve République,
50:10c'est beaucoup
50:11la fonction présidentielle.
50:12Estimez-vous
50:13que cette fonction
50:14a été durablement affaiblie
50:15par la dissolution
50:16manquée de 2024 ?
50:18En fait,
50:19je pense que la fonction
50:20présidentielle
50:21est affaiblie
50:22par la concentration
50:27et l'exercice
50:28des pouvoirs
50:29finalement directs
50:30de l'exécutif
50:31par le président
50:32de la République.
50:33Et là,
50:33à nouveau,
50:33je ne parle pas
50:34d'Emmanuel Macron
50:36spécifiquement.
50:36On a,
50:37depuis plusieurs quinquennats,
50:39des présidents
50:40de la République
50:41qui ont voulu
50:42tout gérer.
50:42On se rappelle
50:43de la phrase
50:44de Sarkozy
50:45par rapport à Fillon
50:46quand il avait dit
50:46« mon collaborateur ».
50:48Et donc,
50:49je trouve que ça,
50:50ça n'est pas une bonne chose.
50:51Je suis la tête,
50:51tu es les jambes,
50:51disait-il.
50:52Voilà.
50:53Donc,
50:53c'est quand même
50:54pas très flatteur
50:54pour le Premier ministre.
50:55Moi,
50:56j'aimerais que le Premier ministre
50:57soit vraiment
50:57le chef du gouvernement,
50:59animateur réel
51:01d'une majorité
51:02à l'Assemblée nationale
51:03et d'une majorité
51:03de coalition
51:04avec un président
51:05de la République
51:06qui reste sur
51:07les grands enjeux,
51:08le régalien,
51:09les enjeux internationaux.
51:10On n'en a pas parlé
51:10aujourd'hui,
51:11mais les enjeux internationaux,
51:12on voit que c'est suffisant
51:14aujourd'hui
51:14à occuper 24 heures
51:16sur 24
51:17un homme politique.
51:19Et donc,
51:20je suis plus sur une vision
51:21plutôt très gaullienne
51:23en fait de la Ve République
51:24telle que
51:25le général de Gaulle
51:26l'avait voulu.
51:27Faut-il davantage
51:28faire recours
51:29au référendum
51:30ou s'en méfier
51:31comme au fond
51:32tous les présidents
51:32de la République
51:33depuis de Gaulle
51:34s'en méfient ?
51:35Alors, trois fois,
51:35oui, il faut utiliser
51:37le référendum.
51:38Là aussi,
51:38je plaise pour cela
51:40dans mon livre,
51:41j'ai essayé de convaincre
51:42le président de la République,
51:43je l'ai dit depuis des années,
51:44il faut faire confiance
51:46au peuple.
51:47On parle de crise
51:48de confiance,
51:50mais on demande au peuple
51:51de faire confiance
51:52aux politiques.
51:53Mais finalement,
51:54moi, je rêve d'un pays
51:55où les politiques
51:56feraient confiance au peuple.
51:57Et donc,
51:58le référendum,
51:59c'est l'acte de confiance
52:00par excellence
52:01demandé au peuple
52:03de trancher.
52:03Après,
52:04la condition de cet acte,
52:06c'est de faire confiance
52:07au peuple
52:07dans la réponse
52:08qu'il donne,
52:09puisque les Français
52:10sont durablement traumatisés
52:11par des référendums
52:13où ils n'auraient pas
52:14été écoutés.
52:15Compte tenu de la crise actuelle,
52:16qui sera,
52:17à votre avis,
52:18le personnage clé
52:19après 2027 ?
52:20Le président de la République,
52:22le Premier ministre,
52:23le président des assemblées
52:24ou le président
52:25du Conseil constitutionnel ?
52:26Eh bien, moi,
52:27je plaide,
52:27comme vous l'avez entendu,
52:29pour que ce soit
52:29le Premier ministre
52:30et je plaide aussi
52:32pour que les assemblées
52:32soient renforcées
52:33dans leur pouvoir
52:35puisque nous sommes
52:35les représentants du peuple
52:36et donc davantage
52:37de responsabilité
52:40et de pouvoir
52:41à l'Assemblée nationale,
52:42notamment.
52:42Et donc,
52:43j'aimerais tant
52:44que ce soit
52:45le binôme,
52:46président de l'Assemblée,
52:47Premier ministre,
52:48qu'il soit les personnes
52:49qui aient le plus de pouvoir.
52:51Merci à vous, Françoise.
52:52Il reste, allez,
52:53deux petites minutes
52:53dans cette émission
52:54et comme d'habitude,
52:55on finit avec un petit jeu,
52:56un vrai faux.
52:56Vous êtes prête ?
52:57Prête.
52:58L'histoire finira
52:58par donner raison
52:59à Emmanuel Macron
53:00sur sa dissolution de 2024.
53:01Vrai ou faux ?
53:02Faux.
53:03Gabriel Attal
53:04est l'héritier naturel
53:05d'Emmanuel Macron ?
53:07Faux.
53:07Il n'y a pas d'héritier naturel.
53:09Il y a,
53:09et c'est, je pense,
53:10le choix du président
53:11de la République,
53:14une vraie force démocrate
53:16progressiste dans notre pays
53:17et donc nous sommes
53:18pleins d'héritiers naturels.
53:19Sébastien Lecornu
53:20ferait un bon candidat
53:20à la présidentielle.
53:22Sébastien,
53:22comme tant d'autres, oui.
53:23Jean Castex aussi ?
53:25Voilà,
53:25comme Jean,
53:26comme Jean-Louis Borloo,
53:27comme tant d'autres.
53:28D'accord,
53:29comme Yael Brune-Pivet.
53:30Avec Patrick Bruel,
53:32il faut séparer
53:32l'homme de l'artiste.
53:34C'est une question philosophique.
53:36Nos enfants vont avoir
53:37le bac philo, je crois,
53:38demain.
53:38On pourrait leur poser
53:39cette question.
53:40Vous en pensez quoi, rapidement ?
53:41C'est tellement compliqué.
53:43Moi, j'ai du mal
53:44à séparer l'homme de l'artiste.
53:45Je pense que
53:45vous n'auriez pas un conseil.
53:47On a besoin d'être un
53:49et un seul
53:50et d'être très cohérent
53:51entre ce qu'on fait,
53:52ce qu'on crée,
53:53ce qu'on dit,
53:53ce qu'on est.
53:54Et donc, moi,
53:54je ne peux pas séparer
53:55l'homme de l'artiste.
53:56Jean-Luc Mélenchon
53:56a réussi son entrée en campagne,
53:58vrai ou faux ?
54:00Pour porter des idées
54:01qui divisent les Français,
54:02oui,
54:03mais je crois que
54:03ce n'est pas ce dont
54:04le pays a besoin.
54:05Marine Le Pen serait
54:06beaucoup plus dur à battre
54:07que Jordan Bardella
54:08l'an prochain ?
54:09Je n'en sais rien.
54:11La politique fiction,
54:12c'est compliqué.
54:12Vous avez droit à un joker,
54:13on va le mettre là.
54:14Observer une minute de silence
54:15pour Quentin Deranck
54:16à l'Assemblée,
54:16c'était une erreur ?
54:18C'était une erreur collective
54:19puisque vrai,
54:21c'était une erreur collective.
54:23Et tiens,
54:23vous avez mentionné le bac.
54:24Puisque c'était le bac
54:25de maths vendredi,
54:259 x 6 égale 53.
54:27C'est faux !
54:28Vous savez combien 9 x 6 ?
54:309 x 6, 54, voyons !
54:32Allez, une dernière.
54:32Puisque c'était aussi
54:33le bac de français cette semaine,
54:34le besoin d'appartenir
54:35à un groupe
54:36empêche d'être libre.
54:37C'était dans une épreuve.
54:38C'est intéressant ça.
54:39Vraie ou faux ?
54:40Ouais, vrai.
54:42Merci beaucoup.
54:44Yael Brunkever,
54:45on va finir là-dessus,
54:45d'avoir répondu
54:46à nos questions politiques
54:47aujourd'hui.
54:47Merci aussi à vous,
54:48Alix Bouillaguet,
54:49Françoise Fresseauze,
54:50ainsi qu'à Fabienne Lemoyle
54:50et Capucine Aubert.
54:51Merci enfin à vous,
54:52auditeurs, téléspectateurs,
54:54pour votre fidélité.
54:55Bon dimanche à tous
54:55et vive la politique.
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