- il y a 2 mois
À l'occasion de son dernier tournoi en carrière, Nicolas Colsaerts nous a accordé un long entretien. On revient sur sa carrière mais aussi ses passions et ses souvenirs.
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00:31Bon alors Nico, comme je te disais, on va retracer un peu, on va dire ta carrière, mais via le
00:36journal du golf, tu as fait la couve quelques fois, tu étais dans le journal du golf quelques fois, et
00:40je vais commencer par une première date, bon c'était le journal du golf numéro 16, on a fêté le
00:45200, donc ça fait un bail, c'était en 2006, et tu évoquais une date de 14 novembre 2000, ça
00:51doit forcément t'évoquer quelque chose.
00:52Oui, évidemment, 14 novembre 2000, jour de mes 18 ans, et en fait le jour où je décide de passer
00:59professionnel, qui était deux jours avant le début des cartes européennes, qui était à San Roque, à Soto Grande à
01:07l'époque,
01:09et oui, ça avait une signification pour moi, je me suis dit tiens c'est cool de passer le jour
01:15de mes 18 ans, sans savoir que 4 jours après, ou 6 jours après, j'allais être en tête des
01:22cartes européennes,
01:23et au bout de la semaine, avoir ma carte sur le circuit européen, et en fait ne pas savoir à
01:27quel point ma vie allait changer du jour au lendemain,
01:31même si c'est quelque chose que j'avais toujours voulu faire, mais en fait je ne me rendais pas
01:36du tout compte des répercussions aussi brusques d'éventuellement gagner sa carte,
01:44et un mois et demi après, d'être sur le Tidua à Johannesbourg, à l'Alfred Dunhill, comme un peu
01:51un touriste.
01:52Et tout vient apparemment d'un article de Bernard Langeur, que tu lis quand tu as 14 ans apparemment, tu
01:57lis cet article de Bernard Langeur,
01:58et ça te donne le déclic d'arrêter tes études, et de passer pro, il y avait quoi dans cet
02:03article de Bernard Langeur ?
02:05Bon en fait, c'est un secret pour personne, ou en tout cas pour les gens qui me connaissent, l
02:11'école n'a jamais vraiment trop été mon fort,
02:14ce n'était pas un endroit où j'aimais particulièrement passer l'entièreté de mes journées.
02:21Et ouais, j'étais tombé sur un article où Bernard Langeur avait arrêté l'école à 14 ans pour se
02:25consacrer au golf.
02:28Donc évidemment, j'ai montré cet article à mes parents, qui ont trouvé ça évidemment un peu moins drôle que
02:33moi.
02:35Donc je n'ai pas arrêté mes études tout de suite, parce que j'ai suivi une espèce de cursus
02:40scolaire un petit peu différent,
02:41avec une école privée un petit peu spéciale, qui aménageait déjà un peu mes horaires de voyage,
02:48quand j'avais 15-16 ans, où je partais déjà quand même pas mal.
02:55Mais ouais, ouais, c'est parti de...
02:58À l'époque, les informations sur le golf, on les trouvait dans les magazines, surtout des pays dans lesquels on
03:03venait.
03:04Tu en as parlé à Bernard Langeur, justement, de ça ?
03:06Non, jamais ! Non, jamais ! On s'est croisés quelques fois.
03:09D'ailleurs, la dernière fois qu'on s'est croisés, c'est quand il a joué son dernier tournoi l
03:12'année passée à Munich,
03:14où il a fait ses au revoirs, ses adieux au public allemand.
03:19Mais non, non, c'est des mecs qui font partie du panthéon, non seulement du golf européen, mais du golf
03:25mondial.
03:25Il a toujours eu des mots sympathiques à mon égard,
03:30même si on a des personnalités qui risquent d'être un petit peu à l'opposé l'un de l
03:34'autre.
03:34Mais ouais, ça fait toujours quelque chose de sympa de pouvoir partager avec des gens comme ça,
03:39qui ont marqué l'histoire de ton sport.
03:40Le fait de démarrer comme ça tout de suite, tu as ta carte tout de suite,
03:44c'était une chance de pouvoir tout de suite toucher le tour européen directement, avec du recul ?
03:51Le fait de ne pas avoir galéré pour avoir cette carte-là ?
03:54Je pense qu'il y a plusieurs façons de le voir.
03:55Un, ça prouvait que j'avais le niveau et que j'étais capable d'avoir le niveau nécessaire
04:00pour jouer sur le circuit, pour me qualifier sur le circuit,
04:03quand on pense qu'il y a énormément de gens qui essayent 5, 10, 15 fois et qui n'y
04:06arrivent jamais.
04:08Et puis, l'urvers de la médaille, c'était que je n'étais pas du tout préparé.
04:13Il faut savoir qu'en Belgique, à l'époque, on est quand même fin des années 90,
04:17il n'y a pas de structure en place.
04:19J'ai toujours dû faire tout seul, moi et mon coach, ou ma famille.
04:26D'un autre côté, ce qui m'a assez servi, c'était que je devais toujours aller chercher les informations
04:29ailleurs,
04:29parce qu'elles n'étaient pas présentes dans mon pays.
04:32Donc, voyager le circuit amateur seul à 15, 16 ans, aller jouer les tournois amateurs en Angleterre
04:37avec l'argent de la Fédération, dormir dans des hôtels, dans des Ben & Breakfast dégueulasses,
04:43faire du taxi à gauche et à droite, quand je repense à cette période-là de ma carrière,
04:47c'était vraiment de l'artisanat.
04:48Mais formateur un peu aussi quand même, la débrouille ?
04:51Oui, parce que ça m'a appris à voyager, ça m'a appris à me débrouiller tout seul,
04:56ça m'a appris à devenir ce qu'on appelle street smart,
05:00de savoir quoi faire, comment me débrouiller, comment voyager, comment voyager seul.
05:10Maintenant, quand je vois les jeunes de 20, 21, 22 ans qui commencent,
05:14ils ont déjà une équipe autour d'eux, moi j'ai tout fait tout seul.
05:17Donc c'est ce qui, à mon avis, a un petit peu forgé la façon dont j'ai réussi à
05:25voyager le monde
05:26juste avec ma valise, mon sac de golf, sans trop d'embûches.
05:32Ça aurait été plus facile de commencer maintenant, si tu reprends ta carrière en 2000
05:36et tu la mets maintenant en 2025, ça aurait été plus simple ?
05:39Je pense que c'est plus facile maintenant d'être mieux organisé, d'avoir les bonnes informations,
05:45de savoir la façon dont il faut se gérer, de savoir les choses qu'il faut mettre en place
05:50pour être performant plus jeune.
05:54Ce n'est pas juste une question d'époque, c'est surtout d'où je venais.
05:57En Belgique, il y avait juste eu quelques joueurs avant moi qui jouaient le circuit,
06:01mais vraiment sans trop faire d'énormes carrières.
06:04Donc il n'y a jamais eu aucune personne qui m'ait vraiment pris sous son aile.
06:09C'est pour ça d'ailleurs que je me suis fort rapproché du clan français depuis le départ,
06:12que ce soit avec des Marc-Antoine Fary, des Thomas Levey et toute cette ancienne génération
06:18de pro-français qui ont toujours été super sympa avec moi et qui m'ont considéré comme un des leurs.
06:24Mais venant de Belgique, il a fallu que je fasse ça tout seul.
06:28C'est peut-être pour ça que j'ai mis un petit peu de temps à comprendre des choses
06:32qui sont primordiales à la vie d'athlète de haut niveau.
06:35C'est pour ça qu'aujourd'hui, tu t'as repris un peu le flambeau en prenant d'autres athlètes
06:38un peu toi sous ton aile,
06:40belges, comme les Thomas Deutry, Thomas Peters.
06:43Tu les as un peu aidés toi au début quand ils ont commencé ?
06:44Au début, un petit peu, oui, parce que ça faisait 10-15 ans que j'étais sur le circuit.
06:49Donc oui, je leur ai peut-être un petit peu facilité leur assimilation dans le passage du monde professionnel.
06:59Mais à la base, c'est plus une question de fibres, de partage.
07:02Et voilà, moi, j'ai toujours été branché sport d'équipe, faire les choses en groupe.
07:08Donc pour moi, c'était assez naturel de le faire.
07:10C'est jamais quelque chose.
07:11Ça n'a jamais été une mission pour moi.
07:13Je l'ai toujours fait naturellement et même encore maintenant.
07:16Je vois cette dernière année ou ces quelques dernières années, tu vois,
07:20tu as des mecs comme Martin Couvrat ou Tom Vaillant qui viennent me demander des trucs.
07:24Et je le fais évidemment avec le plus grand plaisir parce qu'en plus, ils sont cools.
07:26Donc à partir de ce moment-là, il n'y a aucun souci.
07:28Alors autre date, 14 septembre 2003.
07:31Est-ce que tu te souviens de cette date ?
07:3314 septembre 2003, ça pue le Lancôme, ça a plein nez.
07:37Septembre 2003, deux dernières parties, le samedi et le dimanche.
07:43Le Lancôme, à l'époque, le Lancôme, c'était vraiment un tournoi avec une image et un statut différent des
07:52autres.
07:53Ils ont fait toujours venir beaucoup d'Américains.
07:55C'était un tournoi de McCormack, d'IMG.
07:58Ça avait un côté glamour incroyable.
08:00Je me souviens d'y avoir été la première fois en 2001 d'ailleurs pour rencontrer McCormack quand j'ai
08:03signé chez IMG.
08:06Et non, en 2000 d'ailleurs.
08:08Et puis en 2001, je jouais mon premier Lancôme.
08:12Et puis ça ressemblait fort aux endroits qu'on connaissait en Belgique.
08:15Tu vois, Saint-Nom, c'est quand même un endroit particulier.
08:18Bon, d'abord, c'est super beau.
08:21Et puis, il y a toujours eu ce rapprochement un peu avec Saint-Nom.
08:26Sans savoir qu'en 2003, j'allais faire une semaine de la mort, qui était le dernier Lancôme.
08:30C'est moi qui ai tapé le dernier T-Shot au 18 de l'ère Lancôme.
08:33Et d'ailleurs, elle était tellement dans l'axe du drapeau que je ne l'ai pas vu tomber.
08:36Je pensais que j'avais fait trop en un.
08:37Donc, je me suis dit quand même, c'est incroyable que le dernier joueur qui tape le T-Shot du
08:4218 dans l'histoire du Lancôme, il est belge et il fait un au 18.
08:45Donc, je trouvais ça assez rigolant.
08:46Tu te souviens de cette dernière partie avec qui ?
08:48Oui, le dimanche, j'ai joué avec Paul McGinley et Rétif Guzen, qui a gagné.
08:55Et je fais Eagle au 6, le par 5.
08:59Et à ce moment-là, je reviens à un point de Guzen.
09:01Moi, j'étais assez bien parti.
09:02Et lui fait 6, je pense, au par 5.
09:04Et moi, je fais 3.
09:05Donc, il y a un 3-shot swing.
09:10Et lui, il fait directement 2 au par 3 derrière.
09:12Et à ce moment-là, je ne l'ai plus vu.
09:13Moi, j'ai fait buggé, je pense, au 10.
09:16Ou je n'ai pas fait birdie au 10.
09:17Et puis, je fais double 11 en mettant dans l'eau derrière le green.
09:20À ce moment-là, c'était plié.
09:21Mais oui, j'ai encore énormément de souvenirs assez frais de ce week-end au Lancôme.
09:32Autre phrase que tu dis, tu dis, depuis que je suis passé pro, il y a des endroits que je
09:36n'ai jamais sans doute vus
09:37si je n'avais pas joué sur le tour.
09:39Alors justement, si tu devais garder un endroit, là, avec tous les endroits que tu avais.
09:43C'est difficile.
09:44Un endroit, c'est difficile.
09:46Voilà, si tu parles golf, tournois pur et dur, c'est évidemment Augusta.
09:51Tu vois, je pense que c'est le rêve de tout gamin.
09:53Voilà, tu as le British et Augusta.
09:54Mais Augusta, ça a quand même un peu ce côté mystique, secret, où il est quasi impossible d'aller.
10:00comparé à St. Andrews, Birkdale ou Trun et des endroits comme ça où tu peux aller jouer quand tu veux,
10:04tu vois.
10:04Donc, mais à part ça, c'est énormément de rencontres.
10:10C'est me retrouver dans des cercles de gens auxquels, en fait, je n'aurais jamais accédé si je n
10:14'avais pas été bon à ce que je faisais.
10:18Il y a un truc qui est toujours assez particulier, c'est tous ces espèces de magnères du business ou
10:24de la politique ou machin,
10:25ou qui nous voient, nous, comme des demi-dieux, alors que nous, on les considère comme des gens incroyables aussi.
10:30Donc, il y a cette espèce de proximité qui se fait assez rapidement avec, je ne vais pas dire trier
10:36sur le volet, mais avec le haut du panier.
10:38Par exemple, la première fois où tu rencontres un joueur comme Tiger Woods, tu te souviens des moments comme ça,
10:43quand tu dois jouer avec lui, faire des choses comme ça ?
10:48Alors, moi, je n'ai joué qu'une seule fois avec lui, c'est à la Rider, mais je me
10:50souviens la première fois que je l'ai vu.
10:53Et c'était au Deutsche Bank, en Allemagne, je pense que c'était 2001, et c'était Gare du corps,
11:00Gare du corps avec gilet pare-balles, machin, les trucs.
11:03Oui, il y avait un côté assez impressionnant quand on le voyait débarquer en Europe pour jouer quelques tournois.
11:09C'était une idole pour toi, Tiger Woods ?
11:10Alors, non, pas tant que ça.
11:12Pas tant que ça.
11:13Moi, je n'ai pas grandi avec cette idolâtrie de Tiger Woods.
11:17Moi, j'étais plus branché des anciens mecs.
11:20Tu vois, les Balesteros, Faldo, Wuznam, et les Américains, pas trop, parce qu'on n'avait aucune accessibilité au PGA
11:28Tour à l'époque.
11:28Ça ne passait pas à la télé en Europe à l'époque.
11:31Donc, moi, je n'ai jamais grandi avec ce fantasme d'aller jouer le PGA Tour.
11:36Et en fait, ça s'est remarqué quand j'y ai débarqué début des années 2000, 2010.
11:41Autre phrase que tu dis dans ce numéro de journal du Golfe, plus un coup est compliqué, plus je me
11:45casse la tête pour trouver un moyen.
11:46Ça a toujours été vrai tout au long de ta carrière, ça.
11:49Plus un coup est compliqué, plus t'aimes ça, finalement, plus tu vas essayer de trouver le moyen de le
11:52faire.
11:53En fait, oui, au plus c'est difficile, au plus je suis inspiré, au plus je me rends compte que
11:57je n'ai pas de solution et qu'il faut que je fasse un truc, on va dire, spécial ou
12:01hors norme.
12:02Plus tu t'excites ?
12:04Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ce qui est basique m'endort, quoi.
12:11En fait, le basique, j'ai toujours eu du mal à prendre une décision claire sur du basique.
12:16Alors que quand c'est compliqué, quand tu n'as pas le choix, il n'y a qu'une image
12:19qui se crée.
12:20Et à ce moment-là, pour moi, elle est plus facile à mettre en place, quoi.
12:25Chez Fleur, il t'ennuie, du coup ?
12:28Non, parce que c'est ultra efficace.
12:31Et tous ces grands joueurs qui font des carrières ultra longues à ultra haut niveau,
12:37ce qui m'impressionne, ce n'est pas la qualité technique ou la qualité de frappe de balle ou de
12:45coups qu'ils jouent,
12:45c'est juste la fréquence, moi, qui m'impressionne.
12:48C'est de semaine après semaine, de jour après jour, de trou après trou, de jamais avoir le pied qui
12:54s'enlève de l'accélérateur.
12:57Je trouve ça absolument incroyable.
12:59Alors, question peut-être un peu compliquée, mais si tu devais faire le top 5 de tes plus beaux coups
13:02en carrière,
13:03ça, c'est de ne pas retenir que 5 coups dans ta carrière, ça serait lesquels ?
13:08Il y en a plein, en fait, qui sont complètement anodins.
13:11Tu vois, ça peut être au 6 du vendredi au Scandileven Masters en 2006, quoi.
13:15Je me souviens d'un coup de bois 3 au-dessus des arbres, justement, au Scandileven Masters en 2005 ou
13:212006.
13:24J'avais des arbres à 50 mètres de moi, super haut, et j'étais sur une racine d'arbre.
13:28Je tapais un coup de bois 3 par-dessus le machin.
13:30J'étais en dernière partie avec Robert Carlson.
13:34Je vais dire le tee-shirt du 18 à l'Open de France, quand même.
13:40Ça, c'est des coups quand même.
13:41En 2019 ?
13:41En 2019, quand je gagne, ça, c'est quand même des trucs que je suis content de ne plus de
13:46voir les revivre.
13:48Le put du 17 à la rider, qui permet de rester one-up avec un trou à jouer et d
13:52'être sûr d'avoir un demi-point,
13:53sans savoir que je vais en prendre un point complet avec un trou à jouer.
13:57Ça, c'est le vendredi ?
13:57Ça, c'est le vendredi après-midi, mon premier match.
14:00Avec Westwood et contre Streaker.
14:01Contre Wood et Streaker, oui.
14:04Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Il y en a plein.
14:06Il y en a plein.
14:07En fait, c'est plus des questions qu'il faut poser aux mecs qui ont bossé pour moi.
14:09Si tu poses ces questions à Chris Lyle, à Brian Nilsson ou à ces mecs qui ont porté mon sac
14:14pendant quelques années,
14:16c'est plutôt eux qui vont avoir des flashs de 2-3 coups de génie, on va dire.
14:20Toi, c'est plus des moments clés de tournois ou de Rider Cup, c'est ça ?
14:25Oui, parce que ce n'est pas non seulement le coup, c'est aussi la signification, c'est aussi le
14:29moment dans lequel ça se passe et surtout les vibrations que tu ressens.
14:39Il y a toujours un truc kiffant, c'est quand tu mets un drive dans les cordes et que tu
14:42es particulièrement en Angleterre,
14:44quand tu es encerclé d'un U qui fait 100 personnes et que tu dois taper un coup pour sortir
14:49des arbres.
14:49Par exemple, à Wentworth, au 13, je me suis tout le temps mis à droite dans ces arbres, pas loin
14:54du Burger Van.
14:55Et souvent, tu dois taper un coup bas, gauche, droite, pour essayer de choper un truc devant le green ou
15:00ça.
15:00Là, c'est peut-être un coup que j'ai tapé 20-25 fois, mais ça a toujours une particularité
15:04de taper des coups spéciaux comme ça près des gens.
15:09Créatif finalement un peu.
15:10Oui, beaucoup.
15:11Oui, parce que c'est excitant, c'est attirant et puis c'est surtout beau.
15:15Et puis, c'est surtout aussi voir le visage d'un gamin de 8, 9, 10, 12 ans qui a
15:21vu un truc qu'il n'a jamais vu.
15:22Ça, c'est des trucs qui animent.
15:33Je vais te montrer cette couve, 2006 avec Greg Bourdie.
15:38Oui, j'ai des cheveux longs à ce moment-là.
15:41Oui, oui, 2006.
15:44Oui, je traînais beaucoup à Paris à ce moment-là d'ailleurs.
15:48Je te laisse ouvrir un petit peu vrai à la magazine.
15:50Oui, bon, je trouve que c'est un peu décevant que tu montres une couverture quand même où il y
15:54a Gregory Bourdie devant moi.
15:55Oui, mais bon, c'est la première.
15:56Non, mais il a une victoire en plus sur moi sur le Zipi Vol Tour, donc c'est normal.
15:59Le feu, la glace, le titre.
16:00Oui, c'est vrai que ça ressemble un peu à ça.
16:02Oui, Greg était beaucoup plus posé, beaucoup plus organisé.
16:06Il a toujours été tout au long de sa carrière.
16:08Et puis moi, c'était un petit peu plus folklorique.
16:14Et c'est pour ça que j'ai eu des pics, en fait, tout simplement.
16:17En fait, cette personnalité ressemble assez fort à ce que j'étais capable de faire pendant 35 ans.
16:25Être maître de ce que je fais, est-ce que c'est finalement… ça s'est résumé dans ta carrière
16:30ou pas trop ?
16:31Bon, à ce moment-là, en fait, pas trop parce que je suis en fait en passe de vivre une
16:36période assez noire entre 2007-2008-2009 où je n'ai plus de catégorie nulle part.
16:45Maintenant, ce qu'il faut retenir de ça, c'est que j'ai toujours eu le sentiment profond que ça
16:51allait le faire.
16:53Même si à ce moment-là, je suis encore à, on va dire, à 20, 25, 30 % de mon
16:58potentiel.
16:59Je n'ai encore vraiment rien fait.
17:00Oui, j'ai gardé ma carte un peu à gauche et à droite.
17:02Mais je voyage plus le monde avec ma valise et mon sac de golf à rigoler et à jouer des
17:09tournois à gauche et à droite.
17:10Je n'ai pas encore vraiment pris, je ne vais pas dire connaissance de ce que je peux être capable
17:16de faire.
17:16Il y a de l'insouciance, en fait, encore.
17:19Tu t'amuses sans forcément te rendre compte de ce que tu vas...
17:22Oui, je suis fort conscient que je suis différent des autres.
17:26Je suis fort conscient que je peux faire des trucs incroyables.
17:28Mais je n'ai pas arrondi les coins.
17:31Je suis encore un peu à feu et à sang.
17:37Je suis un peu un diamant pas traité.
17:50Ça te fait quoi de revoir ça, de revoir toi avec les cheveux longs ?
17:55Oui, c'était un peu la période où tout le monde avait un peu...
17:57C'était un peu la période...
17:58La photo d'après, bien.
17:58C'est un peu l'après Starac, mais on avait tous un peu ça à l'époque.
18:04Au début de la Starac, c'est 2001, je pense.
18:08Non, je trouvais que ça ne m'allait pas trop mal.
18:13J'ai toujours eu un peu style.
18:17C'est une période où on jouait un peu avec des pantalons à patte d'effet, je me souviens.
18:22Oui, c'était une chouette période, en fin de compte.
18:25Je vais continuer.
18:26Là, tu ne fais pas la couve, mais en 2011, numéro spécial Open de France, c'est Greg Avray qui
18:30est en couve.
18:31Je ne sais pas si tu te souviens de cette fameuse couve où il est sous la tour Eiffel, la
18:34chemise ouverte avec la cravate.
18:36Tu as une phrase où tu dis « une rumeur venue de France, d'ailleurs, prétendait que j'avais acheté
18:40un bar à Ibiza et que je mixais là-bas.
18:42Je n'ai jamais nié cette passion.
18:43Je mène dans la musique depuis tout petit.
18:45Aussi, peut-être que j'avais envie de donner une autre image de celle du golfeur ennuyeux qui ne pense
18:49qu'à ça.
18:50Ça t'a longtemps collé à la peau, ce côté fêtard, DJ ?
18:55Oui, ça m'a collé à la peau parce que ça faisait partie de ma personnalité.
18:58C'est un monde qui a toujours fait partie de qui je suis.
19:02C'est un monde qui m'a toujours attiré.
19:04Ça, c'est un secret pour personne.
19:07Je ne sais pas si cette rumeur venait de France, mais en tout cas, j'avais entendu ça à l
19:10'époque.
19:10Que quelqu'un m'avait vu dans le bar que j'avais acheté à Ibiza.
19:14Alors que la première fois que j'étais à Ibiza de ma vie, on est en 2018.
19:22Je n'ai jamais souffert de ça parce qu'on a bien rigolé.
19:34Et puis, encore maintenant, je suis branché de musique électronique.
19:38C'est la seule musique que j'écoute.
19:40Je l'écoute comme du jazz.
19:41Je suis vraiment mordu de ça.
19:45Je n'ai jamais été très mainstream dans tout ce que je faisais, que ce soit ce que j'écoute,
19:51que ce soit la façon dont je m'habille et la façon dont je pense.
19:55Donc, je n'aurais pas supporté être le golfeur stéréotype qui mange du musli le matin.
20:06Je pense que je ne me serais pas supporté.
20:09Ça m'a peut-être joué un peu des tours dans ces années 2000.
20:12Parce que trop de grosses soirées, trop d'excès, non ?
20:15Non, parce qu'on n'a jamais vraiment trop fait les cons quand c'était dangereux de le faire.
20:21Ça, c'est un truc qu'il faut mettre au clair.
20:24Oui, on a pris des timbales.
20:26Oui, on était les premiers à aller boire des verres le dimanche soir entre deux tournois.
20:32Le 11 avec d'autres joueurs ?
20:33Oui, on ne va pas citer de noms quand même.
20:35Non, mais restons quoi.
20:38Ils vont tous se reconnaître, je pense.
20:41Les joueurs français.
20:42Non, oui, il y avait quelques français là-dedans.
20:44Il n'y a pas que des français d'ailleurs.
20:45Mais non, ça faisait partie un peu du folklore de ces années 2000 aussi.
20:51Tu sais, tu voyages le monde, tu es dans ta vingtaine, tu croques la vie à plein dedans,
20:57on est bon à ce qu'on fait, on a une carte de crédit en poche.
21:01C'est difficile de ne pas succomber.
21:03De succomber un petit peu.
21:05Oui, de succomber un peu aux chouettes endroits qu'on fait et de profiter de la vie tout simplement.
21:10Si tu devais faire justement la playlist de trois, quatre chansons qui résumeraient ta carrière ?
21:16Trois, quatre ou les chansons qui t'ont suivi ou alors par époque peut-être ?
21:20Alors, je me souviens avoir découvert « The Man with a Red Face » de Laurent Garnier pendant les cartes
21:27en 2000.
21:29Et je l'écoutais tous les jours, donc qui est quand même un énorme classique.
21:36Donc là, tu me prends un peu à court parce que je peux te sortir 50, 100, 150 morceaux que
21:41j'ai écoutés 5000 fois
21:45durant toute ma vie et toute ma carrière encore maintenant, tu vois.
21:48J'ai un truc particulier avec la musique parce que je réécoute mes premières années de musique électronique.
21:57Je me vois encore sortir dans des boîtes en province, en Belgique quand j'avais 16, 17 ans avec mes
22:02potes.
22:03Et c'est une époque complètement révolue que nos enfants ne connaîtront plus, tu vois.
22:06Ces espèces d'énormes boîtes avec le Sky Tracer à 5 km que tu voyais à la ronde,
22:14avec ses parkings en gravier où il y avait 1000 voitures,
22:16où il y avait cette anticipation d'aller dans un endroit complètement incroyable.
22:21Donc maintenant, malheureusement, le clubbing a un petit peu changé,
22:24même si tu as des endroits comme Ibiza et tout ça qui restent quand même des valeurs sûres.
22:28Mais malheureusement, nos enfants ne connaîtront pas cette époque incroyable qu'on a vécue.
22:34En ce moment, c'est quoi ? Tu écoutes quoi en ce moment ?
22:36C'est quoi la musique du moment dans les oreilles de Nicolas Colson ?
22:38Bref, moi je suis très underground en fait.
22:41Donc moi, j'écoute pas mal de trucs de certains labels.
22:45Ça peut être beaucoup d'allemands.
22:51Je me suis peut-être un petit peu calmé.
22:53J'écoute des trucs un peu moins forts.
22:55Mais j'ai de la chance d'être pot avec 2-3 mecs qui tournent le monde.
22:59Donc j'ai un peu accès.
23:01Et puis maintenant, avec Instagram, Soundcloud, machin truc,
23:05tu peux choper tout ce qui est joué, tout ce qui est frais.
23:10Je fais des listes.
23:12Sur mon appli Soundcloud, je fais des listes par année avec des tracks, des sets et des machins.
23:17Donc si ça vous amuse, allez-y.
23:20Il y a pour je ne sais pas combien de jours de musique complète,
23:24mais il y a un show de voyage à faire.
23:25Un morceau préféré ?
23:26Un morceau préféré ?
23:29Un morceau préféré ?
23:32C'est tellement difficile.
23:33C'est tellement difficile.
23:38Le morceau que j'avais choisi quand je suis venu sur le plateau à l'œil des pros était sympa.
23:42En fait, qui était un remix de Tale of Us qu'on a tous écouté.
23:46Qui est un morceau d'un pote à moi qui s'appelle Mano Le Teuf.
23:50Qui s'appelle Primitive People.
23:51Et en fait, c'est le Tale of Us remix.
23:53Et qui pour moi est un des morceaux phares du début des années 2000, entre 2000, 2012, 2013, 2014.
24:08Qui s'appelle Mano Le Teuf.
24:39On continue dans ce numéro du Journal du Gol, 2011, où tu parles justement de cet épisode australien entre 2008
24:44et 2009.
24:45Alors je te cite, perdu au milieu du Bush, à une demi-heure de Brisbane, ça a marqué la fin
24:49d'une période où je sortais comme un dingue.
24:51Et même si j'ai toujours su que cette période de faire le con était en moi, j'ai adoré
24:55me lever à 7h du mat' et aller te chipper à la fraîche.
24:58Raconte-nous un peu cet épisode.
24:59En fait, c'est marrant parce que c'est le père de Romain Béchut, Daniel Béchut, sur qui j'étais
25:04tombé au Master 13.
25:07Et à ce moment-là, je suis un peu au fond du trou.
25:09Je dois demander des invites à Jean-Charles Cambon pour jouer des trucs de l'Allianz Tour.
25:14Donc j'ai vraiment que dalle, je suis un peu nulle part.
25:17Et le père de Romain me dit, écoute, moi j'emmène des gamins en Australie dans une académie.
25:23À mon avis, ça pourrait te faire du bien.
25:27Et oui, ça a été le début de la Renaissance.
25:29J'étais à Bruxelles entre jouer quelques tournois de temps en temps et vivre une vie qui n'était pas
25:36la mienne.
25:37Et donc, oui, ça a été le déclic.
25:41Pour la première fois de ma vie, je me suis retrouvé dans un groupe entouré de mecs qui étaient plus
25:46jeunes que moi.
25:47J'avais toujours été le plus jeune partout.
25:50Et donc là, j'avais une dizaine de jeunes Français qui me regardaient déjà avec ma simili-carrière de quelques
25:57années sur le tour.
25:58Comme quoi j'étais quelque chose alors que j'avais tout encore à faire.
26:03Donc, oui, c'est sans le coup de pouce du père de Romain, sans l'Australie.
26:09Maintenant, je suis marié avec une Australienne.
26:11Donc voilà, en fait, ça a gagné un lien fort avec l'Australie.
26:14Oui, oui, c'était le...
26:16Sans forcément le vouloir, mais...
26:18Non, non, voilà, ça s'est fait...
26:20Ça a été le début d'une série de choses qui m'ont permis d'être où je suis maintenant
26:27et de pouvoir, quelque part, regarder derrière moi et de dire, en fait, ça va, j'ai quand même accompli
26:31quelque chose de correct, quoi.
26:32Tu te typais sur la plage aussi ?
26:34Tu faisais des...
26:34Ouais, on faisait des week-ends à Byron Bay avec...
26:38Donc, il y avait Romain, il y avait Rudy Tuillier...
26:43Roy qui avait encore dans cette bande-là, il y a deux, trois Belges qui sont venus aussi, Germain Ruste.
26:50On passait des week-ends, c'était marée basse et on avait 20, 30, 40 mètres de sable dur.
26:59On était torse-poil, en maillot, à taper des coups de wedge vers les uns les autres à 50, 60,
27:04parfois 80 mètres.
27:05C'était des week-ends incroyables.
27:06Je pense que tous, on garde un souvenir incroyable de ces deux, trois hivers qu'on a passé là-bas.
27:11Tu fermais les yeux, tu te rappelais de ces images ?
27:13Complètement, je vois encore ces balles arriver vers moi sur le sable dur, qui spinaient comme ça sur le sable.
27:18On a passé des moments incroyables.
27:20Ça surfait un peu aussi ?
27:22Tu avais la bêche qui était branchée surfe et tout ça.
27:24Moi, comme je nage comme une enclume, ce n'était pas trop mon truc, mais ça faisait partie du truc.
27:31On allait nager dans les vagues, il y avait les surfeurs.
27:33Parfois, tu avais des vagues d'un mètre cinquante, deux mètres de haut, qui tubaient un peu.
27:40On passait des moments incroyables.
27:42On était du golf du lundi matin au vendredi après-midi.
27:45Et le vendredi après-midi, on avait acheté un van.
27:47J'avais fait mettre une sono dans le van.
27:50C'était vraiment la croisière s'amuse, mais on faisait ça correctement.
27:53C'était vraiment cool.
27:54Ça t'a fait du bien, du coup.
27:55C'était essentiel, parce qu'après, tu gagnes, je crois, deux fois sur le challenge tour en 2009.
27:59Ça a été le déclic, ça a été le basculement du bon côté pour toi ?
28:03Oui, en fait, ça m'a remis dans ce cycle de se réentraîner,
28:12de retomber amoureux du jeu.
28:15Pas nécessairement du métier, mais du jeu.
28:17Moi, fin des années 2000, j'en avais plein ma claque.
28:20J'avais l'impression de faire n'importe quoi et je ne trouvais pas les solutions.
28:23Donc, oui, ce coup de pouce, ça m'a été un peu servi sur un plateau.
28:29Donc, sans le coup de pouce du père de Romain, je ne suis indéniablement pas là où je suis maintenant.
28:54Je disais aussi, j'avais l'impression d'avoir, déjà c'était en 2011, vécu deux ou trois vies minimum.
28:59Elle me fait rire mon histoire, je suis content d'avoir traversé tout ça et de m'être posé des
29:02questions.
29:03Là, on arrive maintenant, mais tu as vécu combien de vies ?
29:06Pas mal, en fait.
29:07Pas mal, en fait, si tu décortiques, tu as mes années d'amateur où tout se passe nickel, tout suit
29:16son cours.
29:17Et puis, tu as la première année sur le circuit où ça tombe, où est-ce que c'est ce
29:21que j'ai vraiment envie de faire.
29:22Puis, tu as 2003 où je reviens.
29:24Et puis, tu as de nouveau 2005-2006 où là, je retombe vers 2007-2008 où je suis au fond
29:29du trou.
29:29Et puis, tu as 2010, je reviens.
29:312011-2012, Ryder Cup, machin, truc.
29:33Circuit américain, 2013-14.
29:36Puis, revenir en Europe un peu qu'entre les jambes, être un peu mieux de classement, truc.
29:42Puis, 2019, gagner le Pôle de Franc.
29:44Enfin, ça a été un peu dans tous les sens.
29:45Donc, oui, je pense que j'ai peut-être été un petit peu difficile à suivre.
29:50Mais si on est…
29:52Enfin, ça va peut-être un peu faire grincer les dents.
29:57Mais si on est fan d'histoires atypiques, je pense qu'on aurait peut-être eu un faible à mon
30:03sujet.
30:04À l'époque, Ben Cadieux, tu avais demandé quel titre tu donnerais un livre.
30:08Si tu devais faire un livre sur ton histoire, quel titre tu donnerais ?
30:11Tu avais dit « Brillante décadence ».
30:14Ou l'histoire entre deux extrêmes.
30:15Franchement, j'ai toujours été bon avec vous, les gars.
30:17Franchement, j'ai toujours été bon.
30:19Aujourd'hui, ça serait quoi en 2025 ?
30:23Non, je trouve que ça colle encore.
30:26Bon, « Décadence », c'est peut-être un petit peu fort.
30:28Mais bon, c'est vrai qu'il y a eu une période décadente.
30:31Mais il faudra quel titre on donnerait ça maintenant.
30:36Non, mais je regarde derrière moi avec un mélange de nostalgie, de fierté,
30:42du voyage accompli, parce qu'en fait, tu te rends compte que malgré tout,
30:47même si j'aurais pu gagner 100 fois plus, faire une plus grande carrière,
30:54j'ai quand même réussi à faire quelque chose que le commun des mortels
30:58n'arrivera jamais, ne comprendra jamais.
31:00J'ai vécu des émotions incroyables.
31:05Donc, laisse-moi un petit peu de temps pour réfléchir à un titre.
31:09Mais il y a quand même plein, j'ai vécu des choses incroyables.
31:12Encore une date, le 5 octobre 2025, forcément.
31:15Une date importante, 500e tournoi à Saint-Androuse.
31:19Oui.
31:20Et cette décision d'arrêter.
31:21Oui.
31:22Raconte-nous un peu cette remontée du 18 à Saint-Androuse.
31:25Ça devait être extrêmement fort.
31:28On se refait le film de sa carrière à ce moment-là ?
31:30Oui, mais c'est plus la globalité du voyage accompli.
31:39Les larmes qu'on peut voir à l'écran, c'est plus parce que je suis avec ma femme,
31:43je suis avec mon fils qui est féru de golf.
31:47Et tu partages ça avec les autres.
31:49En fait, je reviens toujours à la même chose.
31:50Je pense que j'ai toujours énormément été dans le partage.
31:55Et en fait, tu te rends compte, la masse de messages que tu reçois des gens
32:00qui vont dire qu'on vous a suivi toute votre vie.
32:03Et c'est pour ça aussi que j'ai éclatant sanglots quand je suis à l'Open de France.
32:06Parce que tu te rends compte que tu as marqué des gens, tu as l'amour des gens.
32:15Et tout ça, ça marque extrêmement fort, surtout quand on a une personnalité aussi sensible que la mienne.
32:21C'est plus fort qu'une victoire, finalement.
32:23Oui.
32:25La trace que tu vas laisser, finalement, dans l'histoire du golf.
32:28L'histoire du golf, n'exagérons pas.
32:29Mais le petit chapitre que tu as écrit, selon d'où tu viens, venant de Belgique, oui.
32:37Incontestablement, j'aurais marqué l'histoire de mon sport, oui.
32:39Au niveau mondial, non.
32:40J'ai écrit une chouette ligne dans l'histoire de la Ryder Cup, oui.
32:44Mais voilà, il ne faut pas s'emballer non plus.
32:47Mais oui, tu prends ça plein de gueule.
32:53Mais en même temps, comme moi, la décision était prise depuis un petit bout de temps.
32:56J'ai eu le temps de la digérer.
32:58J'ai eu le temps d'en profiter.
33:00C'était mûrement réfléchi.
33:01Oui, ce n'est pas quelque chose que j'ai pris.
33:03Ce n'est pas une décision qui a été prise en 24 heures en disant, ok, terminez bonsoir, je me
33:06barre.
33:07Et puis, je ferai toujours partie du paysage avec les commentaires télé.
33:14Tu sais, quand tu vis cette vie-là depuis 25 ans, je ne pense pas que ce soit extrêmement sain
33:22de passer directement à autre chose.
33:24Romy qui est vraiment un plan en place.
33:26Moi, mon plan n'est pas de quitter ce sport parce que ce sport m'anime, ce sport est une
33:29passion.
33:30Et ce sport m'a permis de vivre une vie incroyable.
33:35Donc, c'est un peu ma façon à moi de rester dedans avec les commentaires, de rendre à ce sport
33:41et à la population golfique d'où qu'elles viennent.
33:44Je me rends compte que j'ai énormément de chance d'avoir fait ce que j'ai fait.
33:47Donc, c'est ma façon de rendre.
33:51500e tournoi à Saint-Androux, c'était un hasard ou alors pas du tout ?
33:54Tu avais calculé pour que ça…
33:55Calculé, mon vieux.
33:56En fait, quand je termine deuxième à Saint-Androux l'année d'avant, je me rends compte à ce moment
34:03-là que je peux atteindre 500 tournois la saison d'après.
34:07Et en faisant les calculs, je devais jouer 26 ou 26 tournois.
34:11Je me rends compte que ça tombe soit à l'Open de France, soit au De Nils.
34:16Le coup, pas de bol, c'est que je ne rentre pas dans l'Open d'Ecosse et je ne
34:20rentre pas à Wentworth pour des raisons de statut qui est encore mort-y-pile maintenant.
34:28Mais donc, c'était entre l'Open de France ou Saint-Androux.
34:31L'un ou l'autre, pour moi, aurait été parfait.
34:34Malheureusement pour vous, ce n'est pas tombé à l'Open de France, c'est tombé à Saint-Androux.
34:37Mais quand je vois les images, franchement…
34:38Symbolique et belle.
34:39C'est difficile de rêver mieux.
34:42Tu reçois une plaque en argent.
34:43Elle a rejoint la salle des trophées, cette plaque ?
34:45Oui, elle est là.
34:46Mais bon, tu sais, avec un peu les deux ou trois soucis que j'ai avec le Cirque Européen, ces
34:49quelques dernières années, ce plateau en argent ne symbolise pas grand-chose.
34:54C'est plus les images et cette semaine à Saint-Androux avec ma femme, mon fils, marcher les fairways de
35:02Carnoustie, de Kingsbarns où il y a une plaque, là où j'ai fait mon Albatros au 16.
35:08Tu vois, tu vas mettre une plaque dans un fairway.
35:10D'ailleurs, ce n'est pas la seule.
35:11J'en ai une déjà au Pays de Galles pour le drive le plus long de l'histoire du Cirque
35:14Européen et j'en ai une au Kingsbarns.
35:15Combien, le drive ?
35:16447 yards au passage.
35:19Vendant le dos ?
35:20Oui, vendant le dos, fairway sec, en descente, machin.
35:23Pour ceux qui connaissent le parcours de la Ryder Cup en 2010.
35:26Mais tu vois, j'ai deux plaques, quoi.
35:27J'ai deux plaques sur deux fairways où n'importe quel pèlerin qui va jouer Kingsbarns au 16, il passe,
35:34il voit ma plaque, il voit mon nom et il voit que j'ai mis un coup de fer 6
35:36sur un drapeau derrière la butte, quoi.
35:39Donc, oui, j'ai énormément de chance d'avoir une empreinte à gauche et à droite.
35:44C'est quand même assez sympa.
35:46Si tu regardes en arrière, qu'est-ce qui va rester ? C'est quoi dont tu es le plus
35:50fier finalement ?
35:51Tu parlais de partage, tu parlais d'avoir touché les gens, c'est ça ou c'est autre chose ?
35:56Encore maintenant, tu vois, bon, ici, on est à cette semaine, on est à Lille-Maurice, on est au Telfer,
36:01j'arrive à peine à la réception et il y a un golfeur français.
36:04Tu sais, M. Colsart, tu m'achènes un truc, tu vois, tu ne peux pas être insensible à ça, quoi.
36:12Et je suis vraiment le premier conscient qu'en Belgique ou même en France, j'ai déçu beaucoup de gens,
36:17mais qu'est-ce que je leur ai animé leur week-end aussi certaines semaines.
36:22Donc, voilà, dans la vie, tu ne peux pas tout avoir.
36:26Mais oui, maintenant, on ne fait pas ça pour la reconnaissance des gens, mais on est évidemment sensible à la
36:36marque d'affection que les gens peuvent avoir par rapport à ton égard.
36:40C'est bien de faire son dernier tournoi ici ?
36:42Alors, ce n'est pas mon dernier, c'est un de mes derniers, parce que je garde quand même le
36:45dernier pour le Soudal Open en Belgique au mois de mai l'année prochaine.
36:51Mais j'ai énormément de chance que mes derniers tournois, en fait, ont tous une signification particulière pour moi.
36:56Je reviens d'Australie où j'ai joué un dernier Open d'Australie à Roald Melbourne.
37:00Ma femme est australienne, mes gosses sont à moitié australiens.
37:03Je viens ici à l'île Maurice où je suis attaché ici à Héritage, où je viens à l'île
37:08Maurice depuis fin des années 90.
37:10Ça fait plus de 25 ans que je viens à l'île Maurice, donc c'est une signification particulière aussi.
37:15Et puis, voilà, faire une dernière fois Joujoute chez moi en Belgique, au Soudal au mois de mai, devant les
37:24miens, avec une chouette affiche qui a été créée pour l'occasion.
37:29Voilà, j'ai énormément de chance de faire mon check-out de cette façon-là.
37:33Merci Nico.
37:34Ça roule.
37:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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