00:00Donc là, il vient de proposer que je lui envoie une photo de ma culotte.
00:04Non, c'est pas bizarre, c'est parce que j'ai envie de te faire l'amour.
00:07Voilà, vous l'avez en direct, c'est assez effrayant en fait.
00:11Le premier pédocriminel avec lequel moi j'ai parlé, qui a été condamné d'ailleurs,
00:15voulait m'emmener à la pêche et me faire toucher mon petit bouton
00:18pour me montrer ce qu'était le plaisir féminin.
00:21Je pense que s'il m'avait rencontré, ça lui aurait fait un drôle de problème.
00:23Je le faisais parler jusqu'à ce qu'il me dise, j'espère que la prochaine fois,
00:26toi, tu vas pas pleurer parce que la dernière fois, elle a beaucoup pleuré et c'était chiant.
00:30Elle parlait bien sûr avec ces mots d'une autre petite fille.
00:33En ligne, il faut entre 19 secondes et 45 minutes pour piéger un enfant.
00:38Selon la directrice de l'Observatoire des violences numériques faites aux mineurs,
00:42à un instant T, il y a jusqu'à 2,6 millions de pédocriminels connectés dans le monde.
00:47Face à cette menace, certains citoyens ont décidé d'agir.
00:50Ils s'inscrivent sur les réseaux sociaux et fabriquent le profil d'enfant numérique.
00:54Aux yeux des personnes qui les contactent, ils ont entre 12 et 14 ans.
00:57Mais derrière l'écran, ce sont des adultes qui oeuvrent pour repérer et signaler à la justice de potentiels prédateurs.
01:04Comme dans toutes les familles, il y a quelqu'un qui a été agressé.
01:06Si vous cherchez un petit peu, toutes les familles sont touchées par la pédocriminalité, de loin ou de près.
01:12Personnellement, mes enfants ne l'ont pas été.
01:14Mais si un jour, vous commencez un peu à gratter le sujet, vous apercevez de l'ampleur du phénomène.
01:20Puis à partir de là, je me suis dit qu'on devait essayer de faire quelque chose.
01:24Moi, quand j'avais 13 ans, j'ai été touché par ça via Abo Hotel.
01:27C'est un jeu social et c'est comme ça que j'ai rencontré, on va dire, le premier pédocriminel
01:33de ma vie.
01:34Et en grandissant, j'ai pris l'habitude de leur parler pour leur faire perdre du temps, pour les troller
01:38un peu, on va dire.
01:39Jusqu'au moment où j'ai décidé de le faire de manière publique pour montrer aux gens que ce n
01:43'était pas un mythe d'Internet.
01:45Ce n'est pas le mythe du pédocriminel qui est devant une école et qui attend.
01:49L'initiative, elle est plus venue d'un constat.
01:51C'est le fait qu'en fait, les forces de l'ordre, ils n'ont pas assez de moyens sur
01:55tout ce domaine-là.
01:56Ils ne sont pas assez.
01:57Donc nous, en fait, ce qu'on fait, c'est juste que gracieusement, on leur offre notre aide et on
02:00leur transmet les dossiers.
02:02On ne se substitue pas à eux.
02:03C'est une chose très importante.
02:05On ne prend pas le rôle de policier.
02:07Ce n'est pas du tout notre rôle.
02:07On est juste des parents, en fait.
02:09Et on les aide comme on peut.
02:10L'Offmin, l'Office des mineurs, comptait 52 agents en 2025.
02:15Elle est chargée de lutter contre les infractions les plus graves commises à l'encontre de mineurs et a été
02:20créée en 2023.
02:21Voulant leur venir en aide, certaines associations signalent aux autorités de potentiels prédateurs repérés en ligne.
02:27C'est notamment le cas de Cédric Taina de l'association Les Enfants d'Argus.
02:30Donc là, on va discuter par écran interposé avec possiblement des adultes qui vont essayer de rentrer en contact avec
02:41un de nos enfants virtuels
02:42par le biais d'un de nos bénévoles qui discute presque tous les soirs en se faisant passer pour une
02:49enfant de, comme je vous l'ai dit, entre 10 et 12 ans.
02:52Là, comme vous pouvez le voir, on vient de se connecter à l'enfant.
02:54Enfin, notre enfant virtuel vient de se connecter, comme vous pouvez le voir par écran interposé.
02:59La personne chez elle s'aperçoit que l'enfant est connecté, il lui parle de suite.
03:04Donc on vient de la voir à l'instant, coucou, tu vas bien ? C'est parti.
03:08Donc c'est quelqu'un qui nous a déjà dit beaucoup, qui a déjà commis des infractions, qui nous a
03:14envoyé déjà des photos de lui.
03:15L'homme qui a contacté l'enfant va lui poser des questions sur ses prochaines vacances.
03:19En l'espace de moins de 15 minutes, l'interlocuteur va proposer de louer un mobilhome dans le camping où
03:25est censé séjourner l'enfant.
03:26Eh bien voilà, on y est. Oui, je sais, tu peux passer en cachette pas longtemps. Voilà.
03:32Donc là, on demande encore une fois de mentir à nos parents pour venir le voir.
03:40Je pense que tu ne dois pas tout dire à tes parents, tu dois bien avoir tes secrets.
03:46Est-ce qu'il y a pareil, il nous demande si on a un petit chéri, si on est en
03:49train de préparer le signalement.
03:51Mais là, on n'est pas sur de très grosses infractions, c'est le début.
03:54Donc là, le dossier va être transmis à nos enquêteurs.
03:58Et en même temps que l'enfant virtuel parle, très souvent même en direct,
04:04les enquêteurs vont commencer à essayer de trouver son domicile,
04:08à essayer de trouver où est ce monsieur, à essayer de vérifier tout ce qu'il nous a déjà dit.
04:12Vous apercevez que sur cette conversation, il y a une, deux, trois, quatre, il y a cinq personnes
04:16qui parlent en même temps à l'enfant.
04:18Cette pratique, également utilisée par des streamers, a connu une plus grande visibilité début mai.
04:24Récemment, le streamer Finizi a ainsi piégé un internaute.
04:27Le visage de l'homme n'était pas flouté et la méthode a donc posé question.
04:31Mais elle a permis son identification ainsi que sa mise en examen.
04:34Monsieur Fox fait partie de ces internautes qui amsonnent des prédateurs en direct.
04:38Je me rendais compte que quand je parlais aux gens de mon activité d'adolescence,
04:43de parler, de troller à des possibles prédateurs, ça choquait les gens.
04:48Et ils pensaient que c'était très difficile d'accès, de parler à ce genre de personnes.
04:52Et je leur racontais tout simplement ce que moi, j'avais vécu à 13 ans sur Abotel.
04:59Alors du coup, ça, c'est un des personnages que j'ai généré,
05:02du coup, pour me faire passer pour une petite de 12 ans.
05:06Et de son prénom, c'était Ambre.
05:08Et il faut savoir qu'on a créé un background.
05:09Donc avec la communauté, on part sur quelqu'un qui peut être influençable et très manipulable.
05:14Des parents qui travaillent, mais qui travaillent trop, qui sont absents.
05:18Par conséquent, une sœur qui vient de quitter le foyer parce qu'elle a des études à faire sur Paris,
05:22des fois, ils peuvent être méfiants par rapport aux photos qu'on envoie.
05:25Ils vont demander des signes un peu distinctifs.
05:27Celui qui demande le plus souvent, ça va être de faire un petit sign-piece.
05:30Mais peu importe ce qu'il demande, on serait capable de toute manière de leur fournir.
05:33En moyenne, ils passent 3 à 5 heures par jour sur Twitch à échanger avec de potentiels pédocriminels.
05:39Ces discussions, il les partage en direct car il estime qu'elles constituent des preuves
05:43auxquelles les enquêteurs peuvent se référer par la suite.
05:46La police nationale nous a indiqué de son côté qu'il n'est pas possible de parler d'un gain
05:50de temps,
05:51que les enquêteurs reprennent l'ensemble des informations transmises dans les signalements
05:55et qu'ensuite, elles mènent leurs propres investigations.
05:58Quand je commence à faire mon stream, je vais directement en bas de la liste des personnes
06:02à qui j'ai parlé.
06:03On peut voir qu'il y a quand même énormément de conversations.
06:06Je vais cliquer sur n'importe lequel finalement et je vais tenter de répondre à leurs questions
06:12et puis de continuer une conversation de sorte à ce qu'ils pensent que réellement
06:16je suis une petite de 12 ans.
06:18Hier au téléphone, parce que c'est la première fois que j'ai eu au téléphone,
06:21quand je l'ai appelé, officiellement il nous avait déjà dit avoir 25 ans
06:24et hier au téléphone, il nous a baissé son âge à 22 ans.
06:28Donc, est-ce qu'il a 25 ans ? Je ne pense pas.
06:30Au téléphone, il avait une voix qui faisait quand même bien plus adulte.
06:33C'est celui qui m'a envoyé des images pornographiques,
06:36qui m'a envoyé son pénis encore hier
06:38et qui m'a donné déjà deux rendez-vous à laquelle du coup je ne me suis pas présenté
06:42mais pour le troisième, il sera attendu des forces de l'ordre.
06:45Donc là, il vient de proposer que je lui envoie une photo de ma culotte,
06:49tout simplement.
06:51Ce à quoi j'ai répondu, ben non, et pourquoi tu veux savoir ?
06:54Pourquoi tu veux voir ?
06:54Donc là, il me dit parce que j'ai envie de voir
06:56et je lui réponds, ben non, mais c'est bizarre.
06:59Et je vais lui répondre, personne ne m'a jamais demandé ça.
07:06C'est parce que j'ai envie de te faire l'amour.
07:08Voilà, vous l'avez en direct, c'est assez effrayant en fait.
07:14Le plus marquant pour moi, c'était un pasteur.
07:17Un pasteur qui encore aujourd'hui peut sévir,
07:21bien qu'il y a des choses qui sont mises en place
07:23parce qu'il y a énormément de gens qui l'ont retrouvé par rapport à mes vidéos,
07:27donc des gens qui l'ont côtoyé avec des enfants dont il était bien proche en fait.
07:30Je peux te poser une question perso ?
07:32Oui.
07:33Est-ce que ça t'arrive de te caresser ?
07:34Ouh là !
07:35Euh, non.
07:37Pas trop, non.
07:37Non, jamais.
07:38T'es une fille sérieuse alors ?
07:39Non, parce que moi j'ai une nièce qui a 15 ans,
07:44j'ai tout en train de réfléchir.
07:46C'est vrai que tu écondis,
07:47et c'est vrai que quand je l'entends parler avec ses copines,
07:50ça ne parle pas de nonos ou quoi que ce soit.
07:54C'est choquant, en vrai.
07:55Ça arrive à me choquer encore, c'est ça le pire.
07:58Ça arrive vraiment à me choquer, c'est effrayant.
08:00Ça fait plus d'un an que j'essaie de le dénoncer,
08:01ça fait un an qu'il sait que je suis sur ses côtes,
08:03et malgré ça, ça ne l'a pas empêché de retomber sur moi six mois plus tard.
08:09Les trois quarts de mes vidéos sont démonétisées de base,
08:12et sur l'aspect, on va dire, financier,
08:14tu vas avoir quelques personnes qui vont faire des dons pendant les lives,
08:16mais ça va être pour combler les signalements au procureur qu'on va faire.
08:19Donc un signalement, c'est gratuit,
08:20mais vu qu'on envoie ça en lettre recommandée avec accusé de réception
08:23et les photocopies des preuves en couleur,
08:26ça a un coût, ce n'est pas gratuit,
08:27et plus tu mets de preuves, plus le dossier va coûter cher.
08:30Donc le minimum, c'est 8,20 euros,
08:32et ça va jusqu'à 40, voire 50 euros,
08:34donc par envoi au procureur,
08:36étant donné qu'on en fait quand même, je dirais,
08:39un ou deux par semaine,
08:40au moins, ça commence à chiffrer à l'année aussi.
08:42Et à ça, tu additionnes les IA que je paye pour générer des photos.
08:46Donc je paye 55 euros rien que pour les photos,
08:48je vais payer 15 euros pour la voix,
08:50ça a un coût, tout ça.
08:51Donc les gens qui pensent qu'on s'enrichit là-dessus,
08:54ce n'est absolument pas vrai.
08:55Et je pense que même si aujourd'hui,
08:56vous demandez à une association, par exemple,
08:58combien elle met,
08:59je peux vous dire qu'ils mettent minimum 3 à 4 000 euros par an
09:02pour faire tout ce qu'on fait également.
09:05Là, vous avez l'exemple d'un dossier
09:07où ce monsieur était extrêmement prolixe.
09:12Comme vous pouvez le voir, ça commence toujours par lui.
09:14C'est toujours lui qui commence à parler,
09:15évidemment, auquel on va répondre,
09:17mais d'une façon très, très basique.
09:19Et comme vous pouvez le voir sur ces photos recto verso,
09:22tout ce que ce monsieur a pu nous raconter.
09:26Alors cet homme-là a été condamné, oui.
09:27Il a été condamné il y a un peu plus d'un an de la prison avec sursis.
09:32Il faut faire très, très attention.
09:34On ne fait jamais, jamais d'incitation.
09:36C'est jamais nous qui sommes à l'initiative de la discussion.
09:39C'est même jamais nous qui allons demander à la personne
09:42à être en amie, comme on doit le faire sur certains réseaux sociaux
09:46pour pouvoir lui parler.
09:48C'est jamais nous qui allons envoyer une photo.
09:51C'est jamais nous qui allons faire une proposition sexuelle, évidemment.
09:54Comme je vous disais, on n'est jamais dans l'incitation.
09:55On se laisse, en fait, guider par la personne
09:58qui rentre en contact avec l'enfant.
10:01On ne chasse pas les enfants, non.
10:02C'est eux qui nous traquent.
10:04C'est eux qui nous posent des questions.
10:05C'est eux qui vont nous envoyer des photos,
10:07plus ou moins à nos deals,
10:10ou dans certains cas, des vidéos terribles.
10:12Nous, on n'est pas des chasseurs de pédocriminelles.
10:14On est des veilleurs numériques.
10:15On pratique une veille numérique sur les réseaux sociaux
10:19pour protéger les enfants dessus.
10:20Un chasseur, il va chercher sa proie.
10:23Moi, je ne vais pas chercher les proies, c'est eux qui viennent à nous.
10:24Je pense qu'il y a quand même un cadre à respecter.
10:28Il faut pas faire...
10:30Il y a beaucoup de streamers qui veulent faire ça.
10:32Et franchement, il y en a beaucoup qui le font pour le buzz.
10:34Il y en a très peu qui le font pour la vraie cause.
10:36Il y a des lois à respecter en France.
10:37On ne peut pas mettre des gens en danger,
10:39ou des enfants en danger,
10:40ou même eux en danger.
10:41Il faut qu'ils puissent comprendre ça
10:42qu'on a affaire à des violeurs d'enfants.
10:44Ce n'est pas des gens qui vont voler des bonbons.
10:46Donc, c'est des criminels.
10:47Ce sont des gens très dangereux.
10:48Ce ne sont pas des gens rigolos.
10:49Le concept de piéger et de filmer de potentiels pédocriminels
10:53est né de l'émission américaine To Catch a Predator,
10:56qui a été diffusée jusqu'en 2007.
10:58Cette idée, elle a été reprise sur les réseaux sociaux,
11:00notamment au Royaume-Uni,
11:02avant de s'importer en France.
11:03Si certains streamers comme Finizi
11:05faisaient jusque-là le choix de diffuser les visages,
11:08d'autres, comme Monsieur Fox, préfèrent les flouter.
11:10Mais certains groupes ont pu avoir des pratiques controversées.
11:12Ça a été notamment le cas de la Ligue Antipédo,
11:15qui a justement été démantelée en 2025.
11:17La police rappelle que la diffusion publique d'informations
11:20concernant des personnes suspectées
11:22expose à des poursuites pénales.
11:24Elle assure aussi que la diffusion de certains contenus
11:26peuvent contribuer à la banalisation de ces échanges en ligne
11:29et certaines initiatives peuvent interférer
11:31avec des investigations en cours
11:33et que les suspects alertés prématurément
11:35peuvent détruire ainsi des preuves numériques.
11:38Répondre aux provocations sexuelles, c'est interdit.
11:41De demander moi-même un rendez-vous
11:43à une de ces personnes-là, c'est complètement interdit.
11:47Et bien évidemment, les afficher sur place publique
11:50parce qu'ils peuvent s'en servir derrière
11:52pour le droit à l'image et tout ce qui s'ensuit.
11:54Il faut savoir que si on affiche publiquement ce genre de personnes,
11:56il y a un risque d'harcèlement à la famille.
11:58Et c'est vraiment ce qui me tient le plus à cœur aujourd'hui,
12:01c'est que la famille ne paye pas le prix
12:03de quelque chose dont ils ne dépendent pas.
12:05Ce n'est pas de leur faute, ils n'ont rien fait.
12:07Il y a quand même beaucoup de personnes hors association
12:09qui ont fait énormément de choses très mal
12:12au niveau de tout ce combat-là.
12:15Donc je peux comprendre qu'ils aient une certaine réticence.
12:17En 2025, la plateforme Pharos permettant
12:20de faire remonter des contenus illicites
12:22a enregistré plus de 31 000 signalements.
12:24Et c'est vraiment sur cette plateforme
12:26que la police souhaite que les signalements soient réalisés.
12:29Monsieur Fox, lui, a réalisé près d'une centaine
12:31de signalement en 4 ans.
12:33Cumulés, les associations Les Enfants d'Argus et Unomi
12:36indiquent avoir contribué à la condamnation
12:38de plus de 400 pédocriminels.
12:40Tous interviennent désormais dans les écoles
12:42ou auprès de parents afin de sensibiliser
12:44sur les dangers en ligne.
12:46Mon audience aujourd'hui, elle a entre 20, 25 ans
12:48jusqu'à 50, 55 ans, mais vraiment majoritairement.
12:52Et c'est des personnes qui vont se rendre compte
12:54de tout ça, du problème, et qui vont m'envoyer
12:55un petit message, que ce soit en stream
12:57ou en message privé, en me disant
12:59qu'ils ont pu un peu plus sécuriser leur téléphone,
13:01le téléphone de leur enfant, bien évidemment,
13:03et surtout des anciennes victimes,
13:05donc des survivants, qui vont envoyer des messages
13:07en se sentant soutenus, peut-être écoutés,
13:10là où ils n'ont pas été écoutés à une certaine époque.
13:12Et ça, ça n'a pas de prix, d'avoir l'impression
13:14de libérer des gens d'un poids qui traîne
13:17depuis tant d'années.
13:18Je dirais vraiment que c'est ce qui anime.
13:21C'est ce qui anime aujourd'hui, c'est ce qui fait
13:23que je continuerai à me battre jusqu'à la fin, en fait.
13:25On n'arrête jamais, de toute façon, ça prend toujours
13:27forcément le pas sur la vie perso, ça nous change à jamais.
13:30On est toujours un peu
13:31à droite, à gauche, à s'imaginer
13:34être un peu parano avec nos enfants,
13:35à faire attention à ce qu'ils font sur les réseaux.
13:38Mais on sait pourquoi on le fait, en fait.
13:41Parce qu'aujourd'hui, on est à 169 condamnations,
13:44demain, certainement, 170,
13:45puisqu'il y a un passage au tribunal.
13:48On sait pourquoi on le fait,
13:49et si je me dis que 170, c'est 170
13:51viols d'évité, j'ai tout gagné.
13:53J'ai besoin de rien d'autre.
13:55Oui, bien sûr, je travaille.
13:56Je travaille à côté.
13:58Je travaille déjà beaucoup à côté,
14:00mais principalement, c'est tout mon temps libre qui y passe.
14:02C'est énorme.
14:03Alors, il faut arriver à prendre du recul dans les affaires,
14:05parce que sinon, on devient dingue.
14:07Mais il y a un journaliste derrière moi qui me disait,
14:09mais comment faites pour ne pas craquer ?
14:11C'est ridicule.
14:12Évidemment qu'on craque.
14:13C'est évident.
14:14Tu ne coupes pas vraiment.
14:15Après, il y a un impact.
14:16On va dire que je regarde l'humain d'une autre manière.
14:19Aujourd'hui, pour couper,
14:20je vais passer essentiellement du temps avec ma femme.
14:22Sinon, je dirais que je suis toujours un peu le nez dedans
14:25entre les signalements, entre les recherches,
14:26entre le fait de parler avec eux,
14:28entre le fait de faire une récap vidéo.
14:30Ça prend beaucoup de temps.
14:31Alors, moi, ce que j'aurais envie de changer, déjà,
14:34c'est le regard que porte la société sur ce genre de personnes.
14:37On ne va pas se cacher que ça fait des décennies et des décennies
14:39que ce problème-là, il est mis sous le tapis
14:41et qu'on évite de regarder.
14:42Donc, au contraire, moi, je veux que les gens regardent.
14:45Je veux que les gens voient que tout ça, c'est réel.
14:48Il faut absolument qu'on arrive à lever le tabou
14:51qu'est la pédocriminalité.
14:52Il faut que tous les partis politiques prennent cela en main.
14:55On doit tous, ensemble, protéger les enfants.
14:57Les enfants, c'est notre avenir.
14:59Les enfants, c'est les adultes de demain.
15:01Si on sacrifie les gosses, on sacrifie notre avenir.
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