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  • il y a 45 minutes
Emmanuelle Assouan, secrétaire générale de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), était l'invitée de Laure Closier dans Good Morning Business, ce lundi 8 juin. Elles ont notamment abordé le rôle de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) par rapport aux banques et aux compagnies d'assurance, les actions menées en faveur de la cybersécurité, ainsi que la gestion de l'assurance liée au climat, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:007h45 sur BFM Business et sur RMC Live, notre invité ce matin c'est Emmanuel Assoin.
00:04Bonjour, vous êtes secrétaire générale de l'autorité de contrôle prudentiel et de résolution.
00:09La CPR, gendarme des établissements bancaires et des compagnies d'assurance,
00:13vous êtes adossé à la Banque de France et d'ailleurs fait une partie de votre carrière à la Banque
00:16de France.
00:17Quand on dit contrôler les activités des établissements bancaires et de l'assurance,
00:21qu'est-ce que vous faites précisément de différent par rapport à l'AMF,
00:24par rapport à ce qu'impose la BCE, vous vous situez où ?
00:26Alors, merci beaucoup pour cette question.
00:28Nous sommes superviseurs des banques et des assurances.
00:31Ça veut dire quoi ?
00:32Ça veut dire que nous nous assurons que les banques et les assurances respectent bien les réglementations
00:39qui leur sont applicables et qui sont très diverses.
00:42Donc c'est des réglementations qui ont trait, bien entendu, à l'activité financière,
00:48mais qui vont beaucoup plus loin.
00:50Par exemple, c'est la gestion des risques opérationnels avec la directive d'ORA sur tout ce qui est cyber
00:57ou des exigences qui ont trait à la protection de la clientèle.
01:02Et bien entendu, au-delà de ça, on s'assure que les banques et les assurances
01:08prennent les bons virages en termes stratégiques,
01:11notamment en termes de technologie, de digitalisation,
01:14parce que ça fait partie de leur performance de long terme.
01:17Et on veut continuer à avoir des banques et des assurances performantes plus tard.
01:22Alors, les banques françaises, elles sont bien capitalisées,
01:25elles sont quand même assez puissantes.
01:28On n'a pas d'inquiétude sur la solidité du système bancaire français,
01:31mais on a des vents de face qui arrivent,
01:33alors que ça soit sur l'intelligence artificielle, sur les risques climatiques,
01:36sur la dérégulation américaine.
01:37Je commence avec le sujet mythos, dont on parle quand même aujourd'hui dans toutes les banques,
01:43avec cette annonce de dire qu'il y a des cyberattaques qui peuvent arriver de n'importe où.
01:47Comment vous regardez le dossier, sachant que toutes les banques n'ont pas eu accès à mythos,
01:50puisqu'aujourd'hui, la technologie, elle est réservée aux banques américaines.
01:53Il peut y avoir une distorsion, d'ailleurs, avec les banques américaines
01:56qui ont des filiales en Europe.
01:57Qu'est-ce que vous leur dites aujourd'hui aux banques ?
01:59Vous leur dites, allez regarder comment fonctionne mythos,
02:01trouvez un moyen parce que le danger arrive.
02:04Comment vous communiquez avec elles ?
02:05Alors, le risque cyber, pour nous, ACPR, Banque de France,
02:09et la sphère globale, les acteurs globaux de la stabilité financière,
02:13c'est vraiment en haut de notre agenda.
02:15C'est en haut de notre agenda depuis longtemps.
02:17Ça a été rehaussé à cause de la guerre russe en Ukraine,
02:20avec les attaques cyber qu'on pouvait supposer à cet endroit.
02:24Et puis là, il y a une nouvelle impulsion qui est donnée
02:27avec ces outils d'intelligence artificielle
02:29qui augmentent la capacité de protection, d'identification des vulnérabilités,
02:36le mythos que vous mentionnez,
02:39et donc qui est un outil très bon pour les défenseurs,
02:42pour régler un certain nombre de problèmes,
02:45mais qui, placé dans les mains d'attaquants malveillants,
02:49serait problématique, notamment vis-à-vis des institutions
02:53qui n'auraient pas pris les mesures adéquates au préalable.
02:56Alors, on est bien armé en Europe,
02:58parce que depuis longtemps et depuis début 2025,
03:02on a une réglementation qui s'appelle DORA,
03:05et qui enjoint les autorités, bien entendu d'une part qui est chargée
03:10de le faire respecter, mais aussi les institutions financières,
03:14d'avoir la bonne gouvernance, d'avoir la bonne gestion du risque cyber,
03:18de faire des tests d'intrusion pour vérifier qu'elles sont peu attaquables,
03:25et puis de faire le recensement des incidents
03:29et de tous leurs services qui sont fournis par des prestataires tiers,
03:35qui pourraient être des vecteurs plus importants de risque cyber.
03:38Donc vous dites que c'est gérable ?
03:39Donc c'est gérable.
03:40On a déjà un cadre,
03:42on a déjà toute une gouvernance associée au risque cyber,
03:46et on est organisé.
03:47Donc là, on a un défi d'accélération,
03:51d'augmentation de l'identification des vulnérabilités,
03:55de l'accélération des patchings,
03:57donc de tout ce qui est réparation de façon de plus en plus importante,
04:03de façon plus volumineuse et plus rapide,
04:05mais on est en mesure de le faire.
04:07La Banque Centrale Européenne qui supervise avec nous
04:12les banques les plus importantes de la zone euro agit.
04:15Nous agissons aussi pour alerter,
04:18nous assurer que les banques et les assurances...
04:21Il faut aller plus vite que les hackers, en fait.
04:22Exactement.
04:23C'est un trait de vitesse.
04:24On a la bonne gouvernance,
04:26on répare et on sera en mesure de se protéger.
04:30Et les banques et les assurances sont bien protégées.
04:32Il y a la question du crédit privé.
04:34Là, on a peut-être plus de crainte du côté des assureurs
04:37que du côté des banques.
04:38Est-ce que pour vous, c'est circonscrit aux États-Unis ?
04:41Est-ce que ça peut arriver du côté européen
04:44d'avoir des fonds qui ne peuvent pas sortir d'argent,
04:48des problèmes de liquidité ?
04:49Alors, le crédit privé, c'est très peu d'expositions au bilan des banques.
04:53Donc, 0,4 % de leur exposition.
04:55Il y a un point qui est important,
04:57c'est que ça augmente de façon assez exponentielle,
05:00puisqu'on a fait à peu près plus de 25 %,
05:01ne serait-ce que sur l'année 2025.
05:03Du côté des assurances à leurs actifs,
05:06c'est à peu près 1 % de leurs encours,
05:09de leurs expositions, de leurs actifs.
05:11Donc, ça reste très limité.
05:13Mais on a une problématique de bonne compréhension des enjeux
05:17parce qu'il nous manque des données.
05:19Ça fait partie des éléments qu'on ne collecte pas en termes de données.
05:22Et puis, c'est très protéiforme, le crédit privé.
05:24On peut avoir des expositions sur les entreprises
05:27qui sont financées par les crédits privés
05:29et par ailleurs par les banques.
05:30Il y a du crédit bancaire habituel.
05:32On peut avoir des financements des fonds eux-mêmes
05:34et puis on peut avoir du financement sur les investisseurs
05:36qui détiennent les fonds.
05:38Et pouvoir agréger tout ça,
05:40c'est avoir une bonne vision du risque crédit privé.
05:44On n'est pas sûr que cette vision consolidée
05:47soit encore la bonne.
05:49Néanmoins, le point principal pour nous d'attention,
05:52compte tenu des chiffres que je vous ai donnés,
05:541,2 % et 0,4, c'est minime.
05:57Le point d'attention, c'est que c'est plus important
05:59du côté des États-Unis.
06:00Et on sait que quand il y a des problèmes
06:02du côté des États-Unis,
06:04on en a fait les frais au moment de la grande crise financière,
06:07il y a des effets de bord et de la contagion
06:11qui peuvent impacter nos bilans.
06:13Mais est-ce qu'il faut ralentir ?
06:14Vous dites qu'on a fait plus de 25 %
06:15sur le crédit privé l'année dernière.
06:16Est-ce que c'est un secteur qui manque de régulation
06:19et que les gens comprennent mal,
06:21donc il faut arrêter ?
06:22Ou c'est un financement de l'économie parmi d'autres ?
06:24Il y a un financement de l'économie parmi d'autres
06:26qui permet de prendre de l'épargne
06:29et de financer notamment des secteurs technologiques.
06:34Ensuite, il faut pouvoir encadrer les risques,
06:37bien les gérer, bien les identifier
06:39et c'est ça qui est essentiel.
06:41En tant que superviseur, on ne dit pas
06:42qu'il ne faut pas prendre de risques.
06:44Il faut prendre des risques, c'est important
06:46en tant que banque et assurance,
06:47ça sert à ça, ces institutions financières,
06:50mais il faut pouvoir les gérer
06:51en toute connaissance de cause
06:53et mettre les bons fonds propres en face.
06:54Alors justement, gérer les risques
06:55en toute connaissance de cause
06:56sur le risque climatique, c'est complexe.
06:58Comment là, on travaille à l'ACPR ?
07:01Vous faites des modèles
07:02où vous regardez potentiellement
07:03à plus 4 des communes entières
07:05qui pourraient ne plus être assurées.
07:07Vous acceptez qu'on puisse
07:09ne plus complètement assurer
07:11des gens qui seraient trop en risque ?
07:13Comment vous regardez ça ?
07:14Alors, du côté de l'ACPR
07:15et de la Banque de France,
07:16on a été toujours très pionnés
07:18sur le risque climatique.
07:20En 2021, on a été les premiers
07:22à l'ACPR à faire un stress test climatique
07:25pour les banques et les assurances
07:27pour savoir comment les bilans
07:28allaient réagir sur du risque
07:31qui s'accumule sur 50 ans, par exemple.
07:34On a été les premiers à le faire.
07:36C'est une vision prospective
07:37parce qu'on n'a pas de statistiques
07:40qui nous permettent de faire
07:42des modèles habituels
07:43sur des comportements passés.
07:46Ce que ça donne,
07:47c'est que le risque climatique,
07:49que ce soit un risque physique,
07:51donc la survenance
07:53d'événements climatiques extrêmes
07:55ou des risques de transition
07:57liés à des politiques
07:59pour décarboner l'économie,
08:04c'est très significatif
08:06en termes d'impact macroéconomique
08:09à un horizon court,
08:11à un horizon de moyen terme.
08:13Pour vous donner une idée,
08:14on a fait des scénarios
08:15dans le cadre d'un réseau
08:16Banque Centrale.
08:18L'impact à court terme
08:19sur du 2-3 ans,
08:21c'est le même impact
08:21qu'un choc Covid
08:22quand on a un scénario de sécheresse
08:25puis un scénario d'inondation
08:27sur deux années successives.
08:29Et on ne peut pas écarter du tout...
08:30Et une fois qu'on sait ça,
08:30qu'est-ce qu'on fait ?
08:31Alors, ce qu'on fait,
08:32notre point,
08:33c'est d'avoir le bon diagnostic,
08:35la bonne exposition au risque
08:38pour chacun des établissements
08:39de crédit
08:40et des organismes d'insurance,
08:41une bonne identification,
08:43des plans de transition prudentiels,
08:46une bonne gestion,
08:47une bonne gouvernance de ces risques
08:49et la nécessité de développer
08:53tout ce qui est transition,
08:55financement de transition,
08:56mais aussi une attention forte
08:59à l'adaptation.
09:00Et peut-être un message
09:00plus particulier pour les assurances,
09:02vous mentionnez l'assurabilité,
09:05les primes augmentent,
09:06c'est aussi symptomatique
09:08de l'augmentation des sinistres.
09:09Il faut qu'on fasse davantage
09:11d'adaptation,
09:12davantage de prévention
09:13pour limiter cette pression
09:15à la hausse
09:15qui pourrait poser
09:16un problème d'assurabilité
09:17in fine.
09:18Merci beaucoup,
09:19Emmanuelle Achop,
09:19on est venu ce matin
09:20dans la matinale de l'économie.
09:21Merci.
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