- il y a 2 heures
Louis Aliot, vice-président du RN, était l'invité de BFMTV ce dimanche 7 juin
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00:00On va en parler dans un instant avec l'homme qui nous rejoint à présent, c'est le maire de
00:03Perpignan, vice-président du Rassemblement National, c'est Louis Alliot qui va nous rejoindre pour voir les réponses politiques à
00:09ce qui s'est passé à la mort de Liana.
00:11Je vous propose d'abord d'entendre ou de réentendre, si vous n'étiez pas avec nous tout à l
00:15'heure, les mots de la tante de Liana.
00:16C'était cet après-midi à Florence, la tante qui a pris la parole au nom des parents de la
00:21fillette. Voici ce qu'elle a dit tout à l'heure.
00:25Nous tenions tout d'abord à vous adresser ces quelques mots pour vous remercier d'être là à nos côtés
00:30aujourd'hui.
00:31Il n'y a pas de mots pour décrire le soutien que vous nous apportez depuis ce vendredi 29 mai,
00:37au jour où on nous a enlevé la petite Liana.
00:41Mille merci pour tout. Je tiens personnellement à remercier monsieur le maire, son adjoint et ses collaborateurs pour tout ce
00:49qui a été mis en place ainsi que pour leur soutien.
00:55Aujourd'hui, ma fille Liana doit être tellement émue de voir tout là-haut, tout ce monde rassemblé spécialement pour
01:03elle.
01:05Les mots me manquent. Personne, je pense, n'est prêt à vivre une disparition aussi brutale que celle que nous
01:10vivons depuis vendredi.
01:12Notre petit monde tout entier s'est écroulé. Une fois de plus, je nourris les mots pour décrire ce drame
01:18abominable qui touche notre famille.
01:20Nous tenir devant vous tous et vous tous aujourd'hui et parler de Liana est surréaliste.
01:27Une dernière fois, mille merci du fond du cœur.
01:31Et au nom de toute notre famille, merci infiniment pour elle.
01:35Liana, pardon, pardon pour ce que tu as vécu. Nous t'aimons tellement.
01:40Merci.
01:45– Pour l'émotion de cette famille qui s'est embrassée, enlacée après ce discours, bonsoir Louis Alliot.
01:51– Bonsoir.
01:51– Notre monde s'est écroulé, notre petit monde s'est écroulé, pardon pour ce que tu as vécu, sur
01:56les mots de la tante, donc de Liana.
01:59Qu'est-ce que vous dites ce soir à cette famille ?
02:03– Je lui dis que malheureusement, c'est un drame supplémentaire qui fait suite à d'autres drames
02:09et qu'on n'a pas pris la mesure de la gravité de la situation.
02:14Quand M. Darmanin dit qu'il y a 70 000 dossiers en souffrance dont ils vont maintenant contrôler la réalité,
02:21rien que de dire ça en fait, vous avez déjà le problème qui est posé.
02:24C'est-à-dire que la justice aujourd'hui et les forces de police ou de gendarmerie
02:29n'ont pas les moyens de juguler le flux de procédure qui est en stock.
02:34Et dans ce stock-là, il y a des affaires, il y en a malheureusement.
02:38– Question de moyens pour vous. – Et peut-être il y en a d'autres.
02:40– Question de moyens, et uniquement de moyens.
02:43– Écoutez, pas seulement, il y a des fautes professionnelles sûrement,
02:47mais au départ, je pense qu'il y a des procédures à revoir
02:51et je pense qu'au niveau aussi des orientations que donne le ministre de la Justice à ses parquets,
02:57vous le disiez tout à l'heure, il y a tellement de priorités qui sont données
03:01que quand il y a trop de priorités, il n'y a pas de priorité.
03:04Et donc c'est au gré de l'information et c'est au gré de l'actualité.
03:08Alors là, on va aller faire des enquêtes, on va prioriser les enquêtes sur les agriculteurs
03:14au moment des manifestations, sur les gilets jaunes, là ça va vite et il y a du monde.
03:19Et puis dans les tiroirs d'un certain nombre d'institutions judiciaires,
03:24il y a des dossiers qui attendent encore, qui attendent, qui attendent
03:26et avec des prédateurs très certainement qui eux bénéficient de ce vide,
03:30on va dire, administratif français.
03:32On va poursuivre ensemble dans un instant, Louis Allieu, on retourne d'abord à Florence,
03:35dans le Gers, au soir de cette marche blanche, c'est Adélaïde Malaveau qui est avec nous.
03:40La marche blanche s'est terminée il y a une heure, une heure et demie maintenant.
03:44Il y a eu énormément d'émotions, on a vu des scènes absolument bouleversantes.
03:48On voit là par exemple la famille de Liana qui enlève, qui vient déposer des fleurs,
03:55des roses blanches devant l'établissement où était scolarisée la fillette.
04:00L'émotion elle est encore là ce soir.
04:04Évidemment une marche blanche extrêmement solennelle avec une image qui a beaucoup marqué,
04:08c'est celle du couple, les parents de Liana, extrêmement dignes, extrêmement unis aussi,
04:12enlacés pendant de longues minutes en silence et face à eux,
04:16une foule de plusieurs milliers de personnes venues se rassembler simplement par solidarité.
04:21La plupart ne connaissaient pas la famille ni Liana et pourtant ils avaient envie de venir ici.
04:25Et puis aussi un mot, celui du maire qui a parlé d'une responsabilité collective
04:29et d'un échec de protéger nos enfants.
04:32Louane, vous étiez sur place cet après-midi, j'imagine qu'après on n'a plus les mots.
04:36Qu'est-ce qu'on ressent ?
04:37Le cœur serré, le cœur serré, incroyablement serré.
04:41Après les chansons pour Liana, ça nous prend, ça nous prend.
04:46On s'imagine la tristesse des parents et c'est affreux.
04:48On ne peut que ressentir et être là pour les soutenir.
04:52Maintenant, après le recueillement, il y a évidemment le temps des attentes.
04:55Qu'est-ce que vous demandez, qu'est-ce que vous attendez concrètement aujourd'hui après ce nouveau drame ?
05:01Qu'on nous prenne au sérieux, qu'on prenne nos enfants au sérieux.
05:03Nos paroles et c'est leur responsabilité de faire quelque chose et de nous écouter,
05:08de nous écouter, de nous prendre au sérieux, de faire des actions.
05:12On veut des actions tout simplement.
05:14Est-ce que d'une manière, le fait qu'il y ait plusieurs milliers de personnes qui se soient rassemblées
05:17cet après-midi,
05:19d'une certaine manière, ça réchauffe le cœur de voir qu'il y a un collectif aussi derrière tout ça
05:22?
05:22Oui, complètement.
05:23C'est vrai que dans le Gertz, on n'a pas l'habitude de voir ça et fort heureusement.
05:27Mais on se dit, on est entouré, toutes ces personnes, dans la marche.
05:31On se parlait, on se regardait, on s'entraidait.
05:34Il y a eu une dame à côté de moi qui a fait un malaise.
05:36On lui a donné de l'eau, ça a été l'éventail.
05:40Tout le monde est là, tout le monde se recueille pour Liana.
05:43Et c'est beau de voir ça.
05:45Merci beaucoup.
05:46Vous sentez évidemment l'émotion qui est encore intacte à une heure après cette marche blanche.
05:51Je vous le disais, plusieurs milliers de personnes, 5000 personnes qui étaient attendues.
05:54Il y a probablement eu plus que 5000 personnes présentes sur place.
05:57Et maintenant évidemment, des habitants, des inconnus qui attendent des réponses et des solutions.
06:01Merci beaucoup Adélie.
06:038000 personnes présentes, c'est ce que disait il y a quelques instants, vous ne l'avez sans doute pas
06:06entendu,
06:07le maire de Florence qui était avec nous en duplex grâce à Jean-Wilfrid Forques.
06:12On parlait de Gérald Darmanin il y a un instant, Louis Alliot.
06:14Est-ce que vous allez, comme certains, jusqu'à réclamer sa démission ?
06:17C'est ce que demande Mathilde Panot pour les Insoumis.
06:20Très mointement non, parce que je pense qu'il faudrait regarder ce qu'on demandait comme priorité.
06:24Par exemple, les autres gardes des Sceaux.
06:26On pense à M. Dupond-Moretti et à quelques autres.
06:29Je crois qu'il a mis le doigt, M. Darmanin, sur le problème, un problème administratif, judiciaire bien précis.
06:35Il faut qu'il aille au bout de cette logique-là.
06:37Et peut-être qu'on s'apercevra à ce moment-là d'un certain nombre d'autres carences dans l
06:41'institution judiciaire.
06:42Est-ce que vous faites le procès des magistrats ?
06:45Est-ce que vous considérez qu'il y a une forme de laxisme ?
06:48Bruno Retailleau, le patron des Républicains, dit aujourd'hui dans les colonnes du Parisien
06:51qu'il faut créer une cour disciplinaire de la magistrature composée en partie de citoyens tirés au sort.
06:59Ce sont ces citoyens qui sanctionneraient les magistrats en cas de faute.
07:02C'est une bonne idée ou pas ?
07:04Non, mais je crois qu'on est malheureusement dans une course à l'échalote de celui qui trouvera la mesure
07:08aujourd'hui,
07:10qui fait l'actualité, M. Villepin.
07:11Lui, c'est le parquet...
07:12Un parquet spécialisé pour les familles et les enfants.
07:14Écoutez, il y a des lois, il y a une administration, il y a des contrôles qui sont prévus.
07:19S'il y a une faute professionnelle, les magistrats seront sanctionnés, comme tous les autres par ailleurs.
07:24Mais la magistrature, vous savez, est une institution humaine.
07:27Elle n'échappe pas aux erreurs, elle n'échappe pas, quelquefois, il faut le dire, pour certains d'entre eux,
07:34à un prisme idéologique.
07:35C'est-à-dire ?
07:37C'est bien que le syndicat de la magistrature, sur certaines affaires, a des considérations idéologiques qui dominent dans ses
07:44décisions.
07:44C'est comme ça, il faut en tenir compte.
07:46Dans ses décisions de justice ?
07:47Oui, ça peut y arriver, oui, bien sûr.
07:49Mais le mur des cons, par exemple, tout simplement.
07:51Oui, à l'occasion duquel vous avez réclamé, si je ne m'abuse, vous, Louis Alliot, l'interdiction du syndicat
07:58de la magistrature.
07:59Ce que demande aujourd'hui David Lissnard, maire de Cannes, candidat à l'élection présidentielle, est-ce qu'on est
08:05encore dans l'affaire Lyanna, là ?
08:07Non, pas du tout, mais vous me posez une question sur l'ensemble des magistrats.
08:11Je vous réponds sur l'ensemble des magistrats.
08:13On n'est pas dans l'affaire Lyanna, mais l'affaire Lyanna, tout le monde sait très bien que, étant
08:17tous les départements de France,
08:19je peux vous dire que les parquets et les forces de police doivent s'interroger sur savoir de ce qu
08:24'ils ont dans les tiroirs.
08:25Et là, pour le coup, M. Darmanin dit, on va étudier ses 70 000 dossiers, j'espère qu'il y
08:29aura une transparence totale
08:31et qu'il dira combien de dossiers dangereux sont encore dans les tiroirs et qui n'ont pas été traités,
08:37ou traités, on va dire, superficiellement.
08:39Donc, pour être très précis, Louis Alliot, si aujourd'hui le Rassemblement national était au pouvoir, il n'y aurait
08:44pas de nouvelle loi ?
08:47Il n'y aurait pas de nouvelle loi ?
08:48Écoutez, il n'y aurait pas de nouvelle loi. On ne va pas attendre une actualité dramatique pour refaire la
08:52loi. Il y a des lois. Appliquons-les.
08:54Il y aurait quoi ? Qu'est-ce que vous feriez pour tirer les leçons de ce qui s'est
08:57passé ?
08:57Mais peut-être qu'il y a des orientations de procédures qu'on n'est pas obligés systématiquement...
09:01Écoutez, le fait de poursuivre d'une manière draconienne, dans ce département-là, les syndicalistes agricoles, par exemple.
09:09Est-ce qu'on avait besoin de mobiliser l'appareil gendarme judiciaire contre les agriculteurs ?
09:15Et pendant ce temps-là, il y avait ce genre de dossier qui dormait dans un tiroir ?
09:19Voilà. Là, il y a des priorités, il y a des responsables. Il faut déterminer quelles sont ces responsabilités.
09:23Et je pense que c'est l'organisation générale qu'il faut mieux structurer.
09:28Mais pour le reste, je pense que la France est déjà avec beaucoup de lois
09:31et qu'il ne faut pas systématiquement, au gré des drames que nous vivons, refaire des lois spécifiques.
09:38Donc des priorités, pas de loi en plus et des moyens en plus pour la justice ou pas ?
09:43Des moyens en plus pour la justice et des moyens en plus pour la protection de l'enfance.
09:46Parce qu'on voit bien aujourd'hui qu'il y a beaucoup de scandales liés à l'enfance
09:51et aux abus, notamment dans le périscolaire ou dans d'autres situations.
09:59Et de ce point de vue-là, un encadrement plus rigoureux.
10:01Et notamment des gens qui encadrent ces jeunes-là.
10:04Parce que ce monsieur, apparemment, s'apprêtait à passer son BAFA ou je ne sais quoi.
10:09Donc là, je dois dire que peut-être il faudra améliorer la sélection des gens
10:15qui ont un contact avec les jeunes.
10:17Et notamment dans ce périscolaire, dans le sport ou dans l'associatif.
10:21On va parler d'un homme à présent qui est persuadé de pouvoir vous battre
10:25au second tour de l'élection présidentielle.
10:27C'est Jean-Luc Mélenchon.
10:28Il l'a dit ces dernières semaines.
10:30Il tenait aujourd'hui son premier grand meeting depuis qu'il a déclaré sa candidature il y a un mois.
10:34Dans son nouveau fief, la ville de Saint-Denis.
10:37Que les Insoumis ont gagné leur dé municipale.
10:39Et il s'en est pris notamment au Rassemblement national.
10:42Dans ce chaos naissant, un nouveau projet politique germe.
10:48Dans les guerres du Moyen-Orient et du trumpisme.
10:52Voici ce qu'il faut appeler le suprémacisme.
10:57C'est-à-dire une volonté de hiérarchisation humaine
11:01pour dominer les peuples en les divisant en ethnie et en religion.
11:06En France, le suprémacisme est porté par le RN.
11:14Le suprémacisme est porté par le RN, Louis Alliou.
11:16Vous êtes suprémaciste ?
11:17Non, pas du tout.
11:19Pourquoi il dit ça ?
11:20Parce que voilà, il a pointé, j'allais dire, son adversaire pour les élections qui arrivent.
11:27Mais tout le monde aujourd'hui considère que le parti de M. Mélenchon, c'est pratiquement une secte,
11:32qu'il en est le grand gourou et que le danger pour la République, c'est bien lui et le
11:37projet qu'il porte.
11:38Et ça, c'est unanime.
11:39Regardez les enquêtes d'opinion.
11:41La formation politique qui fait le plus peur aujourd'hui, la personnalité, c'est lui.
11:44Donc il essaye peut-être d'inverser, j'allais dire, l'échelle des perceptions.
11:50Mais plus personne aujourd'hui ne doute de la capacité de M. Mélenchon à être un danger pour la République.
11:56Ce serait l'adversaire le plus facile à battre pour Marine Le Pen ou Jordan Bardella ? C'est ce
12:00que vous dites ?
12:01Moi, je ne dis pas ça. On verra.
12:04Moi, je souhaite que la compétition se passe, d'ailleurs, dans les meilleures conditions.
12:07Mais ce que je remarque, c'est qu'avec un tel adversaire, c'est quelqu'un qui remet en cause
12:11le résultat des urnes.
12:13C'est-à-dire ?
12:13Écoutez, on a vu un certain nombre de ces cadres dire,
12:17oui, mais d'accord, en quelque sorte, il y a la légitimité des urnes et la légitimité populaire.
12:23Sous-entendu, moi, j'ai la légitimité populaire et je peux m'opposer à la légitimité des urnes,
12:27ce que je trouve, évidemment, excessivement dangereux,
12:30parce que demain, quand nous gagnerons cette élection présidentielle
12:34et les élections législatives qui vont suivre,
12:36quelle sera l'attitude de M. Mélenchon et de ses amis ?
12:40C'est une question qu'il serait bon de poser à tous les cadres.
12:42Vous pensez qu'ils appelleront les Français ou les électeurs à prendre les armes ?
12:47J'espère qu'ils ne prendront pas les armes, parce que ça, c'est évidemment très grave.
12:51Mais je pense qu'ils sont dans une forme de contestation de la légitimité élective,
12:56c'est-à-dire la contestation de la démocratie, du suffrage universel,
12:59et qu'ils ne tolèrent pas qu'on ne pense pas comme eux.
13:02Et c'est bien, malheureusement, la marque de fabrique de M. Mélenchon et ses amis.
13:05Dans un mois exactement, Louis Alliot, je suis sûr que vous avez un calendrier
13:09et que vous comptez les jours.
13:11Vous connaîtrez, vous, Louis Alliot, votre avenir judiciaire,
13:13et Marine Le Pen connaîtra le sien.
13:15Votre sort est lié dans ce procès.
13:17Mais d'abord, elle, si vous voulez bien, est-ce que vous croyez encore à une candidature possible ?
13:21Oui, bien sûr.
13:22Oui ?
13:22Moi, je crois, oui.
13:23Au regard de ce qu'on a apporté devant la Cour d'appel comme élite...
13:26Passer de cinq ans à deux ans, ce qui serait quand même un sacré écart entre les deux jugements,
13:30vous pensez que c'est possible ?
13:31Vous savez, il y a d'autres jugements dans des affaires récentes
13:34où les gens ont été blanchis en appel alors qu'ils avaient été lourdement condamnés en première instance.
13:38Ça arrive, il ne faut pas se faire d'illusions.
13:40Et je pense qu'effectivement, au regard de l'affaire des assistants parlementaires européens,
13:46et en tout cas, je pense qu'elle pourra se présenter à l'élection présidentielle.
13:50C'est ma conviction, je peux me tromper, mais je le pense.
13:52Il y a un cas de figure qui pourrait se produire,
13:54c'est qu'elle puisse se présenter en portant un bracelet électronique.
13:58Je ne rentre pas dans ces considérations.
14:00Pourquoi ? Elle a dit non, Marine Le Pen, elle a dit je ne le ferai pas avec un bracelet.
14:03C'est de la science-fiction.
14:04C'est un cas tout à fait possible.
14:06Oui, mais c'est de la science-fiction, donc je ne l'évoque pas.
14:08Mais ça vous choquerait qu'elle fasse campagne avec un bracelet électronique ?
14:10Je ne vous répondrai même pas à cette question.
14:12Je ne vous répondrai pas.
14:13Non.
14:13Parce que ce ne serait pas une bonne idée ?
14:15Parce que ça offrirait des angles d'attaque à ses adversaires ?
14:17Non, parce que la question ne se posera pas.
14:19Je ne veux pas discuter sur quelque chose qui ne se posera pas.
14:22Et pour vous ?
14:23Moi, je ferai un pouvoir en cassation.
14:25Ah, si vous êtes condamné, vous ne quitterez pas la mairie de Perpignan ?
14:28Je ferai mon pouvoir en cassation.
14:30Et à l'issue, on verra bien ce qui se passe.
14:32Dans tous les cas de figure.
14:33Vous savez, la démocratie, il y a la continuité du service et du pouvoir municipal.
14:39Donc si je ne suis plus là, une autre ou un autre prendra ma place et les choses continueront.
14:44Il ne faut pas non plus croire que quelqu'un s'en va et ça y est, c'est la
14:48fin du monde.
14:50Ça fait partie de la vie politique.
14:52Mais j'espère et en tout cas, je pense qu'en ce qui me concerne, je continuerai ma mission,
14:58non seulement à la mairie de Perpignan, mais à la communauté urbaine de Perpignan-Méditerranée-Métropole.
15:02Que vous présidez désormais.
15:03Je voudrais qu'on prenne quelques minutes, Louis Alliot, pour expliquer la position du Rassemblement national sur les retraites.
15:08Je vois que ça vous fait sourire, mais c'est vrai qu'il y a un peu de quoi ces
15:10derniers temps.
15:12Marine Le Pen dit, et c'est d'ailleurs dans le programme du RN, âge légal de départ à 62
15:17ans,
15:18et même 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes.
15:21Et Jordan Bardella dit désormais, moi l'âge légal, je n'en veux plus.
15:26Il ne dit pas tout à fait ça.
15:28L'âge légal ne veut rien dire.
15:30Il faut regarder seulement le nombre d'années de cotisation, je le cite.
15:33L'âge légal ne veut rien dire.
15:34Je regarderai uniquement le nombre de trimestres cotisés.
15:37Le standard, annuité et cotisation, si vous commencez…
15:44Ce n'est pas ce que dit Jordan Bardella.
15:45Écoutez, si vous commencez…
15:46C'est une troisième voie, Louis Alliot, vous allez nous expliquer.
15:48Si vous commencez avant 20 ans et que vous cotisez pour des métiers pénibles,
15:53vous cotisez 40 ans, vous partez à 60 ans.
15:55Après 20 ans, vous cotisez 42 ans et vous partez à 62 ans.
16:00Sauf que plus vous commencez tard dans la vie professionnelle
16:05et plus vous partez tard à la retraite.
16:08C'est-à-dire que vous partez à 62 ans, ça c'est le principe.
16:11Mais si vous avez commencé à 25 ans, vous partirez à 67 ans.
16:15Voilà ce que ça veut dire.
16:16Et à ce moment-là, ce qu'a dit Jordan Bardella n'est pas du tout quelque chose d'extraordinaire.
16:20Est-ce que le Rassemblement national est en train de travailler
16:23pour changer son projet sur les retraites, ce que dit Jordan Bardella ?
16:26Très honnêtement, on travaille les chiffres, on travaille le contexte.
16:30Mais le projet de loi qui a été défendu par notre groupe parlementaire à l'Assemblée nationale
16:35sera à quelque chose de près celui que nous défendrons à l'élection présidentielle.
16:39À quelque chose de près ? Ça peut changer ?
16:42Mais ce ne sont pas les mêmes chiffres.
16:44Dans notre projet, ça a coûté 10 milliards d'euros.
16:47Je suis persuadé qu'aujourd'hui, au regard de la situation,
16:50ça coûtera peut-être un peu plus et il faudra regarder la manière de le financer.
16:55Mais tout ça, c'est le débat présidentiel.
16:56Si Jordan Bardella porte les couleurs de votre parti,
16:58est-ce qu'il devra, du coup, défendre un projet avec lequel il n'est pas d'accord ?
17:02C'est-à-dire les 62 ans, ou est-ce qu'il aura le droit d'amender, de retoucher, de
17:07réécrire un peu le projet ?
17:07D'abord, un, on n'est pas un parti stalinien.
17:09Ah, ça, ça veut dire oui.
17:10Deux, quand vous êtes candidat à l'élection présidentielle,
17:14vous êtes, si je puis dire, sous une forme de contrat avec le peuple.
17:17Et donc, vous défendez votre projet et le candidat à la présidentielle a évidemment une latitude
17:25pour défendre des idées qui, quelquefois, ne sont pas tout à fait celles du parti.
17:29Mais c'est assez courant.
17:31Ah, c'est intéressant ce que vous dites.
17:31Mais c'est pas intéressant.
17:32Il pourra réécrire un peu le projet.
17:32Mais c'est la réalité des choses.
17:34Donc, Jordan Bardella et Marine Le Pen, c'est pas exactement la même chose.
17:37C'est pas la même personnalité.
17:38Sur des sujets importants, les retraites.
17:39C'est pas la même personnalité, mais c'est le même programme.
17:43Je regrette.
17:43Et dans ce que vous avez dit de Jordan Bardella tout à l'heure,
17:46vous voyez bien que c'est pas antinomique à ce que je vous ai dit.
17:48L'âge légal ne veut rien dire.
17:49Mais l'âge légal, si vous fixez, vous dites à 62, mais que vous commencez à 25,
17:53vous finirez à 67.
17:55Voilà.
17:55Vous finirez pas à 62.
17:56Est-ce qu'il faut aussi une part par capitalisation ?
17:59Qui existe déjà.
18:00Qui existe déjà pour certains Français, pour les fonctionnaires.
18:02Notamment, et qui existe dans le privé.
18:04Est-ce que ce sera dans le projet ?
18:06Je ne pense pas qu'aujourd'hui,
18:08avec les salaires que nous avons en France,
18:11il puisse y avoir un système totalement de capitalisation.
18:14Totalement, non, mais une partie.
18:16Mais que certains puissent se constituer des retraites dans le privé,
18:19c'est déjà le cas.
18:21Donc arrêtons de discuter de choses qui finalement,
18:24aujourd'hui, sont dans le débat national et qui sont une réalité.
18:29Maintenant, le système de répartition est un système juste.
18:33Pour sauver ce système, il faut juste qu'il y ait plus de gens qui travaillent,
18:38qu'il y ait plus de croissance.
18:39Et à ce moment-là, le système redeviendra vertueux.
18:42C'est ce que nous cherchons à faire.
18:44Mais pas systématiquement gérer la pénurie,
18:47qui fait que, évidemment, s'il y a de moins en moins de cotisants,
18:50de moins en moins d'argent,
18:51à ce moment-là, effectivement, se posera la question
18:53de l'échelonnement de l'âge de la retraite.
18:56Et là, vous entendrez, j'allais dire,
18:57toute la panoplie et la démagogie de nos adversaires.
18:59Louis Allieu, on a appris ce week-end la mort de Bernadette Chirac.
19:0293 ans, 12 ans, aux côtés de son mari Jacques Chirac à l'Élysée.
19:06Femme politique redoutable.
19:09Parfois, on connaît ses sorties qui ont fait trembler,
19:11même parfois, son propre mari.
19:13Quel souvenir vous gardez d'elle ?
19:15Alors, 2002, où elle avait pratiquement prédit
19:18l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour.
19:19Elle avait prévenu Jacques Chirac.
19:21Elle lui avait dit qu'il ne le voit pas.
19:22Mais chez moi, en Corrèze,
19:24les électeurs du FN sont de plus en plus nombreux.
19:27Parce que ça, c'est la deuxième chose.
19:28C'était une élue locale.
19:30Et elle entendait les choses sur les marchés,
19:33dans les rues, dans les fermes, etc.
19:34Et donc, elle avait un peu la température du peuple.
19:37Et puis, elle a été, je crois, elle aussi très,
19:40très, comment on pourrait dire, en colère
19:42contre la fameuse dissolution de M. Villepin,
19:46qui, manifestement, n'a rien compris depuis déjà
19:49et continue dans l'erreur même aujourd'hui.
19:51Donc, elle avait surnommé Néron.
19:53C'est le surnom qu'elle lui avait donné à l'époque.
19:55C'est un secret pour personne, Louis Allieu,
19:56que vous avez été pendant longtemps le compagnon de Marine Le Pen.
19:59Vous auriez pu être le premier, premier homme à l'Élysée ?
20:05Vous y aviez pensé à ça ou pas ?
20:07Vous étiez préparé à ça ou pas ?
20:09Quand on est le mari d'une candidate favorite à l'élection,
20:12ce qui a souvent été le statut de Marine Le Pen,
20:14vous étiez préparé à ça ou pas ?
20:16Non, mais je veux dire, encore une fois,
20:17vous élisez un candidat ou une candidate.
20:20Mais il se trouve que ce candidat ou cette candidate
20:21a aussi un compagnon ou un mari ou une compagne.
20:24Oui, mais le compagnon, il n'est pas là pour décider
20:26à la place de celui qui a été élu par le peuple.
20:28Donc, la question ne devrait même pas se poser.
20:30C'est-à-dire que première dame, premier homme,
20:32ça ne veut rien dire ?
20:33Ça existe, c'est important, mais dans la réalité politique,
20:38ça n'a aucune, je pourrais dire, aucune légitimité populaire.
20:42Donc, si, parce que vous me voyez venir avec mes gros sabots
20:45depuis tout à l'heure aussi, Louis Alliot,
20:46si Maria Carolina de Bourbon des Deux Siciles arrive,
20:49eh oui, vous m'avez vu venir, à l'Élysée,
20:51aux côtés de Jordan Bardella,
20:53ça ne sera pas un handicap quand on est le candidat du peuple,
20:56d'avoir une princesse influenceuse à ses côtés au palais de l'Élysée ?
21:00– Écoutez, laissez-les vivre leur amour tranquillement.
21:02– Ah, je les laisse vivre tout l'amour qui va.
21:03– Et puis, dans tous les cas de figure,
21:05si l'occasion se présentait,
21:07eh bien, elle remplira son rôle aux côtés de Jordan.
21:13Et puis, c'est tout.
21:13Je veux dire, on se pose des questions
21:15qui n'intéressent pas les gens.
21:16Moi, je n'ai pas été interrogé depuis quelques temps
21:19sur la vie sentimentale de Jordan Bardella par mes concitoyens.
21:23Alors, on sait que ça fait un peu parler sur les plateaux télé,
21:25mais très honnêtement, ça ne remplit pas le frigo à la fin du mois
21:28et ça ne défend pas les salaires non plus.
21:30– Et vous n'aviez pas regardé les photos dans Paris Match ?
21:32– Oui, j'ai regardé les photos dans Paris Match,
21:34mais vous croyez que la France entière
21:36ait les yeux rivés sur Paris Match ?
21:38– Non, certainement pas,
21:39mais vous les avez regardés, vous aussi.
21:41– Oui, moi, je suis un commentateur
21:44et un observateur de la vie politique,
21:45donc je regarde les choses, oui.
21:46– Un tout dernier mot, le Rassemblement National,
21:48on l'a appris cette semaine,
21:49va vendre le siège historique de Montretout,
21:52situé près de Paris,
21:53qui était également le manoir
21:56dont avait hérité Jean-Marie Le Pen,
21:59qui a été l'endroit où il a fait de la politique
22:00pendant des...
22:01– Ce n'était pas le siège du...
22:03C'était le domicile.
22:05– C'était pour l'avoir...
22:05– C'était la propriété de Jean-Marie Le Pen.
22:08– Mais c'était aussi le siège informel du parti,
22:10c'est là que Jean-Marie Le Pen a fait de la politique.
22:12– Oui, mais c'était la propriété privée de Jean-Marie Le Pen,
22:14donc la succession se déroule
22:17et se sera vendue, oui.
22:19– C'est une façon de tourner encore un peu plus la page,
22:21Jean-Marie Le Pen.
22:22– Je ne veux pas rentrer...
22:22C'est des histoires...
22:24C'est la loi de la vie.
22:26Les gens disparaissent
22:27et derrière eux, vous allez dire,
22:29les successions s'organisent
22:31selon la volonté de ceux qui en héritent.
22:34Point.
22:34– Merci beaucoup, Louis-Alien.
22:35– Merci.
22:36– Merci beaucoup.
22:37On parlait de Bernadette Chirac,
22:38juste un tout dernier mot.
22:39Éric Ciotti, votre allié maire de Nice,
22:41dit qu'il va mettre les drapeaux en Berne à Nice.
22:43Vous allez le faire aussi à Perpignan ?
22:44– Écoutez, je ne me suis pas posé l'action,
22:46je ne crois pas.
22:46Il a peut-être une histoire avec Bernadette Chirac.
22:49– C'est-à-dire ?
22:50– Ils étaient du même parti politique,
22:52ils ont une histoire politique.
22:54Ensemble, je ne pense pas
22:55que je mettrais les drapeaux en Berne, non.
22:57– Sous-titrage Société Radio-Canada
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