00:00Oui, bonsoir. J'ai beaucoup d'émotions depuis quelques jours, à la fois beaucoup d'émotions et une certaine forme
00:08de colère.
00:10Il y a des messages un peu corporatifs qui ne peuvent plus passer. Ça suffit. J'ai l'impression que
00:16cette affaire, après beaucoup d'autres,
00:18c'est tout de même l'affaire qui fait déborder le vase, qui était déjà prête à déborder.
00:24Est-ce que la réunion, déjà le fait que le garde des Sceaux présente ses excuses, considère, prenne ses responsabilités
00:34?
00:35Ils sont rares les hommes politiques dans cette affaire qui ont pris leurs responsabilités.
00:39C'est à ma connaissance le seul. Ça c'est une excellente chose. C'est une forme de lucidité.
00:43Et puis ça n'enlèvera rien à la détresse terrible, définitive, perpétuelle des familles des victimes.
00:53Parce qu'elles, elles ont pris une vraie perpétuité, définitive. Mais ça peut réconforter.
00:57Et puis c'est une preuve aussi d'une certaine marque de courage.
01:01Maintenant, le fait qu'il convoque les procureurs généraux en urgence, qu'il ait une réunion en urgence avec son
01:08homologue ministre de l'Intérieur,
01:10je veux dire, c'est le moins qu'on puisse faire. Est-ce que ça va résoudre les problèmes ?
01:15Est-ce que véritablement, un jour, on va écouter un peu ceux qui mettent en avant le fait que depuis
01:222017,
01:23il n'y a plus aucune considération pour la sécurité de nos concitoyens, pour la justice, la police et la
01:29gendarmerie ?
01:30On a beau utiliser des phrases creuses, je serai intraitable, je ne lâcherai rien, plus personne n'y croit à
01:38ça.
01:38Parce que cette affaire-là, elle vient après l'affaire du petit Elias, qui est au moins aussi grave,
01:44avec une responsabilité individuelle de trois juges des enfants, qui ont véritablement fait n'importe quoi dans cette affaire,
01:50et qui refuse même encore aujourd'hui de retenoir la maman d'Elias, qui demande des explications,
01:58qu'on lui explique quand même pour quelles raisons c'est définitivement insensé,
02:03excusez-moi du terme, mais je suis un peu colère, imbécile, on peut être prise.
02:07Et puis ça vient après l'affaire de Thomas Crepol, ça vient après l'affaire de la petite Lola, ça
02:11suffit.
02:12Ce n'est pas par contre, on va prendre des mesures un peu ponctuelles, qu'on va régler le problème.
02:16– Monsieur Nagbar, on a entendu dire que la justice manque de moyens,
02:21mais certains disent aussi que la magistrature est intouchable,
02:24finalement qu'elle ne se remet pas en question, est-ce que c'est votre sentiment aussi ?
02:28– Que la justice manque de moyens, c'est tout à fait évident.
02:31Ce n'est pas parce que le président de la République nous interdit d'en parler qu'on n'en
02:34parlera pas.
02:35Il y a eu un rattrapage, c'est vrai, mais c'est un tout petit rattrapage.
02:38On est un quart, au niveau des parquiers, on est un quart des effectifs des parquiers allemands.
02:45C'est un peu comparable.
02:46– Donc, ce n'est pas un problème de moyens, cette affaire-là.
02:49Il y a un problème de dysfonctionnement et d'erreur d'appréciation gravissime, personnelle.
02:54Mais il y a aussi des erreurs collectives et des erreurs politiques,
02:58parce que depuis neuf ans, on néglige complètement le régalien,
03:02et ça c'est très grave, on n'écoute pas, on nous dit qu'on est populiste,
03:06on nous dit que c'est du bourral de crâne, on nous dit un simple sentiment d'insécurité.
03:10C'est inadmissible aujourd'hui d'entendre ça.
03:13Et il faut aussi que tous les responsables politiques prennent leurs responsabilités.
03:17Moi, je suis très en colère parce que cette affaire-là,
03:19elle risque d'être suivie dans six mois encore par une autre.
03:22Parce que tant qu'on ne renversera pas la table,
03:25tant qu'on n'aura pas une véritable vision de la justice,
03:28et considérer que le droit à la sécurité,
03:30c'est un des droits fondamentaux qui fondent notre pacte social,
03:34sans lequel nos sociétés vacillent, et on le voit,
03:37je ne vais pas reparler des éléments qui ont suivi la victoire du PSG,
03:41tout ceci par délication totale, complète,
03:44et excusez-moi des termes un peu durs que j'emploie,
03:47mais ça me met un peu en colère, très en colère.
03:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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