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00:04:14Vendredi 7 février
00:04:16Un hélicoptère de l'expédition
00:04:18emporte le caisson isotherme
00:04:20contenant l'inconnu
00:04:22dans son bloc de glace
00:04:57En direct, nous rejoignons maintenant l'hôpital Poliken, où nous allons assister à la conférence de presse du professeur Edouard
00:05:04Laurierba, spécialiste de l'hibernation artificielle.
00:05:09Le professeur Laurierba, suivi du professeur Barcov, qui dirige le service psychiatrique de l'hôpital, s'installe face aux journalistes
00:05:17venus du monde entier.
00:05:18Mesdames, Messieurs, je suis maintenant en mesure de vous confirmer certaines rumeurs que nous n'avons pas pu empêcher de
00:05:30circuler depuis cet après-midi.
00:05:32Après 36 heures de réchauffement progressif, le docteur Barcov et moi-même avons constaté une reprise des mouvements cardiaques.
00:05:50En quelques heures, le métabolisme a retrouvé son taux normal et au moment où je vous parle, le sujet peut
00:05:58être tenu comme physiologiquement déshiberné.
00:06:02Charmin, Charmin !
00:06:04C'est fou, c'est fou !
00:06:12En 1905, le cargo mixte, la galante, transportait des tonneaux de glycérine.
00:06:18Au moment du choc contre un iceberg, il est probable que le corps de l'hiberné a été submergé par
00:06:25ce produit et mis aussitôt en état de congélation rapide.
00:06:30La glycérine aurait aussitôt protégé les structures cellulaires en évitant leur éclatement.
00:06:36Oh là là là là là là ! Monsieur Thomas, monsieur Thomas, c'est formidable, vous ne trouvez pas ?
00:06:40Comment ? On retrouve dans la glace le corps intact d'un monsieur disparu depuis 65 ans.
00:06:45On fait fond de la glace, on s'aperçoit que le type est vivant.
00:06:48Enfin, ça vous épate pas, monsieur Thomas !
00:06:49... peut-on considérer dès maintenant l'hiberné comme étant hors de danger ?
00:06:54Oh, ça fait...
00:06:55Bon, mais je...
00:06:58Bon, mes chers amis, revenons à ce qui nous occupe ce soir.
00:07:03Directeur de la Société Française d'Emballage depuis bientôt 25 ans,
00:07:08je n'ai jamais poursuivi qu'un seul but.
00:07:11Respecter, servir et gâter mes bons et fidèles clients.
00:07:16Applaudissements
00:07:17Aussi, aussi, aussi, ai-je voulu que notre usine parisienne soit enfin...
00:07:23... soit enfin digne du marché européen.
00:07:26Applaudissements
00:07:26Il faut...
00:07:28Ah !
00:07:29Il faut que la Société Française...
00:07:32... a passé !
00:07:33Il faut que la Société Française d'Emballage devienne demain...
00:07:38Non !
00:07:40Non !
00:07:42Devienne demain l'entreprise d'après-demain.
00:07:44Applaudissements
00:07:46Je ne fais, je ne fais en cela que suivre l'exemple de notre excellent ami, M. Crépin-Jaugard.
00:07:54Dans les établissements sont l'honneur du conditionnement et de l'emballage français.
00:08:00Applaudissements
00:08:03Mes chers amis, c'est aussi non seulement un honneur, mais encore une très grande joie pour moi,
00:08:10de pouvoir annoncer, à l'occasion de cette modeste inauguration, les prochaines fiançailles d'Evelyne,
00:08:17qui est la fille de M. Crépin-Jaugard, et de mon petit Didier.
00:08:22Ha, ha, ha, ha !
00:08:23Mes chers petits Didier, qui est le fils de mes braves amis de Tartas,
00:08:30qui ont pu, qui ont su, qui ont compris, qui ont senti...
00:08:39Oui, comment dire ? Oui, comment vous dire ?
00:08:43C'est difficile à dire.
00:08:46Vous me le direz demain, hein ?
00:08:48Regardez, regardez, quel joli petit couple !
00:08:50À votre santé, mes enfants ! Et soyez heureux ! Ou du moins, essayez de l'être !
00:08:56Ah oui, je sais, je sais. Le mariage est une place forte, assiégée.
00:09:02Ceux qui sont à l'extérieur...
00:09:12Ah, maître, cher maître, la décoration !
00:09:15Oh, la Légion d'honneur !
00:09:16Oui, la Légion d'honneur !
00:09:17C'est fait !
00:09:18Oh, merci, cher maître, merci ! Et quand l'aurai-je ?
00:09:21La semaine dernière.
00:09:23Non, vous me comprenez. Non, je dis, quand l'aurai-je ?
00:09:25La semaine dernière. Non, non, je dis, la mienne, je l'ai eue la semaine dernière.
00:09:28Oui, non, je m'en fous, non, que je vous parle de la mienne, mais quand l'aurai-je ?
00:09:31J'en ai parlé en haut lieu, c'est timinant.
00:09:33Ah, mais il me l'a fait pour demain.
00:09:36Charles !
00:09:37Oui, merci.
00:09:39Vous en voulez, oui ?
00:09:41Qu'est-ce que c'est que ça ?
00:09:42Ça, c'est la Légion d'honneur.
00:09:43Mais il l'a eue, lui ! Il l'a eue, c'est vous, hein ?
00:09:45Ah non.
00:09:45C'est vous qui l'avez, hein ?
00:09:46Non, non, non, non, non.
00:09:47Merci, Emmett, d'avoir fait activer pour ma...
00:09:51Il m'en faut une pour demain. Allez, hop.
00:09:53Ah non, ah non, c'est la mienne. Ah non, c'est la mienne.
00:09:55Hubert ! Mais qu'est-ce que vous faites, mon cher Hubert ?
00:09:58Vous permettez que je vous appelle Hubert.
00:10:00Mais je vous en prie.
00:10:01C'est vraiment magnifique, tout ça. Vraiment magnifique.
00:10:05Bravo pour vos transformations.
00:10:06Ça va marcher, mais très fort.
00:10:08Puis vous verrez, vous et moi, nous allons réaliser de grandes choses.
00:10:13D'on profiteront nos chers petits.
00:10:16Tout de même, dites-moi, je pense à cet homme.
00:10:18Vous savez, cet hiberné qu'on prend après 65 ans de sommeil.
00:10:21C'est tout de même étonnant, non ?
00:10:23Mais, mais, mais, c'est même épouvantable.
00:10:24Et pourquoi donc ?
00:10:26C'est un vieillard de 25 ans ?
00:10:27Mais oui !
00:10:28Mais oui !
00:10:29C'est un vieillard de 25 ans ?
00:10:31Alors, attendez, supposons qu'il ait des descendants.
00:10:34Oui.
00:10:36Alors, vous voyez la tête que vont faire les petits-enfants
00:10:38qui doivent être des gaillards à peu près de notre âge.
00:10:41Vous me corderez sur le cas de type.
00:10:43Surtout pour ceux sur le nez desquels ça va tomber.
00:10:47C'est que ce n'est pas !
00:10:49Monsieur !
00:10:50Oui ?
00:10:50C'est la police, monsieur !
00:10:52Qu'est-ce que vous dites ?
00:10:53C'est la police !
00:10:55Où ça ?
00:10:56Là.
00:11:04Monsieur ?
00:11:04Monsieur le Tartas ?
00:11:06Oui, c'est vrai.
00:11:06Je viens plus urgent pour vous.
00:11:19Oui, je suis au courant.
00:11:21Merci, monsieur.
00:11:22Merci.
00:11:25Viens, viens, viens, viens.
00:11:27Ministère de l'Intérieur, le secrétaire général.
00:11:50M. de Tartas, s'il vous plaît.
00:11:52Monsieur le secrétaire général vous attend.
00:11:59Oh, monsieur le secrétaire général.
00:12:02Cher monsieur de Tartas.
00:12:04Quel honneur.
00:12:05Je vous en prie.
00:12:06Pardon.
00:12:12Asseyez-vous.
00:12:17Je devine, monsieur, que cette convocation a dû vous surprendre.
00:12:22Je ne m'attendais pas à un tel honneur, monsieur le secrétaire général.
00:12:25Naturellement, vous avez entendu parler de Liberné.
00:12:31Non, c'est comme moi que je crois.
00:12:33Mais comment ?
00:12:33Je vous demande si vous avez entendu parler de Liberné.
00:12:38Oui, enfin, comme tout le monde.
00:12:39Eh bien, Liberné a été identifié.
00:12:44Eh bien, tant mieux.
00:12:46Mais je ne vois pas en quoi cela peut me concerner, monsieur le secrétaire général.
00:12:52Vous connaissez la famille de Liberné.
00:12:56Ah.
00:12:56C'est une famille qui vous touche de près.
00:13:00De très près.
00:13:02De très près, mon matrié.
00:13:04Mais quelle famille ?
00:13:05La vôtre, monsieur.
00:13:08La mienne ?
00:13:10Oui, monsieur.
00:13:12Monsieur le secrétaire général, je m'appelle Hubert Barère de Tarpas.
00:13:16Je connais mes ancêtres par leurs noms, prénoms et surnoms, mais jusqu'à Louis le Hutin.
00:13:21Alors, les uns sont tombés sur les champs de bataille en pays chrétien, sur les terres barbares.
00:13:25Les autres sont morts de leur mort naturelle dans leur château.
00:13:27Mais, mais, je peux vous garantir qu'aucun Barère de Tarpas n'est allé se faire congeler dans les mers
00:13:32glacées du pôle Nord.
00:13:33Mais, en effet, monsieur, Liberné n'est pas un de Tarpas.
00:13:37Ah !
00:13:37Il s'appelle Paul Fournier.
00:13:40Fournier.
00:13:41Mais ?
00:13:41Ce nom ne vous dit rien ?
00:13:43Fournier, Fournier, il y en a des pages dans la nuée.
00:13:46Votre femme n'est-elle pas une demoiselle Fournier ?
00:13:49C'est possible.
00:13:50Vous n'allez pas prétendre, monsieur le secrétaire général, que Liberné est un parent de ma femme.
00:13:54C'est son grand-père, monsieur.
00:13:58Pardon, je ne sais pas.
00:13:59C'est quoi, comment ?
00:14:00C'est son grand-père.
00:14:03Monsieur le secrétaire général, j'adore le comique, c'est entendu, mais j'ai horreur dans cet genre de plaisanterie.
00:14:09Monsieur, j'appartiens à un milieu où l'on n'a que très rarement l'occasion de plaisanter.
00:14:18Quelle chance pour notre pays, n'est-ce pas ?
00:14:20Si Liberné ne meurt pas, la France aura fait la découverte la plus prodigieuse de tous les temps, la survie.
00:14:29Qu'en pensez-vous ?
00:14:31Alors, le professeur Laurier-Barr, qui a toute notre confiance, vous attend à l'hôpital avec madame.
00:14:45Edmé, monsieur, vous faites là, vous.
00:14:47La signature, monsieur, le chèque de la semaine.
00:14:50Edmé, Edmé, mon sang !
00:14:52Oh, ne hurlez pas comme ça !
00:14:54Ah, Rabier !
00:14:54Signature, là.
00:14:55Voilà.
00:14:56Vous signez là.
00:14:58Oui, bien.
00:15:11Selon vous, où est votre grand-père ?
00:15:14Selon vous, où est votre grand-père ?
00:15:19Lequel ?
00:15:19Grand-papa Fournier !
00:15:25Quelle étrange question.
00:15:27Mais voyons, Hubert, il est mort depuis longtemps.
00:15:32Mort et enterré ?
00:15:33Coussin !
00:15:36Adam-Pierre, je crois.
00:15:38J'aimerais que vous en soyez sûre.
00:15:39Mais enfin, voyons, Hubert, qu'est-ce qui vous prend ?
00:15:41Alors ?
00:15:42Vous savez, j'étais encore très jeune quand maman est morte.
00:15:45Et j'ai dû aller au cimetière une fois ou deux fois.
00:15:47Une erreur est toujours possible, et j'en aurai le cœur de l'être venu.
00:15:49Mais enfin, puis-je au moins savoir !
00:15:50C'est moi qui ai besoin de savoir !
00:15:53Alors, alors, alors, chère, et bien alors ?
00:15:54Mais je ne me souviens plus.
00:15:55Eh bien, il faut se souvenir.
00:15:56Peut-être par là.
00:15:57Bon, ben, alors, allons-y.
00:16:02Non, c'est pas ça.
00:16:03C'était dans une allée.
00:16:04Il y a des allées partout, ici.
00:16:06Bon, écoutez, cher ami, vous allez prospecter par là,
00:16:08et moi, je vais prospecter par là.
00:16:10Voilà.
00:16:16Non.
00:16:18Non.
00:16:20Non.
00:16:26Hubert !
00:16:27J'ai trouvé !
00:16:29J'ai trouvé !
00:16:29Attendez !
00:16:36Grand-mère Fournier est ici.
00:16:38Ah !
00:16:40Eh bien, lui, au-dessus, il est pas là.
00:16:42Alors, elle est seule.
00:16:44Chut !
00:16:44Chut !
00:16:45Elle est seule.
00:16:46Chut !
00:16:46Chut !
00:16:48Chut !
00:16:48Grand-mère était veuve.
00:16:49Sans doute, grand-père est-il ailleurs.
00:16:50Alors, maintenant, écoutez, j'en suis sûr.
00:16:52C'est absolument sûr.
00:16:52De quoi êtes-vous sûr ?
00:16:53Voulez-vous que je vous dise oui, là, votre grand-père ?
00:16:55Oui ?
00:16:55Il est dans un glaçon.
00:16:56Ça fait 65 ans qu'il est dans son glaçon.
00:16:59Ça vous rappelle rien, 65 ans ?
00:17:00Un glaçon, hein ?
00:17:02Vous ne voulez pas dire que l'hiberne...
00:17:03C'est ce que je veux dire, voilà.
00:17:07Mamie ?
00:17:08Grand-père est de retour ?
00:17:10Venez, venez, cher.
00:17:11Viens loin.
00:17:11Oui, oui, je viens.
00:17:22Il y a du poulet dans le Fujizer.
00:17:23Mon chéri, Sophie va s'occuper de toi.
00:17:24Alors ?
00:17:26Alors ?
00:17:27Si tu savais comme je suis émue à l'idée de faire la connaissance de grand-papa.
00:17:54Où est ta mère ?
00:17:55Au garage.
00:17:56Tiens, regarde-moi, regarde le pépé.
00:17:57C'est lui ?
00:17:58C'est le pépé, ça.
00:17:59Oh, il est extra.
00:18:00Il y avait le pépé, Sophie.
00:18:01Oh, pas mal.
00:18:01Si vous vous occupez du petit, j'ai confiance en vous, vous êtes sérieuse, hein ?
00:18:04Avec plaisir, monsieur.
00:18:05Et bien.
00:18:11Qu'est-ce qu'il fait, celui-là ?
00:18:13Oui, monsieur ?
00:18:15Il paraît que Paul est de retour.
00:18:18Qui c'est ça, Paul ?
00:18:19Paul Fournier.
00:18:20Ah non, mais comment c'est pas ?
00:18:22Je ne sais pas, je ne sais pas encore.
00:18:23Paul Fournier, c'est mon plus vieux copain.
00:18:24Je m'en fous, je ne vous dirai rien.
00:18:26Paul Fournier, je ne dirai rien, voilà.
00:18:27Il est de retour ou il n'est pas de retour ?
00:18:28Je ne sais pas, laissez-moi partir, vous me gênez, là.
00:18:30Mais je ne la tiens pas, moi, la voiture.
00:18:32Si, vous la tenez, vous la retenez.
00:18:33C'est lui, mais il était en première.
00:18:34Mais oui, mais ça nous a pensé à quoi, il faudra pas seulement ce qu'on a fait.
00:18:36Mais moi, je ne vous attire pas du tout.
00:18:37Laissez-moi partir.
00:18:38De grâce, de grâce.
00:18:44Tout de même chez son plus vieux copain.
00:18:56Nous allons maintenant passer en atmosphère stérile.
00:19:03Madame.
00:19:24Mais n'oubliez pas que le moindre choc peut compromettre non seulement son équilibre psychique,
00:19:29mais également sa vie.
00:19:31C'est encore un très, très grand malade.
00:19:33Il se croit toujours au début du siècle.
00:19:36Ah oui, un dernier mot.
00:19:38Vous allez le trouver très changé.
00:19:41Qu'importe l'apparence, mon cœur ne s'y trompera pas.
00:19:49C'est horrible, c'est horrible, je rêve, je ne descends pas de ce monstre, je ne descends pas de
00:19:54ce monstre.
00:19:54Monsieur le professeur, c'est pour ça que vous nous avez fait bien regarder.
00:19:59C'est la nuit des temps, c'est pas lui.
00:20:01Le voilà, le voilà, c'est pas lui.
00:20:03Monsieur, nous allons maintenant nous calmer.
00:20:05Oui, alors ?
00:20:06Alors, nous allons le raser et nous vous attendions pour ça.
00:20:09Alors, on va raser ?
00:20:10Alors, on le rase !
00:20:11Nous avons ici tout ce qu'il faut.
00:20:12Le docteur Bibollini est l'un de nos plus éminents psychiatres.
00:20:16C'est lui qui a la charge de veiller sur l'équilibre et la réadaptation progressive de votre parent.
00:20:21Je ne sais pas encore si cet homme est mon ancêtre, monsieur, mais s'il l'est, et que vous
00:20:25l'ayez laissé dans cet état repoussant, un seul mot me viendra aux lèvres.
00:20:30Pourquoi ?
00:20:30Parce que, madame, je ne le jugeais pas encore mûr pour la confrontation décisive avec lui-même.
00:20:34Mais ce matin, il m'a demandé un miroir, j'ai donc jugé le moment venu.
00:20:38Pas d'objection, mon cher confrère.
00:20:40Physiquement, je vous le confie en bon état, le reste vous regarde, mon cher confrère.
00:20:52Ciseaux.
00:20:57Se souvient-il de ce qui lui est arrivé ?
00:21:00Quelques bribes sur sa vie familiale, mais avant son mariage.
00:21:07Il aurait oublié grand-mère ?
00:21:09Apparemment.
00:21:10Nous lui avons dit qu'il avait fait une chute de cheval et que sa mémoire comportait quelques lacunes.
00:21:46Hubert, c'est lui, c'est grand-père.
00:21:52Vous m'avez rendu.
00:21:54Merci, professeur, merci.
00:21:57Monsieur le professeur, qu'est-ce que vous comptez en faire ?
00:22:00M'envoyons Hubert cette question, le ramener à la maison ?
00:22:02Désolée, madame, mais il n'en est pas question.
00:22:04Il appartient à la science.
00:22:06Mais oui, mais oui, mais oui, mais oui.
00:22:07Désolée-moi aussi.
00:22:08Il appartient d'abord à sa famille.
00:22:10Grand-père n'est pas un cobaye.
00:22:11C'est un être humain, monsieur.
00:22:12Mais ma biche, ces messieurs ont raison.
00:22:15Et Dieu sait si je...
00:22:16Mais il appartient à la science, hélas.
00:22:18Mais madame, ces réactions sont imprévisibles, passionnantes.
00:22:21L'humanité toute entière est concernée par son évolution psychique.
00:22:25Et physiologique.
00:22:26Pardonnez-moi, mais je m'en fous.
00:22:27Mais voyons, Edmé, réfléchissez.
00:22:29Votre grand-père se croit en 1905.
00:22:31Ici, il peut le croire encore, mais chez nous.
00:22:34Entouré de l'affection des siens, il comprendra progressivement les choses.
00:22:38Vous verrez.
00:22:38On ne verra rien du tout.
00:22:39Je m'y oppose catégoriquement.
00:22:40La moindre maladresse peut amener des troubles psychiques irréversibles.
00:22:43Mais oui, mais oui.
00:22:43Écoutez, messieurs connaissent leur affaire.
00:22:45Moi, je m'incline, inclinez-vous, venez, mon ange.
00:22:47Vous allez le voir bientôt, allez.
00:22:49D'ailleurs, nous n'y sommes pour rien.
00:22:50C'est une décision gouvernementale.
00:22:52Mais je m'en fous du gouvernement.
00:22:54Je m'en fous.
00:22:54Quoi ?
00:22:54Mais quoi, chute ?
00:22:55Il n'y a pas de chute.
00:22:56Je vous dis que je m'en fous du gouvernement.
00:22:57Parfait-il, je m'en fous.
00:23:00Attention, tu me fais un joli sourire.
00:23:04Dis donc, qu'est-ce qu'ils pensent de l'hyberner, tes parents ?
00:23:07Papa horreur de ce genre de publicité.
00:23:09Attention, tu ne bouges plus.
00:23:11Et voilà.
00:23:12Maman, elle, elle dit que c'est une honte.
00:23:14Moi, je trouve ça plutôt un objet de curiosité, non ?
00:23:15Un objet de curiosité.
00:23:17Mais c'est extraordinaire.
00:23:18J'ai un arrière-grand-père qui a mon âge.
00:23:20Tu te rends compte ?
00:23:20Pauvre homme.
00:23:22Moi, je trouve ça triste.
00:23:23Mais non, c'est l'avenir.
00:23:24On te met au frigo à 20 ans,
00:23:26on te ressort 50 ans plus tard
00:23:27et tu as toujours 20 ans.
00:23:29Ça ne t'aie pas de force.
00:23:30Il y est.
00:23:31Oh, ma petite épine, je ne vous avais pas vue.
00:23:34Oh, dans la vie, on n'est jeune qu'une fois.
00:23:38T'es sûr, papa ?
00:23:43Et votre imbécile de fils qui piétine
00:23:45depuis un an avec Evelyne.
00:23:46C'est à croire qu'il ne s'en rend pas compte
00:23:48qu'avec les capitaux de Crépins-Jaugin,
00:23:49je serai à l'abri de vos caprices.
00:23:51Didier est bien jeune pour convoler.
00:23:55En attendant, mon petit ange adoré,
00:23:57j'ai eu une grosse échéance à l'usine,
00:23:58une échéance capitale.
00:24:00Alors, vous mettez votre jolie signature ici, là.
00:24:03Tout m'est égal, je veux grand-père.
00:24:05Vous vous en êtes passé jusqu'à présent, votre grand-père.
00:24:07Et maintenant, vous ne pouvez plus vivre sans lui.
00:24:08Mais j'ai le sens de la famille, moi.
00:24:10Oui, ben, je vous le rapporterai, votre grand-père.
00:24:11D'ailleurs, signez-la, mon ange.
00:24:14Tout ce que vous voudrez quand il sera là.
00:24:16Oh, du Dieu !
00:24:17Ne jurez pas, je déteste.
00:24:20Allons nous coucher, ma biche.
00:24:21Cela va s'arranger.
00:24:23Vous rêvez, Hubert.
00:24:25Charles vous a préparé la chambre d'amis.
00:24:31Bonne nuit, mon ami.
00:24:36Ah, bonjour, mon cher maître.
00:24:38Oui, alors, quoi de neuf ?
00:24:39Excusez-moi d'appeler à cette heure,
00:24:40mais j'ai été retenu au palais.
00:24:43Dites-moi, votre hibernée,
00:24:45j'ai attentivement étudié le cas, oui.
00:24:48C'est un problème, hein ?
00:24:49Je le sais que c'est un problème, alors ?
00:24:51C'est d'une grande simplicité, cher ami.
00:24:53Le chapitre de l'absence.
00:24:54Mais qu'est-ce qu'il dit, le code ?
00:24:55Ah, le code est formel.
00:24:57Absolument.
00:24:58Alors, Paul Fournier,
00:25:00l'hibernée, est bien vivant, n'est-ce pas ?
00:25:02Donc, il devra rentrer en possession
00:25:04de tous ses biens.
00:25:04Comment ça ?
00:25:05Tout lui appartient.
00:25:06Ah, si.
00:25:07Comment tout lui appartient ?
00:25:08Mais moi, je le ferai en position.
00:25:09Non, non, vous ne pouvez rien faire
00:25:10sans son consentement.
00:25:11C'est pas possible.
00:25:12Désolé, cher ami,
00:25:13mais c'est incontestable.
00:25:15Enfin, en somme bien, il y en a à faire.
00:25:16Non, pardonnez-moi si je vous laisse,
00:25:18mais j'ai encore deux dossiers
00:25:19très urgents à étudier.
00:25:24Décu !
00:25:24Edmé !
00:25:26Edmé, ouvrez !
00:25:27Je dors.
00:25:28Vous aviez raison,
00:25:29c'est un infâme kidnapping.
00:25:30Ouvrez !
00:25:31Je dors.
00:25:32Je vous le ramènerai,
00:25:33votre grand-père.
00:25:34Je l'aime,
00:25:35il a l'air si gentil,
00:25:36je ne peux plus me passer de lui.
00:25:38Edmé, ouvrez !
00:25:39Ma biche !
00:25:40Je dors !
00:25:48Monsieur le professeur,
00:25:49je vous somme de me rendre
00:25:50le grand-père de ma femme.
00:25:53Comment j'entends rien, comment ?
00:25:54Je dis que ce n'est pas possible.
00:25:56Monsieur le professeur,
00:25:56faites très attention,
00:25:57la presse est dehors.
00:25:59J'ameute l'opinion,
00:26:00je fais un procès à l'État.
00:26:02Et à quel titre ?
00:26:03À quel titre ?
00:26:06Séquestration arbitraire.
00:26:08Cher monsieur,
00:26:09pour l'hiberner,
00:26:09nous sommes en 1905.
00:26:11Vous n'êtes pas encore nés.
00:26:13Vous n'existez pas.
00:26:15Et vous n'existerez peut-être jamais.
00:26:23Ah, monsieur.
00:26:23Oui.
00:26:24Monsieur, il y a un monsieur
00:26:25qui vous attend.
00:26:26Pourquoi vous ne me le dites pas ?
00:26:27Ah ben, je vous le dis.
00:26:28Quand ?
00:26:28Maintenant.
00:26:29Vous êtes un menteur.
00:26:33Bonjour, docteur.
00:26:34Je suis ravi de vous voir.
00:26:35Monsieur de Tartins.
00:26:36Nous avons le devoir
00:26:38d'empêcher Laurier-Bas
00:26:39de commettre une erreur
00:26:40qui peut être fatale.
00:26:41Comment ça ?
00:26:41Je ne comprends pas.
00:26:42Asseyez-vous.
00:26:44Mais pute pauvre est fatale,
00:26:45pourquoi ?
00:26:46Je suis maintenant persuadé
00:26:47que Laurier-Bas se trompe.
00:26:49Gravement.
00:26:50Sûrement, sûrement.
00:26:51Attendez.
00:26:51Pour aider Paul Fournier
00:26:53à retrouver son équilibre,
00:26:54il faut le replacer au plus vite
00:26:56dans le contexte familial.
00:26:57Mais c'est ce que je disais.
00:26:58C'est ce que je disais.
00:26:58Laissez-moi continuer.
00:27:00Le professeur Laurier-Bas
00:27:01a obtenu ce matin
00:27:03l'autorisation officielle
00:27:04de transférer le sujet
00:27:06dans une maison de repos
00:27:06en province.
00:27:07Vous vous rendez compte
00:27:08quand docteur
00:27:08le confie à des étrangers
00:27:10alors que nous sommes là
00:27:10avec d'immenses trésors
00:27:11de...
00:27:12Oui, écoutez-moi.
00:27:13Le transfert doit avoir lieu
00:27:15demain sous bon escorte.
00:27:16Il faut agir vite.
00:27:17Mais je ne puis agir seul
00:27:18et je ne puis me confier
00:27:20qu'à vous.
00:27:21Docteur, donnez vos ordres.
00:27:49Nous avons gagné sept minutes
00:27:51sur l'horreur prévue.
00:27:52Il se réveillera sans même
00:27:53se douter qu'il a changé
00:27:54de chambre.
00:27:54Vous avez tort
00:27:55de vous entêter.
00:27:56Ce matin, il a encore demandé
00:27:56à rentrer chez lui.
00:27:57Bon, s'il fallait écouter
00:27:58les malades...
00:27:58Oui, ben, en ce cas,
00:27:59vous ne laissez guère le choix.
00:28:30Sous-titrage Société Radio-Canada
00:28:31Professeur.
00:28:44Oui, ben, j'ai les mâmoites.
00:28:47J'ai les jambes en coton.
00:28:48Je crois que je vais me renouer.
00:28:49Écoutez, je vous en prie,
00:28:50c'est déjà assez compliqué comme ça.
00:28:51J'aurais dû prendre un...
00:28:52Non, pas sur les civils.
00:28:54Pas sur les civils.
00:28:56Pas sur les civils.
00:28:57Oh, ça...
00:29:10C'est parti.
00:29:41C'est parti.
00:30:09C'est parti.
00:30:13C'est parti.
00:30:48C'est parti.
00:31:21C'est parti.
00:31:30C'est parti.
00:31:58C'est parti.
00:32:01C'est parti.
00:32:14C'est parti.
00:32:40C'est parti.
00:32:55C'est parti.
00:32:58C'est parti.
00:33:08C'est parti.
00:33:28C'est parti.
00:33:49C'est parti.
00:34:34C'est parti.
00:34:45C'est parti.
00:35:12C'est parti.
00:35:38C'est parti.
00:35:53C'est parti.
00:36:15C'est parti.
00:36:51C'est parti.
00:37:52C'est parti.
00:38:39C'est parti.
00:38:45C'est parti.
00:39:35C'est parti.
00:39:49C'est parti.
00:40:44C'est parti.
00:40:45C'est parti.
00:41:17C'est parti.
00:41:56C'est parti.
00:42:33Maman.
00:42:46Maman.
00:43:18C'est parti.
00:44:25C'est parti.
00:44:48C'est parti.
00:45:29C'est parti.
00:45:32C'est parti.
00:46:41C'est parti.
00:47:16C'est parti.
00:47:57C'est parti.
00:48:02C'est parti.
00:48:43C'est parti.
00:49:03C'est parti.
00:49:35C'est parti.
00:50:21C'est parti.
00:51:08C'est parti.
00:51:58C'est parti.
00:52:13C'est parti.
00:52:36C'est parti.
00:53:05C'est parti.
00:53:58C'est parti.
00:54:01C'est parti.
00:54:43C'est parti.
00:55:01C'est parti.
00:55:04C'est parti.
00:55:36C'est parti.
00:55:52C'est parti.
00:56:36C'est parti.
00:56:59C'est parti.
00:57:37C'est parti.
00:58:01C'est parti.
00:58:18C'est parti.
00:58:22C'est parti.
00:58:24C'est parti.
00:59:06C'est parti.
00:59:33C'est parti.
00:59:37C'est parti.
01:00:19C'est parti.
01:00:52C'est parti.
01:01:07C'est parti.
01:01:37C'est parti.
01:02:37C'est parti.
01:03:07C'est parti.
01:04:02C'est parti.
01:04:37C'est parti.
01:05:07C'est parti.
01:05:49C'est parti.
01:06:12C'est parti.
01:06:49C'est parti.
01:07:34C'est parti.
01:07:48C'est parti.
01:08:20C'est parti.
01:09:04C'est parti.
01:09:06C'est parti.
01:09:38C'est parti.
01:10:18C'est parti.
01:11:30C'est parti.
01:11:39C'est parti.
01:12:06C'est parti.
01:12:40C'est parti.
01:13:21C'est parti.
01:13:58C'est parti.
01:14:01C'est parti.
01:14:31C'est parti.
01:15:01C'est parti.
01:16:22C'est parti.
01:16:31C'est parti.
01:17:14C'est parti.
01:17:38C'est parti.
01:18:20C'est parti.
01:18:45C'est parti.
01:19:01C'est parti.
01:19:40C'est parti.
01:20:15C'est parti.
01:20:32C'est parti.
01:21:05C'est parti.
01:21:36C'est parti.