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  • il y a 1 jour
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00:00:01Bon, attendez, bon, les Grolles, combien t'en as toi ?
00:00:03J'en ai 6.
00:00:04C'est bon, toi ?
00:00:055.
00:00:05Toi ?
00:00:067.
00:00:06Qu'est-ce que ça, ces Grolles ?
00:00:08C'est pour tout à l'heure, à l'étude.
00:00:11Regardez-vous, ils m'ont poussé dessus.
00:00:22Pas de chier, pas de l'arrière, là, père.
00:00:25Non, pas de tête.
00:00:32Ouais, Robert et Jean-Pierre, venez.
00:00:56On est entre eux, regarde.
00:01:20Bon, vas-y, Michel, essaye un peu pour boire.
00:01:32Parfait, ça marche.
00:01:33On grouille, et puis on va arriver.
00:01:43On grouille, il faut faire.
00:02:01Sous-titrage Société Radio,
00:02:04Ça suffit, là !
00:02:07Ça suffit !
00:02:09Allez-y !
00:02:10Laisse-toi !
00:20:50Est-ce que les miettes de cette amitié se méritent considérables ?
00:20:57Et... Quels sont les progrès de Michel en orthographe ?
00:21:02Ah...
00:21:02Ça stagne ou ça avance ?
00:21:04C'est peut-être le...
00:21:07Enfin, deux choses, d'une, ou c'est lui qui s'y fera, ou c'est le...
00:21:10participe passé qui se fera à lui, mais...
00:21:13Tu écoutes au moins ce que te dit M. Barabi ?
00:21:16Oui.
00:21:17C'est pas facile de travailler à l'école non plus, avec des rouleaux compresseurs qui n'arrêtent pas de
00:21:21tourner dans la cour.
00:21:24Des rouleaux compresseurs ? Pourquoi il y a des travaux dans la cour ?
00:21:29Il y a une histoire, un rouleau compresseur s'est mis en marche comme ça...
00:21:34spontanément une nuit dans... dans la cour de... de l'école.
00:21:38C'est curieux.
00:21:40Je crois que votre camarade a des petits ennuis.
00:21:46Lequel ?
00:21:47Le... lequel ? Bah... pourquoi euh... il y en avait plusieurs ?
00:21:53C'est pour ça que l'orgi n'est pas venu à son cours de piano l'autre jour ?
00:21:57Ah bah il doit certainement faire de réaccommodage.
00:21:59Bah au lieu d'orthographe, je me m'en savais de très tard.
00:22:04Vous en vouliez ?
00:22:05Non, merci. Non, mais je prendrais bien un petit peu d'eau.
00:22:07Un petit peu.
00:22:12Un petit peu vol ...
00:22:25Un petit peu...
00:22:47Sous-titrage Société Radio-Canada
00:23:04C'est ça quand tu joues à seconde ligne ?
00:23:06Non, B5.
00:23:11Qu'est-ce que tu fous ?
00:23:12Je prépare ma compo de géo.
00:23:14Je prépare ma compo de géo ?
00:23:15Ouais, c'est simple. Je mets mon cahier de géo, mon cahier de maths sur la table, je copie ma
00:23:19compo.
00:23:20Si jamais le prof me voit, je lui tends le cahier de géo.
00:23:22Tu te fais piquer ?
00:23:23Non, parce que le prof, il prend jamais le cahier que tu lui tends.
00:23:26Tu prends toujours celui que tu planques.
00:23:28T'as pas d'éclat ?
00:23:29Des gitanes et des malgouros.
00:23:31Des gitanes.
00:23:35Quatre francs.
00:23:36Quatre francs ?
00:23:37Dehors, c'est trois francs.
00:23:38C'est qu'il y a les deux, hein ?
00:23:41C5.
00:23:43Touché.
00:23:45T'en es où avec la sœur Amigno ?
00:23:48Ça va.
00:23:50B7.
00:23:52B7 ?
00:23:53Dans l'eau.
00:23:54Et t'as vu du 7 ?
00:23:56Non.
00:23:58Je savais pas que tu t'étais pris une baffe.
00:24:00Ouais, c'est toute une histoire.
00:24:02E1.
00:24:03Tu vois, on était chez elle à écouter des disques.
00:24:05Y'avait pas beaucoup de lumière.
00:24:08On était sur le Schistfield.
00:24:09Ouais, c'est une marque de canapé.
00:24:12Moi, j'étais pas là pour rigoler.
00:24:13Et puis elle a pris peur, ça te conne la panique.
00:24:15Tu sais, moi, maintenant, j'ai pisseuse, hein.
00:24:18Tu sors avec qui, maman ?
00:24:20B9.
00:24:21B9 ?
00:24:23Dans l'eau.
00:24:26Une femme mariée.
00:24:28Alors là, c'est autre chose.
00:24:34Et si Marie tombe dessus ?
00:24:36Des neufs.
00:24:38Des neufs ?
00:24:38Mais tu l'as déjà dit.
00:24:39Il est jamais là.
00:24:40Comme on a le porte-avion de l'Océan Indien.
00:24:53C'est mon père qui me l'a ramené de Hong Kong.
00:24:57G6.
00:24:58G6.
00:25:00Coulez.
00:25:22Messieurs, j'ai une chose importante à vous communiquer.
00:25:33Je disais donc, messieurs, que j'avais une chose très importante à vous communiquer.
00:25:42Je suis pas ravi à attraper moi, cette bestiole.
00:25:52Je suis pas ravi à attraper moi.
00:26:15C'est mon père.
00:26:18C'est mon père.
00:26:20Fondue sans d'eux, monsieur Paradis.
00:26:31Laissez-moi essayer quelque chose, monsieur le sancœur.
00:26:34Venez chez Ogie à mon bureau, s'il vous plaît.
00:26:48Vous pouvez continuer, M. le Sancel.
00:26:51À la suite de chahut organisé dans cette étude de quatrième,
00:26:58M. le surveillant général et moi-même avons pris un certain nombre de décisions.
00:27:04M. Venèche, M. Logier, quand les principes rien ne se passent, vous ne trouvez pas ça étonnant?
00:27:22L'Académie des belles lettres est très heureuse d'accueillir M. Bertrand Barabi, professeur auxiliaire de français à notre lycée.
00:27:29Les statuts de notre association, comme vous le savez, stipulent que tout professeur de lettres est membre des droits de
00:27:35notre assemblée.
00:27:37M. Barabi est pour le moment un demi-professeur, mais c'est avec joie que nous le nommons membre à
00:27:43part entière de notre académie.
00:27:47Je passe la parole à notre président, M. Boussignac, pour l'ordre du jour.
00:27:54M. Barabi, puisque nous parlons de M. Barabi, je vais dire deux mots du travail qu'il nous a fait
00:27:58parvenir et que le comité de lecture a parcouru avec intérêt.
00:28:03M. Boussignac, il s'agit d'une nouvelle, jeu d'échecs.
00:28:07Le comité a apprécié les qualités littéraires naissantes de notre nouvelle amie.
00:28:13Si une publication dans notre bulletin trimestriel est peut-être pour le moment un petit peu prématurée,
00:28:20M. Barabi peut demander conseil à Mme Tuillier, grand prix municipale de l'année dernière,
00:28:28avec son ouvrage Le ciel au-dessus des nuages.
00:28:34Je suis sûr qu'elle l'aidera très efficacement à améliorer une œuvre déjà prometteuse.
00:28:41Voilà, avant de poursuivre, nous allons, comme tous les premiers mercredis du chaque mois,
00:28:46faire une pause afin que nos distingués membres puissent emprunter les ouvrages dont ils ont besoin pour leurs travaux.
00:28:55Ah, vous semblez vous intéresser à notre petite revue.
00:28:58Oh, tout ce qui a trait à la littérature en même mineure. Enfin, je veux dire, même sur le plan
00:29:02régional.
00:29:03Enfin, non, plus exactement...
00:29:05Évidemment, notre bulletin trimestriel n'est pas la NRF.
00:29:08Enfin, certains talents originaux y ont pris le ressort.
00:29:10Après tout, Rimbaud n'a-t-il pas publié pour la première fois dans une petite revue de Charleville ?
00:29:15Eh bien sûr.
00:29:18Toute reverence gardée et modestie mise à part, avez-vous lu Le ciel au-dessus des nuages ?
00:29:24Oui, oui, deux fois.
00:29:26Ah oui, vraiment ? Et qu'en avez-vous pensé ?
00:29:30Eh bien, à la première lecture, j'ai...
00:29:36Enfin, j'étais quand même assez...
00:29:39Peu...
00:29:40Enfin, surpris peut-être.
00:29:44Mais...
00:29:46Dois-je comprendre que vous n'avez pas trouvé ça très bon ?
00:29:49Non, pardonnez-moi, mais...
00:29:52Quand je pense que M. Boussignac m'a demandé de vous aider.
00:29:56Mais probablement que M. Boussignac, président de l'Académie des belles lettres, ne trouve-t-il pas non plus grâce
00:30:02à vos yeux ?
00:30:03Mme Thulier, je suis très rustique et probablement très maladroit.
00:30:08Mais quand bien même devrais-je renoncer à plaire, je dois vous dire que M. Boussignac, sur le plan du
00:30:16style, est un perchorant.
00:30:18Et sur le plan de l'intelligence, un âne batté.
00:30:24Et moi, dans cette écurie ?
00:30:27Vous, votre cas est à l'opposé. Vous êtes une femme brillante et un diplôme d'agrégé sanctionnera Jean-Suisse.
00:30:32Mais je ne suis pas écrivain, c'est ce que vous voulez dire.
00:30:35C'est... Enfin... C'est pas... On ne peut pas...
00:30:37Grâce à vous, maintenant, je le sais. Merci, M. Barabi.
00:30:42Surpris par l'obscurité brusque,
00:30:47surpris par l'obscurité brusque,
00:30:54je me laissais couler dans le fauteuil,
00:30:59je me laissais couler dans le fauteuil,
00:31:09dont je tenais
00:31:13dont je tenais
00:31:16l'accoudoir.
00:31:20Bon, on voit le menu étoile ?
00:31:21D'accord.
00:31:23Oui, il est là.
00:31:26Attendez...
00:31:26Eh ben, tiens.
00:31:28On a vu le début, hein, jusqu'à maintenant.
00:31:29Oui, oui, on a vu que le début, tout de toute façon.
00:31:31Bon.
00:32:01C'est pas mal.
00:32:02Si tu veux, tu peux commencer à voir la suite.
00:32:04Bien.
00:32:06Pour la semaine prochaine ?
00:32:07Oui, c'est ça.
00:32:08Mais la leçon est terminée, je crois.
00:32:09Tu vois la suite, si tu veux,
00:32:10puis revois bien le début et pas trop fort.
00:32:12D'accord.
00:32:12D'accord ?
00:32:14Bien.
00:32:18Mon élève a fait des progrès.
00:32:19Et le vôtre ?
00:32:20C'est meilleur.
00:32:25Des soucis ?
00:32:25Oh.
00:32:27Ils ont refusé votre nouvelle ?
00:32:29C'est ça.
00:32:31Je vous ai déjà dit,
00:32:32il faut l'envoyer à une maison d'édition à Paris.
00:32:34C'est là que tout se passe.
00:32:35Je vais garder le même sujet,
00:32:36puis je vais essayer de faire un roman.
00:32:41Bonjour, Alain.
00:32:41Bon, tu t'installes et tu commences à me jouer le menu et tout.
00:32:43Je t'écoute.
00:32:47Mais ce roman, il va falloir le taper à la machine.
00:32:50Ça, justement, c'est pas de...
00:32:52Le clavier, ça me connaît.
00:32:55Et puis comme ça, je serai votre première lectrice.
00:33:00Qu'est-ce que c'est, ce...
00:33:01Ça, c'est le menu de la septième sonate de Beethoven.
00:33:05On raconte ce que Beethoven l'a écrit
00:33:07pour déclarer son amour à une dame qui l'intimidait beaucoup.
00:33:09C'était, je crois, la marquise de...
00:33:12Je me rappelle jamais son nom.
00:33:13Oh, peu importe.
00:33:16C'est très beau.
00:33:21Au travail.
00:33:22J'attends votre devoir, élève Barabi.
00:33:38Voici les sujets de votre composition d'anglais
00:33:41que m'a remis votre professeur.
00:33:45C'est une version, je crois.
00:33:50Je ne veux pas entendre un mot.
00:33:55Bien entendu, les petits dictionnaires
00:33:59sont invités à rester au fond des poches.
00:34:10Allez, au travail.
00:34:23Merci.
00:34:58Sous-titrage Société Radio-Canada
00:35:25Sous-titrage Société Radio-Canada
00:35:47Sous-titrage Société Radio-Canada
00:36:13Oui ? Ok, j'ai compris. Voilà la suite.
00:36:16Elle avait si jolie voix qu'un tonnerre d'applaudissements suivi ses dernières notes.
00:36:24Tout s'est bien passé, pas de problème ?
00:36:26Pas de problème, Monsieur le Sancerre.
00:36:29Combien de petits dictionnaires avez-vous confisqué ?
00:36:32Aucun, Monsieur le Sancerre.
00:36:37Merci.
00:36:39Voilà le sujet de la composition de français de Madame Tuillier.
00:36:43Comme vous le savez, elle s'est absentée pour passer son agrégation.
00:36:47Vous corrigerez vous-même cette composition.
00:36:48La qualité de votre correction sera prise en compte pour votre prochaine titularisation.
00:36:54À vous de jouer, mon avis.
00:36:54Bon, je vous dis que c'est le sujet de votre composition de français.
00:37:01Le risque.
00:37:03Qu'est-ce que le risque ?
00:37:06Faut-il prendre des risques ?
00:37:08Et si oui, pourquoi ?
00:37:13Vous avez deux heures.
00:37:19Le premier qui parle, je prends sa copie et je lui colle un zéro.
00:37:25Je vous préviens, c'est moi qui corrige.
00:37:29Au travail.
00:37:31Au travail.
00:37:44Je vous préviens, je vous préviens.
00:38:01Je vous préviens.
00:38:48Sous-titrage Société Radio-Canada
00:39:28Sous-titrage Société Radio-Canada
00:39:55Sous-titrage Société Radio-Canada
00:39:59Sous-titrage Société Radio-Canada
00:40:56Sous-titrage Société Radio-Canada
00:41:29Sous-titrage Société Radio-Canada
00:42:29Oui, c'est possible.
00:42:30Bon, je vais vous dire une chose, Barabi.
00:42:33Si on commence à encourager l'astuce, la paresse et le laisser-aller, il n'y a plus de limite.
00:42:38Nous ne pouvons pas couvrir de louanges un élève qui a écrit deux mots et mettre un deux à celui
00:42:43qui a fait vingt pages.
00:42:44La noire du téléphone en a 4000.
00:42:46Oui, oui, le problème n'est pas là.
00:42:48Mais si ?
00:42:48Mais non, nous devons encourager l'effort, même s'il n'est pas couronné de succès.
00:42:53Les coups d'éclat sont le pire exemple.
00:42:55Tout le lycée est au courant de cette composition et tout le monde rigole.
00:43:00Évidemment, il y a déjà des émules.
00:43:03Regardez la composition de chimie des premières ce matin, sujet l'eau.
00:43:07Regardez ce que m'a fait celui-là.
00:43:09L'eau, H2O, ce liquide douteux qui trouble le ricard.
00:43:13Oui, ça va vous faire, vous auriez certainement mis 18.
00:43:18Eh bien, moi, en plus du zéro que va mettre le professeur, je vais lui coller huit jours d'exclusion.
00:43:26Pour de plus, je vous avais dit que votre correction entrerait en ligne de compte pour votre titularisation.
00:43:34Laquelle était en mauvaise voie, si je comprends bien, monsieur le sincère ?
00:43:42T'es sûre qu'on peut y aller maintenant ?
00:43:44Oui, sans c'est, il y aura une réunion avec les profs.
00:43:46On est tranquilles pendant une heure, viens.
00:44:00C'est là.
00:44:07T'es sûre que ça m'intéressait ?
00:44:08L'année dernière, j'ai vendu les photocopies d'Iba et le pièce, c'est rentable.
00:44:11Oui.
00:44:21Quand t'es pas sûr des conneries qui vont te mettre dans ton bulletin, il vaut mieux le savoir.
00:44:25Pourquoi pas arrêter pas rentre, tu comprends ?
00:44:38Tiens, t'as vu un peu ce qui t'a mis le temps fluir ?
00:44:41Bah, c'est alors.
00:44:42Bah pourtant, je...
00:44:43Hé !
00:44:47Crouille !
00:44:48Crouille !
00:45:23Monsieur l'inspecteur ?
00:45:25Oui, je vous rappelle comme convenu.
00:45:28Ah, monsieur Boussignac, vous avez déjà téléphoné.
00:45:32Ah, le cabarabi.
00:45:34Oui, il s'agit d'un jeune auxiliaire très maladroit.
00:45:4018 sur 20, je suis de votre avis, c'est un scandale.
00:45:42Ah, c'est peut-être délicat de le renvoyer pour cela, mais si je peux me permettre,
00:45:50monsieur Parabier est un surveillant très chahuté, une inspection surprise peut-être.
00:45:57Oui, je vous remercie, monsieur l'inspecteur.
00:45:59Oui, je crois que c'est une très bonne idée.
00:46:02Oui, nous pouvons nous séparer de lui en invoquant le manque d'autorité et comme ça, tout le monde sera
00:46:07content.
00:46:08Oui, oui, voilà.
00:46:09Je vous attends donc mardi à l'étude.
00:46:13Bien.
00:46:14Bien, monsieur l'inspecteur.
00:46:15Les respects, monsieur l'inspecteur.
00:46:31On ne peut pas laisser les parabètes faire virer comme ça.
00:46:35On ne peut pas laisser les parabètes faire virer comme ça.
00:47:25Monsieur l'inspecteur.
00:47:28Je vais rentrer en seconde.
00:47:29Oui.
00:47:38Merci.
00:48:14Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:30Monsieur l'inspecteur, surveillant Monsieur Dupoux, excellent.
00:48:37Je ne comprends pas, il devrait être en études.
00:48:43Pourquoi vous n'êtes pas en études ?
00:48:45Parce qu'il y a un hélicoptère.
00:48:52On peut y aller maintenant.
00:49:25On peut y aller maintenant.
00:49:46Qu'est-ce que c'est de ça ?
00:49:57Je crois que c'est du petit Suisse.
00:50:11Alors, où allons-nous maintenant ?
00:50:15Je suis navré, Monsieur l'inspecteur, je ne comprends pas.
00:50:18Monsieur Dupoux...
00:50:20Je vous demande où nous allons maintenant.
00:50:23Les premières, Monsieur l'inspecteur.
00:50:27Monsieur Arnald est un de nos meilleurs surveillants.
00:50:30Je vous demande à tuer dérair.
00:50:33Je vous demande à tuer dérair.
00:50:34Oui, merci.
00:50:36Je vous demande à tuer dérair.
00:50:44Oui, merci.
00:50:58Merci.
00:51:17Vous aviez raison, c'est bien du petit Suisse.
00:51:33L'étude des secondes est ici, monsieur l'inspecteur.
00:51:36Je suppose que c'est également une étude modèle.
00:51:39Bon, je le fais.
00:52:22Ah, ça, c'est la septième sonate de Béthol.
00:52:30C'est le minuetto, si je ne m'abuse.
00:52:43Je ne comprends pas, monsieur l'inspecteur.
00:52:44Je ne comprends pas.
00:52:45C'est la première fois.
00:52:46Oui, c'est toujours ce qu'on me dit.
00:52:48Alors, qu'est-ce que vous avez au programme maintenant ?
00:52:50Les troisièmes, monsieur l'inspecteur.
00:52:52Alors, qu'est-ce qui nous réserve, cela ?
00:52:55Hein ?
00:52:56À votre avis, qu'est-ce qui nous réserve ?
00:52:59Hein ?
00:53:01Qu'est-ce que vous croyez ?
00:53:16Il fait une chaleur étouffante d'ici.
00:53:18Pourquoi vous n'ouvrez pas les fenêtres ?
00:53:20Oui, oui, on pourrait ouvrir les fenêtres.
00:53:23Alors, qu'est-ce que vous attendez ?
00:53:25Eh bien, c'est-à-dire...
00:53:29Les élèves à l'unanimité préfèrent qu'elles restent fermées, monsieur.
00:53:32Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
00:53:35Quelle est la raison, s'il vous plaît ?
00:53:38Dubier, répondez.
00:53:39Vous êtes d'accord à l'unanimité.
00:53:40Donc, vous faites partie de ceux qui veulent garder les fenêtres fermées.
00:53:42Pourquoi, s'il vous plaît ?
00:53:43Oui, c'est à cause des chats-volants, monsieur.
00:53:44À cause de quoi ?
00:53:45À cause des chats-volants.
00:53:46Il y a des chats-volants dans le lycée.
00:53:47On a déjà vu des hélicoptères.
00:53:49Je ne sais pas pourquoi, mais il n'y a pas des chats-volants.
00:53:50Mais les hélicoptères, c'est pas dangereux.
00:53:52Par contre, les chats-volants...
00:53:53Il me semble que je rêve, moi, depuis 20 minutes.
00:53:57Alors, ouvrez-moi les scelles, imbéciles !
00:53:59Vous serez consignés, Dubier, pour manque de respect.
00:54:23Alors, si je comprends bien, nous avons vu les études sages.
00:54:26Il nous reste à découvrir les émeutiers de monsieur Bertrand Barabie.
00:54:35Monsieur l'inspecteur, c'est un complot, un complot organisé.
00:54:43Eh bien, je peux vous dire qu'en 20 minutes, j'en ai vu plus qu'en 20 ans de
00:54:46carrière.
00:54:47Vous dites que c'est organisé ? C'est pire.
00:54:50Cela veut dire qu'il y a une organisation d'élèves capable d'orchestrer ce que vous devons de voir.
00:54:56Mais, patience, nous allons voir mieux, hein ?
00:54:59Je n'ai pas de gilet pare-balles.
00:55:00Vous voyez que...
00:55:02Ça saigne.
00:55:03Et je vous en remercie.
00:55:12Je vous en remercie.
00:56:02Sous-titrage MFP.
00:56:05...
00:56:35J'étais venu ici pour constater que l'étude de M. Barabi était l'étude la plus chahutée de France
00:56:39et de Navarre.
00:56:41Pour permettre, M. l'inspecteur, il faut que je parle à M. Barabi.
00:56:43Bon, alors félicitez-le, mais faites vite.
00:56:45Je vous attends dans votre bureau.
00:56:47Mon rapport sur le lycée va être d'une sévérité extrême.
00:56:51Ça, je vous en préviens.
00:56:52Quant à vos prétentions aux palmes académiques,
00:56:55alors là, ça, c'est une autre affaire.
00:57:01Pouvez-vous abandonner un instant ?
00:57:02Vos enfants modèlent, M. Barabi.
00:57:12Bravo, M. Barabi.
00:57:13Et merci.
00:57:15Je ne vois pas ce qui est dans une situation normale,
00:57:18c'est-à-dire une étude bienvenue,
00:57:19implique des remerciements particuliers, M. le Sancerre.
00:57:22Et en plus, vous vous foutez de moi.
00:57:24Bon, M. le Sancerre...
00:57:28Votre étude est habituellement une sorte de lunapark,
00:57:31de foire du trône, de sorbonne 68 artes.
00:57:34Aujourd'hui, c'est une église.
00:57:35Rien d'étendant à ce qu'il s'y passe des miracles, M. le Sancerre.
00:57:38Oui, bon.
00:57:39Votre humour, M. Barabi, ne m'amuse pas.
00:57:41Il est subversif et sournois.
00:57:44Bon, M. le inspecteur,
00:57:47je vais m'entendre vous dire que pour mes palmes académiques...
00:58:07Bénèche et Logier, au travail, s'il vous plaît.
00:58:15C'est ce genre de fautes, tu devrais pu les faire.
00:58:20Ça, c'est bien.
00:58:21Léla.
00:58:22Pourquoi ?
00:58:23Un S, non ?
00:58:28Ça, c'est bien.
00:58:29Tu connaissais l'orthographe de ce moment-là ?
00:58:32Ouais, un peu.
00:58:34Un peu au pif, hein ?
00:58:35Ouais.
00:58:36C'est bien.
00:58:37C'est un bon pif, ça.
00:58:42C'est de qui, ce truc ?
00:58:44Ça, c'est...
00:58:46C'est Poursuite de vent,
00:58:47de Yvonne Escoula.
00:58:49C'est un très joli livre.
00:58:51Bertrand, je peux vous voir un instant ?
00:58:53Oui, bien sûr.
00:58:53C'est un recopilé.
00:58:57Votre roman, c'est bien nos éditions du Cercle, vous l'avez envoyé.
00:59:01Oui.
00:59:02Et Albert Caro est bien un des patrons des éditions du Cercle.
00:59:06Euh, oui, membre du comité de lecture.
00:59:09Eh bien, Albert Caro sera ici après-demain.
00:59:12Ah bon ?
00:59:14C'est tout ce que vous trouvez à dire ?
00:59:16Ah bon ?
00:59:17Mais Albert Caro est né, il n'est pas venu depuis 20 ans, alors qu'il est invité à toutes
00:59:21les commémorations, toutes les inaugurations.
00:59:23Oui.
00:59:24Or, il vient d'accepter l'invitation de l'Académie des Belles Lettres.
00:59:27C'est quand même pas pour rencontrer Boussignac.
00:59:30Et vous croyez que c'est pour voir Bertrand Barabi, professeur auxiliaire ?
00:59:34Non, mais c'est pour voir Bertrand Barabi, l'écrivain.
00:59:37L'auteur du livre, Jeux d'échecs.
00:59:39Je suis sûre qu'il a aimé votre roman.
00:59:41C'est pour ça qu'il se dérange, c'est pour ça qu'il vient.
00:59:43En tous les cas, vous vous l'avez aimé.
00:59:44Beaucoup.
00:59:45C'est déjà satisfaisant, non, je crois pas.
00:59:47Non, non, il se publie tellement de bouquins dans une année.
00:59:51Oh non, non, ça serait trop...
00:59:53Ça serait trop beau ?
00:59:54Oui, non, non, je veux pas y croire.
00:59:55Non, ça, je veux pas y croire parce que...
00:59:56Je veux pas y croire parce que...
00:59:58Je veux pas être déçu.
01:00:01Bon, moi, je vais finir avec mon élève.
01:00:02Bien.
01:00:08Bon, il y a mieux, hein ?
01:00:09Bon, c'est pas super ?
01:00:10Bon, c'est pas super, c'est taré, il n'y a pas de quoi, c'est bon.
01:00:13Ça le fait rire.
01:00:14Mais...
01:00:15Non, mais ça l'amuse.
01:00:25Attention.
01:00:28Qu'est-ce qu'il va en prendre ?
01:00:29Attention, vous allez voir.
01:00:32Et oui.
01:00:38Alors quoi, Benech ?
01:00:39Trouve-nous un truc, merde.
01:00:41Trouve-nous un truc, merde.
01:01:05Trouve-nous un truc, merde.
01:01:07Et croyez-moi, le calembre reste un genre mineur.
01:01:12Quand Victor Hugo écrit les châtiments, il invective l'empereur.
01:01:16Et quand Rimbaud dit merde à Dieu, il dit pas merde à n'importe qui.
01:01:20Hein ?
01:01:21Vous, vous êtes des organisateurs de petits désordres.
01:01:25Tenez un exemple.
01:01:26Quand Bonneau assassine et tue froidement, c'est un anarchiste à Bonneau.
01:01:32Bonneau, c'est un anarchiste du début du siècle.
01:01:34Bon, oui, exactement, c'est de la bande à Bonneau.
01:01:36Voilà, on parle des tractions avant, mais pas encore des tractions avant, mais il a commencé à faire des attaques
01:01:40avec des voitures.
01:01:41Et les flics n'avaient que des vélos, alors pour le rattraper, c'était pas facile.
01:01:44Et bien quand Bonneau assassine froidement, comme ça, sans un mot, ça c'est le désordre.
01:01:48Quand la sénère m'explique pourquoi, ça c'est le début de la littérature.
01:01:53Bon, ben je recommencerai pour toi tout à l'heure.
01:01:56Bon, alors rassurez-vous, ne vous réjouissez pas trop vite, plutôt, on va pas assassiner des concierges, ni des entaissants.
01:02:04Non, on va simplement essayer au lycée Jean-Vigo de tuer le ridicule.
01:02:07Et croyez-moi, c'est pas si simple.
01:02:10Bon, il y a bien des guitaristes parmi vous.
01:02:13Très bien, des chanteurs.
01:02:15Parfait.
01:02:16Très bien, alors on va répartir les musiciens, les clowns, les acrobates, et comme on aura besoin de chanteuses et
01:02:24de comédiennes...
01:02:26Ouais, ouh, ouh, ouh, je compte sur les donjons de Porte-Cochère.
01:02:30D'accord.
01:02:32Bon, et bien puisque la troupe est au grand complet, il ne nous reste plus qu'à lui trouver un
01:02:35nom.
01:02:35Tiens, les artistes réunis.
01:02:37Ouais.
01:02:37Attention, les dynamités revancent.
01:02:39Ouais, c'est pas mal.
01:02:40Et qu'est-ce que vous pensez de centre d'animation ?
01:02:43Ça fait un peu trop besoin de la culture.
01:02:44Ouais, ouais, ouais.
01:02:45Bon, mais alors, on l'appellera comme vous voudrez.
01:02:47Bah, comme vous le voulez, c'est pas mal.
01:02:49Ouais, ouais, c'est pas mal.
01:02:51Vous mettez les mains comme ça, voilà, la tête droite.
01:02:54Bon, au départ, tous, allez.
01:02:58Musique.
01:02:59Deux, trois, et trois.
01:03:02Et demi.
01:03:05Et demi.
01:03:06Et demi.
01:03:07Et un, deux, trois.
01:03:09Les garçons, et un, deux, trois.
01:03:13D'accord.
01:03:15Bon, très bien.
01:03:16Bon, allez, alors, à la fin de la musique, il y a un noir et les guitares attaquent.
01:03:45Agressif.
01:03:47Descriptif.
01:03:47Moi, monsieur, si j'avais un tel nez, il faudrait sur le champ que je me l'emputasse.
01:03:52Descriptif.
01:03:52C'est un roc, c'est un pic, c'est un cap.
01:03:55Que dis-je, c'est un cap ?
01:03:56C'est une péninsule.
01:03:59Curieux.
01:04:00De quoi sert cette plombe-capsule, d'écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux ?
01:04:04Gracieux.
01:04:05Aimez-vous tellement les oiseaux que paternellement vous vous préoccupate de tendre ce perchoir
01:04:10à leurs petites pattes ?
01:04:11Plus gracieux.
01:04:12Plus gracieux.
01:04:13Recommence, gracieux.
01:04:14Plus, tu vois.
01:04:15Gracieux.
01:04:15Gracieux.
01:04:16Aimez-vous tellement les oiseaux que paternellement vous vous préoccupate de tendre ce perchoir
01:04:21à leurs petites pattes ?
01:04:22Voilà, c'est bien.
01:04:23Prévenant, gardez-vous, votre tête entraînée par ce poids pourrait tomber en avant sur le sol.
01:04:32Comment ? J'ai pas compris ce que t'as dit.
01:04:34Prévenant ?
01:04:35Prévenant, votre tête entraînée par ce poids pourrait tomber en avant sur le sol.
01:04:39Bien, on va reprendre à la fin, là, quand le vicomte te dit bouffon, faquin, buteur de piplas ridicule.
01:04:47Ah, et moi, savinien, Hercule, Cyrano de Bergerac.
01:04:50Très bien.
01:04:52C'est bien.
01:04:53Pourquoi t'as choisi Cyrano ?
01:04:54Mon cher meuf, permettez-moi de vous présenter Mademoiselle Marin, notre célèbre poétesse locale.
01:04:59Et n'oublions pas, monsieur et madame Marchand, deux très précieux amis de la Société d'archéologie.
01:05:07Madame Tuilliers, qui attend le résultat de son intégration de français.
01:05:12Elle est déjà l'auteur d'une remarquable nouvelle, Le ciel au-dessus des nuages.
01:05:18Nous comptons beaucoup sur elle, c'est l'espoir littéraire de notre assemblée.
01:05:23L'espoir bien fondé, j'en suis sûr.
01:05:27Oh, Bertrand Barabie, jeune maître auxiliaire.
01:05:32Et maintenant, mesdames et messieurs, allons rejoindre monsieur le maire et ses altécrits.
01:05:37Il nous attend par ici, mon cher maître.
01:05:39Tenez, si vous voulez bien nous préséder, nous allons vous suivre.
01:05:43Oui, bien, non.
01:06:00Votre livre est beau, monsieur Barabie.
01:06:03C'est le plus beau que j'ai lu depuis bien longtemps.
01:06:07Monsieur Carreau ?
01:06:09Ah, si, j'avais pensé.
01:06:10J'ai quitté cette ville il y a plus de 20 ans.
01:06:14J'y suis revenu pour vous rencontrer.
01:06:18Je vous ai dit que votre livre était beau, mais en vérité c'est bien davantage.
01:06:22C'est une de ses œuvres qui marquent une génération.
01:06:26J'aurais bien aimé vous manifester publiquement mon admiration cet après-midi,
01:06:30mais je crois que vous avez intérêt à, pendant quelque temps encore, à vous cacher derrière votre livre.
01:06:37Me cacher ? Mais pourquoi ?
01:06:39Vous savez, dans une petite ville comme celle-ci, les jalousies vont bon train,
01:06:43puis certaines pourraient vous meurtrir.
01:06:47Je vous devine fragile.
01:06:49On n'écrit pas comme vous écrivez quand on a le cuir dur.
01:06:53Et puis, il sera toujours temps de jeter le masque le jour du prix Goncourt.
01:06:58Le Gant, parce que vous croyez que...
01:07:01Notre maison a une grande chance de l'avoir cette année.
01:07:06Personne n'en est plus digne qu'eux, au point qu'une autre candidature paraîtrait bouffonne.
01:07:11Ils ne penseront pas.
01:07:15Elle habitait à quelques pas d'ici.
01:07:18Elle est juste derrière la gendarmerie.
01:07:21J'avais 19 ans.
01:07:24Je l'aimais.
01:07:26Elle ne m'aimait pas.
01:07:28Mon premier roman, provincial, je l'ai écrit pour la séduire.
01:07:33Et puis, lorsque le livre est sorti, je me suis aperçu que je ne l'aimais plus.
01:07:38Tout mon amour était dans le bouquin.
01:07:42Notre honneur s'appelle littérature, cher M. Barabi.
01:07:45Tout le reste, c'est la vie.
01:07:46Ça ne compte pas.
01:07:49Monsieur Caro, je ne sais pas comment vous remercier.
01:07:53Ah non, non, non, c'est moi qui vous remercie.
01:07:56La lecture de votre roman m'a rejeuné de 30 ans.
01:08:02Et quand je vous regarde, j'ai l'impression que c'est moi.
01:08:09Je ne sais pas quoi vous dire, parce que pour moi, c'est tellement inespéré.
01:08:15Ah, Bergerac.
01:08:17Bertrand Bergerac, voilà votre pseudonyme.
01:08:20Mais, écoute.
01:08:22Non, non, je sais, mais personne ne fera le rapprochement.
01:08:27C'est l'heure de mon train.
01:08:29Je ne vais pas accompagner.
01:08:30Ah non, non, surtout pas, on pourrait nous voir.
01:08:32Mais, vous pourrez toujours me joindre à ce numéro.
01:08:35N'hésitez pas à m'appeler, vous ne me dérangerez pas.
01:08:38Au contraire, vous me ferez plaisir.
01:08:41Au revoir, mon cher maître.
01:08:43Au revoir, M. Caro.
01:08:58Après la proclamation du prix Goncourt chez Drouan,
01:09:02on a attendu en vain l'arrivée du lauréat.
01:09:05On l'a attendu en vain et on ne se faisait pas trop d'illusions,
01:09:08parce qu'en réalité, Bertrand Bergerac, c'est l'arlésienne.
01:09:11Bertrand Bergerac, personne ne l'a encore jamais vu.
01:09:14Et bien sûr, on peut se demander s'il existe véritablement.
01:09:19Albert Caro, vous qui avez été un des plus fervents supporters de Bergerac,
01:09:24vous avez peut-être une petite idée sur la question.
01:09:27Ma chère Denise, tout ce que je peux vous dire, c'est que Bertrand Bergerac existe.
01:09:31Il existe parce que je l'ai rencontré.
01:09:34Oui, pourtant ce qui est troublant, c'est que certains détails du livre
01:09:39ne sont pas sans rappeler certains aspects de votre jeunesse à vous.
01:09:43Ah, je vous vois venir, Denise.
01:09:45Je voulais tout savoir, comme d'habitude.
01:09:47Eh bien, non, non.
01:09:48Vous me faites beaucoup trop d'honneur.
01:09:49Non, ce n'est pas moi qui ai écrit ce livre.
01:09:52Je le regrette, d'ailleurs.
01:09:53Je le regrette beaucoup, parce que c'est un très beau livre
01:09:55et je serais bien fier de l'avoir écrit, mais ce n'est pas le cas.
01:09:58En tous les cas, Albert Caro, vous êtes un des mieux placés pour nous parler du pion.
01:10:05Vous savez, on ne résume pas un chef-d'oeuvre.
01:10:09Comme tous les grands livres, on n'a jamais fini d'en faire le tour.
01:10:14Celui-ci, le pion, il se présenterait plutôt, il fonctionnerait plutôt, si je puis dire,
01:10:20comme une poupée gigogne.
01:10:22À peine à t'on découvert une clé, qu'on en trouve une autre.
01:10:27Le pion, évidemment, c'est le petit surveillant de province chahuté, balotté d'un remplacement à un autre au gré
01:10:37des besoins.
01:10:38En somme, c'est l'histoire d'un pauvre petit maître auxiliaire, auxiliaire ô combien.
01:10:44Et puis, très vite, on débouche sur la situation de l'homme dans notre société,
01:10:52poussé d'un côté, de l'autre, par des courants qu'il ne contrôle pas.
01:10:58C'est merveilleux, Bertrand. C'est extraordinaire.
01:11:02Nous sommes tous télécommandés par...
01:11:05Promettez-moi de ne rien dire, pendant quelque temps.
01:11:07Je vous le promets.
01:11:09Tout ça sur une scène dont le centre est n'importe où et dont les limites ne sont nulle part.
01:11:15En somme, dans ce très beau livre, on part d'un chahut d'écoliers,
01:11:23et puis on finit par rencontrer Pascal.
01:11:28Alors, Bertrand Bergerac restera-t-il toujours l'homme invisible ?
01:11:33Je ne le pense pas. En tout cas, ça m'étonnerait un peu.
01:11:36De toute façon, la décision est entre ses mains.
01:12:19Alors, cher ami, le pion, c'est un sujet que vous connaissez bien.
01:12:23Je viens de terminer le livre, c'est vraiment remarquable.
01:12:25À mon avis, c'est plus qu'un prix concours.
01:12:27C'est un livre considérable.
01:12:29Qui a bien fait écrire un tel chef-d'oeuvre ?
01:12:31Ce ne peut être qu'un grand, un très grand.
01:12:35Un prix Nobel, par exemple.
01:12:36Vous pensez à carreau ?
01:12:38Bien entendu, mon cher Cessapate.
01:12:41Disons même que c'est du carreau en grande forme.
01:12:44Et vous, cher ami, qu'en pensez-vous ?
01:12:47Vous êtes au cœur du problème.
01:12:49Ah, oui, oui, évidemment.
01:12:51Trouvez-vous, dans le livre, que le côté psychologique soit bien rendu ?
01:12:56Eh bien, enfin, c'est-à-dire qu'à vrai dire, je...
01:13:00Non, Barabi, dites-moi ce que vous en pensez.
01:13:04Vous ne trouvez pas qu'on dirait un premier livre ?
01:13:07Faites-moi comme ça, Barabi, et je vous promets que je vous fais titulariser.
01:13:13À propos, Barabi, vous savez que j'ai un problème avec vous.
01:13:18Ah bon ? À cause de l'inspection d'études ?
01:13:20Ah non, là, c'est plutôt moi qui en aurais.
01:13:22Non, non.
01:13:23Madame Tuillier a fait un rapport sur votre correction de composition de français.
01:13:28Ah bon ?
01:13:29Oui, c'est le règlement.
01:13:30Un professeur titulaire doit donner ses impressions sur son remplaçant.
01:13:33Et alors ?
01:13:34Et vous avez dicté, paraît-il, une dissertation type en guise de correction.
01:13:39Non, pas exactement.
01:13:40Enfin, j'ai proposé un plan et quelques articulations.
01:13:42Oui.
01:13:43Eh bien, Madame Tuillier a été très sévère sur votre plan et vos articulations.
01:13:47Et je peux savoir ce qu'elle a...
01:13:49Non, je n'ai pas le droit de vous le dire, mais enfin, j'aime autant que vous le sachiez.
01:13:52Sur le rapport, il y a uniquement qualité littéraire insuffisante.
01:14:16On lit la presse en classe à présent.
01:14:18Les mots croisés, je suppose.
01:14:21Ah, vous voilà, vous, et ça vous tire un sourire.
01:14:24Mon pauvre Barabi, je crains fort que votre carrière dans l'enseignement ne soit sans avenir.
01:14:36Mais cette fois, ce n'est plus une révolte, c'est la révolution.
01:14:40Mais non, mais c'est le bonjour.
01:14:42Quoi ?
01:14:43Mon ami, c'est Bergerac, c'est le bonjour, c'est le bonjour.
01:14:46Ouais !
01:14:49Ouais !
01:14:49Ouais !
01:14:50Ouais !
01:14:51Ouais !
01:14:53C'est impossible avec ces qualités littéraires insuffisantes.
01:14:57C'est qualité litt...
01:14:58Qualités littéraires insuffisantes.
01:15:01Il s'agit bien de monsieur Barabi, alias Bergerac.
01:15:04Mais très exactement, Prigoncouvre.
01:15:06Je suis navré, monsieur le ministre.
01:15:07C'est un rapport que j'ai fait suivre par la voie hiérarchique normale.
01:15:10Vous n'êtes pas là pour faire suivre n'importe quoi.
01:15:13Sinon, je peux faire appel à un employé des postes.
01:15:14Vous êtes là pour contrôler.
01:15:15Je ne vous félicite pas.
01:15:17Je suis navré, monsieur l'inspecteur.
01:15:19C'était l'avis de...
01:15:21Non, j'ai fait suivre le rapport.
01:15:22Vous n'êtes pas là pour faire suivre n'importe quoi.
01:15:24Sinon, je peux mettre à votre place un employé des postes.
01:15:26Votre rôle est de contrôler.
01:15:27Je ne vous félicite pas.
01:15:30Je suis victime d'une cabale, ça c'est...
01:15:33Là, il ne sent pas...
01:15:34Ouh, il y en a un qui va m'entendre.
01:15:36Mais la correction de monsieur Barabilly n'était pas classique du tout.
01:15:39Vous avez même dit que c'était mal écrit.
01:15:42Mal écrit, un Goncourt.
01:15:44Je ne pouvais pas savoir, monsieur Sanseu.
01:15:47Vous auriez dû.
01:15:48Un futur Goncourt, tout de même, ça se remarque.
01:15:58Daniel !
01:16:02Il n'y a pas.
01:16:05Ça t'apprendra à dire du mal de ton professeur de français.
01:16:10Oh, merde, alors.
01:16:12Membre de l'académie des belles lettres de notre ville,
01:16:15madame Tuillier voit son grand talon récompensé
01:16:17par l'agrégation de lettres qu'elle vient de réussir brillamment.
01:16:21Notre ville s'honore de compter parmi ses enseignants
01:16:23la lauréate d'un concours aussi difficile.
01:16:26Ben, bravo.
01:16:27Vous êtes non le seul professeur agrégé du lycée.
01:16:29Ils se sont franchement pas fatigués.
01:16:31Quelques lignes en bas de la rubrique locale.
01:16:33Ben, croyez-moi, c'est la plus lue.
01:16:35Tout le monde est au courant.
01:16:36Vous allez voir.
01:16:43Merci.
01:16:55Merci.
01:16:57Merci.
01:17:11Merci.
01:17:25Pardon, pardon, merci.
01:17:56S'il est vrai que l'amour embellit les femmes,
01:17:58et les autres ?
01:17:59Nous, on n'a pas besoin de se parler.
01:18:00On se comprend.
01:18:01On est sur la même longueur d'onde.
01:18:03Alors maintenant que vous allez avoir un peu de temps libre,
01:18:06jusqu'à votre prochain livre,
01:18:09vous ne croyez pas que l'on pourrait rattraper le temps perdu ?
01:18:12Excusez-moi, je vous l'enlève un instant.
01:18:15Caro m'a téléphoné.
01:18:17Il regrette de ne pas être là,
01:18:19mais il vient cet été passer ses vacances ici.
01:18:21Ça ne lui est pas arrivé depuis, je ne sais pas, 30 ans peut-être.
01:18:26On va aller pêcher les écrevisses.
01:18:28Ah bon ? Vous le connaissez ?
01:18:30Ah oui, il était moniteur de colonie de vacances quand j'avais 7 ans.
01:18:34Il nous emmenait pêcher derrière la gare.
01:18:35Oh, la PACA ?
01:18:36Ah, vous aussi, c'est curieux.
01:18:38Ah oui, ah, j'ai bien connu Caro.
01:18:40Il était encore professeur de lettres quand j'ai été nommé ici.
01:18:44Et puis...
01:18:46Et puis il est devenu Albert Caro.
01:18:50Et moi, je suis devenu censeur.
01:18:53Et alors ?
01:18:54Vous allez vous retrouver les pieds dans l'eau,
01:18:56les pantalons retroussés,
01:18:57à soulever des pierres,
01:18:59comme quand vous étiez enfants.
01:19:01Ah, par ami.
01:19:03Ah, je vous appelle Bertrand.
01:19:05Ça me fait plaisir de parler avec vous.
01:19:06Il aura fallu cette occasion.
01:19:09Écoutez, je ne sais même pas votre prénom.
01:19:11René.
01:19:12Écoutez, René, si vous voulez bien m'emmener avec vous,
01:19:14je vous montrerai des coins du LAPACA que personne ne connaît.
01:19:18Oh, mais je le connais par cœur.
01:19:20Ah, ça, ça.
01:19:21Oh, ça, ça, ça.
01:19:41Même dans ce divertissement,
01:19:42on sent la patte de l'écrivain.
01:19:44Vous ne trouvez pas, chère madame ?
01:19:45Au deuxième degré,
01:19:47je dirais même que c'est une sorte de petit chêneur.
01:19:51Pourquoi, petit chère ami ?
01:19:53Chêneur, tout court.
01:19:58Formidable, très bien.
01:19:59C'est parfait, parfait.
01:20:01Non, non, écoutez, on sait.
01:20:06Bravo, bravo.
01:20:08Bravo, très bien.
01:20:10Chêneur.
01:20:11Bravo.
01:20:14Mais qu'est-ce qu'il se passe ?
01:20:16Ça ne regarde pas.
01:20:17Un grand plus.
01:20:18Tenez à l'Académie des balais.
01:20:23Je sens que ça va être amusant.
01:20:31Je crois rêver, monsieur Barabi.
01:20:36Dans votre classe,
01:20:37c'est perpétuellement
01:20:41le chahut organisé.
01:20:46Vos qualités littéraires
01:20:49sont insuffisantes.
01:20:53Insuffisantes !
01:20:55Et vous prétendriez en plus
01:20:59faire partie
01:21:02de notre belle Académie.
01:21:05n'est-ce que je rêve ?
01:21:10Déjà que, grâce à vous,
01:21:12désormais, je sais
01:21:12que je ne suis pas
01:21:13un grand écrivain.
01:21:14Vous prétendez en plus
01:21:16vouloir me donner des leçons.
01:21:18Vos qualités littéraires,
01:21:20monsieur Barabi,
01:21:21me paraissent trop insuffisantes.
01:21:25Insuffisantes !
01:21:26Vous vous moquez de qui,
01:21:28monsieur Barabi ?
01:21:29C'est un complot.
01:21:31Un coup organisé.
01:21:34Grâce à vous,
01:21:35je viens de perdre
01:21:36mes palmes académiques.
01:21:38Votre carrière
01:21:39dans l'enseignement,
01:21:40monsieur Barabi,
01:21:41est sans avenir,
01:21:42car vos qualités littéraires
01:21:43sont insuffisantes.
01:21:46Insuffisantes !
01:21:47L'action n'est pas
01:21:49du tout classique,
01:21:50monsieur Barbarie.
01:21:52Elle est même mal écrite.
01:21:54Vos qualités littéraires
01:21:56sont nettement
01:21:57insuffisantes.
01:22:01Non !
01:22:02Non !
01:22:03Non !
01:22:05Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
01:22:09D'un pied !
01:22:14Oh !
01:22:16Non !
01:22:17Qu'est-ce que c'est ?
01:22:20Qu'est-ce que...
01:22:22Qu'est-ce que...
01:22:22D'un !
01:22:29Il n'y avait pas été
01:22:30de ma morte, hein ?
01:22:31Manquait un fil de l'hélicoptère.
01:22:35C'est dommage
01:22:36que maman n'ait pas été là.
01:22:37Je serais bien amusée.
01:22:38Ah oui,
01:22:39c'est...
01:22:39c'est dommage
01:22:40qu'elle ne soit pas bien.
01:22:41Vous savez,
01:22:41elle n'est pas bien loin.
01:22:47Bravo, Barabi.
01:22:49Arouette.
01:22:50Arouette.
01:22:51Arouette.
01:22:52Arouette.
01:22:59Arouette.
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