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  • il y a 6 heures
Comme les hommes, les parcs emplissent Mélodie de vie.

Retrouvez « La drôle d'humeur de Mélodie Fontaine » dans La Bande originale sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-drole-d-humeur-de-melodie-fontaine

Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:00Voici Mélodie Fontaine !
00:01Ah oui !
00:04Est-ce que Mélodie, vous n'auriez pas raconté les jardins et les parcs comme ça ?
00:07Mais non, mais pas du... Mais comment vous avez biné ?
00:11Oh, vous avez eu du bol, hein ? Maggy-bol ?
00:14Alors, tous les deux !
00:17Allez, bon, il y a beaucoup trop de douceur dans ce bouquin, tous ces beaux sentiments,
00:21ça m'énerve ça, comment on retrouve ce monde de zinzin après ces balades bucoliques ?
00:24Heureusement, tout n'est pas rose, tout n'est pas vert.
00:27A propos du marché aux fleurs et aux oiseaux, vous écrivez
00:29On comprend alors que le chant des oiseaux, les feuilles, les fleurs ou les arbres
00:33n'inventaient qu'une illusion éphémère de jardin.
00:36Pour que l'on puisse croire au jardin, il faut qu'il y ait des racines.
00:39Ça, avec la chanson derrière et tout, vous voulez que je chiale ?
00:42C'est ça ? J'ai pleuré devant l'étuche, vous voulez ma mort, Hervé ?
00:46Alors, il faut préciser que Sylvain Moser illustre musicalement vos mots.
00:50D'ailleurs, il est possible de lui écrire à Sylvain pour lui demander de nous envoyer la partition par mail.
00:55Alors, moi, j'ai demandé parce que j'adore tout ce qui est gratos.
00:58Moi, j'adore les critiques.
01:00Même si je ne sais pas du tout lire une partoche, je fais tout à l'oreille, moi.
01:04Vraiment tout.
01:04Demandé à Oldelaf, c'est pour ça que j'ai le conduit auditif large et le lobe lâche.
01:08Quand juste fini jardin sauvage, adjectif du subjonctif pluriel, j'ai voulu m'y rendre dans les jardins sauvages.
01:20J'adore les parcs, tous les parcs.
01:22Il y a Jurassic Park, South Park, Park Chanhook, Parkinson, Park Trix Sébastien, tuez-moi, tuez-moi.
01:30Rosa Park, j'arrive plus à m'arrêter !
01:34Comme les hommes, les parcs m'emplissent de vie.
01:38Oh, j'essaye d'être romantique !
01:40Dans le livre, il y a même un plan.
01:43Alors, j'ai cherché le plus proche de chez moi.
01:45C'était le cimetière de Montmartre.
01:47Je risquais de croiser Nagui ou Leila parce qu'ils aiment s'y promener à la tombée de la nuit.
01:50Ils allument des bougies, ils enfilent une toge et ils invoquent l'esprit des anciens.
01:54Guy Lux, Jacqueline Joubert, Christophe de Chavannes…
01:58J'ai choisi un parc absent du livre, direction mon parc de quartier, le square Clignancourt,
02:04que vous connaissez bien, si je ne m'abuse.
02:07Le square Clignancourt, pour ceux qui ne survivent pas à Paris, c'est très cool.
02:11Mais c'est mieux d'y aller après 11h du matin.
02:13Et avant, je veux dire, avant, pas après.
02:15Et il faut aimer l'herbe fraîche, celle qu'on roule.
02:18Et c'est, comment dire, on est loin des peintures d'Alexandre de Broca.
02:22Je pousse la grille rouillée, les barreaux rombissent comme ceux d'une cellule.
02:26Quel plaisir de se sentir prisonnière à l'extérieur.
02:30Ici, Hubert, que l'on surnomme Saint-Huberculose.
02:33Salut Hubert, ta gueule !
02:35Il est charmant.
02:37Là, Hubert enfonce sa pipe à craque dans ses molaires et ses babines.
02:41Et un enfant passe en suçautant son pouce.
02:43Les deux se regardent.
02:44Ils ont chacun quelque chose dans la bouche.
02:46L'odeur d'urine vient me frapper au visage.
02:48Ce n'est pas une image.
02:50De l'urine me gifle, littéralement.
02:51C'est assez désagréable, mais moins que le ballon d'un gosse insupportable
02:55qu'il m'envoie dans la tronche.
02:56Je l'empale sur les grilles du parc et il se dégonfle, puis je m'occupe du ballon.
03:00Sur un banc, une vieille personne semble heureuse d'être encore là, simplement.
03:04J'éprouve une grande tendresse et puis je me dis que c'est peut-être une connasse, on ne sait
03:08pas.
03:09C'est vrai, on considère toujours les vieilles dames des bancs comme des espèces de sages,
03:12mais elle est peut-être fan de Goebbels et adore couper les oreilles des chatons, on n'en sait rien.
03:15Si elle sourit, c'est peut-être en pensant à Sarko, on ne sait pas.
03:18Dans le doute, je l'insulte.
03:20Là, une litière, enfin pardon, un bac à sable.
03:26Malgré tout, l'esprit est puissant.
03:28J'arrive à éprouver de l'amour pour cet endroit piégé entre deux crottes.
03:31Et ça, c'est grâce à votre bouquin, Monsieur le Tellier.
03:33Monsieur le Tellier de Lapin.
03:36Ah, le Tellier Orphonson.
03:39Ah, ça me reprend, arrêtez-moi.
03:45Je l'ai lu comme un livre sur la résistance.
03:48Une résistance de la vie et des souvenirs qui ne veulent pas crever.
03:52Comme le petit bout d'herbe qui pousse et repousse entre deux dalles.
03:55Les racines sont là.
03:56Donc non, je n'aurais pas fait ça comme ça.
03:57Mais c'est très bien que vous, vous ayez fait ça comme ça.
04:00Bravo, Mélopi !

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