- il y a 21 heures
Ce mois-ci, le Journal de la Défense met en avant des parcours de femmes officiers. Leurs récits individuels montrent qu’une passion peut naître et se construire de différentes manières. Et si Nathalie, Anne, Heidi et Lorélie ont accepté de se livrer, c’est pour que d’autres jeunes filles puissent écrire leur propre histoire sous l’uniforme et se dire que désormais : tout est possible.
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00:00...
00:12J'ai pas dit que c'était facile, j'ai dit que c'était possible.
00:16Bravo à vous !
00:17Vous êtes où ?
00:21D'accord, il n'y a pas forcément la distance.
00:24De toute façon, ils ne prennent pas de filles, très bien.
00:26C'est écrit nulle part, donc je vais quand même essayer.
00:30Pour avancer, on a parfois besoin de modèles.
00:33Nathalie, Anne, Heidi et Aurélie ont su tracer leur route.
00:38Aujourd'hui, elles sont des chefs militaires reconnus et respectés.
00:41Des exemples à suivre pour la génération future.
00:44C'est leur histoire que nous allons vous raconter.
00:46Un parcours audacieux, parfois sinueux, résolument inspirant.
00:56Les hommes doivent avoir votre réaction.
00:59J'aimerais bien faire un genre d'entraînement,
01:02vraiment comme les garçons, quoi.
01:06Apprendre parachutisme, plonger, des trucs vraiment bien, quoi, du sport.
01:09Vous servir d'un fusil ?
01:10Oui, oui, oui, oui, apprendre tout, quoi.
01:13Ces jeunes filles vont faire un mois de classe à Brest
01:17et ensuite seront affectées dans les différentes régions maritimes.
01:20Mais quel genre de travaux vont-elles faire ?
01:22De la dachylographie, des standardistes et des aménagères.
01:28On ne reprendra pas le vatiment d'armes.
01:31Effectivement, on voit bien le chemin parcouru, finalement, dans ce domaine.
01:36Mais je pense que les jeunes filles, sur la présentation que vous m'avez montrée,
01:41avaient finalement les mêmes aspirations que moi-même en 1994,
01:47quand je suis entrée dans l'armée.
01:54Ce chemin, Anne Bardi l'a parcouru en tant que pionnière.
01:58Elle fait partie des premières femmes officiers de l'armée de terre.
02:01La 20e, très exactement.
02:04Quand j'ai intégré Saint-Cyr, c'est tout de même le grand saut en avant,
02:08puisque je ne suis pas issue d'une famille militaire.
02:12Ma famille est civile, donc ça a été vraiment la grande découverte,
02:17avec des moments très forts pendant ces trois années.
02:22Elle choisit ensuite l'arme du train,
02:25découvre l'adrénaline des déploiements à l'étranger
02:27et va gravir pas à pas les échelons jusqu'à obtenir son grade de général
02:31et le commandement de la brigade logistique,
02:34soit la responsabilité de huit régiments,
02:377000 militaires et personnels civils, ainsi que 2000 réservistes.
02:42Très bien, merci.
02:44Il y a un événement qui m'a beaucoup marqué,
02:46c'est le piquet d'honneur que nous devions organiser pour son accueil.
02:50Elle y a pris beaucoup de plaisir,
02:52puisque cette veille était très normée à 30-45 minutes,
02:55et finalement ça a duré plus de deux heures et quart.
02:57J'ai vu tout le plaisir qu'elle avait à échanger avec nos soldats.
02:59Je pense qu'elle a mesuré toute la richesse humaine de la brigade.
03:02J'ai eu la chance dans ce piquet d'honneur
03:04d'avoir des représentants de chaque régiment,
03:06qui ont fait le déplacement, parfois de très loin,
03:09puisque j'ai un régiment à Toulon, un régiment à Toulouse,
03:13également à Labracone près d'Angoulême, Nîmes, Toul, Oxone.
03:18Bien sûr, j'ai des gens plus proches.
03:20Et je pense que c'était important,
03:23étant donné les spécialités aussi variées,
03:25de découvrir le parcours de chacun
03:27et de prendre du temps avec chacun
03:29pour bien comprendre leur quotidien.
03:33Lorsque vous prenez le commandement d'une brigade,
03:35je pense que vous mesurez l'ampleur des responsabilités qui vous incombent.
03:40Et donc, vous devez faire un état des lieux très rapide.
03:42En fait, quels sont les régiments qui ont certaines difficultés récurrentes ?
03:47Nous devons aussi penser à la programmation.
03:51Qu'est-ce que nous devons arbitrer rapidement ?
03:53Tout ceci amène à un cycle décisionnel accéléré.
04:00Une obligation, car en opération,
04:03le soutien du combattant est souvent déterminant.
04:07On aura le temps d'annuler encore nos billets ?
04:09Oui, on aura le temps.
04:11C'est très important parce que finalement,
04:13c'est le bout en bout.
04:14C'est le quotidien finalement du soldat.
04:17Notre défi, c'est vraiment le défi de l'urgence.
04:20C'est d'être prêt dès maintenant,
04:23d'être toujours plus prêt en vue d'un engagement
04:27si on nous en donnait l'ordre.
04:29Donc je crois que c'est ça le défi aujourd'hui.
04:33À Paris, sur le site de l'école militaire,
04:36nous retrouvons une aviatrice, Nathalie.
04:39Elle fait partie de la trentaine d'auditeurs français et étrangers du CHEM,
04:43le centre des hautes études militaires.
04:46Si l'école de guerre forme plutôt des commandants
04:50ou des lieutenants colonels
04:50à devenir des chefs militaires interarmés, opérationnels,
04:55le CHEM, lui, se concentre sur le niveau stratégique
04:58et donc forme un nombre restreint de colonels
05:01aux plus hautes fonctions militaires.
05:03Et donc la place du militaire maintenant,
05:04comme le plus ancien, elle évolue aussi ?
05:07Ce qu'il faut savoir, c'est que ce n'est pas un concours.
05:09Les auditeurs sont vraiment sélectionnés
05:11sur leur parcours, leurs compétences,
05:14leurs potentiels,
05:16par les chefs d'état-major d'armée,
05:17que ce soit l'armée de terre, la marine,
05:19l'armée de l'air ou de l'espace
05:20ou les directions centrales des soutiens.
05:24Une reconnaissance
05:25pour celle qui s'est toujours vue porter l'uniforme.
05:28Je viens d'une famille de militaires,
05:31plutôt armé de terre,
05:32donc j'ai grandi dans cet environnement-là.
05:34J'ai très vite été attirée par ce milieu,
05:37les valeurs, la noblesse de la mission.
05:39Et c'est pendant mes années de lycée
05:40et de classe préparatoire en lycée militaire
05:43au lycée naval de Brest,
05:44que cette motivation s'est confirmée.
05:48Et à l'issue des concours,
05:50j'ai choisi d'intégrer l'armée de l'air et l'espace
05:52pour ambition d'y devenir pilote d'hélicoptère.
05:59Après avoir été brevetée pilote,
06:01Nathalie va vivre une carrière opérationnelle
06:03d'une quinzaine d'années.
06:04Elle va enchaîner les escadrons
06:06sur le territoire métropolitain et en Outre-mer,
06:09décrocher ses qualifications en vol
06:11pour accéder au commandement d'une unité,
06:13puis plus tard, à celui d'une base.
06:16La base aérienne, il y en a seulement une vingtaine.
06:19C'est l'outil de combat de l'armée de l'air et l'espace.
06:21Alors quand on vous appelle
06:22et que l'armée de l'air vous choisit pour la commander,
06:24c'est évidemment une immense fierté,
06:26un immense honneur que d'avoir été choisi
06:28pour commander la base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac.
06:31C'est aussi un petit défi,
06:32un petit défi personnel, professionnel.
06:34On se demande toujours si on va être à la hauteur de ses responsabilités.
06:38Maintenant, je me concentre sur mon présent.
06:42Des challenges, justement.
06:43Elle en relève régulièrement comme ce jour-là,
06:46à l'occasion d'un cours de stratégie d'expression
06:48où elle doit s'approprier un texte.
06:50Donc là, tu as très bien réussi l'exercice.
06:53Un atout pour toi, c'est bien évidemment ta voix.
06:55Je pense qu'on en a déjà parlé.
06:58Cette voix te sert bien évidemment.
07:00Et tu as bien incarné le texte.
07:01C'est-à-dire que tu as pris ton temps,
07:03tu t'es approprié chaque mot
07:04et petit à petit, je dirais,
07:06tu nous as accompagnés dans cette lecture.
07:09Et c'était un exercice qui était très réussi.
07:11Merci beaucoup.
07:11La manière dont tu as porté était vraiment...
07:13Peut-être la qualité ou le petit truc en plus
07:15qui fait que je sois ici,
07:17c'est d'avoir su rester moi-même.
07:19D'avoir gardé cette authenticité,
07:22cette humanité,
07:23qui je pense est mienne
07:25depuis mes premiers jours dans l'armée de l'air et de l'espace.
07:28et d'avoir en tout cas gravi les échelons
07:32en gardant en tête ce premier conseil qu'on m'a donné
07:35d'un de mes premiers commandants d'escadron.
07:37Reste toi-même.
07:38C'est comme ça que tu vas réussir.
07:41C'est pour ça qu'on va te choisir.
07:43Et c'est comme ça que tu seras un bon chef.
07:44C'est l'humilité que je remarque chez elle.
07:47C'est-à-dire qu'elle a un parcours quand même assez exceptionnel
07:50et pourtant elle ne laisse rien paraître
07:53et elle est tout à fait humble.
07:55Et puis au quotidien, c'est la bienveillance.
08:00Elle est tous les jours à avoir un petit mot pour les uns
08:04ou pour les autres, se renseigner.
08:08La première auditrice, c'est en 2006.
08:11Et après cette première, on a eu à partir de 2010
08:14une continuité d'auditeurs féminins ou d'auditrices
08:20avec des nombres variables.
08:21C'est monté jusqu'à quatre auditeurs féminins l'année dernière.
08:25On en a deux cette année.
08:26Donc il n'y a pas de quota.
08:26C'est vraiment parce qu'il y a des femmes dans un vivier
08:29de haut potentiel qui ont été sélectionnées.
08:31Je crois que la mixité n'est plus à démontrer.
08:34C'est un outil, c'est une clé de performance.
08:37Pourquoi ? Parce qu'elle permet ne serait-ce que déjà l'évolution,
08:41la transformation des ressources humaines
08:42quand les femmes et les hommes travaillent.
08:45Les regards croisés permettent également d'avoir des analyses
08:50et des perceptions différentes.
08:53Et enfin, je crois que ça crée vraiment de la cohésion et du collectif.
08:58Je voudrais quand même préciser que la mixité
09:02n'a pas vocation à atténuer les différences.
09:05Au contraire, c'est d'optimiser cette complémentarité.
09:15Dans l'est de la France, à Éteint, nous rejoignons le 3e régiment
09:19d'hélicoptères de combat. Cette unité de l'armée de terre dispose d'une trentaine d'aéronefs
09:24et de 850 militaires d'actifs, réservistes et civils de la défense.
09:30Heidi y occupe un poste-clé.
09:32Réunion B8, rassemblée, à faisant le colonel.
09:34Merci Aurélie.
09:36Un bon commandement, repos. Bonjour à tous, asseyez-vous.
09:41Le chef du bureau opération instruction, il s'occupe de la préparation opérationnelle
09:46des personnels du régiment.
09:47Ça veut dire que globalement, on s'occupe de les entraîner,
09:51d'assurer qu'ils ont un niveau d'entraînement minimum pour pouvoir être déployés.
09:56On les instruit aussi, parce qu'il y a des domaines sur lesquels ils sont novices
10:01et on doit les instruire également, et on les projette.
10:04C'est chaque fois nous. Jusqu'à présent, c'était à cause du Puma.
10:06Je veux bien l'entendre, mais il faut arrêter les biais de coutume.
10:10Donc là, moi, je ne suis pas d'accord.
10:13Au sein d'un régiment, comme le mien, c'est à peu près 60 spécialités différentes.
10:19Il n'y en a pas une qui est plus importante que l'autre,
10:21mais finalement, notre finalité, c'est de faire voler des hélicoptères
10:25et les faire voler en opération.
10:27Et donc, c'est pour ça que le poste de chef du bureau opération et instruction
10:31est vraiment central, parce qu'il est au cœur de notre métier.
10:36Un poste exigeant où elle s'épanouit,
10:38mais qui pourtant était loin d'être une évidence.
10:41Quand je rentre à Saint-Cyr, en fait, j'étais plutôt partie pour faire du génie combat,
10:46parce que je voulais quelque chose d'assez, entre guillemets, guerrier sur le terrain.
10:51Et j'étais vraiment partie dans cette optique-là.
10:53Sauf que mon chef de section de l'époque,
10:55ayant vu que j'avais fait un lycée militaire de l'armée de l'air,
10:59que j'avais quand même une appétence pour l'aéronautique,
11:01on va dire, m'incite forcément à aller passer les tests
11:04pour l'aviation légère d'armée de terre.
11:05Et en fait, je réussis.
11:07Et donc là, évidemment, la question s'est posée.
11:10Forcément, ma maman, entre le génie combat et l'aéronautique,
11:14je pense que ça l'a rassurée de me savoir dans l'aéronautique.
11:16Donc du coup, un peu influencée par l'environnement,
11:20on va dire que finalement, je me suis dirigée vers l'aviation légère de l'armée de terre.
11:26Elle trouve rapidement ses marques au 3e RHC,
11:29qui déjà l'accueille pour ses premiers vols.
11:31Mais très vite, la jeune pilote rêve de mission d'exception
11:34et postule au 4e régiment d'hélicoptère des forces spéciales.
11:39À l'époque, mon chef de corps me dit, de toute façon, ils ne prennent pas de filles.
11:42Bon, très bien, reçu mon colonel, mais c'est écrit nulle part.
11:46Bon, je vais quand même essayer.
11:47Et puis, deux semaines plus tard, c'est mon chef de corps qui m'appelle
11:50et qui me dit, oui, il faut rentrer tout de suite,
11:52faire un ordre de, remplir un ordre de mutation.
11:54Alors je lui dis, pour où, mon colonel ?
11:56Il me dit, vous vous moquez de moi ?
11:57Ben non, je ne me moque pas de vous, mais on m'a dit que je ne serais pas muté.
12:00Il me dit, ben si, vous êtes muté.
12:02Ah, bon, très bien.
12:04Dans le sud-ouest, la jeune femme découvre alors une nouvelle famille.
12:07Donc ça, ça a été véritablement un des meilleurs moments, on va dire, de ma carrière.
12:13Après, j'appréhendais un peu parce que le 4e Régiment d'Hélicoptères des Forces Spéciales
12:17travaille avec des unités d'infanterie qui sont quand même plutôt composées d'hommes majoritairement.
12:24Et je pense que je garderai cette image en mémoire toute ma vie.
12:27Quand je me suis posée sur la citadelle du 1er Pays-Mas,
12:31je me pose, on ouvre les portes, j'enlève mon casque
12:34et là, je vois le groupe de commandos qui attendaient pour faire l'entraînement avec nous,
12:38qui m'en regardent comme ça et ils disent au chef de bord, vous avez des filles maintenant ?
12:42Et ce moment est effectivement un peu gravé dans ma tête,
12:46mais le chef de bord lui dit, ben oui, on a des filles.
12:49Et puis comme on connaît les procédures, comme on sait comment on va travailler tous ensemble,
12:52en fait, ça se fait très naturellement.
12:56Au début de ce reportage, il n'était pas écrit que les femmes pilotes prennent autant les commandes.
13:01Mais comment ne pas y voir un signe, un hommage à celle qui en a tant inspiré, Valérie André.
13:08Parachutiste, médecin, pilote d'hélicoptère, puis première femme générale,
13:12elle est une légende des armées françaises.
13:15Et c'est avec son souvenir et dans son sillage que nous prenons la direction de la Bretagne
13:20et plus particulièrement de la base d'aéronautique navale de l'Anvéoc-Poulmique.
13:26Dès notre arrivée, nous sommes happés par le quotidien très dense
13:30de celle qui est à la tête de la 32F.
13:33C'est une flottille qui opère depuis la Terre,
13:37contrairement aux autres flottilles d'hélicoptères de la marine,
13:41et qui assure des missions de secours, de protection et d'intervention depuis des sites à Terre.
13:45Donc moi aujourd'hui, j'ai six hélicoptères à champs 60 dans la flottille.
13:49On est à peu près 80 marins du ciel.
13:52On redécolle, on fait un tour rapide, on se représente, on atterrit.
13:55Les missions, c'est principalement du sauvetage en mer,
13:59depuis les sites de Cherbourg, l'Anvéoc, où nous sommes aujourd'hui,
14:03et la base de Yer, où j'ai également un détachement hélicoptère basé qui opère en Méditerranée.
14:10Je dirais que c'est une chef passionnée, exigeante dans ses missions,
14:17mais je pense que comme la majorité des commandants,
14:20tout en sachant rester assez proche de ses personnels.
14:25Je pense que c'est probablement la raison pour laquelle commande une deuxième fois une fatigue.
14:31On peut avoir tendance à être vite accaparé par nos boîtes mail, par le travail de bureau,
14:37mais moi, j'estime que mon rôle, c'est vraiment d'être auprès de mon équipage
14:43et justement de capter tout ce qu'ils ont à me dire.
14:48Et honnêtement, il y a beaucoup de choses, beaucoup de problèmes que j'arrive à résoudre
14:51parce qu'eux-mêmes m'apportent la solution au quotidien.
14:55C'est donc sans attendre que nous suivons l'Aurélie accompagnée de son commandant adjoint opération
15:00pour un vol de transformation de qualification.
15:04Cet après-midi, nous allons effectuer un vol en patrouille avec un thème tactique
15:08qui va nous amener à contourner toute la pointe bretonne
15:11et aller nous poser sur différents endroits, à la fois des aéroports
15:13et des zones posées, ce qu'on appelle des zones de posée exiguës en campagne.
15:18Ça va permettre de travailler notre capacité à travailler ensemble avec un autre hélicoptère.
15:26A nos côtés, il y a donc un NH90 Caïman.
15:30Et comme si la météo bretonne voulait rendre ce vol unique, c'est un grand ciel bleu qui nous attend.
15:36L'occasion de savourer ce bureau hors du commun
15:39et de découvrir l'outil de combat de la flottille, le H160,
15:44un hélicoptère qui utilise les technologies de dernière génération.
15:49C'est un aéronef qui nous procure beaucoup de sécurité
15:52puisqu'on a un pilote automatique qui nous permet d'avoir des modes de pilotage simplifiés,
16:01de libérer de la charge cognitive pour l'équipage, pour le pilote,
16:05pour pouvoir opérer dans des conditions extrêmes en équipage
16:11tout en ayant un sentiment de sécurité le plus abouti possible.
16:17Fin octobre, on a assuré beaucoup de sauvetage après la tempête Benjamin
16:21dans des conditions avec plus de 100-120 km heure de vent,
16:26de la pluie dans la nuit noire, une mer de 4 à 5 mètres de vagues.
16:32Vous pouvez imaginer que ce sont des conditions extrêmes.
16:35Et c'est un aéronef qui nous permet d'opérer dans ces conditions-là
16:38avec une autonomie de plus de 3 heures.
16:41Donc voilà, on est capable d'aller chercher un naufragé à 300 km des côtes
16:46dans des conditions extrêmes et tout ça en sécurité.
16:51Il y a eu beaucoup de missions de haute voltige
16:54pour celles qui cumulent aujourd'hui un millier de jours de mer,
16:57soit quasiment 3 ans de vie sur des bâtiments de la marine.
17:13J'ai eu une première partie de carrière où j'ai beaucoup embarqué.
17:16J'étais chef de détachement hélicoptère sur hélicoptère Panthère à la flottie 36F.
17:22À cette occasion, j'ai beaucoup navigué, j'ai beaucoup voyagé.
17:26Beaucoup de vols de surveillance maritime en océan Indien, en Méditerranée.
17:32Ce qui est frappant, c'est finalement la recrudescence de tous ces trafics illicites,
17:38que ce soit trafic de drogue, trafic d'armes, trafic d'êtres humains aussi.
17:43J'ai eu l'occasion de faire des missions de lutte contre le narcotrafic
17:46qui sont particulièrement exigeantes, où chaque seconde compte.
17:52Et quand on voit aujourd'hui ce que c'est que comme fléau,
17:55on est contents, on est très heureux, très fiers de faire partie de ce type de mission.
18:01Une vie de passion, une vocation suivie par cet officier issu d'une famille de militaires.
18:07Une vie exigeante aussi, avec ses choix nécessaires et personnels.
18:14Aujourd'hui, je vous parle de la base de l'ANVEOC.
18:17Mon foyer est à Toulon.
18:18Ça nécessite des aménagements, des organisations bien cadrées.
18:24J'ai la chance que mon conjoint comprenne parfaitement ce que je fais et me soutienne.
18:30Donc pour ça, je le vis bien.
18:33J'ai fait le choix personnellement de ne pas avoir d'enfants,
18:36parce que je ne me sentais pas capable d'assurer les deux.
18:40Et que je voulais être pleinement disponible.
18:44Répétition numéro 1.
18:46Nathalie.
18:50Amirale, mesdames et messieurs, je souhaite de l'initiative de la prise de risque.
18:56Pleinement disponible et investie, Nathalie l'est aussi.
19:00Car à Paris, c'est l'heure de vérité.
19:03Dans quelques minutes, elle va devoir présenter avec son comité
19:06le résultat de leurs études stratégiques de début de scolarité
19:09devant un jury de haut gradé du ministère.
19:12Pour que l'intégralité de notre CEDE soit bien tournée vers l'OTAN.
19:15Et c'est elle qui va ouvrir le bal.
19:18La présence d'acteurs privés dans les zones de crise
19:20a toujours fait débat en France et a généré de nombreux rapports.
19:24Depuis l'Irak en 2003, passant par l'Afghanistan et aujourd'hui en Ukraine,
19:29les entreprises de services de sécurité et de défense, les ESSD, se sont multipliées.
19:36L'objectif de ces travaux est de tirer parti du potentiel
19:39qu'offre ce cursus de haut niveau, propice à la maturation intellectuelle
19:43et aux réflexions approfondies sur des problématiques majeures ou d'actualité
19:47en lien avec le monde de la défense.
19:50Ce qui est intéressant, c'est que ESSD, on ne comprend rien que la définition même
19:53de ce que c'est qu'ESSD, c'est à la fois très restrictif et immensément large.
19:58Et évidemment, il faut d'emblée s'éloigner le plus possible de l'image
20:01d'une type qui est sur le terrain avec une galache
20:04et qui fait des choses très militaires dans le sens où on l'entend.
20:08C'était un des premiers grands moments au CHEM
20:10parce qu'on rendait nos travaux devant le numéro 2 des armées.
20:13C'est à la fois un test individuel parce qu'on était face à lui
20:16en tant que jeune chémiste.
20:18Et c'est aussi un test collectif parce que c'est le travail évidemment d'un groupe
20:22mais c'est aussi la représentation de ce qu'est le CHEM
20:24et des attendus qu'on a au niveau de réflexion, de savoir être, de savoir convaincre.
20:30La dimension de ce qu'on fait ici, la difficulté c'est de travailler en commun,
20:35c'est d'élargir les dimensions de notre travail.
20:38De notre armée à l'échelle des armées, des ministères, de l'appareil d'Etat,
20:42d'aller voir des interlocuteurs qui sont plus larges que notre environnement,
20:45propre aux armées à l'action militaire.
20:47C'est vraiment le cœur de notre enseignement.
20:50Un enseignement qui les amènera aux plus hautes responsabilités
20:54et pour la plupart au grade de général.
20:57Vous récupérez vos bancards, vous allez vous mettre en place là-bas.
21:01Pour le reste, vous vous mettez en stand-by au niveau du gymnase.
21:05Sur le camp de la Valbonne, le régiment médical lance la première épreuve d'un challenge sportif
21:11organisé par la brigade logistique en hommage à Alexis Bastine,
21:16boxeur médaillé olympique et soldat du 121e régiment du train.
21:22Une confrontation amicale que leur chef ne voulait pas manquer.
21:27Ma présence montre aussi mon attachement justement effectivement au dépassement de soi
21:33et aujourd'hui à l'aguerissement, à l'importance de l'aguerissement,
21:38de la cohésion, de la fraternité d'armes aussi, en pensant à Alexis Bastine.
21:47Dans un froid saisissant, les équipes venues de tous les régiments de la brigade
21:52doivent transporter, casquer, armer et avec leur musette,
21:56un brancard lesté sur un parcours chronométré de 8 km.
22:03La compétition vise à reproduire les contraintes physiques et mentales
22:07liées à une évacuation sanitaire en condition opérationnelle,
22:11en mettant en avant la rusticité, l'endurance et la coordination des participants.
22:27Au bout de 8 km, on est tout de même épuisés.
22:32Donc effectivement, c'est cette capacité à tenir moralement sur les derniers mètres
22:37et je pense que ça, c'est important pour nos combattants.
22:44Le sport est un facteur majeur de cohésion et c'est une des raisons pour lesquelles,
22:48certes, c'est le métier de militaire, mais c'est comme on sort de la tranchée ensemble,
22:53on doit faire du sport ensemble parce que c'est ce qui s'y rapproche d'une certaine manière.
22:57Et donc ça, pour le coup, c'est un énorme plaisir.
22:59Ce que j'aurais retenu de ma carrière pendant 30 ans, c'est aussi beaucoup une affaire d'équipe.
23:05Et donc je crois beaucoup à l'équipe et on parle de fraternité d'armes.
23:13Et donc moi, c'est toujours ce que j'ai retenu et ce que j'ai retrouvé dans chacune de
23:18mes affectations.
23:19Et ça, c'est un point vraiment, vraiment important de bien s'entendre et de former une équipe
23:25et d'arriver à pousser les gens pour aller toujours plus loin.
23:30OK, poste 3, début de l'exercice.
23:33On essaie votre mission.
23:34De retour à Éteint, nous retrouvons Heidi au centre de simulation du régiment.
23:40Derrière leur poste d'entraînement, elle observe des pilotes, commandants de bord et chefs de patrouille formés à la recherche
23:46de renseignements.
23:47Maintenant, on a parlé des missions du chef du bureau opération instruction, donc concevoir, coordonner.
23:52Et on n'a finalement pas abordé la partie contrôle parce que dans l'armée, on le dit souvent, la
23:57confiance n'exclut pas le contrôle.
23:58Et donc aujourd'hui, je contrôle pour voir dans quelle mesure c'est une réelle plus-value.
24:03Une chef attentive, déterminée aussi à réussir sa vie de maman malgré les contraintes.
24:09Je suis partie récemment un mois, ce qui est un mois est, entre guillemets, ridicule pour nous, puisque souvent quand
24:16on part, on part plutôt 4 à 6 mois.
24:19J'ai un nombre de mamans qui m'ont dit « tu pars, tu pars encore, mais tu pars un
24:24mois ».
24:25Et c'est vrai que c'est quand même un poids, en fait, c'est quand même un poids parce
24:30que, entre guillemets, on se sent jugé.
24:32Moi, je pars un mois, mes enfants sont avec mon conjoint, j'ai une base arrière solide, je pars en
24:39toute tranquillité.
24:39Ce qu'on doit lui reconnaître, c'est sa capacité à avoir pu s'adapter, à avoir pu rebondir, à
24:45avoir pu alterner entre sa vie de famille, qu'elle a menée de front, avec son engagement professionnel.
24:52Et si elle est là où elle est aujourd'hui, c'est pleinement dû à son mérite.
24:58Concilier vie privée et vie professionnelle, un éternel jeu de funambule pour tous ceux qui portent l'uniforme.
25:04Je ne le vois pas comme un choix entre la vie familiale et la vie professionnelle, mais juste, à un
25:09moment donné, on se retrouve face à des choix parce qu'on doit préparer un concours en même temps qu
25:13'à coucher.
25:15Et c'est plus un équilibre plutôt que des freins.
25:18En tout cas, je ne le vois pas comme ça.
25:19Et aujourd'hui, les armées font énormément pour nous permettre de vivre au mieux, et notre vie de maman, de
25:30femme, et notre vie de chef militaire, si on peut dire.
25:35Il y a de nombreux dispositifs.
25:37Moi, je pense notamment à tout ce qui est garde d'enfants.
25:40On a des places réservées dans certaines crèches.
25:43Depuis le plan de mixité 2019, des souplesses, des flexibilités ont été accordées par les gestionnaires,
25:53notamment sur le passage de l'école de guerre, où maintenant, il est plus souple et les créneaux sont plus
25:58étalés.
26:01Je pense que la parentalité est un sujet autant pour les femmes que pour les hommes.
26:06Et ça, c'est un sujet qu'il va falloir peut-être approfondir, surtout sur l'organisation du travail.
26:18Leur parcours individuel montre qu'une passion peut naître et se construire de différentes manières.
26:23Et si elles ont accepté de se livrer aujourd'hui, c'est pour que d'autres femmes puissent écrire leur
26:28propre histoire sous l'uniforme, sans crainte, mais avec des exemples.
26:32L'armée a énormément évolué, l'armée de terre. On est maintenant sur une armée de terre engagée, tournée vers
26:40la haute intensité.
26:42Il y a eu également des évolutions, puisqu'en 1994, il y avait encore des quotas féminins pour entrer dans
26:49l'armée.
26:49Il y avait également des quotas pour le choix des armes. Et aujourd'hui, tout est ouvert, finalement.
26:55Je pense que les freins, c'est des freins que l'on se met soi-même. Et pour ça, il
27:00est important de développer le mentoring.
27:03Je crois que ça, c'est très important, d'accompagner les femmes.
27:07Dans la vie, on a toujours besoin de modèles. De modèles, pas de perfection, c'est absolument pas cette prétention,
27:13mais de modèles plutôt réalistes.
27:15De regarder quelqu'un et de se dire « voilà, elle me ressemble, c'est une maman, elle a le
27:18même profil de carrière que moi, elle a l'air de s'épanouir dans son poste de commandant de base,
27:22elle va au CHEM et c'est possible ».
27:26Je n'ai pas dit que c'était facile, j'ai dit que c'était possible.
27:31Je n'ai pas dit que c'était possible.