- il y a 9 heures
Comment protéger nos communications tout en neutralisant celles de l'adversaire ? Comment manœuvrer sans se brouiller soi-même ?
Ce nouveau magazine vous donnera les clés pour mieux comprendre les enjeux de la guerre dans le champ électromagnétique où l’objectif est bien de comprendre et décider plus vite et surtout d’agir avant l'adversaire.
Ce nouveau magazine vous donnera les clés pour mieux comprendre les enjeux de la guerre dans le champ électromagnétique où l’objectif est bien de comprendre et décider plus vite et surtout d’agir avant l'adversaire.
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00:18Au Moyen-Orient, les frappes de drones et les tirs de missiles ont rappelé une réalité.
00:23Derrière chaque trajectoire, chaque interception, chaque brouillage, se joue une bataille invisible.
00:32Dans un environnement où tous les systèmes sont interconnectés, posséder la maîtrise des ondes est devenu un facteur déterminant de
00:38supériorité sur le terrain.
00:41Comment protéger nos communications tout en neutralisant celles de l'adversaire ? Comment manœuvrer sans se brouiller soi-même ?
00:47Dans ce reportage, des combattants de l'ombre témoignent de manière inédite.
00:54Leur récit nous éclaire sur les enjeux de cette guerre dans le champ électromagnétique, où l'objectif est bien de
00:59comprendre et décider plus vite, et surtout d'agir avant l'adversaire.
01:14Les spécialistes de la planification vous le diront.
01:17Sans renseignement, aucune opération n'est possible.
01:20C'est donc avec lui que notre histoire commence.
01:24Ce renseignement peut être d'origine image, humaine, mais aussi électromagnétique.
01:30Comprenez qu'il peut provenir de l'interception des émissions radios et radars, ou de l'étude des réseaux de
01:36télécommunications.
01:37Et dans ce domaine, la direction du renseignement militaire dispose d'un centre expert.
01:42La mission première du CF-3E va être d'orienter tout type de capteurs spatiaux, comme par exemple la constellation
01:50Cérès,
01:51de capteurs embarqués, comme le Dupuy-de-Longue, de capteurs aéroportés, comme l'avion Vador,
01:56ou encore de dispositifs terrestres qui permettent, au plus près des forces adverses, de pouvoir recueillir du renseignement d'origine
02:03électronique.
02:06Souvent, l'ennemi, avant même qu'il ne lance une offensive ou une action cinétique, va devoir mettre en place
02:13ces éléments, ces forces,
02:15et nous aurons des signaux faibles qui permettront d'anticiper la mise en place des moyens ennemis
02:22qui sont prêts à frapper les intérêts de la France ou de nos partenaires.
02:27En parallèle, nos moyens, qu'ils soient terrestres, aériens, navals ou spatiaux, doivent eux aussi sans cesse être développés en
02:34masse et adaptés aux nouvelles technologies.
02:37Et justement, imaginer les combats futurs, c'est en partie le rôle du ComCyber qui rassemble l'ensemble des forces
02:44de cyberdéfense du ministère.
02:47Ce commandement a d'ailleurs été désigné pour encadrer la guerre dans le champ électromagnétique au sein des armées françaises,
02:54et vous allez comprendre pourquoi.
02:57Dans la typologie des conflits aujourd'hui, on parle du triptyque compétition, contestation, affrontement,
03:05on se rend compte qu'en fait, les courbes de la guerre électronique et du cyber se croisent.
03:09C'est-à-dire que pendant la phase de compétition-contestation, les acteurs, les armées s'affrontent dans le domaine
03:15du cyber,
03:16si tôt qu'on bascule dans le domaine de l'affrontement, les opérations, les combats ont davantage lieu dans le
03:25champ spectral,
03:26et c'est la guerre électronique qui prédomine à ce moment-là.
03:29Et donc en fait, de pouvoir combiner GE et cyber nous permet de démultiplier les effets de l'un et
03:35de l'autre.
03:36La guerre dans le champ électromagnétique doit avoir une coordination haute afin de réaliser deux choses.
03:41Tout d'abord, se défendre face à des contestations, des entraves, des tentatives de dégrader cette connectivité de la part
03:49de nos adversaires.
03:50Nos adversaires peuvent en être capables.
03:52On le voit à travers, par exemple, l'entrave des moyens satellitaires lors de l'offensive russe en Ukraine en
04:00février 2022,
04:01ou encore plus récemment en Iran, lorsque le régime politique arrête, entrave l'utilisation de Starlink pour sa population.
04:11On voit qu'ils en sont capables et donc il va s'agir dans les combats futurs de se défendre
04:15face à ces actions.
04:16Mais également, on peut saisir des opportunités opérationnelles d'attaquer dans le champ électromagnétique,
04:23d'être plus offensif, de vouloir dégrader la connectivité des armées adverses.
04:28Le chiffrement, le masquage, la robustesse des communications, c'est quelque chose à quoi la guerre ELEC a toujours été
04:36confrontée depuis sa création.
04:38Et c'est même sa raison d'être.
04:39Ce qui est plutôt nouveau aujourd'hui, c'est le phénomène de massification avec cette démocratisation des technologies
04:47et la volonté de pouvoir noyer des communications dans une saturation de l'espace électromagnétique.
04:55C'est ce qu'on voit notamment en Ukraine, avec ce mur de brouillage le long de la ligne de
05:01front,
05:01où sur 20 kilomètres, vous avez des brouilleurs, des drones, des robots et donc une saturation de l'espace électromagnétique.
05:10Et réussir à détecter une menace dans ce magma d'émissions électromagnétiques, c'est un vrai challenge.
05:18Face à ces enjeux, le COM-Cyber développe activement la coordination des capacités de guerre électronique
05:24déjà déployées au sein des armées afin d'optimiser leur efficacité opérationnelle.
05:29Car chaque onde captée sur le terrain devient une pièce du puzzle.
05:34Toutes possèdent une signature spécifique qui va enrichir une mémoire.
05:38Il est essentiel dans le domaine du renseignement électromagnétique de disposer de bibliothèques de données
05:44qui permettront à la fois dans le milieu des communications ou des radars
05:49de disposer de suffisamment d'éléments techniques
05:52qui nous permettront de programmer les contre-mesures électroniques
05:57de nos moyens engagés sur le terrain d'opération.
06:03Pour collecter ces informations, le 54e régiment de transmission de l'armée de terre
06:08est un maître en la matière.
06:10Son rôle, écouter et transmettre à l'état-major, est sur ordre, brouillé.
06:15Quelque part dans l'est de la France, une équipe en entraînement est à l'affût du moindre signal.
06:21Une émission surgit.
06:24Chef, on a intercepté au nord de Hoffen un relevé radiogonométrique.
06:32Et en quelques secondes, la fréquence est identifiée, localisée, classifiée.
06:37L'ennemi ne sait pas encore qu'il vient d'être repéré.
06:40Dans le domaine de la guerre électromagnétique, la furtivité et la rapidité sont essentielles.
06:45Le but de l'exercice, c'est d'entraîner ma compagnie
06:47au mode d'action de la guerre électronique dans la zone des combats.
06:51Et également de tester nos nouvelles capacités opérationnelles de guerre électronique tactique.
06:57Je déploie deux sections.
06:59La première, c'est une section de guerre électronique blindée de zone,
07:03équipée d'un système qu'on appelle le système LYNX,
07:06un système d'interception et de localisation,
07:08qui a pour but de surveiller une zone de 50 km par 50 km
07:13à la recherche de tout émetteur radio ennemi.
07:15Et le but, de les intercepter, de les localiser.
07:18Je déploie aussi une deuxième section,
07:21une section de guerre électronique blindée de contact,
07:23qui est équipée des tout premiers servols de guerre électronique de l'armée de terre,
07:29qui permettent eux aussi d'intercepter et de localiser les émetteurs ennemis,
07:32mais eux au plus proche de la ligne de contact.
07:36On va arriver sur une position,
07:38on va mettre en œuvre nos moyens en à peu près une minute.
07:41Une fois qu'on est en place,
07:43on est capable d'intercepter absolument tout ce qui passe sur le spectre électromagnétique
07:49à plusieurs dizaines de kilomètres facilement.
07:52On a un capteur qui est ultra performant,
07:54que ce soit dans son interception ou alors dans même sa localisation.
07:58On pourrait avoir des azimuts extrêmement précis
08:01et des coordonnées GPS à la dizaine, voire centaine de mètres près.
08:07Les moyens sont complètement différents.
08:09L'année dernière, on était sur une portée beaucoup plus diminuée.
08:13On parlait de 2 à 3 kilomètres de l'émetteur
08:17pour pouvoir avoir des belles interceptions
08:19et surtout des localisations assez fiables.
08:21Là, maintenant, on peut rester à plus de 10 kilomètres facilement de l'émetteur.
08:26Et on a la partie protection, mobilité avec le Cerval.
08:31Mobilité parce qu'on peut aller absolument partout.
08:39Intercepter, cartographier, transmettre.
08:41Cette capacité opérationnelle de guerre électronique tactique
08:45offre au chef une profondeur invisible.
08:48Mais les combattants du 54e régiment de transmission
08:51ne traquent pas uniquement les communications.
08:56Ils sont aussi devenus experts dans la lutte anti-drone.
09:00Un savoir devenu essentiel
09:02car ces appareils sont désormais omniprésents sur le champ de bataille.
09:08Un drone va très vite.
09:09Certains modèles filer à plus de 150 kilomètres heure.
09:12Donc nous devons être aussi agiles que lui
09:14et être rapides et réactifs pour le localiser
09:16et pouvoir effectivement agir dessus.
09:18Sur une phase de brouillage,
09:19le paramètre sur lequel nous allons pouvoir agir,
09:22c'est la fréquence.
09:23Une fois que la fréquence du drone a été détectée
09:25ou de la télécommande,
09:26nous allons pouvoir mener une action
09:27contre la télécommande ou le drone.
09:30Donc lorsqu'on met en œuvre le brouillage,
09:32on voit un effet soit sur le drone directement,
09:36soit au niveau du télépilote.
09:37Donc le drone va pouvoir se poser
09:39puisqu'ils ont une programmation
09:40qui leur permet de faire une pause en sécurité
09:43ou alors faire un retour au niveau du télépilote.
09:50Le tout sans perturber évidemment les communications amies.
09:56Alors déjà, il faut savoir qu'il y a différents types de brouillage.
09:59Donc on apprend à utiliser un brouillage spécifique
10:03plutôt qu'un autre,
10:04déjà pour essayer de préserver les communications amies.
10:06et sinon, on peut aussi sur nos capteurs
10:09utiliser des programmations
10:10qui nous permettent d'isoler les fréquences amies
10:13et donc de les protéger
10:14et de brouiller exclusivement les fréquences ennemies.
10:17Tu peux me confirmer le brouillage sur la 2412 ?
10:21Cet après-midi, on va passer sur deux groupes.
10:24Le VAB numéro 2, le groupe 2
10:25qui va faire de la lutte anti-drone
10:27au travers d'un cours sur le brouillage
10:29et le deuxième,
10:31donc le VAB groupe numéro 3
10:33qui va faire du survol de drone
10:36à travers la reconnaissance d'un plan d'implantation.
11:0421, perte de liaison vidéo avec le drone,
11:06sûrement suite à du brouillage,
11:07je décroche.
11:15Cette menace drone,
11:16nous la retrouvons également
11:17au beau milieu des mers et des océans.
11:20En effet, ici,
11:21le danger peut surgir à très grande vitesse
11:24depuis les profondeurs,
11:25la surface ou dans les airs.
11:27Alors pour les marins,
11:29l'enjeu est avant tout d'éviter le contact.
11:32Sur le pont de l'Alsace,
11:34frégate spécialisée dans la défense antiaérienne,
11:37l'horizon semble dénué de toute activité.
11:40Mais les écrans racontent une autre réalité.
11:43Des signaux apparaissent,
11:44disparaissent,
11:45se superposent.
11:46à tous,
11:47et on a levé swinger.
11:55J'associe la piste avec la 07-21,
11:58je place la piste hostil missile,
12:00liberté GE.
12:01Hostil missile dans l'Alsace 207.
12:03J'associe les deux pistes, hostil missile 0222.
12:06Un missile guidé par un radar, un drone en approche ou une émission suspecte.
12:12En mer, ce que l'on ne voit pas peut frapper en premier.
12:16A tous de jeu, brouillage en cours, tir de l'ordre en 5 secondes.
12:19La détection électromagnétique est donc indispensable pour la protection de la frégate et celle des navires qu'elle peut escorter.
12:26Elle est la nouvelle longue vue des marins.
12:28Tous les jours, mes hommes analysent et perçoivent des signaux qu'ils peuvent voir sur leur console grâce à leur
12:36matériel,
12:37qu'ils vont ensuite analyser, transmettre vers les organisateurs de manière quotidienne,
12:41qui eux vont faire une analyse de second niveau, plus précise, pour pouvoir ensuite alimenter des grandes bases de données.
12:47Et ces organisateurs, la Direction générale de l'armement, le Centre de renseignement de guerre électronique,
12:51vont pouvoir alimenter justement nos industriels, nos chercheurs, de manière à ce qu'ils développent des technologies,
12:58des techniques, de manière à pouvoir répondre aux menaces d'aujourd'hui et de demain.
13:03La frégate Alsace, particulièrement, a une panoplie complète, tant dans la partie détection,
13:08qui assure la fonction de surveillance, pour donner du préavis à nos hommes.
13:12Nous avons également des capacités de défense, principalement mises en œuvre avec nos brouilleurs,
13:16nos lance-leurs, face principalement aux menaces anti-missiles, la grande doctrine que nous avons aujourd'hui,
13:22face à la menace missile, et également face aux drones.
13:25La guerre électronique a toujours été un domaine d'excellence français,
13:29que ce soit de la part de nos industriels comme de nos marins.
13:34Et donc il faut maintenir l'avantage qu'on a acquis avec toute l'expérience accumulée ces dernières années,
13:40et dans la compréhension du spectre.
13:42Il va falloir que nos capacités de défense soient toujours efficaces,
13:47elles le sont, et il faut maintenir cette efficience.
13:51Une des actions sur lesquelles on travaille, c'est de droniser nos capacités de guerre électronique,
13:56pour pouvoir multiplier les domaines d'emploi, les domaines d'action.
14:01Pour l'instant, les domaines sont rattachés à l'unité,
14:04qu'elles soient aéroportées sur un hélicoptère, un avion de patrouille maritime,
14:08qu'elles soient embarquées à bord d'un bâtiment de la marine ou d'un sous-marin.
14:12Mais on va essayer de droniser ces systèmes pour pouvoir multiplier les effets.
14:19Actuellement, le spectre électromagnétique, il est utilisé par tout le monde,
14:23que ce soit le monde militaire, mais comme le monde civil.
14:27Et donc, avec l'essor du numérique, on fait face à un volume croissant de données.
14:33Et là où l'humain, avant, pouvait prendre le temps de capter, d'analyser, d'identifier,
14:41et bien là, l'humain commence à saturer.
14:43Et donc, on s'emploie sur de nouvelles technologies, dont l'IA.
14:46L'IA qui va permettre de pouvoir décharger l'humain de tous les signaux connus
14:56pour ne s'intéresser qu'au signal utile,
14:59à celui qui va permettre de révéler une situation, un point de rupture,
15:06où l'humain aura toute sa flux-value à analyser,
15:09à comprendre ce que veut dire ce signal et à pouvoir l'utiliser.
15:12Ça veut dire qu'on engage aussi l'avion qui a tiré à passer à l'analyse.
15:18Devant les quantités astronomiques de données recueillies,
15:21l'intégration d'outils d'intelligence artificielle apparaît aujourd'hui essentielle.
15:26Mais un défi en chasse un autre, et une nouvelle problématique se dessine.
15:30La sophistication des appareils comme des émissions.
15:39Sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan,
15:42l'ensemble des spécialistes des domaines radios et radars
15:45travaillent sur cette question.
15:47Ils expérimentent régulièrement des matériels
15:49et développent des procédures
15:51afin d'acquérir la maîtrise du spectre électromagnétique.
15:55Aujourd'hui, on a des technologies de plus en plus poussées,
15:58notamment grâce à l'utilisation du numérique
16:01qui permet d'utiliser des programmations numériques
16:04de ces sauts de fréquence, par exemple,
16:07mais également des formes d'ondes
16:09qui sont de plus en plus sophistiquées.
16:12L'onde n'est plus...
16:13Vous savez, on avait l'image d'une onde
16:15qui est une sinusoïde.
16:17Aujourd'hui, c'est beaucoup plus complexe que ça.
16:18Et on arrive à avoir des ondes qui évoluent quasiment...
16:22Tous les jours, on invente des nouvelles formes d'ondes.
16:24Donc, il faut s'adapter à ça.
16:25Il faut adapter nos outils de brouillage
16:27et puis il faut aussi adapter notre capacité
16:30à percevoir les ondes
16:31et à surveiller ce spectre électromagnétique.
16:35Aujourd'hui, on voit qu'on a une prolifération
16:38ou en tout cas, sur tous les théâtres,
16:40on a de plus en plus de systèmes de déni d'accès.
16:44C'est notamment les systèmes de défense solaire
16:46qui font que c'est très, très difficile
16:49de pénétrer un territoire ennemi
16:51sans risquer des pertes massives.
16:53Avec l'emploi d'outils de guerre électromagnétique offensives,
16:58on va pouvoir perturber ce système de défense ennemi
17:02que ce soit les systèmes solaires, les radars, les radios
17:05mais également tout le système intégré de défense aérienne ennemi
17:08pour permettre à nos ARNF, à nos effecteurs, à nos drones
17:13de passer en ayant moins de chances d'être interceptés par l'ennemi.
17:19Comment est-ce qu'on peut éviter de se faire intercepter
17:21d'être un détective ?
17:23Un détective, comment ?
17:25Mincoms, pour éviter le brouillage radio,
17:28pour éviter de se faire gognoter
17:29et surtout low level
17:31pour justement éviter de se faire voir
17:33par les systèmes aéroportés ou par les systèmes solaires.
18:12Neutraliser temporairement la défense adverse pour créer une fenêtre
18:15et passer en territoire hostile,
18:17c'est un combat silencieux mais capital pour la réussite des opérations.
18:23Dans le cockpit, tout repose sur des flux imperceptibles.
18:27Radars, liaisons de données, positionnement satellite
18:30et si ces derniers sont brouillés, l'avion perd ses repères
18:34et donc une partie de son efficacité.
18:38En conséquence, les rafales sont dotés de systèmes d'autoprotection
18:42qui détectent les radars et missiles ennemis,
18:45les identifient et localisent leur position.
18:48Et si nécessaire, ils sont aussi capables de brouiller la menace.
18:56Dès qu'on commence à faire des missions,
18:58on va tout de suite reposer sur cette fusion de données
19:03pour avoir une conscience de la situation
19:04qui passe par des capteurs
19:06qui vont utiliser du coup le champ électromagnétique.
19:08Tout le monde a entendu parler avec le rafale de Spectra,
19:10c'est la bule d'autoprotection autour du rafale.
19:12Donc beaucoup de capteurs, beaucoup de fusions de données.
19:16Le but étant qu'à partir de tout le spectre électromagnétique,
19:19on soit capable de dire qu'il y a une menace à tel endroit.
19:22menace solaire, menace RR,
19:24et qu'on soit capable de dire qu'elle est dans cette direction,
19:26à cette distance, pour pouvoir, nous, agir en conséquence,
19:30l'éviter, la traiter, ou en tout cas, la prendre en comptoir.
19:35Et c'est quelque chose sur lequel il y a beaucoup de secrets.
19:38Parce que, typiquement, nous, dans nos avions,
19:43on a un radar, on a beaucoup de capteurs,
19:47et le but, ça va être de réussir,
19:49grâce à ces rayonnements qu'on émet et qu'on reçoit,
19:52de comprendre ce qui se passe le plus loin possible.
19:57Et, en fait, il y a beaucoup de finesse dans ces choses-là
19:59qui sont déjà confidentielles,
20:02et qu'en fait, on garde pour nous.
20:04En fait, c'est un peu comme un jeu de cartes.
20:05On a des cartes, et plus on en utilise, plus on en montre,
20:09plus les personnes en face de nous seront capables de nous brouiller.
20:12Ils connaîtront nos fréquences, ils connaîtront nos moyens d'action,
20:15nos moyens de contourner les brouillages, etc.
20:18Et du coup, c'est ça qui est assez difficile,
20:20c'est d'expliquer aux gens que c'est primordial,
20:22mais on ne peut pas trop vous en parler.
20:25Dans ce jeu de cartes, la France a un joker,
20:28ses satellites militaires.
20:32À des centaines de kilomètres plus haut,
20:35se trouve un nouveau terrain d'affrontement
20:37qui a nourri l'imaginaire des romans et des films d'anticipation
20:40durant près d'un siècle,
20:42l'espace.
20:45Il a pris une importance croissante
20:47dans les conflits et rivalités modernes,
20:49car paralyser un satellite,
20:51c'est avant tout paralyser l'activité sur Terre.
20:54Ils assurent communication, navigation, renseignement.
20:58Sans eux, plus de synchronisation globale.
21:01Ils peuvent être brouillés, éblouis, perturbés.
21:04L'espace n'est plus un sanctuaire,
21:06il est devenu aussi un milieu contesté.
21:09Protéger ses capacités,
21:10les durcir, anticiper les attaques hybrides,
21:13c'est préserver l'autonomie stratégique.
21:15Dans les conflits modernes,
21:17la maîtrise de l'espace et du spectre électromagnétique
21:19est un déterminant du succès des opérations.
21:23Les satellites militaires français
21:24font face à différentes menaces électromagnétiques graves.
21:28Le brouillage de masse
21:29qui cible les signaux GPS, GNSS
21:31ou de télécommunications.
21:33Ce brouillage, il est irresponsable
21:35parce qu'il est indéterminé.
21:36Il brouille l'ensemble d'une zone
21:37et il met en péril
21:39le transport aérien et le transport maritime
21:42sur le flanc nord et sur le flanc est de l'Europe.
21:45Ensuite, on a des attaques hybrides,
21:47cyber et électromagnétiques
21:48qui visent des infrastructures au sol
21:50comme les centres de contrôle
21:51ou les centres de mission des satellites
21:53ou les systèmes orbitaux eux-mêmes
21:56en venant perturber les liaisons,
21:57donc les télécommandes
21:58qui montent vers le satellite
21:59ou les télémesures,
22:00les données qui descendent du satellite.
22:02On a également des armes à énergie dirigée
22:04comme le laser anti-satellite
22:06et qui viennent éblouir,
22:08voire aveugler le capteur optique
22:10d'un satellite de reconnaissance
22:11afin d'empêcher le recueil
22:14ou la captation d'imagerie
22:16d'une zone d'intérêt.
22:19Et enfin, nos compétiteurs développent
22:21notamment des micro-ondes
22:23à haute puissance dirigées
22:25qui permettent d'endommager
22:26ou détruire l'ensemble de l'électronique
22:28d'un satellite,
22:29que ce soit de la charge utile
22:30ou de sa plateforme.
22:31Sur Terre, en mer,
22:34dans le ciel, l'espace ou le cyber,
22:36c'est un champ de bataille
22:37en cinq dimensions.
22:38Le spectre électromagnétique
22:40traverse tous les milieux.
22:42Il impose coordination,
22:44anticipation et innovation permanente.
22:46En réponse à l'industrialisation
22:48de ses capacités,
22:50les armées françaises
22:51renforcent leurs moyens.
22:52Ce qui fait que la France
22:54est une nation qui est en pointe,
22:55c'est la diversité des capteurs
22:58qui sont mis en œuvre.
23:00et qui nous permet,
23:02sur le plan mondial,
23:03de figurer dans un top 3
23:06des nations qui effectuent du REM.
23:08Dans les conflits à venir,
23:10la question du comment mieux protéger
23:12nos espaces aériens et nos sociétés
23:14contre des menaces émergentes
23:15s'impose donc au-delà
23:17des seuls terrains de combat.
23:19Le COM-Cyber développe par exemple
23:21un outil de planification
23:22et de conduite d'opération
23:24dans le champ électromagnétique
23:26et pense également au coup d'après
23:27en imaginant déjà
23:29les applications de la physique quantique.
23:31C'est indéniablement un sujet
23:34prospectif auquel il faut s'attacher
23:37à réfléchir.
23:38Effectivement, le quantique permettra
23:40de démultiplier la connectivité,
23:42démultiplier la sécurisation
23:44des communications
23:44ou la sensibilité de capteurs.
23:47Et ces trois éléments-là déjà
23:48touchent directement
23:49ce que pourrait être
23:51la future guerre
23:52dans le champ électromagnétique
23:52de demain.
23:54À tous les jeux,
23:55perception d'approble
23:56drone Azimut 296.
24:03La guerre des ondes
24:04ne remplace pas
24:05la guerre physique
24:06mais elle la précède,
24:08la conditionne,
24:10la façonne
24:11et surtout l'élargit
24:12au monde civil.
24:14Dans un monde
24:14saturé de signaux,
24:16la supériorité militaire
24:18se joue aussi
24:19dans ce que l'on ne voit pas.
24:20Et parfois,
24:22c'est là que tout commence.
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