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  • il y a 2 jours
Luc Frelon est parti à la rencontre du batteur de Gojira, Mario Duplantier, autour du parcours musical du groupe metal français, de leur éveil à la musique enfants à leur découverte du metal, de leurs influences à la musique qu'ils écoutent aujourd'hui ou aux groupes qu'ils ont croisés sur la route depuis 25 ans.

Retrouvez l'émission dans son intégralité : https://www.radiofrance.fr/fip/podcasts/speciales-fip/speciale-gojira-avec-mario-duplantier-3493445

Interview : Luc Frelon
Image et prise de son : Greg de MUSinc
Montage : Lolita Alasluquetas

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Musique
Transcription
00:00Mario, on ne va pas reparler des JO, on ne va pas reparler de la tournée française de novembre-décembre.
00:06On verra s'il nous reste un peu de temps derrière.
00:08Mais là, j'ai plus envie que tu nous fasses plonger dans l'univers musical autour des Gojira,
00:14de quand vous étiez tout petit à Ondres, jusqu'à aujourd'hui, ce que vous pouvez écouter.
00:18On va démarrer par le début.
00:19C'était quoi l'environnement musical dans la maison familiale, quand vous étiez gamin ?
00:25Notre mère étant américaine, il y avait beaucoup de musique anglo-saxonne.
00:27Il y avait beaucoup les Beatles, Tina Turner, Michael Field, beaucoup de musique classique aussi.
00:34Mon père était un peu plus traditionnel, il aimait bien la chanson française, tu vois, Brel.
00:39Il écoutait même des fois du Johnny Hallyday, tu vois.
00:42Mais c'est vraiment par le biais de notre mère qu'on a été en connexion avec des choses un
00:47petit peu plus sophistiquées, je dirais.
00:49Laurie Anderson, je me rappelle, il mettait ce vinyle avec cette chanson « Oh Superman » qu'on écoutait tout
00:53le temps.
00:53Et moi, c'est un truc qui m'a vachement envoûté quand j'étais petit.
00:56Une espèce de boucle expérimentale hyper émotionnelle avec du vocodeur.
01:01Et c'est le genre de mélodies, moi, qui m'ont marqué à vie.
01:04Beaucoup de Tina Turner, comme je disais, les Beatles.
01:07Avec Ike ou sans Ike ? Tina Turner 60s, 70s ou plus Mad Max ?
01:10Ouais, vraiment les débuts.
01:12Ouais, il me semble.
01:13Alors voilà, après moi, je sais pas, je dis ça, mais c'est des souvenirs d'enfance.
01:17Pas beaucoup de hard rock, tu vois, mais beaucoup de musique classique.
01:25Et après, la musique indienne.
01:26Ça, c'était la connexion que ma mère avait avec, c'était son côté très spirituel.
01:31Elle était très intéressée par la philosophie bouddhiste.
01:35Elle avait des espèces de gourous comme ça, indiens, Krishna Macharya et tout ça.
01:40Elle lisait des bouquins en boucle.
01:41Et il y avait la musique indienne traditionnelle, le cithare, la cithare, les tablas qui résonnaient à la maison tout
01:48le temps.
01:49Et moi, c'est ce que j'écoute le plus dans ma playlist Spotify.
01:52C'est pour ça que j'ai 95 ans sur ma truc.
01:56C'est parce que j'écoute beaucoup de musique indienne traditionnelle, énormément.
02:00Est-ce qu'il y a des artistes ou des morceaux de cette époque que tu continues d'écouter avec
02:04plaisir ?
02:04Ou c'est vraiment des Madeleines de Proust sur lesquelles tu retombes à l'occasion ?
02:07Michael Field, l'album Crisis, on continue à l'écouter, mon frère et moi.
02:11Encore aujourd'hui, je l'ai écouté il n'y a pas longtemps dans ma voiture.
02:15Les Beatles, ça revient aussi.
02:16Donc, ce n'est pas que de la nostalgie ou des flashs comme ça de l'adolescence ou l'enfance.
02:23C'est vraiment des sons qui sont importants encore aujourd'hui.
02:27Et Beatles, Lennon ou McCartney, alors ?
02:31Les deux ensemble, quoi.
02:32Je ne sais pas.
02:34La discographie complète est fabuleuse.
02:36Il y a des titres qu'a écrits McCartney qui sont pour moi incroyables.
02:40Eleanor Rugby, par exemple, c'est un de mes morceaux préférés.
02:42Mais après, She's So Heavy aussi.
02:45Je ne sais pas qui a écrit.
02:45C'est McCartney.
02:46C'est McCartney.
02:47Bon, alors McCartney.
02:48Et Alter Skelter, c'est McCartney.
02:49OK.
02:50Comment de cet environnement musical, familial, où vous subissez pas, vous évoluez dans ce qu'on vous propose, ce que
02:59vous propose vos parents, vous basculez tranquillement, Joe et toi, vers le métal ?
03:04Alors, je dois quand même dire que l'ouverture d'esprit de notre famille a aussi fait qu'il n
03:09'y avait pas de frontières.
03:10Tout était possible.
03:12Nos parents étaient très, très, très ouverts.
03:14Ça, c'était chouette.
03:15Ce qui fait qu'il n'y a pas eu de problématique d'aller, je ne sais pas, de glisser
03:20vers des terrains qui auraient pu être un petit peu borderline pour eux.
03:25Mon frère a donc découvert le métal grâce à un cousin à lui qui s'appelle Bastien Duplantier, que je
03:30salue.
03:30On ne fait que le saluer à chaque fois parce que, quand même, finalement, il a son rôle au jour
03:34d'aujourd'hui.
03:35Il a fait découvrir Metallica à mon frère.
03:37Et là, il y a eu un vrai coup de cœur.
03:38Il a été foudroyé.
03:40Moi, je n'en avais rien à foutre de la musique.
03:42J'étais dans le sport.
03:43C'était vraiment le foot, le tennis, les copains, le surf.
03:46J'étais vraiment le petit gars landais du village.
03:50Assez sociable, quelqu'un de très joyeux.
03:52Et même mon frère a été plutôt dans l'introspection et déjà dans une démarche culturelle différente de la mienne.
03:57Et lui, c'était Metallica.
04:00Il a vraiment posé son dévolu sur eux.
04:02Et c'est là qu'il m'a...
04:04Comme c'est quelqu'un qui aime partager et qui a aussi ce don du partage,
04:09quand Joe te décrit un film qu'il a vu, tu as envie de voir le film.
04:12C'est pareil, un livre qu'il va lire, il va t'en parler.
04:14En fait, tu veux lire ce livre.
04:15Il a vraiment ce talent de...
04:17Il est tellement touché au cœur par les choses, sur le point de vue culturel,
04:22que quand il te les transmet, tu es de suite influencé.
04:25Et je pense que là, il m'a vendu Metallica, il m'a dit, il faut que tu écoutes ça.
04:28Et donc, il m'a fait une compile.
04:30Et au début, je ne comprenais pas.
04:32Et c'est venu petit à petit, progressivement.
04:35Et en fait, j'ai basculé avec lui.
04:38Tu faisais de la batterie avant de tomber sur Metallica ?
04:40Ou c'est d'écouter Metallica qui t'a fait te mettre à la batterie ?
04:42Oui, c'est d'écouter Metallica.
04:44Après, il a eu à Noël le fameux coffret de Metallica de 1980.
04:49Le live sheet.
04:50Voilà, le live sheet, où il y avait un live à San Diego, un autre à Mexico, tout ça.
04:54Et là, il mettait les VHS en boucle dans le salon.
04:56Quand on était ensemble avec ma sœur et tout ça, il blastait le live de Metallica.
05:00Et c'est là que, par contre, j'ai pris une grosse claque.
05:02J'ai vu Lars Ulrich, notamment, derrière sa batterie.
05:04Et je ne sais pas, là, il y a un truc de personnalité.
05:07Quand j'ai vu Lars, j'ai fait « Ah, c'est énorme, j'adore, quoi ! »
05:09Le côté showman.
05:12Et c'est là que j'ai réécouté cette compile.
05:14Et c'est sur le morceau Orient que quelque chose a cliqué.
05:18J'ai eu une très, très forte émotion.
05:20Et là, je me suis enquillé toute la compile de Metallica.
05:22Je suis tombé à fond dedans.
05:24Et j'ai voulu faire de la batterie.
05:25Qu'est-ce que ça fait de se retrouver, quelques années après,
05:28invité par Metallica à partir en tournée,
05:30jusqu'à se retrouver à partager la scène avec eux
05:32sur le « Back to the beginning » en juillet dernier ?
05:35Écoute, je ne sais pas s'il y a les mots pour décrire.
05:38C'est indescriptible parce que c'est un peu la matrice.
05:42C'est la maison mère, quoi.
05:44Metallica, c'est au niveau identitaire.
05:47Quand tu es un enfant de 11 ans
05:48et que tu projettes une telle splendeur sur des gens,
05:54c'est tellement puissant.
05:55Parce qu'on n'est pas complètement constitué quand on est enfant.
05:58Et c'est vrai que ce genre de repère,
06:04c'est très impactant.
06:06Donc en fait, les quatre mecs de Metallica,
06:07ils n'y sont pour rien,
06:08mais on a projeté sur eux quand même beaucoup.
06:11Donc quand on a été invité pour la première fois,
06:14Joe m'avait appelé au téléphone.
06:15Il m'a dit, on est invité à tourner avec Metallica
06:17en Europe, aux États-Unis,
06:19sur toute la côte Est des États-Unis,
06:21parce qu'ils ont eu un coup de cœur sur notre album,
06:23« The Wafflech ».
06:24Ils nous ont littéralement invité,
06:25alors qu'on était inconnus au bataillon.
06:28Enfin, tout est relatif, mais...
06:29Là, j'ai pleuré.
06:31Je me rappelle, les larmes sont sorties.
06:34Je pleure...
06:34Non, si, je pleure souvent.
06:36Mais j'ai vraiment...
06:38Les larmes ont sorti des yeux, quoi.
06:40C'était incroyable.
06:42Et ça devient une histoire au long cours,
06:43parce que vous allez retourner,
06:45refaire quelques dates avec eux, je crois.
06:46Ouais, là, ils nous ont invité pour la tournée des stades.
06:49Stades en Europe en 2026.
06:51Donc on fait toute l'Europe avec eux.
06:52Ça, c'est cool.
06:52Tournée des stades.
06:53En main support, c'est pas opener,
06:55c'est main support, c'est juste avant eux.
06:56Avec ce débat autour de Lars,
06:58moi, perso, je suis team Lars.
06:59Franchement, je pense qu'il a apporté un truc,
07:01ne serait-ce que visuellement dingue à la batterie.
07:03Mais en fait, le débat, il est inapproprié.
07:07Si tu veux, dans les batteurs,
07:09des mecs comme Joey Jordison,
07:11Lars Ulrich,
07:12Igor Cavalera, tu vois, Pete Sandoval,
07:14c'est des créateurs, c'est des créatifs.
07:17C'est des gens qui ont inventé quelque chose
07:19d'extrêmement riche.
07:22Lars Ulrich, ce qu'il a fait
07:23sur tous les albums de Metallica,
07:25notamment les cinq premiers,
07:26c'est très, très, très innovant.
07:29C'est atypique.
07:32Il va mettre des fils de batterie sur le premier temps,
07:35là où tout le monde le fait en fin de mesure.
07:36Lui, il va commencer par ça,
07:38son placement de cymbale.
07:39Il a une originalité dans son jeu
07:41qui est incroyable.
07:43C'est un artiste.
07:44Ce n'est pas parce que tu es un artiste
07:46que ça veut dire que tu es une machine.
07:49Moi, par exemple, j'essaie d'être une machine.
07:51Je travaille pour être une machine.
07:52Je passe des heures et des heures.
07:54Mais un vrai artiste,
07:55les artistes, c'est aussi des torturés des fois.
07:58C'est des gens qui sont inconstants.
08:00Tu ne peux pas leur demander
08:00d'aller dans un local de répète
08:02et bosser quatre heures par jour.
08:03Tu ne peux pas leur demander
08:04d'avoir une constance
08:06comme quelqu'un qui va être routinier.
08:09C'est des artistes.
08:09Donc, ils sont bordéliques.
08:11Joey Jordison, il ne jouait pas très bien
08:13à la fin de sa carrière,
08:13mais parce que c'était un artiste.
08:16Donc, voilà, il y a un amalgame.
08:17Les gens disent Lars, Lars, Lars.
08:19On s'en fout qu'il soit bon ou pas en live.
08:21Ce qu'il a inventé, c'est unique.
08:24Et il y a très peu de batteurs qui arrivent.
08:26Quand tu es ado,
08:27est-ce que c'est par les batteurs
08:28que tu accroches certains groupes ?
08:30Tu parlais d'Igor Cavalera.
08:31Je crois que c'est Pultura.
08:32Ça a été un truc assez important pour vous aussi, non ?
08:34Oui, peut-être que j'ai une petite neuroatypie.
08:37J'ai peut-être un petit côté autistique
08:38où moi, c'est la batterie qui me parle.
08:40C'est vraiment le rythme,
08:41le côté très primitif.
08:42Donc, Igor Cavalera, il m'a parlé au trip, quoi.
08:45Il ne m'a pas parlé au...
08:46Ce n'était pas intellectuel.
08:47C'était juste la vibration, envie de danser,
08:50tu vois, comme un bébé qui bouge au rythme, quoi.
08:53C'est vrai que les petits-enfants,
08:54ils adorent tous la batterie.
08:55Je suis entouré de tous les potes,
08:57tous mes potes qui ont des enfants,
08:58ils adorent tous la batterie, quoi.
08:59Donc, moi, c'était vraiment...
09:00C'était ça.
09:01Tu vois, là où Joe a été conquis par les paroles,
09:04donc lui, c'était aussi intellectuel.
09:06Évidemment, il y avait la mélodie,
09:07c'est Fate to Black qui l'a amené à Metallica,
09:09mais lui, il a été très vite plongé dans les paroles.
09:12Moi, les paroles, en écoutant Korn, Defton,
09:15je n'ai pas eu accès aux paroles.
09:17C'est que vibrationnel.
09:19Donc, le rythme, c'est le premier truc qui m'a chopé, ouais.
09:22K.O.C.D. ou Root, pour Sepulture ?
09:25Non, c'est Arise.
09:26Arise, quand même.
09:27L'album avant K.O.C.D., ouais.
09:28Mais après, K.O.C.D., c'est un banger ultime,
09:31c'est-à-dire que tous les morceaux sont incroyables.
09:33Alors après, c'est plus formaté dans le sens
09:35qu'il y a les trois refrains,
09:36les chansons sont plus courtes et tout,
09:37mais c'est juste imparable,
09:40ça a du goût, c'est génial à tous les niveaux.
09:43C'est du génie.
09:44Tu parlais de Deftones et Korn,
09:46quand vous êtes, comme c'est,
09:47milieu deuxième partie des années 90,
09:49vous êtes en train de...
09:51enfin, Gojira se monte,
09:52groupe de Death,
09:54mais vous écoutez aussi cette scène New Metal ?
09:56Ouais, même Korn a eu un impact sur le son du groupe.
09:59Les premiers albums de Korn,
10:01moi notamment l'inventivité du batteur de David Severa,
10:05qui est un de mes plus...
10:06de mes grosses influences aussi.
10:08Là aussi, on est sur un cas d'un batteur
10:09qui effectivement, son niveau a perdu avec les années,
10:13mais c'est un génie, quoi.
10:15Ce qu'il a fait avec les premiers albums de Korn,
10:17c'est du génie.
10:19Pour moi, c'est du génie musical.
10:21Et il m'a beaucoup influencé
10:22avec tout son jeu de Ghost Note
10:24et les rides qu'il allait mettre sur des caisses claires,
10:27et ça, je l'ai littéralement pris
10:28et je l'ai mis dans notre premier album,
10:30des morceaux comme Space Time.
10:31Je me suis clairement influencé
10:33tout ce qui est faire des espèces de bombes rythmiques
10:36avec gros tom et caisses claires,
10:38ça vient de lui, par exemple.
10:39Et les rides sur les caisses claires,
10:40ça vient de lui, tu vois.
10:42Donc, j'ai beaucoup pris de Korn
10:44parce que j'ai beaucoup aimé aussi le néo-métal,
10:47même si j'aimais un petit peu moins
10:48le côté mélodramatique et tout.
10:50J'étais un petit peu moins là-dedans.
10:52Quoique je suis l'émo du groupe,
10:53je suis assez émo quand même sur les bords.
10:54Donc, moi, j'étais à la limite
10:56celui qui était le plus Deftones.
10:58Mais nous, c'est vraiment Death et Morbid Angel
11:01qui, après Metallica, Sepultura,
11:03ont joué un rôle majeur quand même.
11:05Juste pour finir sur Deftones,
11:06Eb Cunningham qui a sur le PUNTA
11:08de My Own Summer,
11:09c'est juste le PUNTA,
11:11que c'est l'intro,
11:12tu sais où t'es direct.
11:13Exactement.
11:14Alors, l'anecdote avec Abe Cunningham,
11:16c'est que je regardais Best of Trash à l'époque.
11:18Il n'y avait pas Internet, il n'y avait rien.
11:19Donc, j'étais devant ma télé.
11:20Un après-midi, chez moi,
11:22j'ai mis Best of Trash
11:23et j'ai vu Get Bored,
11:25le morceau de Deftones.
11:28Et la façon dont Abe a placé
11:30un coup de grosse caisse,
11:31à un moment, il fait
11:34ce truc, il est dans tous les albums,
11:38voire les morceaux de Gojira.
11:40Ce coup de grosse caisse
11:41qui est placé sur un quart de croche,
11:45je ne sais pas t'expliquer,
11:46mais en fait,
11:47c'est expliquer la complexité,
11:49enfin, c'est le remplissage.
11:52Quand tu as de l'espace,
11:53un rythme qui peut être très lent,
11:54il suffit que tu fasses
11:55ce placement de grosse caisse
11:56et ça montre que ton remplissage,
11:57il est différent.
11:58C'est dur à expliquer,
11:59mais ce qu'a fait Abe dans Deftones,
12:01ça aussi, pour moi,
12:02j'appelle ça du génie créatif
12:04et je l'ai clairement aussi.
12:05Et j'ai mis ce coup de grosse caisse
12:07qui passe juste après le temps,
12:08sur un quart de croche,
12:09je l'ai mis sur tous les morceaux de Gojira.
12:11C'est ça, quoi.
12:11Donc Abe, massive influence, quoi.
12:13Morbid Angel, Death.
12:15Ouais.
12:16Là, vous partez là-dedans à fond,
12:17les premiers albums de Gojira
12:18sont estampillés Death, quoi.
12:20Ouais, complètement.
12:21Parce que Death,
12:22c'est le pont entre le jazz
12:25et en fait,
12:26c'est ce qu'a fait Sean Reinhardt.
12:29Là, je ne parle que des batteurs,
12:30mais Chuck Childeer, évidemment,
12:32on pourrait parler de lui.
12:33C'est un génie absolu,
12:33mais là, comme je suis batteur,
12:36Sean Reinhardt sur l'album Human
12:37a 19 ans
12:38et je crois que son prof,
12:39c'était Kola Yuta à l'époque
12:41ou un espèce de génie de la batterie.
12:44Donc, c'est quelqu'un
12:45qui a fait l'école du jazz et tout ça
12:48et à 19 ans,
12:49son niveau de batterie
12:49sur l'album Human
12:51est imparable.
12:52C'est-à-dire que même moi,
12:53au jour d'aujourd'hui,
12:54je ne pourrais pas faire
12:55ce qu'il fait sur cet album
12:56alors qu'il avait 19 ans.
12:58Et là aussi,
12:59on est face à un phénomène.
13:00Death, c'est un phénomène musical,
13:02technique et aussi
13:03de subtilité mélodique,
13:06de finesse.
13:07Et pour moi,
13:07ce n'est même pas du death.
13:08En fait,
13:08je n'ai même pas envie
13:09de mettre le mot death dessus
13:10parce que ce qu'on entend
13:11dans cet album Human,
13:12on fait écouter ça à un jazzeux
13:13ou à n'importe qui.
13:15Ça fait péter la tête.
13:17C'est incroyable.
13:19J'ai envie de dire,
13:19c'est limitant de dire
13:20que c'est du death metal.
13:21C'est au-delà de ça.
13:22Tu parles de jazz.
13:23Est-ce que tu vas chercher
13:24du côté de batteurs
13:25comme Max Roach,
13:26comme Buddy Rich ?
13:27C'est des trucs qui t'intéressent
13:27ou pas du tout ?
13:28Alors ça,
13:28c'est venu vraiment sur le tard.
13:31C'est en m'intéressant
13:33au monde de la batterie
13:34qu'évidemment,
13:35j'ai eu des ponts
13:36vers Buddy Rich et tout ça.
13:38Mais non,
13:38à la base,
13:39moi, j'étais vraiment...
13:41Moi, c'est Sean Reinhardt
13:42qui m'a amené vers le jazz,
13:43au final.
13:44Mais le jazz,
13:45au début,
13:45j'étais un peu allergique.
13:45C'est maintenant que je kiffe le jazz.
13:47Maintenant, j'aime bien.
13:48Il y a un album de Max Roach,
13:49Drums Unlimited.
13:49Je ne sais pas si tu le connais,
13:50celui-là,
13:50avec plusieurs morceaux,
13:52que batterie dans l'album.
13:53Tout seul à la batterie.
13:54C'est une dinguerie.
13:56Dinguerie.
13:56Vraiment,
13:57c'est absolument incroyable.
13:59Donc,
13:59vous avez écumé
14:00les scènes françaises,
14:01puis européennes,
14:02puis aux USA.
14:03Vous avez tourné
14:03avec énormément de groupes.
14:04Il y a des Gvalertak,
14:06Mastodon,
14:07Lamb of God.
14:07Est-ce que c'est des groupes
14:08que vous aimiez
14:09avant de tourner avec eux
14:09ou c'est de les côtoyer,
14:11de tourner avec eux
14:11qui fait que vous plongez
14:12aussi dans leur musique ?
14:14On va dire les deux.
14:17Tourner avec Mastodon,
14:18j'ai appris à comprendre
14:19leur son en tournant avec eux
14:20puisqu'on a le même management.
14:21Donc,
14:21on s'est retrouvé à tourner
14:22pendant des années
14:23et des années avec eux.
14:24On a fait toutes les US,
14:26on a fait l'Australie,
14:27l'Amérique du Sud,
14:27l'Europe plein de fois.
14:29On se retrouvait tout le temps
14:30en festival.
14:30On est devenus super amis.
14:32Grand batteur aussi.
14:33Ouais.
14:34Bron, incroyable.
14:35Incroyable batteur.
14:35Il est unique.
14:36Unique en son genre.
14:37C'est pareil,
14:37c'est quelqu'un,
14:38il n'y a pas un deuxième batteur
14:39comme lui.
14:40C'est juste incompréhensible
14:42ce qu'il fait.
14:43C'est fabuleux.
14:44Je trouve que c'est riche
14:49Mastodon,
14:50c'est typiquement un groupe
14:51où j'ai développé
14:53une fascination
14:54à force de les côtoyer.
14:55Et maintenant,
14:55je suis un méga fan
14:56de Mastodon.
14:57Après, pour Deftones,
14:58pour moi,
14:58c'était la tournée
14:59la plus importante
14:59parce que je suis fan
15:01de Deftones
15:01et de tout leur album,
15:03même ceux qui sont décriés.
15:05Mais Deftones,
15:06je suis leur plus gros fan.
15:08L'Amb of God,
15:08il y a aussi une collaboration.
15:09Andy Bly,
15:10il s'est venu chanter.
15:11Ouais.
15:12Alors Randy,
15:12il a un rôle important
15:13parce que c'est lui
15:14qui nous a invités
15:16en février 2007
15:18sur notre deuxième tournée US
15:19et ils nous ont invités
15:20pour faire 44 concerts
15:21aux Etats-Unis
15:22avec Machine Head
15:23et Trivium
15:23parce qu'il a eu
15:24un coup de cœur.
15:25Donc Randy fonctionne comme ça.
15:27C'est quelqu'un de très humain,
15:28hyper humble.
15:29Ceux qui le connaissent
15:30et le suivent aussi
15:31sur les réseaux sociaux,
15:31on voit que c'est un mec
15:32qui est pur,
15:33il est authentique.
15:34C'est une belle personne
15:36qui ne fait pas...
15:39Il s'intéresse à tout le monde,
15:41il n'a pas de filtre.
15:42Il est...
15:44C'est quelqu'un de très humain.
15:45Il a eu un coup de cœur
15:46sur Gojira.
15:47Gojira, il a dit
15:47venez tourner avec nous aux US
15:49et ça a été après le début
15:51de notre histoire aux Etats-Unis
15:52grâce à lui.
15:53Mec très surprenant,
15:54je l'avais fait une interview
15:55de lui il y a 2-3 ans
15:57et je lui demandais
15:58quel était son dernier
15:59coup de cœur vocal.
16:00Quel chanteur ou chanteuse
16:01lui avait retourné la tête récemment ?
16:03Il me dit
16:03Le Nuit Jamant.
16:05Alan Bachung.
16:06Je l'écoute
16:07Le Nuit Jamant.
16:10Oui, c'est très bien
16:11les lyriques.
16:12Évidemment, c'est toi ou Joe
16:15qui lui a fait écouter Bachung.
16:16Ça doit être Joe,
16:16c'est Joe.
16:17Joe et lui sont...
16:19Et du coup,
16:20Bachung, c'est dans ce que vous pouvez écouter
16:23hors métal,
16:24un truc sur lequel vous allez,
16:25toi ou Joe ?
16:26On écoutait énormément Bachung,
16:28Christian, Joe et moi,
16:30dans les années 2000,
16:33La Nuit Jamant.
16:34Oui, la fantaisie militaire.
16:35Oui, voilà, cet album,
16:35on l'écoutait en boucle.
16:37Qui est hypnotique.
16:38Oui, hypnotique.
16:39Après, moi, c'est Arthur H.
16:40ou Adieu Tristesse.
16:41C'est un album qui a marqué
16:44un vecteur dans ma vie aussi.
16:45Je l'écoutais vachement
16:46quand on a sorti
16:47Framart, c'est au sérieux,
16:48quand on était en tournée.
16:48J'écoutais cet album
16:49tout le temps, tout le temps,
16:50tout le temps dans le...
16:50Confession Nocturne,
16:51le dernier morceau
16:52qui est assez dingue.
16:53C'est l'album est fou.
16:54C'est magnifique.
16:55Et c'est mon frère
16:55qui m'avait dit
16:56écoute ça.
16:57Écoute-le au casque,
16:58s'il te plaît.
16:59Il m'avait dit
16:59parce que j'écoutais
16:59beaucoup de musique indienne
17:00à l'époque.
17:00J'avais beaucoup besoin
17:01de...
17:01J'avais beaucoup d'angoisse
17:02à cette période de ma vie.
17:04C'est que la musique indienne
17:05qui me calmait.
17:06Et j'étais assez rigide
17:08avec la musique
17:09à ces temps-là.
17:10Après, voilà,
17:11c'est la vingtaine.
17:11On a des problématiques,
17:13tout ça.
17:14Et quand il m'a dit
17:16je te demande un truc,
17:17c'est écoute ça,
17:18s'il te plaît.
17:18Et mets ton casque.
17:20Et il m'a mis
17:21une leçon un peu fort.
17:22Il m'a mis Arthur H.
17:22Et là, effectivement,
17:23ça a été une expérience.
17:25Et je me rappelle
17:25qu'on a joué
17:26dans un festival
17:27où il y avait Arthur H.
17:29Et j'étais à fond
17:30sur l'album.
17:30Et je suis allé
17:31au bord d'un lac.
17:31Et là, il y a Arthur H
17:32qui est venu à côté de moi
17:33sa soirée.
17:34Il était à 5 mètres
17:35juste méditer devant le lac.
17:37Et là, je suis allé le voir.
17:38Et je lui ai juste dit
17:40merci, quoi.
17:40Merci infiniment.
17:42Cet album est dingue.
17:43Là, vous êtes en tournée.
17:45Enfin, vous êtes un groupe
17:46qui tourne énormément.
17:47Oui.
17:47Vous jouez du métal.
17:49Vous tournez avec des groupes
17:49de métal.
17:50Vous avez une énorme
17:50culture métal.
17:52Bashung, Arthur H,
17:53la musique indienne.
17:54Il y a d'autres musiques
17:55qui vous permettent
17:56de vous échapper
17:56de temps en temps.
17:57Parce qu'à la radio,
17:58je programme FIP,
17:59FIP métal.
17:59La musique que j'écoute
18:00pour moi,
18:00c'est essentiellement du métal.
18:02Mais j'ai besoin
18:02de temps en temps
18:03d'aller écouter du blues malien,
18:04de la kumbia,
18:05un peu de hip hop.
18:06C'est quoi les trucs
18:07aujourd'hui
18:07qui te permettent
18:08de tailler la tête
18:09en tournée,
18:09par exemple, musicalement ?
18:10Comme je te dis,
18:12les cadres du groupe,
18:13on est vraiment
18:13très très ouverts.
18:14J'écoute pas beaucoup
18:15de métal,
18:16au final.
18:17Parce que c'est vrai
18:18que c'est mon art.
18:19Donc je passe mes journées
18:20à travailler ça.
18:22Bon, des fois,
18:23j'ai besoin d'un bon obituary.
18:24Je reviens souvent
18:24dans les années 90.
18:26J'écoute beaucoup
18:27de musique cubaine
18:28en ce moment.
18:30Quoi en particulier ?
18:31La musique cubaine,
18:32c'est quelque chose
18:33qui te tire vers le haut.
18:34Je me mets des compiles
18:35de musique traditionnelle cubaine.
18:37Donc je t'avoue
18:37que des fois,
18:38je ne regarde pas forcément
18:38les noms.
18:39Mais en fait,
18:39c'est une énergie
18:40qui est vachement importante
18:41dans ma vie.
18:42Et quand notamment
18:43je suis avec mes enfants
18:44ou des amis,
18:46j'ai besoin de ça.
18:48C'est uplifting.
18:49Si je te parle
18:50de Tool ou de Slayer
18:51dans des esthétiques
18:51complètement différentes,
18:52c'est aussi des groupes
18:53importants pour toi,
18:55pour la musique de Gojira ?
18:57Ouais.
18:59Tool,
18:59c'est le groupe préféré
19:00de Christian.
19:01On a tous été fans de Tool.
19:04Moi,
19:04ça me correspond
19:05un tout petit peu moins.
19:06Mais évidemment,
19:07c'est respect ultime.
19:09Et on les aime
19:11on est fans
19:12de tous les albums.
19:13On est fans
19:13de leur esthétique,
19:14de chaque musicien.
19:16L'album Anima,
19:18pour moi,
19:18c'est le highlight.
19:20Cet album,
19:20par contre,
19:21je l'écoute en boucle,
19:21en boucle,
19:22en boucle.
19:23Slayer.
19:26Ouais.
19:27Moi,
19:27les débuts de Slayer,
19:28c'est un groupe
19:29qui a beaucoup compté.
19:31Mais il y avait peut-être
19:32quelque chose
19:33qui me bloquait
19:34un petit peu
19:34avec Slayer.
19:35Une espèce
19:35de violence
19:37dans l'esthétique
19:37qui est un truc
19:38un peu trop masculin.
19:41Slayer,
19:43mais après,
19:43Christian,
19:44pareil,
19:44fan de Slayer,
19:45Joe aussi,
19:45les débuts.
19:47J'ai un peu skippé
19:48la face Slayer.
19:49Après,
19:49on a beaucoup tourné
19:49avec eux,
19:50à force de tourner
19:51avec eux.
19:52J'ai compris aussi,
19:54mais en profondeur,
19:56vraiment,
19:57au fin fond de mon âme,
19:58j'ai compris pourquoi
19:59c'était aussi puissant
20:00à force de les voir en live.
20:01D'ailleurs,
20:01c'est à partir de là
20:02que j'ai eu des acouphènes
20:03aux oreilles
20:04après la tournée
20:04de trois mois
20:05aux Etats-Unis
20:07et Amérique du Sud
20:08où j'allais les voir
20:09en façade tous les soirs
20:10et c'est vrai que le son
20:10est très très fort.
20:12Je me suis fait défoncer
20:12la gueule.
20:13Mais putain,
20:14qu'est-ce que c'est bon,
20:14Slayer.
20:15Est-ce que tu gardes
20:18un oeil sur,
20:19ou quel regard tu portes
20:21sur l'éclosion
20:22d'une scène métal française
20:24depuis 6,
20:247 ans,
20:25peut-être même un peu plus
20:25pour certains groupes,
20:26mais quand vous êtes arrivés,
20:27il y avait des groupes,
20:28mais qui étaient,
20:30c'était assez confidentiel.
20:32Il y a eu un petit peu
20:33la Team Nowhere,
20:34les Ackmé,
20:35Mas,
20:35No One,
20:36mais qui n'étaient pas au niveau
20:38où sont aujourd'hui
20:39des groupes comme
20:40Len Marx,
20:40Novelist,
20:41Alceste.
20:42Est-ce que tu suis ça,
20:43tu regardes ça
20:44et ça serait quel groupe
20:46dans ce lot
20:47qui attire ton attention ?
20:48Écoute,
20:49moi je suis un très grand fan
20:50de tout ce qu'a fait
20:51la Team Nowhere.
20:51On a beaucoup tourné avec eux,
20:53Playmo,
20:53Wacha,
20:53tout ça,
20:54j'adorais,
20:54même si c'était très
20:56étiqueté,
20:57étiqueté Nouveau Métal,
20:58je n'étais pas forcément
20:58un truc urbain et tout,
20:59mais par contre,
21:00c'était incroyable.
21:02C'est des groupes
21:02qui avaient un niveau,
21:03ils jouaient comme cornes.
21:05C'est des musiciens hors pair,
21:08des mecs,
21:09c'était des bêtes sur scène.
21:10Un answer,
21:11c'était la tuerie,
21:12Playmo pareil,
21:12Wacha,
21:13c'était claque sur claque,
21:14on ouvrait souvent pour eux.
21:16C'est à cause d'eux
21:17qu'on est allé
21:17chez Stéphane Kramer en Belgique
21:19à force de tourner avec eux
21:20et leur premier album,
21:21on disait là,
21:21on veut ce son.
21:22Donc c'est aussi grâce à Wacha.
21:24Mass Hysteria,
21:25ils ont toujours été au top,
21:25ils sont toujours là.
21:26C'est des tueurs.
21:27Lofofora,
21:28ils nous ont vachement influencé.
21:29Nous, c'est vrai
21:30qu'on est resté un peu
21:31québlot sur cette génération
21:32et la nouvelle génération,
21:33on regarde ça
21:34un petit peu
21:34avec stupéfaction.
21:38Ce qu'est en train
21:39de faire Landmarks,
21:40par exemple,
21:41c'est absolument hallucinant.
21:43C'est symptomatique aussi
21:44des nouveaux outils
21:45qu'il y a aujourd'hui
21:46où effectivement
21:46des groupes peuvent exploser,
21:49chose qui n'était pas le cas avant.
21:51On ne pouvait pas exploser
21:52comme on peut exploser aujourd'hui.
21:53Et ça,
21:54j'en suis persuadé.
21:56il faut maintenant
21:57citer un petit peu intelligent
21:58et que tu sais
21:59comment utiliser
21:59les réseaux sociaux.
22:01Et attention,
22:01je ne dis pas
22:01que c'est la seule cause.
22:03Landmarks,
22:03c'est des gros bosseurs.
22:04Je crois que Flo,
22:06c'est un génie.
22:08Le chanteur
22:08et la manière
22:09dont ils produisent,
22:10qu'ils écrivent,
22:12ils sont très talentueux.
22:14C'est incroyable.
22:15Et vous pourriez,
22:16vous,
22:16de la même manière
22:17que Metallica
22:17acheter son dévolu sur vous,
22:19même si le groupe
22:19tournait déjà
22:20depuis un petit moment,
22:21mais la différence
22:21de notoriété fait qu'aujourd'hui,
22:23est-ce que vous pourriez embarquer
22:24comme ça des groupes français,
22:26des jeunes groupes français
22:27en tournée
22:27à l'international ?
22:29Oui,
22:30bien sûr,
22:30bien sûr.
22:31Pour cette tournée française,
22:33on avait proposé
22:34à Landmarks
22:35de venir avec nous.
22:36Et finalement,
22:37comme on a tardé
22:38à leur donner une confirmation,
22:39eux,
22:39ils avaient leur propre tournée
22:40des Zenith,
22:42où là,
22:42ça cartonne bien et tout.
22:43Ils nous ont dit,
22:43on est désolé,
22:44on doit donner une réponse
22:45pour notre propre tournée.
22:46Ça aurait été beau.
22:46Mais à la base,
22:47Landmarks devait être
22:48sur ce tour,
22:48par exemple.
22:50Et ouais,
22:51après maintenant,
22:52bon,
22:52dans le groupe,
22:53c'est vrai qu'on a
22:54un certain âge
22:54et on n'est pas forcément
22:56branchés sur les nouveaux sons.
22:59Je ne veux pas faire
22:59mon vieux jeu,
23:00mais c'est vrai
23:00qu'on est un petit peu
23:01nostalgiques.
23:02On aurait plus envie
23:03d'amener des obituaries
23:04en tournée.
23:05Et souvent,
23:05le management nous dit,
23:06les gars,
23:07on est en 2025,
23:08mais on réside.
23:09On dit,
23:09attends,
23:10mais on veut obituaries,
23:11quoi.
23:11On veut cannibales,
23:12tu vois.
23:12Si tu devais avoir
23:13un titre d'obituaries
23:15important pour toi,
23:16un titre de Cannibal Corpse
23:17important pour toi.
23:18Alors,
23:19Cannibal Corpse,
23:22moi,
23:22c'est tout l'album
23:25Butchered at Birth.
23:27C'est l'album.
23:28Tout l'album.
23:28Pochette incroyable
23:29avant la censure.
23:31Oui,
23:31je peux te rappeler.
23:31Il est incroyable,
23:33cet album.
23:33Incroyable.
23:34Mais après,
23:34The Bleeding,
23:35incroyable.
23:36Et après,
23:36Divorved by Vermin.
23:40Cannibal,
23:40je suis un gros fan.
23:41Gallery of Society,
23:42aussi.
23:44C'est génial.
23:44Après,
23:45des fois,
23:45ça frise avec la caricature.
23:47Là où Death,
23:47pour moi,
23:48c'est très spirituel.
23:49Cannibal Corpse,
23:49il y a un petit côté.
23:50Ah,
23:50on est dans le film d'horreur.
23:51Voilà,
23:52on est dans le film d'horreur.
23:53Et Obituaries,
23:54Cause of Death,
23:56Slow We We Wrote,
23:57tous les albums.
23:58Je suis fan.
23:59Tu parlais de Machinette
24:00tout à l'heure.
24:01Je fais un petit flashback.
24:03Avec des albums
24:04tantôt géniaux,
24:05tantôt plus énigmatiques,
24:06mais toujours là,
24:08qui se retrouvent aussi.
24:09Ils ont Headline et Wealthfest
24:10il y a un an ou deux.
24:12Et c'était dingue.
24:13Machinette ?
24:14Ouais.
24:15Machinette,
24:15groupe qui a compté pour vous aussi.
24:16Machinette,
24:17les deux premiers albums
24:18nous ont beaucoup influencés.
24:20Ouais,
24:20ouais,
24:20bien sûr.
24:20David Yann,
24:21quand on a vu le clip,
24:22on a tous pris notre claque
24:23à l'époque.
24:24Je me rappelle,
24:24on était partis avec mon père
24:25couper du bois.
24:27Il y avait mon frère,
24:28moi,
24:29et mon père
24:30dans la bagnole.
24:30Et mon père,
24:32il détestait le métal.
24:33À un moment,
24:34il est parti
24:35chercher une hache
24:36ou je ne sais plus quoi.
24:37Et Joe a blasté David Yann
24:39dans la voiture.
24:39C'est la première fois
24:40que j'ai écouté Machinette.
24:41J'ai pris une claque.
24:44La prod de cet album.
24:46Putain,
24:47on est dans les années 90
24:47et quand ce truc sort,
24:48on se dit,
24:49c'est quoi ce truc ?
24:51Monstrueux.
24:53Est-ce qu'un album
24:54est dans les tuyaux
24:55pour ces années-là ?
24:55Il faudra patienter
24:56encore un peu.
24:59Et il y a eu
25:00cette grosse tournée
25:00sur la fin 2025.
25:02Très grosse date,
25:03le 7 juin,
25:04Heavy Weekend à Nancy.
25:06Ouais.
25:07Heavy Nancy ?
25:08Heavy Weekend.
25:09Heavy Weekend.
25:10À Nancy.
25:11Ouais,
25:11on est super content
25:12de faire ce festival.
25:14Le lieu est incroyable.
25:15Le lieu est incroyable.
25:16Ça a l'air incroyable.
25:17J'ai vu les images
25:18de l'année dernière.
25:18Donc nous,
25:19on jouera le jour
25:19où il y a Trivium
25:20et les frères Cavalera
25:22qui vont faire Chaos ID.
25:24Donc ça,
25:25c'est génial.
25:26Et voilà,
25:27on est très content
25:28de jouer sur ce festival
25:29à Nancy.
25:29On sait que l'organisation
25:30est top.
25:31On n'a entendu
25:31que des bonnes choses.
25:32On va aller voir
25:33comment ça se passe.
25:33Et ça sera entre nos dates
25:35de tourner avec Metallica
25:37en Europe.
25:38Et évidemment,
25:39il y a un album
25:40qui est en préparation,
25:41qui est en espèce de,
25:43on va dire,
25:46chantier organisé.
25:49Et voilà,
25:51tu sais,
25:52on est à un stade
25:52de notre carrière
25:53où on n'est pas
25:54dans l'urgence,
25:55comme je te disais,
25:56d'un Lorna Shore
25:56ou d'un Knock Loose,
25:58tu vois,
25:58ou Turn Style.
25:59Il fallait qu'ils sortent
26:00leur album
26:00et là,
26:00ils arrivent.
26:01Mais c'est énormissime
26:02et c'est trop bien.
26:03Et donc,
26:04ils ont quelques albums.
26:05On a quand même
26:057, 8 albums.
26:06J'ai envie de dire,
26:08je ne sais plus
26:08combien on en a.
26:09C'est l'huitième qui arrive,
26:10je crois.
26:10Ouais, voilà.
26:12Est-ce qu'il faut rusher ?
26:13Tu vois,
26:13on fait la tournée
26:15quasi sold out.
26:16Putain,
26:16mais c'est l'émotion,
26:17quoi.
26:18C'est hyper beau.
26:18On a 1h45 de 7
26:20et on a tous ces morceaux
26:21qu'on ne peut même pas jouer
26:22en 1h45.
26:23Alors,
26:24je ne suis pas en train
26:24de me justifier.
26:27Mais on a envie
26:28de prendre notre temps.
26:28On n'a pas envie
26:29de sortir des choses
26:29qui sont bâclées.
26:31C'est vrai qu'on prend notre temps.
26:33On est parti dans tous les sens.
26:35On a fait,
26:36je ne sais pas,
26:36une trentaine
26:37ou une quarantaine
26:38de démos différentes
26:39pour cet album.
26:39On est parti dans tous les sens.
26:42Et moi,
26:42je vais te dire,
26:42je crois qu'on est parti trop loin.
26:44On a fait des trucs super violents,
26:45des trucs super calmes.
26:46On est allé partout
26:47et on n'a presque pas envie
26:49de finir les morceaux.
26:50Je ne sais pas,
26:51on continue,
26:51on continue à...
26:52C'est comme s'il y a ce besoin
26:54d'être dans l'errance artistique,
26:56la recherche.
26:57On est dans une recherche
26:58quasi névrotique
26:59avec cet album.
27:00Et maintenant,
27:01c'est vrai qu'il faut
27:01qu'on taille tout
27:01et qu'on le finalise
27:05définitivement.
27:05Mais la recherche
27:06qu'on a fait pour cet album,
27:07c'est un truc de fou.
27:08On avance ça
27:09avec impatience ?
27:10Oui.
27:10Merci beaucoup.
27:11Merci à toi.
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