00:00On est sortis avec une envie de fêter la victoire de notre club.
00:05Et ce qu'on a reçu, du coup, c'est des peines et, comme vous le voyez à mon visage,
00:11un tabassage des agents de la BAC.
00:13Et mon cas, à moi, il n'est pas individuel.
00:17J'ai, surtout les jeunes qui sont passés...
00:19Vous avez un œil au beurre noir ? Vous dites que c'est un policier qui vous l'a fait
00:22?
00:22Oui, c'est un policier qui me l'a fait.
00:24Vous avez porté plainte ?
00:24Non, je n'ai pas porté plainte parce qu'on ne m'a pas accordé le droit
00:31d'avoir un médecin quand je suis arrivé en garde à vue.
00:34D'ailleurs, j'ai vu ça avec mon avocat, mais je ne vais pas rentrer.
00:37En fait, ma situation me concerne moi.
00:41Et si vous voulez, en fait, vraiment, j'ai envie d'insister sur ça.
00:44Tous les jeunes qui sont passés en garde à vue et au tribunal que j'ai rencontrés,
00:49tous avaient des marques de tabassage des officiers de police.
00:53Tous, tous, tous. Des mineurs, des majeurs. Vraiment, des marques.
00:57Évidemment, de ce point de vue-là, nous n'avons pas aussi les autres...
01:00Nous n'avons pas de contradictoire. Nous n'avons pas d'autres versions que la vôtre.
01:03Enfin, ce que j'entends, c'est que c'était à l'arrestation.
01:04Non, pas du tout. Je ne résistais pas.
01:06Et d'ailleurs, en fait, j'ai aussi envie d'accentuer sur un point,
01:09un point qu'on médiatise peu, un point qui ne se voit pas sur le visage.
01:12C'est le point des violences verbales et du déferlement raciste.
01:17Qu'est-ce qu'ils m'ont dit, en réalité ?
01:18Vous voyez, je m'appelle Hugues, mais quand je me suis fait arrêter,
01:21j'ai tout de suite été traité de salle bougnoule, salle arabe.
01:24Ma mère, la salle traînée. On va te faire les fesses au poste, etc.
01:27C'est vraiment, en fait, comme ça que j'ai été interpellé.
01:30Vous n'avez pas l'air d'avoir beaucoup de regrets.
01:31C'est-à-dire que là, vous insistez beaucoup là-dessus, si c'est le cas.
01:33Oui, bien sûr.
01:34Alors nous, on ne peut pas, évidemment, vérifier.
01:35Parce que, comme vous le disiez, puisque vous dites vous-même,
01:37« Ah ben, moi, ils n'ont pas exploité les caméras. »
01:40Bon, nous, on n'a pas pu exploiter quoi que ce soit pour fixer votre parole.
01:43Mais c'est vrai que ce matin, vous êtes souriant.
01:45On a presque l'impression que…
01:46Oui, je viens de sortir de 60 heures de garde à vue.
01:50Donc, je vous avoue, en fait, je suis parti, comme beaucoup de jeunes comme moi,
01:55dans l'idée que j'allais prendre du ferme.
01:56Parce que c'est ce qu'on m'a dit.
01:57C'est ce que l'OPJ m'a dit.
01:58C'est ce que l'OPJ m'a regardé.
02:00C'est l'officier de police judiciaire, exactement.
02:03Et en fait, l'officier de police judiciaire m'a regardé et m'a dit
02:06« Toi, on va te foutre au dépôt.
02:08Et on espère vraiment que tu vas prendre du ferme. »
02:11On a tout.
02:12Vous n'avez aucun regret sur ce qui s'est passé dans la nuit de samedi à dimanche ?
02:16Parce que vous vous dites, en fait, moi j'étais juste…
02:18Moi, je suis venu festoyer.
02:19Je suis venu faire la fête.
02:20Oui, mais ma question, c'est est-ce que c'est un marqueur, cette condamnation, ces 4 mois sur 6
02:23?
02:23Est-ce que ça va vous empêcher ?
02:24Par exemple, il y a le Mondial qui commence dans 15 jours.
02:26Écoutez-moi.
02:27Est-ce que vous voulez voir ?
02:27Écoutez, je vais vous le dire.
02:30Et d'ailleurs, merci de me poser cette question, pour le coup, parce que j'ai eu de mon pensée.
02:34C'est qu'aujourd'hui, je pense que je vais rester chez moi.
02:36Alors que j'aime mon pays, j'aime la France, j'aimerais beaucoup fêter avec tout le monde.
02:42Je suis interdit du coup du 8e arrondissement.
02:44J'ai 4 mois de sursis, donc s'il y a quelque chose qui se passe, etc.
02:49Parce que j'ai croisé beaucoup de jeunes, des 2008, tout juste majeurs,
02:53qui directement se sont fait interpeller sur des bases de procès verbables,
02:58ont été jugés non condamnés, mais sont quand même restés 60 heures en garde à vue et en dépôt
03:04et sont faits tabasser par la marque.
03:06En fait, pour vous, quand je vous entends ce matin, Hugues, le problème, c'est la police.
03:13Non, ce n'est pas ce que je dis.
03:15Non, mais je veux dire, en tout cas, vous dites que vous n'avez rien d'approché.
03:21Je suis venu fêter la victoire de mon club.
03:23Je suis venu fêter la victoire de mon club.
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