- il y a 15 minutes
Jérôme B., suspect principal dans la disparition de Lyhanna, est visé depuis l’été dernier par une plainte dénonçant des faits de viols multiples sur une amie d’une de ses filles, âgée de 10 ans. Mais selon son avocate, il n’a encore jamais été interrogé sur ce dossier.
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00:00C'est Alain Boer qui nous rejoint, professeur émérite de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers.
00:05On va parler avec lui de cette affaire, on va parler également des violences urbaines du week-end dernier
00:10après le deuxième sacre européen du Paris Saint-Germain et puis on va parler aussi, Alain Boer.
00:14Bonsoir de votre livre Enquête sur l'affaire Epstein, la vérité sur le système Epstein.
00:19D'abord cette affaire Liana, cette adolescente, 11 ans, disparue depuis un peu plus de 4 jours maintenant dans le
00:25Gers.
00:25On va retrouver Lola Baye qui est sur place, Lola qui a suivi pendant toute une partie de la journée
00:29les enquêteurs qui ratissent et ratissent encore à l'heure où l'on se parle, les alentours de cette ville.
00:37Tout à fait, d'abord je voulais vous montrer avec Laura Champion cette image,
00:40c'est les gendarmes qui sont à pied devant Treilly, qui se faufilent dans cette zone boisée au sud de
00:45Florence.
00:46Ils sont habillés en Treilly, comme vous le voyez, à l'aide de sécateurs, ils s'enfoncent un peu plus
00:50loin
00:50pour justement passer au peigne fin chaque millimètre, chaque zone qu'ils quadrille un peu plus tôt.
00:57On a entendu le bourdonnement d'un hélicoptère, ils étaient sur une autre zone un petit peu plus tôt.
01:01Ils sont aidés désormais de pêcheurs, de randonneurs, d'habitants aussi.
01:06Ils ont lancé aussi une adresse mail pour que tout émoignage puisse se signaler.
01:09Et ils ont trouvé de nouveaux éléments qui sont en cours d'analyse.
01:13Je vous laisse écouter l'un des colonels qui s'est exprimé un petit peu plus tôt.
01:17Nous avons trouvé des éléments sur le terrain, maintenant il y a des analyses en cours
01:21et tout ça procède plutôt de la partie investigation.
01:24Nous avons relevé un certain nombre d'objets, maintenant ça n'a peut-être rien à voir.
01:28Donc tout ça doit être abordé avec extrêmement de prudence.
01:32Près de 180 gendarmes et policiers sont mobilisés, un dispositif qui est monté progressivement
01:38et on nous dit qu'il va rester constant dans les prochains jours, en ce cinquième jour de disparition de
01:43l'IANA.
01:44Merci beaucoup Lola Baye. Alain Boyer, on a le sentiment d'un travail de fourmi à la fois extrêmement méticuleux
01:49où pas un mètre carré ne doit échapper aux enquêteurs.
01:53Oui, c'est la tradition, surtout quand il y a une disparition d'enfants
01:57dont on considère mécaniquement qu'elle ne peut pas être totalement volontaire,
02:01qu'il n'y a aucun élément qui indique qu'il s'agirait d'une fugue, ce qui obligerait à
02:05élargir.
02:05Vous avez eu à peu près les mêmes mouvements dans l'affaire Émile-Soleil, c'est un processus très méthodique.
02:13Ça ne marche pas toujours parce que la végétation n'aide pas,
02:16que parfois on ne comprend pas les mouvements du terrain,
02:20notamment quand c'est extrêmement vallonné, quand il y a des lacs, des rivières, des recoins, des grottes.
02:27Bref, la nature environnante est un sujet complexe à traiter.
02:31Les nouveaux équipements, lidar, radar, drone, facilitent énormément le travail.
02:38Mais rien ne remplace l'œil humain.
02:40Ah non, non. Beaucoup de choses peuvent remplacer l'œil humain,
02:43mais il faut cumuler l'œil humain et la techno.
02:46On ne peut pas faire l'un ou l'autre, il faut faire les deux.
02:50Parfois, on a des phénomènes purement naturels et on découvre malheureusement des corps deux ou trois ans plus tard.
02:57Ça a été le cas pas loin de Grenoble.
02:59Dans d'autres cas, l'affaire Émile, il a fallu un certain temps pour découvrir des éléments du corps.
03:07Parfois, on retrouve aussi des jeunes gens vivants dans des conditions un peu rocambolèques.
03:13Donc, il faut toujours laisser du temps au temps pour découvrir ce qui est en train de se passer.
03:19Mais très clairement, le temps joue contre les enquêteurs.
03:22Oui, toujours.
03:23C'est ça. Chaque heure qui passe, malheureusement, pour la famille.
03:26Il y a la règle qui a été fixée il y a très longtemps par le FBI, qui est la
03:29règle des 48 heures.
03:31Pendant 48 heures, on est au niveau haut de la possibilité de retrouver quelqu'un vivant et dans de bonnes
03:38conditions.
03:39Et tout ce qui dépasse les 48 heures ramène et réduit, hélas, cette option.
03:45Est-ce qu'il faut compter aussi sur la chance ?
03:47Est-ce que parfois, une enquête, surtout dans ces circonstances où l'heure tourne,
03:51elle bascule du bon côté parce qu'on tombe sur quelque chose qu'on n'avait pas vu une première
03:57fois, par exemple ?
03:57Ah oui, de toute façon, il faut toujours ratisser, re-ratisser et encore ratisser.
04:01En général, c'est moins la chance que la capacité des enquêteurs à obtenir des informations ou des aveux
04:09avec des méthodes qui ont beaucoup évolué dans le temps.
04:15Un homme est mis en examen.
04:16Il est en détention provisoire depuis hier.
04:18On a appris aujourd'hui, c'est une information au BFM TV, qu'il avait fait l'objet d'un
04:21signalement.
04:22Alors qu'il travaillait dans un établissement scolaire,
04:25signalement pour comportement inapproprié avec une élève.
04:28C'était il y a cinq ans.
04:29En 2021, une procédure disciplinaire a été lancée contre lui.
04:34Il n'a pas été reconduit à son poste.
04:36Est-ce que ça dit quelque chose du fait que pendant des années, on n'a pas été très vigilants
04:39?
04:40Je dis « on » et « c'est collectif ».
04:41Oui, c'est le cas.
04:42On le voit bien dans les phénomènes de révélation entre l'affaire Bétarame et le périscolaire,
04:47que ce soit le privé ou le public.
04:50Il y a eu un refus de prendre en compte la parole des enfants, de ne pas les croire,
04:56de ne pas chercher à savoir, de ne pas vérifier les antécédents de ceux qui s'en occupent.
05:03Et on se rend bien compte, là, avec des affaires qui exploitent un peu partout.
05:08Et d'ailleurs, curieusement, ça ressemble énormément.
05:10Les affaires de violences sexuelles, l'affaire Pellicot,
05:14les affaires dont on parle et qui font aujourd'hui l'actualité,
05:17c'est des milliers de petites affaires Epstein qui grossissent peu à peu.
05:22C'est d'ailleurs pour ça que c'est intéressant de constater que tous ces phénomènes
05:25de violences et d'agressions sexuelles, ce sont des systèmes, des systèmes de systèmes.
05:29Et de temps en temps, vous avez un système qui est plus industrialisé que les autres.
05:33Et qu'on a peut-être tous manqué de vigilance là-dessus.
05:36Ce n'est pas de vigilance si on ne veut pas y croire.
05:38C'est un biais cognitif.
05:40Je ne veux pas y croire parce que je ne pense pas que ce soit possible.
05:42Ça n'est pas accès.
05:43Même quand on le sait, on ne veut pas y croire.
05:45Alors parfois, par protection de l'institution,
05:47ça a été longtemps le cas, notamment dans toutes les enquêtes qui viennent d'aboutir.
05:52D'ailleurs, un vote unanime de l'Assemblée, suffisamment rare pour être souligné,
05:56après l'affaire Béthard.
05:56Une proposition de loi portée par une députée Renaissance et un député insoumis.
06:00Oui, vous vous rendez compte qu'on est en...
06:01Qui non seulement se sont parlés, mais ont réussi à se mettre d'accord
06:03et à faire voter le même texte.
06:04A l'unanimité.
06:05A l'unanimité qui plus est.
06:06En 2026, comme si ces affaires-là n'existaient pas.
06:10Une grande partie ont 20, 30, 40, 50 ans de retard à l'allumage.
06:16Et ces pratiques étaient tolérées, ignorées.
06:20L'inceste en a fait partie.
06:22Nous avons un problème d'acceptation du réel, de la prédation sexuelle,
06:26de la pulsion sexuelle, qui est bien traitée en criminologie,
06:30ou en psychologie, ou en psychiatrie.
06:32Vous aviez Johanna Rosenblum tout à l'heure.
06:34Nous savons de quoi nous parlons.
06:36Mais la société n'est pas prête à accepter de prendre à bras le corps ce type de drame.
06:43Vous êtes criminologue.
06:44Quelle est la part des meurtriers qui n'avouent jamais,
06:47qui se murent dans le silence ad vitam aeternam ?
06:50Alors déjà, il faudrait qu'on les ait tous identifiés.
06:54Donc vous parlez des meurtriers qui auraient déjà été identifiés
06:57avec des éléments suffisants pour qu'on les ait interpellés et condamnés.
07:02Vous voyez, ça réduit beaucoup.
07:03Vous savez, tous les ans, en France, il disparaît 60 000 personnes.
07:0710 000 personnes disparaissent de manière inquiétante.
07:10Et on a en même temps 1 000 corps qu'on enterre sous X.
07:14Je peux vous dire qu'il y a le plus grand serial killer de France
07:16qui tue 1 000 personnes par an depuis toujours,
07:18et que personne n'en sait rien.
07:20Puisque même si la loi oblige à des prélèvements ADN,
07:22les prélèvements, personne n'oblige à ce qu'on aille savoir
07:25ce que le prélèvement nous indique,
07:27de qui est la personne qu'on vient d'enterrer sous X.
07:30Nous avons des trous dans la raquette, des défaillances de nos systèmes,
07:34même les plus basiques, les plus simples, les plus invraisemblables.
07:37Il y avait ce matin la mère du petit Elias qui a fait une intervention extrêmement émouvante
07:42avec votre collègue Apolline de Malheur.
07:44Je veux dire, quand vous l'écoutez, il y a des moments où vous restez un peu stupéfait
07:48de voir comment le système, en général, nous, dans le système et les autres.
07:54Nous, on est plus au contact de la recherche de la vérité immédiate,
07:57du traitement des familles.
07:59Moi, je vois des familles d'enfants assassinés,
08:03pas seulement d'enfants d'ailleurs.
08:05On a cette obligation et donc on est au contact.
08:08Mais je comprends leur rancœur devant la lenteur parfois
08:12et la distance prise par les institutions, c'est un vrai sujet.
08:17Alain Bauer, je voudrais avoir votre diagnostic sur ce qui s'est passé en France ces derniers jours,
08:21c'est-à-dire ces violences un peu partout en France,
08:24après la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des Champions.
08:27On assiste à une sorte de concours Lépine depuis trois jours,
08:29à la fois du diagnostic qui était là, qui a cassé,
08:32et de ce qu'il faut faire à présent.
08:33Sébastien Lecornu dit par exemple qu'il va falloir une loi anti-casseur d'ici cet été.
08:37On va parler des solutions dans un instant,
08:39mais d'abord le diagnostic sur ce qu'on a vécu, c'est Nargis Hadji qui nous rejoint à présent.
08:43On a un petit échantillon sous les yeux Nargis ces dernières heures,
08:47puisque plusieurs dizaines de casseurs présumés sont jugés depuis hier en comparution immédiate.
08:53Quel est leur profil et à quelle peine ils ont été condamnés
08:56pour ceux qui l'ont été dès hier ou dès aujourd'hui ?
08:58Oui, une vingtaine de comparutions immédiates pour cette journée de mardi.
09:02Et donc les toutes premières peines sont tombées il y a quelques minutes pour cette journée de mardi.
09:06Les plus lourdes pour le moment, d'abord celles contre Anissé.
09:1041 ans, père de deux enfants en état de récidive.
09:13Il écope de six mois avec sursis probatoires pendant deux ans,
09:16donc il ne part pas en détention.
09:18Il a été interpellé samedi soir alors qu'il tentait de voler des bouteilles d'alcool
09:22dans un supermarché du 8e arrondissement de la capitale.
09:25Maher S. a 44 ans.
09:26Il vient d'être condamné à 12 mois de prison,
09:29dont six mois avec sursis probatoires,
09:32mais pas de mandat de dépôt.
09:33C'est une peine aménageable pour violences sur policiers avec armes et visages dissimulés,
09:39alors sans ITT, mais aussi pour outrages à agents.
09:42L'autre dossier est celui de Jérémy F.
09:44Il a 18 ans, il est étudiant en BTS.
09:47Lui aussi a été interpellé samedi soir.
09:49Il est condamné à 105 heures de travail d'intérêt général
09:52pour violences avec armes sur policiers, sans ITT cette fois encore,
09:56plus outrages à agents également.
09:58Enfin, Hugues, 23 ans, Hugues B, étudiant en master de mathématiques.
10:04Il est interpellé samedi soir comme les trois personnes précédentes.
10:07Lui porte un casque sur la tête lorsqu'il est interpellé en train de faire des tirs de mortier
10:12vers les forces de l'ordre.
10:13Il est condamné à quatre mois de prison avec sursis
10:15pour participation à un groupement en vue de commettre des violences.
10:19Merci beaucoup Nargis.
10:21Pas de peine de prison dans les cas qu'on vient de voir.
10:24Échantillons non représentatifs.
10:26On parle de quelques-uns sur plusieurs centaines.
10:28Mais ça fait dire par exemple au patron du RN, Jordan Bardella, je le cite,
10:32il semble qu'aucun des casseurs-pilleurs ayant contribué aux scènes de chaos samedi soir
10:35n'ira effectivement en prison.
10:38Est-ce qu'il faut faire le procès de la justice ?
10:40Est-ce qu'elle est trop laxiste ?
10:42D'abord, elle est en situation de submergation.
10:45Par ailleurs, la justice applique la loi que les parlementaires votent.
10:47Ils oublient souvent qu'ils votent des lois dont ils ne se rendent pas compte
10:50des effets secondaires.
10:51Et ils oublient souvent qu'ils font des commissions d'enquête 15 ans plus tard
10:56en disant, ah oui, on n'avait pas bien compris ce qu'on a voté
10:59et effectivement, il faudrait faire une nouvelle loi.
11:01Mais il n'y a pas une petite marge pour l'appréciation des juges dans ces cas-là ?
11:04C'est la loi qui permet l'appréciation des juges.
11:07C'est la loi qui a élargi le champ d'appréciation.
11:10Et quand la loi propose toute une série d'éléments,
11:12les juges s'en emparent et ils ont bien raison
11:14puisque eux restent dans le cadre de la loi.
11:16Je pense que le procès de la justice devrait d'abord être le procès du Parlement.
11:22Si vous voulez une loi plus dure, il suffit d'en voter une autre.
11:24D'abord. Et puis si vous voulez faire une commission d'enquête, faites-la avant.
11:28Demandez aux agents de terrain, aux policiers, aux gendarmes,
11:30aux pompiers de plus en plus agressés,
11:32aux personnels médicaux, aux personnels des transports publics.
11:36Puisque la question, elle est aujourd'hui d'à peu près tout ce qui porte un uniforme
11:39ou une tenue en capacité de faire respecter des règles ou l'ordre.
11:44Demandez-leur comment ça fonctionne et comment ça peut mieux fonctionner.
11:47Une fois que vous avez fait ça, une commission d'enquête, avant, pas après,
11:51votez une loi acceptable, compatible et fonctionnelle.
11:54Ensuite, vous aurez à traiter le sujet du Conseil constitutionnel,
11:58les règles de présomption d'innocence,
12:00de respect des libertés publiques, compris celles de manifester.
12:03Et puis vous essayez de trouver un équilibre intelligent.
12:07Mais ce n'est pas les juges qui sont le problème, c'est les parlementaires.
12:09– Vous citiez l'uniforme, Mme Bauer, il y a un instant,
12:12178 policiers et gendarmes blessés pendant le week-end.
12:15Comment vous expliquez ce qui s'est passé ?
12:17Et est-ce que la France est devenue plus violente
12:19ou plus violente contre toute personne qui porte un uniforme ?
12:23– Le problème, c'est plus violente que quand.
12:25La France, c'est 1000 ans de jacquerie, 1000 ans de jacquerie, 1000 ans.
12:28En France, on ne sait pas négocier.
12:30L'État et la société ne négocient pas.
12:33Elles se confrontent parce que l'État ne négocie
12:35que quand un rapport de force est suffisant.
12:37Et vous le voyez bien d'ailleurs.
12:38Prenons le cas des Gilets jaunes,
12:39qui sont des gens qui n'avaient grosso modo jamais manifesté.
12:41Jamais.
12:42Ils ne savaient pas comment ça marchait,
12:43ils ne savaient pas comment on se déclarait,
12:44ils ne savaient pas comment il fallait faire.
12:46Ils ont choisi la violence
12:47puisque l'essentiel des revendications initiales
12:50faisait l'objet d'un mépris profond du système politique
12:53qui pensait que tout ça n'était pas sérieux.
12:55Une fois que ça a beaucoup cassé,
12:57tout le monde a tout lâché.
12:58Puis on a commencé à faire le grand dialogue national
13:01qui aurait peut-être permis de désamorcer cette rage,
13:04cette rancœur, cette difficulté.
13:06C'est-à-dire que nous fonctionnons à l'envers.
13:07Nous fonctionnons à l'envers.
13:08Il faut assumer ce qu'on fait.
13:09Mais ça ne vous inquiète pas plus que ça ?
13:10Vous ne faites pas partie de ceux qui disent...
13:13L'image de guerre civile, c'est Jordan Bardella ?
13:15Ou pour citer Éric Zemmour,
13:16qui était à votre place sur ce plateau hier,
13:17qui disait des hordes d'arabos musulmans
13:19ont quitté les banlieues pour aller à Paris ?
13:22D'abord, je ne sais pas d'où sortent les informations
13:25des uns et des autres,
13:26mais ce n'est pas mon sujet.
13:28Mon sujet est que la violence
13:29est le mode de règlement des conflits dans ce pays.
13:31Et que si on veut réduire le niveau de violence
13:33et réduire le nombre de blessés, etc.,
13:35il faut d'abord fixer des règles assez simples.
13:38Il y a tout un dispositif qui fonctionne très bien.
13:40En 2018, sous l'autorité de Philippe Clémane,
13:43à l'époque patron des CRS,
13:45des modalités avaient été trouvées.
13:46On a beaucoup critiqué le préfet Lallemand,
13:48mais je rappelle que quand lui a rétabli l'ordre
13:50en allant au contact,
13:51il y a eu dix fois moins de blessés qu'avant,
13:53avec les méthodes Évitons d'aller au contact.
13:56Tout le monde sait très bien ce qu'il faut faire
13:58en matière de technique de maintien de l'ordre.
14:00Comment il faut la faire évoluer ?
14:01Je vous ai bien lu ce matin
14:02dans les colonnes du Parisien en France.
14:04Alain Bauer, vous dites...
14:05La version était plus longue.
14:06Ah bon, ils ont raccourci le texte,
14:07mais il faut revoir la doctrine du maintien de l'ordre.
14:09Finalement, vous dites comme les insoumis.
14:11Oui, bien sûr.
14:11Il y a un problème de doctrine aujourd'hui en France.
14:13Oui, mais moi, quand je dis qu'il faut revoir
14:15la doctrine du maintien de l'ordre,
14:16ce n'est pas pour expliquer que la police fait mal son travail,
14:18parce qu'elle n'a pas les moyens de faire bien son travail.
14:20Ça veut dire quoi ?
14:21Par exemple, la loi olympique avait permis
14:23de faire toute une série de dispositions préventives,
14:28de contrôles préventifs,
14:30d'interdictions de présence sur le territoire,
14:32de contrôles aux entrées de la capitale,
14:34des moyens de transport, etc.,
14:36qui permettaient évidemment d'éviter massivement
14:39la casse, de réduire les concentrations
14:41et les attroupements,
14:43et de maîtriser les choses.
14:44Vous avez souvenir de drames terrifiants
14:47durant la période des Jeux olympiques,
14:49y compris des rencontres de football ?
14:50Non.
14:51Donc, il aurait fallu la prolonger pour toujours ?
14:53Non, mais je pense qu'on peut apprendre
14:55des choses qui fonctionnent bien,
14:57plutôt que d'expliquer que ce n'est qu'une exception.
14:59On en vient, si vous voulez bien,
15:01à toutes les pistes qui sont proposées
15:02par la classe politique depuis ce week-end.
15:06Raphaël Grablin nous a rejoint.
15:07Bonsoir, Raphaël.
15:08Il y a une piste qui est proposée à la fois
15:09par Bruno Rotaillot, le patron des Républicains,
15:11et par Jordan Bardella au Rassemblement National,
15:14c'est la reconnaissance faciale en temps réel.
15:17Qu'est-ce qu'il propose exactement ?
15:19Exactement, d'utiliser les caméras de surveillance
15:22dans nos rues en temps réel
15:23pour identifier les visages des casseurs
15:26grâce à l'intelligence artificielle.
15:27Effectivement, c'est Jordan Bardella
15:29qui a proposé ça ces dernières heures.
15:31Bruno Rotaillot également.
15:33L'idée n'est pas nouvelle.
15:34Gérald Darmanin aussi l'avait évoqué.
15:37Il avait plaidé pour l'utilisation
15:39de la reconnaissance faciale il y a quelques mois.
15:40C'est possible, ça marche, ça ?
15:41Alors, sur le papier, oui.
15:43En théorie, il faudrait changer la loi
15:45car surveiller toute la population
15:47en temps réel dans la rue,
15:48en théorie, c'est interdit.
15:50Ça suppose par exemple d'avoir un fichier géant
15:52avec tous les visages des Français
15:54ou d'avoir recours à d'autres méthodes
15:56en allant piocher des photos ailleurs sur Internet.
16:00Après, il y a des questions,
16:01notamment en termes de fiabilité.
16:04Une IA, ça peut se tromper,
16:05ça peut commettre des erreurs.
16:06Il peut y avoir des faux négatifs,
16:08c'est-à-dire passer à côté de vrais suspects,
16:10des faux positifs,
16:11aller peut-être interpeller la mauvaise personne.
16:13Et puis une question d'efficacité.
16:15On l'a beaucoup vu sur les images,
16:17notamment des casseurs.
16:19Certains d'entre eux ont un visage
16:20qui est couvert des cagoules, des capuches
16:22qui peut rendre...
16:23Et évidemment, ils sont un peu plus difficiles
16:24à reconnaître.
16:25La reconnaissance faciale,
16:26on l'utilise déjà aujourd'hui
16:27dans certaines enquêtes.
16:28Oui, exactement.
16:29La technologie, elle n'est absolument pas nouvelle.
16:31Mais pendant une enquête policière,
16:33après coup, pas en temps réel.
16:36Vous avez un fichier que vous connaissez bien,
16:37Alain Bouard, qui s'appelle l'otage,
16:38le traitement des antécédents judiciaires.
16:40Depuis 15 ans...
16:41Pas parce que vous y êtes, je précise.
16:42Non, pas parce que vous y êtes.
16:43Je vous vois.
16:44Oui, pas à notre connaissance, en tout cas.
16:46Et ça fait une quinzaine d'années maintenant
16:48que les policiers
16:49ont un logiciel de reconnaissance faciale
16:52qui permet d'identifier un visage
16:54qui a été capté par une caméra
16:55de vidéosurveillance
16:57et de voir s'il ne correspond pas
16:58à un visage qui est déjà connu
17:00par les services de police.
17:02C'est Big Brother, ça ou pas ?
17:03La reconnaissance faciale en direct ?
17:06Alors, si c'est pour créer
17:07un grand fichier centralisé
17:08de toute la population française,
17:10oui, et donc ça ne se fera pas.
17:11Si c'est pour utiliser de manière,
17:14y compris commerciale,
17:15ce qui se fait beaucoup
17:16dans d'autres pays,
17:18l'ensemble des images
17:19que nous produisons nous-mêmes,
17:21que nous mettons sur les réseaux,
17:23sur Insta, sur tous les serveurs,
17:25dont nous perdons la propriété
17:27au moment où on le met,
17:27parce que les gens ne lisent jamais
17:29les petites clauses au verso
17:31écrit en petit,
17:33ça se fait déjà
17:34et ça pourrait se faire,
17:36y compris de manière quasiment légale,
17:38après en procédure.
17:39Quasiment légale ?
17:40Oui, parce que je parle en identification.
17:42On est bien d'accord,
17:43en identification.
17:44Vous pouvez identifier
17:44ce que vous voulez.
17:45En procédure,
17:46il faudrait être un peu plus futé
17:47pour arriver à trouver un moyen
17:49de connecter votre identification
17:50à une éventuelle procédure.
17:53Mais d'ores et déjà,
17:54ça peut arriver
17:55puisqu'on n'est là
17:56plus dans le problème
17:57de l'identification,
17:58mais de l'enquête.
17:59Et donc, en général,
17:59on peut contourner ce problème.
18:01Il faut se rendre compte
18:02de l'impressionnante quantité
18:05de photographies
18:07et d'éléments.
18:08Alors, en plus,
18:09là, entre un autre problème
18:10qui est le deepfake,
18:11c'est-à-dire inventer un faux vous
18:13en train de casser
18:15pour dire que c'est vous
18:16qui êtes en train de casser.
18:17Donc, il y a des défauts
18:19dans ce système.
18:20Ils sont nombreux,
18:20mais on a le même problème
18:21que l'ADN de parentèle.
18:22D'abord, il fallait votre ADN
18:23dans un fichier.
18:25Puis maintenant,
18:25on peut avoir l'ADN
18:26de votre arrière-petit cousin
18:27qui permet,
18:28par réduction technique,
18:30de découvrir
18:31que vous étiez l'auteur
18:33d'un viol ou d'une agression
18:34il y a 20 ou 30 ans.
18:35Ça, c'était pour la reconnaissance faciale
18:38en temps réel.
18:39Deuxième piste évoquée
18:41aujourd'hui par Sébastien Lecornu.
18:43On est sur des dégradations
18:45qui coûtent extraordinairement
18:47cher à la société.
18:48Notre système
18:49ne se retourne pas suffisamment
18:51vers les auteurs
18:52de ces dégradations.
18:53Je ne suis pas favorable
18:54aux suspensions
18:55des prestations sociales.
18:56Néanmoins,
18:57je crois qu'il y a
18:58un chemin de bon sens.
18:59C'est de permettre
18:59à ces prestations sociales,
19:01en dehors du reste à vivre,
19:02de financer justement
19:04ces réparations.
19:04La responsabilité individuelle
19:06d'un auteur
19:08d'un acte de violence
19:09par définition de dégradation
19:11doit pouvoir réparer.
19:13Tu casses, tu répares.
19:15Ça, c'était la version
19:15Gabriel Attal.
19:16On vient d'entendre
19:16la version de Sébastien Lecornu.
19:18Est-ce qu'il faut faire payer
19:18les casseurs
19:19pour rembourser, par exemple,
19:20les commerçants ?
19:21C'est prévu par la loi, déjà.
19:23Donc, ce qu'annonce
19:24aujourd'hui Sébastien Lecornu...
19:25Non, il dit
19:26c'est un prélèvement
19:28sur les prestations sociales
19:30en vue de rembourser
19:31une casse éventuelle.
19:33Déjà, il faudrait que
19:33la prestation sociale,
19:34soit directement liée
19:35au casseur lui-même
19:36et pas à sa famille.
19:37Vous allez assez rapidement
19:39voir les limites
19:40de l'exercice,
19:41mais le code pénal
19:43a toujours prévu
19:44depuis longtemps
19:45des dommages à intérêt,
19:46des dédommagements.
19:48Bref, je parle au-delà...
19:51Si je vous souviens,
19:51ça existe déjà
19:52et on ne pourra pas
19:52aller beaucoup plus loin.
19:53Si, pourquoi pas ?
19:55Il faut regarder
19:56ce qui est possible.
19:57Ce qui est la bonne nouvelle,
19:58c'est qu'on n'a pas
19:58le retour
20:00du monstre du Loch Ness
20:01de la loi anti-casseur
20:02qui ressort régulièrement
20:04puis disparaît
20:05à peu près immédiatement
20:06faute de capacité
20:07à dire qu'il y a
20:08une responsabilité collective
20:09juste parce qu'on est
20:10dans la rue
20:11à un moment
20:12où on ne devrait pas.
20:12Alors que le texte
20:13sur les attroupements
20:14qui, visiblement,
20:14a été utilisé au moins une fois
20:16alors qu'il aurait pu être
20:16peut-être utilisé beaucoup plus,
20:18permet de faire
20:19beaucoup plus de choses
20:20par le simple fait
20:20que vous soyez là
20:21à un endroit
20:21où ce n'est pas autorisé.
20:22Mais la manifestation
20:25de joie supposée
20:27PSG
20:28n'était pas interdite.
20:29Oui.
20:30Qu'est-ce qu'il faut faire
20:30selon vous
20:31pour que la Coupe du Monde
20:32se passe bien ?
20:32Je ne parle pas
20:33de l'équipe de France.
20:34En France.
20:36Ce qu'on a fait
20:36pour la loi olympique ?
20:39Rétablir
20:39tout le dispositif
20:40que vous...
20:40Le dispositif de la loi olympique
20:41est un modèle
20:42de ce qu'on peut faire
20:43pour que les choses
20:44se passent bien.
20:45La Ligue de football
20:46professionnelle
20:47a réussi à rétablir
20:48la sécurisation
20:49de ces stades
20:50et quasiment
20:51le périmètre
20:51de ces stades
20:52mais pas de la périphérie.
20:54C'est donc
20:54que c'est possible.
20:55Fan zone
20:56ou pas fan zone ?
20:57Ça n'a aucune importance.
20:59Laurent Nounas a dit
21:00dans le cas présent
21:00fan zone
21:01ça n'aurait servi à rien.
21:03Les gentils supporters
21:04seraient restés à l'intérieur.
21:05Les casseurs
21:05auraient été dehors.
21:06Il a raison
21:06parce qu'il y a
21:07trois catégories de personnes
21:08et on mélange les trois.
21:09Les supporters
21:09qui aiment le football.
21:11Les ultras
21:11qui aiment trop le football
21:12parfois
21:13et qui se battent
21:13avec d'autres ultras
21:14de temps en temps
21:14ou qui utilisent trop
21:15de fumigènes.
21:16Et les casseurs
21:20et donc si on arrive
21:21à séparer le bon grain
21:22de l'ivraie
21:22notamment par les contrôles
21:24préventifs
21:24le fait de s'inscrire
21:25pour venir
21:26au Parc des Princes
21:27ou ailleurs
21:28pour fêter
21:28ou célébrer
21:29etc.
21:30Et d'ailleurs
21:30la démonstration du dimanche
21:31était exactement l'inverse
21:32de la démonstration du samedi.
21:33Un bus encadré
21:34un bus qui traverse Paris
21:36un stade
21:37Quand on veut
21:39prendre des moyens
21:40on peut
21:40la démonstration en a été faite
21:42et deuxièmement
21:42la loi olympique
21:44permet de faire
21:44beaucoup de choses
21:45qu'on pourrait rétablir
21:46ou étendre
21:47aux grands célébrations
21:49notamment sportives
21:50et pas seulement.
21:51J'en viens à votre livre
21:52Alain Bauer
21:52La vérité sur le système Epstein
21:53chez First Edition
21:55vous avez épluché
21:56des milliers de documents
21:56des millions
21:58de documents
21:58publiés
21:59ces derniers mois
22:00on sait que c'est l'une
22:01des plus grandes affaires
22:02pédocriminelles
22:02de ces dernières décennies
22:04peut-être même
22:04à l'échelle
22:06de la planète
22:07pourquoi un livre de plus
22:07sur cette affaire ?
22:08Qu'est-ce qu'on ne sait pas
22:09encore aujourd'hui ?
22:10Alors d'abord
22:10c'est pas un livre de plus
22:11c'est le premier livre
22:12d'après les 3 millions
22:13et demi de documents
22:14parce qu'avant
22:15vous avez eu de nombreux livres
22:16sur des tout petits morceaux
22:17de l'affaire Epstein
22:18d'abord un livre remarquable
22:19écrit par une journaliste
22:20au début de l'affaire
22:22celle qui a tout révélé
22:23et qui n'a pas abouti
22:25malheureusement
22:25à plus que
22:27une tape sur les doigts
22:28de monsieur Epstein
22:29avant que ça remonte
22:31et ensuite
22:32il a fallu décortiquer
22:333 millions et demi de documents
22:34qui sont sortis en janvier
22:35donc c'est pas un livre de plus
22:37c'est le premier ouvrage
22:39qui prend en compte
22:41les 3 millions et demi de documents
22:42et plus que cela
22:43au-delà des 3 millions et demi de documents
22:45un épluchage complet
22:46où on a découvert
22:47par exemple
22:47au mois de mars seulement
22:48au moment où je finissais le livre
22:50des 4 appartements secrets
22:52de Jeffrey Epstein
22:53à Londres
22:54qui étaient au temps
22:55de l'upanard
22:56pour pas utiliser
22:56de termes plus désagréables
22:58aujourd'hui
22:59donc c'est le premier livre
23:00qui fait le point
23:01de tout ce qui est
23:02vérifié
23:03contrôlé
23:03sûr
23:05après
23:05la publication
23:06des 3 millions et demi
23:07de documents
23:07en attendant
23:08encore 1 million et demi
23:09de documents
23:10dont une partie
23:11sont des copies
23:11de copies de copies
23:12mais surtout en découvrant
23:14qu'il allait à la chasse
23:15de châteaux en France
23:16pour en faire d'autres lupanards
23:19et donc
23:19que depuis
23:21et je salue d'ailleurs
23:22l'action de la procureure de Paris
23:24au mois de
23:26depuis février
23:27et encore en mai
23:28il y a eu 11 nouvelles plaintes
23:30de victimes
23:30d'Epstein
23:32on découvre
23:32des complices
23:34qui ne savaient rien
23:35qui n'ont rien vu
23:36qui n'étaient pas au courant
23:37c'était à l'insu
23:38de leur plein gré
23:39mais quand même
23:39qui sont dans l'environnement
23:42architecte ici
23:43photographe là
23:44on se rend compte que ça
23:45donc c'est la première fois
23:46que vous avez
23:46l'ensemble
23:47de l'affaire Epstein
23:49qui n'est pas une affaire Epstein
23:50c'est un système
23:51c'est même un système
23:52de systèmes
23:53il y a un prédateur sexuel
23:54c'est vrai
23:55mais il y a aussi
23:56un agent de renseignement
23:57il y a aussi
23:58un intercesseur
23:59un demi-mondain
24:00un père macro
24:01avec des mères mackerelles
24:02des victimes
24:04qui deviennent des complices
24:05des responsables politiques
24:07des responsables financiers
24:09bref
24:10des échanges
24:11de renseignements
24:12c'est un phénomène
24:13impressionnable
24:14monsieur Ponzi
24:15qui a inventé
24:16la pyramide de Ponzi
24:17c'est pas le premier escroc
24:18de l'histoire du monde
24:19c'est lui qui a industrialisé
24:20une escroquerie
24:21Epstein n'est pas
24:22le premier prédateur
24:23c'est le premier
24:25à avoir créé
24:26un système
24:26de systèmes
24:27où on a
24:28de l'échange
24:29d'argent
24:29d'informations
24:30de renseignements
24:31où on fait du trafic d'armes
24:32où on fait de la prédation sexuelle
24:34et vous avez
24:34des pervers
24:35d'un côté
24:36c'est vrai
24:37mais des politiciens
24:39des magistrats
24:40des procureurs
24:41dans ce cas précis
24:42des responsables politiques
24:44et puis aussi
24:45des gens
24:46qui profitent
24:47de cela
24:47des scientifiques
24:49qui profitent
24:49de son argent
24:50des médecins
24:51qui soignent
24:53les victimes
24:54en évitant
24:55de déclarer
24:56ce qu'ils sont
24:56en train de faire
24:57etc
24:57c'est un système
24:59de systèmes
24:59je ne suis pas complotiste
25:00par nature
25:00c'est même plutôt
25:01l'inverse
25:02j'allais vous poser la question
25:03vous l'advancez
25:04parce que le sous-titre
25:05de votre livre
25:06c'est Paris
25:07Londres
25:07New York
25:07le réseau criminel mondial
25:09qu'ils ont voulu cacher
25:10oui
25:11parce que pour la première fois
25:12j'ai découvert
25:12qu'effectivement
25:14des magistrats américains
25:15des responsables politiques
25:16démocrates et républicains
25:18des médecins
25:18des financiers
25:20et pas n'importe lesquels
25:21des gens
25:22à qui on aurait donné
25:23le bon Dieu
25:24sans confession
25:24enfin pour ceux qui y croient
25:25se sont ligués
25:27pour que tout ça
25:28soit caché
25:29jusqu'à la volonté
25:30de cette journaliste
25:32remarquable
25:32de Miami
25:33et surtout
25:35la capacité
25:36des victimes
25:36à porter leur parole
25:38avec beaucoup de courage
25:38quitte à y perdre la vie
25:40pour l'une d'entre elles
25:41a posteriori
25:42pour que l'affaire éclate
25:44ça a été un travail considérable
25:45est-ce qu'en France aussi
25:46pour vous
25:47il y a un « il »
25:48est-ce que des gens
25:49ont voulu cacher cette affaire ?
25:50évidemment
25:51il y a beaucoup de victimes
25:52le réseau existe
25:54au moins une autre personne
25:55est morte en France
25:56M. Brunel
25:57lui aussi dans sa prison
25:59et l'enquête
26:01avait peu progressé
26:02c'est pour ça que je rends hommage
26:03au travail de Mme Bécuot
26:04depuis qu'elle a effectivement
26:063,5 millions de documents
26:06elle ne les avait pas
26:08on ne peut pas lui reprocher
26:09de ne pas avoir eu
26:103,5 millions de documents
26:11que personne n'avait
26:12mais 3,5 millions de documents
26:13qui étaient stockés
26:14au département
26:15de la justice américaine
26:16dont une partie
26:17ont été caviardées
26:18avec Mme Bondy
26:19ancienne
26:20à tournée générale
26:21des Etats-Unis
26:21ministre de la justice
26:22qui dit
26:22« ah oui c'est pas moi
26:23on s'est peut-être trompé
26:24on n'aurait peut-être pas dû
26:25en caviarder autant
26:25et j'y suis pour rien »
26:26vous vous rendez bien compte
26:27que de morceau en morceau
26:29cette affaire
26:30n'en finit pas
26:30de défier
26:31tout ce qu'on peut imaginer
26:33de la manière
26:34dont on doit traiter
26:35une affaire criminelle
26:36Mais est-ce qu'on sait tout
26:37aujourd'hui
26:37du volet français
26:38de cette affaire ?
26:38Vous avez rappelé
26:39le nom de Jean-Luc Brunel
26:40les plaintes également
26:41en France
26:42les nouvelles plaintes
26:42aujourd'hui
26:43Bien sûr
26:43on ne sait pas tout
26:44justement
26:45ce livre
26:46c'est pour signaler
26:47que non seulement
26:47on ne sait pas tout
26:48pas plus qu'on ne savait tout
26:49sur l'affaire Pellicot
26:50pas plus qu'on avait
26:51des éléments
26:53sur une autre affaire
26:56concernant
26:56des personnalités
26:58du monde culturel
27:00parisien
27:00pas plus qu'on ne savait
27:01ou qu'on découvre
27:02j'y reviens
27:03sur le périscolaire
27:05etc.
27:06alors que c'était
27:06sous nos yeux
27:07et que nous avons
27:08refusé de savoir
27:09et mon livre
27:10il est fait
27:10pour que nous acceptions
27:11de savoir
27:12et de prendre à bras
27:13le corps
27:13la problématique
27:15de ce que représente
27:16le système Epstein
27:17qui n'en est qu'en
27:18ses débuts
27:19de ce qu'on va découvrir
27:20de ce qu'il est en réalité
27:22Il y a un doute
27:22aujourd'hui
27:23sur la façon
27:23dont est mort Jeffrey Epstein
27:24en prison
27:25la version officielle
27:26c'est un suicide
27:27quelle est votre conviction
27:29là-dessus aujourd'hui ?
27:30Malheureusement
27:30la version officielle
27:31est une très jolie version officielle
27:33qui manque de
27:35voilà
27:35quand vous avez une version officielle
27:37sur le suicide
27:37avec la caméra
27:38qui s'éteint au mauvais moment
27:39c'est ballot
27:39quelles que soient les raisons
27:41pour lesquelles
27:41la caméra s'est éteinte
27:42c'est pour ça que je ne sais pas
27:43si c'est un accident
27:45un accident
27:46où la visite des gardiens
27:48s'interrompt subitement
27:49alors qu'il devait y passer
27:50toutes les demi-heures
27:51qu'il avait déjà tenté
27:52de se suicider
27:54là véritablement
27:55avant
27:55donc il s'est peut-être
27:56vraiment suicidé
27:57une deuxième fois
27:58mais quand vous cumulez
27:59il s'est suicidé
28:00une deuxième fois
28:00il était sur surveillance
28:01la caméra
28:01est en bas
28:02et les gardiens
28:04ont oublié
28:04de faire la ronde
28:05vous vous dites
28:07la faute
28:08n'a pas de chance
28:08à des limites
28:09Est-ce que Donald Trump
28:10faisait partie
28:13du volet sexuel
28:14de l'affaire Epstein ?
28:15On n'en sait rien
28:15Il y a un doute
28:16lui il dit
28:16je l'ai côtoyé
28:17et j'ai largué
28:19les amas ensuite
28:19On n'en sait rien
28:20la plupart des rumeurs
28:21sur les questions
28:22se terminent par rien
28:23il y a un dossier en cours
28:26un seul et unique
28:27où il y a véritablement
28:29une plainte spécifique
28:30le concernant
28:32elle n'a pas
28:33pour l'instant
28:34ni avancé
28:34ni progressé
28:35ni abouti
28:35je rappelle que pour l'instant
28:36il n'a jamais été
28:38condamné au pénal
28:39pour ce type de sujet
28:40il n'a été condamné
28:41qu'aux civils
28:41c'est très important
28:42de voir la différence
28:43parce que la France
28:43et les intelligences
28:44on ne sait pas du tout
28:45là-dessus
28:46on peut penser
28:46ce qu'on en veut
28:47mais on fait
28:48la liste très exacte
28:49de ce qui est reproché
28:50à Donald Trump
28:51et qui est faux
28:52qui est invraisemblable
28:53qui est possible
28:54et il y a une plainte
28:55qui est véritablement
28:56le concerne lui
28:58personnellement
28:58Mais là aussi
28:59vous avez un doute ?
29:00Sur quoi ?
29:01Sur Donald Trump ?
29:02Moi j'ai aucun doute
29:03sur rien du tout
29:04je regarde les faits
29:05je vous dis ce que je sais
29:06ce qui est confirmé
29:08ce qui est possible
29:10ce qui est impossible
29:11et ce qui est faux
29:12et mon rôle à moi
29:14c'est de fournir les moyens
29:15à gens qui m'écoutent
29:17me regardent
29:18ou me lisent
29:19de se faire leur propre opinion
29:20avec des faits
29:21et pas simplement
29:22des rumeurs
29:23ou des infox
29:24La vérité sur le système
29:26Epstein
29:26c'est publié chez First
29:28et c'est votre dernier livre
29:29Alain Boer
29:30merci beaucoup
29:31d'être venu sur ce plateau
29:32donc vous trouvez
Commentaires