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00:00C'est Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur et envoyé spécial du Président de la République pour l'Océan et les
00:04Pôles, et l'invité d'ici matin.
00:06Et il était hier soir au Bellevue à Biarritz pour une conférence intitulée « Quand l'océan se réveillera »,
00:10c'est le titre aussi de son ouvrage co-signé avec Marina Lévy, directrice de recherche au CNRS.
00:15Il est votre invité Yves Tussaud.
00:16Bonjour Olivier Poivre d'Arvor.
00:18Bonjour.
00:18Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:20Un plaisir.
00:21Quand l'océan se réveillera, point de suspension, est-ce que derrière il faut comprendre, il sera trop tard pour
00:25un certain nombre d'entre nous ?
00:27Oui, il sera trop tard, et vous le savez, ici dans le Pays Basque, moi chez moi en Bretagne et
00:32partout,
00:33d'abord la mer monte de manière inéluctable, c'est les effets du changement climatique, on est largement responsable de
00:38tout ça.
00:39Je suis ambassadeur des Pôles et je vois au Groenland, je vois en Antarctique cet effet,
00:43le réchauffement thermique plus la fonte des cales glaciaires, ça veut dire un mètre d'élévation supplémentaire de la mer
00:51d'ici 2100.
00:52Et donc ces phénomènes auxquels s'ajoutent évidemment l'érosion, les pollutions qui sont de plus en plus catastrophiques,
00:58je pense au plastique notamment, et tous ces effets font que la mer qu'on connaît mal, l'océan, à
01:04un moment donné va nous dire ça suffit.
01:06Et comme on sera sur les 10 milliards d'habitants que nous serons en 2050,
01:11ici aux Pays Basques, entre autres, vous verrez qu'il y aura des effets assez terrifiants.
01:18Les conséquences, c'est l'érosion, le recul du trait de côte, c'est une réalité sur la côte basque
01:23et sur le littoral atlantique.
01:25L'évolution, c'est à Ladour, Bayonne, c'est une ville de Bayonne qui devra s'adapter.
01:30Plus largement, au niveau mondial, le constat est posé, le constat est reconnu ?
01:36Il est posé et il nous dit que sur les 10 milliards d'habitants dont je vous parlais,
01:4175% d'entre eux vivront à moins de 75 km d'une côte.
01:45C'est-à-dire que tout le monde se rapproche de la mer et en même temps la mer se
01:48rapproche de nous,
01:48ce qui veut dire 500, 600 millions de déplacés climatiques d'ici la fin de ce siècle.
01:53Et il y aura des déplacés climatiques dans le Pays Basque, parce qu'il faudra...
01:57Et partout où je vais, dans le bassin d'Arcachon,
02:01et un village à Saint-Pierre-et-Miquelon, ça peut paraître loin,
02:04mais la France quand même a été déplacée, ça a coûté 5 milliards d'euros à la collectivité.
02:09C'était une nécessité, sinon ce village était appelé à disparaître.
02:13Qu'est-ce qui retarde la prise de conscience et l'action ?
02:16Que les décideurs n'écoutent pas les scientifiques.
02:18Parce que le constat est là.
02:19Moi j'ai voulu faire ce livre avec une scientifique,
02:23une des meilleures océanographes européennes,
02:24parce qu'elle m'a appris des choses sur les courants,
02:27sur la disparition des ressources aléatiques,
02:29sur la pollution,
02:31et en effet sur ces questions liées à l'élévation du niveau de la mer.
02:34Donc les constats sont là,
02:35mais le scientifique n'est pas pris au sérieux.
02:37Alors, aux Etats-Unis il n'est plus,
02:39puisque les scientifiques américains qui travaillent dans la mission américaine
02:43n'ont pas le droit d'employer le mot changement climatique.
02:45Alors nous on l'emploie,
02:47mais la voix des scientifiques ne porte pas assez,
02:50et les leaders...
02:50Mais pourquoi ? Parce que les politiques n'ont pas la solution ?
02:52Parce que l'échéance est trop lointaine,
02:54et qu'elle n'est pas rentable en termes de politique ?
02:56Oui, parce qu'on n'est pas réélu avec un constat objectif
03:00sur la production d'oxyde de carbone.
03:03Et qu'il faut arrêter d'en produire.
03:05Sinon, ça sera de plus en plus chaud partout.
03:087h49 sur ICI Pays Basque,
03:10notre invité Olivier Poivre-Darvoire,
03:11ambassadeur et envoyé spécial du Président de la République
03:13pour l'Océan et les Pôles.
03:15Alors vous êtes également président du Centre international de la mer,
03:18la Corderie Royale à Rochefort,
03:20qui est le berceau de l'Hermione.
03:22Absolument.
03:23L'Hermione qui est en cale sèche à moins d'un kilomètre des studios
03:26d'ICI Pays Basque, un peu plus loin,
03:28le long de la Dour à Anglette.
03:30Elle est là depuis septembre 2021,
03:33rongée par un champignon.
03:35Alors l'association Hermione qui gère la frégate
03:37est en redressement judiciaire.
03:39Il lui faut 5 millions d'euros pour terminer les travaux,
03:42la remise en état.
03:43La période d'observation se poursuit jusqu'en juillet.
03:47Vous êtes intervenu dans ce débat.
03:49Où est-ce que vous en êtes de la volonté
03:51de la Corderie Royale
03:53de faire revenir le bateau à Rochefort
03:55pour en faire un bateau musée ?
03:56On est tout à fait déterminé à la sauver.
03:59Car aujourd'hui, la situation dans laquelle elle est,
04:02d'abord, elle n'aurait jamais dû partir de Rochefort.
04:04Elle est née à Rochefort.
04:05Moi, je faisais partie de, plus tardivement,
04:06mais l'équipe de ceux qui ont,
04:08notamment Eric Orsena, Benigny Delilly,
04:10qui l'ont fait naître une deuxième fois,
04:11après, évidemment, la première Hermione.
04:13Elle est née et elle est partie ici.
04:17Et si elle ne revient pas à Rochefort,
04:19elle va disparaître.
04:19Voilà.
04:20Mais je ne sais pas pourquoi, d'ailleurs, encore,
04:21certains ne veulent pas l'entendre.
04:23J'ai eu l'occasion d'en parler avec Alain Rousset,
04:25mais le maire de Rochefort, nous-mêmes,
04:27la Corderie Royale,
04:27on est vraiment déterminés à la faire revenir
04:29par tous les moyens
04:30pour en faire un bateau musée.
04:32Parce qu'il ne faut pas mentir aux gens.
04:34On a tous envie que les bateaux naviguent,
04:37mais celui-ci ne peut pas,
04:38dans l'état actuel,
04:40d'une dette considérable,
04:42et surtout du coût de la navigation.
04:44Donc, voilà, j'espère que les actuels responsables
04:48de l'Hermione se rendent compte
04:49que l'obstination est le parent pauvre de la volonté.
04:52L'association Hermione-Lafayette
04:54n'est pas en capacité de remplir sa mission.
04:55C'est ce que vous nous dites ce matin ?
04:57Écoutez, moi, je regarde les chiffres.
05:008 millions de dettes,
05:02une incapacité à trouver un modèle économique.
05:05Donc, nous, nous proposons,
05:06et à l'Hermione, on connaît bien,
05:10enfin, à Rochefort, on connaît bien l'Hermione,
05:11nous proposons, en effet, de la faire revenir
05:14assez vite, et puis d'en faire
05:16une sorte de modèle de ce qu'est l'histoire
05:17de la navigation et de ce bateau mythique.
05:20Vous avez les moyens techniques
05:21de faire revenir la coque
05:23qui est dans le radon du port d'Anglette ?
05:25Oui, nous attendons juste que la justice
05:28fasse son travail,
05:29et qu'elle reconnaisse, en effet,
05:31que là, chaque jour, un peu plus.
05:34Et je crois, d'ailleurs, que je vois tout à l'heure
05:35le maire d'Anglette,
05:36mais je crois, d'ailleurs, que ce bateau
05:38devra quitter, au plus tard,
05:40en juillet 2027, le port d'Anglette,
05:42parce qu'évidemment, c'est encombrant.
05:45Et moi, je ne voudrais vraiment pas
05:46qu'elle disparaisse.
05:47Et je pense que quand des gens responsables,
05:49comme la Corderie de Rochefort,
05:51qui, vous savez, a quand même
05:52près de 150 000 visiteurs,
05:54je pense qu'on pourrait en avoir le double
05:55avec l'Hermione.
05:57Je pense que c'est important que cette...
05:58Mais vous avez les moyens
05:59de combler le trou ?
06:01De combler les 8 millions d'euros ?
06:02Ou est-ce que vous attendez
06:03qu'on liquide pour reprendre une affaire
06:05qui n'a plus de passif ?
06:06Je pense qu'on va aller
06:08vers la liquidation.
06:09Voilà.
06:09Mais on attend.
06:10Écoutez, on attend.
06:11Et je pense qu'il y a d'autres projets.
06:13Mais je pense que le nôtre,
06:14il est raisonnable.
06:15Et surtout, il permettra
06:16que l'Hermione dure.
06:17Et j'espère pouvoir en convaincre
06:19très vite Alain Rousset
06:20et tous les élus.
06:22Et évidemment, les juges.
06:24Le 3 juillet, on aura l'occasion
06:25de présenter notre projet au tribunal.
06:28Merci, Olivier,
06:29d'avoir accepté notre invitation.
06:31Bonne journée.
06:31Merci à vous.
06:32Bonne journée.
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