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Raphaël Glucksmann, député européen et co-fondateur de Place Publique, était l'invité du Face-à-face sur RMC et BFMTV ce mardi 2 juin

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Transcription
00:00Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Raphaël Glucksmann.
00:03Bonjour.
00:04Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes député européen, vous êtes cofondateur de Place Publique,
00:08vous êtes presque candidat à l'élection présidentielle. Vous vous donnez trois mois, on va y revenir et vous publiez.
00:13Nous avons encore envie pour un sursaut patriotique.
00:16Je vous interroge là-dessus dans un instant, mais évidemment je voudrais que vous nous disiez ce que vous avez
00:22pensé
00:22de ce qui s'est passé dans la nuit de samedi à dimanche.
00:24Et au fond je vais vous poser la même question que je posais hier matin à Jordan Bardella qui était
00:27à ce même micro.
00:29Imaginons qu'on soit dans un an. Dans un an, même jour, même heure quasiment.
00:33Imaginons que vous ayez été élu président de la République mi-mai.
00:37Deux semaines après, il y a la finale de la Ligue des champions.
00:40Comment est-ce que vous feriez pour que ça se passe différemment ?
00:45Déjà, je veux vous le dire, les casseurs qui sont une minorité, puisqu'il y avait quand même une liesse
00:50populaire
00:50avec des centaines de milliers de jeunes à travers la France qui ont fait la fête pour la victoire du
00:55PSG,
00:55de Louis-Henriquet, du collectif parisien.
00:59Les casseurs qui sont une minorité, il faut les sanctionner, il faut les arrêter, il faut les écarter.
01:05Et ils sont aujourd'hui un facteur qui nous empêche de nous réunir, de nous rassembler, de faire la fête.
01:11Et il n'y a aucune forme de laxisme à avoir contre ces casseurs.
01:16Par contre, il n'y a pas de baguette magique.
01:18C'est-à-dire que ceux qui vont venir vous voir et qui vont vous dire, moi, avec moi à
01:21l'Élysée,
01:21comme le font absolument tous les candidats à la présidentielle,
01:24eh bien avec moi à l'Élysée, je sais comment je gérerai ces groupes.
01:27Tout cela, c'est, si vous voulez, de la propagande et de l'égotisme.
01:31Ce qu'il faut faire, c'est être intransigeant vis-à-vis des minorités qui perturbent la majorité qui veut
01:37faire la fête.
01:37Ce qu'il faut faire, c'est des comparutions immédiates comme la justice l'a fait.
01:40Ce qu'il faut faire, c'est être capable, dans notre doctrine de maintien de l'ordre,
01:45d'anticiper ces groupes mobiles qui ne viennent pas pour faire la fête
01:47et qui viennent juste pour casser, cambrioler et empêcher les autres de faire la fête.
01:51Donc vous dites qu'il n'y a pas de baguette magique, mais vous avez une petite baguette magique quand
01:54même.
01:54Enfin, vous dites quand même, moi, je pense qu'il faudrait faire ci et ci et ça.
01:57Il y a des actions à mener, mais plus largement, ce qu'il faut faire.
02:00Et c'est tout le débat qui va nous occuper pendant cette année qui vient.
02:03Ce qu'il faut faire, c'est refaire France.
02:05C'est faire en sorte qu'on ait à nouveau une politique d'intégration dans notre pays.
02:10Qu'on ait à nouveau une politique de l'autorité publique.
02:13Qu'on ait à nouveau la capacité à fabriquer un peuple en France.
02:17On est une société sous tension.
02:18On est une société qui s'archipélise.
02:20On est une société qui se divise, qui se fracture.
02:23Et tout l'enjeu, c'est de refonder la République française, de faire peuple à nouveau.
02:28C'est ce que j'explore dans ce livre.
02:30Vous voulez remettre la question du patriotisme, la question de l'amour de la France, la question du drapeau au
02:35cœur.
02:35Et la question du service civique, la question d'appartenir à une nation.
02:39Quand des jeunes qui naissent à Trappes, des jeunes qui naissent dans le 7e arrondissement de Paris,
02:43des jeunes qui naissent en Picardie ne se croisent jamais à aucun moment de leur vie,
02:46sauf lors de matchs de foot, nous ne sommes plus un peuple.
02:50Et moi, ce que je veux, c'est que nous fassions à nouveau peuple ensemble, nous les Français.
02:54Mais ça veut dire donc que Raphaël Luxman, vous êtes finalement assez d'accord avec Jordan Bardella,
02:58quand il dit qu'il y a un lien avec la question de l'immigration.
03:03Puisque vous avez répondu, il faut revoir l'intégration.
03:05Oui, mais on est une société qui se désintègre.
03:08Mais Jordan Bardella, quand il parle de lien avec l'immigration, il a des statistiques.
03:11Il a des statistiques sur le nombre d'étrangers qui ont été arrêtés, sur le nombre d'immigrés.
03:15Ou alors, il considère quoi ?
03:16Qu'il a vu des Français noirs à la télé et qu'il en a déduit qu'ils étaient étrangers
03:21?
03:22Il faut qu'il réponde.
03:23Parce qu'il n'y a pas de statistiques sur le nombre d'étrangers qui auraient été arrêtés par la
03:26police au moment des casses.
03:28Donc, quelle est la logique ?
03:29Il fait quoi, là, en réalité ?
03:32Il fait quoi, pour vous ?
03:33Il fait ce qu'on appelle du profiling.
03:35C'est-à-dire qu'il explique que ces jeunes ne sont pas Français.
03:37C'est ça.
03:38Parce qu'en fait, sinon, il n'y a pas de lien avec la politique migratoire actuelle de tel ou
03:42tel gouvernement.
03:42Oui, mais pardon, Raphaël Gluckman, quand vous-même vous dites, comme une des premières réponses,
03:45il faut revoir l'intégration, vous-même, entre eux, vous dites que c'est une question quand même d'immigration.
03:50Bien sûr, parce qu'on est une société...
03:52C'est-à-dire que c'est un peu hypocrite de votre part ?
03:53Ah non, c'est absolument pas hypocrite.
03:55D'ailleurs, ce n'est pas ma marque de fabrique.
03:56Je suis plutôt sincère et direct.
03:57Donc, je dis ce que je pense face à vous.
03:59Et ce que je dis, c'est que oui, il y a des fractures dans notre société.
04:03Qu'on a pensé qu'une société ouverte comme la société française, qu'une république, c'était une chose naturelle.
04:08Et donc, on a tout laissé à l'abandon.
04:11En réalité, vous avez des quartiers où les services publics ne sont plus présents.
04:15On a supprimé le service militaire sans même se poser la question de à quoi servait ce service militaire.
04:20Quelle était sa fonction sociale intégratrice ?
04:23On avait avant des structures collectives, type les grands partis politiques, les syndicats, qui intégraient en permanence.
04:32On devenait français.
04:33On devenait des citoyens français.
04:35Qu'on soit né ici ou qu'on ne soit pas né ici.
04:37Quelle que soit notre couleur de peau, quelles que soient nos origines.
04:39Ça passe par quoi ?
04:40Ça passe par quel genre de faits concrets ?
04:42C'est-à-dire que là, je trouve qu'au fond, il n'y a pas grande différence entre ce
04:44que vous dites et ce que François Hollande disait quand il disait « il faut réenchanter le rêve français ».
04:48C'était déjà cette même logique.
04:50Et qu'il avait dit d'ailleurs, après Nicolas Sarkozy, « moi je vais réconcilier la France ».
04:54C'est la même logique que ce que vous dites d'une France qui serait trop éparpillée, qui serait trop
04:58divisée.
04:58Mais ça passe par quoi concrètement ? Je veux dire au-delà du slogan.
05:01Mais ça passe par des mesures extrêmement concrètes de soutien aux structures d'intégration.
05:05En fait, ce n'est pas juste un récit.
05:06Déjà, ce qu'il faut, c'est que la gauche, et je me bats pour ça, se réapproprie le récit
05:10français, se réapproprie le récit patriotique.
05:12Ils disent de manière très claire que nous sommes, nous, les patriotes.
05:17Et il faut qu'on puisse donc s'intégrer à un discours sur notre propre pays, qu'on dise ce
05:21que signifie être français.
05:23Mais derrière, c'est des structures intégratrices.
05:26Quand vous avez une société qui a abandonné par individualisme l'ensemble des structures qui permettait d'intégrer,
05:32évidemment, vous avez une crise de l'intégration.
05:33Donc moi, ce que je veux, c'est un service civique obligatoire, universel, que tous les jeunes français, tous,
05:40quel que soit leur genre, toute une classe d'âge, quel que soit leur origine, garçons et filles,
05:45soient appelés à donner dix mois de leur vie à la collectivité.
05:49Ça veut dire qu'à un moment dans son existence, déjà, on se rencontre, quel que soit son quartier d
05:55'origine,
05:55on forme une jeunesse française à partir de ces jeunesses françaises éparpillées,
05:59et on apprend à servir le commun, on apprend à servir notre pays.
06:04On va dans les EHPAD, on travaille sur la transition écologique, on va dans les écoles,
06:08on apprend à être citoyen.
06:111979, je suis la première année qui n'a pas fait le service militaire.
06:17Et ce que je dis, c'est que les élites françaises, quand elles ont décidé de supprimer le service militaire,
06:23elles n'ont même pas réfléchi à le remplacer par quelque chose.
06:26Elles ne se sont même pas posé la question de savoir si ça servait à quelque chose ou pas.
06:31Mais au service militaire, on croisait des gens qu'on ne croise pas naturellement dans sa vie.
06:35Il faut sortir chacun de son environnement immédiat.
06:37Est-ce que ce n'est pas un peu nostalgique d'une France que l'on imagine plus qu'elle
06:43n'était ?
06:43Ce n'est pas utopique, la République française.
06:47Une République, ce n'est pas naturel.
06:49C'est une construction politique, historique, sociale.
06:52On fait en sorte que chacun sorte de son environnement immédiat.
06:55Aujourd'hui, chacun vit dans son quartier.
06:58Personne ne se croise.
06:59Personne ne se connaît.
07:00On vit dans son individualité.
07:01Mais pourtant, tous les hommes politiques que je reçois ici parlent de mixité sociale
07:04comme d'un idéal, comme d'un objectif.
07:07Ça passe par le logement.
07:09Ça passe par la question de l'école.
07:11Ça passe par la carte scolaire.
07:13Elle a été refaite.
07:14Elle a été revue précisément pour cela.
07:16Tout le monde parle de mixité sociale, à l'école notamment.
07:19Tout le monde dit que l'école est une priorité.
07:20Vous savez ce qu'on est en train de faire ?
07:21On est en train d'organiser une concurrence déloyale contre l'école de la République, l'école publique.
07:26Pourquoi ?
07:27Parce qu'on subventionne l'école privée sans imposer la moindre conditionnalité sociale.
07:33Aujourd'hui, vous avez dans les collèges publics 43% des enfants qui viennent de milieux défavorisés.
07:39Dans les collèges privés, c'est 18%.
07:41Et la séparation entre les deux, la différence entre les deux ne cesse de s'accroître.
07:46Pourquoi ?
07:46Parce qu'avant, les parents, ils voulaient mettre leurs enfants dans une école privée
07:50parce qu'ils avaient une conviction religieuse, par exemple.
07:52C'était l'école catholique.
07:53Aujourd'hui, c'est pour échapper à l'école publique qu'on choisit le privé.
07:56Moi, je ne blâme pas les parents.
07:58Ce que je blâme, c'est l'absence de politique pour faire de l'école publique un lieu d'excellence,
08:02pour redresser cette école publique.
08:05Et pour faire cela, il faut arrêter d'organiser la concurrence déloyale
08:08et donc imposer des conditionnalités de mixité sociale aux écoles privées
08:13qui reçoivent les subventions de l'État.
08:14Est-ce qu'il ne faut pas supprimer carrément les écoles privées ?
08:16Certains le disent.
08:17J'avais reçu Manuel Bompard qui, à un moment, disait
08:20« Je ne le ferai pas immédiatement, mais ça pourrait être un objectif. »
08:22Non, c'est relancer la guerre scolaire, c'est fracturer à nouveau la société.
08:25Non, moi, ce que je veux, c'est l'égalité de traitement.
08:27Ce que je veux, c'est qu'on arrête de maltraiter l'école publique.
08:30Ce que je veux, c'est qu'on arrête aussi d'avoir les professeurs, les enseignants
08:33les plus mal payés d'Europe.
08:34Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, un enseignant français en primaire,
08:37eh bien, il est payé 17% de moins que la moyenne de l'Union européenne et de l'OCDE
08:42et qu'il est moins payé que son collègue slovéne ou son collègue portugais en valeur absolue.
08:46On a décidé de dévaloriser le métier d'enseignant.
08:49On a décidé de dévaloriser l'école publique.
08:52Et le résultat de ça, c'est une crise.
08:54Et en plus, on ajoute, sur les épaules de l'école publique qui est déjà mal traitée,
09:00eh bien, l'ensemble des crises de la société.
09:01Parce qu'à l'époque de la Troisième République, il y avait l'école publique,
09:04mais il y avait aussi les ligues d'enseignement, les partis de masse, les syndicats.
09:07En fait, vous voulez revenir à cette France de la Troisième République ?
09:10Non, je ne veux pas revenir à cette France de la Troisième République.
09:12Je suis très heureux de vivre au XXIe siècle.
09:13Mais ce que je veux, c'est qu'on retrouve l'esprit fondateur de notre République.
09:18Nous sommes la France.
09:19On a un destin particulier.
09:21On a créé une société singulière.
09:23Et ce que je veux, c'est qu'on retrouve cet esprit,
09:25qu'on ait à nouveau envie d'être fier d'être français, d'être fier d'être républicain, d'être
09:28fier d'être démocrate.
09:29On va revenir à votre livre.
09:31Je vous pose la question, puisque vous parlez de l'école,
09:33vos enfants, ils sont à l'école publique ?
09:35Ils sont à l'école publique.
09:37J'étais à l'école publique.
09:38Mes fils sont à l'école publique.
09:39Et je suis extrêmement attaché.
09:40Et c'est pour vous une fierté ?
09:41Moi, je suis amoureux de l'école publique.
09:43Je suis amoureux de cette nation, la République française,
09:46qui a décidé, par exemple, de remplacer les cours de théologie au lycée par les cours de philosophie.
09:51Vous savez, dans ma famille, avec mon père, par exemple,
09:54chaque année, quand il y avait le bac,
09:56on s'asseyait et on repassait le bac.
09:58Pourquoi ? Parce que c'était notre levée de drapeau à nous.
10:01Oui, on prenait les sujets de philo et on les faisait.
10:03Vous aviez un père philosophe aussi.
10:04Oui, mais j'ai eu cette chance incroyable.
10:06Mais ce que je veux dire, c'est que c'est extraordinaire ce qu'a fait l'école de notre
10:10pays.
10:10C'est la fabrique de la France.
10:12Et le fait qu'on ait abandonné dans nos politiques publiques l'école,
10:16signe qu'on a abandonné l'avenir du pays.
10:18Je suis frappée par une forme un peu d'idéalisme.
10:20Mais allons-y.
10:20Non, c'est au contraire très pragmatique.
10:22Quand vous avez des élèves qui vont au collège, dans les Deux-Sèvres, à Matines-en-Gazière,
10:27qui vont au collège en doudoune parce qu'il fait 12 degrés dans les classes,
10:31elle est où la République ?
10:32C'est très concret.
10:33Et aujourd'hui, quand ils sont dans des fours à micro-ondes que sont devenus les salles de classe,
10:37pourquoi ? Parce que nous avons la canicule
10:39et parce que nous n'avons pas rénové thermiquement les établissements scolaires.
10:42Quand vous avez 30% du bâti scolaire qui est délabré dans notre pays,
10:45c'est très concret au contraire.
10:46Et la manière dont je vais relever l'école publique sera extrêmement concrète
10:50et on enverra le bénéfice pour l'ensemble de la société
10:52parce qu'on fabriquera à nouveau de la citoyenneté dans notre pays.
10:56Nous avons encore envie, c'est le titre de votre livre,
10:59j'avoue, je ne comprends pas ce titre.
11:00Ah bon ?
11:01C'est qui nous et vous avez envie de quoi ?
11:03Nous, c'est les Françaises et les Français qui ont encore envie de liberté,
11:07d'égalité, de fraternité, du destin singulier de notre nation,
11:11de notre capacité à être souverain, à être indépendant,
11:13à ne pas devenir une colonie américaine, à ne pas devenir une colonie chinoise
11:16ou un dépotoir pour produits industriels chinois.
11:18Mais les Français, ils ont envie de quoi, eux ?
11:20Ils ont envie d'un pays libre.
11:22Ils ont envie de renouer avec le destin de leur nation.
11:25Moi, c'était une question qui me tenaillait les tripes qui me...
11:28Oui, vous le dites.
11:28Et d'ailleurs, vous le dites depuis, en gros, votre arrivée à la Suxpo,
11:31vous racontez votre...
11:32Je vois les élites françaises qui ont sacrifié nos usines,
11:37qui ont sacrifié nos capacités productives,
11:39qui ont sacrifié notre indépendance,
11:40qui ont sacrifié notre souveraineté depuis plus de 40 ans.
11:43Et donc, je me pose une question simple, c'est est-ce qu'on a encore envie...
11:45Pourquoi vous n'avez pas dit, j'ai encore envie ?
11:47Parce que je pense que c'est une aventure collective,
11:50que la vraie question, c'est est-ce que les Françaises et les Français ont encore envie ?
11:53Et moi, ce que je vois partout...
11:54Mais on a l'impression que vous avez du mal avec le jeu.
11:56Non, non, je vais vous parler du jeu sans aucun problème.
11:58Et de toute façon, vous êtes entourés, et vous les recevez tous les jours.
12:01Oui, oui, ils disent tous les jeux.
12:01Les gens qui disent absolument tout le temps, tout le temps, je...
12:04Bref, je suis fasciné par une chose en ce moment, si vous me le permettez.
12:07C'est les anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron,
12:09qui viennent et qui disent je, je, je...
12:10Expliquez-moi la différence entre Gabriel Attal et Édouard Philippe.
12:13Franchement, je pense que les électeurs macronistes sont très perdus.
12:15Et qui disent je, je, je...
12:16Et qui font semblant, en plus, de ne pas connaître Emmanuel Macron.
12:19C'est-à-dire que c'est littéralement hallucinant.
12:21Moi, j'écoute vos entretiens.
12:23Quand ils viennent chez vous, ils vous expliquent qu'ils n'ont jamais rencontré Emmanuel Macron.
12:25Enfin, ils ont été premiers ministres d'Emmanuel Macron.
12:28Voilà, c'est un peu comme des ministres de Louis XVI,
12:30qui, en 1789, se transcendent soudainement en révolutionnaires.
12:33Ils promettent tous une rupture incroyable.
12:34Une rupture par rapport à quoi ?
12:36Une rupture par rapport aux dix années où ils avaient le pouvoir.
12:38Donc, pour eux, ils ne sont pas crédibles.
12:40Vous seriez, vous, le candidat.
12:42J'ai quand même regardé, vous dites, je me donne trois mois.
12:45Mais dans trois mois, sur quels critères vous déciderez ?
12:48Déjà, je me donne trois mois pour proposer et dialoguer avec les Français
12:52autour de ce nouveau contrat patriotique.
12:54Parce qu'il faut refonder la France, la reconstruire, la réparer.
12:58Ensuite, je me donne trois mois pour rassembler mon espace politique.
13:02Parce que je suis convaincu que la gauche démocratique et républicaine...
13:05Mais il va de où à où ?
13:05Par exemple, justement, est-ce que vous estimez que les électeurs
13:08de Gabriel Attal ou d'Edouard Philippe sont les mêmes que les vôtres ?
13:11Non, ce que je dis...
13:13Déjà, je dis que tous les électeurs sont bienvenus pour nous rejoindre
13:15dans ce cadre de la gauche républicaine et démocratique.
13:17Mais ce que je dis, c'est que cet espace-là,
13:20cet espace de la gauche républicaine,
13:21est le seul qui pourra battre l'extrême droite en 2027.
13:26J'en suis convaincu.
13:27Parce que je sais que les Françaises et les Français veulent du changement
13:30qu'ils ne veulent pas, repartir avec les mêmes ministres que depuis dix ans
13:33pour faire les mêmes politiques et qu'ils ne veulent pas non plus d'un match entre les extrêmes.
13:38Ils ne veulent pas de ce duel entre Mélenchon et Bardella
13:41qui essaye de faire monter cette petite musique.
13:43Moi, ce que je dis, c'est qu'entre Mélenchon et Bardella,
13:45il n'y a pas rien, contrairement à ce qu'il nous explique.
13:47Il y a même l'essentiel.
13:49Il y a la République.
13:50Il y a la démocratie.
13:51Et que nous allons incarner ce soir.
13:52Entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, en tout cas dans les sondages,
13:55je regarde le dernier, celui qui a été publié par Le Parisien aujourd'hui en France ce matin.
13:59Jean-Luc Mélenchon est à un niveau élevé.
14:03Le seul scénario dans lequel vous seriez plus haut que lui à gauche,
14:08c'est le cas où Édouard Philippe ne serait pas candidat.
14:12Dans ce cas, vous, vous êtes à 14% d'intention de vote.
14:14Jean-Luc Mélenchon, 13% et Gabriel Attal, lui, à 14,5%.
14:20Jordan Bardella, 35%.
14:21Moi, je ne fais pas semblant, je lis les sondages.
14:22Parce qu'il y a des politiques qui arrivent et qui disent
14:24« Non, non, moi, les sondages, ça ne m'intéresse pas, mon oeil. »
14:26Donc, moi, ce que je fais, c'est que je lis les sondages.
14:28Et l'autre hypothèse, c'est celle où il y a Édouard Philippe
14:30qui est candidat pour le bloc macroniste.
14:32Eh bien, dans ce cas, je suis à 13% et Jean-Luc Mélenchon est à 13%.
14:35Donc, ce que ça veut dire, c'est que lui a déjà commencé sa campagne
14:38et que nous, nous sommes à égalité ou devant.
14:40Et la vérité, c'est que la dernière fois qu'il y a eu une confrontation
14:43avec la France insoumise dans une élection nationale,
14:46nous les avons pliées et nous les plierons à nouveau
14:48parce qu'une écrasante majorité des électrices et des électeurs de gauche
14:51ne veulent pas de cette fracturation permanente de la société.
14:54Ils veulent une gauche démocratique et républicaine.
14:56Et par ailleurs, ils savent aussi pertinemment
14:58qu'envoyer Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour,
15:00eh bien, c'est assurer la victoire de l'extrême droite
15:02et qu'aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon est devenu une sorte d'agent électoral de l'extrême droite.
15:06Si vous vous retrouvez avec Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, vous faites quoi ?
15:09Mais je ne me retrouverai pas avec Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
15:12Est-ce que vous les mettez sur un pied d'égalité ?
15:14Est-ce que vous mettez un signe égal ?
15:17J'ai lu votre livre, vous ciblez la menace, ça reste l'extrême droite.
15:22Vous dites qu'ils ne peuvent pas arriver, on ne peut pas les laisser arriver.
15:24Jordan Bardena, Marine Le Pen, ce n'est pas possible.
15:25Mais la menace aujourd'hui de prise du pouvoir, c'est celle de l'extrême droite.
15:29C'est l'extrême droite qui menace de prendre le pouvoir.
15:32Jean-Luc Mélenchon, il n'y a aucun scénario où il est le président de la République.
15:36Donc moi, ce que je vous dis, c'est une chose très simple.
15:37La menace principale, c'est l'extrême droite.
15:39Et nous serons là pour la battre.
15:40Mais par contre, il y a quelque chose qu'il faut vraiment comprendre
15:44et qu'Emmanuel Macron a déjà complètement délégitimé.
15:47C'est qu'une élection ne peut pas se jouer simplement sur un barrage.
15:51Il va falloir faire plus que de dire
15:53ne faites pas les imbéciles, ne votez pas à l'extrême droite, c'est dangereux.
15:56Il va falloir même faire plus que d'expliquer ce qui est vrai,
15:58que ce sont des patriotes de pacotille au service de Trump et de Poutine.
16:01Il va falloir faire plus que cela.
16:03Il va falloir ressusciter une envie dans la société française.
16:07Nous avons encore envie.
16:09Une question, vous l'avez suivie, j'imagine,
16:12et en particulier parce que, justement,
16:14la question de l'Ukraine et de la Russie vous est chère.
16:17Xenia Fedorova, qui est donc journaliste sur CNews,
16:23s'est vu renouveler sa confiance de la part du média,
16:26mais elle a aussi, on l'a vu,
16:28obtenu un titre de séjour de 10 ans,
16:31alors que Russia Today, qu'elle dirigeait initialement,
16:34avait été fermée en 2024.
16:37Elle est aujourd'hui vilipendée,
16:39y compris par le ministre des Affaires étrangères français.
16:42Est-ce que pour vous, Xenia Fedorova,
16:45peut encore avoir ce titre de séjour ?
16:47Est-ce que la France doit le lui retirer ?
16:49Comment l'a-t-elle obtenue ce titre de 10 ans,
16:51quand on sait la difficulté que c'est généralement
16:53d'obtenir un tel titre de séjour ?
16:54Comment l'a-t-elle obtenue après le début de la guerre en Ukraine ?
16:58C'est-à-dire qu'elle l'a obtenue deux ans
16:59après le début de la guerre en Ukraine,
17:01alors même qu'elle était la propagandiste de Poutine
17:03qui menace l'ensemble du continent européen.
17:07Mais au-delà de ça, ce que ça montre...
17:09Mais pardon, quand vous dites ça, ça veut dire quoi ?
17:11C'est-à-dire qu'il faut trouver qui a, à un moment,
17:13validé ce titre de séjour et qui a une forme de responsabilité ?
17:15Il va falloir que le gouvernement s'explique,
17:17parce qu'une propagandiste anti-française...
17:19Pour l'instant, ils disent, c'est automatique, on ne sait pas.
17:21...dans la carte de 10 ans, qui obtient une carte de 10 ans ainsi,
17:25eh bien ça pose problème.
17:26Mais au-delà de ça, ce que ça montre, c'est qu'en fait...
17:28Mais est-ce qu'il faut que ce titre de séjour
17:30lui soit retiré désormais ?
17:32Mais ça, c'est M. Nouniez qui doit prendre ses responsabilités.
17:34Maintenant, ce que ça montre, c'est quand même que
17:36tous ces gens à l'extrême droite, chez M. Bolloré,
17:40qui font profession de patriotisme H24,
17:43tous ces gens sont des patriotes de pacotille
17:45qui ouvrent leur micro,
17:46qui ouvrent leurs médias
17:48sans contradiction
17:50à une propagandiste russe anti-française
17:53qui passe son temps
17:54à battre la coupe des Français.
17:57Et moi, je vous le dis,
17:58en réalité, la Russie n'est pas une menace
18:00pour l'Ukraine, simplement.
18:02C'est une menace pour la France,
18:03pour l'ensemble de l'Europe.
18:05Moi, j'ai été président de la commission spéciale
18:07sur les ingérences étrangères.
18:08Et les Russes mènent des opérations de déstabilisation
18:12permanentes dans notre propre pays.
18:13Elle en est un des visages pour vous ?
18:14Elle est un des visages de ces opérations d'influence russe
18:17dans notre pays.
18:19Et ces patriotes de pacotille de l'extrême droite
18:21qui, en permanence,
18:22décerne des brevets de « est-ce que vous êtes pro-français ou pas ? »
18:25En réalité, ils votent toujours
18:27Bardella au Parlement européen
18:28contre les intérêts de la France,
18:30contre la défense européenne,
18:31contre l'industrie française,
18:32contre l'Assemblée nationale, Marine Le Pen.
18:35Elle vote même contre la taxe
18:37sur les petits colis de Chine.
18:39C'est-à-dire cette entreprise chinoise
18:41qui est en train de ratiboiser la production française
18:43et qui est en train de ratiboiser aussi
18:45les petits commerces
18:47dans les villes moyennes françaises.
18:49Donc, en fait, ils votent contre les intérêts français.
18:51Ils sont au service de Donald Trump
18:53et de Vladimir Poutine.
18:54Éric Zemmour hier dit que vous êtes un agent de Kiev.
18:58Mais moi, je suis un agent de la France.
19:00Je suis un patriote français
19:01et je veux servir les intérêts de mon pays.
19:04Et Éric Zemmour, lui, est au service de son idéologie
19:06et traditionnellement, cette extrême droite
19:09préférera toujours son idéologie
19:10aux intérêts nationaux français.
19:13Et donc, les vrais patriotes, ce sont nous.
19:15Il faut leur reprendre le drapeau tricolore.
19:17Il faut délégitimer leur prétention à incarner la France.
19:21Nous sommes les patriotes
19:22et eux, ce sont des xénophobes.
19:24Et des idéologues.
19:25Merci Raphaël Guixman d'avoir répondu à mes questions.
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