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Raphaël Glucksmann, député européen et co-fondateur de Place Publique, était l'invité du Face-à-face sur RMC et BFMTV ce mardi 2 juin.

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Transcription
00:00Tout le monde parle de mixité sociale, à l'école notamment.
00:03Tout le monde dit que l'école est une priorité.
00:04Vous savez ce qu'on est en train de faire ?
00:05On est en train d'organiser une concurrence déloyale
00:08contre l'école de la République, l'école publique.
00:10Pourquoi ? Parce qu'on subventionne l'école privée
00:14sans imposer la moindre conditionnalité sociale.
00:17Aujourd'hui, vous avez dans les collèges publics
00:1943% des enfants qui viennent de milieux défavorisés.
00:23Dans les collèges privés, c'est 18%.
00:24Et la séparation entre les deux, la différence entre les deux
00:28ne cesse de s'accroître.
00:29Pourquoi ? Parce qu'avant, les parents,
00:32ils voulaient mettre leurs enfants dans une école privée
00:34parce qu'ils avaient une conviction religieuse, par exemple.
00:36C'était l'école catholique.
00:37Aujourd'hui, c'est pour échapper à l'école publique
00:40qu'on choisit le privé.
00:40Moi, je ne blâme pas les parents.
00:42Ce que je blâme, c'est l'absence de politique
00:43pour faire de l'école publique un lieu d'excellence,
00:46pour redresser cette école publique.
00:49Et pour faire cela, il faut arrêter d'organiser
00:51la concurrence déloyale et donc imposer des conditionnalités
00:53des conditionnalités de mixité sociale aux écoles privées
00:57qui reçoivent les subventions de l'État.
00:58Il faut supprimer carrément les écoles privées.
01:00Certains le disent.
01:01J'avais reçu Manuel Bompard qui, à un moment, disait
01:04« Je ne le ferai pas immédiatement, mais ça pourrait être un objectif. »
01:06Non, c'est relancer la guerre scolaire,
01:08c'est fracturer à nouveau la société.
01:09Non, moi, ce que je veux, c'est l'égalité de traitement.
01:11Ce que je veux, c'est qu'on arrête de maltraiter l'école publique.
01:14Ce que je veux, c'est qu'on arrête aussi
01:16d'avoir les professeurs, les enseignants,
01:17les plus mal payés d'Europe.
01:18Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, un enseignant français en primaire,
01:21il est payé 17% de moins que la moyenne de l'Union européenne et de l'OCDE
01:26et qu'il est moins payé que son collègue slovéne
01:28ou son collègue portugais en valeur absolue.
01:30On a décidé de dévaloriser le métier d'enseignant.
01:33On a décidé de dévaloriser l'école publique.
01:36Et le résultat de ça, c'est une crise.
01:38Et en plus, on ajoute, sur les épaules de l'école publique
01:42qui est déjà mal traitée, l'ensemble des crises de la société.
01:45Parce qu'à l'époque de la Troisième République,
01:47il y avait l'école publique, mais il y avait aussi
01:49les ligues d'enseignement, les partis de masse, les syndicats.
01:51En fait, vous voulez revenir à cette France de la Troisième République ?
01:54Non, je ne veux pas revenir à cette France de la Troisième République.
01:56Je suis très heureux de vivre au XXIe siècle.
01:57Mais ce que je veux, c'est qu'on retrouve
01:59l'esprit fondateur de notre République.
02:01Nous sommes la France.
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