- il y a 12 heures
Retrouvez votre rendez-vous Le Club des Alpes du Sud du lundi 1er juin 2026 avec le sujet du jour : Rugby, un premier trophée pour les Alpines.
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00:05'avantages et de réductions personnalisées.
00:22Bonsoir à toutes et à tous, après l'info c'est le club des Alpes.
00:25Comme tous les lundis, l'actualité du sport et des sportifs dans les Alpes du Sud.
00:30L'équipe n'existait pas en début de saison, les voilà championnes de Ligue Sud.
00:33Les Alpines de Gap alliées aux joueuses d'Orezon ont été sacrées le week-end dernier.
00:39Une entente créée en septembre pour permettre aux joueuses des Alpes du Sud de disputer des matchs de championnat.
00:44Une partie de l'équipe est avec nous sur ce plateau.
00:47Célia Beck, Lili Patras, bonsoir.
00:49Bonsoir.
00:49Vous êtes accompagnée par votre coach Gilles Perrin, bonsoir.
00:52Bonsoir.
00:53On va revenir sur cette aventure de cette saison, mais en deuxième partie d'émission,
00:57nous allons aussi parler de préparation mentale.
01:00Nous serons en ligne avec l'Ubaïenne Pierre-Lina Benoît-Lizon.
01:03Elle a notamment accompagné les athlètes de l'équipe de France de BMX Freestyle
01:07lors des deux dernières Olympiades.
01:09Elle nous parlera de son métier, de la façon d'entraîner le cerveau
01:12pour préparer à la haute performance.
01:14Mais d'abord, le rugby.
01:16Quelle année vous avez vécu.
01:18Pas d'équipe en début de saison.
01:20Quelques mois plus tard, un petit bouclier qu'on aperçoit sur ce plateau.
01:23Qu'est-ce que ça vous inspire quand vous regardez le chemin que vous avez parcouru ?
01:33C'est bien.
01:34De la fierté ?
01:35Oui, c'est cool.
01:37Ça donne envie de continuer.
01:39Parce que c'est vrai qu'il y a quelques mois, vous étiez 5 à l'entraînement, c'est ça
01:44?
01:44Entre 5 et 7 par entraînement.
01:46Même moins.
01:47Des fois moins.
01:48Un peu compliqué de faire une équipe ?
01:49Très compliqué.
01:50Et suite à ça, vous allez chercher Horaison ?
01:53C'est Horaison qui vient vous chercher ?
01:55En début de saison, on commence à avoir un peu de monde qui vient.
02:00Quand on demande à faire une inscription au club, ils la font.
02:05Et Horaison était dans la même situation que nous.
02:09Donc, intelligence des deux clubs.
02:12On décide de faire la route ensemble.
02:15Et voilà.
02:16Ça s'est mis en route, justement.
02:19Ça faisait plusieurs années.
02:21Lili de Patras, vous, ça fait quelques années que vous êtes dans l'effectif.
02:25Plusieurs années qu'il n'y avait pas eu de match à jouer, seulement des entraînements.
02:28Ça manquait un peu l'adrénaline.
02:30Oui, pour moi, ça faisait deux ans cette année que je faisais du rugby.
02:34Et puis, ouais, faire que des entraînements, c'était un peu lassant à la fin, même si on s'entendait
02:38toutes bien.
02:40Le fait d'avoir une équipe qui s'est construite, ça nous a tout remotivés à jouer.
02:43Comment on fait pour maintenir la motivation quand il n'y a pas l'aboutissement du match ?
02:48Il y a quand même un bon groupe de copines derrière.
02:50Donc, ça va être aussi, je pense.
02:52C'est cool.
02:53Enfin, on est content d'aller au Reduit pour retrouver les copines.
02:55Mais sachant qu'il y a des matchs, ça donne encore plus envie.
02:58On sait pourquoi on se donne.
02:59Vous, vous l'avez senti dans les séances, la différence d'investissement entre
03:03on s'amuse juste à la baballe entre copines et le moment où on se dit
03:06là, ça y est, on va avoir des matchs, il va falloir s'y mettre.
03:09Eh bien, avec les matchs, on a une finalité.
03:11Donc, oui, il y a une différence.
03:14Mais l'année dernière, quand même, le peu qu'on faisait, il y avait quand même beaucoup d'évolution.
03:22Et cette année, bon, ben, cette année, avec du championnat, on part déjà sur une autre perspective.
03:30Comment on fait pour créer une alchimie dans un groupe qui a très peu de vécu ensemble ?
03:34Les filles, elles se voient à l'entraînement une fois par semaine, deux fois par semaine, peut-être ?
03:38Alors, nous, à GAP, on s'entraîne deux fois par semaine.
03:40À Horaison, c'est pareil.
03:42Et lorsque l'on a des matchs, on fait un entraînement commun le vendredi.
03:47Et c'est pas trop compliqué de mettre en place un plan de jeu avec des joueuses qui se fréquentent
03:53peu, qui se connaissent peu.
03:55Bon, par là-dessus, on s'est aussi vus en dehors du rugby pour créer des liens.
04:00Et là, maintenant, on a toutes créé des bons liens, tout ensemble.
04:03C'est important, ces moments hors entraînement pour créer cette alchimie de vestiaire ?
04:09Pour la cohésion, c'est pas mal.
04:11Pour la cohésion ?
04:12Ça aide beaucoup pour jouer ensemble, qu'on se connaisse toutes et qu'on se fasse confiance.
04:17En off, avant qu'on attaque cette interview, j'ai cru comprendre, il y avait eu des soirées animées qui
04:22permettent de créer justement cette alchimie.
04:26Vous, après, c'est quoi votre rôle de driver finalement ces filles qui, d'un coup, se retrouvent avec des
04:32matchs à jouer et se disent, on veut être performantes ?
04:35Moi, l'objectif, c'est juste qu'elle progresse.
04:37Tout de suite, il faut le prendre comme ça.
04:40Lui, qu'on fasse un constat en début et en fin de seconde, et après, tout roule.
04:46La victoire en championnat, c'était un objectif dès le départ ? Est-ce que les filles, elles vous ont
04:49dit, on veut y aller ?
04:50Pas du tout.
04:51Quand on regarde le premier match, on prend 114 à 0.
04:56Franchement, vous étiez pas loin.
04:57On est passé à ça de la correctionnelle.
05:01Deuxième match, on prend 88 à 5.
05:05C'est celle qu'on gagne en finale.
05:07D'accord.
05:08Donc, on mesure le chemin énorme qui a été parcouru dans la saison.
05:12Oui, c'est ça.
05:13On mesure le chemin énorme.
05:14On a eu de la chance jusqu'à très tard dans la saison d'avoir des recrues.
05:22Les filles qui avaient, pour la plupart, c'était leur première fois, certaines savaient jouer.
05:29Là où, comme j'ai toujours dit, on devrait faire 80% de l'équipe d'un noyau et après,
05:33les 20% débutantes qu'on intègre au fur et à mesure, là, on a fait l'inverse.
05:37Donc, on peut pas leur en vouloir d'avoir perdu les premiers matchs.
05:41C'est pas grave, c'est un détail, en fait.
05:43L'essentiel, c'était déjà qu'elles soient soudées, qu'elles comprennent ce que c'est.
05:48Et au fil des matchs, au fil des matchs, le groupe s'est fait, des joueurs sont arrivés.
05:53Il y en a qu'on n'a pas pu faire entrer avant parce qu'elles n'étaient pas majeures.
05:59Donc, elles attendaient au bord du terrain, elles étaient tout le temps là au match, elles étaient tout le temps
06:03là aux entraînements.
06:04Et elles attendaient juste une chose, c'était de mettre un pied sur un terrain.
06:08Et une fois qu'on a eu un groupe un peu plus homogène, avec des débutantes, avec des filles qui
06:14savaient jouer, qui savaient driver, ça commençait à prendre.
06:18Quand on prend 115 à 0 au premier match, on ne se dit pas, en fait, c'était bien les
06:23entraînements, on va arrêter là ?
06:24En fait, on s'y attendait. On savait, on avait fait deux entraînements toutes ensemble avant, donc on savait qu
06:30'on ne connaissait pas toutes.
06:31Puis, on prend moins l'adrénaline.
06:38Il n'y a personne qui s'est dit, non, mais là, moi, j'arrête.
06:41Non, on s'est tout dit, c'est notre premier match, déjà, on l'a terminé, on a réussi, personne
06:46ne s'est blessé.
06:47On a eu une blessée, en fait, ce premier match.
06:50Mais on a toutes continué, ça nous a justement, ça nous a motivés.
06:54On s'est dit, au pire, on finira dernière du championnat.
06:56Et on en a refait, quoi.
06:57Finalement, non.
06:58Non, non, non.
06:59Justement, à quel moment vous avez pris conscience qu'il y avait peut-être quelque chose à jouer, que cette
07:04saison, elle pouvait tourner en votre faveur ?
07:06Après nos premières victoires.
07:07La première victoire, déjà.
07:08Troisième match.
07:10On ne pensait pas le gagner.
07:11Et on l'a gagné, c'était...
07:13Là, c'était l'euphorie, là.
07:14C'était le premier match qu'on gagnait, on s'est dit, mais on est capable de ça, en fait.
07:17Je pense qu'on a pris confiance en nous.
07:19Et du coup, on a commencé à se dire, peut-être qu'on peut jouer la poule basse.
07:25Et c'est ce qui s'est passé.
07:26Et donc, on en est assez fier.
07:28Ça s'est bien enchaîné.
07:29On a aussi essayé de ne pas brûler les étapes.
07:34Là, notre objectif, après cette première victoire, on s'est dit, bon, ben voilà, en fait, on s'est joué.
07:40On va viser le petit bouclier.
07:45C'était l'objectif.
07:46Bon, l'objectif est atteint, mais on ne s'est pas dit, on va aller jouer le haut de tableau.
07:49C'était pas faisable.
07:52Il y a encore beaucoup de travail.
07:53Il y a de la marge de progression.
07:55Et c'est ça qui est avantageux.
07:57Donc, on s'est focalisé sur ce bouclier, sur cet objectif.
08:02On y est arrivé.
08:03C'est très bien.
08:04Vous avez un alliage particulier.
08:06Quelques filles qui ont connu le très haut niveau.
08:08D'autres qui débutent complètement.
08:10Pour construire une séance où tout le monde s'amuse et tout le monde progresse, ça ne doit pas être
08:14très simple.
08:15Alors non, en fait, c'est plutôt simple parce que celles qui ont joué à plus haut niveau, donc on
08:22en a qui ont joué dans des clubs prestigieux.
08:24Il y en a qui ont joué sur des catégories supérieures.
08:28Mais elles en toutes nous disent qu'on a besoin de voir les bases.
08:33C'est fondamental.
08:35Donc, on n'avait jamais de filles qui râlaient parce qu'on faisait tel ou tel exercice.
08:41Au contraire, en fait, elles étaient plutôt toutes partie prenante.
08:45Oui, et puis pour nous qui commençons, en fait, c'était cool d'avoir des filles qui pratiquaient depuis longtemps
08:50parce que du coup, ça nous driveait.
08:52Si elles, elles ont réussi, on peut le faire aussi.
08:55C'est cool.
08:56C'est autre chose que les coachs qui nous hésitent de faire ci, de faire ça.
08:59C'est cool d'avoir aussi des filles qui ont une expérience.
09:03Et là, donc, au terme de cette saison, dimanche dernier, vous remportez votre finale.
09:08Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là de vous dire ?
09:11On est parti de tout en bas.
09:12On arrive bien plus haut que ce qu'on imaginait.
09:15Ça donne envie de repartir tout de suite pour la saison prochaine.
09:17Ah ben, ça, c'est sûr.
09:19On n'attend qu'une chose.
09:20Là, on sait qu'on va toutes se revoir cet été pour consolider notre cohésion.
09:27Puis, on n'a qu'une envie, c'est toutes rejouer ensemble, quoi.
09:31Là, on n'attend que ça, je crois.
09:33Est-ce que ça peut être aussi un argument pour aller chercher d'autres filles ?
09:36Je ne sais pas si vous, par ailleurs, vous démarchez, vous êtes là.
09:39On essaye un peu sur les réseaux sociaux.
09:43On essaye un peu de...
09:45On n'est là que pour ça, ce soir, après le reste.
09:50Parce que le rugby féminin, chez nous, malgré tout, ça reste fragile.
09:52Mais le rugby féminin, tous les sports féminins en général, je pense que pour une fille faire du sport, en
10:01plus, bon, le rugby, il y a encore cette image où c'est pas très féminin.
10:05Mais je pense qu'une fille, c'est deux fois plus d'efforts qu'un homme.
10:09Oui, parce qu'on a eu, en plus récemment, il y a eu des données, je crois que c'est
10:13la part de filles qui arrêtent à l'adolescence, elle est monstrueuse, de l'ordre de 65% de mémoire.
10:21Justement, il y a un enjeu à garder ces filles-là dans la pratique sportive.
10:25Il y a un enjeu, il faut qu'on soit tous intelligents pour garder cette motivation et cette cohésion.
10:37On sait qu'on perd beaucoup de filles parce qu'elles vont faire leurs études.
10:42Nous, on étude à Montpellier, à Draghi, à Toulon.
10:45Vous voyez, et puis...
10:48C'est ça, il n'y a pas de réserve en dessous de filles qui peuvent monter.
10:51Elles sont encore très jeunes, il faut attendre 3 ans.
10:56Là, c'est un projet qui va sûrement aboutir et je leur souhaite de faire une équipe jeune parce que
11:04c'est ça qui fera garder du monde aux entraînements.
11:10Parce que cette année, on en a perdu, notamment des filles qui avaient 16 ans et qui ne voyaient plus
11:18d'objectifs parce qu'elles ne pouvaient pas jouer.
11:20Très rapidement, l'entente entre GAP et Horizon, elle va rester pour la saison prochaine ?
11:24Obligatoire.
11:25Oui, obligatoire.
11:26Très bien.
11:26On ne ressigne pas.
11:29Merci en tout cas d'avoir été avec nous sur BFM d'ici.
11:33Bravo pour cette saison, un peu sur un fil qui vous a mené tout en haut.
11:38On prend une petite pause.
11:53On se retrouve sur BFM d'ici.
11:55Merci de poursuivre la soirée en notre compagnie dans le club des Alpes.
11:58On va maintenant tenter d'entrer dans la tête des athlètes de haut niveau avec Pierre-Lina Benoît Lison.
12:05Bonsoir.
12:05Vous êtes Ubaïenne, mais surtout préparatrice mentale.
12:09Vous suivez notamment l'équipe de France de BMX Freestyle depuis plusieurs années, depuis avant les JO de Tokyo en
12:152021.
12:16Déjà, qu'est-ce qu'un préparateur mental ?
12:20Bonsoir Uba, merci de m'inviter.
12:23Alors, un préparateur mental, tout simplement, c'est un professionnel de la performance, au même titre qu'un préparateur physique,
12:30qu'un entraîneur.
12:31Je pense qu'il y a un point qui est assez important à soulever, c'est qu'un préparateur mental,
12:38ce n'est pas un psychologue.
12:39Et du coup, on est vraiment sur le versant performance.
12:43Et le but, en gros, du préparateur mental, c'est que l'athlète puisse être dans des dispositions mentales, justement,
12:49donc dans une connaissance de lui-même,
12:52qui soit déjà maîtrisée et qu'il soit capable d'activer au moment où ça compte pour lui, donc au
12:57moment de performer.
13:00Justement, comment est-ce qu'on parvient à un résultat positif avec un athlète ?
13:04Est-ce qu'on va utiliser des rituels, des mots-clés pour lui permettre de trouver sa rythmique avant la
13:09performance, pendant la performance ?
13:14Alors, c'est assez variable en fonction des athlètes, dans le sens où tous n'ont pas le même intérêt
13:24pour tous les outils.
13:26En revanche, oui, il y a, en tout cas à titre personnel, des outils que j'affectionne particulièrement,
13:31comme les routines de performance, qui sont déjà individualisables.
13:35On peut vraiment construire une routine de performance qui soit très, comment dire, très appropriée à un athlète en particulier.
13:45Et au sein de ces routines, on peut effectivement installer des discours internes,
13:50donc réellement des mots-clés, une façon de se parler à soi-même,
13:54qui va être soit motivante, soit qui va amener de la confiance en soi, soit qui va amener de la
13:58concentration,
13:59parfois plusieurs éléments en même temps.
14:02Mais pour revenir à la routine, c'est quelque chose que j'essaie de faire avec tous les athlètes avec
14:07lesquels je travaille,
14:09tout simplement parce que c'est un outil qui permet aussi de rentrer comme dans un sas de performance avant
14:16la compétition.
14:17Et c'est quelque chose d'assez précieux de savoir qu'on a un petit rituel
14:21qui peut tout simplement faciliter l'accès à l'état de performance.
14:28Et c'est quelque chose qui ne dépend que de l'athlète.
14:31Donc c'est pour moi quelque chose de très pertinent.
14:34La préparation mentale, c'est un thème qui apparaît pour le grand public ces dernières années.
14:40Est-ce qu'il y a des athlètes qui sont réfractaires à cette préparation mentale ?
14:47Très honnêtement, de moins en moins, dans le sens où c'est de plus en plus connu
14:53que c'est un élément de la performance, que ce n'est pas le pendant d'une faiblesse mentale
15:00ou encore moins d'un problème psychologique, mais réellement un levier supplémentaire
15:05qu'on peut activer pour être le plus performant possible.
15:07En revanche, il y a des athlètes qui sont réfractaires soit par manque de connaissances
15:14de ce que ça peut apporter, soit aussi parce qu'ils ont déjà des choses qui leur appartiennent,
15:19qu'ils ont construit tout seuls, qui fonctionnent bien.
15:22Et ça peut être aussi par peur que le préparateur mental vienne dénaturer
15:27certaines choses qui fonctionnent, vienne un petit peu mettre le bazar
15:30dans ce qu'il a déjà l'habitude de faire.
15:33Puis c'est tout simplement, au préparateur mental, s'il y a quand même un intérêt
15:38de ces athlètes-là, de rassurer, de dire qu'on n'est pas là pour tout décider.
15:42En fait, on fait surtout avec ce qu'est l'athlète et les habitudes qu'il a déjà
15:47et on ne va surtout pas bouger les habitudes qui fonctionnent,
15:50mais simplement optimiser ce qui peut l'être.
15:54Vous, vous en avez rencontré des athlètes qui vous ont dit au départ
15:57« Moi, je ne suis pas trop fan qu'on touche à ce qui se passe dans ma tête ».
16:01Et comment est-ce que vous avez pu justement passer ce premier cap
16:05et trouver les clés pour les aider justement à être plus performants par la suite
16:09et créer aussi une forme de confiance ?
16:11Parce qu'il faut qu'il y ait une relation de confiance, j'imagine,
16:14entre le préparateur mental et son athlète.
16:19Oui, alors ça m'est arrivé une seule fois.
16:23Je ne sais pas si j'ai de la chance ou si c'est vraiment qu'il n'y a
16:26pas
16:26beaucoup d'athlètes finalement qui sont si réfractaires que ça.
16:29Et en fait, ça joue beaucoup aussi dans l'authenticité de la conversation
16:33dans le sens où le démarrage, ça a été de lui dire
16:37« Déjà, concrètement, si tu ne veux pas,
16:40on ne va pas entraîner, on ne va pas commencer un accompagnement. »
16:46Et puis par la suite, ça a beaucoup été finalement
16:49de prouver qu'effectivement, je respectais ce qu'il avait déjà installé
16:53et ce qui fonctionnait et ce qui, selon moi, n'était pas optimal
16:56ou pouvait représenter une limite.
16:58En l'occurrence, il y avait des routines qui étaient basées sur
17:02des choses qui n'étaient pas forcément que maîtrisables par lui.
17:05Je ne sais pas, ça pouvait être la présence d'un certain appareil électronique,
17:10mais si on mise sur la batterie ou quoi,
17:13il faut quand même pouvoir le remplacer par quelque chose.
17:16Donc ça peut être inconfort, mais il faut avoir une solution.
17:18C'est plutôt comme ça que je fonctionne.
17:20Mais simplement pour lui faire prendre conscience
17:23qu'il ne dépendait vraiment que de lui-même
17:26pour réussir à générer l'état de performance
17:28et que le reste, c'était très chouette si ça fonctionnait.
17:31Il pouvait le garder en confort,
17:33mais que dans la situation où il n'y avait pas accès,
17:37ça pouvait fonctionner quand même.
17:38Et le lien de confiance, du coup, s'est fait assez naturellement,
17:44simplement parce que je n'ai pas forcé, je pense aussi au début,
17:46et parce qu'il a vu un réel intérêt dans les petits ajouts
17:51ou les ajustements qui pouvaient être faits.
17:54Vous avez suivi dans votre carrière,
17:58notamment avec les athlètes de l'équipe de France de BMX Freestyle,
18:01des athlètes qui ont participé aux Jeux Olympiques 2024 à Paris.
18:06Comment les préparer pour le rendez-vous le plus important de leur vie ?
18:11Est-ce qu'on essaie de dédramatiser l'enjeu ?
18:13Ou au contraire, on va trouver les clés pour s'exprimer
18:17malgré la pression inhérente à ce type de rendez-vous ?
18:23Alors, on est parti sur une base qui est de ne pas se mentir.
18:29C'est-à-dire que les Jeux Olympiques,
18:31c'est la compétition internationale dans le monde du sport
18:35qui est la plus importante,
18:37où il y a le plus de médiatisation.
18:40Enfin, voilà, les Jeux, ils ont leur réputation.
18:42Et du coup, le discours de « c'est une compétition comme les autres »,
18:47on fait comme d'habitude.
18:49Il fallait réellement l'encadrer dans le sens où non,
18:52ce n'est pas une compétition comme les autres.
18:54On croise des personnes qu'on ne croise jamais le reste de la saison.
18:58On croise des sports qu'on ne croise jamais le reste de la saison.
19:02Il y a toutes les nationalités de la planète
19:06qui sont réunies à un seul endroit.
19:08On croise la réussite des équipes ou des athlètes
19:12qui rentrent avec des médailles.
19:14On croise la déception de ceux, justement,
19:16qui n'ont pas atteint les objectifs qu'ils souhaitaient réaliser.
19:20Et émotionnellement, déjà, rien que ça, c'est extrêmement riche.
19:25En revanche, si on parle du BMX Freestyle,
19:28ce qui se passe sur le parc, là, pour le coup,
19:31on peut être dans un état de maîtrise totale.
19:33Dans le sens où le parc, il faut s'y habituer.
19:35C'est un parc différent à chaque fois.
19:37Pour autant, une fois qu'on le connaît, il ne va pas bouger.
19:40Il n'y aura pas de choses qui sont non maîtrisables.
19:44Il n'y aura pas d'aléas, à part la météo.
19:46Mais ça, de toute façon, on n'a pas de contrôle dessus.
19:50Donc, le principe duquel on est parti, c'est que, de toute façon,
19:54on allait prendre un effet waouh, vraiment un effet Jeux Olympiques
19:58dans certains espaces, et c'était totalement OK.
20:01Et c'était important de s'y préparer, de l'accepter.
20:03En revanche, sur les étapes de compétition,
20:06c'est là qu'il était vraiment important de se référer
20:09à tout ce qui avait été entraîné,
20:11à tout ce qui, finalement, a tout ce qui était maîtrisé.
20:14Le format est extrêmement similaire à ce qui se passe en Coupe du Monde.
20:18Il y a juste beaucoup moins de monde, pour le coup.
20:21Et puis, finalement, ça peut paraître bête à dire,
20:23mais on s'est débrouillé pour qu'il n'y ait plus que
20:27la représentation de l'enjeu à gérer sur place.
20:30Parce que l'enjeu, bien entendu, on en a parlé des mois en avance.
20:34Et on savait qu'il y aurait quand même
20:35un dernier aspect émotionnel et de prise de conscience sur place
20:39qui resterait à gérer, à discuter.
20:43Et pour le coup, ça s'est plutôt bien passé.
20:48Avec cette équipe de BMX Freestyle,
20:50vous aviez déjà connu les Jeux de Tokyo en 2021.
20:53Est-ce que, suite à cette première expérience,
20:56vous aussi, vous vous êtes dit,
20:57il y a peut-être des méthodes que je dois amender,
20:59retravailler, faire un peu différemment
21:01pour amener mes athlètes dans un état émotionnel,
21:04un état plus propice à la performance ?
21:09Oui, oui, oui.
21:11Et puis, pour être totalement honnête,
21:13pour les Jeux de 2021,
21:15moi, j'étais très jeune dans le métier.
21:18J'ai commencé à travailler avec les athlètes concernés
21:21la même année que les Jeux,
21:23donc en 2021.
21:26Et en plus, c'était un suivi totalement en distanciel.
21:30Pour le coup, je n'étais pas à Tokyo pour ces Jeux-là,
21:33en raison du Covid
21:34et en raison aussi des accréditations
21:37qui, de toute façon, sont limitées.
21:40Donc, oui, il y a eu énormément d'évolutions.
21:43C'était aussi le tout début,
21:46on va dire,
21:49du fait que le BMX Freestyle
21:51devenait vraiment un sport olympique,
21:54professionnel,
21:55qui avait un réel encadrement.
21:58Et finalement, ça se généralise assez
22:00à l'ensemble du staff sur le BMX Freestyle.
22:02On a tous cadré beaucoup plus nos pratiques
22:05et on a tous professionnalisé notre façon de travailler
22:07avec l'évolution du sport.
22:10Là, la façon dont les athlètes s'entraînent aujourd'hui,
22:13c'est absolument plus la même
22:15que, justement, avant les Jeux de 2021.
22:20On dit souvent que les athlètes de haut niveau
22:22sont faits d'un autre bois
22:23que le commun des mortels.
22:25Est-ce qu'il faut avoir fait soi-même
22:26du sport de haut niveau
22:27pour pouvoir comprendre et accompagner
22:29des athlètes de haut niveau ?
22:32Alors, je serais du coup très mal placée
22:35pour dire qu'il faut avoir été athlète de haut niveau
22:38pour comprendre cet univers
22:40parce que moi-même,
22:41je n'ai pas fait de sport de haut niveau.
22:42En revanche, je pense que c'est très important
22:45d'avoir une démarche sincère
22:47dans le sens où il faut s'intéresser
22:49à ce monde-là.
22:51Mais en fait, de la même manière
22:53que le coaching ou la préparation mentale
22:57en entreprise
22:58que la préparation mentale
22:59dans le domaine artistique,
23:01c'est très important,
23:03en tout cas à mon sens,
23:04de respecter suffisamment
23:06le monde dans lequel on travaille
23:08ou on prétend à travailler
23:10et du coup, de s'intéresser
23:12aux tenants, aux aboutissants,
23:14au fonctionnement même,
23:15à plus petite échelle,
23:16de l'équipe avec laquelle on travaille,
23:18aux valeurs du staff
23:20avec lequel on travaille.
23:22Et du coup, je pense que c'est
23:24quand même important
23:25d'avoir une démarche de haut niveau
23:27dans sa propre pratique.
23:29En tout cas, moi, c'est quelque chose
23:30que j'essaie réellement
23:31de m'appliquer.
23:33C'est-à-dire que, bien sûr,
23:35que l'athlète de haut niveau,
23:38ça reste l'athlète.
23:39En revanche, moi, je tiens quand même
23:40à être une préparatrice mentale
23:43de haut niveau,
23:43c'est-à-dire être la plus pertinente possible
23:45pour les enjeux.
23:47Connaître les athlètes que j'accompagne
23:49parce qu'effectivement,
23:50c'est important pour eux.
23:52Certains, c'est leur métier.
23:54Leur corps, c'est leur outil de travail.
23:55Donc, finalement,
23:58c'est la même chose que quelqu'un
23:59qui va faire un 9-19 au bureau.
24:03Eux, par contre,
24:04ils mettent toute leur énergie
24:05dans le fait de s'améliorer,
24:08se faire évoluer,
24:09presque au quotidien.
24:10Bien sûr qu'il y a des périodes
24:11un peu plus tranquilles que d'autres.
24:13Donc voilà,
24:14tout ça, c'est super important
24:15d'en avoir conscience
24:17et de rester à sa place,
24:18tout simplement,
24:19parce que, encore une fois,
24:20chacun est supposé être
24:23spécialiste de son domaine.
24:24Donc, moi, en l'occurrence,
24:25de la préparation mentale
24:28et le sportif,
24:29de la réalisation
24:31de ses performances
24:32et de son sport.
24:33Merci beaucoup,
24:34Pierre-Lina,
24:35Benoît Lison,
24:35d'avoir été avec nous
24:36sur BFM d'ici.
24:38C'était passionnant
24:38de découvrir les coulisses
24:39de la préparation mentale,
24:41de l'entraînement,
24:42du cerveau des athlètes.
24:44Le Club des Alpes
24:45se termine,
24:46mais la soirée se poursuit
24:47sur notre antenne.
24:48L'information revient
24:49dès demain,
24:507h,
24:51avec Angelo Petroff-Rodriguez.
24:53Belle soirée
24:54sur BFM d'ici.
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