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  • il y a 2 jours
Retour sur "Les dialogues de Rexecode" sur BFM Business le 20 avril 2026 :
2 PDG face à 6 étudiants, une discussion pour faire se rencontrer deux mondes, et pour comprendre et éclairer comment se fabrique réellement l’économie.
Avec Benoit Bazin, PDG de Saint-Gobain et Patrick Pouyanné, PDG de Total Energies . Echanges animés par Laure Closier, journaliste BFM Business, avec le cadrage macroéconomique de Denis Ferrand, directeur général de Rexecode.

Episode 5 : Regards transgénérationnels

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Transcription
00:04Musique
00:15Musique
00:23Et on y reste un temps d'échange.
00:25Est-ce que vous, vous avez à nouveau des questions,
00:26Patrick Pouyannet, Benoît Bazin, pour nos étudiants ?
00:29— Moi, c'est vrai que le point que vient de faire Patrick
00:32est extrêmement important.
00:34Alors ça fait 30 ans que chacun d'entre nous,
00:36on est dans notre entreprise.
00:37Mais l'entreprise aujourd'hui,
00:39et je crois qu'il y a des enquêtes d'opinion qui le montrent,
00:43c'est d'abord et avant tout un lieu d'action collective.
00:46C'est un lieu de solidarité.
00:48Et c'est très, très important dans le monde actuel.
00:50C'est-à-dire que moi, j'ai des salariés de toutes sortes de religions
00:53et des conflits au Moyen-Orient.
00:54J'ai des salariés qui étaient en Russie, en Ukraine et en Pologne.
00:58Il y a des salariés aux États-Unis.
00:59Mettre un masque, c'était un acte politique.
01:01Ben non, on a dit que c'était pour la sécurité de nos employés.
01:03Donc l'entreprise, c'est un lieu d'unité.
01:06C'est un lieu d'action collective.
01:08C'est un lieu où on peut s'épanouir.
01:10Ça ne veut pas dire que même dans notre travail à nous,
01:12quand on lit les résultats de Saint-Gobain tous les mois,
01:14c'est un peu monacal.
01:15Ce n'est pas toujours très passionnant.
01:16Mais il y a énormément de choses à faire.
01:18On a une raison d'être, making the world a better home.
01:21Ça n'est pas parfait.
01:22Ça n'est pas tout rose.
01:23Mais je peux dire que ce qui est important, moi,
01:25me semble, c'est que les entreprises,
01:26je ne sais pas ce que vous recherchiriez
01:27si vous vouliez aller dans une grande entreprise
01:29ou une plus petite.
01:30Moi, les deux choses qui me paraissent importantes,
01:32c'est du sens, making the world a better home,
01:35et de l'autonomie.
01:36Est-ce que mes talents individuels, collectifs,
01:39ils servent à quelque chose ?
01:40Est-ce que je peux les faire fructifier ?
01:42Est-ce que je peux apprendre de mes collègues,
01:44de l'équipe ?
01:44Et donc, quand on a du sens et d'autonomie,
01:47l'entreprise, c'est un facteur d'unité.
01:50Moi, je commence toute réunion de managers de tout pays
01:53en disant, vous vous rendez compte de la chance qu'on a ?
01:55Il y a un Indien, un Chinois, un Américain, un Brésilien,
02:00un gars des Émirables Arabes Unis,
02:01et on a tous là à servir à la raison d'être de Saint-Gobain.
02:03Et ça, c'est un lieu formidable.
02:05Et je trouve qu'il faut qu'on arrive en France,
02:07pour participer à la politique de l'offre,
02:08à l'avenir du pays,
02:09à changer cette image des entreprises,
02:11et y compris des grandes entreprises,
02:13parce que, ne nous trompons pas,
02:14une grande entreprise,
02:15elle peut faire des choix tous les matins
02:16de mettre du capital.
02:18Au Canada, en France,
02:20ou au fin fond de l'Asie du Sud-Est,
02:23en Indonésie,
02:23on a une population de 200 millions
02:24qui croient 10 fois plus vite que la France.
02:26Donc, ne pénalisons pas les grandes entreprises
02:29qui font 50% de l'innovation,
02:31qui ont, à chaque fois qu'il y a un emploi sur le territoire,
02:3333 000 en France,
02:34c'est 5 emplois induits.
02:36Et donc, c'est extrêmement important.
02:37Mais changeons l'image de l'entreprise,
02:40c'est un lieu d'action collective,
02:41d'épanouissement,
02:42de développement personnel et collectif.
02:43Mariola, Hugo, peut-être,
02:45l'entreprise, le sens, l'autonomie,
02:47est-ce que vous avez une mauvaise image,
02:49vous aussi,
02:50peut-être comme certains politiques français,
02:52de la grande entreprise ?
02:53Sidonie, vous passe le micro.
02:56Qui va directement à Mariola.
02:58Allez, Hugo, on se lance.
03:00Non, il n'y a pas de mauvaise image,
03:02en tout cas personnellement,
03:03de grandes entreprises.
03:05Je dirais que, encore une fois,
03:08à titre personnel,
03:09ce qui est important,
03:10je pense pour,
03:12dans mon futur,
03:13quand je m'engagerais dans une entreprise,
03:16c'est les valeurs qu'elle véhicule,
03:18à savoir la transparence,
03:21le respect de l'humain et de l'environnement,
03:24et l'éthique,
03:25l'éthique qu'elle suit.
03:26Et je pense que, déjà ça,
03:29c'est,
03:30avec la transparence,
03:32c'est déjà très bien.
03:34Et en soi,
03:35il n'y a pas forcément de mauvaise image
03:37de la grande entreprise,
03:38si tant est qu'elle arrive
03:39à concilier ces aspects-là.
03:42Qu'est-ce que vous mettez
03:42dans la transparence ?
03:43La communication, vous voulez que...
03:44La transparence dans les actions
03:46qui sont menées,
03:48les projets menés,
03:49ce que ça implique.
03:52Je pense que vous avez raison,
03:53je suis un bon partisan de la transparence.
03:56Elle a un coût, vous voyez,
03:57on vient de publier un rapport
03:58de transparence fiscale,
03:59on a tout dit.
04:00Du coup, il y a un monsieur Zugman
04:01qui ne prend que les phrases
04:02qui l'intéressent
04:03et qui raconte à peu près n'importe quoi
04:04sur Total Energy,
04:05mais c'est le prix à payer
04:06pour la transparence.
04:08Mais je n'ai aucun problème.
04:09Je pense que nos grandes entreprises,
04:11on se doit vis-à-vis de la société.
04:13On est effectivement
04:14un acteur de la société.
04:15Et je comprends cette exigence
04:16de mieux comprendre.
04:17Et je pense qu'on a tout
04:18et il y a dit, nous,
04:19pour éviter justement le débat,
04:21les faux débats
04:22ou les peurs qu'on peut susciter.
04:24Je pense qu'alors,
04:25pour le coup,
04:25les grandes entreprises,
04:26on a les moyens.
04:26C'est compliqué parce que
04:27le problème de la transparence,
04:28c'est que pour décrire
04:29une entreprise comme la d'autre,
04:29je peux dire,
04:30on en fait des pages de rapports,
04:31les CSRD et les autres.
04:32Mais je suis sur le fond,
04:33je pense que c'est une bonne approche.
04:36Dans toute entreprise,
04:37quand tu rentres dans les entreprises,
04:38tu verras le premier document
04:39qu'on doit te remettre.
04:40En tout cas, c'est ce qui se passe.
04:41C'est ce qu'on appelle
04:41le code de conduite chez nous.
04:43Et dedans,
04:44il y a les cinq valeurs
04:44de l'entreprise.
04:45Et en fait,
04:46c'est un document
04:46qui n'est pas simplement
04:48qu'on renouvelle tous les dix ans,
04:49qui est assez fondateur
04:51et qui est très intéressant
04:52parce qu'il traduit quelque part
04:53l'ADN de l'entreprise.
04:54Et on ne peut pas décrire,
04:55je suis sûr que ce que je dis,
04:56nous, chez nos totales énergies,
04:57n'est pas ce que dit Benoît
04:58chez Saint-Gobain.
04:59Et ça, c'est très important
05:00de le comprendre,
05:01de regarder, de lire.
05:02Après, il est évident
05:03que la réalité,
05:05mais pour les collaborateurs,
05:06quand vous avez 100 000 collaborateurs,
05:07c'est de faire en sorte
05:08que les pratiques de l'entreprise
05:09soient en ligne
05:09avec les valeurs qu'on affiche.
05:11Sinon, je ne peux pas vous dire,
05:12ça ne marche pas du tout
05:13et ça diverge.
05:14Et on en paye le prix.
05:16Donc, on veille à tout ça.
05:17Mais c'est comme ça
05:18que ça fonctionne.
05:18En tout cas,
05:18je comprends très bien ton attente
05:20et je la partage de façon,
05:22vraiment, je l'ai fait mienne.
05:24Et c'est justement peut-être
05:25ce qui froisse
05:27un certain nombre de salariés.
05:29C'est la différence
05:30qu'il peut y avoir
05:30entre les valeurs
05:32qui sont prônées
05:32par l'entreprise
05:33et ce qui se passe
05:36en réalité.
05:37Écoute, tu vois,
05:38il se trouve que je vais réunir,
05:39je réunis maintenant
05:39tous les ans depuis 5 ans,
05:41depuis le Covid,
05:42300 collaborateurs
05:42qui ne sont pas du tout
05:43des gens qui me rapportent,
05:44qui sont candidats
05:46à venir dialoguer
05:47pendant un jour et demi
05:48avec le PDG
05:48et son comité exécutif
05:49et on parle de tout cela.
05:51Et quand ils nous disent
05:52qu'il y a des contradictions,
05:53on les prend
05:53et on les cherche de répondre
05:54et on regarde tout cela.
05:55et on écoute des gens
05:56de tous les niveaux
05:57de l'entreprise.
05:57Là, je vais prendre des gens
05:58qui ont au moins
05:595 à 6 ans d'ancienneté
06:01pour nous dire un peu
06:02qu'est-ce qu'ils pensent
06:03de l'entreprise
06:04après 5 ans, 6 ans.
06:05Donc voilà,
06:05on cherche à réconcilier,
06:06ce n'est pas un exercice simple
06:08mais en tout cas,
06:09ça me paraît,
06:09à mes yeux,
06:10c'est totalement fondamental.
06:12Une remarque,
06:13Patrick Pouyanné
06:13ou une question
06:14pour nos étudiants ?
06:15Non, mais je pense
06:16qu'il a posé
06:17plein de questions.
06:18J'en avais sur l'énergie
06:19Vous n'avez plus rien à dire ?
06:20Non, j'ai parlé déjà beaucoup.
06:21Non, je voudrais juste redire
06:23ce que je m'écarte un peu.
06:25Si je reviens
06:25sur la politique de l'offre
06:26parce que finalement,
06:27vous nous avez invité pour ça.
06:28Je pense que c'est un débat
06:28qu'a mis notre ami
06:30Rex Egon d'essentiel
06:31et j'ai accepté
06:32de participer à ce débat
06:32parce que je pense
06:33qu'il ne faut surtout pas
06:35abandonner cette politique.
06:37Il est essentiel
06:38que dans un pays
06:40où on veut,
06:41on a une politique sociale
06:42extrêmement bénéfique
06:44à l'ensemble,
06:45on ne peut pas continuer.
06:47Il faut faire croître le gâteau
06:48pour pouvoir partager le gâteau.
06:49La seule façon
06:50de faire croître le gâteau,
06:51c'est d'inciter
06:52à plus produire,
06:54d'inciter à plus créer de richesses.
06:55Cette politique de l'offre,
06:56c'est exactement ça.
06:57Et ce n'est pas
06:58en attaquant le gâteau,
07:00en disant
07:01le gâteau,
07:01il est un peu trop gros,
07:02donc on va leur piquer
07:03un peu plus de taxes
07:04pour financer
07:05la politique sociale
07:07que notre futur
07:08va être rassuré.
07:08Ça, c'est une vision
07:09extrêmement courte vue
07:10qui est extrêmement dangereuse
07:11parce que ce qu'on va faire,
07:13et ce n'est pas une menace,
07:14à la fin,
07:14comme l'a dit très bien Benoît,
07:15on a des choix.
07:16Et si toutes les grandes
07:17entreprises françaises
07:18se mettent à choisir
07:18autre chose que la France,
07:20le gâteau,
07:20il va diminuer.
07:21Donc il faut faire croître
07:21le gâteau.
07:22Pour faire croître le gâteau,
07:23il faut travailler plus.
07:25Et il faut travailler plus
07:27et il faut mettre
07:27de la compétition sur le travail.
07:29On a un sujet,
07:30je l'ai dit,
07:30il faut qu'on baisse
07:31les charges dans ce pays.
07:32Alors notamment,
07:33il faut financer
07:34la politique sociale.
07:35Et je suis le premier
07:36à reconnaître
07:36que cette politique sociale,
07:37elle est bonne
07:38pour l'ensemble du pays.
07:38C'est un acquis du pays.
07:41Mais simplement,
07:42depuis 1945,
07:43on fait peser
07:43toute la politique sociale
07:44du pays
07:44sur le travail.
07:47En 1945,
07:48on n'avait pas
07:49beaucoup de retraités,
07:49malheureusement.
07:50On avait perdu
07:51une population,
07:51on avait des gens
07:52qui travaillaient.
07:52En 2025,
07:54continuer à faire porter
07:55toute la politique sociale
07:56sur le travail,
07:57ce n'est pas une bonne idée
07:58du tout.
07:59Ça ne crée pas
08:00des facteurs de compétition.
08:01TVA social, par exemple.
08:02Et donc,
08:02il faut,
08:03je pense qu'il est important
08:04et fondamental
08:05qu'on ait ce débat
08:06dans ce pays
08:06à l'occasion du débat
08:07qui vienne.
08:08On doit faire passer
08:09une partie des charges
08:10qui pèsent toutes sur le travail,
08:11en partie sur la consommation.
08:14Pour débloquer du net.
08:15Et on a fait des calculs simples
08:16au niveau des grandes entreprises.
08:18Si on baissait de 6% les charges,
08:20on créerait 2% de TVA.
08:21Au passage,
08:22ça crée du pouvoir d'achat
08:23aussi pour les salariés.
08:24Et quand on taxe la consommation,
08:26on taxe les produits
08:26qu'on importe.
08:27On taxe les plateformes chinoises.
08:29Je pense qu'on ne peut pas
08:29continuer dans ce débat
08:31de l'offre
08:31à occulter ce problème.
08:33La compétitivité
08:34du facteur travail,
08:35elle est plus importante
08:36pour nous tous
08:37que celle du facteur énergie
08:39qui a introduit le débat.
08:40Donc, je redis,
08:41je sais que c'est un débat
08:42qui va venir.
08:43Et j'espère que le débat
08:44ira lieu et qu'il faut
08:44quelque part
08:45qu'il ne soit pas
08:46simplement manichéen.
08:46Benoît Bazin,
08:47et juste,
08:47on a 6 étudiants.
08:48Travaillez plus tous,
08:49là, c'est dans vos esprits ?
08:50C'est acquis ?
08:52Moi, ce que je retiens aussi
08:53dans le travail,
08:53il y a plus ce que dit Patrick,
08:54ce n'est pas forcément
08:55de faire des semaines
08:55de 60 ou 80 heures
08:56comme on fait l'un et l'autre.
08:58Mais c'est fondamentalement
08:59d'avoir une durée de vie active
09:01beaucoup plus longue.
09:02Pour rejoindre ce que dit Patrick,
09:03il y a quelque chose
09:04qui me choque
09:04et vous devriez faire la révolution.
09:06C'est qu'aujourd'hui,
09:07on pénalise les jeunes.
09:10On pénalise les jeunes.
09:11On a monté le salaire
09:12des retraités,
09:13la pension des retraités
09:14plus fortement que l'inflation,
09:15alors qu'on a 25 %
09:17de jeunes au chômage.
09:18On laisse un environnement dégradé,
09:20une dette publique hors contrôle.
09:21Les jeunes ne peuvent pas
09:22s'acheter de logement,
09:23sauf s'ils sont aidés
09:24par leurs parents
09:24ou leurs grands-parents.
09:25Donc il y a un déséquilibre
09:26générationnel qui est,
09:27je trouve,
09:28catastrophique pour la société.
09:29Donc je pense qu'il faut
09:30effectivement remettre
09:31du positif sur l'investissement,
09:34sur l'innovation,
09:34en commençant par l'éducation.
09:36Je crois qu'on a plaidé,
09:37Patrick et moi,
09:38pour l'éducation des mathématiques
09:39et y compris auprès
09:40des jeunes filles
09:41et des jeunes femmes
09:42pour qu'on ait tout le pool
09:43de talent de la planète
09:45au profil d'éducation.
09:47C'est très important
09:48de repartir dans une logique
09:49d'investissement
09:50pour l'avenir du pays
09:51sans oublier la jeunesse.
09:53Et donc oui,
09:54il faut produire plus.
09:54Moi, je suis très attaché
09:55à la production industrielle
09:57en France
09:57parce que fondamentalement,
09:58je crois que c'est
09:59l'équilibre de nos démocraties.
10:01Pourquoi ?
10:01Parce que quand on n'a plus
10:02une industrie,
10:03on n'a plus d'ascenseur social.
10:05L'ascenseur social dans l'industrie,
10:06il est quand même plus important
10:07que de métier des services.
10:09Vous commencez comme
10:10magasinier chez Amazon,
10:11vous n'allez pas devenir
10:12chef de la SNCF.
10:14Donc on a plus de méritocratie.
10:16On a plein d'exemples
10:16chez Saint-Gobain
10:17de gens qui sont
10:18commencés comme ouvriers
10:19et qui sont directeurs d'usines
10:20ou qui prennent des jobs
10:22encore plus importants.
10:23Donc l'industrie,
10:24c'est la méritocratie,
10:25c'est l'ascenseur social
10:26et sont donc les partis politiques
10:29modérés qui font
10:29l'équilibre de nos démocraties.
10:31Donc je pense que c'est
10:32très important d'avoir de l'offre,
10:33d'avoir de la production,
10:34d'avoir de l'investissement
10:35pour peupler les territoires,
10:37pour faire de la méritocratie,
10:38de l'ascenseur social
10:39et l'équilibre de nos démocraties.
10:40Donc la question,
10:41c'est à quelles conditions
10:41êtes-vous prêt à travailler plus
10:42pour le pays ?
10:43Voilà, exactement.
10:44Et je ne sais pas pourquoi,
10:45j'ai Martin.
10:47Ma ?
10:48Prêt à travailler plus
10:49et à quelles conditions ?
10:51De toute façon,
10:52moi je pense que c'est
10:53quelque chose d'assez personnel.
10:54Moi, je n'avais pas prévu.
10:55Moi, je pense travailler beaucoup
10:56parce que je pense que c'est central
10:59dans la vie de quelqu'un,
11:00le travail.
11:01Je pense que j'ai réalisé récemment
11:02que le travail et le métier,
11:04c'était l'essentiel
11:04de ce qu'on allait redonner
11:05à la société
11:06et c'était la raison principale
11:07pour laquelle, moi,
11:09il fallait que j'ai du sens
11:10dans mon travail
11:10parce que c'était vraiment
11:12le retour que j'avais donné
11:13à la société qui m'avait éduqué.
11:15Donc avec du sens, c'est oui ?
11:16Avec du sens, c'est oui, évidemment.
11:18Oscar ?
11:19Oui, personnellement,
11:20je suis d'accord aussi.
11:21Moi, je serais très investi,
11:22je pense, dans mon travail
11:23et dans mes recherches.
11:25Après, je pense qu'il ne faut pas
11:26aussi le fait que la réduction
11:28du temps de travail,
11:28par exemple,
11:29ce qui nous distingue des États-Unis,
11:31ça fait aussi partie
11:31des gains en bien-être de l'Europe
11:33par rapport aux États-Unis
11:34et que ce n'est pas quelque chose
11:35qu'il faut complètement occulter.
11:37On n'a pas dit toucher
11:37au modèle social.
11:38On a dit qu'on le gardait juste
11:40qu'il fallait réussir
11:40à le financer.
11:41C'est dernier point.
11:41Moi, j'ai notamment insisté
11:43sur la part active des seniors.
11:45Aujourd'hui, on a seulement 50%
11:47des seniors qui travaillent.
11:48C'est dramatique.
11:49Et 21% de jeunes qui sont au chômage.
11:51Sans passer, encore une fois,
11:53sur des semaines de 50 heures,
11:54on peut avoir un peu plus
11:55de flexibilité,
11:56mais c'est la durée
11:57de temps de travail dans la vie
11:59et la formation qui va avec,
12:00la formation continue.
12:02Marie-Ola, vous aurez le dernier mot.
12:03Enfin, avant Denis, bien sûr.
12:05Une dernière question
12:05pour vous, messieurs.
12:06Ah bah non, on a dit...
12:07On a le petit temps.
12:08Une petite question.
12:10L'an prochain,
12:11c'est l'élection présidentielle.
12:13Est-ce qu'il y a un candidat
12:14qui vous fait peur
12:16sur lequel vous vous dites
12:18purée, si lui, il passe,
12:21c'est finito,
12:22sur le plan économie,
12:24est-ce que vous êtes inquiet ?
12:27Je ne vais pas m'exprimer.
12:28Alors, honnêtement,
12:29je pense que nous soutiendrons
12:31et je pense que c'est très important.
12:32Bien évidemment,
12:33en tant que chef d'entreprise,
12:34nous souhaitons que les politiques
12:35qui seront proposées,
12:36et on écoutera le débat présidentiel,
12:38prennent en compte
12:38cette priorité absolue
12:40qui est pour moi
12:40faire grossir le gâteau
12:42de la richesse française
12:43pour pouvoir le redistribuer
12:44de façon plus intelligente.
12:45C'est ça que je vais écouter.
12:46Après, j'écoute tout le monde.
12:47Je ne crois pas aux recettes miracles.
12:49Je ne crois pas aux mages économiques.
12:51Je crois qu'il faut simplement
12:52donner aux entreprises.
12:53Et c'est une force du pays.
12:55Les grandes, les petites.
12:56D'ailleurs, les Français
12:57ont de plus en plus confiance
12:57dans les entreprises,
12:58plus que dans le monde politique.
12:59Donc, il faut qu'ils donnent
13:00le moyen aux entreprises
13:02de se développer.
13:02Voilà l'aune à laquelle
13:03je jugerais les programmes
13:05qui seront présentés.
13:07Et vous, monsieur ?
13:08Moi, je pense que c'est très important
13:10d'avoir du courage politique,
13:12de prendre des décisions,
13:13de gérer la dépense publique
13:14pour être capable
13:15de redonner de l'investissement
13:17sur l'éducation,
13:18sur la recherche et le développement,
13:20d'avoir aussi
13:20une ouverture sociale.
13:21Par exemple, je l'ai évoqué
13:23dans votre métier,
13:24dans notre marché de Saint-Gobain,
13:26la démographie, c'est essentiel.
13:27Si aujourd'hui, on a l'Espagne
13:28qui marche bien,
13:29c'est parce que l'Espagne
13:29a 500 000 migrants
13:31qui font la construction
13:32et qui se logent.
13:33Donc, moi, je suis ouvert
13:34en étant très pro-européen
13:36à ce qu'il y ait
13:37de l'immigration
13:37dans d'autres pays
13:38parce que c'est bon
13:39pour la puissance économique,
13:40parce que c'est bon
13:40pour l'équilibre des retraites.
13:41Et donc, je suis très attaché
13:43à un certain modèle social,
13:44à un modèle ouvert de l'Europe
13:45et fondamentalement
13:46à des candidats très européens
13:48parce que je crois
13:48qu'on l'a dit, c'est évident,
13:49ce n'est pas la France
13:50qui va gagner toute seule
13:51sur l'énergie,
13:52sur l'industrie,
13:53sur l'innovation.
13:54Il faut fondamentalement
13:55des candidats pro-européens
13:56parce que c'est ça
13:57qui va nous permettre
13:58d'être en concurrence
13:58avec les Etats-Unis
13:59et la Chine et de gagner.
14:00Donc, c'est des candidats
14:02pour l'avenir,
14:03pour l'Europe
14:03et de façon très ouverte.
14:05Denis Ferrand,
14:05la conclusion est pour vous.
14:07Oui, alors la conclusion,
14:07je ne vais pas pouvoir ramasser,
14:09faire une synthèse.
14:09Il y a eu tellement d'éléments,
14:11mais je pense qu'effectivement,
14:13on a bien retrouvé
14:13combien l'enjeu
14:15de la politique de l'offre,
14:17qui était effectivement
14:17le thème fondateur
14:18sur lequel on était parti,
14:20c'est un enjeu
14:21qui est de production,
14:22c'est un enjeu
14:22qui implique de l'investissement
14:24et surtout,
14:25c'est un enjeu
14:25qui peut embarquer
14:26au service de l'excellence,
14:28au service de retrouver
14:30de la souveraineté,
14:31mais également,
14:32c'est dans la production
14:33que l'on peut se révéler
14:34et que l'on va trouver
14:35aussi du sens
14:36dans son travail.
14:37Et je pense que
14:38c'est aussi un élément
14:39qui est très important
14:39de pouvoir se construire
14:41cette représentation
14:42de l'économie,
14:43le travail est un révélateur
14:45dans l'entreprise également,
14:47donc on visait
14:48à faire ce dialogue
14:49entre des entreprises
14:50et des étudiants,
14:52je pense qu'on a tous
14:53à gagner à continuer
14:54à construire ces passerelles
14:55pour pouvoir mieux comprendre
14:56comment c'est aussi
14:57dans l'entreprise
14:58que se façonnent,
14:59que s'expriment le mieux
15:00les capacités d'offres
15:01qui vont embarquer
15:02de la population.
15:03Faire des ponts,
15:03c'était l'objectif
15:04de cette émission.
15:05Merci Denis
15:05d'avoir été à l'initiative
15:06de ce dialogue
15:07de Rex & Code,
15:08merci à vous Patrick Pouyanné,
15:09merci à vous Benoît Bazin
15:10d'avoir joué le jeu
15:11du dialogue avec les étudiants,
15:12merci à vous 6,
15:13c'était franchement
15:14un débat de très haute qualité,
15:16ça faisait du bien
15:16d'entendre des jeunes aussi
15:18investis,
15:19qui sont documentés,
15:20qui sont intéressés,
15:21c'était un vrai plaisir.
15:22Très bonne soirée,
15:23à bientôt.
15:51Sous-titrage Société Radio-Canada
15:54Sous-titrage Société Radio-Canada

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