00:007h49 sur Inter, Benjamin Duhamel en face de vous, le ministre de l'Intérieur.
00:06Bonjour Laurent Nunez.
00:06Bonjour.
00:07Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:09Après un week-end marqué par les débordements qui ont suivi la victoire du Paris Saint-Germain,
00:14780 interpellations parmi les participants aux festivités,
00:17un mort et plus de 200 blessés,
00:19tout comme 57 policiers et gendarmes aussi blessés,
00:22des commerces pillés, le périphérique parisien envahit.
00:25Mais pour vous Laurent Nunez, la situation était, je cite, globalement sous contrôle.
00:29Est-ce que vous comprenez ce qui se dit, ce que vous êtes dans le déni ?
00:32Non, pas du tout.
00:32D'abord, le bilan, pardon, je l'actualise, on est à plus de 890 interpellations au total.
00:37C'est 45% de plus que l'année dernière.
00:40Et malheureusement, les fonctionnaires et militaires de gendarmerie,
00:43enfin pour les forces de sécurité intérieure, nous sommes à 178 blessés.
00:47Donc les chiffres ont été actualisés.
00:48D'accord, de 57 à 178.
00:49Nous savions, je réponds très clairement à votre question,
00:51nous savions que ces célébrations au cas de victoire du PSG allaient donner lieu à des débordements.
00:55Des débordements que j'ai d'ailleurs défini, on raccourcit mes propos à débordements.
00:59Je les ai définis.
01:00D'ébordements, ça veut dire des violences urbaines, des tentatives de pillage, des pillages de commerce
01:03et évidemment des attaques contre les forces de l'ordre.
01:06Donc je les ai clairement définis.
01:08On avait un gros dispositif, il est exceptionnel en volume de fonctionnaires et de militaires de la gendarmerie mobilisés.
01:13Et puis il y avait des consignes d'extrême fermeté d'intervention systématique.
01:17C'est ce qui a été fait systématiquement.
01:18Mais vous nous donnez ce matin précisément.
01:20Mathématiquement, il y a eu des interventions pour mettre un terme à ces élections.
01:24Vous nous dites précisément ce matin que le bilan est plus lourd que l'année dernière,
01:29qu'il y a plus de forces de l'ordre blessées.
01:32D'où ma question, encore une fois, quand vous dites que la situation était globalement sous contrôle,
01:35quand vous plastronez en expliquant que la France est un grand pays de gestion de l'ordre public,
01:39quand on voit les scènes que les Français ont vues à Paris, mais pas seulement,
01:43est-ce que vous comprenez qu'il y a un sentiment de décalage entre le discours public et les scènes
01:48de violence vues dans les rues de France ?
01:51Je le comprends parfaitement.
01:52Mais moi, je suis ministre de l'Intérieur, je suis à la tête de services qui assurent du maintien de
01:55l'ordre,
01:55qui sont là pour mettre un terme à des exactions.
01:57Et c'est ce qui a été fait systématiquement à Paris, comme vous l'avez vu sur les chaînes d
02:01'information en continu,
02:01mais partout sur le territoire national.
02:03Il y a eu des rassemblements avec des groupes hostiles partout dans de nombreuses villes sur le territoire national.
02:08Il y a eu des interventions systématiques.
02:09Moi, mon travail, c'est de mettre un terme à ces exactions.
02:13C'est ce qui a été fait par les forces de sécurité intérieure.
02:15Et s'il y a autant d'interpellations, c'est que ce travail a été évidemment bien fait.
02:19Je les en remercie, d'autant plus qu'elles ont été soumises à des agressions systématiques,
02:23jets de projectiles, tirs de mortiers qui ont explosé.
02:25Voilà, après, la question qui se pose après de savoir pourquoi des jeunes qui sont des voyous,
02:30qui sont des jeunes casseurs et qui ont des comportements inadmissibles,
02:33profitent des célébrations, des victoires du Paris Saint-Germain, mais pas que.
02:37Ça peut se produire parfois en marge des fêtes de la musique, d'autres clubs.
02:39La question de savoir pourquoi ces jeunes viennent casser et autres,
02:44elle a des ressorts ailleurs et elle a des solutions ailleurs.
02:46Moi, je suis ministre de l'Intérieur et je suis là pour mettre un terme à tout ça.
02:49Pourquoi ces jeunes viennent casser et surtout, pourquoi alors même que les autorités,
02:52que vous savez parfaitement ce qui va advenir,
02:54pourquoi est-ce qu'on ne peut pas empêcher ce genre de scène ?
02:56Est-ce qu'il y a au fond quelque chose d'inéluctable à voir ?
02:59Non, il n'y a rien d'inéluctable.
03:00Il n'y a rien d'inéluctable.
03:02Il n'y a rien d'inéluctable.
03:03On ne s'habitue jamais à ça.
03:04Il y a beaucoup d'événements où on s'attendait à des débordements
03:06où ils ont été contenus.
03:07Par contre, c'est une mission qui est complexe, qui est compliquée.
03:10Ce sont des groupes qui sont très mobiles, qui sont hostiles,
03:13qui se répartissent dans plusieurs rues.
03:15Mais est-il imaginable, Laurent Nunez, de voir des soirées après matchs,
03:19sans voiture qui brûle, sans commerce pillé, sans abribus qui vole en éclats ?
03:23Est-ce que c'est possible aujourd'hui en France, en 2026 ?
03:26Bien sûr que c'est possible, bien sûr que c'est possible.
03:28Mais quand vous avez des milliers de groupes, de groupes sur l'ensemble du territoire,
03:31qui sont hostiles, qui décident de casser, de piller, on les en empêche.
03:35Évidemment, malheureusement, il y a un certain nombre de pillages, malheureusement.
03:39L'année dernière, ça s'est passé de la même façon.
03:41Ça s'est passé de la même façon, et donc on avait un gros dispo qui était monté en puissance.
03:45Voilà.
03:45Donc, il ne faut pas tout confondre.
03:47Quand on intervient pour mettre un terme aux exactions,
03:51la police, la gendarmerie, sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, font leur job.
03:55Est-ce que vous avez un exemple, ailleurs en Europe, de situation équivalente,
03:59c'est-à-dire dans la foulée d'une grande victoire sportive,
04:01ou d'un grand événement sportif, de voir de telles exactions comme ce qu'on a pu voir samedi soir
04:06?
04:06Est-ce que vous avez un exemple ?
04:07On a des exemples de violences urbaines, également, dans d'autres pays.
04:10La cause n'est pas forcément le football, oui.
04:12Au cas d'espèce, c'est la deuxième fois, tant mieux que le Paris Saint-Germain gagne une finale,
04:17c'est la deuxième fois qu'il y a des débordements.
04:18Je prends l'exemple, on a vu par exemple hier dans les rues de Londres,
04:21il y avait plus d'un million et demi de supporters d'Arsenal
04:23qui venait à clamer l'équipe, non pas pour sa défaite en finale de la Ligue des Champions,
04:26mais pour sa victoire en Première Ligue.
04:28Comprenez qu'on se pose la question de savoir pourquoi cela advient à Paris en France
04:32et pas à Londres en Angleterre.
04:34Est-ce que vous vous interrogez, 5 secondes,
04:36est-ce que c'est vraiment la robustesse d'un dispositif policier qui doit être interrogé ?
04:39Est-ce que c'est vraiment ça le sujet ?
04:40Non, mais alors dans ce cas-là, si l'on parle des causes profondes,
04:43pourquoi un tel décalage entre la France et l'Angleterre ?
04:45Les causes profondes sont que, profitant de ces moments festifs,
04:48vous avez un certain nombre de personnes qui viennent pour casser, pour piller,
04:53et ça c'est une réalité, on ne peut pas la nier.
04:55Et les dispositifs policiers que nous montons, nous nous mettons en place,
04:58visent justement à les prévenir.
04:59Et ce n'est pas faute d'avoir alerté, je l'ai fait, j'ai prévenu,
05:01et nous avions un gros dispositif qui a fonctionné globalement,
05:05puisque nous avons interpellé énormément de personnes,
05:07évité de nombreux pillages, même si je déplore évidemment des pillages.
05:10J'ai donné les chiffres hier,
05:11c'est-à-dire qu'on ne peut pas accuser le ministre de l'Intérieur dans la plus grande transparence,
05:14puisque la nuit même des événements, j'ai re-communiqué hier matin,
05:18en donnant le nombre de pillages notamment de commerce,
05:20c'est 16 en province,
05:22ce qui est un nombre effectivement conséquent, je ne le nie pas.
05:25Laurent Nunez, deux sujets pour terminer,
05:26d'abord vous recevez aujourd'hui Place Bovo,
05:28votre homologue, ministre de l'Intérieur algérin.
05:31C'est bon, vous avez déroulé le tapis rouge, il est installé Place Bovo ?
05:34Non, non, il arrive tout à l'heure, à la mi-journée,
05:37je vais aller l'accueillir, et on va continuer à discuter.
05:39Est-ce que vous comprenez que certains puissent s'interroger
05:41sur la venue du ministre de l'Intérieur,
05:43dans le moment où un journaliste français, Christophe Glez,
05:46est détenu par ce gouvernement en prison depuis plus d'un an ?
05:49Non, je travaille avec mon homologue sur les questions sécuritaires,
05:53les questions migratoires,
05:55il s'agit maintenant d'augmenter le nombre de laissés-passés obtenus,
05:58les reconduites vers l'Algérie,
05:59les choses se sont réenclenchées,
06:00il faut maintenant monter en puissance,
06:02et puis il faut reprendre avec l'Algérie une coopération sécuritaire.
06:04Mais se sont réenclenchées alors même qu'un de nos compatriotes
06:06est toujours détenu en prison ?
06:07Oui, mais ce sont des sujets dont on discute par ailleurs,
06:10à la demande de la famille d'ailleurs dans la plus grande discrétion,
06:13et donc voilà, je tiens à le préciser,
06:16j'évoquerai la situation de Christophe Glez évidemment,
06:18mais ça ce sont des choses que nous faisons dans la plus grande discrétion,
06:21dans l'intérêt du processus qui a été enclenché.
06:22Un dernier mot Laurent Nunez,
06:23nos confrères du Monde ont publié ce matin une nouvelle enquête
06:25sur Xenia Fedorova, propagandiste du Kremlin,
06:28ancienne patronne de Russia Today France,
06:30qui officie sur CNews sans contradiction ni transparence sur son profil,
06:34et notamment les conditions dans lesquelles elle a obtenu
06:36un nouveau titre de séjour en 2024 valable 10 ans.
06:39Vous expliquez, vous êtes cité dans cette enquête du Monde
06:41en expliquant que c'était un renouvellement de plein droit
06:43et en mettant en avant les règles administratives.
06:47Donc ça veut dire que cet individu,
06:48Xenia Fedorova, a obtenu l'autorisation de rester en France
06:51pendant 10 ans sur la base de règles purement administratives.
06:54Oui, vous savez quand vous avez les titres de séjour,
06:56ils sont d'abord temporaires, puis pluriannuels,
06:59et puis vous pouvez avoir une carte de résident.
07:00Et ça se passe de plein droit,
07:02c'est-à-dire que l'administration ne peut pas refuser,
07:04sauf à engager un contentieux.
07:06Il me paraissait important d'apporter cette clarification
07:08puisqu'il y avait énormément de sous-entendus
07:10sur une potentielle, une pseudo-intervention.
07:12Mais vous considérez que son profil et son pédigré
07:14justifiaient d'obtenir ce titre de séjour de 10 ans ?
07:17Ce que j'ai dit, je le redis à votre antenne,
07:19ce n'est pas parce que quelqu'un,
07:20un étranger a un titre de séjour,
07:22que ça le protège d'éventuelles poursuites
07:25ou remises en cause
07:26dès lors qu'il y a des troubles à l'ordre public
07:27ou qu'il y a une menace pour les intérêts fondamentaux de la nation.
07:30C'est tout ce que j'ai dit, je ne dirais rien d'autre.
07:31Est-ce qu'aujourd'hui, vous considérez que ce titre de séjour
07:34est toujours légitime ?
07:35Ou est-ce que ce que l'on voit,
07:37c'est-à-dire la faculté qu'elle a
07:39de dérouler sur une chaîne de télévision
07:42une propagande pro-russe,
07:44est-ce que cela pourrait justifier
07:45le réexamen des conditions d'obtention
07:47de ce titre de séjour ?
07:49Sur ce sujet, je ne vous répondrai pas.
07:51D'ailleurs, la journaliste en question
07:53se réfugie derrière la liberté d'expression.
07:54Ce que je vous dis, c'est que contrairement
07:57à ce qui a été sous-entendu dans un certain nombre de médias,
07:59il n'y a pas eu d'intervention.
08:01Il y a, vous savez, des titres qui sont renouvelés
08:03de plein droit pour des étrangers
08:05qui sont en situation régulière depuis plusieurs années
08:06et qui remplissent des conditions.
08:08Ils s'en délivrent tous les jours.
08:09Mais, Laurent Nunajut, je pense ce matin
08:11aux centaines, parfois aux milliers de gens
08:12qui font des queues devant la préfecture
08:14pour obtenir des renouvellements de titre de séjour,
08:15parfois avec grande difficulté,
08:16et qui vous entendent ce matin
08:18concernant Xenia Fedorova
08:19voir qu'au fond, c'est un renouvellement quasi automatique.
08:21Mais comme pour beaucoup de personnes,
08:23les conditions juridiques sont automatiques.
08:25Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas aller faire la queue
08:27et déposer les dossiers.
08:27D'ailleurs, vous noterez qu'avec le plan que j'ai lancé
08:30pour accélérer les durées de renouvellement,
08:32pour mettre un terme à ces délais qui étaient insupportables,
08:35les délais ont tendance à se réduire.
08:36Il faut s'en féliciter, mais ça ne veut pas dire
08:38qu'il ne faut pas déposer un dossier,
08:39faire la queue, etc.
08:40Ce sont les conditions juridiques qui sont automatiques.
08:42Merci beaucoup, Laurent Nunez,
08:43invité ce matin de la matinale d'Enterre.
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