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[#VôVô] Honorine Ngou

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Transcription
00:00Bonsoir, je suis Honorine Gou, ancienne enseignante au département de lettres modernes, écrivaine.
00:08Je suis invitée à l'émission Vovô.
00:16Êtes-vous plutôt team osé ou pudique lorsque vous vous habillez chaque matin ?
00:22Bonsoir à tous, comme tous les jours, c'est un plaisir pour moi de vous retrouver sur le plateau de
00:26votre émission Vovô sur GMT TV.
00:28Ce soir, on va un peu rentrer dans vos garde-robes pour voir comment se vêtir décemment tout en restant
00:34à la mode.
00:35Et cela s'adresse particulièrement aux dames, aux jeunes dames et même là à nos petites filles.
00:42Pour en parler ce soir, nous recevons Honorine Gou.
00:44Et là, vous vous dites, mais pourquoi est-ce qu'un écrivain vient parler des vêtements ?
00:48Mais qui a dit qu'on ne peut pas être femme de lettres tout en étant attiré par la mode
00:53?
00:54Je ne pense personne.
00:56Justement, une thématique.
00:58La femme, la société, le vêtissement.
01:01Ce sera le 13 juillet prochain.
01:03Elle est présidente d'honneur et elle va nous dire tout ce qu'il faudra savoir sur cet événement-là.
01:08Et moi, j'ai besoin de parler, elle est là.
01:10Bonsoir Honorine.
01:11Bonsoir jeune fille.
01:12Je suis ravie d'être à l'émission Vovô.
01:16Le plaisir est vraiment le nôtre.
01:18Voilà.
01:18D'entrée de jeu, et je pense que c'est la question qu'on va tous se poser.
01:21Pourquoi avoir troqué les plumes pour un instant pour vous intéresser à ce sujet qu'est l'habillement chez les
01:27jeunes filles ?
01:28Très belle question.
01:29Vous savez, quand vous écrivez, vous êtes du passé, vous êtes du présent et vous êtes de l'avenir.
01:34On dit que le poète a toujours raison.
01:38L'écrivaine ou l'écrivain est celui qui pose le regard sur le passé, sur le présent et sur l
01:49'avenir.
01:49Il est de partout.
01:51Il est pluridimensionnel et il est multidimensionnel.
01:55D'accord, vous avez compris.
01:57Ça veut tout dire.
01:58Ça veut dire qu'elle est, elle était et elle sera.
02:00Juste dans les lettres.
02:02Voilà.
02:02Justement, l'événement pour lequel vous êtes là, c'est la fashion distinction.
02:06Quelle est l'idée derrière et qu'est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce projet ?
02:11En fait, c'est une jeune dame qui est très sérieuse, très fondée sur les valeurs, comme sa mère,
02:21qui a pris attache avec moi après une conférence que j'ai donnée quelque part à l'occasion de la
02:30Journée internationale de la femme.
02:32Elle a fait le même constat que moi.
02:35Dans notre société actuellement, il y a une crise, une crise des valeurs.
02:42Nous, on constate, tout le monde peut le constater, que les comportements de beaucoup de femmes et de beaucoup de
02:51jeunes filles sont indignes.
02:54Il y a comme une sorte de légèreté dans l'habillement.
02:57Les gens, les femmes sont dans les rues, même dans les lieux, on va dire même dans l'administration.
03:04Elles sont habillées indécemment, comme si elles voulaient violer imprudemment les convenances sociales et les convenances morales.
03:15Or, on dit dans nos sociétés que la femme est la gardienne des valeurs, elle est porteuse des valeurs.
03:21Et lorsque nous constatons que la société perd ses valeurs, qu'il y a cette crise de valeurs,
03:26la femme est à l'exigence de tirer la sonnette d'alarme et dire que nous sommes en train de
03:34perdre quelque chose
03:35qui doit nous qualifier, qui doit nous distinguer.
03:40La femme doit être une femme de distinction.
03:43La femme doit être une femme de valeur, aussi bien dans sa façon de parler, dans sa façon de s
03:50'habiller,
03:50que dans sa façon de se comporter, parce que l'habillement est aussi un message.
03:55Voilà, justement, pour en parler, la thématique que vous avez choisie, c'est « Maman s'habille autrement ». Pourquoi
04:02?
04:02En fait, c'est la thématique générale, si vous voulez, de cet événement, c'est les exigences de la modernité,
04:12une menace contre l'héritage culturel, notre patrimoine culturel.
04:18Parce que la femme, en Afrique, est considérée comme un réservoir des valeurs.
04:24Elle est soumise à une exigence d'exemplarité.
04:27C'est le modèle pour les jeunes générations.
04:30Mais si la femme, aujourd'hui, perd, si vous voulez, cette exemplarité, cette dignité, cette honorabilité,
04:39toutes les valeurs qui la distinguent, je vais dire des hommes,
04:46la société est appelée, effectivement, à se perdre.
04:49C'est pourquoi nous nous sommes dit qu'organiser un tel événement serait, d'abord, est inédit.
04:56Est inédit parce que ce sont les mamans, les mamies qui vont défiler.
05:01Pour dire qu'on peut être à la mode, qu'on peut être habillé comme, même, enfin, avoir une tenue
05:09de ville.
05:09Et être habillé décemment, sans choquer les convenances, ni sociales, ni morales.
05:16Donc, c'est maman qui va s'habiller autrement.
05:19Pour, en fait, c'est presque un défilé de mode pédagogique et éducatif.
05:24Voici la voie.
05:26Parce que la femme, la mère, la pédagogue que je suis, a le devoir d'orienter, de canaliser, même de
05:34sanctionner.
05:35Nous allons sanctionner, à travers ces défilés de mode, voyez,
05:41toute cette sorte de, on va dire, de dérèglement même, dans la manière de s'habiller de beaucoup de femmes.
05:49Allez dans les rues, regardez dans l'administration, vous allez voir.
05:53Les femmes avec la racine des seins d'or, les cuisses, vous avez des formes disgracieuses,
06:00vous mettez des tenues moulantes.
06:03Il y a quand même quelque chose qui ne va pas.
06:05Donc, on sera dans la pédagogie de l'habillement, si vous voulez.
06:09Justement, est-ce que pour les femmes, est-ce que ce ne sera pas une façon de leur dire que,
06:14en fait, vous vous habillez très mal, venez vous habiller comme nous.
06:17Est-ce que ce ne sera pas une façon de leur dire, n'allez pas vraiment de l'avant, mais
06:20revenez en arrière.
06:22Est-ce que ce n'est pas un peu ça ?
06:23En fait, c'est, je dis, aller de l'avant en perdant ses valeurs essentielles.
06:32Pour moi, c'est une forme, on va dire, on est porteur de valeurs émancipatrices qui dégradent, voyez, l'image
06:43de la femme.
06:45Cette émancipation-là, cette évolution-là ne doit pas amener la femme à perdre l'image essentielle qu'elle est
06:54censée promouvoir.
06:55C'est la dignité, c'est l'honorabilité, c'est la décence.
07:00Elle est un modèle.
07:01Vous voyez, j'aborde, c'est peut-être un petit hors-sujet, non, ce n'est pas un hors-sujet.
07:11Lorsque le président de la République ou le gouvernement ont prévu cette tenue, j'ai vu le modèle,
07:18j'ai salué des deux mains cette initiative, voyez, qui permet non seulement à la Gabonaise ou aux Gabonais d
07:28'avoir une identité nationale,
07:30mais lorsque j'ai vu la tenue, c'est une tenue qui est d'une correction exemplaire, voyez.
07:35Aujourd'hui, nous sommes dans une société qui doit être rebâtie, rebâtie, refondée par des valeurs sûres, par des valeurs
07:44nouvelles,
07:45mais des valeurs qui nous permettent de garder notre dignité.
07:50D'ailleurs, je crois que ce sera dans le prospectus, on dit qu'on peut s'habiller avec nos valeurs
08:00traditionnelles.
08:01Vous voyez, dans nos valeurs traditionnelles, la femme était censée cacher la chevelure, voyez.
08:07La chevelure n'était pas exposée, n'était pas montrée.
08:12La poitrine n'était pas montrée.
08:15La femme était un être mystérieux à découvrir.
08:19Or, aujourd'hui, la femme se donne à voir, la femme s'offre.
08:24Et si tu t'offres, tu n'auras plus rien à présent.
08:27En fait, tu ne seras plus un mystère pour celui qui aura envie de te découvrir.
08:33Donc, il faut que nous revenions à des valeurs sûres qui permettent à la femme de garder, je dis, cette
08:41image, on va dire presque, presque, comment dire ?
08:46Mystérieuse.
08:47Mystérieuse et surtout magistrale.
08:49Oui, magistrale.
08:51C'est une personne noble, c'est une personne de distinction, c'est une personne de valeur.
08:56On ne doit pas voir ses formes, n'importe qui ne doit pas voir ses formes, n'importe quand.
09:05Justement, Norine, au-delà de l'esthétisme, quel est le message social, les disons, moral, que vous souhaitez véhiculer à
09:11travers cette fashion distinction ?
09:12C'est comme je le disais tout à l'heure, la mode n'est pas une mauvaise chose, vous comprenez
09:19?
09:19Est-ce qu'il y a même une mode ?
09:21Vous savez, je suis née avant les années, dans les années 50.
09:28Il y a des vêtements qui sont considérés comme étant des inventions, étant à la mode, qui existent depuis même
09:39le 19e siècle.
09:40Vous voyez ? On ne fait qu'actualiser, etc.
09:43Quand j'étais plus jeune, on avait des mini-jupes, on avait des mini-romes, on avait ce qu'on
09:49appelait des dos nus, vous comprenez ?
09:51Mais, est-ce qu'on avait le même état d'esprit que les filles de maintenant ?
09:56Je mets le dos nus, je mets la jupe courte pour attirer, par exemple, le regard masculin.
10:03Vous voyez ? Donc, je pense que le message que nous voulons porter, c'est de dire à la femme,
10:11à la jeune fille, que tu es porteuse de valeurs.
10:16Tu es une éducatrice.
10:18Tu es une femme qui ne doit pas, comment dire, exposer, exhiber ses formes.
10:28Tu es une femme qui doit être un modèle.
10:31Tu es un modèle moral, tu es un modèle social.
10:35Tu es une force incontournable qui doit inspirer les jeunes générations.
10:41De toi, doit naître une force morale.
10:46Tu représentes aussi une force sociale qui favorisera la stabilité sociale et la stabilité morale pour les générations futures.
10:55Parce qu'en tant qu'honoringou, j'ai été enseignante, je suis une maman et même une grand-maman.
11:01Comment ? Si je porte les mêmes jupes courtes, les mêmes, on va dire, comment vous appelez ça, les collants,
11:11les collants qui laissent voir toutes mes formes disgracieuses à cause de l'âge.
11:16Parce que ça aussi, il faut le dire, les femmes, beaucoup de femmes, aujourd'hui, ne tiennent pas compte de
11:21leur morphologie quand elles s'habillent.
11:23Vous ne pouvez pas être une femme bien en chair et porter des vêtements moulants.
11:30Vous voyez ? C'est aussi une question d'esthétique, c'est aussi une question de beauté, c'est aussi
11:34une question, surtout, surtout, morale.
11:37On est dans une société où il y a une dégradation des mœurs, où il y a une crise des
11:42valeurs.
11:43Si la femme elle-même participe à cette dégradation des valeurs morales,
11:48si la femme elle-même devient amorale et a des comportements immoraux,
11:53qui va relever la société, parce qu'elle est censée être gardienne des valeurs, dépositaire des valeurs.
12:00Mais justement, est-ce que ce n'est pas une façon d'empêcher, je vais le dire comme ça, entre
12:05griffes,
12:05d'empêcher la femme là d'être la femme moderne qu'elle doit être,
12:10parce qu'on n'est plus aux années 50, on va dire comme ça,
12:13mais de toujours être cette femme qu'on a connue dans les années 50.
12:15Est-ce que ce n'est pas une façon implicite de le dire ?
12:17Vous savez, je dis, notre passé est notre avenir.
12:22Notre passé est notre avenir.
12:25Moi, j'estime, pour être née dans les années 50, avant les indépendances,
12:31que, je vous le disais tout à l'heure, que je suis une femme du passé, du présent et de
12:36l'avenir, et du futur.
12:37C'est-à-dire, si le passé a des valeurs qui peuvent nous permettre de reconstruire notre société,
12:44sur le plan social, sur le plan moral, sur le plan éducatif, etc.,
12:49on peut aller puiser, vous voyez, dans cette fontaine qui a abreuvé nos aïeux
12:56et qui a fait de nos sociétés des sociétés respectables, considérées.
13:04Mais, je ne pense pas que s'habiller, par exemple, avec un foulard,
13:10parce qu'on a des images qu'on va montrer, des images de femmes des années 61,
13:18mais de très belles femmes, avec des jupes longues, avec des foulards,
13:23mais alors d'une élégance extraordinaire.
13:27Et nous aurons des femmes de 2007,
13:32et qui sont assises, je ne sais pas, dans une salle,
13:35les cuisses dehors, mais d'une vulgarité qui choque les convenances,
13:42et qui fait de la femme, en fait, je pense,
13:46qui peut transformer la femme en objet sexuel.
13:49À ce propos, qu'est-ce qui est pour vous,
13:51vu que vous incitez sur la dignité et l'honorabilité de la femme,
13:54qu'est-ce qui est pour vous s'habiller avec distinction ?
13:57C'est quoi, concrètement, pour Noringo ?
13:59Je prends mon exemple, là, je suis assise sur le plateau,
14:03je suis une femme africaine, je suis une femme gabonaise.
14:08Il y a des canons de beauté, comment dire,
14:14chez les Africains, qui sont différents des canons de beauté,
14:19chez, par exemple, l'homme occidental.
14:21Vous voyez ?
14:22J'ai le foulard africain, j'ai le pagne africain,
14:28j'ai l'élégance africaine,
14:30et je ne choque aucune convenance.
14:33Je suis naturelle, je suis moi, vous voyez ?
14:37Je ne suis pas, comment dire,
14:40je ne suis pas là pour, comment dire,
14:44pour agresser, parce que beaucoup d'hommes se sentent agressés,
14:48beaucoup d'hommes se sentent agressés par cette légèreté dans l'habillement,
14:53par cette sorte même d'indignité.
14:56Tout le monde est dénudé, vous voyez ?
14:58On peut être moderne, rester moderne, rester jeune, vous voyez,
15:05en étant décente, en n'étant pas excentrique,
15:09en n'étant pas osée, en n'agressant pas l'altérité.
15:14Et l'altérité, ce sont nos pauvres hommes.
15:19Nos pauvres hommes, s'ils pouvaient parler.
15:21Il y en a, effectivement, qui sont à l'aise dans cet univers,
15:25vous voyez, de, on ne va pas dire, de nudité,
15:30ou bien de...
15:32D'exposition.
15:33D'exposition du corps, ok ?
15:35Mais tous les hommes ne sont pas, vous voyez,
15:40je dis les hommes normaux, stables, équilibrés,
15:44qui aiment bien, vous voyez, découvrir,
15:48vous voyez, l'inconnu, qui aime bien,
15:50qui veut bien explorer l'inconnu.
15:53Et si l'inconnu est donné à voir,
15:57tout de suite, qu'est-ce qu'il faut ?
15:59Il n'y a plus, en fait, la femme devrait, on va dire,
16:03attiser, susciter la curiosité.
16:07Quelqu'un va me découvrir,
16:09mais il n'y a plus rien à découvrir.
16:11Tout est donné à voir, tout est exhibé,
16:13tout est montré.
16:14Et ça fait que la femme devient, à la limite, vulgaire.
16:19Et cette vulgarité ne doit pas être collée
16:22à l'image prestigieuse,
16:25à l'image des distinctions de la femme,
16:27qui est à découvrir.
16:29D'accord.
16:30Alors, vous l'avez compris,
16:31il y a des hommes qui ont peur de vous,
16:33quand ils vous voient avec vos petites robes moulantes,
16:35ils ont peur.
16:36Il y a aussi ceux qui aiment,
16:37mais Madame Honorine a dit,
16:38il y en a qui ont peur,
16:39c'est juste qu'ils n'ont pas la force de parler.
16:41Justement, l'événement du 13 juin,
16:43qui sont les stylistes qui vont vous accompagner
16:46pour cette journée ?
16:47On a choisi une styliste gabonaise,
16:50qui est connue à l'international,
16:53mais qui est très peu connue au Gabon.
16:55Nous avons essayé d'aller voir des non-gabonais,
17:03des expertis.
17:04on s'est dit,
17:06l'heure de nous-mêmes a sonné.
17:09L'heure du Gabon,
17:10de l'expertise nationale a sonné.
17:13C'est une styliste gabonaise
17:18qui s'appelle Betty,
17:20qui a obtenu des prix à l'international,
17:23qui va s'occuper de nos mannequins matures.
17:29Je vous assure,
17:30quand j'ai vu les dames,
17:33l'âge varie entre 45 et 60 ans.
17:38Des mannequins seniors.
17:39Des mannequins seniors.
17:40Je crois que c'est un événement
17:43qui vaut son pesant d'or.
17:46C'est un événement inédit.
17:47Comme je le disais,
17:49ce n'est pas un défilé de mode ordinaire.
17:51C'est un défilé de mode
17:53qui est porteur des messages,
17:55qui est pédagogique,
17:56qui est didactique.
17:57On peut être bien habillé.
18:00On peut être,
18:02comment dire,
18:03à la mode
18:04et être décente,
18:06être distinguée
18:07et être,
18:09comment dire,
18:10une femme respectable.
18:13Voilà, vous l'avez compris.
18:14On peut être décente,
18:15on peut être bien habillé.
18:16On peut être tout ce que vous voulez
18:18de beau et de valeureux
18:19tout en étant vêtue
18:20convenablement.
18:21Mais justement,
18:22Honoringo,
18:23quel est l'impact concret
18:25que vous espérez
18:25de ce défilé
18:27qui l'est sur les femmes ?
18:29Une prise de conscience.
18:32Parce que,
18:34si vous voulez qu'une situation change,
18:37un pays change
18:38et que vous posez un problème,
18:40il faut susciter
18:41une prise de conscience
18:43d'abord individuelle,
18:45collective.
18:46Nous voulons tirer
18:48la sonnée d'alarme.
18:50comme je le disais tout à l'heure,
18:52le président de la République
18:53et son équipe
18:55ont anticipé
18:59en proposant
19:00une tenue
19:01qui,
19:03on va dire,
19:04une tenue nationale
19:06et qui est,
19:07on va dire,
19:09qui est digne.
19:09J'ai vu,
19:10vraiment,
19:11moi je suis dedans
19:12comme un poisson dans l'eau
19:13parce que je suis une pagneuse.
19:15Oui.
19:15entre guillemets.
19:17J'aime bien,
19:18vous savez,
19:18quand j'étais en activité
19:20à l'université
19:21au Marabongo,
19:22j'y ai enseigné
19:22pendant très longtemps
19:23et que j'étais invitée
19:24aux Etats-Unis,
19:26au Canada,
19:26dans des pays
19:27pour les conférences.
19:28Il ne m'est jamais arrivé
19:30de faire une conférence
19:32en tailleur.
19:34Je me suis dit,
19:35j'ai une identité
19:37et cette identité
19:38peut être aussi,
19:39quand on annonçait
19:40Honorine Ngou,
19:42Université au Marabongo,
19:43Gabon,
19:43à l'époque,
19:44on n'avait pas encore
19:44de tenue nationale.
19:45Mais je suis panafricaine.
19:47Je me mettais
19:48comme je suis là
19:49avec un foulard
19:50bien distingué.
19:51Je me rappelle au Canada,
19:52on me regardait
19:53comme en plein hiver,
19:55on me regardait
19:55comme,
19:56on va dire,
19:58comme une bête curieuse.
19:59Mais il y en a,
19:59je me sentais élégante.
20:00À l'époque,
20:01j'étais encore très jeune,
20:02une robe bien cousue
20:03avec un foulard mouille.
20:05Voyez ?
20:06Il ne faut pas
20:06qu'on ait
20:07honte de notre identité.
20:09Il ne faut pas,
20:10il y a la modernité,
20:11mais il y a aussi,
20:12effectivement,
20:13notre héritage culturel
20:14qui est là.
20:14Exactement.
20:15Nos,
20:16nos,
20:16nos,
20:17nos,
20:18nos,
20:18nos,
20:18nos grands-mères
20:19s'habillaient avec des sens.
20:20À l'époque,
20:21il n'y avait pas encore
20:21de vêtements.
20:23Mais quand les vêtements
20:24sont arrivés,
20:25on a vu,
20:26vous voyez,
20:27les coutures,
20:27il était interdit
20:28de montrer ses cuisses
20:30parce que n'importe quel homme
20:32n'avait pas le droit
20:33de voir tes cuisses.
20:35Oui.
20:35Vous comprenez ?
20:36Oui.
20:36Mais aujourd'hui,
20:37tous les hommes
20:38voient n'importe quelle cuisse.
20:41Mais c'est quand même
20:42quelque chose
20:42qui,
20:43je pense,
20:44qui touche,
20:45qui choque tout le monde.
20:47Et,
20:47croyez-moi,
20:49les choses sont tellement,
20:52comment dire,
20:52il y a une crise
20:53de valeurs tellement
20:54forte et inquiétante
20:55que même
20:56beaucoup d'hommes,
20:58beaucoup de jeunes hommes,
21:00tombent aussi
21:01dans ce piège
21:01de la nudité.
21:03il porte un pantalon,
21:06même dans les lycées
21:07et collèges,
21:07et il laisse voir
21:10sa culotte.
21:11Vous comprenez ?
21:12C'est ce qu'on appelle
21:13effectivement
21:13la dégradation
21:15des mœurs.
21:16Voilà.
21:16Vous l'avez dit,
21:17la dégradation des mœurs.
21:18vous l'avez compris,
21:21la dégradation des mœurs,
21:22c'est un combat
21:23pour lequel
21:23Honoringo a donné
21:24son image
21:25et elle sera présidente
21:26de l'honneur
21:26ce 13 juin.
21:28Mais,
21:28malheureusement,
21:29pour vous,
21:29pour nous et pour vous,
21:30Honoringo,
21:31c'est la fin de notre échange.
21:32Quel sera votre mot de fin ?
21:33Mon mot de fin
21:35est simple.
21:39Ton,
21:40comment dire,
21:41ton vêtement,
21:42ta manière de t'habiller
21:43est un message.
21:47Une femme
21:48qui s'habille
21:50un matin,
21:52un soir,
21:55donne un message,
21:57laisse un message.
21:59Alors,
21:59la question que je me pose
22:01aujourd'hui,
22:05Honoringo,
22:06grand-mère,
22:08pédagogue,
22:10lorsque je vais dans la rue
22:11et que je m'habille,
22:13est-ce que je dois
22:16choquer les convenances
22:17ou plutôt
22:18m'habiller
22:19pour être
22:21un exemple ?
22:22Parce qu'en tant que femme,
22:23en tant qu'éducatrice,
22:25je suis soumise
22:25à une exigence
22:26d'exemplarité
22:27et je veux que
22:28toutes les femmes,
22:29quel que soit votre âge,
22:32vous commenciez
22:32à vous dire
22:33que dans chaque vêtement,
22:35il y a un message
22:36soit
22:37qui détruit
22:39l'image
22:39d'honorabilité
22:40que vous êtes
22:41censée incarner
22:42ou bien
22:43qui construit
22:44l'image
22:45de respectabilité
22:47que vous êtes
22:48censée incarner.
22:50Mais toutes les femmes
22:50gabonaises,
22:51parce qu'on est dans
22:53la Ve République,
22:55qui est censée
22:55restaurer
22:56les institutions,
22:58qui est censée
22:59restaurer
22:59les valeurs,
23:01nous allons nous dire
23:02que pour les générations
23:03futures,
23:04nous avons une exigence
23:05d'exemplarité,
23:07aussi bien
23:07dans notre manière
23:08d'être,
23:09notre manière
23:09de parler,
23:10notre manière
23:11de nous comporter
23:12et notre manière
23:13de nous habiller,
23:15c'est effectivement
23:16l'image
23:17et le rayonnement
23:18du Gabon
23:20qui sont en jeu.
23:22Voilà,
23:23c'est l'image,
23:23le rayonnement du Gabon
23:24qui sont en jeu
23:25et merci beaucoup
23:26pour cet échange
23:27édifiant au Nuringou.
23:28Je rappelle que vous êtes
23:29écrivain,
23:29par ailleurs,
23:30présidente d'honneur
23:31pour la Fashion Distinction
23:33qui aura lieu
23:33le 13 juin.
23:34Nous,
23:35qu'est-ce qu'on retient ?
23:35On retient que c'est
23:36à la Chambre de commerce
23:36et à 18h,
23:37que c'est ouvert aux femmes,
23:38mais aussi aux femmes.
23:39De 8h,
23:40non,
23:40ça commence à 8h,
23:42de 8h à 18h,
23:44il y aura une série
23:45de conférences,
23:46j'interviendrai,
23:47il y aura un sociologue
23:50qui viendra parler
23:51de ça,
23:52il y aura un coiffeur,
23:54un coiffeur
23:55qui parlera de la coiffure,
23:57il y aura quelqu'un
23:58qui parlera de,
23:59comment dire,
24:00des tissus qu'on met,
24:02voyez,
24:02parce que les gens
24:02s'habillent n'importe comment,
24:04il y a des tissus
24:04qu'on met
24:06à des moments donnés.
24:08Or,
24:09aujourd'hui,
24:10on se mélange vraiment,
24:12comme on dit,
24:13on se mélange les pédales
24:14parce que c'est la mode,
24:16vous comprenez ?
24:16Donc,
24:17il y aura une série
24:17de conférences,
24:18je participerai moi-même,
24:20d'ailleurs,
24:20j'annonce le thème
24:21de ma conférence,
24:22une femme de distinction
24:23pour une société
24:25de distinction.
24:26et puis,
24:28il y aura,
24:29bien entendu,
24:30des stands,
24:31des stands,
24:31une exposition,
24:32on veut,
24:33effectivement,
24:34passer de là,
24:35de l'habillement
24:36au savoir-faire des femmes.
24:38Toutes les femmes
24:39qui brodent,
24:41qui font des,
24:42toutes sortes de,
24:43comment dire,
24:44de produits locaux
24:46seront là
24:48pour valoriser
24:49les savoirs endogènes
24:51et c'est important
24:52pour les sorts
24:53vers la...
24:53Félicité.
24:54Félicité.
24:55Voilà,
24:55moi,
24:55je voulais garder le secret
24:56mais vous êtes tout détaillé.
24:57Donc,
24:58vous êtes obligés
24:59maintenant de venir
25:00le 13 juin.
25:01On retient qu'on ne se vêtit pas
25:02pour plaire
25:03que notre habillement
25:04envoie une tonne de messages.
25:06Ça, on le sait,
25:06on ne le dira jamais assez
25:07mais à vous, mesdames,
25:08de choisir le bon message
25:10que vous souhaitez partager.
25:11Voilà,
25:12c'est la fin de notre échange.
25:13Merci à vous
25:13d'avoir été nombreux
25:14à suivre ce numéro
25:15en compagnie d'Honoré Nungo.
25:17Moi, je vous dis
25:17à très vite
25:18pour un prochain numéro
25:19de votre émission.
25:19Au revoir.
25:20Bonne soirée chez vous.
25:21Merci beaucoup
25:22et d'avoir été reçue
25:24à l'émission Vovo.
25:26Merci Nungo.
25:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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