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Après le féminicide de son amie Zaya, Pascal a décidé de changer de vie pour devenir avocate et défendre les droits des femmes. Un témoignage bouleversant qui soulève la question de l'accompagnement et de la formation des professionnels face aux violences conjugales. Marion Guibaudot, fondatrice de l'association féministe Feeling à Voiron, partage son analyse et appelle à une prévention plus précoce.

La violence conjugale, bien plus que des coups, englobe des formes psychologiques et économiques insidieuses que de nombreux professionnels peinent encore à déceler. Il est crucial de former des experts capables de comprendre la complexité de ces violences et d'accompagner au mieux les victimes.

La colère, lorsqu'elle est canalisée, peut devenir un moteur puissant pour le changement. L'initiative de Pascal illustre comment une tragédie personnelle peut inspirer la création et la lutte pour les droits des femmes.

La prévention dès le plus jeune âge est essentielle pour déconstruire les comportements violents avant qu'ils ne s'installent. L'association Feeling œuvre auprès des adolescents pour les aider à repérer les signes avant-coureurs de la violence conjugale, qui peut débuter dès les premières relations amoureuses. La violence n'a pas de limite géographique, elle touche tous les territoires.

#ViolencesConjugales #Féminicides #DroitsDesFemmes #Prévention

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Transcription
00:007h44, l'invité d'ici matin va nous permettre de revenir sur ce témoignage très fort que vous avez peut
00:05-être entendu ce matin,
00:06celui de Pascal qui a décidé de changer de vie et de métier après la mort de son amie Zaya,
00:11tuée par son compagnon en novembre dernier.
00:13On va en parler, Soazic Pelé, avec la fondatrice d'une association féministe iséroise, Feeling Voirond.
00:18Bonjour Marion Guibaudot.
00:19Bonjour.
00:20Merci d'être avec nous dans le studio d'ici Isère ce matin.
00:23Pascal, cette femme qu'on a entendue ce matin, tellement choquée par la mort de Zaya, son amie,
00:29a décidé de reprendre des études pour devenir avocate et défendre les droits des femmes.
00:35Qu'est-ce que ça provoque chez vous ce matin, ce témoignage ?
00:40Un féminicide c'est toujours une tragédie collective et on voit que ça a aussi un impact sur l'entourage,
00:47la famille, les enfants, les amis qui restent.
00:50Et je trouve que c'est une très belle initiative.
00:54C'est évidemment difficile quand c'est suite à un décès tel que, enfin un meurtre tel que ça a
01:00été fait.
01:02Après, j'allais dire sur le terrain, on a besoin aussi de professionnels qui soient formés,
01:08qui soient convaincus aussi que les violences faites aux femmes, les violences conjugales,
01:13soient une thématique à lutter, à bien connaître cette thématique.
01:19Parce que là, ça veut dire que finalement, ceux qui sont déjà sur le terrain ne remplissent pas totalement leur
01:28rôle.
01:28Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
01:30Non, mais est-ce qu'effectivement, il y a besoin d'avoir plus de gens sur le terrain
01:36et plus de gens qui se consacrent à la défense des droits des femmes aujourd'hui ?
01:40En tout cas, il y a besoin de professionnels qui connaissent finement,
01:44notamment le processus des violences et notamment les violences conjugales,
01:48qui sont un système qui peut être complexe, avec différents types de violences.
01:53C'est vrai que tout de suite, les violences physiques, on les a en tête,
01:57la question des féminicides évidemment,
02:00mais on a derrière aussi les violences économiques, les violences psychologiques,
02:03qui sont des violences qui sont beaucoup plus sournoises.
02:05Et on a parfois des professionnels qui ont du mal à déceler
02:10ou à mettre en avant aussi ce type de violences.
02:13Et donc, on a des victimes.
02:14Mais ça avance quand même un peu.
02:16Oui, bien sûr que ça avance.
02:18Ça avance, mais il y a encore du travail à faire.
02:20Et pour accompagner...
02:22Pardon, excusez-moi.
02:23Non, non, je vous en prie.
02:25Pour accompagner aussi des personnes,
02:27même si on ne fait pas de l'accompagnement infilique,
02:28mais on est tenue courante de personnes qui viennent ou qu'on oriente.
02:32On sait que quand les personnes, elles sont entre guillemets juste victimes de violences psychologiques
02:37et ou économiques,
02:39elles peuvent avoir du mal à trouver des professionnels formés sur ce type de violences-là.
02:42Et justement, cette femme qui veut se former, qui veut devenir avocate,
02:46qui veut avoir un rôle prégnant sur le terrain,
02:51ça peut aussi nous inspirer, se dire que ce n'est pas forcément une colère ou un désir de vengeance,
02:59qu'il y a des choses qui se créent ensuite sur le terrain.
03:02La création d'associations et puis...
03:05Le fait d'avoir vécu des violences, alors de manière directe ou indirecte, si je puis dire,
03:11ça fait parfois des déclics.
03:12On a beaucoup d'associations qui sont nées comme ça.
03:15Les grandes associations nationales aussi,
03:18c'est lié à l'expérience de personnes qui ont vécu ce genre de violences.
03:22Donc, je ne sais pas si je peux dire un déclic utile,
03:25mais oui, c'est un déclic qui est important.
03:27Et puis, ce sont des personnes qui, parfois, sont peut-être aussi sensibilisées
03:31parce que touchées aussi dans leur être,
03:35moi, je trouve que c'est très constructif.
03:36Je pense qu'il y a de la colère derrière.
03:38Et la colère peut être constructive.
03:40Un regard global sur comment accompagner, aider les femmes qui subissent des violences.
03:46Nous en parlons ce matin avec notre invité à 7h48,
03:49la fondatrice de l'association Fémini 6 0 Wats, Filing Boiron,
03:52Marion Guibaudot, qui répond à vos questions.
03:54Sois-y que pelée.
03:54Comment accompagner, d'ailleurs, ces femmes victimes de violences conjugales ?
03:59On a l'impression que le sujet revient régulièrement,
04:02à la une de l'actualité.
04:05Est-ce que ça passe seulement par les professionnels,
04:08dont vous parliez tout à l'heure ?
04:10Non, évidemment que non.
04:12Déjà parce que, comme on peut le voir,
04:14en fait, il y a plein de personnes qui sont victimes
04:16qui, des fois, n'en sont pas conscientes.
04:19Voilà, vivent des choses en se disant...
04:21Il faut de la pédagogie encore ?
04:22Il faut de la prévention.
04:24C'est le cœur de notre métier.
04:27Mais faire de la prévention aux plus jeunes
04:29pour pouvoir déceler, pour pouvoir repérer des comportements
04:32qui ne sont pas OK, qui sont violents.
04:35Parce que ça commence toujours par des petites choses.
04:38C'est un petit contrôle.
04:39Enfin, un petit contrôle.
04:40Un contrôle, c'est-à-dire, je te demande de regarder ton téléphone,
04:44je veux savoir où tu étais, c'est par amour.
04:48Voilà, je me retrouve tout le temps devant ton boulot,
04:52à la sortie du lycée.
04:53Vous, vous avez des témoignages comme ça,
04:55au sein d'autres associations ?
04:56Oui, oui.
04:57Alors nous, comme on fait de la prévention auprès des jeunes,
04:59on a des témoignages qui commencent auprès des très jeunes.
05:02Enfin, très jeunes, c'est fin de collège,
05:04les premiers témoignages où on peut déceler de la violence conjugale.
05:07Donc, les premiers auteurs, les premières victimes, entre guillemets,
05:10donc oui, la violence conjugale, elle commence dès qu'il y a des mises en couple, en fait.
05:15Ce n'est pas un système d'adultes,
05:16c'est vraiment quelque chose qui se crée dans la volonté de dominer l'autre.
05:21Et finalement, partout aussi dans le territoire,
05:23vous, vous êtes basée à Voiron, une petite ville, entre guillemets,
05:27là, les féminicides qu'on a vécues en Isère étaient dans le nord-Isère,
05:31dans des territoires plutôt ruraux.
05:34Ça veut dire que c'est partout ?
05:36Alors, du coup, nous, on intervient dans tout l'Isère, en ruralité.
05:40Quand on fait de la prévention auprès des jeunes,
05:43et oui, les violences conjugales sont partout,
05:45avec des spécificités en milieu rural,
05:47puisque en milieu rural, en fait, les associations,
05:50et c'est aussi pour ça qu'on a créé Feeling,
05:51elles sont plutôt en ville.
05:53On peut avoir des difficultés dans l'hébergement,
05:55on peut avoir aussi, en fait,
05:57des fois, quand on est dans des villages,
05:59en fait, on connaît tout le monde.
06:00Donc, à qui tu vas parler de ta situation ?
06:01Puisque les deux sont souvent connus,
06:04le médecin connaît et suit les deux.
06:06Des fois, la personne connaît,
06:08enfin, l'auteur connaît les gendarmes,
06:10enfin, donc ça peut être compliqué.
06:12Donc, oui, les violences conjugales,
06:14elles sont partout.
06:15Et en milieu rural,
06:16elle peut rendre difficile des témoignages
06:18ou une recherche de sortie de violences, quoi.
06:21Merci beaucoup, Marion Guibaudot,
06:23d'avoir été avec nous ce matin
06:25pour tenter de parler de ce vaste sujet
06:27des violences conjugales.
06:28Je rappelle que vous êtes la fondatrice
06:30de l'association Feeling Voiron.
06:32Merci beaucoup et très bonne journée à vous.
06:34Je vous en prie, bonne journée.
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