00:007h44, l'invité d'ici matin va nous permettre de revenir sur ce témoignage très fort que vous avez peut
00:05-être entendu ce matin,
00:06celui de Pascal qui a décidé de changer de vie et de métier après la mort de son amie Zaya,
00:11tuée par son compagnon en novembre dernier.
00:13On va en parler, Soazic Pelé, avec la fondatrice d'une association féministe iséroise, Feeling Voirond.
00:18Bonjour Marion Guibaudot.
00:19Bonjour.
00:20Merci d'être avec nous dans le studio d'ici Isère ce matin.
00:23Pascal, cette femme qu'on a entendue ce matin, tellement choquée par la mort de Zaya, son amie,
00:29a décidé de reprendre des études pour devenir avocate et défendre les droits des femmes.
00:35Qu'est-ce que ça provoque chez vous ce matin, ce témoignage ?
00:40Un féminicide c'est toujours une tragédie collective et on voit que ça a aussi un impact sur l'entourage,
00:47la famille, les enfants, les amis qui restent.
00:50Et je trouve que c'est une très belle initiative.
00:54C'est évidemment difficile quand c'est suite à un décès tel que, enfin un meurtre tel que ça a
01:00été fait.
01:02Après, j'allais dire sur le terrain, on a besoin aussi de professionnels qui soient formés,
01:08qui soient convaincus aussi que les violences faites aux femmes, les violences conjugales,
01:13soient une thématique à lutter, à bien connaître cette thématique.
01:19Parce que là, ça veut dire que finalement, ceux qui sont déjà sur le terrain ne remplissent pas totalement leur
01:28rôle.
01:28Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
01:30Non, mais est-ce qu'effectivement, il y a besoin d'avoir plus de gens sur le terrain
01:36et plus de gens qui se consacrent à la défense des droits des femmes aujourd'hui ?
01:40En tout cas, il y a besoin de professionnels qui connaissent finement,
01:44notamment le processus des violences et notamment les violences conjugales,
01:48qui sont un système qui peut être complexe, avec différents types de violences.
01:53C'est vrai que tout de suite, les violences physiques, on les a en tête,
01:57la question des féminicides évidemment,
02:00mais on a derrière aussi les violences économiques, les violences psychologiques,
02:03qui sont des violences qui sont beaucoup plus sournoises.
02:05Et on a parfois des professionnels qui ont du mal à déceler
02:10ou à mettre en avant aussi ce type de violences.
02:13Et donc, on a des victimes.
02:14Mais ça avance quand même un peu.
02:16Oui, bien sûr que ça avance.
02:18Ça avance, mais il y a encore du travail à faire.
02:20Et pour accompagner...
02:22Pardon, excusez-moi.
02:23Non, non, je vous en prie.
02:25Pour accompagner aussi des personnes,
02:27même si on ne fait pas de l'accompagnement infilique,
02:28mais on est tenue courante de personnes qui viennent ou qu'on oriente.
02:32On sait que quand les personnes, elles sont entre guillemets juste victimes de violences psychologiques
02:37et ou économiques,
02:39elles peuvent avoir du mal à trouver des professionnels formés sur ce type de violences-là.
02:42Et justement, cette femme qui veut se former, qui veut devenir avocate,
02:46qui veut avoir un rôle prégnant sur le terrain,
02:51ça peut aussi nous inspirer, se dire que ce n'est pas forcément une colère ou un désir de vengeance,
02:59qu'il y a des choses qui se créent ensuite sur le terrain.
03:02La création d'associations et puis...
03:05Le fait d'avoir vécu des violences, alors de manière directe ou indirecte, si je puis dire,
03:11ça fait parfois des déclics.
03:12On a beaucoup d'associations qui sont nées comme ça.
03:15Les grandes associations nationales aussi,
03:18c'est lié à l'expérience de personnes qui ont vécu ce genre de violences.
03:22Donc, je ne sais pas si je peux dire un déclic utile,
03:25mais oui, c'est un déclic qui est important.
03:27Et puis, ce sont des personnes qui, parfois, sont peut-être aussi sensibilisées
03:31parce que touchées aussi dans leur être,
03:35moi, je trouve que c'est très constructif.
03:36Je pense qu'il y a de la colère derrière.
03:38Et la colère peut être constructive.
03:40Un regard global sur comment accompagner, aider les femmes qui subissent des violences.
03:46Nous en parlons ce matin avec notre invité à 7h48,
03:49la fondatrice de l'association Fémini 6 0 Wats, Filing Boiron,
03:52Marion Guibaudot, qui répond à vos questions.
03:54Sois-y que pelée.
03:54Comment accompagner, d'ailleurs, ces femmes victimes de violences conjugales ?
03:59On a l'impression que le sujet revient régulièrement,
04:02à la une de l'actualité.
04:05Est-ce que ça passe seulement par les professionnels,
04:08dont vous parliez tout à l'heure ?
04:10Non, évidemment que non.
04:12Déjà parce que, comme on peut le voir,
04:14en fait, il y a plein de personnes qui sont victimes
04:16qui, des fois, n'en sont pas conscientes.
04:19Voilà, vivent des choses en se disant...
04:21Il faut de la pédagogie encore ?
04:22Il faut de la prévention.
04:24C'est le cœur de notre métier.
04:27Mais faire de la prévention aux plus jeunes
04:29pour pouvoir déceler, pour pouvoir repérer des comportements
04:32qui ne sont pas OK, qui sont violents.
04:35Parce que ça commence toujours par des petites choses.
04:38C'est un petit contrôle.
04:39Enfin, un petit contrôle.
04:40Un contrôle, c'est-à-dire, je te demande de regarder ton téléphone,
04:44je veux savoir où tu étais, c'est par amour.
04:48Voilà, je me retrouve tout le temps devant ton boulot,
04:52à la sortie du lycée.
04:53Vous, vous avez des témoignages comme ça,
04:55au sein d'autres associations ?
04:56Oui, oui.
04:57Alors nous, comme on fait de la prévention auprès des jeunes,
04:59on a des témoignages qui commencent auprès des très jeunes.
05:02Enfin, très jeunes, c'est fin de collège,
05:04les premiers témoignages où on peut déceler de la violence conjugale.
05:07Donc, les premiers auteurs, les premières victimes, entre guillemets,
05:10donc oui, la violence conjugale, elle commence dès qu'il y a des mises en couple, en fait.
05:15Ce n'est pas un système d'adultes,
05:16c'est vraiment quelque chose qui se crée dans la volonté de dominer l'autre.
05:21Et finalement, partout aussi dans le territoire,
05:23vous, vous êtes basée à Voiron, une petite ville, entre guillemets,
05:27là, les féminicides qu'on a vécues en Isère étaient dans le nord-Isère,
05:31dans des territoires plutôt ruraux.
05:34Ça veut dire que c'est partout ?
05:36Alors, du coup, nous, on intervient dans tout l'Isère, en ruralité.
05:40Quand on fait de la prévention auprès des jeunes,
05:43et oui, les violences conjugales sont partout,
05:45avec des spécificités en milieu rural,
05:47puisque en milieu rural, en fait, les associations,
05:50et c'est aussi pour ça qu'on a créé Feeling,
05:51elles sont plutôt en ville.
05:53On peut avoir des difficultés dans l'hébergement,
05:55on peut avoir aussi, en fait,
05:57des fois, quand on est dans des villages,
05:59en fait, on connaît tout le monde.
06:00Donc, à qui tu vas parler de ta situation ?
06:01Puisque les deux sont souvent connus,
06:04le médecin connaît et suit les deux.
06:06Des fois, la personne connaît,
06:08enfin, l'auteur connaît les gendarmes,
06:10enfin, donc ça peut être compliqué.
06:12Donc, oui, les violences conjugales,
06:14elles sont partout.
06:15Et en milieu rural,
06:16elle peut rendre difficile des témoignages
06:18ou une recherche de sortie de violences, quoi.
06:21Merci beaucoup, Marion Guibaudot,
06:23d'avoir été avec nous ce matin
06:25pour tenter de parler de ce vaste sujet
06:27des violences conjugales.
06:28Je rappelle que vous êtes la fondatrice
06:30de l'association Feeling Voiron.
06:32Merci beaucoup et très bonne journée à vous.
06:34Je vous en prie, bonne journée.
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